Alain Sarfati : d’une remise aux normes à un espace métaphorique

La transformation de la faculté Paris II Panthéon Assas en « Learning Center » par Alain Sarfati Architecture interroge sur le passage d’une remise aux normes à celui d’une complète restructuration-extension.

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© Noëlle HOEPPE

 

Construite en 1960 par Noël Le Maresquier, la faculté Paris II Panthéon Assas s’avérait en 2000 vétuste, exiguë et inadaptée au nombre croissant d’étudiants. La menace de sa fermeture imposait une remise aux normes. Protection incendie et sécurité ont été les premiers fers de lance de cette restructuration ; une commande technique complétée dans un premier temps d’une bibliothèque. Convaincue par cette première opération, un chantier en appelant un autre, l’université a demandé à l’agence Alain Sarfati Architecture de poursuivre la restructuration-extension avec restaurants, salles de sport, salles de réunions, salles de cours et patio. Passant de 25 000 m2 à 30 000 m2, les études et les chantiers s’étaleront sur une quinzaine d’années.

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A l’extérieur, l’escalier monumental conçu pour palier aux problèmes de sécurité est devenu le signal du bâtiment © Christophe DEMONFAUCON
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L’escalier a double révolution vient doubler les unités de passage © Guillaume GUERIN

« D’une simple commande de mise aux normes, on est passé à la réalisation d’un espace plurifonctionnel qui s’est développé sur l’intégralité du bâtiment » précise l’architecte. Pour le concevoir, il s’est interrogé sur les conditions d’adaptabilité de l’espace aux nouveaux processus de travail et d’acquisitions des connaissances, liée à la nouvelle « génération vautrée » capable d’apprendre allongée sur des sofas, ordinateur sur les genoux (des dispositions aujourd’hui pompeusement baptisées du terme de Learning Center, dont l’exemple le plus emblématique semble être celui de l’EPFL à Lausanne). Pour Sarfati, la transformation de la société doit avoir un impact évident sur l’architecture. Rejetant l’espace neutre et polyvalent qu’il compare à celui d’un parking, il revendique une architecture fluide certes, mais surtout métaphorique, poétique et atmosphérique : « l’architecture se doit d’être plus émouvante qu’impressionnante ». Selon lui, elle doit produire du sens et offrir une multitude d’interprétation possible et non univoque, de la même manière que l’œuvre contemporaine est « œuvre ouverte », théorisée par Umberto Ecco en 1965*.

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Le hall, à l’origine hall de gare, devient un espace connecté augmenté d’une mezzanine où les salles collaboratives sont en libre service © Axel DAHL
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Les poteaux colorés du hall soutiennent la nouvelle bibliothèque et complètent la colonnade de poteaux existants en acier qui ont été traités au feu © Guillaume GUERIN
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La nouvelle bibliothèque est abritée sous un plafond en membrane tendue aux courbes et à la blancheur évocatrices : nuages, vagues qui s’entrechoquent ou voutes romanes sont autant de métaphore possible © Guillaume GUERIN

L’université ne se dévoile pas au premier coup d’œil, mais propose une promenade urbaine, induisant des découvertes permanentes et quotidiennes. « Ici, c’est un peu comme une table à la française, où les mets se succèdent, depuis l’apéritif, l’entrée, le plat, le fromage, les desserts jusqu’aux entremets ; une conception radicalement différente des chinois, qui mettent tout sur la table », menu servi à table contre buffet à volonté, ironise l’architecte. Ces principes sont transformés en dispositifs spatiaux : diversité, variation, articulation. Ils engendrent une multitude d’espaces conviviaux, non disparates mais différents, articulés à l’ensemble tout en restant autonomes. Chacun des projets a trouvé son origine dans les contraintes qu’étaient la mise en sécurité, la mise aux normes, l’amélioration technique ou l’optimisation du programme ; une inversion du processus habituel de conception. L’occasion pour Sarfati de mettre en garde contre des programmations aujourd’hui trop détaillées, si précises qu’elles en deviennent inaptes à suivre l’évolution des pratiques.

* Théorisation de l’œuvre contemporaine dite ouverte par opposition à l’œuvre classique très déterminée. L’œuvre ouverte ne peut jamais être réduite à une seule interprétation.

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En lieu et place d’un terrain en jachère, le patio sous ses parois de verre assure un rôle de transition entre le calme de la bibliothèque et l’animation du hall. Il se compose de deux zones distinctes favorisant le travail individuel ou collaboratif © Axel DAHL
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La restauration se répartit sur trois espaces différents qui communiquent directement avec le grand patio central © Christophe DEMONFAUCON
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Encerclant le patio, les « Planches » à ciel ouvert constituent un nouvel espace de détente ou de travail © Christophe DEMONFAUCON

 

Amélie Luquain

 

 

Fiche technique

Centre universitaire. Maîtrise d’ouvrage : Université Paris II – Panthéon-Assas. Maîtrise d’œuvre : Alain Sarfati Architecture. BET, économiste, OPC : EGIS. Lieu : 92 rue d’Assas, 75 006 Paris. Performance énergétique : conformité réglementaire 2000. CalendrierConcours : 2000. Études / Études Générales – 2001 /2002 Bât. E – 2003 Bât. ABCD – 2004 / 2005 Bât. F : 2011 Espaces Extérieurs : 2014 Appels d’offre / Bât. E – 2003 Bât. ABCD – 2006 Bât. F – 2011 Espaces Extérieurs – 2015 Livraisons / Bât. E – 2007 Bât. ABCD – 2012 Bât. F – 2015 Espaces Extérieurs – 2016. Surface : 28 300 m2 Montant global des travaux : 47 400 000 € HT

 

Programme

1 bâtiment entièrement équipé du Wifi et accessible sur 8 étages – 6 amphithéâtres – 51 salles de TD – 14 locaux dédiés aux associations étudiantes – 3 lieux de restauration nouvelle génération – 1 salle de sport – 5 salles collaboratives – 17 écrans tactiles dans les salles de travaux dirigés -1 système de contrôle d’accès par badge – 3 murs de 9 écrans dont 1 dédié à la vie associative – 28 écrans d’informations installés sur l’ensemble du bâtiment – 4 appartements pour les professeurs invités – 1 nouvelle bibliothèque de 2500m2 offrant – 1 salle de lecture de 1 800 m2 – 450 places – 700 m2 de réserves et de bureaux – 1 Patio et ses « planches » en extérieur

 

Jacqueline Osty et Claire Schorter, la nouvelle équipe de conception urbaine pour l’île de Nantes

Prenant la relève de l’équipe menée par Marcel Smets et Anne-Mie Depuydt (uapS), le groupement réuni autour de Jacqueline Osty (paysagiste mandataire) et Claire Schorter (architecte-urbaniste) a été choisi pour assurer la maîtrise d’œuvre du projet urbain de l’île de Nantes jusqu’en 2024. Sont associés MA-GEO (bureau d’études en génie urbain), Roland Ribi & associés (bureau d’études mobilité), Quand même (exploration, participation) et Concepto (bureau d’études conception lumière).

 

 

Campus EDF par ECDM : le ductal projeté

Campus EDF par ECDM : le ductal projeté

Si Rudy Ricciotti exploite le béton fibré ultra-hautes performances (BFUP) pour ses capacités structurelles, l’agence ECDM préfère travailler sur son potentiel en second-œuvre.

