Disparition de Jean-Claude Garcias, critique d’architecture et associé de l’agence TGTFP

Disparition de Jean-Claude Garcias, critique d’architecture et associé de l’agence TGTFP

Professeur agrégé d’anglais, Jean-Claude Garcias aborde l’architecture à travers Christopher Wren, l’architecte de la cathédrale Saint-Paul, à Londres, auquel il consacre sa thèse. Enseignant au département d’anglais de l’université Paris VIII- Vincennes à Saint-Denis, il a tenu des cours sur la musique noire américaine, l’architecture, et l’urbanisme. Les murs de l’institution étaient sans doute un peu trop étroit pour cet esprit curieux de tout. Très tôt concerné par la chose bâtie, il réalise dès les années 70 une dizaine de recherches pour le bureau de la recherche architecturale (BRA) avec Jean-Jacques et Jérôme Treuttel, ses beaux-frères à la ville. Les intitulés de ces rapports  « Le squelette et la jeune fille », « le placard hypocrite ou les infortunes du logement » résonnent déjà de l’esprit caustique de ce critique à la plume acerbe, mais toujours drôle, dont la signature figure à partir des années 80 sur le bulletin de l’IFA, aujourd’hui Archiscopie. Par la suite, il écrira pour l’Architecture d’Aujourd’hui, d’Architectures,et participera à l’émission l’Equerre et le compas sur France Culture. C’est également dans les années 80, à la suite d’une participation victorieuse et ironique au concours du PAN, qu’il s’associe avec Jean-Jacques et Jérôme Treuttel au sein de TGT, trouvant sa place comme intellectuel en agence d’architecture, une compétence qu’il sut mettre au service de la rédaction d’innombrables notices de concours. Outre les textes, il s’adonnait à la réalisation de maquettes et de projets, s’impliquant dans le projet des terrasses de Nanterre ou la ZAC Andromède à Toulouse.
En retrait de l’agence TGTFP désormais gérée par Laurent Fichou et Stéphane Pourrier, Jean-Claude Garcias se consacrait à l’écriture d’articles et de livres. C’est un auteur toujours en verve que la mort a frappé par surprise au coeur un vendredi 13, dans sa 78e année, alors qu’il travaillait à la rédaction d’un livre sur l’architecture de Londres au XXe siècle. Jean-Claude Garcias sera inhumé dans l’intimité ce jeudi en Vendée.

Une archéologie numérique de David Romero

David Romero utilise la 3D pour explorer l’histoire de l’architecture, avec un tropisme certain pour les œuvres de Frank Lloyd Wright, qu’elles aient été détruites ou jamais été réalisées.

Portfolio paru dans CREE 381, p 24 à 31, en vente ici

Larkin Administration Building / Frank Lloyd Wright / Buffalo, New York / 1904-06
Larkin Administration Building / Frank Lloyd Wright / Buffalo, New York / 1904-06
Trinity Chapel designed but never built for the University of Oklahoma in Norman, Oklahoma, 1958
Mr. and Mrs. E.A. Smith house / Frank Lloyd Wright / Piedmont Pines, Oakland, California / 1922 / Unbuilt
Rose and Gertrude Pauson house / Frank Lloyd Wright / Phoenix, Arizona / 1940-42

