Un dais photovoltaïque sous le soleil de Bruxelles

Les agences bruxelloises Ney & Partners et Sunsoak Design réhabiliteront un immeuble tertiaire du centre de Bruxelles. Leur projet superposant une structure solaire sur une architecture des années 70, montre que la prise en compte des problématiques énergétiques peut aussi être l’occasion d’expérimentations architecturales.

Le projet redonne à l’immeuble une tripartition classique base/corps/couronnement, avec un socle traité en creux. ©Ney&Partners/Sunsoak Design

Le temps passe à Bruxelles comme ailleurs, et les édifices apparus lors de la modernisation brutale de la capitale de la Belgique — baptisée « bruxellisation » dans sa version locale — vieillissent et doivent à leur tour faire l’objet de rénovations. C’est le cas de cet immeuble de bureau de 8 niveaux construit dans les années 70 le long de l’avenue du Jardin Botanique, en bordure de Bruxelles, la commune qui a donné son nom à cet ensemble plus vaste formant le Grand Bruxelles. Un emplacement stratégique qui a justifié l’organisation d’un concours d’architecture restreint pour la réhabilitation du bâtiment, consultation dont l’association d’agence Ney & Partners et Sunsoak Design est sortie lauréate. Le projet est clément avec l’existant : le tandem d’agences basées à Bruxelles redonne à ce projet moderne une dimension classique en lui restituant base et couronnement. L’application d’un vitrage de 6,50 m servant de vitrine aux commerces du rez-de-chaussée et premier niveau forme un socle terminant sur une grande verrière. C’est cependant au sommet de l’immeuble que se trouve la partie la plus spectaculaire du projet : une toiture photovoltaïque est lancée comme un dais entre deux portiques. Le module des fenêtres existantes forme le corps de cet ensemble qui assume dès lors une dimension monumentale. Le béton préfabriqué de la façade sera repeint et équipé de nouveaux châssis conservant la finesse des menuiseries d’origine.

L’immeuble de bureau des années 70 est surmonté d’un cadre métallique portant la couverture photovoltaïque ©Ney&Partners/Sunsoak Design

architecture et ingénierie

Que cette métamorphose passe par un travail d’ingénierie ne doit rien au hasard. Fondée par, l’architecte et ingénieur Laurent Ney, l’agence Ney & Partners s’est illustrée dans la construction d’ouvrages d’art. Elle a notamment réalisé le pont de Temse, en Belgique, et travaille actuellement sur une passerelle à Poissy, ainsi que sur le doublement piéton du viaduc ferroviaire d’Albi. Cette appétence pour la structure se retrouve dans les deux portiques de 10 et 9 mètres de haut portant la couverture photovoltaïque. Ney & Partners a prévu qu’ils soient composés de caissons en acier appuyés sur le bâtiment par l’intermédiaire d’une poutre de répartition posée sur un plat en acier et des appuis Néoprène. Aucun effort latéral induit par la couverture ne sera transmis à la structure existante.

Spécialisée dans l’intégration du photovoltaïque a l’architecture, l’agence Sunsoak s’est chargée de l’étude des ouvrages solaires, intégrés à une couverture dont la géométrie est déduite de l’équilibre des forces entre les deux portiques, qui tient lui-même compte du rétrécissement de la terrasse en fond de parcelle. Des « haubans » constitués de caissons continus en tôle acier peinte portent un ensemble de panneaux BIVP, encapsulant les cellules de silicium dans un verre feuilleté de sécurité. Le calepinage du dais a été pensé pour limiter le nombre de pièces biaises ou uniques résultant de la géométrie inégale de la toiture du bâtiment. Les 800 m2 de cellules solaires devraient assurer 30 % de la production d’électricité du bâtiment, actuellement occupé par un centre de formation.

Vue vers la place Rogier ©Ney&Partners/Sunsoak Design

Solaire intégré

Cette solution présente de nombreux avantages par rapport à la pose classique de panneaux photovoltaïques directement sur la toiture-terrasse. Flottant au-dessus du toit, l’ouvrage solaire n’a plus à tenir compte des émergences de toitures qui viendraient l’interrompre. Les panneaux solaires servent aussi d’ombrière à une terrasse ouverte sur Bruxelles, un espace accessible aux usagers des bureaux. Les émergences techniques sont intégrées dans l’aménagement planté de cette toiture-terrasse. Les architectes voient leur projet comme un totem symbolisant la transition post-COP21, la décentralisation de la production énergétique qui se rapproche de son lieu de consommation, voire s’y superpose. C’est aussi la démonstration que la production énergétique, quand elle s’intègre correctement à l’architecture, peut produire de nouveaux espaces en renouvelant les formes.