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Après l’avoir exploité dans deux autres projets – le bâtiment administratif du centre bus de la RATP de Thiais livré en 2007 et une crèche dans le 18eme arrondissement de Paris livrée en 2011 – elle poursuit ses recherches avec l’industriel LafargeHolcim qui a déposé son BFUP sous la marque Ductal. Renforcé par des fibres organiques, métalliques, à base d’acier inoxydable ou de verre, ce matériau propose des constructions plus légères ou plus fines à résistance égale avec les bétons traditionnels. Il est apprécié pour sa résistance, sa ductilité, et sa durabilité. Emmanuel Combarel et Dominique Marrec l’apprécient pour son fort dosage en ciment et en adjuvants, ses granulats de faible dimension, sa porosité réduite et sa plasticité.

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Si d’ordinaire le Ductal est coulé entre deux moules, il a été projeté sur un seul pour revêtir le campus EDF de Saclay. Cette méthode de préfabrication autorise des éléments monobloc de très grande dimension – en l’occurrence 7 m de haut et 2,70 m de large – avec des épaisseurs en parties courantes réduites – seulement 15 mm. La pièce finie vient absorber les anfractuosités au droit des menuiseries, des coulisses ou des coffres de stores, n’affichant en façade que la rencontre du verre et du béton. Par ce procédé, la peau répond au logique d’isolation par l’extérieur en procurant un capotage étanche désolidarisé de la structure. L’ensemble, sur le campus EDF, fut posé en seulement 15 jours, réduisant largement les temps de chantier. L’innovation est validée d’une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx).

L’agence ECDM justifie de cette innovation en prônant un travail sur la masse et interroge : « comment retravailler la massivité, ce fantasme collectif perdu aujourd’hui par l’isolation extérieur ?  » Mais l’image de massivité est-elle si nécessaire ? Ne s’impose-t-elle pas plutôt comme un faux-semblant ?

Courtesy ECDM / Jérémy Bernier 

 

Lire aussi : Campus EDF à Saclay : empilement sur un plateau

Campus EDF à Saclay : empilement sur un plateau

L’installation au sein de Paris-Saclay, quartier de l’École Polytechnique, suggère la volonté politique d’EDF de rejoindre un cluster dynamique. Le groupe confie à l’agence d’architecture ECDM la réalisation de son centre de formation, proposant à ses employés une retraite de quelques jours sur ce plateau battu par les vents et encore difficilement accessible. Ça tombe bien que le campus comprenne salles de formation, ateliers techniques, espaces de restauration et chambres. 

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« Au vu du territoire disponible, un tel programme aurait pu être morcelé » soulignent les architectes. Mais c’est le concept inverse qui a été mis en œuvre, défendant l’idée d’un bâtiment unitaire, mixte et dense, à la consommation de terres arables. « Nous préférons l’empilement et la compacité à une nappe horizontale étendue » continuent-ils. Ainsi, la totalité du terrain disponible n’est pas phagocyté par l’architecture qui met en scène sa stratégie d’empilement, bien que la hauteur bâtie reste limitée par le couloir aérien d’Orly. Le projet a été développé en coupe plutôt qu’en plan, sur un principe de stratification. Le volume parallélépipédique compact est creusé d’un patio central et augmenté d’une excroissance sur sa face arrière abritant les ateliers ; une entorse à la compacité qui s’explique par la technicité. Le bâtiment principal laisse transparaitre en façade le programme qui s’étage en trois couches superposées ; matérialité des revêtements et motifs générés par le rythme des percements en constituent les signes distinctifs. L’étage de formation est habillé de béton Ductal brun cernant des fenêtres allongées ; le couronnement qui héberge les chambres est revêtu du même béton fibré à ultra-hautes performances ; l’entre deux, qui abrite restaurant et espace de détente constitue pour Emmanuel Combarel « un vide théorique » derrière un bandeau de verre plissé. En pied, le verre affiche l’entrée et la salle d’exposition, tandis que l’inox enveloppe la halle technique, à l’arrière. L’intérieur est quant à lui structuré d’un patchwork démonstratif d’univers variés.

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En livrant ce campus, EDF veut affirmer sa conduite d’une politique architecturale avant-gardiste. Le groupe inscrit la commande passée à ECDM dans la lignée d’autres ouvrages : le centre d’archives de Bure conçu par LAN – un cube posé dans un paysage champêtre – la réhabilitation des bureaux EDF à Lyon Thiers par Jean-Paul Viguier, le siège EDF à Ajaccio par l’agence ECDM (déjà elle), les bureaux Sofilo à Reims par l’agence ANMA, jusqu’au centre de recherche et de développement réalisé par Francis Soler, qui forme, avec le campus d’ECDM, le Lab EDF sur le plateau de Saclay. Pour EDF, ces ouvrages sont l’héritage contemporain des centrales nucléaires dont l’identité a été confiée à Claude Parent à partir des années 1970. Avec ces architectures pourtant bien loin de constituer un nouveau visage à la firme, celle-ci en oublie de communiquer sur le campus des Mureaux livré par Atelier de Montrouge en 1980 qui a pourtant était fermé au profit de Saclay.

 

Retrouvez le projet en vidéo sur Instagram archi_cree

 

Fiche technique

Maître d’œuvre : ecdm Emmanuel Combarel Dominique Marrec. Maîtrise d’ouvrage : EDF. Maîtrise d’ouvrage déléguée : SOFILO. BET structure : Jean-Pierre Miécaze – façade : VP&GREEN – Direction de travaux : CALQ – Paysagiste : APTEC MO – Économiste : Mazet et associés – Fluides : THOR ingénierie – VRD : Setec – Acousticien : AVA – Mobilier : Ciguë – Réalisation des éléments BFUP de façade : Ductal® Lafarge Holcim / Betsinor / C&E ingénierie. Localisation : 13 boulevard Gaspard-Monge, 91120 Palaiseau, Plateau de Saclay. Coût travaux : 70 M € HT. Certifications : HQE excellent et BREEAM excellent. Livraison : décembre 2015

 

Programme

Centre de formation et campus compact multi-activités ; 26 000 m2 de surface de plancher ; 12 000 m2 de façade, dont 4 000 m2 en BFUP ; 15 000 employés formés chaque année ; 60 000 jours de formation par an ; 70 salles de formation ; 2 grandes salles modulables ; une salle plénière ; une salle d’exposition de 450 m2 ; 270 chambres individuelles ; un restaurant de 300 places et 4 salons privatifs ; un bar lounge ; une salle de fitness ; une salle de détente ; une médiathèque ; une halle de formation technique de 3 000 m2 ; un parking de 450 places ; un grand jardin ; un terrain pédagogique de poteaux électriques en extérieur

 

Courtesy ECDM / Jérémy Bernier 

 

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Drôle de futur : la revue de presse du 06/02/2017

Drôle de futur : la revue de presse du 06/02/2017

Rémunération des architectes en Europe – PLU sauvé à Thionville – Wilmotte imagine 2017 – Maison du futur à Alençon – Transports par fil ou en tube : téléphériques et Hyperloop à Metz, Brest ou dans le monde – la revue de presse du 6 Février 2017

 

 

Insomnies urbaines

«Ca m’a empêché de dormir tout le mois de janvier», confie l’adjoint au maire de Thionville Roger Schreiber au Républicain Lorrain. Ses insomnies ont une cause insolite et urbaine : le destin du PLU, que le tribunal administratif menaçait d’annuler depuis une première audience tenue début janvier, suivant les recommandations du rapporteur public. Un particulier mécontent qu’une parcelle en sa possession soit rendue inconstructible par les nouvelles dispositions réglementaires avait introduit fin 2013 un recours pour vice de forme. Bien conseillé, il était à deux doigts d’avoir gain de cause. « Sur le fond, nous aurions pu nous réjouir d’une annulation de ce PLU que nous ne cessons de critiquer depuis que nous sommes arrivés aux responsabilités, indique Roger Schreiber. Mais une annulation aurait été catastrophique pour la ville. Tous les projets auraient été gelés. Toute notre stratégie de redynamisation en aurait été affectée. ». Heureusement, la Ville a proposé un arrangement gagnant-gagnant au requérant, qui a fini par se désister au nom de l’intérêt de la ville, explique Schreiber. Le juge administratif a finalement annoncé aux parties qu’il abandonnait la procédure, qu’il aurait pu poursuivre malgré ce désistement. « On est vraiment passé à deux doigts de la catastrophe », affirme Schreiber, soulagé d’avoir sauvé in extremis le soldat PLU.

