Odile Decq reçoit le prix Architizer Lifetime Achievement Award

Odile Decq reçoit le prix Architizer Lifetime Achievement Award à New-York

En 1980, Odile Decq crée l’agence ODBC à Paris en s’associant avec Benoît Cornette. La construction de la Banque populaire de l’Ouest et d’Armorique à Rennes (livrée en 1990), en collaboration avec Peter Rice pour la façade, leur vaut une reconnaissance internationale immédiate, récompensée par une dizaine de prix nationaux et internationaux.

Professeur invitée à l’École d’architecture de Grenoble en 1991, Odile Decq mène parallèlement une activité d’enseignement, notamment à l’École spéciale d’architecture (ESA) depuis 1992, à la Bartlett (Londres) en 2000, à Columbia (New York) en 2001 et 2003, à la Kunst Akademie de Vienne en 2003, à la Kunst Akademie de Düsseldorf en 2004 et 2005. Entre avril 2007 et août 2012, elle dirige l’École spéciale d’architecture.

Retrouvez Odile Decq le vendredi 19 mai sur l’émission Ping Pong de France Culture entre 19h et 20h.

Le prix Mies van der Rohe récompense l’opération de rénovation du Kleiburg

Le prix de l’Union européenne pour l’architecture contemporaine Mies van der Rohe 2017 a été attribué à l’opération d’habitat collectif DeFlat Kleiburg, réalisée par les agences NL architects et XVW architectuur à Amsterdam ; c’est la première fois que le prix est décerné à un projet de rénovation.  

Succédant à la Philarmonie de Szczecin (Pologne) de l’espagnol Barozzi Veiga, c’est une opération de réhabilitation de l’un des plus grands immeubles de logement au Pays-Bas qui a cette année été récompensé par le très prestigieux prix Mies Van der Rohe. Les promoteurs néerlandais DeFlat ont confié le projet aux agences NL architects et XVW architectuur.

Kleiburg, une barre pliée de 400 mètres de long et d’une dizaine d’étages hébergeant 500 appartements, est le dernier témoignage bâti dans son état originel du grand ensemble qui structurait le quartier populaire de Bijlmer à Amsterdam. Si le bâtiment semblait voué à la démolition par la Housing Corporation Rochdale, estimant la rénovation à 70 millions d’euros, les architectes ont su proposer une solution économique débouchant sur de nouvelles typologies et générant un nouveau modèle commercial. L’idée : rénover la structure principale, les parties communes et circulations, ainsi que les réseaux, tandis que les appartements sont livrés aux futurs résidents en tant que coquilles vides, non équipés afin de minimiser les investissements initiaux (sans cuisine, sans salle-de-bain, ni chauffage, ni cloisonnement). L’objectif étant que les résidents s’approprient le logement et l’individualisent. Il est possible de combiner des appartements en effectuant des connexions verticales ou horizontales, de choisir ses modules de façades sur catalogue … Après plusieurs décennies de standardisation, de répétition et d’uniformité, l’individualisation et la variation sont de mise. «Kleiburg nous aide à imaginer un nouveau type de projet architectural, qui répond à l’évolution des habitudes des ménages et des modes de vie au XXIe siècle. Une revitalisation des typologies du passé est aussi pertinente que l’expérimentation de nouveaux modèles non testés, dans cette quête, comme la transformation radicale de bâtiments existants.» a souligné le président du jury, Stephen Bates.

L’ambiance de ce prix semble tout de même à la frugalité, et n’est pas sans rappeler le Pritzker qui récompensait Alejandro Aravena notamment pour son modèle de lotissements sociaux. Réponse à la crise, aux changements des ménages, à la co-production, valorisation du DIY (Do It Yourself) ou du FFY (Fend For Yourself). Dans tous les cas on peut souligner un prix remis plutôt pour l’audace du modèle économique du projet que pour sa qualité plastique et spatiale comme ça avait pu être le cas pour la banque Borges e Irmão d’Alvaro Siza, premier prix Mies van der Rohe remis en 1988.

 

Amélie Luquain

 

 

 

 

L’opération DeFlat Kleiburg est lauréate parmi 356 projets issus de 36 pays européens, dont les 4 autres finalistes étaient l’Ely Court à Londres par Alison Brooks Architects, le Kannikegården de Ribe au Danemark par Lundgaard&Tranberg Architects, le Katyn Museum de Varsovie par BBGK Architekci et le Mémorial de Rivesaltes par Rudy Ricciotti.

La Commission européenne et la Fondation Mies van der Rohe ont également remis le prix de l’Architecte émergent 2017 aux studios MSA/V+, pour un immeuble de cinq logements sociaux construit à Bruxelles.

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Les résultats seront annoncés à Bruxelles, le 16 mai. La cérémonie de remise de prix aura lieu le 26 mai au pavillon Mies van der Rohe (Barcelone). Elle sera émaillée de lectures et de débats. Le travail des finalistes et des lauréats sera présenté au public du 20 au 28 mai.

 

DeFlat Kleiburg, NL architects et XVW architectuur, Amsterdam – © Marcel van der Burg

5 logements sociaux, MSA/V+, Bruxelles – © MSA/V+

 

Renouvellement urbain autour de la rue des Arts à Toulon

La Ville de Toulon (83) a proposé deux jours de festivités à l’occasion de l’inauguration de la Rue des Arts, programme de renouvellement urbain du centre historique de Toulon, autour de la place de l’Équerre et de la rue Pierre Sémard.