_Olivier Namias

 

La production d’énergie électrique par l’intermédiaire « dais » photovoltaïque devrait couvrir 30% des besoins énergétiques du bâtiment. ©Ney&Partners/Sunsoak Design

Architecte : Sunsoak design/

Ney & Partners

Ingénieurs : Ney & Partners

Maître d’Ouvrage : Botarogiercenter/ Stephano Immo sa, dirigé par Stéphane Dykman

Maître d’Ouvrage délégué : Immo-Pro

Site : Bruxelles, Belgique

Études : 2017

Construction : 2019

Sur les traces du Corbusier : 4 réalisations de l’architecte à voir et revoir à Paris

 

Les beaux jours arrivent doucement. C’est une belle occasion pour découvrir ou re-découvrir le patrimoine architectural qui s’est installé dans les rues parisiennes. Après vous avoir fait redécouvrir le Corbusier, et ses nombreuses facettes, nous vous proposons de découvrir ses réalisations dans la capitale. Ses œuvres sont internationales, mais vous n’avez guère besoin d’aller à l’autre bout du monde ou de la France pour observer ses réalisations. Voilà cinq de ses œuvres que vous pouvez visitez à Paris.

 

La Maison la Roche – 1925, Paris

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Maisons La Roche-Jeanneret, Paris
Photo : Olivier Martin Gambier 2016 © FLC/ADAGP
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Maisons La Roche © FLC/ADAGP

Raoul La Roche était un mordu d’art, et fervent collectionneur. Il demande à Le Corbusier d’imaginer une résidence qui lui permettrait à la fois d’exposer ses collections, tout en y habitant confortablement. L’architecte instaure alors une véritable promenade architecturale. C’est cette particularité de commande qui rend la réalisation hors-norme, d’autant plus que Le Corbusier y applique les 5 points d’une architecture moderne, tout en utilisant le béton armé, matériau nouveau à l’époque. Dans les années 1930, de nombreux artistes, architectes, et autres aficionados d’arts viennent visiter le bâtiment… et les tableaux de Raoul La Roche. Aujourd’hui, c’est ici que la Fondation Le Corbusier a établi ses quartiers. La Maison la Roche se visite, tandis que les bureaux de la fondation sont situés juste à côté, dans la Maison Jeanneret, ainsi que la bibliothèque regroupant les archives laissées soigneusement par l’architecte lui même.

 

La Maison-atelier du peintre Amédée – 1922, Paris

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Photo : Olivier Martin-Gambier 2006 © FLC/ADAGP

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Situé dans le 14e arrondissement de Paris, la maison-atelier est la première réalisation du Corbusier dans la capitale, en 1922. Il conçoit cette habitation pour son ami peintre-dessinateur Amédée Ozenfant. A l’origine, le rez-de-chaussé était occupé par le garage. Aujourd’hui, les ouvertures en fenêtres-bandeaux ont été modifiées. Le premier étage est l’habitation, alors que le second est entièrement dédié à un vaste atelier d’artiste, baigné de lumière par de grandes baies vitrées et de grands volumes, qui n’attendait qu’à être exploité par le peintre. Même si l’intérieur n’est pas visitable, vous pourrez admirer le bâtiment de l’extérieur, et relevé les différentes caractéristiques de l’architecture moderne.

 

L’unité d’habitation et sa cellule,  Cité de l’architecture et du patrimoine

unité_habitation_marseille_cité_radieuse_logement_le_corbusier_architecture_moderneSi vous souhaitez vous immerger dans les logements sociaux créer dans les unités d’habitations que le Corbusier créait à Marseille, Berlin, Firminy près de Saint-Etienne, Rezé près de Nantes et Briey-en-Forêt en Meurthe et Moselle, rendez-vous… à la cité de l’architecture et du patrimoine de Paris. En effet, vous y trouverez une reproduction grandeur nature d’une cellule d’habitation, avec le mobilier d’époque. Les deux guerres vécues par le Corbusier marque son esprit, et font grandir en lui l’envie de reconstruire le pays, en produisant des logements de masse. Il y appliquera sa pensée théorique, y appliquera le Modulor… Aujourd’hui, ces logements sont toujours habités et font partie d’un patrimoine riche à conserver !

 

La villa Savoye – 1931, Poissy

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Villa Savoye, Poissy
Photo : Paul kozlowski © FLC/ADAGP
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Villa Savoye, Poissy
Photo : Paul kozlowski © FLC/ADAGP

Pour finir, en s’éloignant quelques peu de Paris, vous pourrez visiter la Villa Savoye, véritable manifeste de l’architecte et du mouvement moderne. Cette réalisation, située dans la ville de Poissy, reprend de manière rigoureuse les 5 piliers d’une architecture moderne préconisée par l’architecte : le rez de chaussé est dégagé grâce à des pilotis, les fenêtres-bandeaux structurent des vues sur l’extérieur, le plan libre permet de dresser une façade libre de toute contrainte et le toit-terrasse crée un espace supplémentaire. Conçu en 1931 pour de riches propriétaires, la villa est classée Monument Historique depuis 1965, et Patrimoine Mondial depuis 2016.

 

Anne Vanrapenbusch

Esrawe Studio réinvente la tortilla mexicaine pour le design intérieur d’une Taquerìa

Esrawe Studio réinvente la tortilla mexicaine pour le design intérieur d’une Taquerìa

Quand l’expérience du design s’inspire d’un héritage culinaire pour concevoir des espaces toujours plus orignaux et singuliers. C’est le cas d’Esrawe studio qui a imaginé une conception spatiale pour l’intérieur d’El Califa, une taqueria située dans la ville de Mexico. Une réalisation reconnaissable par un environnement distinctif témoignant de l’identité locale du lieu.