Du Larkin building de Frank Lloyd Wright, immeuble de bureau de Buffalo détruit en 1950, 44 ans après sa livraison, nous ne connaissons que des dessins ou des images en noir et blanc, suggérant pour la plupart que l’emblématique édifice était doté d’une peau de brique plutôt claire, constituée de briques ocres, apparaissant presque blanc cassé sur les tirages les plus pâles. Des images apparues récemment sur le net montrent au contraire un bâtiment dont l’appareil de briques rouges est ponctué d’insertion en pierre claire. Ces clichés qui changent l’idée que nous avions du bâtiment n’ont pas été retrouvés dans un fonds d’archive oublié, mais créé de toutes pièces par l’architecte espagnol David Romero. « Quand j’ai vu les premières images issues des calculs de rendu, j’ai moi même été surpris » confie Romero, qui s’était lancé dans la modélisation du bâtiment à ses heures perdues, afin de se former aux nouveaux logiciels 3D – une manière d’augmenter ses compétences sur un marché du travail espagnol frappé durement par la crise -. Un travail de rendu doublé d’un travail d’archéologue : Romero a reconstitué le bâtiment à partir de plans diffusés sur internet, et d’informations puisées en bibliothèque ou sur les forums spécialisés dans l’œuvre de l’architecte. Outre le Larkin, Romero a modélisé deux projets de Wright : la maison Pauson, détruite par le feu un an après sa livraison, et la Trinity Chapel, qui aurait dû être construite à Norman (Oklahoma). Il travaille actuellement à la modélisation de l’Ocotillo Desert camp, et collabore avec un architecte qui achève la modélisation des Midway Gardens, une grande zone récréative. A quand la reconstitution de l’Hotel Imperial de Tokyo ou de Broadacre city ? Les capacités de calculs nécessaires à la modélisation d’un territoire tel celui de Broadacre dépasse les capacités de calcul d’un ordinateur seul et d’une personne, mais elle pourrait s’envisager dans le cadre de collaborations à plus grande échelle, notamment via les universités, explique Romero.

Confronté à la crise économique, un autre architecte espagnol, Victor Enrich, avait choisi d’utiliser les outils de la 3D pour développer des architectures fantasmagoriques à partir d’architectures réelles, quand il ne jouait pas sur le dépaysement. Une de ses modélisations transplante le Guggenheim de New York au milieu d’un quartier informel colombien. Romero voit plus son travail comme celui d’un archéologue, même quand sa façon de travailler rejoint le cinéma. Ainsi, le Larkin Building a été modelé en deux fichiers séparés, un pour l’atrium intérieur, et le second pour l’extérieur : on retrouve la discontinuité des décors propre au 7e art. La lourdeur des fichiers a rendu la scission nécessaire. Mais pour les petits projets comme la maison Pauson, l’intégralité du bâtiment est modélisée en un seul fichier. On pourrait donc en théorie, prendre n’importe quelle vue du bâtiment. Romero songe d’ailleurs à effectuer des vues complémentaires de chambres de la maison, et a été contacté par des sociétés spécialisées dans la réalité virtuelle, intéressées par des promenades numériques. Dernières visions du passé, avant remplacement des images par des visualisations en mouvement ? En attendant, Romero envisage d’élargir l’usage de la 3D à des objets plus anciens, dont il juge les reconstitutions de piètre qualité.

Eric Brisoni

 

voir http://www.hookedonthepast.com/

 

Bibliothèque de Caen par OMA : un plan en croix

A Caen, la bibliothèque Alexis de Tocqueville dite aussi Bibliothèque Multimédia à Vocation Régionale (BMVR) a ouvert ses portes en début d’année. Elle est le premier équipement livré en France par OMA depuis Congrexpo Lille en 1994. Située à la proue de la presqu’île de Caen, en pleine reconfiguration urbaine, dont le master plan a été confié à l’agence MVRDV, la bibliothèque Alexis de Tocqueville côtoie désormais le tribunal de grande instance réalisé par BE Hauvette Paris avec Pierre Champenois (2016), le Dôme – Maison de la recherche et de l’innovation de l’agence Bruther (2015) ainsi que l’Ecole supérieure d’arts et médias de Caen (2009) conçue par Studio Milou Architecture.

La bibliothèque, avec son plan en croix, pointe des repères dans la ville pour se raccrocher au territoire. Cette forme en X dégage des places urbaines, auxquelles se raccrochent les programmes du rez-de-chaussée : auditorium, restaurant et espace d’exposition. La croisée des axes compose le hall. A l’étage, les quatre ailes correspondent au quatre pôles de la BMVR, dont l’identité s’affirme par des espaces spécifiques aux extrémités de chacune d’entre elles. Le pôle Littérature se distingue par un gradin en bois où le public pourra consulter un ouvrage, tandis que le pôle Sciences Humaines est doté d’un cabinet de curiosité servant de vitrine à la salle des fonds précieux. Ce niveau principal subjugue par sa surface de 2000 m2 qu’il libre de tout cloisonnement et de structure porteuse, puisque déportée aux quatre extrémités. S’y arrangent le mobilier, librement. Les baies bombées offrent des visions panoramiques. En opposition, le dernier niveau est un « étage poutre ». Il porte l’ensemble du bâtiment tout en hébergeant des bureaux cloisonnés sous son épaisse charpente métallique.