Via Le Républicain Lorrain

 

 

Patate

« Nous venons d’emporter le chantier du siège de l’ONU en Afrique de l’Ouest, 38 000 m² regroupant les 33 agences de la région à Dakar. Il prendra la forme d’un moulin à eau, avec l’auditorium au centre… Le chantier commencera à la fin de l’année, je suis impatient, c’est l’un des projets les plus excitants de 2017, un bâtiment incroyable ! Aussi, nous avons débuté il y a trois semaines les travaux pour l’extension du Centre de Gestion Sportive Ferrari de Maranello que nous avons livré en 2015… Concernant le projet auquel j’aurais aimé participer, je dirais les constructions de nouveaux stades en Russie, où nous avons remporté le concours pour le stade de Kaliningrad, et au Qatar pour la coupe du monde de football en 2022. Le sport permet des recherches architecturales pointues, j’aime cette liberté ! ». Avec tant de projets aussi excitants, Jean-Michel Wilmotte risque lui aussi bien des insomnies. L’indéniablement “architecte à succès”, tel que le qualifie The Good Life, livre dans une interview sa vision de l’année 2017. Entre autre prophéties « en 2017 on pourrait voir débarquer des chambres et des salons, au cœur des bureaux. La frontière avec la maison sera de plus en plus fine, les entreprises demandent de plus en plus de personnalisation ». Rendez-vous en pantoufle dès juin rue du faubourg Saint-Antoine, à l’agence de l’architecte, pour tâter les matelas, secouer les couettes et admirer les nouveaux papiers peints matérialisants ces mutations sociétales.

Via The Good Life 

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Le Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe, inauguré en octobre 2016 à Paris via the good life

 

Salaire d’architectes : la France sous la moyenne

Le conseil des architectes d’Europe vient de diffuser l’édition 2016 de son étude biennale sur la profession. Bonne nouvelle « l’architecture en Europe est une profession en croissance, notent les auteurs de l’étude. Le nombre d’architectes en Europe est estimé à environ 600.000, soit une augmentation de 4% depuis 2014 », relève Batiactu, et par rapport à 2014 « le revenu moyen des architectes est supérieur de 10%, c’est une première depuis la réalisation de cette enquête en 2008 ». Mauvaise nouvelle : la France glisse à la 11e place en terme de revenu. Gagnant 27 986€/an en moyenne, les architectes français ont des revenus inférieurs à la moyenne européenne. « Des pays tirent par ailleurs leur épingle du jeu et enregistrent les plus fortes hausses entre 2014 et 2016, tels que la Roumanie (de 9.822 € à 15.274 €), la République Tchèque (de 13.150 € à 17.518 €), la Slovénie (de 19.808 € à 24.406 €). En revanche, les salaires moyens sont plus faibles dans une poignée de pays, les plus fortes baisses sont enregistrées par les architectes en Bulgarie (de 9.506 € à 6.564 €), aux Pays-Bas (de 54.496 € à 39.047 €) et en Espagne (de 28.354 € à 24.390 €) ». Pour gagner plus, il faudra déménager au Luxembourg, où le revenu a bondi de de 48.701 € à 58.725 €. Le paradis architectural serait-il proche du paradis fiscal ?

Via Batiactu 

 

Salaires des architectes : travailler beaucoup pour gagner peu en Italie

L’Italie totalise 27% des architectes d’Europe, avec 2,5 architectes pour 1000 habitants contre 0,96 pour le reste du vieux continent, selon un rapport du CRESME (Centre de recherche économiques et sociales du secteur du bâtiment). Bémol, leur revenu moyen de 19.000€ place les architectes de la botte en 19e position par rapport à leur confrères européens des 27, soit « en dessous des situations Turques (sic), Slovènes et Estoniennes ». Le revenu mensuel net des architectes reste en dessous des 1 190 euros, quand la moyenne européenne est de 1 360 euros. Les cours d’architectures que nos voisins transalpins recevraient à l’école primaire ne valent pas aux architectes italiens une reconnaissance financière.

Via West Info 

 

Visage du futur

Rêvons un peu : « Imaginez des poteaux imprimés en 3D qui soutiendraient votre maison, comme le feraient des murs porteurs. La lumière du jour en plus. Ou bien un hélidrone sur le toit, pour permettre à un drone de livrer vos colis même pendant votre absence. Une douche munie d’autant de boutons que de membres de la famille dans laquelle chacun retrouve, en un geste, sa température idéale. Une habitation hyperconnectée pilotée par une tablette. Des vitres photochromiques qui s’adaptent à la luminosité (les verres s’obscurcissent en cas de grand soleil, s’éclairent s’il fait sombre). Un système de récupération des calories de l’air rejetées par la maison… Toutes ces innovations, et bien d’autres, « une cinquantaine sont prévues », seront bientôt rassemblées dans une maison qui sera construite à Alençon (Orne)», que son maître d’ouvrage, Maisons France Confort, a baptisé Yris. Le constructeur de maisons individuelles leader de son département fête un siècle d’activité avec cette maison prototype, qui n’a pas vraiment de prix. « À l’aube de ses 100 ans, l’entreprise familiale, qui emploie 1 600 salariés, dont une centaine à Alençon, au siège social, veut montrer qu’elle pense déjà au logement de demain. Pour y parvenir, les dirigeants de Maisons France Confort ont également eu l’idée de réunir dix-huit partenaires « afin de réfléchir ensemble à toutes ces innovations ». Lafarge, Velux, EDF, Bosch… Chacun apporte ses idées, et sa pierre à l’édifice ! ». Glissons leur cette idée folle pour la future fête des 200 ans : inviter un architecte…

Via Ouest-France 

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via Ouest France

 

Transports de joie

Les financements permettant la construction de lignes de tramway manquant à l’appel, le téléphérique reprend de la hauteur loin de ses montagnes natales « Simple effet de mode ou moyen de transport du futur ? Le téléphérique urbain s’envisage aujourd’hui comme une alternative sérieuse. Réinventer la ville, la propulser dans la métropole de demain fait du dossier des transports l’épicentre des réflexions. Après le lancement du téléphérique brestois, Nancy y pense sérieusement et Metz n’exclut plus d’y réfléchir.» Justement, des étudiants de Nancy ont choisi Metz comme terrain d’étude pour l’implantation d’un téléphérique, hypothèse figurant dans un rapport du Conseil Economique et Social intitulé « Metz 2023 et au-delà ». Emmenés par Manuela Franzen, leur enseignante, 10 architectes en herbe ont imaginé une ligne dont l’un des terminus jouxte un projet de Maison Edouard François, agence dont Franzen est associée. « Il faut dire qu’à voir les croquis et les visuels, on se prend vite à rêver. Le téléphérique tricote un lien entre la Zac de l’Amphithéâtre et le cœur historique de la ville. Certaines lignes se poursuivent même jusqu’à Queuleu. Le long de son fil un nouveau flux se crée. Le téléphérique, plus qu’un moyen de recoudre le tissu urbain, peut aussi changer le destin d’une ville ». Un destin qui tient à un fil n’est pas forcément très enviable.