El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio

Le dessin imaginé par l’agence de design fait référence à la tortilla et à sa traduction géométrique dans le cercle, ainsi que dans sa répétition, sa partition et ses variantes. «La tortilla a joué un rôle important dans la vie des gens au Mexique depuis l’époque préhispanique, quand nos ancêtres utilisaient des tortillas de maïs comme plat, nourriture et cuillère», explique Esrawe studio. «Aujourd’hui, tout le monde trouve des façons ingénieuses de l’utiliser, créant une touche personnelle dans la façon de préparer, de plier et de tenir un taco. »

El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio
El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio

C’est à partir de cette idée que l’agence a imaginé son concept visant à traduire esthétiquement ce plat inscrit dans la culture mexicaine de manière à l’exposer sur le devant de la scène d’une façon résolument contemporaine.

El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio

El Califa se compose d’une cuisine ouverte sur la salle et d’un bar à tacos traditionnel. 

El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio

«La mosaïque traditionnelle dans ce projet est réinterprétée dans l’espace pour générer une expression contemporaine qui devient l’élément d’identification d’El Califa», déclare Esrawe studio. 

El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio

Cette mosaïque exprime avec ingéniosité, à travers un jeu de volumes, la mise en valeur de l’un des éléments les plus fondamentaux de la cuisine mexicaine: la tortilla. En parallèle, le sol, quant-à lui, est recouvert de terrazzo agrémenté d’une grille de cercles dorés.

El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio
El Califa : une taqueria désignée par Esrawe Studio ©Camila Cossio

L’identité d’El Califa est inspirée par les « rótulos », des publicités traditionnelles mexicaines qui évoquent l’esprit de la nourriture urbaine. «C’est dans les «rótulos »que nous avons trouvé l’inspiration pour créer les nouvelles proportions et l’expression des personnages qui forment le nom emblématique d’El Califa» affirme l’agence. «Les éléments graphiques, subtilement ludiques et traduits d’une manière abstraite mais coquette des nappes des taquerías, répondent au contexte urbain et populaire dans lequel El Califa et sa cuisine sont protagonistes».

Un nouveau Musée au cœur d’Angers signé Steven Holl

Outre sa qualité de vie, Angers est à présent une agglomération qui innove. C’est à l’occasion du Mipim, que les résultats de l’appel à projets urbains «Imagine Angers» ont été dévoilés. En tête d’affiche : Steven Holl qui signera le nouveau musée des collectionneurs de la ville  et un hôtel adjacent dans le centre d’Angers.

© Steven Holl

Suite au lancement de cet appel à projets urbains, en Janvier 2017 sur sept sites emblématiques de la ville, près de 48 candidatures composées de promoteurs, d’architectes et de porteurs de projets ont été enregistrées. Après une première sélection, 29 équipes ont été retenues pour développer un concept innovant. Avec une surface avoisinant pas moins de 3 hectares, ces sites d’expérimentation  susceptibles d’accueillir environ 60 000 à 80 000 m2 de bâtiments se positionnent sur des lieux stratégiques en plein centre ville ou à proximité du tramway et du tracé de la future ligne. Sur les sept sites, Gambetta, Montaigne et le Front de Maine, ont attiré d’avantage l’attention des architectes dont celle de Steven Holl.

© Steven Holl

En collaboration avec les développeurs Compagnie de Phalsbourg et l’agence Franklin Azzi Architecture, la conception du projet de Holl s’inspire du château historique d’Angers, un château du XIIIe siècle situé à proximité, et a l’intention de former une nouvelle porte d’entrée culturelle pour la ville. Le site, le front de Maine, est également adjacent au plus grand théâtre d’Angers, le quai, créant un nouveau triangle culturel et reliant l’architecture médiévale et contemporaine de la région. L’agence Franklin Azzi Architecture s’est quant à elle chargée de l’offre des logements.

© Steven Holl

L’histoire joue énormément sur le design du musée. Avec une série de bassins réfléchissants faisant référence à la rivière qui, jadis, animait le site, le musée s’inscrit dans une démarche contemporaine visant à mettre en lumière le patrimoine du lieu.

© Steven Holl
© Steven Holl

En titane blanc, le musée mettra en vedette des galeries pour des expositions permanentes et temporaires, ainsi qu’un espace pour les événements, l’éducation et le stockage d’œuvres d’art. Le bâtiment abritera un restaurant sur le toit avec un hôtel adjacent également conçu par l’équipe de Steven Holl.

© Steven Holl

Le design de l’hôtel fait référence à la tapisserie apocalyptique du XIVe siècle, actuellement exposée au château d’Angers. Ici, le verre clair et le verre translucide ont été associés ensemble pour créer une façade évoquant la tapisserie. Ensemble, le musée et l’hôtel façonnent un jardin public de sculptures au centre du site. Des passages à travers le site engagent le jardin et relient le site et la ville à la rivière. D’un point de vue environnemental, le chauffage et le refroidissement géothermiques éliminent les combustibles fossiles, tandis que l’eau recyclée remplit les piscines réfléchissantes.

