House for trees : un arbre par-dessus les toits

House for trees, signée par l’architecte Vo Trong Nghia, injecte un peu de verdure dans un paysage urbain bétonné et pollué au Vietnam. Un vrai miracle ! Hélas, si Ho Chi Minh Ville est bien le poumon économique du pays réunifié, elle n’en est pas vraiment le poumon vert. En effet, son territoire hyperdense (3500 habitants/km²) ne compte aujourd’hui qu’à peine 0,25% d’espaces verts, bien qu’en pleine région tropicale.  

 

Photographie de la maison House for trees de jour

 

Motocyclette, moto-dop, tuk-tuk, mini van, autobus… le tohu bohu pétaradant d’Ho Chi Minh Ville a de quoi user le plus urbain des hommes. A quelques encablures des grands axes qui mènent à l’aéroport international, l’impression de chaos perdure mais l’étourdissant mouvement s’évanouit à mesure des pas. Dans ce contexte incroyablement dense de Tân Bình, Vo Trong Nghia entretient le secret espoir d’introduire un peu de nature tout en construisant.

 

Photographie de la maison House for trees à l'intérieur

 

L’œuvre de Vo Trong Nghia : un idéal vert conceptuel

 

Photographie de la House of tree à l'extérieur

Loin de proposer une simple «moumoute» verdoyante sur une perspective, cet architecte, auteur, entre autres, du pavillon du Vietnam à l’exposition universelle de Milan, imagine «l’architecture comme une chance de retrouver la nature en ville (…) Nous pensons que les espaces verts sont essentiels. Du fait d’une urbanisation rapide et d’une déforestation importante, la nature a progressivement été réduite à sa plus simple expression voire a purement et simplement été détruite. C’est ainsi que les populations urbaines perdent le contact avec tout milieu naturel. Cette rupture amène un stress social et psychologique».

Pour répondre à ce défaut et mettre à l’épreuve cet idéal vert, une famille de cinq personnes – un couple et leur trois filles – a réclamé au jeune maître d’œuvre non pas un projet mais «une façon de vivre ouverte et en harmonie avec la nature». Soit. La commande était succincte et Vo Trong Nghia y a vu vent de liberté. Aussi, a-t-il conçu «une maison pour les arbres». Peut-être aurait-il du employer un pluriel car en lieu d’un bâtiment unitaire, l’architecte a fractionné son projet en différentes unités. «Nous voulions faire exploser l’échelle de la maison pour dessiner cinq volumes séparés tout en considérant la continuité de l’espace extérieur et celle du paysage», assure l’homme de l’art. En guise de nature, la maison ne dispose que d’une maigre cour en dalles engazonnées drainantes. Néanmoins l’ingénieux concepteur a su profiter de cette occasion pour «réintroduire de la verdure». A des fins privées ? Pas seulement.

 Photographie de la maison House for trees de nuit

 

House for trees : entre habitation, hameau et oasis

 

Photographie de la maison House for trees de nuitSi pour des raisons évidentes de sécurité, la maison-hameau se révèle complètement aveugle depuis la rue, elle laisse apparaitre, sur ses toits, d’exubérants ficus benjamina offerts au regard du voisinage. «Nous avons décidé la position et l’orientation de chaque unité en fonction de la parcelle informe qui nous était donnée. Nous avons ensuite souhaité créer de plus petites cours afin d’aménager différents degrés d’intimité», explique l’architecte. Le reste est question de logique : en rez-de-cour, les pièces communes (salon, salle à manger, bibliothèque et cuisine), à l’étage, les chambres dotées chacune d’un semblant d’indépendance. Voilà une réponse à la ville dense qui agglomère en de hauts immeubles des centaines d’individus. Ici, l’architecte a voulu assurer à ses occupants un brin d’individualité. Enfin, pour parfaire le dessin, il a usé de matériaux naturels locaux tant pour réduire le coût de construction que l’emprunte carbone du chantier. Tous les murs ont d’ailleurs été réalisés en béton brut coffré par des banches de bambou, un choix innovant pour le maitre d’œuvre qui assure ainsi une texture singulière à son projet. «Ce type de réalisation unique est un phénomène nouveau au Vietnam. Il est d’ailleurs encore difficile d’innover tant l’industrie de la construction est mal organisée», assure-t-il.

Voilà un manque qui invite et incite, assurément, à une plus grande inventivité. Ce qui valut – à juste titre – à ce projet atypique et à son auteur, The Architectural Review House Award 2014.