Les plans d’étage dessinés conçu par OMA et Clément Blanchet sont le reflet de cette pensée cohérente. Ils dénotent de la force formelle du plan en croix et de son impact tant programmatique que structurel.

Amélie Luquain

 

RDC
R+1
R+2
R+3

 

 

[masterslider id= »182″]

 

 

Kaldewei : surface de douche, vasques-bols et baignoire îlot

Contenu sponsorisé

 

Kaldewei, entreprise spécialisée dans le secteur de la salle de bains haut de gamme réalisée en acier émaillé supérieur, présente trois de ses nouveautés.

 

Surface de douche Cayonoplan

Idéal pour la rénovation de salles de bains existantes, Cayonoplan est une solution de douche de plain-pied à moindre coût, simple et rapide d’installation, qui peut être posée à même le sol carrelé. Pour faciliter le montage, la surface de douche peut être équipée d’un support de cuve extraplat prémonté. Sur tout le pourtour, son rebord est surélevé. Son évacuation est positionnée sur le côté. Cayonoplan est disponible dans tous les coloris mats de la Coordinated Colours Collection. En option, la finition de surface antidérapante et presque invisible Kaldewei Secure Plus. Dimensions variées déclinées dans 19 versions.

Vasques-bols Miena

Ces vasques bols à paroi simple se déclinent en versions arrondie ou carré, chacune dans deux dimensions. Ils peuvent être positionnées librement sur un plan ou une console, sans avoir à s’adapter à des dimensions particulières de meubles de salle de bains. On y retrouve le cache bonde émaillé, présent dans beaucoup d’autres produits du fabricant Kaldewei. Les modèles sont déclinés dans différentes couleurs, qui s’étendent des coloris sanitaires classiques aux teintes exclusives de la Coordinated Colours Collection. Design Anke Salomon

 

Meisterstück Classic Duo Oval

Kaldewei revisite la baignoire îlot. Elle est logée dans un habillage sans joints en acier émaillé supérieur. Son contour ovale et sa forme extérieure conique diffuse répondent à l’esthétique des salles de bains de logements haut de gamme ou d’hôtels prestigieux. Deux confortables dossiers promettent des moments de détente, seul ou à deux. Elle peut être installée en version solo ou combinée aux vasques et surfaces de douche assorties. La baignoire Classic Duo Oval a été récompensée de « red dot design award 2015 », du « iF Design award 2015 » et d’un « Iconic Award 2016 ».

 

 

 

 

Richter architectes : de la frange au centre

En fond de la ZAC hétérogène et disgracieuse des Tanneries, actuellement en construction, à Lingolsheim (67) – une commune de plus de 17 000 habitants, située au sud-ouest de Strasbourg – ont récemment été livrés le groupe scolaire Simone Veil et le gymnase Colette Besson. Ils sont le fruit des architectes franco-allemand, les frères et sœurs Jean et Pascale Richter, et d’Anne-Laure Better, leur associée depuis 2007. Entre, s’insère un Institut médico-éducatif IME conçu pour ARSEA par Aubry Leutier architecte. L’institution, qui accueille des enfants atteints de déficience intellectuelle, partage deux salles de classe avec le groupe scolaire, l’espace de restauration et la salle polyvalente du gymnase. La volonté de l’aménageur était de partager les usages, et d’intégrer l’IME à l’équipement de quartier plutôt que d’en faire un lieu isolé, comme à l’accoutumée. Une opération insolite qui rapproche deux maîtrises d’ouvrage et deux maîtrises d’œuvre en co-conception, ayant travaillé ensemble dès le concours pour produire une réflexion globale et une réponse urbaine unitaire.

Groupe scolaire, institut médico-éducatif et gymnase constituent un ensemble urbain.
Des patios plantés rythment la façade de leurs décrochés, tout en signalant les entrées.
L’école élémentaire est constituée en un bloc longitudinal qui se cale à l’étage au-dessus d’un préau.