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Street Bar, place de l’Equerre © Marija Rathe

 

Renouvellement urbain autour de la rue des Arts

Le centre historique de Toulon se transforme. Depuis plus de 10 ans, la municipalité mène avec son maire Hubert Falco et Hélène Audibert, adjointe au maire, une opération de réhabilitation d’un quartier jusque là en déshérence. Alors que les rues, originellement commerçantes, se mouraient peu à peu au profit des zones commerciales périphériques, c’est un « concept store » qui envahit le centre ancien. L’axe historique de la rue Pierre Sémard, lieu de vie populaire encore surnommé « rue du Canon », devient la rue des Arts, rendue piétonne sur 200 m. Associée à la nouvelle Place de l’Équerre, dotée d’une ombrière depuis 2016, le quartier se veut à la fois commercial et culturel avec la création de 25 commerces, galeries d’art, ateliers d’artistes et de stylistes, boutiques de créateurs, artisans et bars … Un quartier culturel déjà initié avec la Maison de la Photographie en 2002, et le Port des Créateurs, espace de 900 m2 dédié aux pratiques émergentes, inauguré ce mois de février 2017. S’ajoute un immeuble entier destiné à deux acteurs culturels toulonnais : les deux premiers niveaux pour la collection du Musée des Arts et les étages pour accueillir les services ainsi que les répétitions des artistes du Choeur de l’Opéra de Toulon.

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Galerie du Canon, rue Pierre Sémard © Marija Rathe
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Place des Savonnières © Marija Rathe

L’art du PPP

Constituée à travers un montage de partenariat privé-public entre la Caisse des Dépôts (34%), Var Aménagement Développement (15%) et Carim (51%), la société civile immobilière Equerre Sémard Développement (ESD) a la charge du financement, de l’acquisition, de la réalisation et de l’exploitation de la Rue des Arts. Une opération réalisée par Jean-Luc Coulomb, architecte, et Jacques Guérin, architecte des bâtiments de France. En tant que maître d’ouvrage, ESD, sous la direction de Jacques Mikaélian, commercialise à la location l’ensemble des locaux à des occupants répondant à la thématique “art et art de vivre” et prend en charge l’animation des espaces avec un programme exigeant d’évènements culturels et festifs, notamment les expositions photographiques extérieures.

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Place de l’Equerre © Marija Rathe
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Rue des Riaux vue depuis la rue Pierre Sémard © Marija Rathe

Photos d’art

La photographie contemporaine se situe au cœur du projet de renouvellement de la rue des Arts, avec un système d’accrochage en extérieur intégré de manière pérenne aux façades renouvelées, afin de présenter en pleine rue et à l’année des expositions à destination de tous les publics. “Là où ça danse” de Marikel Lahana et Lore Stessel (commissariat : Anne Cartier-Bresson et Christian Gattinoni) constitue l’exposition inaugurale. Deux jeunes talents, artistes femmes, travail à la représentation des corps, soumettant la photographie à l’épreuve festive de la danse pour l’exposition. L’une photographe portraitiste, expérimente au pied des plateaux ses images couleur ; l’autre, mêle les corps aux lieux, superpose différents plans pour produire des images sensuelles, grâce à d’anciens procédés photographiques.

A découvrir aussi les photographies de bâtiments parisiens de l’Américaine Margery Clay et les paysages urbains du Français Jérémy Liron à la Galerie du Canon.

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Rue Semard, Vue3D © Atelier360
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Illuminations nocturnes de la rue Pierre Sémard © Le Port des Créateurs

 

 

Liste des acteurs de la rue des Arts

 

STREET BAR | bar industriel | Franck Lefeuvre

Place de l’Equerre 83000 Toulon | www.facebook.com/StreetBarToulon/

 

LE PETIT CHICAGO | bar, restaurant, concerts | William Leclerc et Corinne Djouber

Place de l’Equerre 83000 Toulon | www.lepetitchicago.net

 

TWIGGY CAFÉ | café | Natacha Forcinal et Stéphane Bermaille

Place de l’Equerre 83000 Toulon | www.twiggycafe.com

 

SON ET TECHNIQUE | son et technique | Jean-Pierre Langlais et Michel Sedlar

45 rue du Bon Pasteur 83000 Toulon | www.sonettechnique.com

 

GALERIE DU CANON | galerie d’art | Gilles Altieri et Jacques Mikaélian

10 rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.galerieducanon.com

 

GALERIE LISA | galerie d’art | Jean-François Ruiz

23 rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.galerielisa.com

 

GALERIE CRÉATIONS TROPICALES | galerie d’art | Nicolas Smalcerz

1 rue Nicolas Laugier (entrée rue Pierre Sémard) 83000 Toulon | www.galerie-creations-tropicales.com

 

GALERIE A. MAGNONI | galerie d’art | Aurélie Magnoni

21 rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.facebook.com/AurelieMagnoni

 

SECONDE CHANCE | dépôt-vente | Karinne Bizien

20 rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.facebook.com/secondechancetoulon/

 

POP UP …by LMS | concept store 100% art & organic | Géraldine Bossaert et Corinne Brossard