© Steven Holl

Tous les projets des participants sont actuellement exposés au Quai, pôle culturel contemporain de la ville, jusqu’au 25 mars.

Design intérieur : Medly, une nouvelle pharmacie 2.0

Des carreaux de ciment graphiques, un bureau en béton pigmenté et une palette mentholée. Voilà ce que Sergio Mannino Studio a imaginé pour l’aménagement intérieur de Medly, une nouvelle pharmacie new-yorkaise proposant un service de prescription en ligne. Un design rétro et original influencé par la culture italienne de l’agence.

Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio
Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio

Dans une ville de plus de 8,5 millions d’habitants, il n’est pas surprenant que le simple fait de visiter une pharmacie soit souvent une expérience impersonnelle. La communauté étant une valeur clé de la pharmacie Medly, SM Studio a veillé au respect de cet objectif en concevant un aménagement intérieur adapté et propice à la création de lien social. En effet, la nature du petit espace signifie que les clients vont se connecter instinctivement entre eux et avec le personnel. Contrairement aux grandes pharmacies qui séparent par inadvertance les gens avec des allées et des rayons souvent imposants et occultants.

Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio
Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio

Marg et Sahaj Patel, les propriétaires du lieu, ont une grande expérience de ce qui rend ces endroits plus chaleureux, plus confortables et plus axés sur la convivialité pour les clients mais aussi pour le personnel. Cette pharmacie qui sort de l’ordinaire se caractérise principalement par une application destinée à offrir aux new-yorkais un moyen plus efficace et plus agréable de commander des médicaments sur ordonnance. En plus du  service de livraison, elle permet aux utilisateurs de recueillir leurs ordonnances commandées en ligne et d’organiser des consultations en personne avec des professionnels.

 

 

Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio
Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio

«Medly a conçu une application complémentaire gratuite qui évite aux clients de devoir quitter la maison lorsqu’ils sont malades, sans parler des heures d’attente pour obtenir des ordonnances», a déclaré Sergio Mannino. « Mais une entreprise en ligne réussie a besoin d’une contrepartie physique et notre conception pour Medly a été créée dans cet esprit.»

Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio
Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio

Le SM studio s’est donc inspiré de l’identité visuelle de Medly pour utiliser une palette de couleurs mentholées dans la salle d’attente de la pharmacie. Les murs peints d’un vert pastel sont associés à des formes colorées arrondies qui correspondent au logo de la marque et à des carreaux de sol en ciment, créés par le designer espagnol Jaime Hayón pour Bisazza.

« Le design est à la fois ludique et élégant, un comptoir en ciment poli sur mesure avec des carreaux géométriques propres dans le cadre d’un schéma de couleur aqua-lumière« , a déclaré SM studio.

Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio
Pharmacie Medly © Sergio Mannino Studio

Le cuir vert foncé et le chrome des assises rendent hommage au concepteur japonais du 20ème siècle Shiro Kuramata. Ces sièges accueillent chacun quatre personnes, deux de chaque côté, et sont disposés de manière à encourager les conversations entre les clients.

Le Corbusier, un architecte, mais pas que !

Le Corbusier, un architecte, mais pas que !

 

Charles-Édouard Jeanneret-Gris voit le jour le 6 octobre 1887, en Suisse. Ce n’est qu’en 1920 qu’il se fera appeler par son pseudonyme : Le Corbusier. Figure du mouvement moderne, c’est un homme à multiples casquettes. Bien connu pour ses réalisations architecturales et ses réflexions sur l’urbanisme, Le Corbusier exerçait aussi dans de nombreux autres domaines tels que l’art de la sculpture, la peinture, les lettres, le graphisme… Ses diverses expériences ont nourri son travail d’architecte tout au long de sa vie.

 

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Le Corbusier devant la maquette de la Ville radieuse
Photo : The New-York Times © FLC/ADAGP

 

Jeune, il étudie la gravure et intègre l’Ecole d’Art de La Chaux-de-Fonds en Suisse, dans la section Décoration. Il s’intéresse ensuite à l’architecture. C’est en parcourant le monde que le jeune diplômé va s’inspirer et construire son bagage architecturale. « L’architecture se découvre en marchant. », disait-il. De 1907 à 1911, et encore bien après, ses voyages et ses rencontres lui permettent d’observer, d’analyser, de comprendre le monde qui l’entoure.

