Le Hager Forum étonne par son gigantisme

L’entreprise franco-allemande Hager Group, fournisseur leader en installations électriques pour le résidentiel et tertiaire depuis 1955, a inauguré ce 4 juillet 2015 son nouveau forum.

Daniel Hager

Hager reste fidèle à ses racines en implantant son forum sur le site d’Obernai (Alsace), fondé en 1959, actuellement son plus grand centre de production. Né d’une volonté d’incarner la culture de l’entreprise et le changement initié, Daniel Hager, président du groupe, souhaitait un équipement à vocation de catalyseur, où convergeraient les idées, les personnes, les expériences et d’où émergeraient l’innovation en permanence. Selon lui, si les idées ne se décrètent pas, il semble que certaine conditions les favorisent.

 

A l’origine, un concours. Face à cinq autres concurrents également étrangers, le cabinet d’architecte berlinois Sauerbruch Hutton remporte le projet en juillet 2012, associé à OTE ingénierie et Milla + Partner, agence de communication et d’aménagement d’espaces.

Plan du rez-de-chaussée
Plan du rez-de-chaussée
Volumétrie du projet (rez-de-chaussée et niveau 1)
Volumétrie du projet (rez-de-chaussée et niveau 1)

 

Un auvent gigantesque

un auvent gigantesque
L’auvent du Hager Forum souligne l’entrée du site

Situé en lieu et place de l’ancien parking visiteurs, l’équipement de 7140 m² souligne l’entrée du site d’Obernai de son auvent. Avec ses 36 m de long par 39 m de large, soutenu par seulement 18 piliers filiformes, il se prolonge par une toiture embrassant les espaces intérieurs du bâtiment. Dans un esprit industriel, la toiture à sheds en lamellé-collé est subdivisée en caisson par un quadrillage de 3 m x 3 m laissant passer la lumière, tandis que les pans diagonaux supportent 440 panneaux photovoltaïques assurant 40 % de l’énergie nécessaire.

Coupe du projet

Autre prouesse technique, la charpente se distingue par un porte-à-faux intérieur de 9 m qui a nécessité des études approfondies. Sous cette grande toiture assimilable à un geste de bienvenue, se dégage de la forme en H deux atriums centraux de 9 m de hauteurs, encadrés de deux ailes sur deux niveaux reliées par une passerelle. Cette dernière, réalisée en béton précontraint sans piliers, surplombe l’atrium le long de ses 21 m.

Atriums centraux encadrés de deux ailes reliées par une passerelle
Le « Hub » peut accueillir 400 personnes

Vue depuis la passerelle

Fintitions réfléchissantes en façadeLa façade, quant à elle, s’articule avec les poutres de la charpente bois, se subdivisant en une trame d’1,50 m. Son damier est composé de panneaux en aluminium aux finitions réfléchissantes et de vitrages transparents apportant la lumière naturelle.

les façades reprennenet la trame de la toiture à sheds

 

intérieur revetu de boisFace intérieure, les panneaux revêtus de bois incorporent les ouvrants. Assurant aussi la luminosité, les cloisons de séparation sont transparentes.

 

cloisons transparentes

 

Le bâtiment en chiffre : c’est 5500 m3 de béton, 700 tonnes d’acier, 850 m3 de bois, 125 km de câbles électriques, 25 entreprises artisanales, dont de nombreuses locales implantées en Alsace et en Sarre, et un investissement travaux de 20,1 millions d’euros.

Le hager forum vue de nuit

 

Passé, présent, avenir

Accueillant clients et partenaires du monde entier, le forum se parcourt sur trois niveaux, traduisant les traditions, les valeurs et les ambitions du groupe. Au sous-sol, un tableau de 7 m de long retrace les 60 ans d’histoire d’Hager – depuis sa fondation en 1955 par les frères Hermann et Oswald Hager et leur père Peter, jusqu’à aujourd’hui avec ses 11 400 collaborateurs, 23 sites dans le monde, distribués dans 95 pays avec un chiffre d’affaire de 1,7 milliards d’euros.

