Les globes : d’un univers céleste à l’ère de l’anthropocène

« Je ne pensais pas que les sphères, ou les globes, seraient d’une certaine manière d’actualité » introduit Yann Rocher, commissaire de l’exposition Globes : Architectures et sciences explorent le monde, présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine jusqu’au 26 mars 2018. Aux Emirats arabes unis, fleurissent une série de bâtiments sphériques, à l’instar de la coupole du Louvre d’Abou Dhabi. Pendant ce temps, à Seattle, le géant Amazon achève la construction de son siège : une imbrication de sphères translucides, imaginées par les architectes Herzog & De Meuron. Quand à Paris, candidate pour l’Exposition universelle de 2025, elle présente dans son « Village global », avec les dessins de Jacques Ferrier et Manuelle Gautrand, un globe de 127 m de diamètre, c’est-à-dire ni plus ni moins la dimension de la Terre à l’échelle du 1/100 000e. De quoi faire rougir la Tour Eiffel. Pour autant, ce n’est pas ce qui a poussé l’architecte et enseignant Yann Rocher dans ses recherches. En 2007, il est pris d’intérêt pour la salle de concert idéale de Karlheinz Stockhausen, un projet utopique composé d’une série de sphère tournante. Interpelé, il s’interroge sur l’existence d’autres exemples d’architecture se référant au corps céleste. Il débute alors l’écriture d’une histoire, au carrefour de plusieurs disciplines, dans laquelle les dispositifs architecturaux sont éclairés par la géographie et l’astronomie. « On a tenté de construire une narration autour des projets pour s’inscrire contre une tendance assez forte de grandes monographies, mais plutôt valoriser une multitude de personnages et regarder les interactions. Il s’agit de mettre le public dans un état de compréhension de l’architecture et non de contemplation » explique le commissaire. Les 160 m de long de la galerie d’exposition sont exploités comme support d’une chronologie historique aux 90 projets présentés, répartis dans une quinzaine de thèmes énoncés sur des tables d’orientation dessinées par les graphistes DUO FLUO. Aux côtés des archives, sont fabriqués des documents inédits, comme des maquettes en impression 3D réalisées par Erpro & Sprint. Elles participent de l’idée que le chercheur propose une deuxième lecture des projets, qu’il tisse un imaginaire autour.

 

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Francesco Piranesi, Pantheum (Panthéon), Raccolta de’ tempj antichi, vol 3, 1780 © Universiteitsbibliotheek Gent

La coupole, prémice du globe

L’exposition commence par trois projets antiques, non pas des globes mais des coupoles, dont les thématiques se rattachent fortement à celle du cosmos. L’une des premières mentions de coupole en Occident concerne la Volière de Varron (1er siècle av. J.C.). Dans son traité, il raconte qu’il faut traverser toute une esplanade avant d’arriver sous une coupole. Y sont représentées deux étoiles qui correspondent à la seule Vénus, visible au lever et au coucher du Soleil. Il ajoute que les mouvements de ces astres indiquent les heures sur le pourtour de la coupole, et qu’une girouette renseigne sur la direction des vents. Autre projet, la Maison Dorée de l’empereur Néron (64-68). L’archéologue Françoise Villedieu vient très certainement de mettre la main sur « la principale salle à manger qui était ronde et tournait sur elle-même, jour et nuit, en imitant le mouvement de la Terre », selon les dire de Suétone. Ici, c’est le monde qui tourne autour de l’empereur, affirmant son pouvoir sur le cosmos tel un démiurge. Troisième projet, et non des moins célèbre, le Panthéon de Rome par Hadrien bâti vers l’an 125. Longtemps appelé le temple sphérique, il souligne la tension entre deux hémisphères : l’un matériel, orienté vers le ciel, perforé d’un oculus ; l’autre abstrait, lisible en proportion derrière les colonnades.

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Etienne-Louis Boullée, projet de cénotaphe de Newton, coupe ©BNF, Estampes et photographie

 

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Géorama, paru dans L’illustration, 1846 ©D.R.

La sphère inventée

Selon Yann Rocher, l’acte de naissance du globe n’arrive que bien plus tardivement. En géographie, il correspondrait à la construction du Gottofer Globus pour un prince allemand en 1664, par le savant Adam Olearius. Ce globe est le premier dont les entrailles peuvent être visitées, le premier de cette taille à être rotatif, à l’oblique et à cumuler les représentations terrestres sur sa peau extérieur et célestes à l’intérieur. En architecture, c’est l’historien Jean-Marie Pérouse de Montclos qui, dans ses recherches sur la révolution française, émet une belle hypothèse. L’invention de la sphère pourrait venir d’un certain Pierre de la Ruette, dit de Beaumesnil.  Le comédien et archéologue abreuve l’Académie des inscriptions et belles-lettres de trouvailles archéologiques, parfois authentiques et parfois douteuses. La plus osée d’entre elles est assurément un temple sphérique qu’il prétend avoir visité en 1747, et que des bergers auraient découvert fortuitement à Limoges quelques années plus tôt. La sphère souterraine de plus de 14 m de diamètre serait taillée à même la roche. « Ce temple inventé au sens archéologique comme au sens premier, excite l’imagination. Peut-être s’agit-il d’une des premières architectures sphériques, ancienne ou moderne ? Voire, comme le démontre scrupuleusement l’historien Jean-Marie Pérouse de Montclos, le modèle d’un autre inventeur de sphère : Etienne-Louis Boullée » indique le catalogue. Se positionnant lui-même comme l’inventeur de la sphère, l’auteur du Cénotaphe de Newton ouvre, avec ses élèves, un florilège de sphères incroyable durant la période révolutionnaire, une époque où il faut trouver de nouvelles formes pour les temples de la république.