Via La semaine 
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Transports à la peine

« Pour des questions d’économie, la plupart des projets se sont calqués sur le téléphérique de Brest, à savoir un transport sur câble fixe avec une station moteur et une station d’arrivée. Le dispositif comprend 2 télécabines d’une capacité de 60 passagers chacune », expliquait Mme Franzen à propos de son étude messine. Le téléphérique brestois sert en exemple à bien des villes. Inauguré fin 2016, il peine pour l’instant à fonctionner, et ne totalise qu’une quinzaine de jours d’exploitation depuis sa mise en service novembre dernier « En décembre, après une dizaine de jours d’exploitation, au cours desquels les deux nacelles ont transporté près de 40 000 personnes, l’appareil a été mis à l’arrêt en raison d’une série de “petits défauts techniques”, tels que « l’ouverture intempestive » des portes, alors que la cabine se trouvait à une cinquantaine de mètres au-dessus du sol, alors qu’un technicien était à bord » relate Le Monde. « Comme pour tous les systèmes neufs, il faut en peu de temps pour les réglages et le rodage, a tenté de justifier lundi, Jean-Luc Bouhadana, directeur de Keolis Brest qui exploite le réseau de transports en commun de l’agglomération». Mais pour le délégué de CFDT de la société, « Tout a été fait dans la précipitation. » Avant la mise en service du téléphérique, « on avait alerté sur des effectifs sous-dimensionnés et une organisation du travail qui n’était pas au rendez-vous », a-t-il fait savoir à l’Agence France-Presse». Dernier problème vendredi, une passagère a été blessée lors du freinage d’urgence de la cabine. Un arret brusque et inexpliqué « Le poste de commandement aurait perdu la cabine », selon M. Daniel ». Envolée ?

Via Le monde 

 

Hyperfloop?

Parmi les miracles que nous promettent les gourous des technologies, l’Hyperloop tient une place de choix. Ce système de transport lancé par Elon Musk, fondateur de Tesla et Space X, promet de révolutionner les déplacements en faisant circuler sous vide des navettes à une vitesse dépassant celle du son, soit plus de 1 225 km/h. Ce qui promet de ne pas être aussi facile que de faire rouler une voiture à l’électricité, si complexe que soit cette première tâche. Les concurrents développant des systèmes similaires à l’Hyperloop ont bien réussi à passer de 0 à 100 km/h en une seconde, mais reste à une vitesse de pointe à 482 km/h. Des problèmes plus lourds tiennent à la dilatation des tubes en acier long de dizaine de kilomètres, car scellés pour maintenir le vide. Sur un tronçon de 600 km, elle représenterait 300 mètres qu’on ne saurait où caser. Quand à la réalisation du vide sur ce même tronçon, elle impliquerait d’extraire des millions de mètres cubes d’air, alors qu’on ne sait extraire de la plus grande chambre à vide au monde qu’1,5% de ce volume. La pression sur les tubes serait énorme, générant des coûts de construction et de fonctionnement qui rendraient le projet non viable économiquement, face à ses concurrents que sont le train et surtout l’avion. « Un avion dépense beaucoup d’énergie pour atteindre une altitude de 9 kilomètres, afin de rejoindre une couche de l’atmosphère dans laquelle il vole à l’aise, mais Hyperloop prétend recréer au sol l’atmosphère qui règne à 49 kilomètres de la surface terrestre. Ce qui coute très cher » résume le blog think big. Il est encore temps de se lancer dans les téléphériques.

via Think Big 

 

 

Architectures CREE 380 

Architectures CREE 380 

En cette époque de profondes mutations politiques, sociales, économiques, où les extrêmes dominent, où les écarts entre riches et pauvres se creusent effrontément, nous sommes amenés à reconsidérer les fondamentaux et à appréhender le monde autrement. Dans ce contexte, l’éducation est une des clés du renouveau d’une société démocratique où l’égalité des chances ne serait pas un mirage. Pour ce faire, il convient de croire dans les jeunes générations qui construiront demain et de leur donner les moyens de réussir en les soutenant. C’est ce que tentent de faire les Albums des Jeunes Architectes & Paysagistes (AJAP) par exemple, dont les lauréats 2016 seront exposés à la Cité de l’Architecture du 1er mars au 9 avril prochain. L’éducation, c’est aussi transmettre des savoirs et des savoirs-faire, des convictions. C’est enfin apprendre à accepter ses erreurs, apprendre du passé imparfait pour nourrir un futur antérieur.

Didier Fiúza Faustino

 

 

Architectures CREE 380

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Arche de Noé, Bunker ou cabane Ikea : la revue de presse du 31/01/2017

Manchots papous et royaux, Arche de Noé et bombe atomique : tous au parc à thème – Bunker souterrain de luxe, cabane Ikea ou maison rotative : quel refuge choisir ? – Un cube pour parquer l’humanité – Un néoclassique et des citoyens lambda récompensés pour leurs contributions à l’architecture. La revue de presse du 31 janvier 2017

 

Laisse les manchots à Serris

La vague de froid vient de s’achever, dévaler les pentes enneigées d’EuropaCity s’avère impossible pour cause d’abandon du projet, et la patinoire au sommet de la tour Montparnasse n’est pas encore ouverte. Nostalgique d’hivers et de frimas, ne désespère pas : « nous avions déjà des bassins pour les requins d’eau froide et des espaces dédiés aux espèces d’Amazonie comme les piranhas, nous voulons offrir à nos visiteurs la possibilité de découvrir le monde polaire » explique Laurent Agneesens, le président du parc aquatique « Sea Life » au centre commercial Val D’Europe, qui s’apprête à accueillir sur 400 m2 une vingtaine de manchots royaux et papous. « Une fois les travaux achevés, cette manchotière reproduira au plus près les conditions de vie naturelle et permettra notamment aux enfants de voir les manchots nager sous l’eau comme en Antarctique », explique Laurent Agneesens. Un parcours sensoriel permettant de découvrir l’environnement et le quotidien des manchots sur la banquise ainsi qu’un espace dédié à la protection de l’environnement sortiront également de terre ». Le maire de Serris rassure « il convient de rappeler que tous ces manchots sont nés en captivité et n’ont pas été prélevés dans la nature. Leur présence va permettre la reproduction de l’espèce pour le plus grand bonheur des groupes scolaires de Serris ». Entre le Parc d’attraction et l’Eros Center Zoophile, la frontière semble ténue.