Ces équipements ont pour vocation, selon leurs maîtres d’ouvrage, à devenir le cœur du quartier, bien qu’ils se situent sur ses franges. S’appuyant sur les voies de chemin de fer (TGV, TER, trains de marchandises), le long d’un terrain étiré sur 250 m, les équipements créent un front bâti qui vient reconstituer l’alignement sur rue, renvoyant une image unitaire et sobre, sous une seule et même enveloppe constituée de prémurs de béton et d’aluminium anodisé. En proue, accessible à toute heure de la journée depuis le square qui le jalonne, le gymnase dévoile ses activités depuis son rez-de-chaussée vitré, à la fois tampon et lanterne du quartier.

Les salles de classe de l’école maternelle se terminent par des embouts vitrés. Leur succession engendre une enfilade visuelle jusqu’au rails du chemin de fer.
En lisière de la voie ferrée, la cour se divise en deux parties : l’une pour l’école élémentaire, l’autre pour l’école maternelle.
Le couloir de l’école maternelle est agrémenté de bancs et rangements, revêtus de panneaux de bois. Il est éclairé naturellement par les hauts jours des salles de classes qu’il dessert.
Salles de cours maternelles
Salles de cours maternelles
Salles de cours élémentaires

Sous l’apparence unicité, une ville en réduction se dévoile. Des jeux de pleins et de vides, d’avancées et de retraits, rythment la façade de leurs décrochés. Ce profil se transpose en coupe, faisant varier les hauteurs. Prolifère un enchainement de pièces, de patios plantés et de préau, dont les transparences et porosités visuelles invitent à la découverte. Les architectes révèlent l’épaisseur du terrain, par des distributions transversales qui, depuis l’allée principale, emmènent vers l’arrière de ville jusqu’à cadrer sur l’infrastructure ferroviaire. Si le projet se protège des nuisances du chemin de fer, par un long voile de béton augmenté d’un préau et d’une cour ou de vestiaires pour le gymnase, le bâtiment se réconcilie avec le paysage, mi technique, mi naturel, auquel il se raccroche visuellement, par une multitude de percées visuelles.

L’escalier principal reflète à lui seul la matérialité du projet : prémurs de béton isolé, aluminium anodisé, bois blanchi ou grisé.
Depuis l’allée principale, les distributions cadrent le paysage ferroviaire.
Halle du gymnase
La distribution des vestiaires est augmentée d’un long vitrage filant en hauteur ; évocation de la vitesse des trains, selon les architectes.
Les patios plantés dégagent des porosités visuelles qui invitent au cheminement.
Le plafond suspendu de la salle omnisport alterne lame de bois acoustique et luminaire. Ses parois sont aussi revêtues de lames de bois acoustiques.
La lumière naturelle de la salle omnisport est latéralisée, en zénithale et à rez-de-chaussée.
L’ensemble bâti s’installe en limite de ZAC, adossé à la voie ferroviaire.

 

Amélie Luquain

Fiche technique :

Construction du Cœur de Quartier des Tanneries à Lingolsheim. Adresse : 30 – 32 – 34 rue Maria Callas, Lingolsheim. Programme : groupe scolaire (écoles maternelle et élémentaire) et gymnase. Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lingolsheim. Maîtrise d’œuvre : SARL Richter architectes et associés. Architectes associés sur le projet urbain : Aubry Leutier architectes. Superficie : groupe scolaire 3210 m², gymnase 2220 m², total 5410 m². Coût : 10.8 M € HT. Calendrier : concours 2014, livraison juin 2017

Courtesy Richter architectes et associés / Luc Boegly

 

The Influence Charrette : 4 jours restants

The Influence Charrette : 4 jours restants

Le concours The Influence Charrette : Exposition et exploitation des biais de conception, organisé par l’américain Reality Cues, interroge les principes de base de la conception architecturale et les méthodes de représentation. Selon lui, certains préjugés inconscients biaisent les résultats des concours : « les projets qui mettent l’accent sur certains principes de conception comme la répétition et l’échelle sont plus susceptibles de remporter des concours. Les images orientées portrait sont statistiquement plus appréciées par les membres du  jury que les images orientées paysages ». L’objectif du concours est d’approfondir ces constatations, de documenter formellement ces préjugés profondément enracinés et de décrypter les repères visuels et les signifiants qui les déclenchent.

