EP7 : une guinguette numérique en plein Paris conçue par l’agence RANDJA

Depuis quelques mois, le quartier de la Bibliothèque nationale de France est animé par  un nouveau projet signé par l’architecte Farid Azib de l’agence Randja. EP7, appelé également guinguette numérique, est un lieu de création, de restauration et d’inventivité architecturale. Composé d’une façade numérique le bâtiment propose une programmation éclectique pensée par l’équipe du Point Ephémère mêlant concerts, salons de jeunes créateurs, conférences, expositions et restauration.

©David Boureau

Le projet s’inspire de la philosophie du Point Éphémère, à qui la Ville de Paris a demandé de créer un café-concert dans le quartier de la BNF pour faire vivre la mémoire des bâtiments et des lieux tout en les transformant. L’action se concentre sur les façades-enseignes : pour les façades communicantes, des Split / Flap displays sont récupérés. Ces anciens tableaux d’affichage à défilement mécanique des gares permettent de créer un bâtiment architecturalement singulier et d’interpeller les usagers sur la mémoire du lieu, situé au-dessus des voies ferrées. Les displays se mettent en action, pendant une minute ou deux, toutes les heures pour faire apparaître des messages : « Ils annoncent un DJ de Berlin pour demain à 23 heures » !

©David Boureau

Pour intégrer au mieux le programme dans la ville et la réglementation liée au bruit, trois plate-formes de 80 m² chacune, libres de tout obstacle, dans le gabarit des 12 mètres autorisés, sont superposées et les circulations verticales (sas, vestiaire, cuisine, bureau…) sont positionnées latéralement comme écrans acoustiques des futurs logements. La terrasse accessible est intercalée entre le rez-de-chaussée et le deuxième étage, cadrée par les deux blocs de services et des panneaux acoustiques perpendiculaires à la façade. Les entrées et sorties se font par des sas ; la salle du rez-de-chaussée dispose de parois fixes vitrées doubles et pleines pour la continuité de l’isolation. La structure du bâtiment situé sur une infrastructure existante est métallique avec des planchers collaborants, afin de minimiser le poids et de répondre aux exigences d’un chantier propre.

©David Boureau

En réponse à la volonté du Point Éphémère et de la Ville de Paris de créer un lieu festif qui attire les Parisiens, le bâtiment est brut pour permettre une expérimentation artistique propre au lieu. Le traitement de la façade est un hommage au passé du territoire et à l’habileté de l’institution à transformer des lieux anciens en temples de la modernité.Ce projet de guinguette numérique est né de la volonté de la SEMAPA de créer un lieu unique, créatif dans ce quartier en devenir. Cette volonté l’oriente tout naturellement vers la riche expérience de plus de 20 ans d’Usines Ephémères, dans l’activation et l’animation de lieux insolites.

©David Boureau

Le programme a donc été soigneusement élaboré en étroite collaboration avec l’équipe du Point Ephémère.

« C’est sous le terme de guinguette que le projet désigne le café culturel. Loin d’être un anachronisme des deux siècles derniers, le vocable revêt bien la demande actuelle du quartier en termes de convivialité et de création de lien social. Certes, dans une guinguette, on y danse, on y boit mais surtout l’on s’y côtoie dans une mixité bienvenue. C’est un endroit de stabilité dans ce quartier qui apparaît aujourd’hui comme un espace de circulation.« 

©David Boureau

« Il nous semble donc important d’imaginer dans la structure même de ses façades, des murs média, des colonnes de pixels «sur mesure» appuyant architecturalement les lignes de force du bâtiment et permettant de relayer quantité d’informations.« 

©David Boureau

Le projet reprend les grandes lignes du programme souhaitées par l’exploitant qui le désirait comme un signal urbain, une architecture non formatée et cultivée…

©David Boureau

L’EP7, nom actuel de l’équipement tire cette appellation du nom de la parcelle, et fût employé dès la programmation. Il est souhaité comme « lieu singulier et mouvant, de culture et cultivé ». Il est voulu comme une île, qui « attire et soustrait », un lieu à part et différent.