Via Le Parisien 

 

La grande Arche

Elle s’inspire, elle aussi, d’un bâtiment – au sens naval du terme – construit pour préserver la biodiversité. Mais elle recevra surtout des touristes pieux, la réplique de l’Arche de Noé construite dans le Kentucky pour le compte de l’organisation chrétienne Answers in Genesis à partir de rares informations glanées dans la Bible – sur ce point, la genèse se montre avare en indications. Pas question d’y embarquer lors du prochain déluge « d’un point de vue technique, l’arche est plus un édifice qu’un navire. Bien qu’elle soit surélevée sur des piliers de béton, elle ne supporterait pas mieux les inondations qu’un musée plus traditionnel ». Par contre, elle supporte le vent au-delà des exigences du Saint-Livre de chantier, le code de la construction, imposant de répondre à une contrainte de vent de 160 km/h. « Nous voulions être sûr que si plusieurs milliers de visiteurs se trouvaient dans l’Arche au moment d’une grande tempête, ils y seraient en sécurité » confesse LeRoy Troyer, président du groupe éponyme, société spécialisée dans la construction bois qui a réalisé l’ouvrage. Quand les vents dépassent 200 km/h, les visiteurs sont-ils encouragés à prier pour le maintien de la structure ?

Via Architect Magazine 

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Courtesy Troyer Group via architect magazine
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Courtesy Troyer Group via architect magazine
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Courtesy Troyer Group via architect magazine
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Courtesy Troyer Group via architect magazine

 

La grande Arche, deuxième

Mais l’ouvrage de l’Arche qui a demandé le plus de recherche, a confié LeRoy Troyer à l’Architect Journal, a été le revêtement extérieur bois. A la recherche d’un matériau pouvant durer plus de 150 ans, il a sélectionné un bois traité produit par une société londonienne. Coupé en Nouvelle-Zélande, le bois a d’abord été envoyé aux Pays-Bas pour un traitement à base de vinaigre altérant sa structure et la rendant extrêmement durable – un process sans doute proche de celui employé par Noé à l’époque, voyage transpacifique et transatlantique compris. Les planches de bois griseront avec le temps : un peu comme sur l’Arche de la Défense à Paris, qui vient de voir les plaques de marbre blanc de son pilier sud remplacées par un granit gris très clair, nous apprend Archiscopie.

Via Architect Magazine et Archiscopie n°9, Janvier 2017; in« La grande Arche – Laurence Cossée », Gwenaël Querrien,

 

Georges à tort

Los Angeles se réjouit d’avoir été choisie pour accueillir le Musée des Arts Narratifs de George Lucas (LMNA), longtemps en quête d’un site après avoir été chassé de Chicago. « Le bâtiment de 25 000 m2 apportera des dizaines de milliers d’emplois dans la construction et plus d’un millier d’emplois permanents, et c’est une estimation basse », a déclaré le maire de Los Angeles Eric Garcetti. Pourtant, aux yeux de Christopher Knight, le LMNA est une mauvaise idée. Le critique d’art du LA Times émet des doutes sur la cohérence de la collection de Lucas et la pertinence du propos qu’il explore, et affirme que l’argent que l’on s’apprête à engloutir dans la construction du prochain vaisseau de Lucas aurait dû être employé à consolider les musées existants. « Un milliard de dollars va bientôt être gaspillé pour un projet à la mission artistique douteuse, somme qui aurait pu servir à quelque chose d’utile, voir profond. Au lieu de quoi on glisse le pied affreux d’une demi-soeur dans une fragile pantoufle de verre (sic) ».

Via LA Times 

 

Après l’explosion nucléaire

Au milieu des années 60, Mao craignait d’être envahi par les Russes. Une hantise qui le poussa à concentrer toutes ses infrastructures – usines, bases militaires – hors de portée des soviétiques. Des morceaux de ce projet colossal baptisé « 3e front » ouvrent au public, à l’instar du site 816, près de Dailang, abritant sous la montagne des installations devant permettre de fabriquer des bombes au plutonium. Abandonné en 1984, le projet n’a jamais rempli sa fonction initiale. Une partie de ses 21 km de galeries ont été utilisé par une usine d’engrais, avant d’être convertis pour un tiers en site touristique à partir de 2010. En septembre dernier, les installations ont été mises à niveaux et ouvertes pour la première fois aux touristes étrangers. « La seule chose positive du projet est qu’il n’a jamais été fini » commente Hui Zhang, chercheur atomiste, à propos du programme d’origine. « Pour le développement nucléaire chinois, le projet 816 ne servait véritablement à rien ». 359 millions de dollars auront été dépensés, et au moins une centaine de soldat auront perdu la vie pour sa construction. « Nous nous étions impliqués dans ce projet par amour de la nation », témoigne un ancien ouvrier. « Si on nous avait dit qu’à la fin il serait transformé en attraction touristique, nous n’y aurions jamais participé ». Encore un qui boudera l’inauguration du Maoland Park.

via New York Times 

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A replica of an atomic bomb that China tested in 1965 is part of a tour of the 816 nuclear plant inside Jinzi Mountain in Fuling. The project was China’s first attempt to build a nuclear reactor that could produce weapons-grade plutonium without Soviet help. Credit Gilles Sabrié for The New York Times
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The entrance to the 816 nuclear plant. Work on the project was halted in 1984, but the site was revived for tourism in 2010. Credit Gilles Sabrié for The New York Times

 

Avant l’implosion sociétale

« Hall me guide à travers le garage, nous descendons une rampe, passons dans un salon équipé d’une cheminée en pierre, d’un coin repas et d’une cuisine. Cela donne l’impression d’être dans un hôtel de station de ski sans fenêtres : table de billard, appareils inox, et fauteuils en cuir. Pour agrandir l’espace, Hall s’est inspiré de l’aménagement des bateaux de croisière. Alors qu’il prépare le repas – steak, pomme de terre et salade – Hall me confie que la partie la plus difficile du projet était de rendre l’existence souterraine supportable (…) Les murs de la résidence sont équipés de fenêtre LED qui affichent une vue en temps réel des prairies surplombant le silo (souterrain, NDLR). Les propriétaires peuvent aussi choisir une vidéo de forêt de pin ou autre. Un résident potentiel de New York voudrait une vidéo de Central Park. « Les quatre saisons nuit et jour, les bruit des taxis et des klaxons ». Devant la multiplication des signaux alarmants de fin du monde – Trump à la Maison Blanche, le réchauffement climatique – les plus riches prennent leur précautions et louent des places dans des bunkers haut-de-gamme tel celui-ci. Ironie du sort, la « résidence » visitée par le New Yorker est aménagée dans un silo construit initialement pour abriter une fusée nucléaire pointée vers l’URSS. Passant du gratte-ciel au gratte-sol, les riches résidents abandonnent les vues panoramiques. Beaucoup d’argent dépensé, et même pas une petite fenêtre pour profiter du spectacle de l’Apocalypse ?

Via Archinect et New Yorker 

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Custom High Security Luxury and Multi-Use Bunker Complex via Survival Condo via archinect

 

Tournez ménages

« C’est pour les gens qui ne se cantonnent pas aux ornières de l’esthétique traditionnelle », explique l’artiste Michael Jantzen, artiste spécialisé dans la maison transformable, typologie que CNN a explorée en prêtant une attention particulière aux maisons tournantes. « Les occupants peuvent éviter la chaleur de l’été en tournant les espaces de vie dos au soleil, et le rechercher en hiver ». L’habitat rotatif et/ou mobile présenterait de sérieux avantages sur le plan environnemental, explique la chaine : « l’intérêt des maisons tournantes ne tient pas seulement à leur capacité à s’orienter vers la meilleure vue. Créer des bâtiments capables de s’adapter à leur environnement induit un mode de vie durable », explique Ben Grunberg, architecte créateur du concept de Dynamic D*Haus, maison modulaire qui se déploie « comme une fleur ». Comme on pouvait s’y attendre, construire une propriété mobile n’est pas bon marché : une maison comme la Dynamic D* House couterait 2,43 millions d’US$. La population aisée se diviserait donc en deux catégories : ceux qui s’enterrent, et ceux qui tournent.