Le concours se déroulera en deux phases. La première consiste à soumettre le visuel « favori » d’un projet, qu’il soit scolaire, professionnel, ou personnel. L’image peut être inédite ou existante. Elle sera soumise au vote du jury et des participants. Il ne s’agira pas de juger des conceptions architecturales, mais bien d’uniformiser les règles du jeu pour se concentrer sur l’influence des visuels, précise l’organisateur. Dans un second temps, les participants et membres du jury prendront tous part à un sondage en ligne anonyme de 20 à 30 minutes sur le processus de vote. Deadline le 15 octobre. Les préjugés, en prendre conscience !

Plus d’information sur Wiin Contest, notre partenaire Appels à projet.

Villes et mémoires : l’espace urbain à l’heure du grand déboulonnage

Villes et mémoires : l’espace urbain à l’heure du grand déboulonnage

Que faire des édifices de l’Italie Fasciste ? – Dakar, mémoires en noir et blanc – Lénine, l’indéboulonnable Vladimir – Camille Mauclair étrille Le Corbusier – l’archi cache-sexe – Porte française ou porte de patio ? – archichoquée aux Tuileries. La revue de presse du 10 octobre 2017 

 

Italie, terre vivante de l’archi-facho ?

Sujet particulièrement sensible outre-Atlantique, la question du démantèlement des statues confédérées occupait les esprits bien avant les dramatiques manifestations de Charlottesville. Elle s’accompagne d’une relecture de l’espace urbain à la lumière de l’histoire qui s’étend désormais à l’ensemble du monde occidental. Spécialisée dans la période fasciste, l’historienne américaine Ruth Ben-Ghiat n’hésite pas à voir dans la permanence des architectures et monuments construits sous Mussolini une indulgence des Italiens envers le fascisme. Évoquant le Palazzo della Civilta, Colisée cubique du quartier de l’EUR, Ben-Ghiat parle « d’un immeuble, qui, en deux mots, est la relique d’une odieuse agression fasciste (contre l’Éthiopie, dont il rappelle l’annexion). Loin d’être rejeté, il est célébré en Italie comme une icône moderne. En 2004, l’État l’a reconnu comme un site d’intérêt culturel ». Le lieu est en partie occupé depuis 2015 par une boutique de la marque de luxe Fendi, alors qu’aux USA, les monuments confédérés sont démantelés, que la France a débaptisé toutes les rues dédiées à Pétain, et que l’Allemagne a voté des lois contre l’apologie du nazisme. Or, selon Ben-Ghiat, si les monuments sont généralement considérés comme de simples objets esthétiques, alors l’extrême droite pourrait endosser leurs laides idéologies sans que personne ne s’en inquiète. « On doute que les employés de Fendi s’inquiètent des origines fascistes du Palazzo de la Civilta quand ils arrivent au travail tous les matins, leurs stilettos battant sur des sols de travertin et marbre, les matériaux préférés du régime ». Le travertin, fasciste lui aussi ?

Via The New Yorker 

Le Palais de la Civilisation italienne, à Rome, bâti sous la direction de Benito Mussolini en 1942, et maintenant le siège de Fendi. Photos par Stephen Bisgrove / Alamy

 

Les Populistes contre le style fasciste ?

Architecte spécialisé dans l’histoire de l’architecture de l’entre-deux-guerre et de l’après-guerre, Fulvio Irace a vivement réagi aux incriminations de l’historienne américaine. Faisant valoir les travaux des historiens donnant depuis 1972 une vision moins manichéenne des bons et mauvais architectes de l’ère fasciste, Irace rappelle que plus d’un demi-siècle d’études historiques a vidé de son sens le terme « d’architecture fasciste », pour le remplacer par architecture rationaliste, monumentale, ou plus simplement architecture de l’entre-deux-guerre. Une pirouette facile ? « L’idée que l’histoire soit une table rase que l’on pourrait redessiner selon les critères du politiquement correct en vigueur est malheureusement devenu la règle des dictateurs et populistes démocratiques en quête de légitimité. Il ne faut pas longtemps pour comprendre que derrière l’article du New Yorker se cache la énième version du principe funeste d’exportation de la démocratie, qui a créé tant de désastres dans les consciences et la géopolitique de ce siècle ». Fulvio voulait surement dire «universalisme».

Via Il Sole 24 Ore 

 

Dakar, coloniale ou métisse?