16-18 rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.twitter.com/bylms_officiel

 

SEAGALE | prêt-à-porter et accessoires | Bertrand Durand-Gasselin

24 rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.seagale.fr

 

LES FRANGINES | atelier boutique | Lisa Fardelli et Davia Fardelli

47 rue de Pomet 83000 Toulon | www.facebook.com/LesFranginesetvous

 

 

CHIC PLANÈTE | brocante-café-couture | Hélène Bernardeau et Julien Mermillon

12 rue Pierre Sémard 83000 Toulon

 

AV BIJOUX | atelier de création de bijoux | Alicia Vidal

21 bis rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.facebook.com/AliciaVidal.bijoux

 

XERRI CHÉRI | épicerie à manger | Stéphanie Jouffret et Lorea Lasalde

Place de l’Equerre 83000 Toulon

 

MA PETITE CHOCOLATERIE | chocolaterie | Clément Dudragne

16 rue de l’Equerre 83000 Toulon | www.facebook.com/mapetitechocolaterie

 

LE PETIT BISCUITIER | biscuiterie | Romain Pappon

8 rue Pierre Sémard 83000 Toulon | www.le-petit-biscuitier.com

Les douches de plain-pied wedi : belles dehors, parfaites dedans

Les douches de plain-pied wedi : belles dehors, parfaites dedans

Contenu sponsorisé

Leader des panneaux de construction pour salles de bains et pièces humides, wedi est synonyme de fiabilité, de sécurité (garantie 10 ans) tout en étant totalement modulaire. Etanches et compatibles entre eux, les systèmes wedi intègrent les éléments techniques, bannissant les risques de fuite liés à une pose défectueuse. Idéale pour réaliser des pièces sur mesure et notamment des douches à l’italienne, la gamme wedi s’enrichit d’un nouveau système de douche de plain-pied Fundo Top prêt-à-poser, compatible avec les receveurs wedi Fundo Primo, Plano et Riolito neo. Fabriqué en solid surface, matériau minéral mince et robuste, et doux au toucher, ce receveur ultraplat est recoupable, résistant aux chocs et aux produits chimiques, doté d’une surface antidérapante (classe A, PN 12) et élimine les problèmes de joints inhérents aux receveurs carrelés. D’une épaisseur de 6mm, il répond aux normes d’accessibilité PMR et se décline en formats carrés (90 x 90 et 120 x 120 cm) et rectangulaires (jusqu’à 160 x 100 cm) selon les modèles. L’écoulement peut être centré ou excentré, classique en un point ou linéaire.

Existe en 4 couleurs tendances blanc, gris, anthracite et beige.

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wedi Fundo Top avec le receveur Riolito Neo (écoulement linéaire excentré)
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wedi Fundo Top sur le receveur Riolito Primo (écoulement centré)
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Une installation sécurisée 100% étanche et garantie 10 ans
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4 coloris tendances faciles à prescrire
Corian® présente ses nouveaux coloris avec Corian® Cabana Club

Corian® présente ses nouveaux coloris avec Corian® Cabana Club

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Les coloris des nouvelles collections Concrete, Prima et Onyx de Corian® ainsi que beaucoup d’autres ont tous été utilisés dans l’exposition Corian® Cabana Club, Exploration du monde du maximalisme qui fut l’occasion de célébrer le 50ème anniversaire de Corian®, 50 ans de succès dans le design et l’architecture, dans le monde entier.

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Du 3 au 9 avril 2017, Milan Design Week a accueilli CORIAN® CABANA CLUB, une exposition organisée par Corian® Design et Cabana Magazine, et dirigée artistiquement par Martina Mondadori Sartogo (rédactrice en chef) et Christoph Radl (directeur créatif) de la revue Cabana, avec la collaboration de Martino Berghinz Studio.

A travers une porte géante et un sentier expérientiel («La passerelle*» et «Le tunnel mystère**», tous deux conçus par Christoph Radl) combinant Corian® et une variété de motifs fascinants, d’effets lumineux et de musique, les visiteurs voyagent dans un village surprenant le «Corian® Cabana Club». Il comprend sept cabanes composées de sept installations maximalistes, conçues par sept personnalités du monde du design d’intérieur, de la décoration et de la mode : Antonio Marras, Ashley Hicks, Carolina Irving, Idarica Gazzoni, Nathalie Farman-Farma, Stephan Janson et Susanne Thun. La pièce maîtresse du village est une pièce sculpturale emblématique en Corian® conçue par Martino Berghinz qui interagit délicatement avec l’eau.

La surface Corian® design est un élément clé dans chacune des installations. La gamme complète de couleurs des nouvelles collections Concrete, Prima et Onyx de Corian® et bien d’autres est utilisée dans cette exposition qui célèbre également le 50e anniversaire de Corian®, 50 ans d’engagement mondial en matière de design et d’architecture.