 

Jean-Phillippe Hugron

Toutes photos courtesy Vo Trong Nghia Architects / Hiroyuki Oki

 

 

Maître d’ouvrage, American University of Beirut AUB

Projet, Vo Trong Nghia, Masaaki Iwamoto, Kosuke Nishijima (Vo Trong Nghia Architects)
Superficie, du lot : 474.32 m² (parcelle), 126 m² (brute utile espaces extérieurs compris).
Calendrier, 2012/2014
Entreprise générale, Wind and Water House JSC
Revêtements de sol intérieur, béton poli, parquet de chêne rouvre

 

 

 

Vault House : envoûtement pacifique …

Vault House : envoûtement pacifique …

L’agence californienne Johnston Marklee signe, non loin de Santa Barbara, un éloge à la courbe : Vault House, la maison voûte. Sur la plage abandonnée. Coquillage et… béton armé. Sans déplorer la perte de l’été, le promeneur solitaire découvrira, par delà les dunes d’Oxnard Beach, une étrange demeure. Le tout dans un alignement improbable de résidences principales et de maisons de vacances toutes plus ou moins parallelo-cubiques, néo-modernistes ou pseudo-wrightiennes. 

 

photographie de la résidence Vault House de jour

 

Non loin de Santa Barbara, à une heure d’autoroute de Los Angeles, un couple a décidé de réaliser son rêve : en sus d’un appartement à Downtown LA, une maison contemporaine en bord de mer. Pour cette dernière, ils se sont tournés vers Sharon Johnston et Mark Lee, deux jeunes et brillants architectes formés, entre autres, au GSD (graduate school of design) de la prestigieuse Harvard University.

 

photographie de la Vault House

L’agence Johnston Marklee revisite les archétypes architectoniques

 

La parcelle face à l’océan qu’ils leur proposèrent était loin d’être confortable puisqu’exigüe à l’image de bien de ses voisines sur le Strip d’Oxnard Beach. Mais il y avait toutefois de quoi imaginer une construction les pieds dans le sable. « Nous y avions même vu l’occasion d’imaginer un prototype », se réjouit rétrospectivement Mark Lee. Business is business. La configuration du site – usuelle dans la région – lance, comme à chaque fois, le même défi : comment faire, dans un volume contraint, pour que plusieurs pièces puissent bénéficier de la même vue en dehors des sacro-saints salon et suite parentale ? « La voûte ! répond Mark Lee. Nous avons organisé notre plan selon cette bonne vieille notion d’enfilade ou, comme nous le disons aux Etats Unis, en fusil de chasse. Nous voulions donner une seule et unique orientation aux différentes pièces et faire en sorte qu’elles puissent regarder la plage plutôt que le voisin ». Plein ouest donc, face au Pacifique.

 

photographie de la Vault House en intérieur

La Vault House : formes simples pour effet complexe

 

A l’intérieur, la maison se décompose selon une organisation que les architectes veulent représentative de leur travail : il s’agissait d’y mêler familiarité, collectivité et intimité. Pour cela, un jeu de transparence et d’alignement a été mis en œuvre où chaque pièce en vis à vis finit par jouer un rôle de « filtre » par rapport à l’autre. Certes, la vue n’est, au plus profond de la maison, plus panoramique, mais reste présente en tout point. Les voûtes, quant à elles, cadrent selon une composition quasi expressionniste, les perspectives et assurent, ici et là, quelques séparations. De largeur et de rayon de courbure différents, les plafonds voûtés – moulés sur place au sol sur des ossatures bois avant d’être suspendus au plancher haut – engendrent pour chaque pièce un volume spécifique, croissant jusqu’à son summum s’ouvrant sur l’océan. En effet, leurs berceaux – plein cintre, surbaissé, en anse de panier, brisé – semblent sculpter les deux niveaux à la façon d’un gruyère.

 

Ce rapport au paysage omniprésent n’aurait pas eu d’intérêt sans lumière naturelle. Point, ici, de camera obscura : pour les chambres des invités situées à l’arrière, Johnston Marklee a imaginé un patio permettant, autant que les baies latérales, une bonne luminosité. Ainsi, les architectes dissocient ouvertures destinées aux vues et celles à l’apport de lumière.

 

photographie de la Vault House en intérieur

photographie de la Vault House     photographie de la Vault House vue sur la mer      photographie de la Vault House en intérieur     photographie de la Vault House en intérieur

Inventent-ils l’eau chaude ? En guise de réponse, Mark Lee aime à paraphraser l’artiste Ed Ruscha pour qui « les anciens ont volé toutes les grandes idées. (…) Vault House reflète surtout la manière dont nous dessinons nos projets à partir d’éléments archétypaux, tous réinterprétés, par la suite, de façon contemporaine ». Bref, en Californie, de l’air du temps et de l’air du large.

 

Jean-Philippe Hugron

Toutes photos Courtesy Johnston Marklee / Eric Staudenmaier

 

Superficies, 930 m2 (terrain), 335 m2 (maison).

Livraison, 2003.

Maîtres d’ouvrage, Steven & Jerri Nagelberg.

Architectes, Sharon Johnston et Mark Lee. Chef de projet, Katrin Terstegen.

