Rem Koolhaas inaugure Lafayette Anticipations à Paris

Comment créer un lieu inédit, en plein cœur de Paris, dans un bâtiment classé ? Comment faire pour que les volumes contemporains soient à la fois modulables et en harmonie avec le patrimoine existant, qui doit être respecté ?  Une question que l’architecte néerlandais Rem Koolhaas a saisie, et dont il nous livre une réponse avec le bâtiment de Lafayette Anticipations, en plein Paris.

 

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Photographies : Delfino Sisto Legnani and Marco Cappelletti
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Photographies : Delfino Sisto Legnani and Marco Cappelletti

 

Inauguré le samedi 10 mars dernier, les locaux de Lafayette Anticipations se situent en plein coeur du Marais parisien.  Ils s’inscrivent dans un ancien bâtiment industriel, en pierre. Classé, il s’accompagne de bons nombres de contraintes. Ce qui n’a pas fait peur à l’agence OMA, puisque, rénové à l’identique et conservant ses proportions d’origine, le projet promet de devenir un nouveau symbole pour l’empire Lafayette. Cela fait 5 ans, depuis 2013 et la création de Lafayette Ancipiation, que l’on attendait son ouverture. 3 ans après le début des travaux,  la réhabilitation de cet immeuble parisien par l’agence d’architecture OMA, et son architecte phare Rem Koolhaas, dévoile son architecture. Une architecture discrète mais radicale : invisible depuis la rue, mais marquante par sa verticalité une fois qu’on y pénètre.

Il ne s’agissait pourtant pas de construire un énième musée contemporain, dans une ville qui déborde de lieux culturels. La fondation n’est pas un écrin pur où l’on viendrait uniquement observer une collection. C’est une boite à outil pour les artistes d’aujourd’hui. Lieu pluridisciplinaire, Lafayette Anticipations mélange art, mode et design. Il se veut aussi lieu de rencontre et d’échange, de production et de création… Guillaume Houzé est aujourd’hui à la tête de ce projet. Arrière-arrière-petit-fils du fondateur des Galeries Lafayettes, il souhaite participer à cet engagement qui lie la création et le public, comme les Galeries l’ont toujours promu. Sa passion pour l’art, c’est une histoire de famille, que Guillaume Houzé tente de faire perdurer à travers ce nouveau concept. Souhaitant un lieu hybride, il fait tout naturellement confiance à Rem Koolhaas, habitué à la question de la pluridisciplinarité et de la modularité d’un espace.

 

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Photographies : Delfino Sisto Legnani and Marco Cappelletti
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Photographies : Delfino Sisto Legnani and Marco Cappelletti

 

Le rez de chaussée est ouvert au public, et fait le lien entre les rues Plâtre et Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie : un lieu de passage, qui favorisera, on l’espère, la rencontre entre la culture et le grand public. L’espace réhabilité de 2 200 m² comprend, sur quatre niveaux : des salles d’expositions, une boutique et un café. Le sous-sol est complètement destiné à la production : 400 m² de machines et divers ateliers, dédiés aux artistes et à la création artistique !

Le clou du spectacle ? La tour de verre et d’acier de 20 m de haut, que Rem Koolhaas a imaginé dans la cour intérieur du bâtiment. Il s’agit d’une structure métallique composée de 6 poteaux, sur lesquels sont fixées des crémaillères (tige métallique crantée) ainsi que 2 plateaux, qui seront modulables au grès des envies et des besoins artistiques. Chaque plateau peut être divisé en 2, donnant 4 plateformes mobiles. En tout, 49 configurations différentes sont possibles, afin que la tour s’adapte à la création, et non l’inverse !

 

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Photographies : Delfino Sisto Legnani and Marco Cappelletti

 

C’est finalement la contrainte du patrimoine classé qui a poussé OMA à penser autrement et à raisonner d’une manière différente pour la conception de ce projet. L’envie d’un espace de rencontre entre artistes et publics, entre expositions et productions, permettra sans doute de générer de la curiosité, et de mettre en valeur le travail réalisé par les artistes sur place.

Lafayette Anticipations,
9 Rue du Plâtre
75004 Paris

Anne Vanrapenbusch

OMA : la « Tour » de la Fondation Prada bientôt ouverte au public

La Fondation Prada de Milan a annoncé l’ouverture au public de la « Tour » le 20 avril 2018. 