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Fontaine de printemps : Corian® (Smoke Drift Prima, Weathered Concrete)
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Salon russe : table basse Corian® (Cosmos Prima colour)
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Salle de méditation chinoise : canapé et table Corian® (Evening Prima)

 

 

La Maison de l’histoire européenne à Bruxelles

Alors que l’avenir de l’Europe est en crise, entre le Brexit et la montée des nationalismes, il importe tout particulièrement de prendre conscience de notre patrimoine culturel. A Bruxelles, siège des institutions de l’UE, s’est ouvert ce 6 mai la Maison de l’histoire européenne, un lieu au sein duquel l’histoire de la construction de l’Europe sera enseignée et débattue, où chaque citoyen pourra se questionner sur son avenir. Pour ce faire, l’atelier d’architecture Chaix et Morel, associé à JSWD Architekten, restructure, comble et couronne un bâtiment de 1935, dont les façades néoclassiques en pierre dialoguent dans de justes proportions avec un volume de verre.

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Courtesy CMA-JSWD / C. Fabris

L’idée de créer un musée de l’Europe n’est pas nouvelle. La Commission européenne avait pensé ouvrir des salles européennes dans divers grands musées européens dans les années 1990 ; un projet privé de Musée de l’Europe a aussi été lancé à Bruxelles en 1997. Plusieurs pays européens se sont par ailleurs posé la question de la création de grand musée national, comme ce fut le cas en Allemagne avec l’édification en 1994 de la Haus der Geschichte (maison de l’histoire) à Bonn, ou aux Pays Bas et en France où les projets ont été abandonnés. Dans ce contexte, le projet de la Maison de l’histoire européenne, officiellement lancé en 2007 par Hans-Gert Pöttering dans le discours inaugural qui a suivi son élection en tant que Président du Parlement européen, est ambitieux. Réceptacle de la mémoire européenne, il vise à encourager les citoyens à réfléchir à ce processus historique et à sa signification à l’heure actuelle. « Quitter l’Europe serait une grosse erreur. Je crois en l’Europe, notamment parce que nous n’avons pas d’autres choses, même si elle a besoin de changement et de débat. La Maison de l’histoire européenne,  ouverte à tous, doit y participer, en offrant la possibilité au citoyen d’apprendre du passé pour construire l’avenir » affirme Antonio Tajani, l’actuel président du Parlement européen, lors de l’inauguration de la Maison de l’histoire européenne à Bruxelles, ouverte au public depuis ce 6 mai 2017 – un message fort à l’aube des élections présidentielles françaises, lors desquelles l’Europe fut un vif sujet de débat.

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Courtesy CMA-JSWD / C. Richters
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Courtesy CMA-JSWD / C. Fabris

 

La Maison de l’histoire européenne, parachever l’ancien

A Bruxelles, en plein cœur du Quartier européen – et à 200 m de la station de métro Maelbeek, où se sont produits les attentats du 22 mars 2016, ne l’oublions pas – s’ouvre donc au public la Maison de l’histoire européenne. Le Parlement a décidé que l’institution complèterait le bâtiment Eastman, ancienne clinique dentaire au style Art Déco construit en 1935 par l’architecte suisse Michel Polak, louée par le Parlement en 1985 et située dans le parc Léopold classé en 1976. Un ancrage historique, auquel a répondu l’atelier d’architecture Chaix et Morel, associé à JSWD Architekten, par l’ajout d’un volume orthogonal en verre. Pour accueillir le musée, il fallait doubler la superficie du bâtiment existant au plan en U. S’insérant dans la cour extérieure et en couronnement, l’extension parachève l’ancien et comble le vide. Elle renforce la prééminence du corps central, et se soumet à la symétrie axiale de l’édifice, tout en dessinant à l’arrière une nouvelle façade, cette fois-ci contemporaine, qui pourrait avoir le statut de façade principale. Là, la transparence du verre joue à contrario de la matité de la pierre.

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Courtesy CMA-JSWD / D.Boy de la Tour
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Courtesy CMA-JSWD / C. Fabris
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Courtesy CMA-JSWD / C. Fabris
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Dialogue univoque

Un joint creux, qui sépare la façade en pierre de son extension, met en évidence le principe qui gouverne l’ensemble du projet architectural : une claire et stricte délimitation entre l’ancien et le nouveau. A l’intérieur du musée, l’atrium central, pourvu d’un escalier suspendu, participe à ce même geste. Il ménage un retrait entre la construction neuve et l’ancien mur de briques extérieur, restauré et magnifié puisque totalement dégagé. « L’extension se glissant dans le creux du U existant, le mur de briques anciennement extérieur devient désormais un mur intérieur. C’est ici que le passage du nouveau à l’ancien et la « cohabitation » se fait, et c’est un sujet qui nous a passionné. » précisent les architectes Philippe Chaix et Jean-Paul Morel. Un tête-à-tête qui se lit aussi dans l’organisation du musée. Les zones d’expositions – qui s’enchaînent par étage selon une logique chrono-thématique, occupent la majeure partie des 7 niveaux de l’extension, comprenant les deux premiers niveaux dédiés aux expositions temporaires. Tandis que le bâtiment 1930 – en partie conservé et restauré, ou déposé et reconstruit à l’identique, percé de trémies circulaires entre le RDC et le R+1 – abrite les fonctions d’accueil, de logistique et d’administration. Seul le troisième étage entretien une relation physique direct entre les deux constructions, l’ensemble du plateau, qu’il soit neuf ou ancien, étant dédié aux expositions.