Tableau chronologique
Tableau chronologique

A coté, le « Force Field », une salle multimédia ultramoderne, entoure le visiteur de ses trois murs de projections, l’intégrant à l’expérience, avant de basculer en mode exposition.

Force Field
Force Field

Au rez-de-chaussée, mises en scène des solutions Hager : deux show-rooms à la pointe de la technologie, les « Labs », démontrent le savoir-faire de l’entreprise.

 Les "Labs" démontrent le savoir-faire de l’entreprise
Les « Labs » démontrent le savoir-faire de l’entreprise

Quant à l’espace central, le « Hub », il peut accueillir 400 personnes. Au 1er étage, accessible par l’escalier central monumental, les services Innovation, Recherche et Développement, et Design.

 

Le bâtiment, reflet de l’entreprise

Ainsi, le bâtiment se veut une vitrine à l’échelle 1:1 des solutions Hager, où les produits peuvent être admirés en action, si ce n’est pilotés par les visiteurs eux- même. On notera notamment que l’armoire de distribution principale, habituellement cachée en sous-sol, s’impose comme une attraction visible depuis l’entrée principale. L’avant et l’arrière sont équipés de façades vitrées transparentes, permettant d’admirer la configuration des disjoncteurs forte intensité 1000 A, les jeux de barres de distribution et les disjoncteurs 10 ou 16 A.

armoire de distribution principale
L’armoire de distribution principale s’impose comme une attraction visible

Le bâtiment reflète les valeurs de son maitre d’ouvrage, l’entreprise rayonne à travers le bâtiment.

 

Amélie Luquain

Courtesy Hager Group / Jan Bitter – Sauerbruch Hutton – Milla&Partner

 

Logements entre deux rives à l’Ile-Saint-Denis

Sur l’Ile-Saint-Denis (93), les logements conçus par l’agence Philippon Kalt profitent d’un site exceptionnel, entre deux rives de la Seine.

 

L’Ile-Saint-Denis, un petit lieu de paradis en région parisienne ; entourée par deux bras de la Seine, l’île est une commune de 7500 habitants, reliée par 6 ponts aux villes voisines. Le long de ces 7 km se déroule un territoire étroit au séquençage marqué : parc départemental, équipements publics, centre ville et grands entrepôts se succèdent.

Brigitte Philippon et Jean Kalt ont posé la première pierre de l’éco-quartier fluvial de l’Ile-Saint-Denis. Également urbanistes des lieux, ils y ont reconverti une ancienne friche industrielle située dans le quartier Sud. 165 logements BBC – dont 20 en accession social – répartis dans 5 bâtiments sur 3 îlots sont sortis de terre en 2014.

 

Principal objectif, retrouver le rapport à la Seine qui confère à ce lieu tout son exotisme.

 

Du petit bras au grand brasLes bâtiments rectangulaires se succèdent en un épanelage

Sur un site de 50 m de large et 250 m de long, les bâtiments rectangulaires parallèles aux berges se succèdent en un épanelage allant du R+2 au R+6. Deux visages s’offrent aux berges : le « petit bras » plus sauvage, des logements sur 3 niveaux revêtus de mélèze reprennent l’échelle des maisons de ville avoisinante. Le « grand bras » un front bâti de 7 niveaux vêtu de caissettes d’aluminium thermolaqué souligne le quai du Châtelier.

 

Façade industrielle

Système innovant de façades légères, inspiré des bâtiments tertiaires

Pour ce projet, un système innovant et précurseur de façades légères et recyclables a été mis au point. Afin d’économiser la matière et les coûts, seuls les éléments porteurs du bâtiment, les refends et dalles, sont réalisés en béton. La façade en ossature métal est non porteuse. Inspirés des bâtiments tertiaires tels que les hangars, les architectes utilisent des composants industrialisés autorisant un montage rapide de la façade: les plateaux de bardage et précadre de fenêtres en acier sont fixés sur les nez de dalle, l’isolation protégée par le pare-pluie est placée devant le bardage, puis vient la vêture.

