Alain Flacon, nommé Directeur Général de Kawneer France et Sud Europe

Le groupe Arconic vient de nommer Alain Flacon au poste de Directeur Général de Kawneer France et Sud Europe, fabricant de systèmes architecturaux en aluminium.

Alain Flacon, 44 ans, est diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Montpellier et titulaire d’un MBA de l’Ecole de Management de Lyon. Il bénéficie de vingt ans d’expérience dans le secteur du bâtiment dont cinq années au sein du groupe Arconic où il occupait auparavant les fonctions de directeur commercial et marketing d’Arconic Architectural Products Europe. Avant de rejoindre Arconic, il était en charge de la direction commerciale et marketing du groupe Aperam, acteur mondial de l’acier inoxydable.

L’ENSAD de Nancy : entre contrainte urbanistique et identité individuelle

Terminant une ligne d’objets distincts qui se raccrochent à une galerie prismatique conçue par l’agence Nicolas Michelin et Associés, l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy, conçue par l’équipe Dietrich Untertrifaller et Zoméno, participe de l’ensemble tout en affirmant son identité.

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Conçu par Helmut Dietrich, Much Untertrifaller et Christian Zoméno, le bâtiment de l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy vient fermer sur son angle nord-est le campus ARTEM. Situé sur le terrain des anciennes casernes Molitor, ce dernier comprend trois autres écoles – École d’ingénieur (Mines), Institut de commerce et management (ICN), et centre de recherche international sur les matériaux (Institut Jean Lamour) – ainsi que la Maison des langues et une médiathèque, dont la disposition est régie par le master plan de l’agence Nicolas Michelin et Associés (ANMA). Ce cahier des charges urbanistiques établit pour l’ensemble du pôle universitaire des règles strictes en termes d’implantation, de volumétrie et de palette de couleurs, auxquelles ont du répondre les différents architectes. Les écoles devaient comporter chacune une « Maison-Signe » dont la toiture à deux pans rappelle celle des maisons de ville nancéennes typiques du quartier. Elles devaient aussi être directement connectées à une galerie vitrée surmontée d’une verrière prismatique colorée qui relie toutes les façades le long de la rue du sergent Blandan, formant ainsi une ligne d’objets distincts, à l’échelle de la ville de Nancy.

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Obéir pour mieux désobéir

L’ENSAD – qui termine cette opération – obéit à ces obligations du plan urbain, bien que sa maison-signe, au toit incliné, s’étire en pointe vers l’arrière. « On était contraint dans un alignement polygonal avec des hauteurs et des angles précis auxquels on ne pouvait pas déroger. Le fait d’extruder cette maison a permis de retrouver un élan créatif à l’intérieur du carcan du cahier des charges urbanistiques » précise Christian Zoméno. Disposition également imposée par l’ANMA, le retournement de l’enveloppe en toiture, conférant au bâti un aspect monolithique. Sa couleur anthracite, en tôle d’aluminium anodisée perforée et pliée sur-mesure, contraste avec les rideaux et stores colorés qui animent la façade sur cour de leurs couleurs vives. En opposition à la géométrie à facette de la maison-signe, le parallélépipède orthogonal du bâtiment Vauban, qui abrite les ateliers et bureaux, est habillé de plaques de parement en béton renforcé de fibres de verre. Ses cadres de fenêtres en saillie tels des bow-window, permettent de s’asseoir dans les encadrures réalisées en panneaux structurels de CLT d’épicéa (bois lamellé croisé).

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Si les façades diffèrent, le même système constructif a été employé pour les deux entités. Un noyau de béton armé abrite circulations verticales, sanitaires et éléments techniques, offrant flexibilité aux espaces qui sont subdivisés par des cloisons légères. Dans cette architecture aux finitions brutes et à l’esthétique minimale, le soin apporté aux détails est particulièrement raffiné, ne laissant apparent que des surfaces lisses et nues. Les espace principaux sont dénués de faux-plafonds ou de plénum. Dans les ateliers, les dispositifs d’éclairage, de son et de projection sont encastrés dans le béton, tout comme les rails des cimaises et les attaches des rideaux. On retrouve le même souci dans la conception de tous les détails, depuis les joints creux autour des portes jusqu’au dessin du mobilier. Une attitude qui a nécessité des techniques de constructions précises, bouleversant les habitudes constructives des entreprises qui ont du prévoir leur finition en amont.

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École Nationale Superieure d’art et de design | @Dietrich_Untertrifaller | Zomeno | ANMA Nicolas Michelin | #nancy

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Les deux entités sont reliées par un hall d’entrée en double hauteur et traversant, donnant sur un patio à l’arrière. De l’autre coté, un volume organique abritant l’amphithéâtre ferme le quadrilatère, et dessine la jonction plastique et déambulatoire entre les deux bâtiments. « Cette extrusion qui prolonge la maison signe vient en dialogue et contre point avec le bâtiment orthogonal Vauban » commente Much Untertrifaller.

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École Nationale Supérieure d’art et de design | @dietrich_untertrifaller | Zomeno | ANMA Nicolas Michelin | #nancy

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Les interventions de la maîtrise d’œuvre s’arrêtant au pied du bâtiment, les complications se trouvent dans les interconnections, que ce soit pour les parkings ou la galerie, soulignent les architectes : « ce qui a été assez compliqué, c’est que la galerie repose sur les même fondations que nous. Il a donc fallu déposer, et c’est une première en France, un permis de construire à deux maîtres d’ouvrages et deux maîtres d’œuvre sur une construction dont la conception est différente, ce qui a nécessité des synthèses techniques assez complexe ».

 

Avec des règles urbanistiques très présentes posées par l’ANMA dans un souci d’homogénéité, Dietrich Untertrifaller et Zoméno ont tout de même su imposer un bâtiment identitaire à l’esthétique minimale remarquable.