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Courtesy CMA-JSWD / D.Boy de la Tour
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Courtesy CMA-JSWD / C. Richters
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Courtesy CMA-JSWD / D.Boy de la Tour
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Courtesy CMA-JSWD / D.Boy de la Tour

 

Tout de verre

En terme d’enveloppe, les architectes ont travaillé sur une double peau. Une façade extérieure, dite façade vitrine, est composée de plaques de verre sérigraphié. Elle filtre la lumière, laisse passer l’air naturel et les vues. Une deuxième façade, dite intérieure, est composée à environ 50/50 de pleins et de vides. Les parties vitrées constituent une peau thermique en triple vitrage associé à un système de protection solaire automatisé. Les parties opaques viennent en saillies des parties vitrées, jusqu’à effleurer la façade vitrine. De 4 à 14 m de haut, d’un seul tenant, les raidisseurs en verre sont composés de 4 à 6 plaques de verre feuilleté de 1 cm d’épaisseur (2 ou 3 fournisseurs au monde selon les architectes). Les verres de toiture sont également portés par un maillage de poutres en verre. La jonction poteaux-poutres se fait par moisage, permettant une liaison délicate et discrète. Depuis l’extérieur, l’alternance de surfaces vitrées et de surfaces opaque offre des jeux de volume, affichant pleins et vides, proposant une « asymétrie vivante, en contraste avec la géométrie ordonnée de l’existant, toutes deux complémentaires » spécifient les architectes. « La façade autorise divers modes de présentation scénographique : cimaises, vitrines, alvéoles ou espaces de projection » continuent-ils, ce que n’ont pas exploité les muséographes. Arrivés dans un second temps avec une autre maîtrise d’ouvrage qu’était le comité scientifique de l’exposition, ils ont proposé une scénographie ne tenant pas compte du bâtiment, voire allant à son encontre. S’il fallait adresser un message au Parlement européen, ce serait déjà de relever les stores, pour profiter des qualités de la construction de verre et laisser percevoir un désir d’ouverture.

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Courtesy CMA-JSWD / C. Richters
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Courtesy CMA-JSWD / C. Richters

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Amélie Luquain

 

Fiche technique

 

Maison de l’histoire européenne, Bruxelles Programme : rénovation et extension du bâtiment Eastman : conception du musée, administration, pôle pédagogique (salle polyvalente, salle de conférence de 89 places), cafétéria, boutique.  Maîtrise d’ouvrage : Parlement Européen (Direction Générale Infrastructure et Logistique) Maître d’œuvre : Chaix & Morel et Associés, Paris / JSWD Architekten, Cologne BET :  TPF Engineering, ingénierie /  Werner Sobek, façades /  Francis Crombez Développement, économie /  Tribu, développement durable /  SPRL Venac, acoustique /  SOCOTEC Belgium, conseil en sécurité / Comité scientifique présidé par l’historien Wlodzimierz Borodziej /  GPD Sevilla, muséographe (hors équipe maîtrise d’œuvre) Mission de base + exe + mobilier signalétique Surface et coût des travaux : 9 970 m2 SHON / 27,6 M€ HT Calendrier : concours janvier 2011 – chantier décembre 2012 – livraison du bâtiment automne 2016 – ouverture au public 6 mai 2017

Adresse : 135 rue Belliard, 1000 Bruxelles, Belgique

Ouverture 7 jours sur 7, de 10h à 18h, sauf le lundi de 13h à 18h. Entrée gratuite

 

Photos Courtesy CMA-JSWD / Didier Boy de la Tour, Christian Richters, Christian Fabris

 

 

 

Quebec, Paris, Vitrolles, Xiongan, Londres : la revue de presse du 10/05/2017

Quebec, Paris, Vitrolles, Xiongan, Londres : la revue de presse du 10/05/2017

Réflexions sur la ville au Québec, concours de façades à Paris, un parc d’attraction au stadium de Vitrolles, l’essor du Glamping, une nouvelle mégapole en Chine, La Tate Gallery vs ses riches voisins : rideaugate à Londres. La revue de presse du 10 mai 2017

Du béton pour la création

Le béton est tendance, comme le prouve la boutique récemment inaugurée de l’enseigne trendsetter anversoise Coccodrillo. Qu’a choisi l’architecte gantois Glenn Sestig — un éminent représentant du lifestyle flamand — pour habiller cet espace de 250 m2 ? « Des sols aux plafonds, du béton », relate le supplément week-end du l’hebdomadaire belge le vif. « Le béton a longtemps souffert d’une image négative. Pourtant, il possède de nombreuses vertus et qualités. Le temps est peut-être venu de l’envisager sous une perspective nouvelle et de ravaler certains préjugés », qui viennent du fait que « durant longtemps, le béton fut du coup injustement réduit, dans l’imaginaire collectif, au rôle de complice de prédilection d’exactions urbanistiques : HLM, parkings ou bâti mégalomane évoquant la période soviétique ». Le magazine dresse la liste des usages tendances, du design à l’architecture. Présenté comme l’ambassadeur du béton en Belgique, l’architecte Bruno Erpicum, imagine même des mises en œuvre prenant en compte son vieillissement : « Sur certains projets, nous avons travaillé la façade avec des redents et des ressauts horizontaux, pour qu’elle soit « salie » par la poussière et la végétation, et puisse vibrer comme les rochers environnements ». Un matériau rude idéal pour des temps d’austérité créative…