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Monumento colosal en memoria de Cristobal Colon, Chicago et Paris, Scientific American (detail), 1890 ©D.R.

 

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Elisée Reclus, Globe terrestre pour l’Exposition universelle de Paris, 1900. Coupe ©SIAF-CAPA-Archives d’architecture du XXe siècle Fonds Bonnier

Des globes à la foire

A la fin du XVIIIe siècle, s’opère un nouveau renversement. S’il s’agit du siècle des panorama, en géographie, on parlera de celui des géoramas.  En 1833, Charles Delanglard dépose un brevet pour une « machine à l’aide de laquelle on embrasse presque d’un seul coup d’œil toute la surface de la terre », qu’il appelle Géorama. La mappemonde est représentée sur la face intérieur de la sphère de 13 m de diamètre, sur une toile translucide peinte à la main et rétroéclairée par la lumière du jour. Au centre, le spectateur est invité à se tenir sur une plateforme pour observer la carte. Ce modèle immersif permet de mettre en relation optique des points habituellement distancés. Le Géorama de Guérin, dessiné par Hittorf en 1849, propose une autre adresse parisienne au pied des Champs Elysées. L’expérience est ici poussée jusqu’à la réinterprétation d’un théâtre classique. Le globe devient un instrument de loisirs urbains.

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Aerial Globe et Globe tower, Saint Louis World’s Fair et Coney Island, 1901-1908 ©D.R.

 

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Alex Schomburg, couverture de Science-fiction plus, n°2, 1953 ©D.R.

La tour et le globe

L’attrait pour ces constructions sphériques ne fera que s’accroitre, notamment lors des Expositions universelles qui sont l’occasion de tester ces structures. Exemple marquant, celui de Villard et Cotard qui, pour l’Expo de 1889, conçoivent un globe terrestre au millionième sur le Champs de Mars. Mais 1889, c’est aussi l’année de la Tour Eiffel. En couverture du Scientific American d’octobre 1890, où il s’agit de défier une Dame de fer ayant « réveillé l’orgueil des nations », le Monument colossal en mémoire de Christophe Colomb que l’architecte espagnol de Palacio formente pour Chicago a tout d’un mastodonte ovoïde posé un sur un piédestal de fer. Désirant surpasser la tour parisienne, l’architecte affecte un diamètre de 300 m rien qu’au globe lui-même. Même si le globe se veut de plus en plus grand, assumant ses capacités volumétriques jusqu’à engloutir l’exposition toute entière dans ses entrailles, la persistance psychologique de l’aiguille de fer ne s’efface pas. Elle s’accroche au globe, l’encadre, l’enserre, l’étreint même. Le Globe Tower de Coney Island, dont Koolhaas ébauche une explication dans New York Delire, marque la rencontre archétypale entre une sphère et une tour, exprimant la capacité de s’élever vers le ciel tout en contenant les fonctions, à nouveau de loisirs urbains, comme une scène de spectacle, un auditorium et un café rotatif.

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Pavillon des USA pour l’Expo universelle de Montréal, R.Buckminster Fuller,S.Sadao,P.Chermaye,T.Rankie,I.Chemaye,1967 ©Estate of Buckminster Fuller

 

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Nuke Proof Manhattan, dessin de Jean Lagarrigue, Esquire, 1969 ©D.R.

De l’anti-figuration au Space Age

Durant l’entre-deux guerres, le globe se fait discret. Les avant-gardistes suppriment toute figuration dans leur ouvrage. Pour autant, des personnalités comme Bruno Taut, qui participent à repenser les bases de la société qu’ils considèrent comme corrompue, s’inspirent de la nature ; non pas une nature atteignable par l’homme, mais l’ailleurs, le cosmos jusqu’à dessiné en 1920 ce qu’il nomme une « Cathédrale-Etoile ». Dans les années 50, la sphère s’inscrit notamment dans un cadre géopolitique. Structure géodésique et construction gonflable répondent aux attentes des militaires : légèreté et modularité. Les dômes géodésiques atteignent des sommets sous l’égide de Buckminster Fuller, lors de la conception du pavillon des Etats-Unis pour l’Expo 67 de Montréal. Dans les années 70, c’est au travers de la science-fiction que le globe fait son grand retour.  C’est l’époque du Space Age et de la conquête de l’espace, dont l’exemple le plus éminent est la saga de George Lucas, Star Wars et l’Etoile de la mort. Superstudio n’échappe pas à la fascination pour la conquête spatiale. Avec leur mode de représentations atypiques, les architectes radicaux italiens préparent en 1970 un court-métrage, Architettura Interplanetaria, en réaction à la « frustration de l’architecture terrestre » avant d’aboutir à une « géographie exceptionnelle ».

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Architettura Interplanetaria, Superstudio ©D.R.