Inaugurée en 2015 et imaginée par l’agence OMA sous la direction de Rem Koolhaas, la Fondation est devenue en l’espace de ces deux dernières années un haut lieu culturel italien. Le nouveau site, une ancienne distillerie datant des années 1910, est aujourd’hui un complexe architectural composé de sept bâtiments préexistants et trois nouvelles constructions : le Podium, le Cinéma et la Tour. Dernière pièce architecturale du complexe, la Tour abritera la collection permanente de l’institution. Ce nouveau volume s’inscrira comme une nouvelle référence visuelle pour la ville. 

© Fondation Prada

D’une hauteur de 60 mètres, la structure de ciment blanc se dressera sur la skyline milanaise et offrira une vue imprenable sur la ville. Sur les neuf étages de la structure, six seront des espaces consacrés à l’exposition d’œuvres de grande envergure et d’installations issues de la collection Prada, des œuvres du 20e et 21e siècle. Les trois autres étages abriteront des restaurants et des aménagements dédiés aux visiteurs. Au sommet du bâtiment, une terrasse panoramique accueillera un bar.

© Fondation Prada

Chaque étage de la tour est configuré comme un seul espace avec des conditions environnementales spécifiques. La moitié des niveaux se développe sur une base trapézoïdale tandis que les autres évoluent sur un plan rectangulaire. Les façades extérieures sont caractérisées par une succession de surfaces de verre et de béton, exposant l’intérieur à la lumière de tous les angles sauf au Sud où un élément en acier et en béton unit la tour à un dépôt. 

© Fondation Prada

La structure géométrique complexe comprend une variété d’oppositions et de fragments conçus pour ne jamais former une seule image définie. Ceci différencie l’aspect extérieur de la tour selon la perspective de l’observation, incarnant la vision architecturale de la fondation entière. 

© Fondation Prada

« En introduisant de nombreuses variables spatiales, la complexité du projet architectural contribue au développement d’une programmation culturelle ouverte et en constante évolution », affirme Rem Koolhaas. Il ajoute que le projet de la Fondation Prada n’est pas un travail de conservation ni même de création d’une nouvelle architecture. Il s’agit plutôt de la mise en oeuvre de deux dimensions coexistant et se confrontant dans un processus d’interaction continue. Ancien et nouveau, horizontal et vertical, large et étroit, noir et blanc, ouvert et fermé … ces contrastes établissent la variété des oppositions qui décrit la nature de la nouvelle Fondation. En introduisant autant de variables spatiales, la complexité de l’architecture favorisera une programmation ouverte et instable, où l’art et l’architecture bénéficieront des défis de l’autre.

L’architecture se féminise, les inégalités persistent

L’architecture se féminise, les inégalités persistent

A l’occasion de la journée internationale du Droit des Femmes, la Maison de l’Architecture recevra ce Jeudi 8 Mars à 19h00, l’association MéMo, pour un temps d’échanges sur la place et la situation des femmes à l’heure actuelle dans les métiers de l’architecture.

La disparité entre les hommes et les femmes sur le lieu de travail est depuis longtemps une source de préoccupation, à la fois  au sein de la profession d’architecte et au-delà. Au cours de ces dernières années, le débat sur l’égalité des sexes en architecture est devenu peu à peu une réalité non négligeable et beaucoup se demandent pourquoi, au XXIe siècle, notre profession peut être une voie de carrière si difficile pour les femmes. 

Les chiffres le prouvent, depuis les années 1970 la profession d’architecte se féminise de manière manifeste. Le nombre de femmes inscrites à l’Ordre des architectes est passé de 7.5% en 1983 à 27% en 2015. Elles représentent également plus de 55% des diplômé.e.s des Ecoles Nationales Supérieures d’Architecture en 2009, contre 46% en 2000. Pourtant derrière ces chiffres, demeurent des inégalités au sein de la profession. Auto-entrepreneuriat, temps partiel, inégalité de rémunération et d’accès à la commande, sont autant de précarités auxquelles les femmes architectes sont plus souvent confrontées. En 2014, le revenu moyen de celles exerçant en libéral représentait 57% du revenu moyen de leurs confrères.

Atteindre la parité en architecture est essentiel. Au-delà des inégalités professionnelles à combattre et de l’invisibilité des femmes dans la profession (dans les média, les grands prix, l’accès à la commande d’envergure, à la tête des agences,…), il s’agit de transformer la vision de la ville et de générer de nouvelles pratiques pour construire des territoires plus inclusifs, où l’ensemble des modes de vies sera pris en compte. Nos villes devraient pouvoir être construites par et pour tous et toutes.
« Nous savons que les femmes assurent également une grande partie de la diversité des pratiques, essentielle à l’existence d’une architecture de qualité. Agissant bien souvent dans l’ombre, elles conseillent les maîtres d’ouvrage, sensibilisent les plus jeunes, démocratisent l’architecture et sont de véritables atouts au service de nos territoires.» précise Christine Leconte, Présidente de l’Ordre des architectes d’Île-de-France.