Architecte d’intérieur, Associates III.

BET Structure, William Koh & associates. Eclairagiste, Luminescence.

Entreprise générale, RJP Construction& Painting, Raymond Puzio.

Enduit élastomère, Grailcoat. Isolant acoustique, Bawasphon. Menuiseries extérieures et intérieures, Fleetwood. Luminaires, C. W. Cole & Co.

Cuisine Poggenpohl. Sanitaires, kwc, Vola. Robinetterie, Hansgrohe, Kohler.

 

 

 

Création architecturale au Palais de Chaillot

Création architecturale au Palais de Chaillot

Dédiée au premier des arts, la Cité de l’Architecture & du Patrimoine du Palais de Chaillot était toute désignée pour accueillir ce nouveau concept dédié… à la Création architecturale. La Plateforme de la création architecturale, concept volontairement hybride et flexible dans sa forme et ses formes, se veut un lieu de propositions, de débats, de critiques, d’échanges et d’ouvertures sur un rythme saisonnier qui sera inauguré le 22 octobre 2015.

Pierre-Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler
Pierre-Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler ©Rodrigo Apolaya

Cet « état des lieux » de la création architecturale se déroulera autour de diverses scénographies :

– Les Duos et débats (trimestriels) où deux équipes d’architectes, l’une en France et l’autre à l’étranger, confrontent leur expérience.

– Le Laboratoire du Logement, une veille permanente sur l’Habitat d’hier à aujourd’hui à travers de projets historiques et innovants.

– Les Rendez-vous critiques (toutes les 6 semaines) par des spécialistes sur les questions d’actualité.

– Les Rendez-vous métropolitains, une analyse des grands projets urbains en France et en Europe

– les Rendez-vous de Chaillot (mensuels) au cours desquels un architecte, un urbaniste ou un paysagiste présentera un projet.

Arna Mackic, Erik et Ronald Rietveld, RAAF (Rietveld Architecture-Art- Affordances) © Maarten Kools
Arna Mackic, Erik et Ronald Rietveld, RAAF (Rietveld Architecture-Art-Affordances) © Maarten Kools

À noter que ces rendez-vous sont libres d’accès – après inscription préalable sur le site – et destinés à un large public professionnel ou profane curieux, concerné et passionné. Accessibles par le Pavillon d’About, ces rencontres se déroulent selon un dispositif scénographique spécifique aménagé par l’agence Freaks et les graphistes de FormaBoom, à l’auditorium et dans la galerie des expos temporaires.

Renseignements sur le programme – onglet expositions – et inscriptions sur www.citechaillot.fr

Révélations pour Moissonnier

Révélations pour Moissonnier

« Alors qu’un brouillard pesant planait sur la ville de Bourg-en-Bresse en ce 21 avril 1885, Emile Moissonnier n’imaginait pas que l’atelier d’ébénisterie qu’il était en train d’inaugurer ce matin là dans le jardin de sa maison, existerait toujours aujourd’hui. » Moissonier

 

Tradition actuelle

143BIS banquette
143BIS banquette L.XIV

Emile Moissonnier, père fondateur de la maison, donna naissance à une lignée d’artistes ébénistes mariant avec délicatesse l’art de la peinture, la sculpture et la fabrication de pièces rares. Moissonnier, estampille du luxe à la française, perpétue un savoir-faire d’excellence de l’ébénisterie. Née au carrefour des styles historiques et de l’avant-garde esthétique, la maison sait donner à la tradition un nouveau souffle en rafraichissant les styles sans renier le passé. Avec un brin d’insolence, elle crée le décalage. Ses mobiliers, en collaboration avec les grands noms de la prescription d’alors, sont réalisés pour des chantiers prestigieux dans le monde entier.

 

130 ans de savoir-faire

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144 Lit Sevigne

Moissonnier célèbre ses 130 ans sur Révélations, le salon des métiers d’art et de la création à Paris. Dans l’écrin du Grand Palais, la manufacture française compose une pièce à vivre dans laquelle chaque meuble illustre une part de son savoir-faire et de son identité. Le salon a été l’occasion de découvrir de nouvelles pièces exclusives de Caroline Moissonnier, exprimant la capacité de la maison à inventer des finitions et décors inédits. Cette collection dévoile le talent de la nouvelle lignée d’artisans-créateurs.

 

Du 10 au 13 septembre 2015, la biennale a rencontré un franc succès avec plus de 38 500 visiteurs. Entièrement dédiée à la création contemporaine dans les métiers d’art, elle vous donne rendez-vous pour sa prochaine édition, du 3 au 8 mai 2017.

 

Courtesy Moissonnier

Le nouveau Longchamp, une course hippique

Le nouveau Longchamp, une course hippique

Bâti en 1857 sous Napoléon III, l’hippodrome de Longchamp n’en est pas à la première réhabilitation de ses tribunes. Mais le projet de démolition, rénovation, reconstruction prévu pour 2017 sera certainement l’un des plus exemplaires !

