A site insolite, Wonk répond architecture atypique

A site insolite, Wonk répond architecture atypique

Wonk Architectes conçoit le nouvel équipement multiculturel de la ville de Meurchin (62) sur un site des plus insolites.

Entre contexte traditionnel et contrainte atypique

Meurchin, place Jean Jaurès ; un lieu central de la commune où sont regroupés l’hôtel de ville, les écoles communales, la salle des fêtes, la poste et en arrière-plan, l’église Saint-Pierre. C’est ici que la ville a décidé d’y implanter son nouveau pôle multiculturel livré en 2015, symbole de la modernisation des équipements culturels des lieux.

WONK - MEURCHIN - Plan masse 1-500

Pour ce faire, Wonk Architectes, une jeune agence dynamique fondée en 2010 par Damien Guiot, Julien Ramet et Thibaud Foucray, se confronte à une contrainte de taille : s’insérer sur un site qui n’en est pas vraiment un. Le bâtiment occupe la place d’un terre-plein végétalisé tout en longueur et avoisine le cimetière et les toilettes publiques. Le projet s’inscrit donc dans un contexte à la fois traditionnel, celui d’une place dans un centre ville, mais également insolite, par la configuration du terrain, ses dimensions et son rapport particulier à l’église.

WONK - MEURCHIN - Plan RDC 1-200

WONK - MEURCHIN - Plan Etage 1-200

 

De brique et de verre

En réponse à cet environnement, Wonk projette une architecture constituée de trois volumes simples et distincts, identifiés par l’opacité de la brique rouge et la transparence du verre. Le volume vitré en rez-de-chaussée accueille la médiathèque, offrant un espace de lecture calme et lumineux. Il est la vitrine de ce nouvel équipement.

wonk vue arrière

wonk mediatheque

Le second volume, opaque, se désaxe par rapport au premier pour marquer l’entrée de l’établissement et ouvrir une perspective. Il reçoit la salle multifonction à l’extrémité sud du bâtiment. A l’étage, un troisième volume vient jouer avec le transept de l’église et accueille les espaces de l’école de musique.

wonk vue intérieure

wonk salle de danse

Trois entités donc, qui se distinguent nettement les unes des autres et qui, dans le même temps, mutualisent leurs fonctions.

 

Surface, 780 m² SDP. Livraison, 2015. Maître d’ouvrage, Ville de Meurchin. Maitre d’œuvre, Wonk Architecte. Montant des travaux, 1.6 M euros HT.

Courtesy Wonk Architectes / Guillaume GUERIN

Collège Froelicher, l’envers du « green washing »

Suite aux vacances de la Toussaint, les collégiens de la commune rurale de Sissonne (Reims) ont pris place dans un nouveau cadre d’apprentissage épanouissant. Le collège Froelicher, conçu par l’agence Daudré-Vignier et associés, remplace l’ancien équipement datant des années 70 devenu obsolète.

 

Formalisme organique ou écriture efficiente ?

 

Pour Antoine Daudré-Vignier et Jérôme Pétré, pas de « geste architectural » ni de « green washing » mais a contrario une économie d’effet et une simplicité d’écriture pour un projet fort. Si au premier coup d’œil les courbes de l’équipement peuvent sembler dotées d’un certain formalisme organique, la lecture du projet permet d’en comprendre les tenants et aboutissants.

 

L’enjeu est double : affirmer un bâtiment public d’enseignement tout en se fondant dans le paysage.

daudre vignier 4

 

Suivre la courbe

Parlons-en de ce paysage ; un terrain vierge de 1,3 ha en limite de commune, face aux terrains agricoles et au-delà au camp militaire. S’appuyant sur la géométrie de la parcelle et la planéité du site, les architectes couvrent le bâtiment d’un manteau végétal, le fondant dans le paysage environnant. Ce ruban de verdure, ondulant en toiture, s’enveloppe, s’enroule, protège, cadre l’espace en le délimitant. En parcourant l’extérieur du bâtiment, la vision de ce dernier change constamment ; l’œil suit la courbe.

daudre vignier 1

 

Chacun sa fonction

Face à l’ondulation apparente, un plan rigoureux en équerre se déploie sur deux niveaux. Après avoir traversé l’auvent principal, l’usager pénètre dans un large hall d’entrée en double hauteur, extrêmement lumineux, donnant sur la cour intérieure. La façade principale, largement ouverte sur la rue des Vieux Moulins, forme un front bâti vitré qui abrite l’administration et les salles dédiées aux enseignants, leur offrant un moment de détente en s’extériorisant vers la ville. Les salles de classes, elles, se déroulent en un long corridor le long de l’autre aile, orientée sud-ouest. Ce couloir est rythmé par deux cages d’escalier, dont le vitrage double hauteur cadre sur les arbres environnants. Tel un satellite indépendant, la salle de restauration prend place à l’autre bout de la cour, en réponse à un espace vert ovoïde surélevé, proposant des assises extérieures.