Cette rencontre organisée par Mémo et soutenue par l’Ordre régional sera l’occasion de revenir au travers d’une série de vidéos sur la féminisation de la profession et de questionner les enjeux de cette métamorphose sur la construction de nos territoires. Seront aussi exposées des affiches réalisées par des étudiants.es de l’école d’architecture de la Ville & des Territoires de Marne la Vallée, dans le cadre de l’intensif : (DÉ)GENRER UN ESPACE DU « COMMUN », cours coordonné par les enseignantes Fanny Lopez (Mcf Eavt) avec Lucile Biarrotte (Lab’Urba) et le collectif La rage.

 Créée en 2017, l’association MéMo (Mouvement pour l’Equité dans la Maîtrise d’œuvre) lutte contre les discriminations professionnelles observées au sein des métiers de la construction. Cette association regroupe architectes, urbanistes et paysagistes, et a pour objectif d’identifier les inégalités professionnelles, de comprendre leurs mécanismes et de proposer un certain nombre d’actions. La sensibilisation auprès du grand public, au sein de l’enseignement professionnel, auprès des institutions et des pouvoirs publics et privés, doit permettre de rendre visible et de promouvoir le travail des professionnelles pour atteindre l’égalité et permettre ainsi une mutation de nos environnements en territoires inclusifs. 

Lien vers le Facebook de Mémo Collectif Mémo

L’architecte indien Balkrishna Vithaldas Doshi reçoit le Pritzker Prize 2018

Balkrishna Vithaldas Doshi, architecte indien âgé de 90 ans, a reçu hier le Pritzker Price 2018, grâce à « une architecture sérieuse, jamais tape à l’œil et se moquant des modes ». Retour sur le parcours d’un architecte qui a, depuis toujours, tenté d’associer le modernisme occidentale à la culture indienne.

« la vie est célébrée lorsque modes de vie et architecture fusionnent ».
Balkrishna Vithaldas Doshi, 2018

 

Né le 26 août 1927 à Pune, en Inde, Balkrishna Vithaldas Doshi grandit dans une famille qui travaille dans le milieu de l’industrie du meuble. Jeune enfant, ces professeurs et son entourage remarquent chez lui un sens de l’esthétique et des capacités créatives frappantes. C’est un enseignant du lycée qui le pousse à postuler à la l’Ecole d’Architecture de Bombay, qu’il intègre en 1947. Année de l’indépendance de l’Inde, cet événement le marquera. Il poursuite ses études à l’Université Polytechnique de Londres en 1951.

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En Europe, il travaillera durant 3 ans dans l’atelier de Le Corbusier. Il en est d’ailleurs le dernier collaborateur. Il participe activement aux suivis de chantiers, jusqu’à retourner en Inde pour l’agence, afin de coordonner la réalisation du Palais des Filateurs à Ahmedabad. Plus tard, il s’y installe et ouvre son agence avec deux autres architectes. Il travaillera avec Louis Kahn et Anant Raje, pour la commande d’un nouveau campus universitaire à Ahmedabad.

Travailler avec et pour les étudiants, Balkrishna Vithaldas Doshi aime ça. Ses compétences de pédagogue l’aide à accompagner les étudiants de l’école d’architecture d’Ahmedabad qu’il crée en 1962. Il voit cette école comme un « sanctuaire de la culture » où les « moyens institutionnels, les recherches (…) seront toujours importants ». Il est aussi le fondateur du Centre for Environmental Planning & Technology, dont il dessinera les locaux. Ces qualités d’orateur le mènent à faire de nombreuses conférences à travers le monde, afin de rendre l’architecture au grand public, puisque celle ci est, de toute les manières, le premier intéressé quand il s’agit de la construire.

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Dans son travail et ses réalisations, l’influence du mouvement moderne, qu’il côtoie lors de son périple en Europe au près de Le Corbusier, se fait sentir. Cependant, Balkrishna Vithaldas Doshi a toujours voulu faire transparaître les traits de la culture indienne qui lui ai si chère. Il tisse des liens entre ses souvenirs d’enfance et ses influences spirituelles indiennes, et son intérêt pour l’architecture occidentale. Dans ses projets, il donne une importance primordiale à l’environnement et au cadre dans lequel s’insère son architecture. Le jury du Pritzker Price 2018 fera remarquer son engagement pour une architecture durable.