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École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy Localisation : F-54013 Nancy, 1 Place Charles Cartier-Bresson Maître d’ouvrage : Métropole du Grand Nancy  Maîtres d’oeuvre : Dietrich Untertrifaller, Atelier Christian Zoméno Architectes Chef de projet : A. Laimer, D. Grzanka Bureaux d’études : TCE : Artelia, Schiltigheim / acoustique : Venathec, Nancy / économie de la construction : Hubert Bessère, Toul / master plan : Agence Nicolas Michelin & Associés, Paris Exigence environnementale : BBC RT 2005 Concours : 2010 Chantier : 2013 Livraison : 2016 Surface : 7 854 m2 SU Volume : 41 490 mCapacité : 430 étudiants

Courtesy Dietrich Untertrifaller et Zoméno / Bruno Klomfar

Pétition : pour que Capital corrige les erreurs évoquées sur les architectes

Pétition : pour que Capital corrige les erreurs évoquées sur les architectes

Alors que M6 relayait le 26 février 2017 les clichés les plus éculés sur les architectes via son émission grand public Capital, intitulée « Se loger mieux et moins cher, c’est possible », les architectes ont réagi en masse sur les réseaux sociaux. Pour que Capital corrige les erreurs évoquées sur les architectes lors de l’émission, une pétition circule sur mes opinions.com

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A signer :

« L’émission CAPITAL sur M6 du 26 février 2017 est remplie de fausses informations qui induisent en erreur les téléspectateurs.

Plusieurs de ces erreurs portent tort directement et gravement aux architectes diplômés d’État et inscrits à l’ordre de la profession, aux « vrais architectes » (comme ils sont appelés dans l’émission) qui se consacrent à ce type de projet.

Les signataires demandent un droit de réponse clair et précis qui permettra de rectifier les erreurs de l’émission, notamment celles où ils sont directement calomniés. Pour qu’il s’agisse d’un véritable droit de réponse, les architectes doivent pouvoir s’exprimer eux-mêmes quelques instants lors d’une prochaine émission CAPITAL. »

 

 

Sur le site de l’ordre : « Capital » : M6 relaie les clichés les plus éculés sur les architectes

Stadium de Vitrolles : bientôt 20 ans… d’abandon !

Oublié dans un recoin de l’aire métropolitaine marseillaise, le Stadium, bâtiment phare des années 90 conçu par Rudy Ricciotti, se désagrège aussi lentement qu’inexorablement depuis près de deux décennies, victime des errances et des atermoiements du personnel politique. Un cas d’étude qu’il est bon de revoir en cette veille d’élection, dans l’attente d’un sauvetage toujours repoussé…

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Sans ses murs de béton, matériau fétiche de son concepteur Rudy Ricciotti, le Stadium de Vitrolles aurait sans doute déjà disparu du paysage. Des riverains assurent qu’il aurait été détruit, vidé et dépecé par les Rroms (1). Las, un peu à l’écart de la route départementale, dissimulé derrière des buttes et un rideau d’arbres, le Stadium se dresse toujours sur son site, une ancienne décharge de bauxite, et son triste état doit bien plus au vandalisme passif de la gouvernance qu’à l’action de gens du voyage ou de migrants nomades.

Une architecture honnie par le FN

Enzo Rosada, jeune architecte engagé depuis des années pour la sauvegarde de cette architecture à la dérive a retracé l’histoire mouvementée du bâtiment depuis l’attribution en 1990 du marché de conception-construction à Rudy Ricciotti et l’entreprise THEG Fougerolle. A l’origine du projet, on trouve le maire socialiste de l’époque, Jean-Jacques Anglade, qui veut doter sa commune d’une salle multifonctions de 5 000 places pouvant accueillir des manifestations sportives, concerts et événements culturels. L’équipement est inauguré en 1994, mais Anglade, attaqué sur son bilan et sa gestion opaque des affaires communales, doit céder finalement sa place en 1997 à Catherine Mégret, faux nez de son mari Bruno, alors cadre en vue au FN, mais frappé d’inéligibilité pour avoir dépassé le montant autorisé de frais de campagne. Une fois aux affaires, les Mégret rebaptisent les rues – l’avenue Jean-Marie Tjibaou prend le nom d’un cadre du FN disparu dans un accident de voiture – et ferment plusieurs lieux culturels : la salle d’art et d’essai « Les Lumières », et le Sous-marin, association de jeunesse du centre-ville qui verra son entrée murée par les services de la mairie. Durant la campagne, les mégretistes avaient pris le bâtiment pour cible, comparant finement le bloc de béton à la Kaaba de La Mecque, « un lieu destiné aux Arabes et aux pédés »(2). Les confrères n’étaient pas forcément plus tendres : Roland Castro taxa le Stadium d’œuvre architecturale fasciste qu’il accusa d’avoir fabriqué Mégret, se souviendra Ricciotti.

Fermeture et abandon

En 1998, porté par ses ambitions nationales, Mégret programme un concert de rock identitaire au Stadium. La Fnac refuse de vendre les billets. Le groupe électrogène du Stadium est dynamité par des opposants au FN cherchant à empêcher le déroulement du concert, qui se tient finalement sur le parking et fait un flop. Ces troubles surviennent à la fin de la délégation de service public (DSP) liant la société à la mairie. Une occasion en or pour les édiles d’extrême droite, qui ont la main sur la culture et profitent du terme du contrat pour ne pas renouveler la DSP. Le 29 octobre 1998, le Stadium est fermé au public, après 4 années seulement d’activité. Perçu comme excentré, en concurrence avec d’autres salles de jauge légèrement supérieure, le lieu n’est pas entretenu par la communauté des Pays d’Aix, qui limite ses interventions à quelques tontes du terrain pour prévenir les incendies.