En imaginant que l’expulsion des symboles pétainistes hors de l’espace public avait suffi à pacifier les villes Françaises, Ruth Ben-Ghiat avait fait preuve d’un bel optimisme. Car ce sont maintenant d’autres chapitres de l’histoire qui sont sur la sellette, comme la mémoire du colonialisme et de l’esclavagisme. La question se pose chez les colonisateurs comme dans les pays colonisés, à travers l’architecture. En témoigne l’architecte Xavier Ricou, qui s’intéresse au patrimoine architectural de Dakar. Sa page Facebook « Senegalmetis » a été vue par certains comme une « sublimation du colon et la nostalgie de son administration ». L’intéressé s’en explique dans les colonnes du “Soleil”. « Pour la question sensible du rejet du colonialisme, moi je comprends bien la revendication politique et l’idée de vouloir repartir sur nos propres bases. Sauf qu’il faut nuancer tout cela. L’histoire coloniale n’est pas monolithique, elle a duré plusieurs siècles. (…) Il y a eu un réel métissage culturel. Ensuite, je considère que c’est important de savoir d’où l’on vient.  Nous sommes constitués de petits morceaux d’histoire et si on le comprend, on peut facilement savoir comment agir et aller de l’avant. Prenons l’exemple de la statue de Faidherbe. Une telle statue qui tombe, que ce soit là-bas ou au musée, elle doit bien être remise quelque part. Elle fait partie de notre histoire. Faidherbe était un gouverneur important qui a fait basculer le Sénégal d’un comptoir économique à une colonie, a créé Dakar et a mis en place énormément de réformes. À côté, il a massacré énormément de gens et commis de graves exactions. Tous ces paramètres doivent être pris en compte ensemble pour mieux étudier notre histoire et se l’approprier. Ce qui est regrettable maintenant, c’est que la plupart de ceux qui soulèvent ces combats réagissent de manière brutale et épidermique sans avoir le background historique nécessaire». L’espace urbain, territoire piégée des luttes de l’histoire et de la mémoire.

Via Le Soleil 

 

Heureux comme Lénine en Russie

L’hebdomadaire « Courrier international » fait le tour de ces nombreux affrontements mémoriels, qui sont loin de concerner, comme nous l’avons vu, le seul fascisme italien. Son dossier montre « un passé qui dérange » aux USA, en France (Colonialisme, passé vichyste, guerre d’Algérie), en Afrique du Sud (Apartheid), symboles communistes en Pologne, etc. Une infographie nous apprend que des 5 500 statues de Lénine recensées en Ukraine en 1991, seules 900 sont encore debout. En Russie, sur la même période, il reste 6 000 des 7 000 statues de l’homme de la Léna. Moscou en possède 182, Saint-Petersbourg (ex-Leningrad) 77, Krasnodar 21 et Kazan 18. Vladimir Illitch, AKA l’indéboulonnable !

«Ma nuit au mausolée», Courrier International, n°1405, 5-11 octobre 2017

 

Haro sur le béton

«Puisque lon rouvre la foire à la mémoire, pourquoi ne pas ressortir un pamphlet anti-corbuséen de derrière les fagots?» s’est-on sans doute dit au Figaro en exhumant un article écrit en avril 1933 par l’un de ses critiques phares, Camille Mauclair. Parmi les architectes modernes — qu’il baptisait utilitecte — déchaînant son ire, Mauclair réservait un traitement particulier au maître franco-suisse « Mais si les ouvrages sont humbles, les manifestes sont très arrogants. J’ai cité ici des passages des prophéties délirantes de l’utilitecte suisse Jeanneret, dont le pseudonyme Le Corbusier signifie destructeur de corbeaux, et qui passe pour génial chez les snobs et les bolchévisants, alors que les professionnels sérieux le tiennent pour un primaire échauffé ».  Pour Mauclair, rappelle le chroniqueur du Figaro de 2017, « le style particulièrement dépouillé du moment s’apparente à du nudisme. Un courant qui “a pu être une réaction naturelle contre le style nouille de 1900, écrit-il. Mais, avec ses machines à habiter, il inflige à nos yeux une laideur non moindre. Nous ne rejetterons jamais trop énergiquement la tristesse des maisons cellulaires et désarmées, l’hérésie de la bâtisse internationale pour termites humains, et cette cimentolâtrie qui ose décréter, au profit d’un matériau contestable et d’une carence du style, l’abandon de l’ornement et de la pierre de France”». Dures paroles entre deux futurs soutiens du gouvernement de Vichy, un architecte opportuniste et un plumitif antisémite convaincu. En plein devoir de mémoire, Le Figaro oublie de rappeler ce trait biographique de son ancienne plume vedette.