Via Le Vif 

Mouvement de tours

Le concours annuel organisé par Evolo pour la conception de gratte-ciel utopique trouve toujours un écho dans les médias grand public. Science Post se passionne pour le « Pod Vending Machine Skyscraper (…) un concept réunissant des caractéristiques de l’impression 3D, du jeu Puissance 4 et du distributeur automatique. Ce projet s’inspire d’un mouvement architectural japonais des années 1960 et 1970 ayant transformé la structure des villes du pays ». Imaginé par l’architecte britannique Haseef Rafiej, le projet met en œuvre un process inspiré par les distributeurs automatiques de Tokyo, dont la prolifération « a minimisé le coût du travail humain par la réduction du besoin des vendeurs ». Il suffira de remettre de l’argent dans le nourrain pour activer l’imprimante 3D assurant la production de capsules habitables. BFM Business s’intéresse de son côté au projet lauréat du concours, fruit des cogitations de Pawel Lipiński et Mateusz Frankowski sur la pauvreté en Afrique. Face à ce problème, « le duo a donc imaginé « Mashambas ». Ce gratte-ciel serait un centre éducatif pour que les populations locales puissent apprendre les techniques d’agriculture propres à leur région, un magasin où les agriculteurs pourront acheter des graines et des semences, et un lieu de commerce où ils vendront les surplus de leurs récoltes. Bien sûr, la tour modulable est évolutive, et pourra être agrandie, voire déplacée si besoin est, « lorsque les agriculteurs du coin sont autosuffisants » ». Les transhumances de gratte-ciel promettent un sacré bazar sur les routes en latérite !

Via Science Post et BFM Business

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Pod vending machine skyscraper. Crédit image : Haseef Rafiei. Via science post
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Skycraper Competition, Des architectes imaginent un gratte-ciel pour lutter contre la pauvreté via BFM Business

Miss Façade 2017

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris va soumettre au vote le rétablissement du concours récompensant les plus belles façades de l’année, une pratique instaurée en 1898 par la Ville pour « pour rompre avec ce qui leur semblait à l’époque une surabondance d’uniformité haussmannienne » avant d’être abandonnée dans les années 30, le danger ayant vraisemblablement été écarté. D’après le groupe, ce concours a offert à Paris de véritables joyaux, comme le Castel Béranger, dont on pensait naïvement qu’il était d’abord dû à un architecte et un maître d’ouvrage. Quoi qu’il en soit, le retour de l’uniformité justifierait la résurrection de la compétition « »Car depuis des décennies, l’urbanisme parisien s’est tristement laissé envahir par des projets immobiliers au style, lignes et formes qui ne se distinguent pas de ce que l’on pourrait trouver dans n’importe quelle métropole du monde », estime le groupe ». Dire cela, alors que les décennies passées nous ont laissé tant d’immeubles carrelés ou bigarrés, c’est limite insultant !

Via Le Figaro immobilier 

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Détail de la façade de l’immeuble Lavirotte. Crédits photo goga18128/shutterstock.com via Le Figaro Immobilier

Sondage au Québec

Plutôt que de lancer un concours de beauté, l’Ordre des architectes du Québec va sillonner la Belle Province pour connaître l’opinion de la population quant à l’architecture, posant aux citoyens de treize villes des questions dignes d’une audition pour le poste de ministre de la Culture : « quels projets de développement vous inquiètent et pourquoi ? Si vous étiez ministre de l’architecture, que feriez-vous ? En quoi l’architecture influe-t-elle sur votre quotidien ? » La démarche s’inscrit dans la préparation d’une politique nationale de l’architecture. « Plusieurs personnes nous parlent de l’étalement urbain, de la place des cyclistes et des piétons. Certains nous disent que leur ville n’est pas accueillante, qu’elle est faite de façon banale. D’autres déplorent que les infrastructures soient construites au plus bas prix ou que les projets soient déjà « cannés » avant d’avoir consulté la population », résume Nathalie Dion, présidente de l’Ordre des architectes du Québec qui a assisté à quelques consultations publiques. Salima Hachachena, directrice de l’urbanisme de la Ville de Saint-Jérôme, pense que les « architectes et les urbanistes doivent aller sur la place publique pour « dire ce qu’il en est ». « Ça nous prend des gens qui n’ont pas peur de perdre leur poste. Des gens qui ne font pas de politique », affirme-t-elle ». Des profils à la double compétence, architecte et kamikaze.

Via Le Mirabel 

Apocalypse Now chez Riciotti

Du côté de Marseille, les étudiants du mastère professionnel en aménagement et promotion immobilière ont planché durant quatre mois sur le devenir du Stadium de Vitrolles, bâtiment conçu par Rudy Riciotti abandonné depuis près de deux décennies (nous en parlions ici Stadium de Vitrolles : bientôt 20 ans… d’abandon !). Certains ont imaginé de transformer le lieu en studios de tournage ouverts au public, d’autres proposaient sa mutation «en un complexe festif national et international pour ceux qui aiment danser, pour les amateurs d’art avec cabaret et ambiance prohibition» – une option qui n’aurait sans doute pas déplu à son créateur -, une troisième équipe s’est vêtue de rouge et noir – un hommage à Stendhal, mais surtout à Jeanne Mas – pour présenter son projet de réhabilitation du stadium en parc des expositions, avec hôtel, etc. C’est l’Exploradium qui a gagné « un parc d’exploration et d’expérimentation sur la fin du monde. Alors oui ça fait sourire dans la salle, mais pour l’équipe « c’est un thème très assumé qui répond à d’autres thématiques elles aussi assumées comme la guerre nucléaire, l’épuisement total des ressources, la pollution généralisée, le soulèvement de l’intelligence artificielle ou encore la catastrophe climatique… »». Une thématique innovante qui n’a été testée dans aucun parc d’attractions. L’équipe a été récompensée d’un chèque de 3500 euros : ce n’est pas la fin du monde.