Anti-globe VS Anthropocène

Dans les alcôves de la galerie d’exposition, sont présentés des travaux d’une série de contemporains, de James Turell jusqu’à Bryan Beaulieu. On y trouve un projet peu connu de Rem Koolhaas et de son partenaire Reinier de Graff : un centre des congrès et d’exposition aux Emirats arabes unis. La sphère est évidée par des sphères, manifeste de l’intérêt permanent de Koolhaas pour la conception d’un volume à l’intérieur d’un autre.

L’exposition se termine par deux avis contraires. Celui de Bruno Latour, dont la contribution au catalogue se fait par un texte intitulé Anti-Globe. Pour lui les globes sont trompeurs, ils sont des formes qu’on ne voit jamais réellement. Il met en doute leur capacité à représenter l’environnement, et en appelle à d’autres formes de représentation.  Face à lui, les travaux de l’ingénieur américain Bryan Beaulieu qui, dénonçant l’impact énergétique et climatique, a suggéré la création participative d’un globe au 1/1 000 000, dont les différentes facettes triangulées furent assemblées par des scolaires de l’université de Mineapolis. L’opération, qui a mobilisé 11 000 enfants, fut un succès. « Beaulieu se met ensuite à penser dix fois plus grand :  puisque Reclus a échoué un siècle plus tôt à façonner une terre au 1/100 000, pourquoi ne pas imaginer un projet à la même échelle dans le désert de l’Arizona » indique le catalogue. A l’été 2017, alors que sa maquette animée a traversé l’Atlantique pour être exposée à la Cité de l’architecture et du patrimoine, le Great Globe Project est plus que jamais d’actualité. Dernier projet en date, l’esquisse de Jacques Ferrier et de Manuelle Gautrand pour la candidature de Paris à l’exposition universelle de 2025 ; un globe « pas très instruit par cette histoire-là », commente Yann Rocher, qui invitent les architectes à venir regarder l’exposition. Faut-il remettre les pieds sur terre ?

 

Amélie Luquain

La station Plaza CoFuFun de Nendo : folies et fabriques ferroviaires

La station Plaza CoFuFun de Nendo : folies et fabriques ferroviaires

Au Japon, à Tenri, le designer Nendo réaménage un parking de 6000 m2 en un espace ouvert accueillant des activités mixtes au sein d’édicules de béton.

L’histoire urbaine du Japon moderne doit beaucoup aux chemins de fer. Dans les grandes villes de l’archipel, les compagnies ferroviaires se sont faites aménageurs, construisant parc d’attractions, terrains de sport, quartiers d’habitations avec le cas échéant leurs réseaux d’autobus.  La concentration des constructions autour des gares inspire aujourd’hui les aménagements en Occident, comme ceux du grand Paris, par exemple. Moins inspirant, l’urbain sans urbanité de nombreuses villes japonaises, résultat d’épisode de modernisation rapide à différentes époques, notamment dans le Japon en pleine expansion économique des années 60. Une ville chaotique qui peut avoir son charme, mais que l’on essaye depuis quelques années de rendre plus agréable pour ses habitants. Né d’une initiative communale, le réaménagement des abords de la Gare de Tenri, près de Nara, rappelle des projets de récupération urbaine … Olivier Namias

Retrouvez l’intégralité du reportage dans le numéro 383 d’Architectures CREE

 

Image à la une : © Takumi Ota

Rétro : L’Europe des métropoles en quête d’image 

Rétro : L’Europe des métropoles en quête d’image 

En construisant une antenne du Louvre à Abou Dhabi, c’est une image d’ouverture que l’Emirat souhaite donner au monde. Déjà en 1989, lorsqu’I.M. Pei conçoit la pyramide du Louvre, les villes européennes cherchaient à asseoir leur identité et valoriser leur image à l’aide de grands projets urbains centrés autour de signes architecturaux majeurs confiés à des stars internationales. A se demander si cette boulimie architecturale obéit à une autre logique que la surenchère médiatique. La signature en vient à être un élément décisif du projet, en tant qu’elle participe à une stratégie de marketing urbain – voire politicien. Architectures CREE revient sur son numéro de Juin / Juillet 1989, « L’Europe des métropoles en quête d’image », avec un article signé Jean-Pierre Le Dantec : « Si 1989 nous invite à méditer, avec Michel Vernes, sur les Pré-Révolutionnaires et sur l’essence commémorative de toute Architecture, l’échéance de 1992, elle, somme les architectes de célébrer sans retard et sans état d’âme le boom économique des villes. En prélude au dossier qu’Archi-Créé consacre à ces Grands Projets d’Europe, Jean-Pierre Le Dantec s’interroge : suffirait-il de réunir de grands programmes et de grands créateurs pour créer une « Renaissance des Villes » ? Quel rôle devraient jouer les architectes, dans des stratégies urbaines dont le ressort est avant tout économique ? Ces architectes sont-ils assez lucides, devant un phénomène de médiatisation des projets qui coupe le contact avec la ville, et n’est qu’un lointain avatar de la Célébration ? »

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CREE 230, Juin / Juillet 1989, L’Europe des métropoles en quête d’image

Téléchargez la version PDF L’europe des villes en mal d’images

Les plans du Louvre Abou Dhabi par Jean Nouvel

Le plan, outil de projet et de lecture universelle, est inséparable de la production de l’architecte. Architectures CREE publie des carnets de plans dans ses numéros. Chaque semaine, la rédaction a décidé de compléter sa rubrique en vous faisant découvrir ou redécouvrir l’ensemble des plans d’un même et unique projet. 