 

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daudre vignier 5

 

Surveillance passive

Fait particulièrement intéressant de ce plan, la position du bureau des surveillants. A l’image du panoptique de Bentham théorisé par Foucault, le surveillant est placé au centre du bâtiment (en l’occurrence dans l’angle interne du plan en équerre) afin de surveiller en tout point l’élève. Telle une tour de contrôle, ce bureau assure une surveillance passive, en plus de sa position stratégique permettant d’accéder rapidement et facilement aux deux niveaux des salles de classes, au vu de la simplicité des parcours.

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daudre vignier 6

 

L’art de la technique

Techniquement parlant, la toiture végétale est portée par une charpente bois en lamellé-collé, reposant sur une structure béton, choisie pour ses capacités de stabilité au feu et de contreventement. Les façades légères a ossature bois sont combinées au bardage 3 plis en mélèze, aux membrures verticales en douglas faisant office de brise soleil et aux panneaux 3 plis en hêtre pour la sous-face. La majorité des pièces étant en double courbure, elles ont nécessité une maquette numérique 3D. Pour ne pas casser la lisibilité de la toiture, les exutoires sont placés en façade, et les organes techniques dans les combles, aux extrémités du bâtiment. Les descentes d’eau de pluie sont intégrées dans les poteaux, les plafonds sont rayonnants, l’éclairage est automatisé… bref un véritable confort thermique, acoustique et d’usage, et bien entendu, un projet labélisé HQE et Effinergy +.

daudre vignier 2

 

Le collège Froelicher conjugue courbe et orthogonalité avec dextérité et efficacité.

SISSONNE-PLAN RDC 

SISSONNE-PLAN R1SISSONNE-COUPE SUR ENSEIGNEMENT

Surface, 5 833 m² SHON. Livraison, octobre 2015. Maître d’ouvrage, Conseil général de l’Aisne. Maitre d’œuvre, Daudré-Vignier & associés. Entreprise général, Demathieu Bard Construction. Montant des travaux, 9,4 M euros HT.

 

Amélie Luquain

 

Courtesy Daudré-Vignier & associés / Charly Broyez

La méthode Piano

La méthode Piano

La méthode Piano, exposition-atelier présentée à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, révèle les processus de conception de Renzo Piano au travers de 15 projets récents.

« Une méthode sans discours »*

0 - Early Works
Structure constituée d’éléments pyramidaux en polyester renforcée, 1964-1965 – Studio Piano © Fondazione Renzo Piano

Expérimentation

2 - Musée des sciences à San Francisco
Académie des Sciences de Californie, San Francisco, Californie, États-unis, 2000 – 2008 © RPBW
5 - Fondation Pathé à Paris
Fondation Jérôme Seydoux -Pathé, Paris, France, 2006-2014, RPBW © RPBW / Michel Denance

Renzo Piano, aux antipodes de l’architecte artiste, privilégie le savoir-faire au conceptuel, le processus au geste. Issu d’une famille de bâtisseur, il porte un intérêt certain à la technique, avec pour premières expériences de construction des structures légères dans les années 1960. Appliquant les leçons de Jean Prouvé et influencé par Louis Kahn, le maître mot de l’architecte est l’expérimentation. Ayant commencé par la technique, il expérimente l’espace et la ville, avec pour fil conducteur la lévitation plutôt que la pesanteur.