Via Go Met 

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La 7e édition des Business Game Immo avait pour thème « Le Stadium » de Vitrolles. via Go Met

Beijing vers une nouvelle aire

Les autorités chinoises ont dévoilé début avril leur plan pour la construction d’une ville grande comme trois fois New York. Représentant un investissement de 527 milliards d’euros, cette zone économique spéciale est un projet phare du président Xi Jinping. « C’est un nouveau chapitre pour la transition historique du pays vers une croissance coordonnée, inclusive et durable », affirme l’agence de presse officielle Xinhua. Construite à 100 km au sud de Pékin, la nouvelle aire de Xiongan – c’est pour l’instant le nom de cette mégapole – devrait offrir un remède à tous les maux de la capitale, un Bisjing qui serait une sorte de Beijing bis idéal. Embouteillage, pollution de l’air et spéculation immobilière n’y ont pas leur place. Les autorités y ont d’ailleurs gelé les transactions immobilières. « Selon Xinhua, la zone voit ainsi affluer des personnes qui viennent prendre des photos, échanger des informations et rechercher des opportunités d’affaires ». Petit bémol, l’ONG chinoise Liangjiang Huanbao révélait que la zone, secteur d’activité industrielle, était complètement polluée. On y a notamment déversé des eaux usées sur une surface équivalente à 42 terrains de football. Le gouvernement a admis que l’assainissement serait long et coûteux. La nocivité des sols poussera-t-elle les fils du ciel à faire renaître l’urbanisme sur dalle ?

Via La Tribune de Genève

Glamour au camping

C’est au cours d’une classe d’innovation et marketing que David Troya, Sévillan installé à San Francisco pour le besoin de ses études, a entendu pour la première fois l’expression Glamping. Contraction de glamour et camping, le néologisme désigne une forme de camping chic, pensée pour ceux qui détestent les désagréments du camping, mais sont attirés par le mode de vie décalé qu’il propose et l’insolite des lieux qu’il investit. La Glamping attitude consiste à ramener sous la tente sa literie baroque et son air conditionné. «Au départ, il y avait bien des gens intéressés par dormir dans un arbre, une grotte ou un igloo, mais personne n’appelait ça du Glamping». 8 ans après, Troya est devenu le pape espagnol du Glamping : «aussi surprenant que cela paraisse, la demande pour ce type de logement n’arrête pas d’augmenter. Les gens sont plus en quête d’expérience que de luxe, et cette forme de camping, qui offre toutes les commodités en pleine nature, combine tous les avantages mieux que n’importe quel autre type de tourisme», affirme le gérant de la fédération espagnole des entrepreneurs de camping. GlampingHub, le blog de Troya et son associé, est devenu une plateforme commerciale de type Air bnb, qui prélève 10% de chaque transaction locative. GlampingHub a réalisé un chiffre d’affaires de 2,1 millions d’euros, et espère bien conquérir le monde depuis l’Andalousie. Elle y arrivera peut-être, à moins que la pratique du glamping sauvage ne se répande comme une traînée de poudre.

Via El Pais 

Rideaugate à Londres

Cinq résidants de Neo Bankside, une tour de logements de luxe où l’appartement se négocie en millions de livres, attaquent leur voisine, la Tate Gallery, au tribunal. Motif de la plainte « le traumatisme de vivre dans un bocal à poisson rouge » sous le regard constant des visiteurs du musée en promenade sur la plateforme d’observation de la Switch House, extension de la New Tate que l’on va rebaptiser du nom d’un oligarque russe. Le directeur du musée avait suggéré que leurs voisins installent des rideaux. Les plaignants penchent plutôt pour l’installation d’un cordon qui barrerait l’accès de la partie sud de la terrasse au public, ce qui leur permettrait de profiter de leurs appartements sans être gênés par les regards des manants, et ne coûterait qu’une poignée de livres. Une forme de Nimbysme rétroactif, observe un expert en litige immobilier « ce que nous dirons au tribunal est que ces gens ont volontairement acheté un bocal à poisson rouge pour y vivre. (…) Il y a une contradiction flagrante chez les gens qui achetent des appartements avec de larges baies vitrées dans le entre de Londres pour pouvoir regarder partout, mais ne pas vouloir que l’on voit dedans ». D’autant qu’au moment de l’achat, le projet d’extension était lancé, et que la présence de la Tate est précisément ce qui a rendu le quartier attractif aux yeux des promoteurs et habitants. Le cas n’est pas isolé « d’innombrables pubs et scènes musicales à travers le pays sont menacées de fermeture pour des raisons similaires, alors que l’obsession nationale pour la protection des prix de l’immobilier s’apprête à faire de quartiers vivants des villes dortoirs sans vie. Par leurs actions agressives pour sauvegarder la valeur de leurs biens, les nouveaux résidents lobotomisent sans relâche les villes » accuse Wainwright, critique d’architecture du Guardian. Fermer la terrasse, affirme Wainwright, « créerait un précédent pour le futur de nos villes, minant les bases mêmes de la tolérance sur laquelle se construit la vie civique. Cela voudrait dire que vous pourrez construire un immeuble face à un parc existant, puis chercher à faire fermer cet espace public la nuit, quand vous déciderez que l’activité qui s’y déroule constitue une entrave au droit de vous promener nu chez vous sans stores. Cela voudra dire que les habitants de Dubai-sur-Tamise (allusion à un marché immobilier de luxe destinés à des acheteurs venus du monde entier) pourront exiger un embargo sur la circulation fluviale sous leur balcon, ou que les voisins d’une école pourront demander une interdiction des heures de récréation ». Plutôt fermer quelques rideaux qu’ouvrir cette boite de Pandore !