Le Louvre Abou Dhabi conçu par l’architecte français Jean Nouvel a été inauguré ce mois-ci. Constituant une presqu’île artificielle à lui seul, il oppose des éléments géométriques distincts : une multitude de pavillons parallélépipédiques enveloppés sous un unique dôme métallique.

 

 

Courtesy Jean Nouvel

ABB-free@home  : solution pour une maison connectée

ABB-free@home : solution pour une maison connectée

Partenariats

ABB-free@home est l’une des solutions Living Space d’ABB, spécialiste des technologies domotiques pour les maisons connectées. Reliée au portail myABB-livingspace.com, elle est simple de paramétrage, d’installation et d’utilisation. Elle est complétée d’une application gratuite dont l’interface utilisateur peut être utilisé via le navigateur Internet ainsi que les smartphones et tablettes.

ABB-free@home propose d’interconnecter l’ensemble des applications de la maison. Les ressources de la maison (éclairages, chauffage, climatisation) et ses équipements (d’interphonie, de sécurité et objets connectés) peuvent être paramétrées et interconnectées dans des scènes de vie quotidienne. L’écran tactile ABB-free@home Touch suffit à lancer un scénario d’ambiance.

– l’ouverture et la fermeture des volets roulants, des brise-soleils ou des stores se pilotent par des commandes murales. Ils peuvent être reliés à une centrale météo ou à la fonction « astro ».

– les éclairages peuvent être gérés pièce par pièce ou simultanément, grâce aux variateurs et détecteurs de mouvement.

– la température peut être programmée selon l’heure du jour et la fonction de la pièce.

– en terme d’interphonie, le portier vidéo ABB-Welcome, associé à son application mobile et la Passerelle IP, permet de recevoir les appels de la platine de rue directement sur mobiles et tablettes. L’image de la caméra est envoyée sur tous les écrans pour communiquer avec les visiteurs et leur donner ou non l’accès au domicile, où que l’on soit.

– la vidéo surveillance est assurée par des capteurs, qui alerte par mails ou notifications push.

– les objets connectés (enceintes, éclairages, commandes vocales…) peuvent être intégrés dans les scénarios.

 

Détecteurs de mouvements, boutons poussoirs 2 touches, 4 touches, et thermostats sont disponibles dans les gammes d’appareillage Future Linear et Zenit.  La première se veut minimaliste, aux lignes épurées, mariant noirs et blancs, se déclinant du mat au brillant. Pour la seconde, l’accent a été mis sur le travail des matières, telles que l’acier inoxydable, le bois, l’ardoise ou encore le verre.

Pour le lancement de sa solution ABB-free@home, le fabricant a opté pour l’esplanade de BATIMAT. Son camion customisé d’une surface « habitable » de 70 m2, transportant la maison connectée ABB-free@home, comprend à son bord des professionnels qui nous expliquent l’ambition de cette technologie domotique. En images : 

 

Neolith + Pureti : façades autonettoyantes et purificatrices d’air

Neolith + Pureti : façades autonettoyantes et purificatrices d’air

Contenu sponsorisé

 

Neolith by TheSize a conclu un nouveau partenariat avec Pureti, principal fabricant de solutions photocatalytiques d’entretien préventif, pour des façades autonettoyantes et purificatrices d’air.

Pureti est un traitement à base d’eau et de nanoparticules de dioxyde de titane pulvérisé sur les dalles Neolith pour créer un effet photocatalytique. Ce traitement assure un auto-nettoyage constant des façades, tout en réduisant les agents polluants et en améliorant donc la qualité de l’air. 4 m2 de Neolith+ Pureti ont le même effet de décontamination que de planter un arbre ou de retirer une voiture de la circulation. Installer les façades Neolith+ Pureti, c’est planter des jardins verticaux dans les villes.

 

Les façades, rendues autonettoyantes et purificatrices d’air, sont la résultante de deux processus fondamentaux : la PHOTOCATALYSE et la SUPERHYDROPHILIE. Lorsque la surface entre en contact avec la lumière du soleil (ou avec certaines lumières LED), les particules de dioxyde de titane sont activées. Celles-ci utilisent l’énergie lumineuse pour transformer l’humidité de l’air en agents oxydants, qui détruisent les particules de dioxyde d’azote et les agents polluants en les transformant en vapeur d’eau et sel. Ce processus, appelé PHOTOCATALYSE, est répété des millions de fois par seconde, jusqu’à ce que tous les polluants soient détruits. La surface s’auto-nettoie donc constamment. L’action du traitement est complétée par la SUPERHYDROPHILIE. L’eau se répand sur la surface de manière uniforme lorsqu’il pleut, permettant ainsi d’entraîner et d’éliminer les particules de saletés restantes. Ainsi, la surface est entièrement nettoyée et exempte de marques d’eau. Ce partenariat s’inscrit dans les objectifs de l’UE de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (par rapport aux niveaux de 1990) en 2020.

 

Certification NSF et obtention de points LEED.