Système innovant de façades légères, inspiré des bâtiments tertiaires

Loggias portées par des consoles métalliques en acier galvaniséChaque élément est déconstructible et recyclable. La façade devient un manteau isolant dont l’épaisseur global est de seulement 27 cm, dont 20 cm d’isolant, soit 30 % de gain de matière. Les loggias, quant à elles, sont portées par des consoles métalliques en acier galvanisé. Structurellement indépendantes, elles évitent les ponts thermiques.

 

Perméabilités et vues panoramiques

Perméabilités et vues panoramiques

Des porosités, tant physiques que visuelles, nous rappelle sans cesse qu’on se situe sur une île. Redonnant sa vraie place à l’espace public et aux piétons, les îlots largement décloisonnés sont traversant. Implantées dans le prolongement du séjour, les loggias sont véritablement une pièce en plus de 6m de long sur 2 m de profondeur, offrant une vue panoramique sur les rives.

 

L’île verte

Les volumes bâtis alternent avec des jardins arborés

Dans une volonté de biodiversité, les volumes bâtis alternent avec des jardins arborés dont la superficie représente 50 % de chaque îlot, soit 12 200 m² de construction bâti et 11 100 m² de surface plantée.

Sur le plan vertical, les loggias à l’est revêtent une fine résille métallique posée d’un seul tenant à la manière d’un tissu et habillée de plantes grimpantes.

les loggias à l’est revêtent une fine résille métallique

Coté ouest, de grandes parois vitrées teintées de jaunes illuminent l’intérieur du logement.

de grandes parois vitrées teintées de jaunes illuminent l’intérieur du logement

Élément déclencheur de la végétalisation des balcons, ceux-ci ont été livrés avec une arrivée d’eau et des bacs acier.

 

Entre innovation technique et respect de la charte environnementale de l’éco-quartier, le projet urbain et architectural de l’agence Philippon Kalt fut permis par une ville investie et tournée vers l’avenir.

 

Amélie Luquain

Courtesy Philippon Kalt / Hervé Abbadie et Philippe Monges

Mat&Sens, une matériauthèque sensorielle

Mat&Sens, une matériauthèque sensorielle

En vue de la révolution numérique et de l’augmentation des datas disponibles tous azimuts, le consommateur est de mieux en mieux informé et exige dans ses produits d’autant plus de qualité, de valeur et surtout d’émotion.

 

« Matières et sensations »

Le Centre d’Etudes et de Recherches sur les Technologies du SENSoriel de Tours (CERTESENS), fondé en 2012, est une plateforme d’innovation et de recherche unique au monde sur les technologies du sensoriel. Favorisant une approche par les cinq sens, elle développe des outils et méthodes pour la conception de produits, permettant de mesurer les perceptions sensitives. A l’occasion du Sensory Day 2015, elle a ouvert le 9 juillet la matériauthèque sensorielle du CERTESENS, Mat&Sens.

mousse formée
Mousse formée

 

Des échantillons au classement insolite

A destination des concepteurs, designers, architectes, chercheurs, créateurs et passionnés, Mat&Sens permet de mieux connaître les matériaux en zoomant sur leurs propriétés sensibles, sans oublier leurs propriétés techniques (mécaniques, chimiques, environnementales…). Chaque échantillon référencé dispose d’une fiche détaillée selon les critères suivants :

  • La description sensorielle : réalisée par le biais d’une évaluation de l’intensité de 29 descripteurs dits génériques, c’est à dire, pouvant s’appliquer à la plupart des matériaux et étant pertinents pour les métiers de la conception. Ces descripteurs sollicitent les modalités tactiles, visuelles, visio-tactiles, sonores et olfactives.

description sensorielle, générale et technique

  • La description générale : comprend les composants du matériau, la ou les applications habituelles, la forme de l’échantillon, une courte description, les informations du fournisseur.

description sensorielle, générale, sensorielle

  • La description technique : rassemble une cinquantaine de caractéristiques (mécaniques, électriques, chimiques, thermiques, environnementales, optiques, …)

description sensorielle, générale, sensorielle

 

La matériauthèque Mat&Sens est un outil qui permet d’anticiper les sensations procurées par l’utilisation des matériaux. Accessible sur place, à Tours dans un espace de 200 m², elle l’est aussi par internet via un site répertoriant, de manière virtuelle, tous les échantillons de la matériauthèque sensorielle physique.