Reconnaissance internationale

La rénovation de Longchamp a pour but d’inscrire l’hippodrome sur la scène internationale et de lui offrir une qualité d’adaptation selon la fréquentation, entre courses de galop à très forte notoriété, comme le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe qui rassemble 60 000 spectateurs, et des réunions de courses régulières à public restreint.

Pour ce faire, Dominique Perrault Architecture a été sélectionné lors d’un concours lancé en 2011, grâce à un projet qui respecte l’histoire des lieux tout en lui conférant une grande modernité. Les tribunes de béton armé de l’hippodrome, conçu par Charles Adda en 1919, à cette époque architecte attitré des sociétés hippiques de Paris, vont être en grande partie démolies plutôt que rénovées, pour des raisons de coût, de respect des délais et d’adaptabilité puisque l’hippodrome sera polyvalent et accueillera d’autres activités.

 

Architecture en mouvement

DPA Nouveau Longchamp_Vue aérienne

« La structure légère du bâtiment efface l’architecture au profit de la transparence et des vues de chaque coté vers le paysage et les pistes. L’idée est d’ouvrir plus largement l’hippodrome au public, comme un jeu de circulation indépendante de toute la partie technique, une promenade au milieu de la nature parallèlement aux courses. » Dominique Perrault

Dominique Perrault propose une architecture en « mouvement », à l’image d’un pur-sang au galop, qui accompagne la ligne de la piste. En structure légère, elle n’a ni avant ni arrière, et propose une double orientation maintenant des relations permanentes entre l’espace de préparation et la piste : les tribunes seront en surplomb coté champ de courses et en balcon face au rond de présentation. Elles seront coiffées d’un bâtiment de verre transparent, offrant des vues panoramiques sur Paris et accueillant restaurants et loges privatives. Ainsi, les tribunes deviennent plus poreuses, plus ouvertes. Ramenées à 100 m de long, elles viennent valoriser l’environnement et tisser un lien intime avec le bois de Boulogne.

 

Grande envergure

Financé en grande partie par France Galop, ce projet à 131 millions d’euros sera construit par Bouygues Bâtiment IDF. Sa structure mixte en métal, bois et béton est estimée à 600 000 heures de production, 400 compagnons et 50 conducteurs de travaux.

Ce week-end du 3-4 octobre, nous assisterons donc au dernier Qatar Prix de l’Arc de Triomphe dans le Longchamp que l’on connait actuellement. Ce prix sera d’autant plus exceptionnel que la jument Trêve, qui a déjà gagnée deux fois la course, va retenter le challenge. Du jamais vu dans l’histoire des courses !

 

Amélie Luquain

 

Courtesy France Galop / DPA

La plus belle vue du canal de l’Ourcq

La plus belle vue du canal de l’Ourcq

A la confluence du Canal de l’Ourcq et de la petite ceinture (19e), quartier Jaurès, se dessine un ensemble de logements.

 

Un secteur en transformation

TVK schéma localisation

Depuis plusieurs années, le canal de l’Ourcq connait une fière transformation. Son caractère strictement fonctionnel, reposant sur une activité artisanale et industrielle – notamment sur le transport de marchandises – se voit relégué au second plan au profit d’activités de loisirs. En lieu et place de l’ancienne usine de chauffage urbain (CPCU), particulièrement reconnaissable avec son grand cube métallique et sa haute cheminée qui participaient de l’identité du quartier, se trouve aujourd’hui un îlot entier au bord du canal accueillant un ensemble de 134 logements (ainsi qu’un supermarché, un commerce, un café) conçu par l’agence TVK pour BDP Marignan. Ce projet illustre l’évolution des lieux et sa nouvelle identité, de la même manière que la crèche conçue par VEA Architectes (2014) située quai de l’Oise, et les immeubles de logements étudiants et sociaux de Lacaton & Vassal (2014), face à la rue de Thionville.

 

 

Tour de manivelle

« L’idée fondatrice du projet consiste à déployer les bâtiments en manivelle, afin de créer deux ambiances fortement liées aux grandes pièces infrastructurelles du site. […] Cette disposition instaure une relation indéfectible entre le tout et les parties en même temps qu’une indépendance claire de chaque édifice »

TVK axonométrie

L’îlot entretient une relation directe avec les éléments du patrimoine infrastructurel du site, rendue possible par la reconnaissance et l’appropriation de l’infrastructure du canal. C’est donc le paysage ouvert de celui-ci qui pénètre dans la profondeur de la parcelle, grâce à la réinterprétation du « plan en manivelle », archétype spatial de l’architecture moderne. Au-delà de la condamnation habituelle dont ce plan fait l’objet, Pierre Alain Trévelo & Antoine Viger-Kohler (TVK) l’envisage ici comme la ré-intégration forte d’un élément urbain spécifique. La disposition des bâtiments en manivelle permet à chaque logement de s’installer dans l’environnement, tout en privilégiant les ouvertures et les vues sur le canal grâce à un dispositif en gradin. Depuis les plus petits volumes bâtis aux pieds de l’eau jusqu’aux étages les plus hauts du bâtiment du fond, des plans successifs se juxtaposent, accentuant la profondeur de champ. Les gradins accompagnent la pente douce de la rue de la Marne qui mène au canal, comme une invitation à la promenade sur les quais.