 

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Cours intérieure de la bibliothèque de l’Institut indien de management d’Ahmedabad, inspirée des temples hindous.

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Ensemble de logements dans les quartiers de Ahmenabad 

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Life Insurance Corporation 

 

Reconnu pour son travail, Balkrishna Vithaldas Doshi est membre de différents jurys, et a reçu plusieurs prix qui sanctionnent la qualité de son architecture. Il a participé au jury de l’Aga Khan Award for Architecture, qu’il remporte d’ailleurs en 1996, il a également été jury du Pritzker Price de 2005 à 2007.  Cette même année, il reçoit le Global Award for Lifetime Achievement for Sustainable Architecture, de la part de l’Institut Français d’Architecture, puis est fait Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France en 2011. Il reçoit de nombreux autres prix et distinctions, à travers le monde entier, qui mettent toutes en valeur le travail d’un architecte qui souhaite travailler au plus proche des habitants et de la nature, afin de créer une architecture contemporaine durable.

Anne Vanrapenbusch

David Adjaye révèle les plans de la nouvelle cathédrale nationale du Ghana

Après avoir imaginé un musée d’espionnage qui a récemment ouvert ses portes en plein coeur de Manhattan, l’architecte britanno-ghanéen, David Adjaye surprend de nouveau en dévoilant la conception de la future cathédrale nationale du Ghana, à Accra.

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

C’est à l’occasion du 61ème anniversaire de l’indépendance du pays, que le président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo a présenté au grand jour ce tout nouveau projet qui accueillera notamment un auditorium de 5000 places sous un toit concave spectaculaire. La conception de ce nouveau bâtiment emblématique a été envisagée comme «une incarnation physique de l’unité, de l’harmonie et de la spiritualité», un lieu où les gens de toutes confessions seront les bienvenus pour recueillir et pratiquer leur foi.

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

« La cathédrale adressera le chaînon manquant dans l’architecture de notre nation en fournissant une église de but national« , a déclaré le président Akufo-Addo. « Il s’agira d’une maison de culte et de prière interconfessionnelle, et servira aussi de lieu d’événements officiels de nature religieuse, tels que les inaugurations présidentielles, les funérailles nationales et les services d’action de grâces nationaux.« 

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

Adjaye Associate signe ici son premier grand projet à Accra. Si auparavant l’agence ne travaillait que sur des projets résidentiels privés dans la région, elle prévoit désormais d’ouvrir son propre bureau sur place afin de répondre à une clientèle qui ne cesse de croître depuis ces dernières années, en plus de ceux déjà présents à Londres et New-York.

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

David Adjaye, qui est née en Tanzanie de parents ghanéens, a déjà réalisé une série de bâtiments sur le continent, y compris un centre de traitement du cancer pour enfants au Rwanda et un immeuble d’appartements à Johannesburg .

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

La cathédrale nationale du Ghana sera construite à côté du cimetière Osu, près de la place de l’Indépendance et du stade sportif d’Accra, dans un jardin paysager de 5,5 hectares perché sur un socle dramatique et accessible par des escaliers monumentaux aux extrémités Nord-Est et Sud-Ouest.

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

« C’est un immense honneur d’avoir eu l’opportunité de contribuer à quelque chose de cette envergure et de l’importer dans mon pays d’origine (…) J’ai cherché à construire un bâtiment qui non seulement comprend son paysage, mais qui soit unique à Accra et à la nation ghanéenne », déclare David Adjaye.

Le concept de ce lieu spirituel repose sur l’idée de mettre un place un bâtiment «où la religion, la démocratie et la tradition locale sont étroitement et symboliquement entrelacées», faisant ainsi référence à la culture ghanéenne.

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

À l’intérieur, Adjaye Associates collaborera avec certains des artistes les plus célèbres du Ghana et d’Afrique pour créer des ornements et des meubles sur mesure. La cathédrale contiendra un certain nombre de grandes chapelles, un baptistère, un auditorium de deux étages, une vaste salle centrale, une école de musique, des installations pour les chorales, une galerie d’art, un magasin et plusieurs salles polyvalentes. Le bâtiment abritera également le premier musée biblique et centre de documentation de l’Afrique, qui éduquera les visiteurs sur l’histoire du christianisme et de la construction de la nation au Ghana. Le projet verra également le développement d’une nouvelle route cérémoniale qui reliera la cathédrale à d’autres sites à proximité, y compris la State House d’Accra et la place de l’Indépendance.