Matériauthèque

Courtesy CERTESENS et D.Darrault

 

 

Maison M, une Maison bien… lotie

Maison M, une Maison bien… lotie

Maison M, seilh, France

Architectes, PPA Architectures

Bâtie dans une banlieue résidentielle en périphérie de Toulouse, la maison M impose avec radicalité ses volumes de béton dans le contexte spécifique d’un lotissement. Très fermée sur trois côtés, elle accueille le paysage à bras ouverts par ses grandes baies vitrées à l’ouest pour se laisser traverser par la vision sereine de l’étendue engazonnée d’un golf.

 

Maison-M-baie-vitree

 

 

Le projet s’inscrit sur un terrain de 34×34 m dans un lotissement pavillonnaire dont il s’affranchit des codes « petits-bourgeois » (tuiles canal, génoises et enduits orangés). Il se glisse entre deux parcelles compactes en fond ‘impasse et en vis-à-vis du green du Golf international de Toulouse. Ces deux caractéristiques ont conduit les architectes – Jean-Manuel Puig, Guillaume Pujol, Charles Séguier et Olivier Companyo – à une stratégie d’implantation radicale en regard des limites, des proximités et des vis-à-vis d’une part, et de l’étendue, d’autre part, qui vise à exploiter au maximum les potentialités du site. Ainsi, la maison s’organise-t-elle autour d’un vide structurant qui la protège du voisinage, éclaire ses différents espaces et en distribue les fonctions. Elle se caractérise par des volumes abstraits en béton et tôle d’inox, une façade mutique sur rue et une autre entièrement vitrée vers le golf. Mais si sa position est clairement affichée, elle soulève – en raison de son programme complexe et fluctuant depuis la commande – une somme de questions quant à la définition des espaces, la réversibilité des fonctions, l’appropriation par les usages…

 

Pièce intérieur Maison M, blanche
Intérieur blanc, pur et lumineux. Maison M

 

Un projet laboratoire

Le programme – atypique – définit ce pavillon comme le support de multiples destinations et usages. Tout en étant considérée comme un lieu de vie, la maison devait aussi pouvoir être un lieu de réception, de travail, d’exposition, de création, d’hébergement… Thème important et récurrent dans le travail de cette très dynamique agence toulousaine le programme ouvert est ici élément de conception. Le projet se compose de trois boites juxtaposées – mono-orientées vers le paysage artificiel du golf – qui engendrent un espace central introverti. Chaque volume tente de se dégager des contraintes techniques afin de pouvoir assurer diverses fonctions, à la fois spécifiques et évolutives. Ainsi, les pièces telles les chambres avec salle de bains/bureaux sont peu marquées par leur usage et davantage caractérisées par l’ambiance, en cohérence avec l’ensemble du projet. Le vaste volume transparent du séjour – salle de réunion – réception est entièrement ouvert d’un côté sur le patio pavé et sa piscine/bassin d’apparat et de l’autre sur la terrasse vers le gold. L’atelier, lui, est autonome, d’où son traitement spécifique, mais il assume néanmoins l’objectif commun en proposant un espace capable. C’est un vaste volume éclairé par une grande fenêtre au nord, dont le parement en polycarbonate, fait vibrer les parois. Il se prolonge par une « placette extérieure » pour recevoir ou encore exposer des œuvres.

 

Maison M photo extérieur
Photographie de la Maison M, extérieur

 

Sobre dualité des matériaux

Combiné à un travail sur les textures, le choix de matériaux simples n’est pas issu d’une question de budget mais d’une volonté délibérée. Le plafond en béton banché brut est commun à l’ensemble de la maison ; de même le sol unique en lames de bois naturel ne marque aucune différence entre les niveaux, ni même entre pièces de vie et pièces humides. Cependant l’attention a également portée sur la complémentarité des matériaux et la dualité entre l’industriel, telle la tôle ondulée, et le naturel comme le parquet bois et les pavés de pierre, mais aussi sur la combinaison des deux, dans le béton coulé très soigneusement sur un coffrage de planchettes. Ceci concourt à offrir des espaces neutres qui ne sont ni froids, ni inexpressifs.