Via CNN 

 

 

Ma cabane à l’ikeanada

Ils avaient récompensé la torche des jeux olympiques 2012, ou l’affiche « Hope » créée par Shepherd Fairey lors de la première campagne présidentielle d’Obama. En 2016, les jurés du London’s Design Museum ont décerné leur prix de l’année au Better Shelter, un abri souvent présenté comme le refuge Ikea, né d’une collaboration entre la fondation Ikea, l’UNHCR, et un groupe d’architectes/designer. « Nous avons choisi l’abri IKEA parce qu’il ne résout pas seulement un problème de design, mais une vraie crise mondiale – comment créer un logement pour réfugiés qui soit très mobile, sûr, confortable avec un budget réduit ? (…) Il respecte la dignité des réfugiés à la recherche d’un abri stable ». Les principaux intéressés ont-ils pris part aux délibérations du jury ? Ils sont vivement priés d’apprécier cet abri sommaire, déjà diffusé à 30 000 exemplaires à travers le monde.

Via Architectural Digest 

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The Better Shelter, a temporary home for displaced people, won the Design Museum’s Beazley prize via architcetural digest
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Over 30,000 Better Shelters are already in use around the world via architectural digest

 

Les uns contre les autres

Qu’est-ce qui tient dans un cube de 1,346 km de coté ? Les 7,4 milliards d’habitants de la planète terre, affirme Real Life Lore, un youtuber qui s’est livré à d’étranges calculs d’urbanométrie. Chez Real life Lore, les normes en matière de logements ne sont pas des plus généreuses « il faut savoir en premier lieu d’un mètre carré ne doit pas accueillir plus de cinq personnes » relate Slate. A cette aune, l’usine Boeing Everett, qui passe pour le plus grand bâtiment du monde, pourrait abriter 40,8 millions de personnes. Le cube défini par RealLifeLore « peut sembler gros, mais en réalité, ce bâtiment pourrait être placé dans le centre-ville de New York, et ne serait plus haut que de 500 mètres par rapport au gratte-ciel détenteur du record jusque-là, le Burj Khalifa ». En faire le tour ne prendrait qu’une demie heure, explique le YouTuber. Enfin un projet qui fait rêver.

Via Slate 

 

 

Le néo classique au meilleur prix

« Durant toute sa carrière, Robert Adam s’est confronté aux enjeux de notre époque, tout en contestant la pensée contemporaine en architecture et urbanisme. Il a abondamment écrit à propos des tensions entre globalisation et régionalisme apparaissant alors que nous formalisons notre environnement bâti. La durabilité est le pilier de son œuvre, incarnée dans un urbanisme et une architecture respectueuse du climat, des cultures et des traditions constructives locales ». À la suite de Leon Krier ou Quinian Terry, l’architecte néo-classique Robert Adam vient de recevoir le prix Richard H. Driehaus, qui passe pour la récompense la mieux dotée de toute la profession : 200 000 US$, accompagnés d’un bronze miniature représentant un monument de la Grèce antique, le monument chorégique de Lysicrate. Et ça, ça n’a pas de prix…

Via Building Design

 

 

Aux Joséphois, l’architecture reconnaissante

Un bon projet, c’est d’abord un bon maître d’ouvrage, qualité que les édiles Saint-Joseph-du-Lac, au Québec, savent apprécier et récompenser. « Le maire de Saint-Joseph-du-Lac, Benoit Proulx, et son conseil ont tenu à souligner, lors de la séance du conseil municipal du 9 janvier dernier, l’effort consenti, au cours des années 2014, 2015 et 2016, par des propriétaires joséphois pour restaurer, ériger ou aménager des espaces attrayants favorables au soutien de l’activité économique et la mise en valeur du territoire », relate L’Eveil. L’initiative récente de la mairie s’appuie sur « une analyse selon une grille précise portant entre autres sur le caractère architectural du lieu, la qualité de l’intégration en relation avec l’environnement immédiat, le souci de conservation des caractéristiques architecturales propres au bâtiment, la mise en valeur de produits et d’activités agricoles ou encore sur la performance énergétique et ses qualités écologiques ». 9 projets sur 200 ont fait l’objet d’une recommandation du Comité consultatif d’urbanisme (CCU) au conseil municipal. Les heureux propriétaires ont reçu du premier élu et de son adjoint à l’urbanisme un certificat de reconnaissance « visant à souligner leur engagement à conserver l’héritage du passé tout en l’intégrant harmonieusement avec l’environnement urbain actuel ». Et ça, ça n’a pas de prix, du moins pas en monnaie sonnante et trébuchante, ni même en dollars canadiens.

Via L’Eveil 

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Janick Hardy, représentante de Couche-Tard, Éric Lafrance et Julie Hubert (derrière) des Vergers Lafrance, Pierre Lamarche et Francine Daigle du Verger Lamarche, Thérèse Paquin et Julien Lauzon du Verger Julien Lauzon, Sofia Puspur et André Lamontagne, Guy Caron de Gérard Patates Frites, le maire de Saint-Joseph-du-Lac, Benoit Proulx, le conseiller Louis-Philippe Marineau, le conseiller et président du CCU Nicolas Villeneuve, le conseiller Alain Théorêt, le conseiller Donald Robinson et le conseiller Michel Thorn. Les absents de la photo: Lyne Dubé, Éric Guindon et Mélanie Poulin via l’eveil

 

Olivier Namias

Intramuros lance D80 chez Artcurial

Intramuros lance D80 chez Artcurial

Habillé de son écrin luxueux rougeoyant, D80 est le premier ouvrage d’une collection à venir des Éditions Intramuros / Bee medias. Son lancement chez la librairie Artcurial lundi 23 janvier fut l’occasion de faire parler les invités sur leur vision des années 80 et du design de cette époque charnière. En images :

D80-Design, les années 80 en vente ici

(Re)découverte du Centre Pompidou

(Re)découverte du Centre Pompidou

Alors que le plateau Beaubourg n’était encore que le parking des Halles Baltard, le président Georges Pompidou décide, en 1969, de l’affecter à la construction d’un centre culturel pluridisciplinaire d’un nouveau genre. Après observation et analyse des musées de par le monde, un concours international est lancé : une première en France. 681 concurrents répondent. Parmi eux, l’équipe constituée de Renzo Piano, Gianfranco Franchini et Richard Rogers convainc le jury, présidé par l’architecte-ingénieur Jean Prouvé. En juillet 1973, est dévoilée la maquette finale du projet. Jugé trop révolutionnaire et dans le même temps trop institutionnel, il est décrit comme un « monstre » et comparé à une « raffinerie de pétrole ». Pour autant, le gouvernement n’en démorde pas, et bien que la tête du centre soit mise à prix suite au décès de Georges Pompidou, la construction continue. Inauguré le 31 janvier 1977, le centre culturel est un triomphe, du moins de curiosité, avec 25 000 visiteurs contre 15 000 attendus. « Notre-Dame des tuyaux » devient très vite un phénomène de société, un hypermarché culturel qui fait le bonheur des sociologues et qui engendrera la renaissance des musées. (Re)découverte du Centre Pompidou, qui 40 ans après, n’a pas perdu de sa célébrité.