Abandonné, le bâtiment est vandalisé. Son parking sert de salon de l’automobile d’occasion ou de terrain de manœuvre pour les élèves des auto-écoles voisines. Lorsque Marseille devient capitale de la culture, le nouveau maire socialiste Loïc Gachon propose d’y recevoir des évènements. Malgré la proximité avec l’aéroport, le lieu ne retient pas l’attention des organisateurs de Marseille 2013. En 2014, la maire d’Aix en Provence envisage d’y implanter le musée de la ville, qui doit quitter l’hôtel particulier qu’il occupait dans le centre ville. Loïc Gachon revient avec un nouveau projet de parc ludique. Par une étrange convergence de point de vue, un membre du Front de Gauche et un représentant de l’UMP veulent lui rendre sa vocation première de salle de spectacle. Dans cette valse de propositions, qui comprend aussi la transformation du lieu en pôle d’entreprise ou en SMAC (salle des musiques actuelles, d’une capacité moindre), la palme de l’idée la plus mystérieuse revient à un candidat FN, Marcel Ydé, qui veut présenter à la population… un projet secret qu’il ne dévoilera jamais, relate Enzo Rosada dans son mémoire de diplôme.

Fantaisie programmatique

En 2015, la municipalité demande au cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) d’imaginer un nouveau programme orienté vers les activités ludiques. « Ce qui apparaît clairement, c’est que ce site est très attractif, ne serait-ce que par sa situation géographique dans le département, son positionnement central dans la Métropole, et sa proximité avec les accès aux transports comme l’aéroport et la gare. Il a en revanche beaucoup vieilli, s’est détérioré, a été dégradé fréquemment », souligne Fabien Goffi, associé en charge du secteur public chez Price Waterhouse Cooper. Si le cabinet n’a laissé jusque-là filtrer aucun chiffre concernant le coût d’éventuels travaux, il a indiqué que ceux-ci se chiffreraient « évidemment en millions d’euros ». Entre-temps la communauté d’agglomération a repassé le bâtiment à la ville, et se fait construire à quelques kilomètres de là une Aréna, un Stadium bis réalisé pour la modique somme de 54 millions d’euros TTC. La question d’un repreneur est de nouveau posée alors que les dégradations continuent « lors des premières présentations du site, certains professionnels, étrangers notamment, avaient été séduits par l’écrin, à savoir le Plateau, qui sert de socle au Stadium. Il a, depuis, été dévasté par l’incendie du 10 août, et mettra des années à retrouver son lustre. “On ne peut pas aller jusqu’à dire que ça a refroidi des investisseurs, même si la photo n’est plus la même, évidemment”», précise-t-PwC dans les colonnes de La Provence(3).

Un cas unique ?

La poisse plane sur le bâtiment, chef-d’œuvre architectural pour certains, mais pas pour tous. “Au niveau local, les élus de gauche, de droite, les écolos… Même les cultureux étaient d’accord pour détester cet endroit” déclarait Ricciotti dans les colonnes du journal Mouvement en avril 2015 (4). On pensera ce que l’on veut de l’architecture du Stadium. Reste qu’il forme un symbole parfait du peu d’intérêt que le personnel politique porte à l’architecture, et du peu de cas qu’il fait des deniers publics qu’on y consacre. À la veille d’élections nationales qui s’annoncent encore chaotiques, les nouveaux Stadium sont sûrement dans les cartons, s’ils ne sont pas déjà en chantier.

Olivier Namias

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Au-delà de son mémoire, Enzo Rosada milite pour le sauvetage du Stadium à travers le site “La renaissance du Stadium”, http://stadiumdevitrolles.com. Le bâtiment n’a pas reçu le Label architecture du XXe architecture en raison de l’opposition du maire, qui craint que cette distinction empêche la future transformation du lieu.

Les photos illustrant l’articles sont de Lisa Ricciotti

 

(1)(4) Emmanuelle Tonnerre, “enquête à Vitrolles”, Mouvement, n° 77, avril 2015. repris dans Méfi, le stadium de Vitrolles, cf infra.

(2) Sauf mention contraire, la reconstitution des faits s’appuie sur la publication d’Enzo Rosada, Méfi, le Stadium de Vitrolles, École Nationale d’Architecture de Marseille, 2016. Mémoire rapport de fin d’études (licence) a été dirigé par Jean-Baptiste Hemery et Olivier Golcer, qui fut chef de projet sur le Stadium.

(3) Lionel Modrzyk “Vitrolles : bientôt les grandes manœuvres pour le Stadium ?”, La Provence, édition Vitrolles-Marignane, jeudi 5 janvier 2017

Mode, Modernisation, rénovation, destruction : la revue de presse du 14/03/2017

La MAPA d’Alfortville se modernise, l’Afrique cherche des alternatives au béton, une marina en île de france, la mode kiffe l’archi, Fallas et architecture, Le Corbusier, Khrouchtchev : du rififi à Moscou, le Quebec cherche une politique architecturale.

 

 

Du neuf avec les vieux

À Alfortville « la fusée de Tintin » ou « Goldorak », la maison d’accueil pour personnes âgées (MAPA) la plus délirante de France, va s’offrir une cure de jouvence à 2,4 M€. C’était l’œuvre de la vie du maire de l’époque, Joseph Franceschi, qui avait voulu cet « endroit de liberté », dont il disait avoir imaginé jusqu’à la « couleur des carrelages et la dimension des portes ». Néanmoins, Franceschi n’aurait jamais pu construire cette chose sans le secours de Manuel Nuñez, architecte alors en vogue. La remise aux normes incendie et la prévention des risques inondation impose d’important travaux à l’établissement de 60 lits. « Ce projet (…) “Ambitieux”, selon le maire PS Luc Carvounas, pour “un marqueur de la ville” a reçu le soutien de l’État. Une aide de 500 000 € a été débloquée par la secrétaire d’État à l’Autonomie, Pascale Boistard, qui s’ajoute à la subvention du Département (300 000 €). Le reste est financé par emprunt, à charge du groupement Les EHPAD publics du Val-de-Marne » nous apprend Le Parisien-Val de Marne. Le quotidien recueille au passage le sentiment des pensionnaires sur la vie dans la maison. Micheline Osinski déclare aimer le grand atrium, remède au sentiment de solitude. Quand au « cantou » — coin du feu en occitan — lieu de rencontre qui occupait le rez-de-chaussée, il sera déplacé à l’étage pour être à l’abri des inondations. Qui osera dire que la vieillesse fait un naufrage ?