Le Louvre Abou Dhabi : la revue de presse du 15 novembre 2017

Le Louvre Abou Dhabi : la revue de presse du 15 novembre 2017

Le musée le plus connu au monde semble repositionner la capitale des Emirats arabes unis (EAU) face à sa consœur Dubaï. L’antenne du Louvre à Abou Dhabi, attendue depuis 10 ans, a été inaugurée en grande pompe ce 8 novembre, par Emmanuel Macron et les Emirs. Ce ne sont pas moins de 400 journalistes du monde entier qui ont été accueillis en avant-première, avant l’ouverture au public le 11 novembre dernier. « Si vous êtes aussi nombreux, c’est parce qu’il se joue ici quelque chose d’unique, d’exceptionnel, qui intéresse l’ensemble de l’humanité et marquera l’histoire des musées », a commenté Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre. Comme un symbole, la pyramide du Louvre conçue par Pei à Paris en 1989 entre en résonne avec le dôme du « musée de sable » de Jean Nouvel, bâti sur l’île de Saadiyat, en français « l’île du bonheur ». Certainement l’une des réussites majeures de l’architecte star français, le musée a fait la couverture de toute la presse ces derniers jours. Mais alors, qu’en disent les médias ?

© Roland Halbe

 

 

Record-dôme

 « Pour moi, la grande architecture arabe, c’est une géométrie des lumières » énonce Jean Nouvel. Une immense coupole surbaissée dilue une pluie de lumière sur les fragments d’une architecture blanche, celle d’une médina arabe. De quoi battre des records sous des airs de poésie : « un dôme d’acier de 180 mètres de diamètre culmine à 40 mètres, son poids total de 7 500 tonnes avoisine celui de la tour Eiffel ; 10 000 éléments, pré assemblés en 85 autres, pesant chacun près de 50 tonnes, forment un plafond de près de 8 000 étoiles de métal dont la superposition, sous les soleils les plus durs, ne laisse passer que 1,8 % de la lumière extérieure, créant une fine pluie de rayons blancs, comme ceux qui, dans les oasis, filtrent au travers des palmiers. » La gigantesque voute recouvre 55 bâtiments blancs séparé par des avenues et des rues soit les 64 000 m² de la « cité-musée », selon les termes de Nouvel. 26 d’entre eux abriteront les collections permanentes, soit 6400 m² d’espaces dédiés, 2000 pour les expositions temporaires, 200 pour le musée des enfants. Et aussi « un bel auditorium, un restaurant très Nouvel et un café qui l’est tout autant. »

Via Le Monde

 

 

Passoire en majesté

Si nombreux sont ceux qui pensent qu’il est l’un des plus beaux projets du Pritzker septuagénaire de ces dix dernières années, d’autres sont plus réservés, évoquant « une passoire renversée sur la plage » qui « ne donne pas grand-chose de l’extérieur ». « Un groupe de blocs blancs s’étend sous la grande coupole comme des cubes de sucre éparpillés. Comparé aux tours de verre miroir criardes de la corniche du front de mer de la ville, ce palais culturel de plusieurs millions de livres semble presque modeste. » Ce qui pourrait être une qualité.

Via The Guardian

 

 

L’ombre de Nouvel

Une modestie qui nous rappelle celle d’« Hala Wardé, l’autre architecte du Louvre Abu Dhabi », Le monde dresse le portrait de cette femme discrète, dont la seule fierté est celle du travail bien fait. La libanaise s’est installée sur place pour consacrer dix ans de sa vie au projet de l’Emirat. Longtemps dans l’ombre de Jean Nouvel,  elle est son ancienne élève, devenue l’une des huit « architectes partenaires » de ses ateliers. « Quand tu sors de l’école, viens me voir ! », lui avait lancé Jean Nouvel. « C’est normal, c’était ma meilleure élève, la plus vive et volontaire », a confié la star. « Pour conduire le chantier, Hala Wardé fonde sa propre agence en 2008, marque d’indépendance acceptée. » Originaire de Beyrouth, « elle va construire le BeMA, Beirut Museum of Art, une institution d’art moderne et contemporain dont elle a gagné le concours, en solo cette fois, en 2016. »

Via Le Monde

 

 

#architectureporn

Mais dans les Emirats, la modestie ne semble pas chose acquise pour tous. « C’était une destination prestigieuse, destinée à attirer les visiteurs avec un cachet culturel, dans la compétition permanente avec son voisin plus glamour, Dubaï. A côté des hectares de villas luxueuses et de terrains de golf (qui furent les premières choses à être construites), il devait y avoir un nouveau musée Guggenheim gargantuesque de Frank Gehry, sept fois plus grand que sa maison mère new-yorkaise, conçue comme un tas de cônes tourbillonnant. » lance The Guardian. Il devait être rejoint par le Sheikh Zayed National Museum de Norman Foster, sous la forme d’une aile de faucon de course (en l’honneur du passe-temps préféré du cheikh), un musée maritime de Tadao Ando, sous la forme d’une voûte angulaire s’élevant de la mer, et un centre des arts du spectacle de feu Zaha Hadid, modelé sur un enchevêtrement tordu d’ectoplasmes. Si aucun d’entre eux n’a encore pris racine, les megalo-architectures de ces cinq grands architectes internationaux, tous lauréats du Pritzker, formeront ainsi les principales « attractions » architecturales de ce pôle culturel.