Collaboration

6 - Whitney museum à New York
Musée Whitney d’art américain, Gansevoort, New-York, États-Unis, 2007-2015, RPBW © RPBW / Karin Jobst
7 - Citadelle d'Amiens
Campus universitaire, Citadelle d’Amiens, Amiens, France, 2010-en cours, RPBW © RPBW

Renzo Piano formule des hypothèses qu’il inscrit dans un dialogue critique. Pour l’architecte, le singulier se conçoit au pluriel. Commençant par des premiers échanges avec son frère ingénieur Ermanno, sa pratique a réellement débuté lors de sa collaboration avec Richard Rogers, qui a donnée naissance au très controversé et néanmoins emblématique Centre Pompidou en 1971. Puis il s’associe avec Peter Rice « poète des structures » avant de fonder en 1981 Renzo Piano Building Workshop, dont le nom indique clairement l’inscription de la pratique architecturale dans un processus collectif.

Immersion

8 - Astrup Fearnley Museum of Modern Art d'Oslo
Musée d’art contemporain Astrup Fearnley, Oslo, Norvège, 2006- 2012, RPBW © RPBW / Nic Lehoux
9 - Campus de Columbia à New York
Université Columbia, New- York, États-Unis, 2007-en cours, RPBW © RPBW

Mettant à l’honneur 50 ans de pratique, l’exposition-atelier est construite autour de 15 tables de même échelle, exposant 15 projets récents tous très différents. De plus, la table préhistoire expose la genèse de la méthode Piano. Cette scénographie propose au visiteur de rentrer dans l’agence d’architecture, de s’asseoir autour de la table et d’explorer. Dessins, photos et maquettes donnent à voir le processus de conception, depuis l’esquisse à la réalisation.

11 - Quartier Le Albere à Trento
Quartier et musée Le Albere, façade des résidences, Trente, Italie, 2002-en cours, RPBW © RPBW
13 - The Shard London Bridge Tower
Croquis de Renzo Piano, The Shard, Londres, Royaume-Uni, 2000-2012, RPBW © RPBW

Les lieux parlent, nous dit Renzo Piano, et l’architecture est un art de l’écoute. Ecouter les lieux, et écouter les gens. L’exposition n’a pas l’ambition de donner la bonne formule de production, mais expose celle de celui qui à 9h est architecte, à 10h ingénieur, à 11h artiste…

14 - Parlement de Malte à La Vallette
Parlement de Malte, détail, La Vallette, Malte, 2009-2015, RPBW © RPBW / Michel Denance

* Francis Rambert, co-commissaire et directeur de l’Institut Français d’Architecture

Amélie Luquain

 

Exposition du 11 novembre 2015 au 29 février 2016

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine et RPBW

Maison filtre : toujours plus pour a+ Samuel Delmas

Dans le cadre du prix Big Mat 2015, qui sera remis le 20 novembre à Berlin, l’agence d’architecture a+ Samuel Delmas présente son projet de pôle tertiaire et médical situé a Nozay. L’occasion de regarder quelques années en arrière pour redécouvrir une de ses réalisations emblématique, démonstrative de son approche : un pavillon en banlieue parisienne, primé « mention spéciale » au salon de la maison bois à Angers en 2010 et reconnu comme l’un des 100 bâtiments de cette année-la.

A+ Samuel Delmas cherche toujours à faire plus : l’agence souhaite offrir plus que des m² et aller au delà du programme pour proposer des surfaces agréables, et pas seulement utiles.

Intégration paysagère

A l’automne 2010, a+ Samuel Delmas livre la maison filtre à Sèvres (92). Au cœur d’une zone résidentielle, la maison individuelle s’aligne avec ses deux bâtiments voisins. Située en partie basse d’un terrain pentu, elle profite de la déclivité du terrain pour se glisser dans le sol et profiter de l’inertie thermique de la terre. Pour mieux s’immiscer dans le paysage, elle est encadrée de deux jardins, l’un coté rue conçu comme un potager sous les arbres et l’autre face au cœur d’îlot en partie haute.

a+ samuel delmas maison filtre

a+ samuel delmas maison filtre

Reconversion et élévation 100% bois

Volumétriquement, le premier étage et les petits édicules en toiture s’appuient sur un volume constitué à partir des murs de soutènement de l’ancienne remise. Ce dernier abrite le garage, l’atelier/studio de musique et autres dépendances derrière une façade à l’aspect verre dépoli. L’étage est constitué d’une ossature bois structurellement indépendante du niveau inférieur, accueillant le cœur de la maison, tandis que les trois volumes en mezzanine constituent des refuges individuels pour chaque membre de la famille. Ces espaces sont revêtus d’un filtre de bois ajouré, constitué de fines lames de mélèze naturel non traité, passant devant l’ensemble des menuiseries.