A l’extérieur, le sol s’affirme monochrome en cubes de pierre noire posés à la main et gravillon sombre. D’ailleurs, le terrain est juste pacifié et non véritablement aménagé en jardin. Le traitement des espaces non bâtis en périphérie de la parcelle et autour de la maison reste ouvert en termes d’usages et d’appropriation. Quelques cyprès protègent des vues depuis la maison voisine et la limite avec le golf est marquée par une haie épaisse et un fossé. D’une grande sobriété – à ne pas confondre avec de l’austérité car elle recèle de la générosité, des matières, des textures, de la lumière, des vues, des potentiels… -, cette maison fait preuve d’une belle exigence, d’une haute précision qui cependant n’en font pas un projet suisse défini, net, lissé, figé. L’objectif des architectes n’a pas été d’être minimal ni esthétisant, même si l’image se révèle ambiguë du fait de l’absence de signes et de l’évanescence des fonctions. Le projet affiche une spatialité fluide dont témoignent la discrétion des articulations, l’escalier masqué, les portes qui se dessinent à peine dans les parois, les vitrages qui s’effacent pour mieux embrasser le paysage.

 

[masterslider id= »37″]

Surface habitable : 275 m² | Délais : études 12 mois, travaux 18 mois | Maitrise d’ouvrage : privée | Architecte : Olivier Companyo (PFA architectures) | Chef de projet : Amandine Hernandez | Bet Structure, Befs Grontmij | Gros-Œuvre, Construit 3 | Menuiseries extérieur : Gayrel, Dewerpe | Agene=cement : M. Bannelier | Structure : Cir Prefa | Panneaux de façade : ArcelorMittal | Verre : Vitrocsa | Sanitaires : Ideal Standard | Robinetterie : Cristina | Chauffage / Climatisation : Toshiba | Luminaires : Zangra (int.), Wever & Ducre, Bega, Modular (ext.) 

Catherine Pierre

Crédit photo : © Philippe RUAULT PHOTOGRAPHE

Casa Brutale : 20 milieux sous la terre

Convergence de la terre et de l’eau environnante, la Casa Brutale imaginée par l’agence OPA pénètre au sein de la falaise.

Référence inversée à la Casa Malaparte, la Casa Brutale préserve l’horizon du paysage. Pas un volume construit de la boîte de béton, de verre et d’eau, ancrée dans la falaise, n’émerge au dessus du niveau du sol. Après avoir descendu 50 marches au cœur du volume d’habitation, une haute porte tournante s’ouvre sur une vue imprenable face à la mer Égée, cadrée par une immense façade de verre à fleur de l’escarpement rocheux.

 

La pièce à vivre intérieur de la casa brutale

 

Dans une continuation poétique de la mer, la toiture est constituée d’un vitrage renforcé accueillant une piscine cristalline. En communication parfaite avec le grand bleu du ciel grec, celle-ci filtre la lumière naturelle abondante, adoucissant la brutalité du béton imprimé par les traces du banchage de bois. Enfermée et protégée par la terre tendre, la maison profite des avantages thermiques du sol et des propriétés de refroidissement de la piscine.

 

 

Intérieur cuisine de la Casa Brutale

 

A l’intérieur, l’espace de vie constitué de larges bancs invite à la contemplation et le lit en mezzanine ne cesse d’orienter le regard vers l’océan. Un promontoire s’élance au-dessus du vide, laissant l’habitant seul au beau milieu de l’immensité du paysage. Le soir, le logement s’apparente à un point lumineux dessinant une faille dans la falaise. Rêvée par OPA (Open Platform for Architecture), la Casa Brutale redéfinit la coexistence de l’homme et de la nature.