Via Le Parisien

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Alfortville, ce jeudi. La maison d’accueil pour personnes âgées Joseph-Franceschi a Alfortville a ouvert ses portes le 14 décembre 1987. LP/A.V Via Le Parisien
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Le « cantou » au rez-de-chaussée. LP/A.V. via le parisien

 

LAfrique, premier continent sans béton?

« Dans sa quête de modernité, le bâtiment africain s’est malheureusement coupé de sa tradition bioclimatique séculaire, un ensemble de savoir-faire qui a permis aux habitants d’affronter des climats parfois extrêmes. Aujourd’hui, sur le continent, les constructions sont souvent mal adaptées au climat chaud, thermiquement inconfortables et énergivores » constate Le Point Afrique. Porté par la popularité d’architectes comme Francis Kéré, David Adjaye, ou du défunt Hassan Fathy, les architectes et les ONG entament des recherches dans les matériaux de construction : terre crue, mais aussi typha, un roseau dont la structure alvéolaire présente d’intéressantes caractéristiques d’isolation et de perméabilité à l’air. « Le typha semble aujourdhui être linnovation la plus en vue et la plus avancée; mais nul ne sait si elle va tenir ses promesses », explique l’article. L’enjeu est de taille : 80 % des bâtiments qui seront habités en 2050 ne sont pas encore construits.

Via Le Point Afrique 

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À Dakar, au Sénégal. © Jeff Attaway/Flickr, CC BY via le point afrique
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Des hommes en plein travaux d’une maison bâtie avec du typha via le point afrique
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Exemple de construction habitation au Sénégal, à partir du typha. © Flirck via le point afrique

 

Aux diplômés d’archi, le Maroc pas reconnaissant

« Les étudiants de l’EAC (école d’architecture de Casablanca) ont fait un choix courageux et ambitieux d’étudier au sein de leur pays, dans le cadre socio-économique dans lequel ils seront amenés à travailler demain et en sont fiers. Leurs profils sont largement appréciés tant sur le marché marocain qu’international, des étudiants ont même pu joindre des cabinets internationaux d’envergure (Espagne, France, Belgique, Pays-Bas et Italie) ». Pourtant, l’association des lauréats et étudiants de l’école d’architecture de Casablanca (ALEEAC) demande en vain depuis 2004 la reconnaissance officielle du titre délivré par l’école, et le droit d’exercer le métier et le port du titre d’architecte en nom propre pour tous ses étudiants diplômés. Une situation incompréhensible, l’EAC ayant été créé par l’État marocain suite à appel à manifestation d’intérêt auprès des architectes, un cahier des charges contraignant encadrant les enseignements. L’établissement est placé sous la double tutelle du ministère de l’urbanisme et l’aménagement du territoire et du ministère de l’Enseignement supérieur. C’est ce dernier qui fait attendre l’agrément d’équivalence qui permettrait la reconnaissance de la formation déjà évaluée positivement à maintes reprises par l’ENA locale. Pas archi pressé, au ministère de l’Enseignement supérieur !

via Le Desk 

 

 

Quand la mode aime l’archi

« Quand j’étais étudiant, je créais des bâtiments autour des corps, pas des vêtements. Aujourd’hui, dix ans après, j’ai encore cette obsession. Je vois parfois la silhouette comme un building sur lequel j’appose l’esthétique gothique de Bruges, ma ville natale. Cela se traduit par des lignes extrêmement verticales, allongées, qui mènent le regard vers le haut et des jeux de patronages cachés » explique Guy Martens, qui est devenu directeur artistique la marque de vêtement Y/project après des études de design intérieur. Un des nombreux exemples attestant de l’engouement pour l’architecture qui traverse actuellement le monde de la mode. «Les accessoires semblent aussi de plus en plus conçus comme des édifices. On pense à la géométrie précise des sacs et pochettes d’Hugo Matha, créés dans des matériaux souvent utilisés en construction, comme le bois ou le Plexiglas. Il y a aussi les bijoux graphiques de l’Américain Eddie Borgo, inspirés par les édifices modernistes, ou les mallettes de Young Jin Jang, influencées par la fonctionnalité des immeubles coréens» explique le magazine Grazia. L’architecture sert à la fois de modèle et d’écrin « Une silhouette doit désormais évoluer dans un contexte. Elle sera d’autant plus instagrammée. Un styliste ne pense plus seulement à une jupe ou un haut, mais à un look, à la fille qui va l’incarner et où elle va le faire. […] Nicolas Ghesquière, féru d’architecture, présente depuis deux ans la ligne Croisière de Louis Vuitton dans des édifices emblématiques». Quels sont les architectures les plus en vogue, et pourquoi ? «Les lieux donnent des références subconscientes, qu’il s’agisse d’espaces urbains connus du type Niemeyer, ou de monuments célèbres comme l’abbaye de Westminster, où Gucci a présenté son défilé croisière 2017″, précise Serge Carreira. Comme les lieux de shows, les boutiques doivent refléter avec précision la vision du créateur». Pour paraphraser le designer Raymond Loewy : l’architecture fait vendre.

via Grazia 

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En mai 2016, Louis Vuitton présentait sa collection Croisière 2017 au musée d’Art contemporain de Niteroi, à Rio via grazia

 