a+ samuel delmas maison filtre 2

a+ samuel delmas maison filtre

 

Stratification, emboitement, continuité

La maison étant fermée coté rue, en partie encastrée dans le sol et flanquée de bâtiments mitoyens, elle développe un linaire de façade limitée. De fait, toutes les pièces sont traversantes et s’ouvrent au sud sur le haut du terrain, tandis que l’imbrication des volumes émergents, à demi encastrés, permet de développer des ouvertures zénithales. A l’intérieur, les jeux de transparence diffusent une sensation de continuité de l’espace malgré la fragmentation des volumes. La circulation est fluide entre les pièces et de l’intérieur vers l’extérieur. Les limites sont brouillées. La salle à manger traversante devient un passage entre deux terrasses.

a+ samuel delmas maison filtre 3
 

Un projet qui développe une harmonie et une cohérence globale tout en assurant une grande intimité et en s’ouvrant vers l’extérieur, grâce à un filtre tout en mélèze.
Ecologiquement intéressant ? Assurément. Pavillon du futur ? Espérons-le.
 

a+ samuel delmas coupes simplifiées


 

a + samuel delmas coupes simplifées 2

Surface, 120 m² hab + 60 m² surface annexe. Livraison, 2010. Maitre d’œuvre, a+ Samuel Delmas. Montant des travaux, 320 000 euros HT.

Amélie Luquain

Photographies ©Frédéric Gémonet

Chandigarh, le devenir indien d’une ville moderne

Chandigarh, le devenir indien d’une ville moderne

L’exposition Chandigarh, 50 ans après Le Corbusier, présentée à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, interroge le devenir d’une ville moderne en pleine croissance.

Le devenir indien d’une ville moderne

Chandigarh College of Architecture
Chandigarh College of Architecture

L’exposition Chandigarh, s’inscrivant dans le contexte du cinquantenaire de la mort de Le Corbusier, fait suite à une véritable émotion lors de la découverte de cette ville par les commissaires d’exposition. Enrico Chapel, Thierry Mandoul, Remi Papillault, associés au vidéaste Christian Barani et musicien Bertrand Gauguet, viennent rendre compte de leur dérive dans celle que l’on nomme la « Suisse de l’Inde ».

Densification

Fête religieuse
Fête religieuse

Capitale du Pendjab, la construction de Chandigarh décidée par le premier ministre Nehru, fait suite à l’indépendance de l’Inde en 1947. Bien loin de la tabula rasa, cet unique projet urbain de grande ampleur du Corbusier est conçu à partir de 1951, en collaboration avec notamment Pierre Jeanneret qui resta sur place une quinzaine d’année. Prévue à l’origine pour 150 000 habitants, cette ville modèle, symbole et figure optimiste de la démocratie indienne, accueille aujourd’hui 1 200 000 habitants. Après avoir revêtue un costume trop grand, elle atteint son apogée en 2015, sa faible densité originelle permettant un véritable potentiel de densification.

Projection

Palais de Justice, Le Capitole
Palais de Justice, Le Capitole

A travers sa redécouverte est interrogé le devenir de Chandigarh, entre modernité et culture indienne. Penchant entre une double réalité, historique et contemporaine, l’exposition met en regard des documents d’archives de la Fondation Le Corbusier – dont pour la première fois réunis une quinzaine de ses carnets – des maquettes et documents d’interprétation, des films documentaires tournés entre 2014 et 2015. A noter, des copies du mobilier de Pierre Jeanneret permettent aux spectateurs d’être confortablement installé pour visionner les vidéos. Transversalement, la ville est regardée au travers de 7 thématiques + 1 : vie domestique, nature, être mobile, secteur, informel, polis, héritage et le capitole.

Immersion

Secteur 17
Secteur 17

Pour parcourir cette exposition, deux possibilités. La première consiste à la découvrir de la même manière que Christian Barani pour la réalisation de ses films, par la dérive. Théorisée pour la première fois par le situationniste Guy Debord en 1956, la dérive urbaine, vue par le prisme de la psychogéographie, est une démarche qui consiste à flâner dans un lieu en se laissant guider par ses effets, permettant à l’individu de comprendre l’organisation d’un espace par sa propre expérience. La deuxième manière de visiter l’exposition consiste à prendre une carte et à planifier son trajet au préalable. Deux manières d’appréhender l’exposition comme on pourrait appréhender la ville. Une installation donc immersive, qui plonge le visiteur dans la vie urbaine de Chandigarh.