« Un lieu qui se nourrit de son public, de ses échanges de ses rencontres… »

« Un lieu qui diffuse et rayonne (ses parois sont vectrices d’images et d’information). Tel Janus, comme le quartier d’affaires qui l’accueille, sur des rythmes inversés, la guinguette mute en fonction des heures du jour et de la nuit. Le lieu de tous les possibles ».

©David Boureau
©David Boureau
©David Boureau
©David Boureau

Le rez-de-chaussée est largement ouvert, sur l’avenue de France, sur la Place Jean-Michel Basquiat. Son sol, dans la continuité de l’espace public le prolonge jusqu’au sein de l’EP7. Les circulations verticales en nombre de deux sont excentrées latéralement pour répondre aux exigences de sécurité (établissement recevant du public ERP), pour les besoins de flexibilité (privatisations possibles avec des accès dédiés), pour améliorer les performances acoustiques. Ces deux « blocs » verticaux jouent un rôle tampon afin de protéger les logements à proximité des nuisances sonores. Enfin ce dispositif libère trois plateaux « libres » sur trois niveaux.

©David Boureau

Les parties techniques regroupant les réserves, les vestiaires et sanitaires l’espace scène, le bar et ses réserves se glissent sous les volées d’escaliers. Les circulations verticales accompagnent le visiteur aux niveaux supérieurs. Chaque palier est l’occasion d’échappées (larges baies vitrées) sur la ville…

©David Boureau
©David Boureau
©David Boureau

Le restaurant, implanté au dernier niveau, se donne à voir, et laisse entrevoir au sud sur la Place le vieux 13 -ème, au nord sur l’avenue, la Seine, le Tribunal de Grande Instance et la ville en devenir.

©David Boureau

Enfin, le troisième plateau : belvédère, solarium, lieu de détente ou de fête offre un espace inouï surplombant le parvis et l’avenue. Le programme rêvé « un lieu privilégié pour tous, imaginé telle une terrasse dans une médina imaginaire ».

©David Boureau
©David Boureau

Conscients et anticipant les futures plaintes pour nuisances…  Ses concepteurs ont intercalé cet espace ouvert entre le restaurant « perché » et l’espace polyvalent du rez-de-chaussée. Emmitonnés entre les parois des circulations verticales, du plancher bas du restaurant, les regards et les sons s’échappent canalisés vers l’avenue et la place.

©David Boureau

L’EP7, veut être vecteur de signes et de sens, d’informations et d’oeuvres, véritable lieu en mouvement, laissant transparaitre et affichant en grand sur des cimaises électroluminescentes les vibrations intérieures. Cette thématique du programme, « totem communiquant » engage considérablement l’architecture du bâtiment.

Appel à projets : prix COAL

Appel à projets : prix COAL

« Le Prix COAL s’adresse à tous les artistes qui, à travers le monde, témoignent, imaginent et expérimentent des solutions de transformation des territoires, des modes de vie, des organisations, et des modes de production. Ensemble, ils participent à construire un nouveau récit collectif, un nouvel imaginaire, patrimoine commun en développement, cadre positif, optimiste et nécessaire pour que chacun trouve les moyens et la motivation de mettre en oeuvre les changements vers un monde plus durable et plus juste.

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Wang Shu et Lu Wenyu : première exposition monographique en France !

Wang Shu et Lu Wenyu : première exposition monographique en France !

Arc en rêve centre d’architecture consacrera, du 31 mai au 28 octobre 2018, une grande exposition monographique pour la première fois en France, sur l’ensemble de l’œuvre de Wang Shu et Lu Wenyu de l’agence, Amateur Architecture Studio. L’agence distinguée en 2012 par le prestigieux prix d’architecture Pritzker porte un intérêt pour l’architecture traditionnelle chinoise. Son œuvre, en rupture avec la production urbaine majoritaire en Chine, se réalise avec une pratique engagée entre mémoire et projet, innovation et tradition.

© Iwan Baan

Wang Shu & Lu Wenyu, architectes installés à Hangzhou, développent au sein de leur agence Amateur Architecture Studio une approche résolument différente de l’architecture majoritaire en Chine.