Via Boursorama 

 

Derrière la « French door »

Dans les «mac mansions», imposantes villas de la classe moyenne supérieure aux USA, on les appelle les « French Doors », doubles portes vitrées flanquées de deux pans fixes. Viennent-elles vraiment du cher pays de notre enfance ? « Comme beaucoup d’éléments d’architecture de la Renaissance, les portes-fenêtres à la française se sont propagées d’abord en Grande-Bretagne puis aux États-Unis, et notamment à New York dans les maisons bourgeoises. Ce sont ces mêmes riches propriétaires qui, au début du XXe siècle, vont transformer leurs “French doors” classiques en vitraux colorés aux motifs végétaux ou animaliers, très recherchés aujourd’hui », explique le webmagazine Frenchmorning. Selon l’architecte Elizabeth Maletz, architecte qui a rénové de nombreux brownstones, immeubles traditionnels new-yorkais, « les Américains continuent d’appeler les portes-fenêtres French doors par snobisme, parce que le terme français fait bien. C’est du vocabulaire d’agent immobilier, les autres personnes diraient plutôt ‘patio doors’ ». Et pourraient bien se voir rebaptiser « Patriot doors », dans l’éventualité d’une attaque américaine en Corée du Nord dont la France se désolidariserait.

Via Frenchmorning 

 

Archiporn

« La proposition de démolir ces édifices (de l’Italie fasciste) est aussi puérile et simplificatrice que fallacieuse, écrit Irace contrant le New York Times. Certes, depuis la guerre, les monuments ont été nettoyés par l’érosion des symboles les plus évidents du Fascio, des licteurs et des dédicaces au Duce. Mais personne ne rêva de les démolir, ne serait-ce que pour le coût social et économique de l’opération ». (voir plus haut) Au XXIe siècle, il y a bien d’autres méthodes pour cacher ce qu’on ne serait voir. Fan d’érotisme et d’architecture « Giulia en avait un peu marre de cette censure omniprésente (sur les réseaux sociaux dont Instagram) et cette artiste originaire de Brooklyn a donc eu une idée plutôt originale : réaliser des collages en mêlant des photos hautement pornographiques à des monuments et des créations architecturales ». Le résultat diffusé sur le compte Scientwehst est surprenant, et inaugure une nouvelle manière d’appréhender l’histoire de l’architecture.

Via Fredzone 

[masterslider id= »181″]

 

Domestikator 2

Jean-Luc Martinez, président du Musée du Louvre, n’exposera pas de l’Archiporn de si tôt. Il vient de refuser l’installation dans les jardins des tuileries de Domestikator, une sculpture habitable représentant des maisons de 12 mètres de haut en plein ébats sexuels. L’œuvre du hollandais Joep Van Lieshout créé pour le festival de Bochum en 2015 devait être remontée à Paris à l’occasion de la FIAC. Joep est dépité «Il n’y a rien de bestial dans le Domestikator. Mon propos, c’est comment les hommes domestiquent la planète, comment ils peuvent aussi l’améliorer» a-t-il confié dans la presse, affirmant que « la pièce elle-même n’est pas très explicite. Cela reste une forme très abstraite. Il n’y a pas de parties génitales dévoilées : c’est assez innocent». Jean-Luc Martinez se montre fermé à cette nouvelle forme de l’habitat urbain « des légendes sur Internet circulent et attribuent à cette œuvre une vision trop brutale qui risque d’être mal perçue par notre public traditionnel du jardin des Tuileries ». Public prude qui vient à peine de s’habituer aux bronzes de Maillol : il ne faudrait pas le brusquer, de crainte qu’il ne se mette lui aussi à déboulonner à tout va !