 

Symbole de l’architecture moderne

Il installe son cabinet d’architecture à Paris dès 1917. Parmi ses plus grandes réalisations – qui sont tout de même au nombre de 78, et plus de 400 projets –  on retrouve des figures du logement collectif et individuel, et de la culture. Les unités d’habitation, les nombreuses « villas blanches » qu’il dessine, dont la plus connue est la Villa Savoye. Celle ci est le manifeste d’une architecture moderne, que le Corbusier définit en 5 points : pilotis, fenêtre-bandeau, façade libre, plan libre et toit-terrasse. Depuis 2016, 17 réalisation ont été reconnues « patrimoine mondial de l’UNESCO » : les bâtiments du Capitale de Chandigarh en Inde, le Cabanon de RoqueBrune-Cap-Martin, la Cité Frugès à Pessac, le couvent Sainte-Marie de la Tourette, l’immeuble Porte Molitor, la maison de la culture de Firminy, la maison du Docteur Curutchet, la Maison Guiette en Belgique, la Manufcature de l’usine Duval, Le musée d’art occidental à Tokyo, la Villa « le lac » en suisse, ainsi que la célèbre Villa Savoye.

 

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La chapelle de Ronchamp, 1955
Photo : Cemal Emden 2015 © ADAGP

 

L’art-chitecte moderne

Le Corbusier ne consacre pourtant pas tout son temps à l’architecture. Chaque jour, de 8h à 13h, il se consacre à la création, à la peinture, la sculpture, les collages. Une « pause artistique » dans son activité d’architecte, qu’il considère comme nécessaire. Il dessine énormément durant ses voyages, constituant une véritable collection de carnets de croquis. Il est à l’origine de nombreuses statues, notamment en bois, qu’il peint parfois : bleu, jaune, rouge, vert, ses couleurs de prédilections, qu’on retrouve d’ailleurs dans certaines œuvres architecturales ou encore dans ces peintures.

 

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Trois figures « Bado », 1943
© FLC/ADAGP

Composer pour instaurer l’ordre

Homme de rigueur et rationnel, le Corbusier invente une unité de mesure qu’il nomme Le Modulor. Basé sur le nombre d’or et les proportions humaines, il défini les mesures de son architecture : la hauteur des plafonds, la largueur et hauteur d’une chaise, la largeur d’un couloir… Bon nombre de ses réalisations sont basées sur ce rapport : le couvent de la Tourette, les unités d’habitation… L’architecte utilise également le Modulor dans la réalisation d’affiches, ou pour ces peintures. Il met en place des tracés régulateurs, qui lui permette d’ordonner ses compositions, de fixer la géométrie de l’ouvrage de manière non-arbitraire.

 

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© FLC/ADAGP

 

L’écriture au service de ses idées

De part son grand travail théorique, le Corbusier est un « homme de lettre ». C’est d’ailleurs cette profession qu’il fera figurer sur sa carte d’identité française, lors de sa naturalisation en 1930. Il a conscience que la diffusion de ses idées doit également passer par l’écrit, et il réalise plus de 40 ouvrages. Une véritable fièvre éditoriale entraîne le Corbusier à publier aussi bien dans des revues, comme L’Esprit Nouveau, qu’il crée avec son ami Amédée Ozenfant en 1920, ou dans des recueils théoriques, comme « Vers une architecture« , qu’il publie en 1923.

 

La pratique de ce fameux architecture du XXe siècle, monument du mouvement moderne est finalement très hétéroclite. Comme il le disait, « Tapisseries, dessins, tableaux, sculptures, livres, maisons et plans de villes ne sont, en ce qui me concerne personnellement, qu’une seule et même manifestation d’une harmonie stimulante au sein d’une nouvelle société machiniste »

 

Anne Vanrapenbusch

La ville « citizen centric » se dessine à Besançon

La ville « citizen centric » se dessine à Besançon

Ville intelligente, connectée, 4.0… La ville du futur s’invite aux Journées Granvelle, qui se tiendront les 20 et 21 mars 2018 à Besançon. Au centre des débats, un sujet stratégique pour toutes les agglomérations : dépasser le prisme technologique pour mettre le citoyen au coeur des usages.

En 2050, 66 % de la population mondiale habitera dans les villes. L’irrésistible urbanisation qui modèle la démographie planétaire soulève des enjeux colossaux. Comment rendre « vivables les grandes métropoles ? » Comment organiser leur « soutenabilité économique, sociale et environnementale ? »

 Si la Smart City occupe une place de plus en plus centrale dans la réflexion stratégique des territoires, c’est qu’elle pourrait bien être un instrument commun de réponse aux principaux défis de la ville du futur. « Les opportunités inédites d’analyse et de compréhension des usages offertes par le numérique constituent un réel atout pour une orientation pragmatique et utilitaire de l’action publique dans ses différents champs d’application », affirme Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et président de la Communauté d’agglomération du Grand Besançon.

Gestion énergétique, régulation des mobilités, continuité de l’offre de santé, confort de l’habitat, sécurité publique… « Il n’est pas une grande ville qui n’ait aujourd’hui amorcé un projet de ville intelligente », confirme Emilien Maudet, directeur solutions Smart Cities chez Embix, start-up épaulant les collectivités dans la transition numérique et énergétique.

Pour l’heure, les initiatives restent encore souvent canalisées dans une posture très technologique, quand elles ne sont pas gadgétisées – combien d’applications mobiles éditées par des collectivités pour une utilisation quasi nulle ? « La vision ‘human centric’ de la Smart City va peu à peu gagner du terrain. A terme, il y aura sans doute moins d’applications, mais elles seront réellement utiles et intuitives dans leur utilisation, car pensées pour faciliter le confort de vie des citadins », avance Jean-Baptiste Bouzige, président d’Ekimetrics, agence conseil en marketing et Big Data.