 

Diversité des modes de vie

TVK vue 2

Trois corps de bâtiments sont reliés par leur niveau bas au travers des cours, passages et venelles. Un premier corps bâti, aligné sur le quai de la Marne, est revêtu d’une brique sombre, lui conférant une présence étonnante. Le second, orienté est-ouest créé à la charnière entre le canal et la petite ceinture, revêt une brique moutarde de couleur énergisante. Le troisième aligné sur la rue de Thionville se pare d’une brique blanche pour mieux y refléter la lumière. Parallèlement à ce dernier volume, se décline des logements que l’on qualifiera ici « d’intermédiaires » comprenant des toitures terrasses privatives, puis trois maisons de ville en duplex, presque de plain-pied avec le canal, unies à deux jardins, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière. La disposition en manivelle, en plus d’offrir trois entrées sur chacune des rues qui bordent l’îlot, permet une grande variation typologique de logements : des T1 et T2 mono-orientés mais toujours bien exposés, des grands lofts en duplex au dernier niveau, des T3, T4, T5 d’angle, des T4 en duplex mono-orientés sur le canal… De fait, chaque logement se voit doté d’une ouverture sur le paysage et de vues privilégiées.

TVK schema vues

TVK plan R+6

TVK plan R+2

 

Extérieurs soignés

Par ailleurs, on note la qualité et la diversité des espaces extérieurs. En effet, chaque logement en bénéficie ; les typologies varient selon l’orientation, l’exposition, la hauteur et la caractéristique des logements desservis. Pour certains, ce seront des jardins terrasses, d’autres des balcons filants, d’autres encore de petites loggias en saillies au-dessus du canal. Ces espaces interagissent avec l’environnement proche. A l’arrière de l’îlot, les habitants bénéficient d’un grand jardin collectif privatif – dessiné par Paula Paysage – dont la densité végétale se fond dans le square avoisinant.

 

« La matière construit à la fois un ensemble simple et unitaire car constitué de la même brique mais témoigne aussi de chacune de ses parties et de sa complexité par le jeu des teintes juxtaposées »

Au delà de la simplicité apparente qu’inspire la brique dans ce programme résidentiel bien conçu, elle rallie le tissu traditionnel faubourien du nord-est parisien et dévoile de grandes qualités de vie extrêmement diversifiées. Depuis ce 22 septembre 2015, les acquéreurs bénéficient d’ores et déjà de la plus belle vue sur le canal de l’Ourcq.

 

Amélie Luquain

 

Courtesy TVK / Clément Guillaume

Dentelle de béton pour la résidence Nakâra

Dentelle de béton pour la résidence Nakâra

Dans ce cadre idyllique du Cap d’Agde, Jacques Ferrier a dessiné une dentelle de béton enveloppant la résidence de tourisme 4* Odalys, Nakâra.

 

Un site d’exception

Le Cap d’Agde (34), destination balnéaire et pittoresque du Languedoc, est bordé sur 14 km de plages de sable fin. Au carrefour des eaux douces et salées, celle que l’on appelle « la perle noire de la méditerranée » se reconnait par son architecture faite de pierres basaltiques. C’est dans ce cadre idyllique que le cabinet d’architecture Jacques Ferrier et Promeo Patrimoine ont construit la résidence de tourisme 4* Odalys Nakâra qui se distingue par ses reflets de nacre.

Nakâra résille

Le projet Nakâra a réellement démarré le 5 février 2014 avec la pose de la première pierre sur un terrain rocailleux, comme accidenté, paré de zones de végétation éparse, en friche. Livré ce 2 juillet 2015, elle a, d’ores et déjà, pu accueillir de nombreux résidents pour sa première saison estivale.

 

Dissémination des volumes

Nakâra intérieur

A 150 m de la plage de Rochelongue, sur un terrain de près de 2 hectares, les volumes suivent la topographie initiale du site : une pente douce vers la mer. L’ensemble, composé de 161 appartements et de 42 villas, semble se disséminer lentement depuis les trois bâtiments principaux qui marquent l’entrée du site, jusqu’aux villas jumelées à l’arrière, comme protégées, s’immisçant dans l’environnement des maisons avoisinantes. Edifiés entre les pins et la végétation boisée, ce sont de véritables cocons, de 23 à 55 m², de 2 à 8 couchages entièrement meublés et équipés, qui accueillent les touristes pour leur plus grand confort (sans oublier restaurant, salle de séminaire, espace bien-être, club enfants…).