Via Konbini 

 

Olivier Namias

Le sommet mondial du design de Montréal : le congrès

Le sommet mondial du design de Montréal : le congrès

Le premier sommet mondial du design qui se tiendra à Montréal pour 10 jours, du 16 au 25 octobre 2017, a lancé 108 sujets de débats pour aider à encadrer les discussions et générer des propositions et des solutions aux défis mondiaux.

Ils sont regroupés en 6 thèmes interdisciplinaires principaux : le design et la terre, la participation, la transformation, la beauté, la vente, les extrêmes. Seront interrogées les questions de densité, d’infrastructures vertes, de résilience, d’action collective, de patrimoine, d’architecture éphémère et bien d’autres sujets passionnants.

Ce congrès annonce 3500 professionnels, 500 conférenciers experts, 108 sujets provocateurs et 35 conférenciers vedettes. Parmi eux, seront présents :

Alejandro Aravena, Elemental (Chili), Moshe Safdie, Safdie Architects (Canada), et Phyllis Lambert, Centre Canadien d’Architecture (Canada), mais aussi Jan Gehl, Gehl Architects (Danemark), Ruedi Baur, Intégral (France), Dirk Sijmons, H+N+S Landscape Architects (Pays-Bas), Claude Cormier, Claude Cormier + Associés (Canada), Jean Blaise, Le voyage à Nantes (France) et bien d’autres.

4 nouvelles séries de portes coulissantes et battantes Profiltek

Contenu sponsorisé

 

L’entreprise espagnole Profiltek, spécialisée dans les parois de salle de bains sur-mesure depuis 28 ans, propose à son catalogue 4 nouvelles séries de portes coulissantes et battantes : «  Hit », « Take », « Gloss », « Chloé ».

 

En plus de profilés argent haute brillance et d’une fermeture progressive, les parois coulissantes Hit se distinguent par un système de libération du panneau coulissant : une simple pression du doigt sur un bouton situé sur le panneau coulissant permet de libérer ce dernier qui se rabat alors vers la partie intérieure de la cabine de douche, sans démontage. Le système de libération facilite ainsi grandement le nettoyage. Verre 6mm, disponible en dix modèles (6 pour cabines de douche et 4 pour baignoires). Entre 230 et 1330 €

HIT
HIT

La série Take propose des parois composées de 2 ou 3 panneaux coulissants. L’installation est d’autant plus rapide qu’elle se monte en niche, ne nécessitant aucune opération de perçage. Fermeture magnétique pour façades et joint contact pour fixe latéral. Verre 6 mm, disponible en 6 modèles.

GLOSS

Les séries Gloss et Chloé sont toutes deux composées de parois avec portes battantes, ouvrable depuis l’extérieur ou l’intérieur, et de fermeture magnétique avec aimant inséré. Disponible chacune en 12 modèles. Gloss se distingue par un dispositif de charnières conçu pour un nettoyage facile et par son verre de sécurité pouvant aller jusqu’à 10 mm d’épaisseur, contre 8 mm habituellement. Chloé propose des parois de douche et de baignoire réversibles.

CHLOE

Si chacune de ces séries se distinguent par des éléments différenciants, chacun de leurs verres sont traités avec la technologie Teknoclean : ce système intelligent, basé sur la nanotechnologie, forme une pellicule protectrice contre le calcaire.

En parallèle, le process d’impression sur verre Imagik s’enrichit d’une nouvelle collection baptisée « Texture », proposant 8 décors. En plus de 3 nouveaux coloris : anthracite, moka et ciment. Egalement, « Italic », « Malla » et « Regular » viennent étoffer les 16 motifs existants de la collection de sablage sur verre « Forever ».

Imagik Texture
Imagik Forever

 

Periphériques et Terreal reçoivent le prix Duo@Work

Periphériques et Terreal reçoivent le prix Duo@Work

La proclamation des résultats de la 4ème édition du Prix Duo@Work a eu lieu le 21 septembre 2017 lors de la cérémonie d’inauguration de la 10ème édition du salon Architect@Work* à Paris. Ce prix distingue une démarche concertée exemplaire entre un architecte et un industriel.
Les membres du jury ont le plaisir d’annoncer la remise du prix Duo@Work 2017 au duo architecte/industriel PERIPHERIQUES et TERREAL pour un projet de résidence sociale à Paris.

 

Découvrez le projet sur archicree.com, rubrique Matières :