Amélie Luquain

Casa Brutale vue de face
Photographie de la Casa Brutale en Grèce de jour.

[masterslider id= »35″]

[masterslider id= »36″]

Crédits OPA Works

Fayland House : un trait sur la colline

Fayland House : un trait sur la colline

Fayland House dessine un paysage horizontal au sein des collines de Chiltern Hills.

Situé au sud-est de l’Angleterre (Buckinghamshire), le paysage des collines crayeuses de Chiltern Hills, l’une des zones les plus densément boisées du pays, a été désigné zone de beauté naturelle exceptionnelle en 1965. David Chipperfield (AR Award 2015) vient revaloriser les lieux en concevant en 2013 la Fayland House, une vaste maison de famille. Se présentant comme un grand terrassement inscrit dans la pente, elle dessine un nouveau paysage horizontal auquel la toiture de béton végétalisée participe. Orienté sud-ouest, face à la vallée, un généreux auvent soutenu par de larges piliers s’étire sur toute la longueur du bâtiment, servant d’intermédiaire entre l’espace privé intérieur et le grand paysage. Par opposition, les pièces annexes à l’arrière de la maison, en contact étroit avec la nature, s’ouvrent sur de petites cours et patios plantés d’arbres. Les murs de briques blanches, laissées visibles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, rappellent la nature crayeuse du terrain.

Ainsi, d’un coté, la maison s’apparente à un escarpement naturel dans le paysage, de l’autre, elle s’affirme comme une structure artificielle caractérisée par les colonnes de briques.

Courtesy David Chipperfield 

 

La CNSA récompense l’imagination des étudiants

La CNSA récompense l’imagination des étudiants

« Comment changer le regard porté sur les maisons de retraite ? Comment maintenir le lien social ? Comment allier innovations architecturales, fonctionnalité du lieu et bien-être des résidents ? Comment associer vie collective et espaces privés ? » Telles sont les questions auxquelles ont répondu les étudiants lors du concours d’idée organisé par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA). Le prix Lieux de vie collectifs & Autonomie a invité les futurs architectes, en lien avec des étudiants en médecine, en infirmier ou en travail social, à imaginer les maisons de retraite de demain.

 

Architecture des lieux de vie pour personnes âgées

Le jury, présidé par l’architecte Thierry Van de Wyngaert, a distingué ce mois de juin 2015 « trois projets cohérents les uns par rapport aux autres, parce qu’il n’existe pas une seule solution, un lieu de vie type ».

 

Habiter le chemin de fer

CNSA

D’une part, Juliette Capdeville et Lise Marche, étudiantes respectivement à l’ENSA Paris Val-de-Seine et Paris-la-Villette, ont imaginé un établissement à la fois fonctionnel et domestique. C’est sur une parcelle abandonnée, rue de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris, que les deux étudiantes ont choisi d’implanter leur projet intitulé Habiter le chemin de fer. Situé le long des anciennes voies ferroviaires de la Petite Ceinture, amenées à être boisées, le site a été choisi « pour son potentiel de jeux de niveau et d’intimité, entre espace naturel et dynamisme urbain ». Côté rue, le rez-de-chaussée offre des espaces ouverts sur la vie de quartier (marché aux fleurs, auditorium, salon de coiffure, salle d’activités, café-librairie). Cependant, c’est la chambre qui a été le point de départ de la conception. L’établissement est composé de six unités de vie de petites tailles, de 13 ou 14 chambres, au plus proche de l’échelle domestique, considérées comme des logements à part entière. D’une superficie de 23 m², les pièces peuvent être regroupées en enlevant une cloison de séparation. Toutes offrent une vue sur l’animation de la rue et sur la ceinture arborée de façon à stimuler les résidents et les intégrer à la vie environnante.