Une politique architecturale pour le Québec

Pendant que les fashionistas tentent d’épuiser les icônes de l’architecture, Nathalie Dion, présidente de l’Ordre des architectes du Québec, cherche à doter la belle province d’une politique architecturale cohérente. Les citoyens de treize villes québécoises vont être consultés pour expliquer en quoi l’architecture influence leur vie quotidienne, dire ce qui leur plaît dans les édifices et lieux publics qu’ils fréquentent, et donner leurs idées sur la sauvegarde du patrimoine. Les informations recueillies permettraient « de doter l’État d’une vision commune de l’architecture […], d’harmoniser les règles, les règlements, ce qui ferait en sorte que les bâtiments répondraient durablement aux défis d’aujourd’hui et de demain. On peut parler des changements climatiques, du vieillissement de la population, de la cohésion des communautés et de la préservation du patrimoine » a déclaré Nathalie Dion,, non sans préciser qu’un tel projet « ne pouvait pas se réaliser en criant “lapin” ». Pas plus qu’en criant « chameau », l’animal totem symbole des malfaçons architecturales.

via L’Actualité 

 

Un nouveau havre pour les navigateurs du Grand Paris

Un port de plaisance : voilà sans aucun doute un équipement dont la région parisienne est insuffisamment dotée. Une carence cruelle que Cormeilles-en-Parisis entend combler, avec la construction d’une marina de 150 à 200 anneaux et 1200 logements. « Depuis que le cimentier Lafarge a trouvé un accord avec Bouygues Immobilier pour la vente de son terrain de 22 ha sur les berges de Seine, les choses “avancent plus vite que prévu”, selon le maire (LR), Yannick Boëdec, qui prévoit […] l’arrivée des premiers habitants pour 2 022 ». Le maire de la commune voisine de Sartrouville est emballé, celui de La Frette, autre commune limitrophe, « ne voit pas le projet d’un mauvais œil ». Un architecte compétent en la matière est déjà au travail « il s’agit de Xavier Bohl, qui a déjà imaginé Port Grimaud et Port Fréjus, dans le Var, ou encore Port Chiberta, à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques. À en croire le premier visuel dévoilé par Yannick Boëdec sur sa page Facebook, Port Cormeilles ressemblera à s’y méprendre à Port Cergy, la première marina construite en Île-de-France. “Ce sera différent, nuance l’édile. Car le bassin qui accueillera les bateaux ne sera pas dépendant des variations du niveau de la Seine.”». Il ne reste plus qu’à construire une mer digne de ce nom pour baigner ces deux ports de légende.

Via Le Parisien 

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Selon le premier visuel architecte dévoilé, le futur port de plaisance de Cormeilles-en-Parisis ressemblera à celui de Port-Cergy. (Atelier Xavier Bohl) via le parisien

 

L’architecture mise à nue par ses bûcherons, même

Depuis Twin Falls, Idaho, Liyah Babayan, gérante de l’Oh La La boutique, témoigne « vous retournez dans la rue, et là c’est un genre de choc au départ quand vous réalisez qu’il manque quelque chose. Et vous réalisez que ce sont les arbres », qui bordaient la route, et que la ville a fait couper pour le plus grand mécontentement de certains clients fréquentant les commerces du lieu. Mais il y a plus grave « sans les arbres, les gens ont commencé à remarquer combien la ville était ancienne (c’est à dire que certains de ses bâtiments ont été construits vers 1900, NDLR), et qu’elle aurait besoin de quelques réparations ». Sans les arbres, remarquent d’autres, l’architecture est complètement exposée, pour le pire et le meilleur : «ce sont de magnifiques bâtiments, s’enthousiasme un commerçant, ils ont de la personnalité, une histoire… ». Les premiers ravalements sont envisagés pour leur redonner leur lustre d’antan et leur valeur d’aujourd’hui. À Twin Falls, c’est donc bien l’arbre qui cachait la forêt d’édifices.

via KMVT 

 

Un Gabon sans foncier ?

«Si nous n’y prenons garde, il n’y aura plus de foncier pour l’Etat gabonais avant la fin du siècle, peut-être même avant. Parce que tel que c’est parti avec la multiplication des SCI et de projets parfois mal conçus, l’État est en train de perdre le foncier» a avertit le vice-premier ministre du Gabon Bruno Ben Moubamba. Pour parer à cette éventualité, l’administration centrale gabonaise met sur pied «un nouvel ordre urbanistique» et enjoint ses agents à « proposer des esquisses de planification de vos villes, en projetant des réserves foncières qui seront transformées en déclaration d’utilité publique, afin de sécuriser le foncier». Une initiative bien perçue par les directeurs provinciaux de l’urbanisme « pour faire face à l’anarchie foncière, ils ont promis faire œuvre pédagogique en sensibilisant les acteurs des collectivités locales qui, parfois font primer le droit coutumier sur le droit légal».

Via Gabon Review 

 

 

Deux auxerrois architectes et falleros

Étrange destin qui a conduit Romain Viault et Xavier Laumain, deux architectes auxerrois à construire une falla, un monument de carton-pâte exposé dans les rues de Valence (Espagne) durant la fête des Fallas. Baptisée Postnatura, leur falla « nous projette dans un avenir incertain, où l’Homme n’a pas su préserver son environnement. L’arbre, souvenir de cette Nature disparue, est devenu un produit industrialisé, mercantile, et prêt-à-monter », explique Romain Viault. Figure centrale, l’arbre est fait d’un enchevêtrement de Y atteignant six mètres de hauteur. « Le “Y” n’a pas été choisi par hasard. En anglais, cette lettre se prononce comme “why”, qui signifie pourquoi. Un effet sémantique recherché par le duo d’architectes. “Cette sculpture invite à s’interroger sur le pourquoi de la dégradation de l’environnement”». Why alors, brûler ce monument et les 760 autres montés dans la ville au terme de quatre jours de festivité ? Le bilan carbone va-t-il condamner cette tradition, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2016 ?

via L’Yonne 

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via l’yonne

 