Cathédrale nationale du Ghana ©Adjaye Associates

En plus, d’avoir remporté le prix de Design of the Year 2017 avec le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine à Washington DC, l’architecte britannique n’a pas fini de nous surprendre. Plus d’une demi douzaine de projets aussi remarquables les uns que les autres sont amenés à voir le jour au cours des prochaines années.

 

  • Ruby City pour la Fondation Linda Pace, San Antonio, États-Unis, prévu pour fin 2018. Les façades distinctives du musée d’art contemporain de 2 000 pieds carrés seront constituées de panneaux de béton préfabriqués cramoisis parsemés de granulats de verre.
  • Observatoire Mémorial de l’Extinction de masse (MEMO), île de Portland, Royaume-Uni, prévu pour 2019 Cette spirale de pierre de 30 mètres de haut sera un mémorial pour les espèces éteintes du présent et du futur. Le mémorial abritera une documentation sur les 860 espèces identifiées comme disparues depuis la disparition du dodo au 17ème siècle.
  • Studio Museum, New York, États-Unis, prévu pour 2019
  • Bibliothèque et centre d’événements publics de Winter Park, Orlando, États-Unis, prévus pour 2020
  • 130 William St, New York, États-Unis, prévu pour 2020. Ce gratte-ciel résidentiel de 66 étages, situé dans le quartier financier sera dotée d’un extérieur texturé en béton, conçu pour compléter la matérialité des bâtiments commerciaux en brique historiques environnants.
  • Musée letton d’art contemporain, Riga, Lettonie, 2021. Lauréat d’un concours international de design, le bâtiment aura un paysage de toit angulaire, référençant les maisons traditionnelles en bois de l’architecture baltique domestique.
  • UK Holocaust Memorial, Londres, Royaume-Uni, prévu pour 2021
Trois maisons au Pérou, par Barclay & Crousse architectes

Trois maisons au Pérou, par Barclay & Crousse architectes

Après s’être confronté à l’urbanisme chaotique de la ville de Lima, il faut prendre la direction du Sud pour regagner la tranquillité péruvienne. C’est au km 116 de la seule route bordant  la côte du Pérou  que les architectes Sandra Barclay et Jean-Pierre Crousse ont imaginé trois projets résidentiels. Cachées derrière un large portail en bois, une quinzaine de maisons  se côtoient sur les hauteurs arides de la plage La Escondida. Agrippées à la falaise, trois maisons font face à l’immensité de l’océan pacifique…

C’est au cours des années 1998, 2001 et 2002 que Barclay et Crousse dessinèrent ces trois projets depuis leur atelier parisien, trois maisons nommées casas 39, 40 et 41. Conscients de la difficulté à suivre un chantier à distance et désireux de garder le total contrôle sur la réalisation, le couple d’architecte ôta tout détail superflu du projet pour ne garder que le gros œuvre et la notion d’espace. Préférant travailler avec les matières environnantes afin de minimiser le coût et l’énergie de transport, les maisons se constituent essentiellement de béton pour la maçonnerie, de brique en terre crue pour le remplissage, enduites par la suite de ciment parfois peint.

S’inspirant de certains principes des maisons pré-colombiennes, Barclay et Crousse imaginèrent des espaces, pour la majeure partie, extérieurs, afin de dépasser la notion d’abri pour s’intéresser en priorité à l’idée de microcosme. Grâce à une forme moderne et épurée , les espaces, à la fois fluides et transparents, entretiennent ainsi quasiment toujours un lien avec le paysage.

_Cécile Gauthier

Images  :Nicolas Balsan

Tout juste lauréate du prix d’Architecte de l’année (Architect of the Year Award) décernée par l’Architectural Review, Sandra Barclay donnera ce soir une conférence à l’Académie d’architecture, 9 place des Vosges à Paris, sur le thème « La Présence de l’absence »

http://www.barclaycrousse.com

Biographie : Nés à Lima, Jean-Pierre Crousse et Sandra Barclay ont enseigné ou étudié à l’école d’architecture de Paris-Belleville. Depuis 2006, ils sont installé à Lima. En 2016, ils ont assuré le commissariat du Pavillon Péruvien à la 15e biennale d’architecture de Venise.

La piscine de Roubaix, un patrimoine industriel devenu musée !