Joueuse de sitar
Joueuse de sitar
Joueur de cricket devant la main ouverte
Joueur de cricket devant la main ouverte
Vendeur de baies rouges
Vendeur de baies rouges

Amélie Luquain

Exposition du 11 novembre 2015 au 29 février 2016

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine / Christian Barani / FLC Adagp, Paris, 2015

Habitat Seniors : co-innovation dans l’usage

Habitat Seniors : co-innovation dans l’usage

Co-woking, co-conception, co-ordination, co-innovation, co-llaboration font partie d’un nouveau vocable qui dénote des tendances actuelles, tendances qui n’ont que rarement portées leurs fruits. A l’initiative du promoteur des résidences Les Senioriales, la notion de collectif prend un nouvel envol : Habitat Seniors est un logement évolutif conçu par et pour les seniors où promoteurs, industriels et usagers travaillent main dans la main et où l’architecte ne prend part au projet qu’a posteriori.

Habitat Seniors, le premier logement évolutif conçu par et pour les séniors

Habitat Seniors, le logement s’adapte

Partant de l’hypothèse que ce n’est plus aux séniors de s’adapter aux logements, mais aux logements de s’adapter à leurs modes de vie, Les Senioriales ambitionnent de repenser l’habitat des seniors, offrant un intermédiaire entre le logement standard et les EHPAD. Puisque chaque usager à un quotidien qui lui est propre et qui évolue dans le temps de manière différente selon la contrainte physique, il s’agit de créer un espace universel à la fois polyvalent, modulable et accessible, qui réponde à la diversité des besoins. Pour ce faire, un consortium a réuni en 2013 un promoteur, un architecte et 11 entreprises françaises du secteur de l’habitat, animé par l’Institut Technologique FCBA, lui-même associé au laboratoire Paragraphe de l’Université Paris 8 soutenant une thèse en ergonomie sur la co-innovation pour et dans l’usage.

habitat seniors

Le Senior, expert de son cadre de vie

Habitat Seniors, c’est avant tout une démarche innovante itérative qui porte sur les regards croisés des différents collaborateurs et où l’usager est intégré au process dès la phase de conception, a contrario du schéma linéaire bien connu (promoteur, architecte, industriels gros œuvre et second œuvre, industriels équipement, usagers).

cuisine habitat seniors AMR concept
Mobilier de cuisine et électroménager, AMR Concept, Blum, Bosch. Plan de travail motorisé pour régler la hauteur, meubles hauts escamotables, table de cuisson avec témoin de chaleur, portes, relevants et coulissants amortis, four multifonction avec porte escamotable et coulissante sous l’enceinte du four, barre d’appui.

Dans un premier temps, socle de la démarche, une enquête a été menée auprès d’une trentaine de seniors et d’aide soignants afin de cerner les aléas de leur vie quotidienne. Plusieurs stratégies ont été mises en évidences : l’optimisation des espaces de rangement, le rassemblement des fonctions, l’accessibilité simplifiée…. Dans un second temps, promoteur, architecte et industriels ont simulé les contraintes pour mieux les comprendre et les résoudre, dans une démarche de co-conception. Enfin, les différents concepts et prototypes ont été testés par les séniors.

Dans ce processus de co-innovation, l’utilisateur est considéré comme le meilleur expert de son cadre de vie, permettant aux concepteurs de se baser sur les usages réels du logement pour mieux concevoir.

habitat seniors placards
Placards – cloison amovibles avec porte coulissante, Optimum, Righini, Blum. Meuble – cloison mobile, dressing et casiers « va et vient » communiquant. Porte coulissante et motorisée, fonctionnement en « push and go » avec paramètres réglables, option de sécurité, détection de présence

L’architecte a posteriori

Dans ce processus de co-innovation, l’architecte ne se pose plus en maître mais en « incitateur », selon les mots de Marc Raymond, agence AMS, architecte du projet et enseignant à l’ENSA-Toulouse. L’architecte aide à concevoir et à réinventer des façons d’habiter face aux mutations sociales actuelles. Les seniors représentent actuellement 18% de la population, mais près de 30% à horizon 2030. L’architecte a un travail de synthèse, coordonnant et orientant, mettant en place des outils et des conditions pour permettre la recherche et le développement de solutions innovantes d’aménagement d’espaces à vivre. L’architecte vient à posteriori ; l’agence AMS a rejoint le groupe qu’en janvier 2014. A noter, ce fut aussi l’occasion pour Marc Raymond de sensibiliser ses étudiants sur les questions d’usage, de fonctionnalité, de matériaux, de légèreté, de stabilité… lors de workshop.