 

Dentelle de béton

Nakâra reception

Nakâra atriumAinsi, depuis le salon de réception, le résident traverse un long atrium – qui n’en porte que le nom – dont la verrière anime la longueur. Celui-ci s’ouvre sur le restaurant, lui-même faisant face à la piscine. Dommage que le parcours et la vue s’arrêtent face à un mur revêtu si simplement de blanc. On lui préférera la double peau environnante, une résille ajourée en Béton Fibré Ultra-haute Performance (BFUP), celui là même que celui dont s’est servi Rudy Ricciotti pour le Mucem de Marseille. Ce matériau à structure micrométrique présente un fort dosage en ciment et en adjuvants, assurant une durabilité et une résistance exceptionnelles, et une ductilité unique. Moulé dans du latex grâce à de grandes presses, ce matériau permet une résille aux multiples couleurs et motifs, bien que, comme ont pu s’en apercevoir les constructeurs, il ne supporte pas encore des dessins trop complexes. Fixé par des loquets sur des montants métalliques verticaux, la plus grande pièce du projet de 4 x 1,7 m et 4 cm d’épaisseur atteint 350 kg. A noter : les résilles horizontales sont en métal.

 

Inspiration méditerranéenne

Nakâra piscine

Cette peau participe de l’unité de la résidence : réinterprétation des moucharabiehs orientaux, elle conjugue à la fois grands auvents et façades, mais aussi petites ombrières et lambrequins. Assurant la continuité entre intérieur et extérieur, elle est tant un brise soleil qu’un pare vue et relève des engagements Bâtiment Basse Consommation (BBC). Immaculée de blanc, renvoyant la luminosité propre au sud de la France et formant de délicates ombres au sol, cette dentelle contribue à l’esprit méditerranéen des lieux.

 

Par ailleurs, on notera que des éléments d’origine (rochers, arbustes…) ont été volontairement conservés pour mieux s’intégrer aux paysages existants. Elément remarquable : le basalte trouvé lors des fondations a été réutilisé pour constituer les jardins des villas.

 

Architecte singulier

Nakâra bar restaurant

On reconnait alors la patte architecturale de Jacques Ferrier, qui utilise souvent des résilles et auvents comme on peut le voir notamment dans ses projets de concours tels que le musée de la romanité à Narbonne (11) en 2011 et la gare nouvelle de Montpellier (34) en 2014. Travaillant en France et à l’international, Jacques Ferrier conçoit tant des ouvrages culturels que des bâtiments de prestige ; il est aussi le concepteur du pavillon français à l’Exposition Universelle 2010 de Shanghai.

 

Amélie Luquain

 

Courtesy FANTASY DØGMA – Architectures

Moda s’expose pour ses 10 ans

Moda s’expose pour ses 10 ans

Moda, showroom spécialisé dans le mobilier contract,  fête son dixième anniversaire au travers d’une exposition baptisée 10 / 10. 10 ans, 10 scènes qui associent designers et fabricants de renommée internationale. Sous le commissariat de François Bernard, cette exposition allie modernisme, originalité et poésie avec brio dans une rencontre entre le design et le mobilier contemporain. Notre focus en vidéo sur quelques unes des installations présentes…

La société Tangent dirigée par Hideki Yoshimoto – designer et ingénieur en aéronautique – et basée à Londres illustre les nouvelles technologies pour la création de produits à la fois utiles et poétiques à travers 3 installations innovantes.

Inaho associe lumière et mouvements afin d’évoquer le balancement gracile des épis de riz. Un banc en forme de basset artésien (Ugo des Editions Riva) est à disposition pour contempler la magie de l’installation lumineuse, animée grâce à ses détecteurs de présence.

Kihou porte des bulles lumineuses et dorées à la surface d’un liquide noir opaque faisant penser à du pétrole.

Tout autour des tabourets estampillés “The End” – édités par Gufram – invitent les curieux à s’asseoir autour de ce chaudron de sorcier futuro-magique. L’installation est un hommage insolite aux années qui passent et à l’avenir techno poétique du design.
Fluff met en scène des sphères flottantes et lumineuses dans l’obscurité tout en défiant les lois de la gravité. Le spatial et l’abyssal sont des courants poétiques et créatifs importants pour les années futures. Lunaire de Fontana Arte s’inspire également des éléments cosmiques et des effets diurnes et nocturnes.