 

Des villes truffées de capteurs

Aux avant-postes de cette approche servicielle, des bataillons de capteurs, installés un peu partout, enregistreront les données de fonctionnement de la ville et de ses différents espaces, à partir desquels des start-up pourront imaginer des solutions en matière de mobilité douce en libre-service, de mesure de la qualité de l’air, ou de maintien à domicile des personnes âgées.

A Oslo, 10.000 lampadaires connectés permettent d’ajuster le niveau d’éclairage selon l’heure du coucher du soleil, la luminosité et le trafic routier. A Dubaï, il suffit d’être muni de son smartphone pour prendre indifféremment le métro, le bus, le tramway, le bateau, le taxi. A Boston, une application de signalement des problèmes de voierie a permis aux habitants d’accélérer le rétablissement des connexions routières et électriques après le passage de l’ouragan Sandy en 2012. A Besançon, les résidents ont été parmi les premiers à bénéficier d’une redevance incitative sur le tri des ordures ménagères, grâce à des capteurs apposés sur toutes les poubelles publiques. « Ce dispositif nous a déjà permis en cinq ans de diminuer de 30 % le volume de déchets ménagers incinérés. Nous comptons désormais aller plus loin, en analysant les données collectées. Dans quelques années, Besançon sera l’une des villes les moins chères en matière de traitement des ordures ménagères », développe Jean-Louis Fousseret.

La déclinaison multidirectionnelle de la Smart City oblige les différents acteurs en jeu à décloisonner la réflexion. D’où l’émergence, dans de nombreux territoires, de clubs, groupements, laboratoires interdisciplinaires et associations plus ou moins formelles. « La stimulation des échanges constitue une garantie de performance et d’acceptation de l’écosystème numérique et de la ville intelligente par ses bénéficiaires finaux », explique Yves Tannier, président de l’association Silicon Comté, qui regroupe une centaine de professionnels, startuppeurs, chercheurs, communicants de la filière numérique.

 

Coeur du réacteur de cette Smart City coopérative : la data, véritable combustible de la ville intelligente.

En France, la métropole lyonnaise a été parmi les premières à embaucher un data scientist. D’autres sont en chasse. Parmi les missions de ces futurs hommes clefs : réussir les changements d’échelle. Car l’objet de la Smart City est inclusif. « Tant sur le plan technique que sur celui de la gouvernance, passer de l’écoquartier à un déploiement à l’ensemble du territoire et de ses habitants est en soi un vrai chantier. On peut supposer que les villes petites et moyennes auront ici un avantage », soutient Florent Boithias, directeur de projet Villes et territoires intelligents de Cerema, établissement public tourné vers l’appui aux politiques publiques.

UNSense, la nouvelle start-up technologique d’UNStudio, pour la création de villes intelligentes axées sur l’humain

UNSense, la nouvelle start-up technologique d’UNStudio, pour la création de villes intelligentes axées sur l’humain

UNSense, une nouvelle start-up technologique basée à Amsterdam, vient d’être lancée par l’agence d’architecture néerlandaise UNStudio. Fonctionnant comme une société soeur indépendante à UNStudio. La firme explorera et développera de nouvelles solutions technologiques pour rendre les bâtiments plus sains et les villes plus intelligentes.

©UNSense / UNStudio

Ces dernière années, une abondance d’innovations technologiques ont vu le jour menant ainsi à la théorisation et à la mise en œuvre de « villes intelligentes » matérialisées par le développement d’environnements urbains basés sur les données et conçus pour être efficaces. Bien que la plupart des technologies intelligentes soient axées sur l’infrastructure, l’approche d’UNSense semble différente puisqu’elle sera centrée sur l’humain, la santé et le bien – être .

« La révolution numérique entraîne des changements dans toutes les parties de notre vie, sauf dans l’environnement bâti« , peut-on lire dans le communiqué de presse d’UNSense. « Le moment est maintenant venu de rattraper ce retard. »

Fondé par Ben van Berkel, architecte principal de l’agence UNStudio, et basé dans un  centre d’innovation d’Amsterdam, UNSense vise à utiliser des interventions techniques dans le domaine urbain pour améliorer la santé physique, mentale et sociale des personnes. S’attaquant au manque de ressources dans les firmes d’architecture traditionnelles pour développer de nouvelles technologies, UNSense fonctionnera indépendamment d’UNStudio, et bénéficiera d’un large éventail de collaborations avec des analystes de données, des algorithmes, des neuroscientifiques, des décideurs, des étudiants, des municipalités, des sociologues, des économistes, des architectes de données, des modélisateurs économiques, des architectes et plus encore… des domaines spécialisés non disponibles dans la pratique générale. Bien qu’indépendants de UNStudio, les créateurs d’UNSense reconnaissent son potentiel pour « permettre à notre studio d’étendre son potentiel architectural en intégrant l’innovation technologique dans nos conceptions ».