Via The Guardian

 

 

Ile du melon

Un pôle qui ne prend pas place au cœur de la capitale des Emirats arabes unis, mais juste en face donc, sur l’île artificielle Saadiyat – en français : l’île du Bonheur. « Un mirage, à la jonction du golfe Arabique (dit aussi Persique côté Iran), bout de mer militairement agité, et du croissant des émirats, gorgé d’un pétrole propice aux délires urbains et architecturaux les plus fous (…) Là où il n’y avait que sable et mangrove, les Emirats sont en train de faire pousser un endroit merveilleux : une trentaine d’hôtels de luxe, 8 000 villas de grand standing, 19 km de plages immaculées, trois marinas pouvant accueillir jusqu’à 1 000 bateaux, deux parcours de golf. » explique le journaliste. Une destination de carte postale : « l’île du Bonheur est un nouvel horizon de l’humanité, le plus beau peut-être ».

Via Libération

 

 

Clientélisation

Le Louvre, un support de fidélisation client ? C’est en tous cas ce que dénonce le politologue Alexandre Kazerouni, une des rares voix négatives dans ce concert d’éloge. Pour lui l’ouverture de musées dans les pays du Golfe participe à la « clientélisation des élites culturelles occidentales ». « A rebours du discours officiel, qui présente le Louvre Abu Dhabi comme un levier d’ouverture culturelle et de libéralisme, il estime que cette institution donne à voir l’exclusion politique des classes moyennes émiriennes et la dérive absolutiste des Emirats arabes unis (…)Les émirs de la côte ont réalisé à cette occasion que pour intéresser les pays occidentaux à leur survie, il leur fallait disposer de relais dans l’opinion publique, notamment parmi les artistes, qui fabriquent en partie cette opinion. Les musées, tout comme les universités étrangères qui fleurissent dans la région, sont des supports de clientélisation des élites culturelles occidentales » dénonce-t-il. « Le Louvre Abu Dhabi a pour objectif de reprendre à Dubaï la part régalienne de la culture, de rappeler que la capitale du pays, c’est Abou Dhabi. » conclue-t-il. Alors que le Louvre parisien est un lieu d’émancipation dans l’esprit des Lumières, qu’en sera-t-il pour le Louvre Abou Dhabi ?

Via Le Monde

 

 

Foule en délire

L’événement a en effet attiré une foule diverse et cosmopolite. Des centaines d’Emiratis, d’Asiatiques, d’Européens et d’Arabes ont parcouru le vaste musée. « Badria al-Mazimi, une architecte émirati de 26 ans explique avoir roulé deux heures avec son mari, depuis l’émirat de Charjah, pour être parmi les premiers à entrer dans le musée. Le couple observe une statuette d’Asie centrale qui date de 1700 avant J.C. «Tous ces gens de différentes nationalités qui attendent dans cette longue file pour visiter le Louvre (…) c’est ce qu’on voit lorsqu’on voyage à l’étranger, et maintenant on voit ça ici», se réjouit-elle. Des adolescentes émiraties se prennent en selfie à côté de la peinture de Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard de Jean-Louis David, une œuvre prêtée par un musée français. À l’extérieur, deux Brésiliens se prennent aussi en photo sur une plateforme sur la mer, avec des embarcations traditionnelles émiraties en arrière plan. « Je suis allé au Louvre à Paris trois fois. J’adore l’histoire. J’aime tout dans le Louvre (…) Je trouve vraiment bien de le voir dans un contexte moderne », explique l’un d’eux, Alex Viera, qui travaille dans un hôtel cinq étoiles à Dubaï. » Quelques 5.000 visiteurs étaient attendus dans les premiers jours. L’objectif est de capter 800.000 à 1 million de visiteurs par an, « ce qui semble réaliste, sachant que la Grande Mosquée d’Abu Dhabi en reçoit un million. Et Dubaï, à une heure vingt en voiture, est l’un des premiers hubs aéroportuaires au monde, avec 84 millions de passagers ; il recevra en outre en 2020 l’Exposition universelle. » Mais à quel coût ?

Via le Figaro

 

 

Ouest France et Les Echos font la facture

Cette antenne du Louvre est un investissement de près de 2 milliards d’euros sur 30 ans. Le chantier a 561 millions d’euros, soit 8 800 €/m2, à la charge de l’Emirat, a largement explosé les budgets, son coût étant estimé à 83 millions d’euros en 2007. « Un montant probablement optimiste et qui a dérapé fortement avec le retard de près de cinq ans pris par le chantier. » Un accord intergouvernemental d’une durée de 30 ans, signé en 2007 entre Paris, représenté par l’agence France Museums (AFM) et Abou Dhabi, prévoit le versement de la modique somme de 400 millions d’euros pour la seule utilisation du nom du premier musée parisien, « Louvre ». Ainsi qu’une rémunération de 164 millions d’euros sur 20 ans, jusqu’en 2027, à l’AFM, pour « ses prestations de pilotage et de coordination. » « Pas de musée sans œuvres. Parti de rien, le Louvre Abu Dhabi consacre un budget annuel de 40 millions d’euros à l’acquisition de ses propres collections. Cet effort doit se poursuivre sur près de 15 ans pour constituer un fonds suffisant. Soit un investissement total de l’ordre de 600 millions d’euros ». Un budget « confortable mais pas faramineux au vu des prix du marché. » Le Louvre Abou Dhabi « entraîne dans son sillage Orsay, Branly, Pompidou, Guimet, Rodin, Cluny, la BNF, les Arts décoratifs, Sèvres, le musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, les châteaux de Versailles et Fontainebleau, chargés de prêter eux aussi leurs chefs-d’œuvre. Les 13 institutions se partageront 265 millions d’euros (ou 190, selon les sources) en contrepartie des prêts octroyés sur les quinze ans à venir ». Et en recette : « avec quelque 100 employés et 300 prestataires, le Louvre arabe prévoit d’accueillir un million de visiteurs par an. En spéculant sur une recette de 30 € par visiteur, il faudra près de 70 ans pour retrouver la mise de départ. » Avant d’ironiser :  « Il ne faudrait pas cependant que la menace terroriste vienne gâcher la fête et prendre pour cible ce symbole occidental. Un plan d’évacuation rapide des œuvres a été prévu… »