© Iwan Baan

Par opposition à une modernité souvent destructrice dont ils s’émancipent, ils affirment de nouvelles pratiques de l’architecture, à la fois inventives et critiques.
Amateur Architecture Studio sont des constructeurs. Ils travaillent en prise directe avec les mutations de l’architecture et des modes de vie en Chine. Ils interprètent le savoir-faire traditionnel chinois dans un langage architectural contemporain, empreint de poésie.
Le nom de l’agence, Amateur Architecture Studio, traduit son intérêt pour l’architecture chinoise vernaculaire, artisanale, peu dispendieuse, spontanée et temporaire.

© Iwan Baan

Soucieux de préserver les techniques traditionnelles des savoir-faire populaires  Amateur Architecture Studio adopte une position critique vis-à-vis de la profession d’architecte en Chine qui, dans un contexte de mutations urbaines et rurales, privilégie l’image aux usages et cède le plus souvent aux logiques financières et aux manifestations symboliques.
L’agence se confronte à la question des destructions massives et à la reconstruction sauvage des villes chinoises.

© Iwan Baan

Ils exercent leur compétence au service de « la tradition contemporaine ». Ils défendent le caractère professionnel de l’architecture amateur ; cependant l’exercice conceptuel est sérieux : il s’agit de penser un mode de vie.
Ils exercent leur métier d’architecte à la manière de l’artisan, expert en innovation. C’est une démarche expérimentale au sens littéral. Il n’y a pas de postulat théorique préalable.
Le travail d’Amateur Architecture Studio se focalise sur la réinterprétation de l’architecture traditionnelle locale à partir du recyclage et de la réutilisation.

© Iwan Baan

La récupération de matériaux, le recours aux méthodes artisanales et aux techniques
de constructions ancestrales sont autant de sources d’inspiration.
Pour Wang Shu et Lu Wenyu, la forme est secondaire. L’architecture n’est pas artistique, ils ne s’opposent pas à l’art non plus. Le langage de l’art inspire simplement l’architecture pour construire en toute liberté.

© Iwan Baan

Au cours des dix dernières années, Amateur Architecture Studio a réussi à créer une œuvre remarquable, extrêmement singulière dans son écriture, qui interroge le rôle de l’architecte aujourd’hui, au-delà des frontières de la Chine.

© Iwan Baan

Exposition du jeudi 31 mai au dimanche 28 octobre 2018
arc en rêve centre d’architecture – grande galerie

Entrepôt, 7 Rue Ferrere, 33000 Bordeaux
ouvert du mardi au dimanche de 11:00 à 18:00
nocturne le mercredi jusqu’à 20:00

Grand Nausicaá sur le point d’être inauguré !

Boulogne sur Mer est la deuxième plus grande ville du département du Pas-de-Calais. Capitale de la Côte d’Opale, c’est également le premier port de pêche de France. Parmi les immanquables de la ville, on retrouve l’Aquarium Nausicaá . Depuis 2016, celui-ci bénéficie d’un vaste programme de remaniement architectural. Grand Nausicaá ouvre ses portes au public dès samedi prochain !

 

 

C’est l’architecte Jacques Rougerie, déjà à l’origine du bâtiment initial, qui a été sélectionné en juin 2014 pour la réalisation de ce projet. Son expérience de constructions d’aquariums à travers le monde, et sa connaissance du bâtiment, ont su faire la différence. Il est à l’origine d’Océanopolis à Brest, du Musée d’archéologie sous-marine d’Alexandrie… Il a également l’habitude de construire en bord de mer, mais aussi sous la mer, concept qu’il explore dès les années 70.

 

Depuis 1991, l’aquarium Nausicaá fait rêver petits et grands, et participe à la sensibilisation pour la protections des océans. La modernisation du bâtiment permettra d’intégrer une dimension scénographique plus importante, et d’accueillir toujours plus de visiteurs. L’aquarium compte bien rester la première attraction touristique du Nord pas de Calais et devenir le plus grand aquarium d’Europe. Un projet ambitieux pour la ville qui compte en profiter pour donner une nouvelle impulsion à son urbanisme et son économie.