 

L’EHPAD en réseau dans la ville

CNSAFace à elles, Benoît Christophe et Etienne Hemery, étudiants à l’Ecole d’architecture de la ville & des territoires de Marne-la-Vallée, et Louise Devillers, étudiante à la faculté de médecine de Lille, se sont vus attribuer une mention spéciale du jury pour le projet L’EHPAD en réseau dans la ville. Leur solution, une « maison mère » constituée d’un cœur de vie et d’un EHPAD, associée à des logements individuels réhabilités et équipés en domotique, partagés avec des jeunes, permettant ainsi au plus grand nombre de vieillir à domicile.

 

Vie l’âge

CNSAEnfin, le jury a également récompensé un projet en territoire rural. Vie l’âge imaginé par Aude-Lise Garcia, Emilie Granier et Melissa Pizovic, étudiantes à l’ENSA de Montpellier, a été distingué par une mention spéciale. Des artères desservent des entités programmatiques dispersées dans le village, assurant un dialogue permanent avec la ville existante.

 

Pour encore plus d’innovation, rendez-vous pour l’édition 2016 !

 

Courtesy CNSA

La BPO, opération sauvetage

Un bâtiment emblématique du patrimoine du XXe siècle est menacé de disparaître. Cette fois-ci, la Banque Populaire de l’Ouest de Montgermont (BPO) conçue par Odile Decq et Benoit Cornette est dans le collimateur.

 

Construit en 1990 et situé dans la périphérie de Rennes, en Ile et Vilaine, l’immeuble de la Banque Populaire de l’Ouest de Montgermont (BPO) est menacé de démolition pour des raisons financières. Conçue par les architectes Odile Decq et Benoît Cornette, qui se sont vus récompensés d’un Lion d’or à la biennale de Venise en 1996 pour sa conception, la BPO allie recherche spatiale et innovation technique.

 

Un bâtiment emblématique

BPO

Spatialement, elle se distingue par son implantation dans un site vierge de 7 hectares et par le travail de stratification de sa façade principale. Celle-ci joue sur deux plans verticaux dissociés (prémices de la double peau), fruit d’une réflexion sur les notions d’entre deux, de dehors et dedans, de parcours.

BPO

BPOTechniquement, cet immeuble de bureau est le premier en France à être construit intégralement en charpente métallique. Quand à la façade en double vitrage vissé suspendu, développée avec Peter Rice et son bureau d’ingénierie RFR, elle est des plus emblématiques. Par ailleurs, c’est la première fois qu’un ascenseur est entièrement panoramique.

De fait, par ses innovations, la BPO se situe à un moment charnière de l’évolution de l’architecture tertiaire. Elle s’inscrit dans le même courant « high-tech » que la tour HSBC à Hong Kong conçue par Norman Foster en 1985, et le siège de la Lloyd’s à Londres de Richard Rogers livré en 1986.

 

Un bâtiment reconnu

BPO

BPOPrimé pas moins de 12 fois au niveau national et international – dont le Benedictus Award à Washington en 1994 – pour son concept innovant, ce bâtiment à l’identité forte a fait aussi l’objet de plusieurs thèses.

Né de l’association d’un couple d’architectes de renom, il figure dans le parcours de la Galerie moderne et contemporaine de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine de Paris. Sa maquette est également visible au Palais de Chaillot.

 

Un bâtiment menacé

BPO

Bien qu’une rénovation et plusieurs possibilités de reconversion permettraient la conservation de ce patrimoine breton, Odile Decq n’a qu’un mois pour sauver la vie de sa création. De fait, une pétition visant à sauver l’immeuble de la destruction circule sur Internet.

 

Venez signer cette pétition :

http://chn.ge/1HalEDH

 

Vondom reçoit un A+Award

Vondom reçoit un A+Award

Architizer A+Awards 2015 récompense Vondom, catégorie meuble d’extérieur, pour la chaise Voxel dessiné par Karim Rashid.

 

VONDOM_VOXEL (3)-compressedVéritable événement new yorkais, Architizer A+Awards est un prix reconnu à l’international. Il récompense les meilleures créations en architecture, design d’intérieur et design d’objets. Le jury, composé de 300 professionnels du design et de l’architecture, est chargé de sélectionner les cinq finalistes et gagnants dans chacune des 90 catégories. Pour cette édition 2015, dans la catégorie meuble d’extérieur, le spécialiste de l’outdoor Vondom a été sélectionné comme finaliste avec la chaise dessiné par Karim Rashid.