A l’ombre du Corbu en pleurs

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que Moscou est une ville au patrimoine urbain très chahuté », relève Antoine Picon, président de la fondation Le Corbusier. Picon et la fondation s’inquiètent du projet d’immeubles de 58 mètres qui risque de bientôt faire de l’ombre au Centrosoyouz, seul œuvre de Le Corbusier en Russie. « Si ce projet venait à être réalisé, il aurait pour conséquence de modifier de manière extrêmement dommageable l’environnement immédiat du Centrosoyouz dont la composition avait pris en considération l’ensemble des bâtiments existants à l’époque », a plaidé Picon dans une lettre adressée au maire de Moscou et au ministre de la Culture de Russie. Les experts jugeant, dans un style tout soviétique, les voisins du Centrosoyouz « moralement et physiquement dépassés », il y a de fortes chances de les voir disparaître. Classé monument historique, l’immeuble du Corbu est protégé des destructions, mais devra s’accommoder de ces mutations contextuelles.

via Le Parisien 

 

 

Moscou : de Khrouchtchev Vladimir fait table rase

Les vicissitudes du Centrosoyouz ne sont que moindre mal si l’on songe au sort qui attend 8 000 immeubles construits dans la capitale russe durant l’ère Khrouchtchev, des édifices de logements préfabriqués aussi surnommés « cinq étages » abritant 10 % de la population moscovite. Le maître du Kremlin vient d’ordonner leur démolition-reconstruction pour un coup représentant deux fois le budget annuel de la ville, soit 67 milliards d’euros, sans que l’on sache vraiment comment sera financée ce que le journal suisse Le Temps qualifie de «démolition du siècle». La plupart des habitants sont devenus propriétaires des logements durant les années 90. Certains occupants de ces « cinq étages » réputés pour leur médiocre qualité constructive se réjouissent « C’est un peu la honte d’habiter dans ce taudis. Les murs sont affreux, les canalisations sont pourries, il y a sans arrêt des problèmes d’odeur et d’infiltrations venant du toit ». D’autres craignent la relégation au-delà du périphérique local — très loin du centre — quand ils ne flairent pas l’entourloupe pure et simple «jai sué sang et eau pendant une année entière à tout refaire. Nous avons pu racheter lappartement voisin et nous avons maintenant un bel appartement de 100 m2. Et maintenant, on veut nous caser dans une cage à lapin et qui sait dans quelles conditions? On entend un tas dhistoires de logements neufs construits par l’État où on vous donne les clés dun appartement aux murs en béton nu et sans plancher!». Propriétaires de tous les pays, contre ce nouveau genre de logement fruit des noces baroques de l’autoritarisme post soviétique avec le capitalisme le plus débridé, unissez-vous !

via Le Temps 

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Vladimir Poutine ordonne la démolition du siècle via le temps

Olivier Namias

Nouvelle pièce d’architecture à l’Université de Lausanne

Nouvelle pièce d’architecture à l’Université de Lausanne

Concours pour la réalisation du bâtiment des « Sciences de la vie » à l’Université de Lausanne

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Nouvelle pièce du puzzle sur le campus de Dorigny, le bâtiment des « Sciences de la vie », prendra place entre les bâtiments Amphimax et Génopode, au sein de l’Université de Lausanne (UNIL), voisine de la célèbre École polytechnique fédérale (EPFL). Implanté entre le Lac Léman et le massif montagneux des Alpes, sur ce qui n’était encore dans les années 1960 qu’un vaste champ, le campus s’est inspiré de l’urbanisme de secteurs des années 20 et des modèles de campus américains. Pour autant, l’EPFL, à l’urbanisme hétérogène et dense, diffère de l’UNIL, dont les cinq quartiers sont constitués de corps de bâtiments isolés dans un paysage rural pittoresque.

Dédié à la recherche et à la formation, le futur bâtiment des « Sciences de la vie », devrait, selon les voeux de son commanditaire, participer du rayonnement du campus et répondre aux effectifs croissants. Les chercheurs en neurosciences et microbiologies fondamentales, installés aujourd’hui sur un site distant, pourront accéder facilement aux plateformes technologiques et aux équipements de pointe en forte évolution. Ils se rapprocheront ainsi des autres groupes de recherche de l’UNIL et de leurs collègues du Brain Mind Institute de l’EPFL. Quant aux étudiants en biologie et chimie, à l’étroit dans les deux bâtiments déjà existants sur le site de Dorigny, ils pourront se redéployer et profiter de ce nouvel écrin spécialement conçu pour répondre aux exigences les plus actuels de la recherche scientifique. Le bâtiment des « Sciences de la vie » devra donc être divisé en deux entités, – l’une pour la recherche, l’autre pour la formation – et comprendra deux plateformes liées aux neurosciences et à la biologie (dont un centre d’imagerie cellulaire) ainsi qu’un auditoire et une cafeteria. Un programme totalisant 16 000 m2 auquel est alloué un budget global de 136 millions, financé conjointement par l’État de Vaud (83 millions), l’EPFL (27,5 millions) et une subvention fédérale estimée à 25,5 millions.

Le projet s’insère dans un campus misant sur des architectures à l’image forte, à l’instar du Rolling Learning Center de SANAA, et dernièrement le bâtiment de Kuma. Ainsi, le futur bâtiment des « Sciences de la vie » a fait l’objet d’un concours d’architecture, disputé entre 7 équipes finalistes, choisit parmi 23 équipes présélectionnées retenues parmi 82 candidatures. Chaque projet finaliste sépare formation et recherche en deux entités distinctes orthogonales et tramées, perturbées bien souvent par les espaces communs disposés à rez-de-chaussée. Une disposition classique que n’ont pas adopté les lauréats, les architectes Adrien Verschuere de l’agence Baukunst (Bruxelles) et Stéphanie Bru et Alexandre Theriot de l’agence Bruther (Paris). L’équipe lauréate s’est s’attachée à bouleverser certaines évidences : « le projet 23071933 – son nom de code – nous rappelle que si les habitus spatiaux et les territoires ont une histoire patiemment sédimentée, cette histoire n’est pas pour autant figée », précise le jury, présidé par l’architecte cantonal Emmanuel Ventura.