Via Ouest France et Les Echos

 

 

Art antiterroriste

Sur ce plan, ce sera le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, qui prendra la parole. Ce musée « se veut avant tout un musée « universel ». Tel est le message martelé par le chef de l’Etat. « En saluant ce « Louvre du désert et de la lumière » construit par l’architecte Jean Nouvel, le président français n’a cessé de rappeler avec lyrisme et en citant Dostoïevski que « la beauté sauvera le monde » et qu’elle représente aussi une barrière contre « l’obscurantisme ». En matière de lutte contre le terrorisme, les Emirats sont un partenaire essentiel dont le président français a plusieurs fois salué l’engagement à lutter contre les groupes armés djihadistes, notamment en participant à la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI). Le président français souhaite manifestement renforcer les liens avec les Emirats. Et pas seulement sur l’art. « Les défis que vous affrontez avec détermination, a-t-il affirmé le 8 novembre, font que la France sera toujours à vos côtés, sur le défi du beau comme sur tous les autres. »

Via Le Monde

 

 

Deux journalistes suisses arrêtés

Dernière actualité en date : l’arrestation de deux journalistes suisses. « Durant l’inauguration du Louvre Abu Dhabi, les autorités ont arrêtées deux journalistes suisses qui filmaient sur un marché. Après une garde à vue de 50 heures et plusieurs interrogatoires, leur matériel a été confisqué. » une arrestation que les EAU ont tenté de justifier « affirmant qu’ils avaient violé des réglementations en vigueur. » Le National Media Council (NMC), qui supervise les activités des médias aux Émirats, a déclaré « respecter le droit de tous les médias d’informer librement à travers les Émirats arabes unis. » « Mais la police d’Abou Dhabi les a vus « entrer sans autorisation » dans la zone « sécurisée » de Moussaffah et les a arrêtés « à des fins d’interrogatoire » (…) Les autorités voulaient apparemment savoir pourquoi ils prenaient des images sur le marché et semblaient contrariées par le fait que des travailleurs pakistanais aient été filmés, alors que des critiques ont été émises dans le passé par des ONG sur des abus contre des migrants travaillant sur des chantiers de construction dans le Golfe. Dans un communiqué publié lundi, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a condamné « la disproportion du traitement » réservé aux journalistes suisses, ainsi que « la pratique d’intimidation » qui démontre de la part des Emirats « une méfiance excessive à l’égard des médias ». RSF a demandé la « restitution immédiate » du matériel confisqué lors de l’arrestation. »

Via BFMTV

 

 

Jean qui rit, Rem qui pleure

Non loin de là, une autre actualité s’est gentiment retrouvée étouffée par l’affaire du Louvre : la librairie nationale du Qatar est passé à l’as. Conçue par OMA, elle a ouvert ses portes dans le district de Doha. Le bâtiment ne semble pourtant pas totalement dénué d’intérêt « Quelques images étonnantes de la bibliothèque ont déjà commencé à circuler sur les médias sociaux, montrant la forme frappante du bâtiment et ses intérieurs expansifs, y compris les rangées de cheminées, les salons suspendus, les murs interactifs et le labyrinthe central, entre autres. »

Via Archdaily

 

 

 

Amélie Luquain

Du béton et du bois pour le premier historial France-Allemagne

Du béton et du bois pour le premier historial France-Allemagne

Le 10 novembre dernier, le président français Emmanuel Macron et le président allemand Frank-Walter Steinmeier se sont rendus dans le nouveau mémorial de Hartmannswillerkopf conçu par l’agence INCA. L’inauguration de ce lieu, où s’est tenu l’une des plus grande bataille de la première guerre mondial, est un symbole fort de la réconciliation franco-allemande.

Durant la première guerre mondiale, cette montagne du massif des Vosges a été le théâtre de combats très meurtriers. Surnommée la « mangeuse d’hommes », près de 7000 soldats y ont trouvé la mort entre 1914 et 1916. En 1922 est inaugurée la nécropole nationale du Silberloch. Elle comprend une crypte qui recouvre un ossuaire avec les restes de milliers de soldats français et allemands, ainsi qu’un cimetière de plus de 1 200 tombes françaises.