La ville de Roubaix, à quelques pas de Lille, est une ville qui a un grand passé industriel, notamment dans le textile et la laine. Les filatures roubaisiennes exportent dans le monde entier jusque dans les années 1960 ! Au coeur de cet élan économique, la ville brasse de nombreux types de populations, aussi bien ouvrières que de riches industriels. En 1926, le maire décide de lancer le projet d’une piscine. Loin d’être une folie, il souhaite que cet endroit devienne un véritable lieu de rencontre, avec un enjeu social majeur.

photo archives piscine de roubaix musee
© A. Picandet

 

La conception est confiée à l’architecte local Albert Baert. L’architecture qu’il dessine confère aux lieux un aspect théâtral qui fait émerger un réel intérêt pour la piscine dans la population locale, qui travaille majoritairement dans les usines textiles. C’était l’effet escompté par l’architecte. Le plan de la piscine reprend celui d’une abbaye, avec la présence marquante de vitraux dans l’axe majeur du bâtiment. Après son ouverture en 1932, la piscine devient rapidement un lieu de vie. Le solarium et la laverie sont également appréciées, tout comme la présence d’un coiffeur, et de bains publics. Mais en 1985, la voûte, trop fragile, menace de s’effondrer. La piscine est donc fermée pour des raisons de sécurité.

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© Alain Leprince

 

Aujourd’hui, vous pourrez toujours entendre les cris d’enfants et les plongeons des plus grands, mais ils ne seront que fictifs.  Le musée d’art et d’industrie André Diligent, plus connu sous son appellation « La Piscine de Roubaix », est aujourd’hui devenu un des musées les plus connus de la région Lilloise, et son caractère étonne toujours ! Sa réhabilitation, confiée à l’architecte Jean-Paul Philippon et terminée en 2001, nous permet de profiter de ce lieu historique, tout en mettant en valeur les collections d’objets industriels si présents dans la région. Vous pourrez admirer des sculptures le long des bassins, ou encore assister à un défilé de mode. Les cabines qui entourent l’espace deviennent vitrines, les murs de céramique sont aujourd’hui les supports des tableaux. Cette année, la Piscine s’agrandit, afin de bénéficier de 2 000 m² d’exposition supplémentaires. Cela dit, il faudra se presser pour visiter le musée avant sa fermeture pour travaux, du 1er avril au mois d’octobre 2018.  Pour les plus patients, nous vous donnons rendez vous à l’automne prochain pour l’inauguration de l’extension de la Piscine de Roubaix !

 

musée la piscine de roubaix culture exposition statues
© Alain Leprince
musée la piscine de roubaix culture exposition statues
© Alain Leprince
musée la piscine de roubaix culture exposition statues
© Alain Leprince

C’est finalement un essai transformé pour ce patrimoine industriel : le lieu sportif et de rencontre qu’était la piscine dans son usage premier, a su devenir un espace culturel et d’échanges grâce à une rénovation réussie.

Anne Vanrapenbusch

Architecture acoustique : le Voxman Music Building

LMN Architects imagine une architecture audacieuse aux performances acoustiques sans précédent pour la nouvelle salle de concert d’Iowa City.

Voxman Music Building © Tim Griffith

En juin 2008, après des semaines de pluies incessantes dans l’Iowa, des inondations ont englouti les terres agricoles, les routes et les villes. Le déluge, l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire de l’État, a également submergé des parties du campus de l’Université de l’Iowa à Iowa City, laissant les installations artistiques de l’école noyées dans un lac d’eau brune. Près d’une décennie plus tard, la nouvelle école de musique de l’institution a ouvert ses portes. A présent, le Voxman Music Building est situé entre le campus de l’université et le centre-ville d’Iowa City. En forme de L, le bâtiment de six étages et de 184 000 pieds carrés, établit un véritable lien entre la vie du campus universitaire et le centre-ville d’Iowa City. Conçue par l’agence LMN Architects basée à Seattle en association avec la firme locale Neumann Monson Architects, cette architecture propose des systèmes acoustiques personnalisés, fruit d’une collaboration intensive entre architecte, acousticien et machine.

Voxman Music Building : images techniques © LMN

Le Voxman Music Building vise à célébrer la musique « à chaque tournant », et à fournir un environnement collaboratif et exploratoire qui permet à chacun des espaces d’être utilisé pour des spectacles en étant traité comme un espace de performance. Le bâtiment partage ce sens de la découverte musicale avec les usagers à travers une expression transparente. D’un point de vue conceptuel, la configuration des rues et des espaces ouverts dans ce quartier d’Iowa City s’étend directement aux espaces intérieurs à plusieurs niveaux, elle permet ainsi de cultiver un sentiment de vitalité urbaine verticale et d’offrir à ce bâtiment une place dans le tissu urbain, mais aussi dans la communauté.