Sunset est un nouveau papier peint créé par les designers de A+A Cooren et édité par la société Bien Fait. Leur source d’inspiration est la sensation d’atmosphère et les éléments physiques de la nature. Leur créativité s’exprime dans des aménagements d’espace et semble continuellement jouer entre matérialisation de l’invisible et désincarnation du réel. Ici, le dégradé du papier peint évoque un crépuscule inversé vers la couleur rouge intense en faisant écho à la “physicalité” comme un décor pour les alignements de chaises rouges sélectionnées par Moda.
Mobilier : Stil, La Palma – Pina, Magis – Nolita, Pedrali – Dragonfly, Segis – Harry, Massproductions – Dent, Bla Station – Chassis, Wilkhahn – Mia, EMU – Washington, Knoll – Dinamica, Alias.

Takt – groupe de designers japonais – affiche une volonté «d’inventer le futur ». Avec le projet Dye it Yourself, ils répondent à cette demande actuelle de l’unique de masse. A partir d’une chaise blanche et d’une impression en 3D avec des encres de couleur, ils proposent à chacun de choisir selon ses envies. Une fois la couleur absorbée et la teinte fixée, chaque chaise devient une pièce unique. Le projet de Takt s’harmonise poétiquement avec la collection Carte Blanche de l’éditeur belge Bulo, dessinée par Ann Demeulemeester. Ce concept “à finir” se retrouve également dans les luminaires de Opinion Ciatti.

Le projet collectif Tutti Frutti , proposé par Fabrica – laboratoire de recherche et de production Design du groupe Benetton – oppose la transparence et la fragilité du verre à la fantaisie du fruit. Dans leur projet ré-inventer, l’objectif est de détourner les codes banalisés d’un objet du quotidien – corbeille à fruits – pour ré-inventer sa fonction en pièce unique grâce à la présence singulière et continuelle des fruits. La même logique est utilisée pour la table de ping pong You and mie de l’éditeur RS Barcelona.

Designer anglais primé au Lexus Award 2014, James Fox, amateur de Nature et de solutions design, a imaginé Macian.
Ce projet illustre de quelle manière le design de pièces de jonction simples permet de construire des abris éphémères en pleine nature ou dans des lieux atypiques en ville, quel que soit le matériau employé. La structure présentée dans l’exposition est composée de tubes de carton liés entre eux par une série de liens dessinés par James Fox. Le mobilier Fionda vient des éditions Mattiazzi, les luminaires Follow me des éditons Marset.

 

François Bernard – auteur de cette exposition – est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. En 1992, il fonde son agence Croisements, spécialisée dans la détection des évolutions des styles et des modes de vie. Elle œuvre également à la conception, la création et la structuration de gammes de produits en rapport avec l’art de vivre contemporain et l’environnement de la maison. Le nom de cette agence s’inscrit dans une logique de rencontres, de savoir, de culture et de créativité. Elle accompagne les acheteurs français de la distribution et collabore depuis plus de 20 ans avec le Salon Maison et Objet. François Bernard crée également des meubles, des objets et des textiles. Il a conceptualisé la maison d’édition de design ENO tout en assurant la direction artistique pendant 5 ans.

Depuis 2005, Moda – avec à sa tête Pascal Dessagne – est le partenaire privilégié des architectes et des prescripteurs pour l’aménagement de nombreux projets sur mesure d’espaces tertiaires et résidentiels dans l’univers du mobilier contemporain.

Moda Exposition 10 / 10
Exposition du 3 septembre au 3 octobre 2015
Lieu : Moda Galerie – 6 Passage de la Boule Blanche – 75012 Paris

Isabelle Thommès

Prix National de la Construction Bois 2015

Le Prix National de la Construction Bois, véritable signe de reconnaissance mais aussi incubateur de données, récompense 20 lauréats en cette année 2015.

 

Stade Allianz RivieraLa création

Lancé en 2012, le Prix National de la Construction Bois fut créé pour harmoniser les différents concours régionaux existants. Porté par le réseau des interprofessions régionales France Bois Régions (FBR), il est soutenu par France Bois Forêt (FBF), CODIFAB, et est en partenariat avec le Comité National pour le Développement du Bois (CNDB).

 

 

 

Les objectifs

Construction d'une maison de santé à Vézelay (89)Bien au-delà de la simple récompense, son objectif a pour but de mettre en avant le dynamisme de la construction bois en France. En effet, celui-ci s’adapte à tous les milieux, qu’ils soient urbains, ruraux, industriels. Il se décline de manière sensible en structure, vêture, aménagement intérieur et offre une grande variété d’expression. Le bois a une valeur ajoutée en terme de ressenti humain, dégageant de la sérénité là où il est visible. Par ailleurs, le prix vient valoriser l’utilisation des bois français ; une ressource forestière composée d’essences très variées aux propriétés et atouts multiples. Le Prix National de la Construction Bois devient tant un signe de reconnaissance qu’un incubateur : il est une véritable base de données.