 

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Chantier du grand bassin

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Dans son architecture, Jacques Rougerie reprend le vocabulaire marin. Les coques d’un voilier se dresse contre le vent venu de la Mer du Nord, la raie manta que l’on peut deviner en plan s’élance au large… Au delà de la prise de position architecturale, le projet relève de nombreux défis techniques. Le visiteur n’en a peut être pas conscience – et c’est là toute la subtilité !- mais derrière ces bassins, se cachent des kilomètres de gaines techniques et de pompes, qui permettent de filtrer, d’analyser et de contrôler la qualité de l’eau et sa température. Un travail main dans la main avec les ingénieurs de VINCI était indispensable ! Lors de la mise en eaux des bassins, chaque retenait son souffle. D’ailleurs, l’attraction phare du nouveau Nausicaá sera sans aucun doute le bassin de 10 000 m3 ! Les visiteurs pourront s’aventurer dans un tunnel sous l’eau, et s’immerger au plus près des requins et raies géantes… Le vitrage de 100 m² est également une prouesse technique. Sans compter le plancher d’1 m 50, dont l’épaisseur est justifiée par le poids du bassin qu’il doit supporter !

 

L’architecte Jacques Rougerie a prévu le découpage du chantier en deux grandes phases. Il a permis à Nausicaá de rester accessible au public durant les travaux. Ainsi, la première phrase est sur le point d’être inaugurée. Elle se compose d’un nouvel espace d’accueil et de nouveaux lieux d’exposition. La seconde phase ouvrira l’an prochain, si les fonds nécessaires sont récoltés. Elle comprendra l’univers polaire et le pôle événementiel. Au delà d’une simple rénovation, il s’agit d’un véritable changement d’échelle. Nausicaá compte accueillir près d’un millions de visiteurs par an grâce à ce nouvel aménagement.  Lancement le samedi 19 mai 2018 !

Monoloko imagine un bar monochrome au design atmosphérique

Monoloko Design, une firme de design russe qui se fonde sur les dernières tendances stylistiques et la technologie de pointe, est fière d’annoncer l’achèvement de la refonte du Galaxy Bar et du Bottle Shop. Installé dans un bâtiment néoclassique de Moscou, le nouvel intérieur monochrome de la brasserie artisanale et les formes géométriques d’un bleu profond incarnent les éléments philosophiques du «cosmisme russe» et du «suprématisme», créant une atmosphère propice à la liberté et à l’imagination.

©Dmitry Chebanenkov

«L’idée était de créer un espace monochrome pur et lumineux qui facilite la libération de l’esprit et l’expansion des perceptions humaines, comme si nous marchions sur une toile d’art non objective.»

©Dmitry Chebanenkov

«La couleur a une grande influence sur la perception humaine et a une capacité extraordinaire à influencer les humeurs et les émotions.»

©Dmitry Chebanenkov

Redéfinir l’imagination

La philosophie de la supériorité de la couleur sur la perception humaine a été le moteur de la création d’un espace conçu pour libérer l’esprit de ses clients et où les ensembles perceptuels peuvent intervenir pour influencer les perceptions et la manière dont ils interagissent avec leur environnement. L’éclat et la clarté de l’intérieur monochrome du bar sont d’autres mondes, évoquant des perceptions d’un espace clair et ouvert, dépourvu d’influences de couleur typiquement attribuables au pouvoir de l’homme et de la nature.

©Dmitry Chebanenkov

Reflétant l’idéologie de Kazimir Malevitch, Monoloko a ensuite combiné les couleurs monochromes de l’espace avec les principes fondamentaux du suprématisme, un mouvement artistique abstrait dédié au sentiment artistique pur et aux formes géométriques de base. L’idée était de créer un espace ouvert imaginatif où les sources lumineuses et la couleur modifieraient les perceptions visuelles du mobilier géométrique tridimensionnel de la barre, défini comme suprématiste dans la composition et monolithique dans la mise en œuvre.