 

CREE 46, janvier-février 1977, Le centre national d’art et de culture Georges Pompidou

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Téléchargez la version PDF : le centre national d’art et de culture georges pompidou

 

Immobilier, patrimoine et sémantique : le revue de presse du 24/01/2017

Immobilier, patrimoine et sémantique : le revue de presse du 24/01/2017

La villa la plus chère des USA à LA, la tour Agbar de Jean Nouvel revendue à Barcelone, les agents immobilier parisiens voient le bon coté du Brexit, un éco-village à Mirapolis, Paul Chemetov en lutte, un label pour les villes nouvelles, architecture mot passepartout, une campagne présidentielle sans design, Phyllis Lambert au CCA : la revue de presse du 24 janvier 2017, spécial, immobilier, patrimoine et sémantique

 

Chez l’Oncle Sam’Suffit

Look de motel abandonné avant l’achèvement des travaux, ou de garage macédonien dont la construction aurait été stoppée au R+1 faute de financement, voire d’ex-magasin de meubles en bordure de la RN20, et pourtant : c’est la villa la plus chère des États-Unis, et elle est à vendre pour 250 millions de dollars, nous apprend la rubrique évasion (fiscale ?) de l’Express. D’une surface de 3 530 m2, elle comporte « deux suites parentales, 10 chambres d’invités, 21 salles de bain luxueuses, 3 cuisines gastronomiques, 5 bars, soit le nécessaire pour accueillir les grandes – très grandes – familles » et bien d’autres choses encore, au 924 Bel Air Road à Los Angeles. Le nom de l’architecte n’est pas mentionné dans l’article, qui cite le maître d’ouvrage, le promoteur Bruce Makowsky, célèbre pour avoir précédemment vendu une maison à seulement 70 millions de dollars – le prix du Penthouse dans la 50 UN Plaza dessiné par Foster+Partners à New York. « Je voulais redéfinir la villa luxe super haut-de-gamme », a confié le brillant Bruce à la chaine CNBC. « Je voulais casser tous les moules. Le niveau de qualité et de détail de cette maison est du jamais-vu. Et je voulais offrir le sentiment de bien-être le plus fort que vous puissiez éprouver chez vous ». Inclus dans le prix, 30 millions d’US$ en voitures de luxe et des œuvres d’art pour un montant de plusieurs millions. Il faut déduire ces sommes pas toujours précises pour avoir une idée du prix de construction au m2 de la modeste bâtisse.

Via l’Express et CNBC 

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12 chambres, 21 salles de bain et un hélicoptère sur le toit. Voici la villa la plus chère des Etats-Unis. Courtesy of Bruce Makowsky via l’express

 

Revoila Agbar

À Barcelone, les investisseurs se repassent la tour Agbar telle une patate chaude. La compagnie Agua de Barcelona (abrégée en Agbar), commanditaire du projet de Jean Nouvel livré en 2005, avait vendu la tour non sans avoir tenté, sans succès, d’en louer une partie dont elle n’avait pas l’utilité. Un ancien employé décrit un bâtiment à l’usage compliqué « qui présente la particularité d’avoir les ascenseurs et les blocs de services au centre des étages (particularité qu’elle partage avec un nombre incalculable de tours, NDLR) qui sont comme un donut. Cela empêche de voir les collègues. (…) Il y a beaucoup de lumière, parfois trop, et quand le soleil t’éblouit tu ne peux pas fermer les stores. Et il n’y a pas de vue car les fenêtres sont trop petites » – ce qui n’empêchait pas des coûts d’entretien de façade conséquents, grevés par la mobilisation d’une équipe de six personnes à temps plein dévolue au nettoyage des 60 000 lames de verre de son enveloppe. Voilà trois ans, Agbar avait vendu la tour à Emin Capital et Westmont Hospitality Group. Les deux investisseurs voulaient la convertir en hôtel de 400 chambres. Un projet abandonné suite au rejet du changement de destination par la municipalité. Elle vient d’être rachetée par le groupe Merlin, qui saura surement mettre ses talents d’enchanteur à profit pour transformer au mieux cette icône barcelonaise.

Via El Pais  et Dezeen

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Photograph courtesy of Flickr user Ania Mendrek via Dezeen

 

Brexit Sweet Brexit

Jugé catastrophique par la majorité des éditorialistes, le Brexit réjouit les agents immobiliers parisiens spécialisés dans le haut de gamme « sur ce créneau (…), nous avons eu plus de Français que d’habitude : souvent installés à Londres et travaillant dans la finance, ils anticipent un éventuel retour dû au Brexit » explique le directeur de l’agence immobilière John Taylor à Paris. « Le nombre de transactions d’un montant supérieur à 2 millions d’euros a ainsi bondi de 31% – sur un volume de plus d’un milliard d’euros de ventes réalisé par 14 agences, à Paris, St-Cloud et Neuilly-sur-Seine. Les ventes d’appartements et hôtels particuliers à plus de 15 000 euros le m2, ont grimpé de 32%. Il s’agit d’un marché de niche : les ventes supérieures à 2 millions d’euros représentent moins de 1% des transactions parisiennes, celles au-delà d’un million, environ 5% ». Bénéficiant d’un ensemble de facteurs favorables – prix “bas”, taux attractifs – ces compatriotes cruellement exilés outre-manche arrivent à point nommé pour remplacer la clientèle américaine qui a fui la capitale depuis les attentats, ou la clientèle russe évanouie avec l’effondrement du rouble. « Beaucoup de Français installés à Londres, Genève ou Bruxelles, ont acheté à Paris pour investir, pas forcément revenir » remarque un autre agent immobilier. Nous voilà rassurés : on craignait déjà l’affolement à la piscine Molitor.

Via BFM business 

 

 

Mirapolis, le retour

C’est un projet que les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre : celui du Parc Mirapolis, construit sur la commune de Courdimanche, dans le Val d’Oise. « Ouvert en 1987, le parc de loisirs de 50 hectares sur le thème de la littérature française comptait une soixantaine d’attractions – dont un grand huit, des rapides ou encore un bateau à balancier, 13 boutiques, 8 restaurants et 12 kiosques de restauration rapide. Capable d’accueillir jusqu’à 28 000 visiteurs par jour, l’aîné des grands parcs d’attractions français n’est jamais parvenu à l’équilibre financier et a été contraint de fermer ses portes cinq ans après son ouverture, en 1991. « Trop visionnaire, sans doute », suggère le quotidien Les Echos qui annonce le prochain réaménagement du site. Après avoir été «  sporadiquement utilisé depuis pour accueillir les manœuvres des gendarmes mobiles, du GIGN ou des cours de moto-école » les 110 ha où se dressait autrefois un Gargantua géant vont être convertis à l’éco-tourisme. Le promoteur Immo Vauban et la Caisse des Dépôts veulent implanter « 700 à 750 cabanes en bois, perchées dans les arbres, sur pilotis ou nichées en pleine nature. Toute équipées de cheminées », détaille la Gazette du Val d’Oise. « Ça va renforcer l’idée que notre agglo est une agglo verte. On va créer une très belle entrée d’agglomération et un poumon vert », s’enthousiasme (la maire PS de Courdimanche, Elvira Jaouën). Un poumon vert durable, aux antipodes de la mini-ville et de ses 2 000 logements qui furent un jour imaginés au cœur de ce Mirapolis, longtemps endormi et aujourd’hui tout près de se réveiller ». « Que grands tu as… les espoirs », aurait pu dire feu Gargantua à la description de cette cité, qui a déjà des allures de Miragepolis.