 

Les lauréats

En 2015, plus de 800 réalisations en compétition ont été examinées par un jury de professionnels de la filière bois. Dans les 8 catégories, allant des équipements publics jusqu’aux aménagements intérieurs, en passant par le logement, 20 lauréats ont été sélectionnés. Parmi eux, on appréciera tout particulièrement :

 

  • La Jetée, Pont-Passerelle du Mont-Saint-Michel (50), conçu par Dietmar Feichtinger Architectes (93), pour ce travail d’ingénierie remarquable nécessaire à la bonne conservation de notre patrimoine.

La Jetée Pont-Passerelle du Mont-Saint-Michel

  • Le lycée Nelson Mandela à Nantes (44), conçu par François Leclercq architecte urbaniste (75), pour la qualité et la visibilité de la charpente bois notamment dans la lumineuse cour intérieure, et surtout pour l’utilisation du bois à tous les niveaux (structures, menuiseries, mobiliers…).

lycée nelson mendela

  • La Maison en bois à Malakoff (92) conçu, par Croixmariebourdon architecture (75), pour son intégration paysagère et pour la qualité de son revêtement extérieur.

Maison en bois à Malakoff

La remise des prix s’organisera en trois temps à partir du 25 septembre.

 

Courtesy PNCB / Antoine Mecusot – Milène Servelle – Luc Boegly – David Boureau photographe – CWeiner Photographe – Croixmariebourdon architecte

Dominique Perrault reçoit le Praemium Imperiale

Dominique Perrault reçoit le Praemium Imperiale

Le Praemium Imperiale récompense depuis 27 ans cinq champs culturels majeurs. Cette année 2015, dans la catégorie architecture, Dominique Perrault succède à de nombreux « starchitectes ».

 

Le Praemium Imperiale, récompense culturelle majeure

Le Praemium Imperiale fète sa 27e édition. Ce prix annuel japonais, attribué par la « Japan Art Association« , récompense l’excellence de cinq champs culturels majeurs : peinture, sculpture, architecture, musique, théâtre/cinéma. Les lauréats sont récompensés pour leurs réalisations artistiques et leur contribution au monde des arts. Une distinction est également décernée aux jeunes artistes. Les conseillers internationaux, qui président les commissions d’examen des candidatures et présélectionnent les candidats, sont choisis parmi des personnalités publiques et privées. Actuellement, pour la France, Jean Pierre Raffarin succède à Jacques Chirac depuis 2013.

 

Dominique Perrault © The Japan Art AssociationParmi les lauréats, nombre de « starchitectes »

Ce 10 septembre 2015, les noms des nouveaux lauréats ont été annoncés à Paris : Tadanori Yokoo (Japon) pour la peinture, Wolfgang Laib (Allemagne) pour la sculpture, Mitsuko Uchida (Japon, Grande-Bretagne) pour la musique, Sylvie Guillem(France) pour le théâtre/cinéma, et en architecture, le célèbre architecte français Dominique Perrault. Le Praemium Imperiale est une des récompenses les plus prestigieuses au monde ; Dominique Perrault succède à Steven Holl (2014), David Chipperfield (2013), Toyo Ito (2010), Zaha Hadid (2009), Rem Koolhaas (2003), Renzo Piano (1995) et bien d’autres « starchitectes ».

 

L’œuvre de Dominique Perrault remarquée

Né en avril 1953 à Clermont-Ferrand, Dominique Perrault est diplômé des Beaux Arts de Paris en 1978, et ouvre son agence DPA en 1981. Par la suite, il reçoit de nombreuses récompenses pour son œuvre architecturale en résonnance avec l’environnement. Pour lui la ville doit se concevoir comme un tout vivant toujours en transformation. Il porte beaucoup d’attention à l’histoire et à la géographie d’un site, tout ce qui constitue sa nature propre, pour fondre au mieux son architecture dans le contexte sans en altérer les propriétés. Architecte des Etats, il remporte le projet à 36 ans de la Bibliothèque Nationale de France, site François Mitterrand, qui se distingue par un ensemble carré dont chaque angle arbore une tour de cent mètres de hauteur ; le lieu destiné aux lecteurs est, quand à lui, incrusté dans le sol permettant d’aménager en son centre un vaste jardin. Ce projet dénote aussi le début d’une utilisation généralisée de la maille métallique. Par la suite, on lui devra la Piscine Olympique de Berlin et le Grand Théâtre d’Albi. Parmi les projets en cours en France : La Poste du Louvre et l’Hippodrome de Longchamp à Paris, et la réhabilitation du Pavillon Dufour au Château de Versailles.

 

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La cérémonie de remise des prix du Praemium Imperiale se tiendra à Tokyo, 21 octobre 2015

 

Courtesy Dominique Perrault © Patrick Swirc © The Japan Art Association -Sankei Shimbun © Fessy-Dominique Perrault Architecture-Adagp