Habitat Seniors, version 2.0

A ce jour, le résultat de la démarche est un logement prototype où les différents questionnements s’imbriquent pour proposer une solution cohérente. Finalement, les concepteurs, qu’ils soient usagers ou industriels, ont dû faire preuve d’ingéniosité pour améliorer le bien-être et apporter des commodités d’usages et d’entretien, tout en bannissant les stigmatisations grâce aux équipements de style neutre mais riche d’esthétisme.

application domotique habitat senior
Domotique, Somfy. Interfaces web et applications mobiles TaHoma, intuitives et évolutives, pour piloter son habitat et programmer ses scenarii. Système de contrôle en local, volets roulants équipés de moteurs io-homecontrol, contrôleurs d’éclairages et de chauffage, détecteurs pour renforcer la sécurité domotique (coupure eau, gaz, électricité), suivi des consommations. Formation et accompagnement par un domoticien.

Si cette histoire a débutée il y a de cela trois ans, elle n’en est aujourd’hui qu’à ses débuts. D’ici avril, les usagers pourront tester durant une quinzaine de jours l’habitat et le faire évoluer encore, dans le but de créer une deuxième version pour ce logement. Par ailleurs, ce travail de collaboration a tissé des liens entre les entreprises qui envisagent demain de travailler ensemble pour co-développer de nouvelles solutions. Aujourd’hui, l’exclusivité des solutions revient aux Senioriales pour une durée d’un an et demi, au-delà de laquelle pourra être envisagée une commercialisation des produits. Et ne vous y trompez pas, si ces innovations engendrent un surcoût, elles restent plus économiques qu’une restructuration après coup, et s’adaptent de par leur efficacité à des logements plus petits donc moins couteux au m².

C’est donc un pari réussi pour Habitat Seniors, dont la modularité et l’adaptabilité des équipements exposent leur potentiel afin d’attirer un public bien plus vaste, bien plus jeune.

 

Animateur – coordinateur, Institut Technologique FCBA associé au laboratoire Paragraphe Université Paris 8. Promoteur, Les Seniorales. Architecte, AMS. Salle de bains, Chêne Vert. Aménagement et placards, Optimum. Domotique, Somfy. Portes, Rhigini. Ferrures, Blum. Luminaires, SFL. Thermique, Atlantic. Sol souple, Gerflor. Electroménager, Bosch. Aménagement PMR, AMR concept. Mobilier, Evidences.

Amélie Luquain

 

 

 

 

Inauguration de l’Hexagone Balard

Inauguration de l’Hexagone Balard

Le nouveau ministère de la Défense fait signe. Inauguré jeudi 5 novembre par le président de la République, il est le fruit d’un travail de sept années de longue haleine réunissant des grands noms de l’architecture.

 

Le projet Balard, nouveau ministère de la Défense

ministere de la Défense
Courtesy DICOD/ C.Lebertre

Synergie inter-armées

Lancé en décembre 2007, concrétisé en mai 2011, l’Hexagone Balard abritant le nouveau ministère de la Défense a été inauguré jeudi 5 novembre 2015 par François Hollande. Situé Porte de Sèvres, dans le 15e arrondissement, le siège des armées a vu emménager 10 000 personnes sur un terrain de 16,5 hectares. Les 300 000 m² bâti accueillent l’Etat-Major des Armées (EMA), les états-majors des armées de Terre, Marine et Air, la Direction Générale de l’Armement (DGA), les directions et services du Secrétariat Général pour l’Administration (SGA), ainsi que les locaux du ministre et son cabinet. Stratégiquement, ce gigantesque ministère a pour intérêt de mutualiser les services de l’armée, jusque là dispersés dans une douzaine de sites parisiens. Économiquement, il permet de rationnaliser les effectifs et l’organisation.