Voxman Music Building : images techniques © LMN


Le Voxman Music Building occupe un site important à l’angle des rues Clinton et Burlington, une intersection très fréquentée. Recouvert d’un écran texturé de nageoires grises qui reflètent et captent la lumière du soleil, ce bâtiment en terre cuite est défini par ce jeu dramatique de volume et de lumière. 

Voxman Music Building © Tim Griffith
Voxman Music Building © Tim Griffith
Voxman Music Building © Tim Griffith

Mais ce drame spatial est né de la nécessité de satisfaire les besoins programmatiques complexes de l’école dans les limites de son site relativement compact. En plus d’une salle de concert de 700 places et d’une salle de récital de 200 places, les architectes avaient besoin de 65 salles de pratique, de 58 studios de professeurs, d’une salle d’orgue, d’une salle de livres rares et d’une bibliothèque qui devait être isolée de manière sonore dans des volumes autonomes.

Voxman Music Building © Tim Griffith
Voxman Music Building © Tim Griffith

Par ailleurs, les salles de performance devaient être situées au deuxième étage pour faciliter le transport d’instruments lourds tels que des pianos (le bâtiment en contient 140) et des timbales à travers un seul niveau. 

Voxman Music Building © Tim Griffith

Un coin vitré revigore la façade. Comme une maison de poupée, le bâtiment offre aux passants un aperçu des multiples activités qui se déroulent à l’intérieur. Une expérience urbaine où les visiteurs peuvent ainsi apercevoir, depuis la rue, la salle de récital couleur vermillon, ou encore, les élèves gravissant un escalier en zigzag dans un atrium central imposant. Une manière de mettre en contact le bâtiment avec la ville et ses habitants mais aussi de baigner les espaces intérieurs dans une lumière naturelle quasi permanente.

Voxman Music Building © Tim Griffith
Voxman Music Building © Tim Griffith

Bien que ce mur de 30 pieds de haut entièrement réalisé en verre bardé offre une vue sur la vie de ce centre de spectacle, sa matérialité, quant-à elle, pose certains défis acoustiques. Un problème contrecarré par la mise en place d’un mur écarlate constitué de panneaux acoustiques personnalisés avec des moulages en forme de pierres précieuses pour une absorption sonore optimale. Des composants de façade aux systèmes acoustiques que LMN a travaillés pour optimiser les besoins souvent contradictoires de performance acoustique, de qualité esthétique et de constructibilité.

Voxman Music Building © Tim Griffith
Voxman Music Building © Tim Griffith

Presque tous les espaces sont acoustiquement accordés et accordables, améliorant ainsi la flexibilité pédagogique, renforçant la valeur d’une collaboration fortuite et cultivant des opportunités d’apprentissage actif et en équipe. Chaque espace doit s’adapter à un large éventail de performances, de la voix à la percussion.

Voxman Music Building © Tim Griffith

De nombreuses exigences des espaces de performance de l’installation sont satisfaites par une conception architecturale de haute performance. Pour ce faire, LMN souhaitait adopter une approche rationalisée dans ce nouveau bâtiment notamment pour la salle de concert principale où ils ont mis en place un dispositif  suspendu « theatro-acoustique ». Un système qui allie l’éclairage, le son et l’architecture dans un écran en aluminium. Contrairement aux approches traditionnelles, qui traitent l’acoustique et la structure du bâtiment comme des entités distinctes, le design de LMN réinvente tout le matériel technique comme une seule surface sculpturale qui se verrouille dans la structure globale de la salle. Si le design acoustique standard est une armure, le système de LMN est une feuille particulièrement inventive. Les architectes ont utilisé un modèle paramétrique pour façonner 946 panneaux d’aluminium composite unique en une seule forme avec toutes les bonnes ouvertures pour le logement des haut-parleurs, l’éclairage théâtral et domestique, et même les gicleurs d’incendie. 

Voxman Music Building : images techniques © LMN

«L’intention était de réunir une série de composants nécessaires pour une pièce comme celle-ci», explique Stephen Van Dyck, le directeur de LMN, «dans un système ou un geste unifié  deviendrait l’expression sculpturale principale de la pièce».

Voxman Music Building : images techniques © LMN

Van Dyck ajoute que même s’il ne connaît pas une salle de concert moderne qui englobe ces fonctions dans une seule surface, l’idée n’est pas unique. «Les cathédrales gothiques feraient de même avec leurs plafonds voûtés, unissant le son, la structure et la lumière en un geste cohérent (…) Nous voyons cela comme une approche similaire et intégrée.« 

Voxman Music Building : images techniques © LMN
Voxman Music Building : images techniques © LMN

Malgré cette preuve de concept historique, les architectes ont dû faire fonctionner leur trouvaille et démontrer sa faisabilité. En utilisant leur modèle paramétrique pour générer des données de fabrication, ils ont réalisé des prototypes à grande échelle des composants du système avec le routeur CNC et construit une douzaine de modèles.