Via Les echos et La Gazette du Val d’Oise 

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L’ancien site du parc d’attractions Mirapolis, à Courdimanche, va connaître une seconde jeunesse via les echos

 

Cergy sans mépris

« Je ne suis pas anti-travaux, mais Cergy est l’une des villes nouvelles qui a le mieux fonctionné, et là on n’y fait pas attention » s’alarme Armelle Barret, une jeune diplômée en histoire de l’architecture contemporaine, qui a entrepris de dessiner tous les éléments particuliers de cette « ancienne ville nouvelle » : escaliers, colonnes, plaques d’égouts avec logo, éléments de signalétiques, pavés, souvent retirés sans précautions, tels ces candélabres apparaissant dans le film de Rohmer, « l’amie de mon amie », tourné en 1987. « Pour le moment, Armelle n’a pas obtenu l’écoute qu’elle souhaitait auprès des élus locaux », relate Le Parisien, qui explique que la jeune fille songe à un label pour protéger les villes nouvelles.

Via Le Parisien 

 

 

Combatif

Armelle pourra trouver de l’aide auprès de Paul Chemetov, qui va se battre pour préserver l’architecture moderne, nous apprend Batiactu. La Cour d’appel de Paris a confirmé le 2 décembre dernier l’autorisation de démolir les locaux de la CPAM de Vigneux-sur-Seine, pourtant labellisé « Patrimoine du XXe siècle ». «  Les bras m’en tombent », explique l’architecte « mais je tiens avant tout à rappeler qu’au-delà de mon bâtiment, c’est tout un quartier qui est menacé, celui de l’ensemble des Briques rouges. Cette démolition s’inscrit dans le cadre d’une convention ANRU et concerne, certes, les locaux de la CPAM mais aussi un monument aux morts, le foyer des anciens ainsi que des logements HML. Tout cela parce que les logements seraient mal habités. On revient à des attitudes du XIXe siècle ». « Chem » a rendez-vous le 26 janvier prochain à la direction de l’architecture du ministère de la Culture pour discuter de cette affaire, dans laquelle il aimerait que l’ordre des architectes intervienne au titre de partie civile. « La question que je me pose aujourd’hui c’est : est-ce que l’architecture contemporaine est un mouchoir jetable ? ». Pour l’ANRU, c’est visiblement un mouchoir dont elle se tamponne. 

Via batiactu

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Bâtiment de la sécurité sociale de Vigneux-sur-Seine, conçu par Paul Chemetov © Archives Paul Chemetov via batiactu

 

 

A toutes les sauces

C’est d’abord « la commune nouvelle (qui) ne crée pas tant une alternative qu’elle inaugure une architecture, apportant une solution à l’épineuse question de la gouvernance intercommunale. L’EPCI devient son utile complément pour exercer les compétences stratégiques et réaliser des économies d’échelle » rapporte le Courrier des Maires, parlant « d’une nouvelle architecture locale » à propos de la réforme communale. C’est ensuite l’architecture mafieuse de Publifin, « un système qui a été mis en place par Stéphane Moreau et André Gilles pour étendre l’emprise du parti socialiste liégeois sur différents secteurs économiques et industriels de la vie liégeoise», pointe François Gemenne. « C’est un système de nature mafieuse car il fait la loi lui-même, il distribue de l’argent à tout le monde pour que personne ne pose de questions». Il s’agit, on l’aura compris, d’une société fantoche ayant pour vocation la distribution de pots-de-vins. C’est enfin l’obscur « nouvelle architecture d’exécution pour la plateforme de sécurité container Twistlock 1.7 », un système informatique de protection des données. Nouvelle, mafieuse, sécuritaire, le mot architecture envahit le langage à mesure qu’il déserte les villes. Mais que fait l’Ordre (des architectes) pour lutter contre ces abus de lexique ? Voilà une idée de chantier donquichottesque pour occuper le CNOA durant l’année 2017.

Via le Courrier des Maires, Métrotime belgique et PRnewswire 

 

 

Le mot tabou

Vaincu à la primaire de la gauche, Montebourg avait aux yeux de Christian Guellerin, directeur de l’école du Design Nantes Atlantique, une qualité rarement rappelée par les exégètes de la vie politique française : « il faut reconnaître à Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Industrie, le fait d’avoir parlé du design. Pas celui qui magnifie un produit pour en fait une œuvre d’art, pas celui qui ne ferait que se limiter aux belles tables, aux belles chaises, aux belles lampes… Non, celui qui fait gagner les entreprises, celui qui permet de créer des points de valeur ajoutée, de rendre les entreprises plus compétitives… Celui qui fait d’une cocotte-minute, LA cocotte-minute. Pour la cocotte-minute, la plus belle courbe design, c’est « la courbe des ventes » – sa version à lui de « la laideur se vend mal » de Raymond Loewy. Signalant que l’Université de Tongji à Shanghai, déjà pourvu d’un conséquent département d’architecture, vient de se doter d’un département de design, Guellerin enfonce le clou « Il est dommage que les candidats à la présidentielle fassent campagne sur la promotion, l’adaptation, la compensation des recettes du passé, là où il s’agit de prévoir demain. Il conviendrait qu’ils parlent un peu de design et du formidable potentiel offert par les établissements d’enseignement supérieur français qui font du design un atout au service du développement économique ». Pas un mot sur le design dans la campagne présidentielle, déplore Guellerin. Qu’il se rassure : le terme architecture n’était pas plus employé, hormis dans les contextes baroques décrits ci-dessus.

Via Les Echos 

 

 

Phyllis en ses murs

Mettons un terme à ces troubles sémantiques :« l’architecture, ce n’est pas un bâtiment. Il faut se sortir [de la tête] le mot bâtiment. Tout édifice s’insère d’abord dans un environnement. Ce n’est pas juste d’une dent, dont il s’agit. L’architecture […], c’est un grand îlot, un quartier, un paysage » tranche Phyllis Lambert, fondatrice du CCA (Centre canadien d’architecture) qui consacre une expo à ses « 75 ans au travail ». Héritière de la famille Bronfman, Lambert avait convaincu son père de confier à Ludwig Mies Van der Rohe la conception du siège de sa société, abrité dans un bâtiment passé à la postérité, le Seagram Building. Parfois surnommée Citizen Lambert ou encore Jeanne d’Architecture, Phyllis Lambert continue, à presque 90 ans, d’encourager les opérations de guérilla urbaine, affirmant « que la ville ne doit pas être l’affaire de bureaucrates » et salue les opérations citoyennes qui visent à faire des potagers clandestins, des jardins spontanés. « Les gens vivent la ville et la comprennent, c’est pour ça que les consultations sont importantes. C’est le noyau des bonnes idées et la façon de faire la ville ». Parlant du CCA, elle explique « Nous ne sommes pas un musée qui expose des objets et déclare “ceci est l’architecture”. Nous essayons de faire réfléchir les gens ». On mesure l’ampleur de la tâche.

Via Le Devoir

 

Olivier Namias