©Dmitry Chebanenkov
©Dmitry Chebanenkov

Une sphère céleste

Surplombant le bleu vif de l’espace, Monoloko s’est efforcé de créer une atmosphère paradisiaque ressemblant à un univers sans limites à travers la création d’une installation lumineuse spatiale, composée de néons flexibles enveloppés dans une coque en polyuréthane. L’effet qui en résulte est la perception d’un espace libre non objectif, où les usagers peuvent prendre du recul par rapport à leurs conceptions traditionnelles du temps et de la substance.

©Dmitry Chebanenkov
©Dmitry Chebanenkov

A propos de Monoloko Design

Monoloko Design imprègne les dernières tendances stylistiques, la technologie de pointe et les traditions architecturales établies dans chaque projet. Combinant les principes fondamentaux de l’architecture et du design avec une vaste expérience dans la construction, l’approche détaillée de Monoloko pour chaque projet unique garantit que la pertinence de ses maisons et de ses intérieurs perdurera pour plusieurs générations.

La Villa Tugendhat de Ludwig Mies van der Rohe

Brno, deuxième ville de République Tchèque. Elle est pourtant bien éloignée de Prague, la capitale, autant d’un point de vue géographique que de l’intérêt que l’on peut y porter. Et pourtant, cette ville de Moravie du Sud abrite un chef d’oeuvre de l’architecture moderne : la Villa Tugendhat. Conçue par l’architecte Mies van der Rohe pour la riche famille d’industriels textiles des Tugendhat, elle fait aujourd’hui partie de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

 

La Villa Tugendhat est une réalisation qui relève du mouvement moderne et s’inscrit dans le fonctionnalisme tchèque. Elle répond également à la célèbre phrase de l’architecture : Less is more. La construction se termine en 1930. La Villa s’inscrit sur un terrain en pente, et se place en haut de celle-ci, profitant ainsi d’une vue imprenable sur la ville et sur le jardin. Cependant, celle ci sera finalement gâchée par les réalisations d’autres constructions dans les alentours de la Villa.

 

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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau

 

Elle se compose d’un rez de chaussée qui donne sur rue ainsi que d’un rez de jardin. Le premier se compose des espaces de service, et d’un escalier qui permet de rejoindre les pièces de vie au niveau inférieur. Celui-ci est entièrement vitré sur la façade donnant sur le jardin. Mies van der Rohe opte pour un plan libre, afin de laisser place à de vastes espaces non contraints. Les usages ne sont pas délimités par des murs ou des cloisons. L’exemple le plus frappant est bien l’espace de vie collectif, qui regroupe un salon, une salle à manger et un bureau. Ceux-ci sont disposés dans une unique pièce mais constituent des espaces indépendants. La structure en acier se compose de poteaux de forme cruciformes, et permet de ne pas avoir recours à des murs porteurs. La matérialité de l’intérieur a été minutieusement pensée par l’architecte. Ceux ci se révèlent être très coûteux, un luxe que la famille Tugendhat peut se permettre. Le mur courbe en bois précieux englobe la salle à manger alors que qu’un mur d’onyx sépare le bureau du salon.

 

Fervent pratiquant de l’architecture totale, Mies van der Rohe dessine également le mobilier de la Villa, ainsi que les interrupteurs. Ainsi, on retrouve la célèbre chaise Tugendhat, avec sa structure en acier tubaires et son assise matelassée et ses liens de cuir.

 

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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau

 

Durant la seconde Guerre Mondiale, la Villa est occupée et pillée par les nazis puis par les russes. Son destin est également entravé par la guerre Froide, qui ne facilitera pas son entretien. Elle devient par la suite un centre de rééducation, avant d’être déclarée « Bâtiment culturel ». A ce titre, elle bénéficiera d’une campagne de restauration entre 2010 et 2012. Aujourd’hui, il est possible de visiter la Villa Tughendhat, uniquement sur réservation.