 

 

 

Projet Lauréat : « 23071933 », Baukunst et Bruther

Le projet « 23071933 » des agences Baukunst et Bruther trouve sa singularité dans le renversement des habitudes spatiales. Le parallélépipède compact et flexible de 7 niveaux (dont un rez inférieur) est ceinturé de coursives périphériques généreuses, plutôt que divisé par des couloirs étroits. Chaque plateau est agencé en deux parties, abritant d’un côté la recherche, de l’autre la formation, plutôt que séparé dans deux entités distinctes. Le tout est disposé autour d’un noyau, formé non par le vide de l’atrium, mais par les salles communes. Le dernier étage accueille les espaces publics dans des entités plus informelles. Ce couronnement contemporain, telle la cerise gâteau, ne va pas sans rappeler le dôme de la MRI de Caen conçu par l’agence Bruther.

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Le projet « AURA » de l’agence Bonnard Woeffray Architectes (Monthey) est constitué d’une aile basse ajourée de 3 patios qui se déploie en longueur pour accueillir la formation, et d’une aile haute qui se développe en hauteur pour abriter la recherche. Si l’on pouvait transposer dans la disposition de ce volume orthogonal l’idée symbolique de l’accès au savoir, la trame très présente en façade impose son tracé régulateur et nous ramène les pieds sur terre.

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« JOHAN AUWERX » de l’équipe E2A, Piet Eckert et Wim Eckert Architekten (Zurich) déploie un plan rectangulaire entre deux volumes, l’un en longueur sur deux niveaux et l’autre sur 6, différenciant la recherche et la formation. En plan, l’implantation des salles suit 3 travées et 2 couloirs. L’enveloppe vitrée renvoie cette fois-ci une image composite et fragmentée, presque fragile, posée dans un paysage romantique.

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Le projet « CAMPAGNE » de l’agence Nissen & Wentzlaff Architekten (Bâle) est composé de deux volumes compacts autonomes, surélevé au-dessus d’un rez-de-chaussée vitré qui abrite les espaces communs. Le module de la structure est de 7,20 m et les façades sont tramées de profilés verticaux préfabriqués en béton. Un projet strict et simple, qui ne semble répondre que trop scolairement au programme.

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Le projet « VISAVIE » de Burckhardt + Partner (Lausanne) est très proche de celui de l’agence Nissen et Wentzlaff, avec deux volumes compacts autonomes, mais disposés en quinconce, ainsi qu’un rez-de-chaussée vitré, mais cette fois-ci constitué de formes libres ovoïdes, fluidifiant le passage entre intérieur et extérieur, et reliant les deux entités.

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Meier & associés Architectes (Genève) propose le projet « PETRI », un « milieu aqueux » à la peau légèrement ondulée fendu de patio sur son périmètre qui peuvent parfois s’apparenter à des fentes malheureuses.

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Le projet « NEXUS » de l’agence Berrel Berrel Kräutler (Zurich) est un projet autonome compact aux cavernes ovoïdes à rez-de-chaussée.

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Amélie Luquain

 

Jérôme Pinon, nommé directeur général délégué du groupe Elcimaï

Jérôme Pinon, 44 ans, rejoint le Groupe ELCIMAÏ en tant que Directeur général délégué en charge de la Direction des opérations du Pôle Bâtiment.

 

Ingénieur diplômé de l’Université de Technologie de Compiègne en Génie des procédés chimiques, il a débuté sa carrière en tant que Chargé d’Études Climatisation. Il est ensuite responsable des études Tous corps d’état chez Bouygues sur des complexes hôteliers, avant de rejoindre Oger International en tant que Directeur de l’ingénierie ces 7 dernières années.

Elcimaï est une entreprise notamment spécialisée dans la fabrication d’usines nécessitant des compétences spécifiques et hautement technologiques, comme Nestlé ou Pernod Ricard. A travers le Pôle Bâtiment, le Groupe est fortement engagé dans les projets dits « usine du futur ». Ce recrutement fait suite aux récentes acquisitions du groupe, entre autre Girus et Cree.

Robert Herrmann, nommé président du Plan Urbanisme Construction et Architecture

Robert Herrmann, adjoint au maire de Strasbourg et président de Strasbourg Eurométropole – pour laquelle il a œuvré à des projets d’aménagement de grande envergure – est nommé le 6 mars 2017 président du Plan Urbanisme Construction et Architecture (PUCA). Cet organisme de recherche appliqué rassemble les acteurs de l’aménagement, de la construction et de la ville durable (administrations, collectivités, écoles d’architecture, agence d’urbanisme, représentants des organisations professionnelles du bâtiment, services de l’Etat …). Il soutient les expérimentations dans les domaines de l’urbanisme.

Apprendre l’architecture grâce au MOOC : vices et vertus d’un modèle d’enseignement low cost

Apprendre l’architecture grâce au MOOC : vices et vertus d’un modèle d’enseignement low cost

Alors que le 28 février dernier l’université d’Harvard mettait à disposition de tous ses modules d’architecture sur la plateforme de cours en ligne ouvert et massif (MOOC*) edX, des universitaires français questionnent ce modèle d’enseignement.

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Harvard pour tous

« Dans ce cours, vous apprendrez à « lire » l’architecture aussi bien comme expression culturelle que comme réalisation technique » promet le descriptif de l’université d’Harvard, qui a récemment mis en ligne ses modules d’architecture. La plateforme de MOOC edX diffuse depuis le 28 février dix modules théoriques sur l’histoire de l’architecture rassemblés sous le titre The Architectural Imagination. Sont proposés des analyses de bâtiments issus de contextes historiques variés, associés à des exercices pratiques de dessin et de modélisation. La première partie du cours aborde l’idée d’imagination architecturale comme « faculté qui sert de médiateur à l’expérience sensorielle et à la compréhension conceptuelle » et s’appuie sur les dessins en perspective et les typologies d’Hegel et Aldo Rossi. Le deuxième ensemble traite des procédés techniques et constructifs, comme « agents essentiels du changement » au travers des exemples du Crystal Palace et des machines à habiter de Le Corbusier. Le dernier groupe de modules confronte l’architecture au contexte social, avec entre autre l’exemple du Centre Pompidou. Ces cours sont dispensés en visio-conférence sous titrée. Ils sont suivis de questions qui permettent l’obtention de crédit. Une carte interactive situe les bâtiments présentés pendant le cours, à partir de photos, vidéos, résumés et mots clés qui renvoient à des articles Wikipedia. Un forum est mis à disposition pour que chacun puisse débattre du sujet et l’enrichir, en interagissant en ligne avec d’autres membres de la communauté. Le temps pour suivre une leçon complète est d’environ deux à trois heures. Des tableaux de progression offrent un suivi personnalisé aux fils des exercices.