Mais le site manquait d’une clef de lecture… C’est pourquoi le Comité du Monument National a fait appel à l’agence d’architecture grenobloise INCA, impliquée dans de nombreux projets classés par l’UNESCO tel que Lourdes ou Carcassonne, pour la construction d’un centre d’interprétation ouvert au public. Construit à l’emplacement d’une ancienne ferme, le bâtiment sert de porte d’entrée au site historique mitoyen. Bordé de deux chemins conduisant à la crypte, au champ de bataille et à la nécropole, la forme ovoïdale épouse les lignes des flux passants tout en accordant aux visiteurs une vision panoramique du paysage qui l’entoure.

Très restreint dans son emplacement le projet réussi tout de même à trouver sa place entre la forêt vosgienne, la route départementale, la pente abrupte et le site historique. Sous une vaste charpente en bois, le programme se déploie dans un espace ouvert. On y compte une boutique, un café bordé d’une large terrasse, un lieu d’exposition et un espace de visionnage, le tout enveloppé d’un épais manteau de béton et chapeauté par une toiture en membrane imitant le zinc. Le choix de ces matériaux ainsi que l’ajout d’épais panneau de bois coulissant aux baies vitrées n’est pas anodin « le bâtiment a deux vies : une l’été et une l’hiver» nous explique Gilles Marty, fondateur de l’agence INCA. « L’été le mémorial s’ouvre sur l’extérieur alors qu’en hiver il se referme sur lui même afin de résister aux intempéries les plus extrêmes » ajoute-t-il.

Contrairement à l’architecture très art-déco de la crypte voisine, ce nouveau lieu historique dégage une atmosphère moins pesante et plus symbolique de la réconciliation franco-allemande.

 

Cécile Gauthier

 

Courtesy INCA

Fred Mortagne : Attraper au vol

Fred Mortagne : Attraper au vol

Fred Mortagne, plus connu sous le surnom « French Fred », est un réalisateur et photographe français axant son travail principalement autour du skate et de la rue. Il documente le milieu du skateboard, focalise son travail sur l’esthétisme et la photogénie de ce sport de rue, indissociable de l’environnement urbain dans lequel il évolue.  « Nous cherchons des façons d’interpréter ce que la plupart regarde à peine, la beauté d’une forme, d’un volume ; l’interaction d’un mouvement et d’objets statistiques, d’ombres contrastées riches d’histoires jamais comptées » écrira à ce propos son ami Geoff Rowley.

La passion originelle de Fred Mortagne est bien le skateboard, qu’il pratique dès l’âge de huit ans. Sa première vidéo, il la tourne chez lui, à Lyon, en 1994, documentant la scène locale. La photographie ne viendra que plus tard. « Je voyais des petites scènes, des moments qui seraient plus aptes à être photographiés que filmés, car trop courts pour être intéressants autrement » raconte le photographe. Autodidacte, sans aucune notion de photographie, Fred a tâtonné des années avant de développer un style qui lui est propre, inspiré de ses maîtres du photo-journalisme comme Henri Cartier-Bresson, Jospeh Koudelka, Willy Ronis ou Raymond Depardon et surtout Daniel Harold Sturt. Anton Corbijn dira à son propos : « il photographie les gens, l’esthétique, l’action, l’expérience dans une sorte de régal monochrome, avec un regard que quelqu’un qui ne serait pas passionné ne pourrait pas atteindre ». Avec plus de quinze années d’images derrière lui, le livre photographique Attraper au Vol, montre l’œil délibérément graphique de Fred sur le skate, l’architecture, la rue, l’espace urbain ; des moments volés, comme une miette attrapée au vol. AL

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Fred Mortagne, Attraper au vol (2000-2015), Second Edition. Um Yeah Arts, bilingual edition, China, 2016. ISBN : 978-1-942884-08-8

Lire aussi : Skateboard : l’enfant sauvage apprivoisé ? Landskating anywhere à Arc en Rêve, paru dans Architectures CREE n°383

 

Le Louvre s’invite à Abou Dhabi

Le Louvre s’invite à Abou Dhabi

De Paris … puis à Lens … le Louvre s’invite à Abou Dhabi ! Le musée du Louvre Abou Dhabi conçu par Jean Nouvel ouvre ses portes au public le 11 novembre 2017. Il est situé sur un archipel au large de l’île Saadiyat, une île artificielle de la côte de la capitale des Émirats arabes unis. « Il est inhabituel de trouver dans la mer un archipel construit. Il n’est pas évident qu’il soit possible d’y accoster en bateau, de trouver des pontons pour y accéder à pied depuis la côte. » Jean Nouvel. « Double coupole de 180 mètres de diamètre, plate, géométrie radiante parfaite, perforée dans une matière tissée plus aléatoire, créant une ombre ponctuée d’éclats de soleil. » Jean Nouvel. Des espaces semi-extérieurs pour des installations et des blocs de cubes blancs pour les expositions : une « ville-musée ». « Il veut créer un monde accueillant, associant dans la sérénité les lumières et les ombres, les reflets et les calmes. » Jean Nouvel. Il sera accompagné d’une série de bâtiments artistiques et culturels. Devraient suivre un avant-poste du Guggenheim, conçu par Frank Gehry et le Zayed National Museum confié à Norman Foster.

 

© Roland Halbe

Lire aussi : Le Louvre Abou Dhabi : la revue de presse du 15 novembre 2017