« La plus grande victoire de notre prototypage interne prouvait que cela pouvait être fait (…) Le fait de montrer des composants prototypes aux acousticiens, aux constructeurs et aux clients les a convaincus qu’un système aussi complexe et unique pouvait fonctionner. » nous explique Van Dyck.

Voxman Music Building © Tim Griffith
Voxman Music Building © Tim Griffith

Le résultat est une conception de plafond sculpturale et performante qui présente un nouveau modèle de collaboration et de résolution de problèmes entre les disciplines. Une réflexion qui a valu à ce projet de remporter le prix d’excellence 2017 dans la conception éco-énergétique décerné par l’AIA Iowa Chapter et le prix du choix populaire dans la catégorie Architecture + Fabrication des A + Awards en 2013.

Luis Barragán, l’architecte coloriste mexicain

Luis Barragán est un architecte mexicain, né en 1902 et mort en en 1988, à Mexico. Il est un des architectes les plus reconnus au Mexique, et son architecture a su se démarquer des autres réalisations de ses contemporains, notamment par l’utilisation des couleurs vives, devenues la marque de fabrique de l’architecte. Il obtient un diplôme d’ingénieur en 1923, après quoi il décide de voir du pays, en voyageant à travers l’Europe durant trois années. Il rencontre entre autre Le Corbusier, Ferdinand Bac, qui influenceront son style architectural. Il s’imprègne du style vernaculaire méditerranéen et apprécie tout particulièrement les espaces paysagers.  Malgré des lignes architecturales qui semblent tout droit venues du mouvement moderne, Luis Barragán refuse le fonctionnalisme, et préfère utiliser la lumière comme une véritable matière à projet.

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©René Burri

 

De ses voyages en Europe, il retient tout particulièrement les jardins et l’aménagement paysager. Il intègre les grands principes de l’époque et revient au Mexique, où il réalise l’aménagement des jardins du Pedregal. Ce grand terrain de 5 km² avait été ravagé par une coulée de lave, sur laquelle Barragán va faire naître un des plus riches quartiers de Mexico. Il en dessine les routes et les flux, les fontaines, les villas qui s’y trouvent.

 

Parmi les réalisations majeures de l’architecte, on peut noter sa Maison-atelier, qui devient un manifeste de son architecture, symbole du mélange entre architecture moderne et culture mexicaine. Construite en 1943 dans les Jardins du Pedregal, elle se compose d’un rez de chaussée, de deux étages et d’un jardin privatif. L’utilisation du béton n’est pas étonnante, puisqu’il est devenu le matériau phare du mouvement moderne.  En 2004, elle est classée au patrimoine mondial de l’humanité.

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Si Luis Barragán devait être une couleur, ce serai le rose. Le ranch Cuadra San Cristóbal à Los Clubes, à Mexico en est un bon exemple. C’est une oeuvre majeure de l’architecte, qui doit sa singularité aux monochromes de rose utilisés dans sa réalisation. Dans la cour, le bassin joue un rôle de miroir, décuplant les formes géométriques, également soulignées par leur couleur.

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Anne Vanrapenbusch

Marie-Christine Labourdette nommée directrice de la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Marie-Christine Labourdette nommée directrice de la Cité de l’architecture et du patrimoine.

 

Sur proposition de Françoise Nyssen, ministre de la Culture, le Président de la République a nommé Marie-Christine Labourdette présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Elle succède à Guy Amsellem qui occupait ces fonctions depuis décembre 2012. Administratrice générale au ministère de la Culture. Elle a été secrétaire générale de l’Académie de France à Rome à la Villa Médicis, directrice régionale des affaires culturelles de Bourgogne, avant de rejoindre en 2007 le cabinet de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, comme conseillère patrimoines et architecture. Nommée en juin 2008 directrice des musées de France, puis directrice chargée des musées dans la nouvelle direction générale des patrimoines en 2010, elle a assumé le pilotage de la politique publique nationale en faveur des musées de France.

Marie-Christine Labourdette devra faire de la Cité de l’architecture et du patrimoine une « maison commune » ouverte à l’ensemble des disciplines, métiers et écoles de pensées et contribuer à « susciter chez les Français un désir d’architecture ». Une rude mission !