via The Guardian 

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La Tate Modern, vue depuis l’immeuble Neo Bankside. Photographe : Alicia Canter pour the Guardian

Olivier Namias

Pavillon de la photographie au Château La Coste, signé Renzo Piano

Au cœur des vignes de son domaine, Château La Coste inaugure son nouvel espace d’exposition, le pavillon de la photographie construit par l’agence Renzo Piano Building Workshop. 

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Situé en Provence, entre Aix-en-Provence et le Parc National du Lubéron, le Domaine de Château La Coste propose une expérience unique au cœur d’un vignoble de 200 hectares. Réputé pour son excellence viticole, le Domaine permet également de découvrir 30 œuvres contemporaines majeures, installées en plein air. Une vocation culturelle complétée récemment par le Pavillon de la Photographie, construit par l’agence Renzo Piano Building Workshop. Le pavillon met à profit la topographie naturelle du terrain, en incluant pleinement la construction dans le vignoble, par une topologie semi-enterrée. Un creux profond de 6 m a été sculpté dans la terre, dégageant une surface de 285 m2. Le béton est laissé brut, aussi bien pour les murs de soutènement que pour ceux des expositions, conversant avec les façades et toit de verre. Toit qui est par ailleurs recouvert d’un voile s’arrimant à de fines arches métalliques, qui reprennent le rythme graphique tracé par les plans de vigne. A l’intérieur, se dévoile la double vocation du pavillon : présenter l’art et conserver le vin. Une galerie de 160 m2 permet des expositions de sculpture et de photographie sous un éclairage naturel. Les 125 m2 restant sont destinés à la conservation du vin. Les caves bordent de part et d’autre l’espace d’exposition, deux alcôves à l’entrée de la galerie permettent d’en mesurer l’importance.

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Crédit photos © : BestArchiDesign dossierphoto.fr via Paper Blog

Le pavillon est inauguré avec l’exposition The Sea and the Mirror de l’artiste Hiroshi Sugimoto du 8 mai 3 septembre 2017

 

Stefano Boeri, nommé conservateur de Susas 2017

Stefano Boeri est nommé conservateur de la deuxième édition de la Shanghai Urban Space Art Season (Susas) 2017 ; un événement majeur en terme d’urbanisme, d’architecture et d’art public promu par la municipalité de Shanghai.

Pour cette édition, a été sélectionné un noyau de trois conservateurs, composé de l’architecte et urbaniste Stefano Boeri, du professeur à l’Université de Tongji, Li Xiangning, et de l’artiste et critique internationale Fang Zhenning.

Le thème de la manifestation sera les pratiques de connexion et de déconnexion dans l’espace public métropolitain. L’évènement se tiendra sur le front de la rivière Huangpu, dans la zone portuaire aux grands silos de Minsheng, un lieu actuellement en attente de reconnexion avec la zone centrale de Shanghai.

L’architecte Stefano Boeri, réalisera l’entrée : « une série d’ambiance qui mettra en évidence les énergies positives du jeu comme forme d’interaction et d’antidote à la solitude due à une excessive connexion immatérielle », indique le communiqué.

L’inauguration de l’évènement aura lieu en septembre. Pendant trois mois, le port de Minsheng sera le théâtre des événements, des ateliers, de la recherche et des travaux performatifs. Interviendront BIG, Diller Scofidio + Renfro, Peter Cook, Heatherwick, Anish Kapoor, Daniel Buren, Francis Kéré, Alejandro Aravena, Snøhetta.

Azzedine Nekmouch, président de l’ordre des architectes du Maroc

 

Azzedine Nekmouch a été désigné, mercredi 3 mai, nouveau président de l’Ordre national des architectes du Maroc. Le nouveau Bureau a également désigné Jaouad Guennouni, trésorier et Soultana Hassan, Secrétaire général. Au total, les votes ont élu 15 candidats, dont 10 du privé, 4 du public et un du corps des enseignants. 43 architectes du privé, 14 du public et 2 du corps des enseignants ont présenté leur candidature aux élections du 21 avril. La nouvelle équipe de l’Ordre devrait définir sa feuille de route dans les prochains jours, après consultation de l’ensemble des Conseils régionaux de l’Ordre des architectes.

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale d’Architecture de Rabat, Azzedine Nekmouch succède à la tête du Conseil national de l’Ordre à Abdelouahed Mountassir. Il avait notamment occupé le poste de président du Conseil régional de Casablanca.

Via le Reporter