ministère de la défense
Courtesy DICOD/Armée de l’air

Trois entités majeures

Celui qui est déjà surnommé le « pentagone à la française », à l’instar du pentagone américain, dessine symboliquement un hexagone. La parcelle Valin, à l’Ouest, pensée par l’Agence Nicolas Michelin, rassemble le centre des opérations et le cabinet du ministre dans le bâtiment principal de 150 000 m². Sur cette parcelle, l’ensemble des bâtiments ont été démolis, à l’exception du bâtiment notable des frères Perret qui a été réhabilité. Pour la Corne Ouest, Jean Michel Wilmotte était en charge des quatre immeubles de bureaux locatifs, soit de 90 000 m². A l’Est, la Cité de l’Air a vu une dizaine de ses bâtiments détruits (10 000 m²), un bâtiment démoli et reconstruit (12 000 m²) et 110 000 m² de bâtiments réhabilités. Cette partie du projet a été pensée par Pierre Bolze des Ateliers 2/3/4. Un projet à plusieurs mains, pour lequel les présélections se sont déroulées sous la forme d’un concours en 2009 et les sélections finales de 2011 sous la forme d’un dialogue compétitif.

ministère de la défense
Courtesy DICOD/Armée de l’air

Une ville dans la ville

Encore plus qu’un centre névralgique des armées, ce ministère de la Défense est une ville dans la ville. En son sein, deux pôles de restaurations, une bibliothèque de consultation, un grand auditorium… Pour le bien-être des employés mais aussi celui des riverains, s’y ajoutent trois crèches, un centre sportif, une piscine et un centre de soins.

ministère de la défense
Courtesy DICOD/Laurent Zylberman, Graphix Images

Quelques prouesses architecturales

Le maillage des bâtiments permet une interconnexion des services. En toiture se déplie un origami de panneaux photovoltaïques, ce qui dote Balard de la plus grande toiture solaire de la capitale (5 600 m²). Les murs de béton sont conçus pour résister aux missiles. Les façades jouent sur des damiers en camaïeux colorés. Les cours intérieures, quant à elles, sont de véritables poumons reliés par des rez-de-chaussée transparents.

ministère de la défense
Courtesy DICOD/Laurent Zylberman, Graphix Images

Une architecture forte, marquée par son gigantisme, une signature dans la ville, s’élevant à un coût de 3,5 milliards d’euros.

 

Bouygues Bâtiment Ile-de-France, coordinateur, concepteur et constructeur

Bouygues Energies & Services, Thales, Sodexo, exploitation et maintenance

 

Amélie Luquain

Serge Ferrari, en constante innovation

Serge Ferrari, groupe industriel français leader de la filière des matériaux composites souples, est en recherche perpétuelle d’innovation, porté par des architectes et designers visionnaires.

 

Serge Ferrari, spécialiste des matériaux composites souples

L’entreprise familiale, qui a démarré dans le textile technique, ne cesse de croître depuis l’avant guerre, et plus particulièrement depuis 1974, date à laquelle une branche du groupe prend son indépendance sous le nom de son fondateur, Serge Ferrari, pour se spécialiser dans les composites Précontraint®. Aujourd’hui, présente dans 80 pays, l’entreprise a développé son savoir-faire dans quatre domaines : les toitures tendues, couvrant notamment les grands équipements tels que les stades et les gares, les façades ventilées ajoutant aux capacités thermiques des bâtiments et jouant sur les transparences, la protection solaire et, enfin, l’acoustique. Tournée en grande partie vers la Recherche et le Développement, Serge Ferrari ne cesse d’innover pour répondre à de nouveaux besoins. L’industriel travaille main dans la main avec des architectes et designers de renom, tels que Jean Nouvel, Frank Gehry, Anish Kapoor… auxquels il confère un pouvoir visionnaire ; c’est souvent par les défis qui leur sont lancés que l’entreprise fait naître de nouveaux produits. A venir, des nouveautés acoustiques, des matériaux connectés mais aussi des verres souples…

serge ferrari 0

serge ferrari

serge ferrari

[©(c)Roland Halbe; Veroeffentlichung nur gegen Honorar, Urhebervermerk und Beleg / Copyrightpermission required for reproduction, Photocredit: Roland Halbe]

 

 

Ligne Roset et Inga Sempé

Ligne Roset et Inga Sempé

En avant-première, Ligne Roset Réaumur lance la commercialisation de la collection Beau Fixe – un canapé deux places et un fauteuil – créée par Inga Sempé.