 

Les MOOC, un menu complet ?

Un cursus complet donc, délivré à tous sur la plateforme d’apprentissage en ligne a but non lucratif edX, fondée par l’université d’Harvard et le MIT en 2012. Du point de vue du financement, selon Annie Vinokur, Professeur de sciences économique à l’Université de Paris-Ouest-Nanterre, les MOOC suivent un modèle économique à deux versants : « d’un côté la gratuité du produit d’appel et de l’autre la promesse de ressources qui proviendraient des premiums (comme la certification payante ou des services annexes), des contrats avec les fournisseurs de manuels en ligne, de la publicité, de la vente aux entreprises d’information sur les participants, du placement des étudiants, etc.). Pour les universités qui souhaitent confier leurs cours à une plate-forme le coût d’entrée est élevé (le coût moyen d’hébergement sur une plate-forme for profit américaine était en 2012 de 50 000 $ par cours), contre la promesse d’une fraction des revenus nets (20 % en moyenne chez Coursera à la même date). » En effet, ces cours officiels, s’ils ne dispensent pas d’un enseignement «réel», permettent l’obtention (si elle est souhaitée et payée à hauteur de 99 dollars) d’un certificat signé par un enseignant avec le logo de l’établissement pour vérifier la réussite de l’apprenant. Ajouté sur le curriculum vitae ou publié directement sur des réseaux professionnels tels que LinkedIn, ce certificat, selon un sondage auprès des apprenants edX, permettrait d’augmenter ses perspectives d’emploi : 43% ont déclaré que les cours ont contribué à faire progresser leur carrière. Pour autant une étude du MIT – Harvard indique que seulement 5% des inscrits vont jusqu’au bout de la formation et la valide, et que 9% suivent plus de la moitié du cursus. En chiffre, la plateforme se vante de 10 millions d’apprenants, de plus de 1265 cours, de plus de 110 institutions prestigieuses dans le monde, de 34 millions d’inscriptions aux cours, avec un âge moyen de 28 ans. En pourcentage, 25% des apprenants seraient d’USA (une réponse au coût élevé des universités américaines), 11 % d’Inde, 4% du Royaume Uni, 4% du Brésil, 3% de Chine.

 

Les MOOC, l’enseignement low cost ?

De ce point de vue, les MOOC semblent avoir trouvé un système économique non lucratif mais autonome pour démocratiser et ré-imaginer l’éducation. Destinées aux étudiants et professionnels qui souhaitent acquérir des connaissances en libre accès n’importe où et n’importe quand, elles semblent donner des chances supplémentaires à un plus grand nombre d’élèves.

Mais les détracteurs du MOOC ne sont pas du même avis. Annie Vinokur, dans « La normalisation de l’université » soutien que le développement des MOOC dans les années 2010 est concomitant de la hausse des frais de scolarité dans les universités américaines, et qu’in fine, elles banaliseraient l’enseignement et donc les métiers auxquels elles préparent. Selon le sociologue Jérôme Valluy, dans l’entretien « Un ersatz de prestations pédagogiques… », les MOOC tiendraient plus du marketing académique que de la pédagogie numérique, et ne seraient qu’une version low cost de l’enseignement : « Le danger est de créer des illusions : faire croire aux étudiants qu’ils accèdent par les Mooc à des universités prestigieuses. C’est du marketing qui confine à la tromperie. Ils n’accèdent qu’à un ersatz de prestations pédagogiques de ces universités et les certifications qu’elles délivrent ne valent pas, au regard des employeurs, les diplômes délivrés sur la base de formations principales ». Ainsi, les opposants au MOOC craignent que la réduction de coûts par la diffusion en ligne se fasse au détriment de la qualité des contenus et que la généralisation des cours en ligne aboutisse à une mise en concurrence des facultés dans un contexte de restriction budgétaire. Ils se méfient de l’accès différencié à l’équipement informatique ainsi qu’au risque d’isolement des étudiants.

 

 

Si les plateformes de cours en ligne ouvert et massif telle qu’edX, fondées et gouvernées par des universités telle qu’Harvard, n’ont pas encore vocation à remplacer les écoles physiques mais a compléter leurs formations, elles questionnent les méthodes et la qualité de l’enseignement à l’heure de la révolution numérique et de la crise économique. Dans le numéro 380 d’ Architectures CREE, Peter Zellner présente son projet d’école libre d’architecture, un projet d’établissement gratuit créé pour enrayer les dommages produits sur l’architecture par la hausse des coûts de scolarité. Arrivants hyper endettés sur le marché du travail, les jeunes délaissent les agences expérimentales aux profits de structures garantissant des revenus stables. Un problème que ne règlera pas la montée en puissance des MOOC et leur esprit low-cost.

*MOOC : massive open online course

 

Amélie Luquain

 

Corinne Vezzoni reçoit la légion d’honneur

Architecte lauréate du prix des femmes architectes en 2015, Corinne Vezzoni reçoit ce mois de mars 2017 la légion d’honneur. Cette médaille lui a été remise pour la qualité de son architecture et de ses projets, en accord avec le territoire de la région Alpes Cote d’Azur, qu’elle affectionne particulièrement.