Selgascano et son pavillon flottant pour la triennale de Bruges

Depuis quelques jours et jusqu’à la mi-septembre, la ville historique de Bruges deviendra un terrain de jeu accueillant œuvres d’art et installations publiques. La Triennale de Bruges 2018 réunit quinze artistes et architectes sous le thème de la «ville liquide», utilisant l’eau qui traverse et entoure la ville comme une métaphore de la flexibilité et de la résilience à une époque où rien ne semble certain. Ensemble, les points de rencontre, les pavillons et les événements artistiques forment un sentier d’accueil ouvert qui rassemble les gens dans des endroits inattendus. Dans le cadre de ce programme, l’agence d’architecture espagnole Selgascano a érigé une structure organique accrocheuse qui offre une retraite paisible au bord de l’eau.

La Triennale s’installe pour la seconde fois à Bruges. Le parcours d’art contemporain, avec des installations surprenantes d’artistes et d’architectes renommés dans le monde entier, se déploie à travers tout le centre historique de Bruges. La Triennale explore l’avenir de la ville à la manière d’un phare qui se veut rassurant. Bruges comme cité liquide, ouverte et impliquée, moteur du changement sociétal, culturel et politique. Bruges comme berceau du renouvellement.

© iwan baan

De même que les Brugeois du Moyen Âge ont façonné la physionomie de leur ville, les citoyens d’aujourd’hui partagent leurs rêves et leurs désirs sur la vie en société à Bruges. La Triennale de Bruges 2018 encourage l’interaction et pose de nouvelles fondations. Le centre historique devient par métaphore une ville liquide, littéralement entourée d’eau. Un mouvement artistique continuel qui s’écoule à travers toute la ville tantôt comme un fleuve impétueux, tantôt comme un doux ruisseau.

© iwan baan
© iwan baan
© iwan baan

Flottant sur le canal, la structure de Selgascano a été façonnée comme un habitat de forme organique avec des murs semi-translucides roses et orangés.

© iwan baan

La couleur de la façade du pavillon génère des vues filtrées de l’eau environnante et offre un endroit ensoleillé et serein pour s’arrêter et se reposer. La silhouette sinueuse de la structure serpente à travers l’eau et repose sur une plate-forme flottante qui offre un endroit idéal pour les adultes et les enfants à patauger ou s’aventurer dans les canaux.

© iwan baan
© iwan baan

Le projet incarne l’un des principaux objectifs de la Triennale : susciter des rencontres et interpeller le public non seulement pour voir les œuvres d’art, mais aussi pour en faire l’expérience et faire partie du processus créatif.

Foster + Partners conçoit une communauté créative dans le ciel

Foster + Partners a dévoilé aujourd’hui sa vision du nouveau siège de DJI, leader mondial de la robotique, actuellement en construction à Shenzhen. En tant que «cœur de l’innovation» pour l’entreprise, le nouveau bâtiment défie l’idée traditionnelle de l’espace de bureau pour former une communauté créative dans le ciel.

Foster + Partners unveiled their vision for DJI's new headquarters in Shenzhen, which will be the ‘heart of innovation’ for the company. The building defies the traditional idea of office space to form a creative community in the sky: http://bit.ly/2rvseXZ

Publiée par Foster + Partners sur Mercredi 9 mai 2018

Les tours jumelles combinent des espaces sensibles de recherche et développement avec des fonctions de bureau et d’autres fonctions publiques. Les planchers flottants disposés en porte-à-faux sont reliés à des noyaux centraux par de grandes fermes en acier. Cette méthode constructive permet ainsi de créer d’immenses espaces sans colonnes, avec des laboratoires d’essai uniques à quadruple hauteur destinés à tester les drones directement dans les airs. Les tours sont connectées par un pont s’élançant dans le ciel, qui deviendra une autre plate-forme pour présenter les dernières technologies de drone.

Le rez-de-chaussée abrite un espace d’exposition public qui rend hommage à l’excellente réputation de DJI en matière de développement technologique, ainsi qu’un nouveau théâtre pour les lancements de nouveaux produits et une grande variété de salles de gymnastique ultramodernes.

« Notre objectif est de créer un environnement de travail unique qui incarne l’esprit d’invention et d’innovation qui a permis à DJI de devenir le leader mondial de la robotique et de la technologie« , explique Grant Brooker, directeur du studio Foster + Partners.