©UNSense / UNStudio

 UNSense se spécialisera dans la technologie axée sur les capteurs pour une architecture centrée sur l’utilisateur.

« Nous vivons à l’ère de l’iPhone, pourtant les industries de l’architecture et de la construction sont encore dans la phase Walkman. Avec UNSense, je veux intégrer pleinement les technologies innovantes dans l’environnement bâti et améliorer la façon dont les gens vivent, travaillent et passent de A à B. Ce n’est pas le matériel ou le logiciel qui m’intéresse, mais comment cela peut être appliqué dans l’architecture et le design urbain pour améliorer notre quotidien. » explique Ben van Berkel.

UNSense explorera les technologies basées sur les capteurs à trois niveaux: la ville, le bâtiment et les environnements intérieurs. Conçues en fonction de la santé humaine, ces technologies peuvent être utilisées pour soulager le stress, créer un sentiment de sécurité et optimiser l’environnement pour le confort humain grâce à l’éclairage et à la ventilation. Les capteurs pourraient donc être utilisés pour mieux réguler le flux d’air dans les bâtiments, en éliminant plus efficacement les bactéries et les polluants. Si ce système était employé dans les bureaux et les écoles, cela pourrait réduire considérablement les absences.
« Si vous regardez la qualité de l’air dans les écoles, je suis très fâché de voir à quel point les conditions environnementales sont mauvaises« , a-t-il dit, ajoutant que les architectes avaient perdu l’intérêt de créer des bâtiments sains. « Les modernistes s’intéressaient à la santé« , a-t-il déclaré. « Aalto avec son sanatorium, mais aussi Le Corbusier, Hertzberger, les Smithson, mais ils n’avaient pas les données: en architecture, il n’y a pas tellement de discussions sur le design adaptatif sensoriel, il n’a pas vraiment été repris par les architectes ces derniers temps. Je veux le faire. »
UNSense sera également un pionnier des technologies pour rendre les villes plus durables. « Nous devons faire beaucoup pour protéger notre planète« , a déclaré Van Berkel. « Nous essayons de rendre nos bâtiments neutres en énergie. »

©UNSense / UNStudio

Les solutions UNSense sont déjà en train de passer du laboratoire à la ville. «CitySense», une infrastructure sensorielle qui recueille des données afin de mettre en œuvre des expériences personnelles positives pour les gens qui vivent et travaillent, mène actuellement des essais à Amsterdam et dans d’autres villes néerlandaises.

©UNSense / UNStudio

Pendant ce temps, «Solar Brick», un  module PV solaire alliant performance et esthétique, pouvant être utilisé sur les toits et sur des façades entières, a le potentiel de transformer l’ensemble du tissu urbain de nos villes en véritables centrales électriques. Permettant l’application de l’énergie solaire à une échelle beaucoup plus grande; non seulement comme une couverture sur le toit, mais comme un matériau de revêtement pour la façade ou l’enveloppe entière des bâtiments.

MVRDV voit la vie en rose avec le Musée d’art de Taoyuan

MVRDV vient de dévoiler sa proposition pour un grand musée d’art à Taiwan. Un design qui s’est classé troisième dans le cadre d’un concours international. Située à proximité de Taipei, la capitale du pays, ainsi que de l’aéroport national, la ville de Taoyuan s’est agrandie ces dernières années. En tant que nouvelle institution culturelle, le Musée d’art de Taoyuan cherche à donner à la région un sentiment d’identité et de caractère pour sa population croissante.

©MVRD
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La conception de MVRDV, agence néerlandaise basée à Rotterdam, pour le musée de 29 000 mètres carrés est inspirée du symbole de la fleur de pêche de Taoyuan. Le plan directeur du vaste complexe comprend une série de salles qui contiennent différents aspects du programme global. Le musée, qui se trouve dans la zone rose (ou cerise), comprend une série de bâtiments à échelle humaine. 

©MVRD
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Le projet se définit principalement par une programmation répartie au sein d’une configuration spatiale circulaire, une superposition de volumes semblables à des pétales et un jeu de connexions organiques. Ces figures en forme de fleurs se dessinent dans le parc donnant ainsi naissance à des ombres aussi subtiles que délicates. A travers cette expression architecturale et paysagère, MVRDV souhaitait réaffirmer l’héritage culturel et identitaire du lieu grâce à une ré-interprétation des symboles locaux.

©MVRD
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Les façades, en aluminium rosé, sont utilisées tout au long du projet pour donner un caractère unique et reconnaissable au site. Pour MVRDV, «le Musée d’art Taoyuan et son paysage environnant deviennent une véritable destination culturelle avec un parc qui transforme la région en une sorte de salle de cerisiers pour la ville» . La compétition a finalement été remportée par Joe Shih architect, Riken Yamamoto et Field shop.