 

 

VONDOM_VOXEL_SKETCH-compressedSimple mais volumineuse, avec un poids de 9 kg, Voxel est fabriquée d’une pièce en polypropylène. Empilable et très confortable, elle est composée de facettes pour une meilleure ergonomie. Ses angles droits apportent robustesse et les plis soulignent sa beauté offerte par des lignes pures convergentes. Elle se décline dans 5 coloris : blanc, noir, bronze, gris foncé et gris clair.

VONDOMAvec plus de 3000 produits à son effectif et 300 prix à son palmarès, le designer industriel et architecte d’intérieur Karim Rashid est une légende du design, une nouvelle fois reconnu pour son talent.

« Les jardins secrets de Paris-Saclay »

L’agence LAN, associée à Clément Vergely, lauréat du concours international pour la construction d’une résidence étudiante face à l’Ecole Centrale sur le plateau de Saclay, vient de soumettre son projet au permis de construire.

 

Les débuts du concours

Pour la petite histoire, l’Etablissement Public Paris-Saclay (EPPS) confie à SODERATIF la réalisation de 1000 unités de logements étudiants, soit 22 500 m² SDP. Située à Gif-sur-Yvette (91) dans la ZAC du Moulon, la résidence est destinée à accueillir les étudiants des établissements d’enseignement supérieur implantés sur les lieux.

saclay

Face à trois équipes de maîtrise d’œuvre – Zig-Zag Architecture et Sophie Delhay Architecte et l’Atelier ALTERN paysagiste ; Lipsky+Rollet Architectes et Data Architectes et INUITS paysagiste ; Atelier Seraji Architectes et Associés, Bru Lacomba Setoain et Petitdidier Prioux Architectes et TN+ paysagiste – la célèbre agence parisienne LAN (Local Architecture Network) maintes fois primée, associée à Clément Vergely (Lyon) et TOPOTEK paysagiste (Berlin), remporte le concours en janvier 2015.

saclay

 

Habiter en tant qu’étudiant

L’offre de logements, contribuant à l’attractivité du campus Paris-Saclay, se doit de répondre aux modes de vie des étudiants : s’ils apprécient les chambres autosuffisantes et confortables, ils souhaitent aussi des espaces de colocations avec salles de bain et cuisines mutualisées, ainsi que des espaces verts dans les lieux collectifs favorisant les interactions et le plaisir d’être ensemble.

LAN

On l’aura compris, le projet comportera des studios et des appartements en colocation, ainsi que des espaces communs destinés tant au travail qu’à la détente. S’ajouteront 500 m² de commerces nécessaires aux étudiants (boulangerie, restauration rapide aux plages d’ouverture larges, services de reprographie, point-presse…) et 2400 m² de restaurants, dont un restaurant universitaire de 1000 couverts.

LAN

 

Un jardin secret

LAN vient de soumettre son projet au permis de construire (PC). Celui-ci s’apparente à un « Jardin des Muses » : à l’instar des jardins d’agrément du début du XVIIIe siècle, un parc est défini par l’architecture. Le concept est simple, densifier la périphérie pour libérer le centre.

LAN

Ainsi des blocs de logements rectangulaires prolongent ceux existants, formant un front bâti qui encadre le parc intérieur. Cinq cylindres, rompant avec l’orthogonalité de la périphérie, forment des volumes sans orientation ni hiérarchisation. Le tout est uniformisé par des façades quadrillées avec une rigoureuse régularité. Des cheminements piétons serpentent au pied des bâtiments, au beau milieu de la verdure, tandis qu’un tracé rectiligne en diagonale traverse la parcelle dans sa largeur.

LAN

Prévu pour 2017, le bâtiment devra obtenir la certification Habitat&Environnement et le label Effinergie+, soit les consommations d’énergie de la RT 2012 -20 %.

 

 Courtesy LAN Architecture