UNStudio remporte la compétition pour le nouveau pont de Budapest

UNStudio remporte la compétition pour le nouveau pont de Budapest

En 2017, le gouvernement municipal de Budapest a annoncé un concours international de conception architecturale pour imaginer le design d’un nouveau pont sur le Danube, dans la zone sud post-industrielle de Budapest. La nouvelle route, tram, piéton et passage à vélo est jugée nécessaire pour réduire la congestion routière et accélérer le développement des anciennes zones industrielles au sud du centre-ville. Le concept proposé par UNStudio avec Buro Happold Engineering a été désigné lauréat de cette compétition.

Le nouveau pont de Budapest: en équilibre

Le nouveau pont de Budapest: en équilibre

Conçu comme une porte d’entrée entre Ujbuda et Csepel, le concept d’UNStudio pour le nouveau pont de Budapest met en place un nouveau pont historique dans le paysage de Budapest qui est à la fois contemporain dans la conception et innovateur dans la forme structurale. Le design relie directement le pont à l’ADN urbain de son emplacement, son développement futur et son paysage naissant.
Grâce à une étude attentive du contexte et des proportions, à l’optimisation structurelle, à l’adaptation aux contraintes existantes et à la vision future de Budapest, le pont est conçu pour une expérience urbaine, qui non seulement permet le transport durable entre Ujbuda et Csepel, mais qui s’inscrit aussi comme une passerelle vers la ville.

Echelle urbaine

Échelle urbaine

L’étude d’UNStudio a inclus le paysage, l’urbanisme et la vision d’avenir de Budapest avec un passage à niveau de 500m accueillant des voitures, des tramways, des piétons et des cyclistes.

«D’un point de vue urbanistique, c’est l’entrée la plus réfléchie: le pont serait à la fois un symbole architectural et un paysage urbain, mais en même temps une structure de pont traditionnelle et fonctionnelle qui n’empiète pas sur son environnement. L’éclairage des portails et des jetées permet une vue élégante du soir, digne d’un pont de Budapest. Avec sa structure de pont […], ce pont est statiquement l’une des propositions les mieux conçues […] Aucune structure de passage supérieur n’est utilisée -rampe, ce qui lui permet de se connecter au réseau routier au niveau de la rue Budafoki, ce qui rend la zone autour de l’échangeur de Budafoki beaucoup plus humaine, utilisable et urbaine […] Ceci est exactement le type de solution nécessaire pour soutenir le développement du sous-centre de la ville, et d’étendre le centre de Budapest vers le sud. « , explique le jury.

La proposition vise à amplifier le développement futur de Budapest sur le côté sud de la ville. Des typologies structurelles multiples ont été testées dans le paysage et une configuration appropriée a finalement été sélectionnée, soulignant le caractère de l’emplacement et ses développements futurs.

Selon Ben van Berkel,  « Il était essentiel que le pont soit en harmonie avec Budapest – qui doit beaucoup de sa configuration au paysage environnant – et sa vision future.Il était également important que le pont permette une vue dégagée sous et au-dessus du pont Nous voulions qu’il fonctionne comme une passerelle claire vers la ville, comme un geste de main invitant. »

Un pont à haubans avec une travée principale de 220m offre des vues dégagées à plusieurs niveaux depuis et vers le pont créant un nouveau repère urbain qui souligne le développement du sud de Budapest.

Les pylônes sont fabriqués à partir d’acier et recouverts de peinture blanche à reflet conférant au pont une apparence en constante évolution, grâce à sa capacité à capter les teintes et les tons de l’environnement. Les dernières technologies et matériaux ont été utilisés afin d’améliorer le processus de conception, le coût en capital et le coût total du pont.

Architecte: UNStudio (Ben van Berkel avec Kristoph Nowak et Leon Hansmann, Jay Tsai)
Ingénierie: Buro Happold (Davood Liaghat, Edmund Matters, Anthony Holder, Laura Phillips)
Client: KKBK Kiemelt Kormányzati Beruházások Központja Non lucratif Zrt.
(KKBK Centre des investissements clés du gouvernement à but non lucratif Plc.)
Rendus 3D : VA Render