©MVRD
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Outre le résultat de ce concours, cette semaine marque aussi le début de la construction de Lyon Part-Dieu, la proposition primée de MVRDV pour transformer le centre commercial de la ville datant de 1975. Le complexe de 166 000 m2 sera réaménagé en un mélange de centre commercial et de loisirs associé à un nouvel espace public qui intègrera le centre commercial à la ville. Dans le but d’améliorer le complexe original, le design de MVRDV a pour objectif de revitaliser la façade existante en lui donnant une touche contemporaine. En cohérence avec l’identité existante et pour réduire l’empreinte de construction du bâtiment, les panneaux de façade actuels seront redistribués tout au long de la conception afin de mettre en place une entrée distincte, semi-transparente et accueillante. « Lyon Part-Dieu, nous dessinons cette façade avec de grands pixels qui, nous l’espérons, donneront une dimension plus humaine non seulement au centre commercial, mais à l’ensemble du site« , explique Winy Maas, co-fondateur de MVRDV. « En 2020, Lyon Part-Dieu sera à la fois un lieu de vie et de shopping, mais aussi de culture et de détente dans un cadre réinventé. » Les bâtiments resteront ouverts pendant la construction.

 

Aérotropolis d’Oslo, en route vers la ville durable du futur

Haptic et Nordic, deux agences d’architecture norvégiennes, viennent de dévoiler les plans du tout premier aéroport urbain positif au monde. Etendue sur un site de 370 hectares, cette ville durable située à côté de l’aéroport d’Oslo sera entièrement alimentée grâce à un système d’auto-production énergétique et desservie par des véhicules électriques sans conducteur pour devenir ainsi la première ville aéroportuaire positive pour l’énergie.

©Haptic & Nordic

« C’est une occasion unique de concevoir une nouvelle ville à partir de zéro», a déclaré Tomas Stokke, directeur de Haptic Architects . «En utilisant des stratégies d’urbanisme robustes telles que la mobilité piétonne, des densités appropriées, des façades actives et un centre-ville sans voiture, combinées avec les derniers développements technologiques, nous serons en mesure de créer une ville verte et durable du futur. »

©Haptic & Nordic

Aérotropolis : quand un système d’échanges fabrique la ville et dessine le développement urbain de demain.

À une époque bercée par la mondialisation et par un système économique axé sur la vitesse,  les environnements urbains sont de plus en plus étroitement liés aux aéroports. Une réalité à l’origine d’un phénomène architectural qui se répand dans le monde entier : l’aérotropolis . Le concept définit au début des années 2000 par l’universitaire américain John Kasarda, se définit par une vaste région urbaine cosmopolite ouverte sur le monde et qui se développe autour d’un grand aéroport. Selon lui, «les aéroports dessineront le développement urbain et l’implantation des entreprises au 21e siècle comme l’ont fait les autoroutes au 20e, les chemins de fer au 19e et les ports au 18e.» L’aérotropolis fonctionne dans un système concentrique, autour duquel se développent des secteurs industriels, des services hôteliers, des services culturels et scientifiques, et enfin des écoles et des universités.

©Haptic & Nordic

Le cas d’Oslo : un support technologique, vecteur d’innovations et de durabilité

Les deux firmes norvégiennes ont visé plus haut, cherchant à concevoir le premier aerotropolis du monde à énergie positive pour la capitale norvégienne. La nouvelle ville fonctionnera uniquement avec l’énergie renouvelable produite, en vendant l’électricité excédentaire aux villes voisines ou en l’utilisant pour déglacer les avions. Cette Cité du futur n’aura que des véhicules électriques et les architectes ont promis que ses citoyens ne seront jamais à plus de cinq minutes des transports en commun.

©Haptic & Nordic

La technologie verte sera utilisée pour réduire au maximum les émissions de carbone de la ville. Le projet servira de banc d’essai pour les technologies futures, y compris les voitures électriques sans conducteur , l’éclairage automatique, la gestion intelligente des déchets et de la sécurité, et peut-être une flotte d’avions électriques.

« Oslo Airport City servira de catalyseur pour une activité économique de grande valeur en Norvège . Nous nous attendons à ce qu’il crée des emplois hautement qualifiés et à long terme  des produits scientifiques et technologiques. En tant que développeurs urbains axés sur des solutions durables et innovantes, nous pensons que l’avenir du développement d’une ville aéroportuaire en Norvège et à Oslo ne dépend pas de si, mais de quand ! » affirme Thor Thoeneie, directeur général d’Oslo Airport City

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Plus qu’un terrain de jeu pour une ère technologique, le CAO incorpore des stratégies centrées sur l’humain. Les effectifs de l’aéroport d’Oslo devraient presque doubler, passant de 22 000 à 40 000 d’ici 2050. Avec les travailleurs et leurs familles, le CAO fournira des logements à une communauté de résidents de longue durée ainsi que des visiteurs de courte durée. Au coeur d’un parc public, la ville durable répondra à la passion de la Norvège pour les activités sportives et de loisirs de plein air.

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La construction de la première étape de la ville devrait débuter à la fin de 2019, les premiers bâtiments devant être achevés en 2022.

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Le programme OAC a été soutenu par le gouvernement norvégien, qui est en train de passer du pétrole à l’énergie verte. L’aéroport d’Oslo, qui appartient au gouvernement norvégien, prévoit d’exploiter sa propre flotte de véhicules exclusivement électriques d’ici 2025.