 

Le showroom Ligne Roset Réaumur présente la collection Beau Fixe

Schowroom Ligne Roset
Schowroom Ligne Roset

Ligne Roset, le luxe à la française depuis 150 ans

Depuis 150 ans, Ligne Roset est devenu le symbole et l’empreinte du luxe signés par les plus grands talents du design contemporain. Premier éditeur, fabricant, distributeur de mobilier contemporain français, Ligne Roset propose un certain art de vivre à travers des collections de sièges, meubles, objets de décoration, luminaires, tissus… Cette enseigne a comme stratégie d’entreprise l’ouverture d’esprit, la créativité, l’anticonformisme et la curiosité intellectuelle.

Schowroom Ligne Roset
Schowroom Ligne Roset

Pour Michel Roset, industrie et culture peuvent s’allier : “Un siège ou un meuble Ligne Roset, c’est toujours plus que du bois et de la mousse.”

Un univers à part où chaque produit est pensé par son créateur pour donner du plaisir autant à l’œil qu’à l’âme.

 

Ligne Roset, toujours au Beau fixe

Collection Beau Fixe
Collection Beau Fixe

Ligne Roset lance en avant première la collection Beau Fixe d’Inga Sempé. Le canapé deux places et le fauteuil sont composées d’une structure en métal et d’une couette d’une seule pièce. La structure fonctionne comme une grande pince qui enserre la couette dans les mâchoires formées par les montants principaux. Cette pince coince la couette pour la replier en pans rectangulaires formant les accoudoirs, l’assise et le dossier. La structure souvent cachée est apparente dans la collection Beau Fixe, c’est sa caractéristique. L’ensemble semble comme décollé du sol par des pieds élancés.

Cette collection est disponible au showroom Ligne Roset, 68 rue Réaumur, Paris 3. Avec son exigence créative et qualitative, cette marque propose dans son espace quatre ambiances : At Home, Show room, L’atelier – loft et L’appartement Haussmannien.

Schowroom Ligne Roset
Schowroom Ligne Roset

Courtesy Ligne Roset

 

 

Pli se déplie

Pli se déplie

Pli, revue d’architecture et d’édition, c’est le pari que ce sont lancés Marion, Adrien et Christopher. Sortir une revue de qualité est un défi osé en 2015. Et pourtant le premier numéro a vu brillamment le jour le 24 septembre dernier ; suivi d’un week-end DÉPLIÉ, avec des expositions, workshops, discussions et performance, en collaboration avec la revue d’architecture Cuarto.

Christopher Dessus, étudiant en diplôme d’architecture, fondateur de Pli, a déjà monté un numéro zéro « Recherches, Architecture et édition » à la suite de son mémoire de master. Cette fois-ci, il a décidé de s’entourer d’une équipe : Marion Claret, chargée de production, Adrien Rapin, chargé de communication et Jean-Baptiste Parré, graphiste, qui font la force de ce nouveau médium.

Pli, revue annuelle d’architecture et d’édition

Cette revue annuelle dénommée Pli interroge le lien étroit entre le domaine de l’architecture et celui de l’édition, tant dans leur complémentarité que dans leur différence. Autrement dit, une revue d’architecture qui tente d’aborder l’édition d’architecture sous un autre regard. Dans un esprit collaboratif, elle offre un support éditorial à des personnalités qui vivent et expérimentent cette proximité : architectes, paysagistes, botanistes, librairies, éditeurs, designers graphiques, étudiants, etc. Proche de la nouvelle génération, elle est un nouveau support pour faire entendre leur voix, aujourd’hui où le métier d’architecte est en plein questionnement.

Pli 01, hypertextualité

Pour son premier numéro, dix-huit auteurs ont donné leur point de vue sur la question de l’hypertextualité, c’est-à-dire, du point de vue littéraire, la façon dont deux textes ou plus engendrent quelque chose de nouveau (selon Gérard Genette). Ce phénomène, systématisé par le Web et ses hyperliens, engendre une nouvelle manière de penser, active et dynamique.

Pour en savoir plus, il est temps de déplier les pages de Pli 01, une revue à parcourir de façon non linéaire, sans ordre réellement préétabli, mais plutôt à partir d’un ensemble de liens amenant notre réflexion à parcourir une page, puis une autre. Librement.

www.plirevue.com

Amélie Luquain