La Crique de Jean Baptiste Pietri : Inauguration de 145 logements à Marseille

La Crique de Jean Baptiste Pietri : Inauguration de 145 logements à Marseille

A deux pas des calanques, l’agence Pietri Architectes signe à Marseille un projet ambitieux. Inauguration de la Crique à ne pas manquer !

Originaire du sud-est de la France, Jean Baptiste Pietri affectionne tout particulièrement sa région d’origine. A la tête de son agence depuis 2001, l’architecte défenseur d’une certaine poésie en architecture, dévoile à Marseille son dernier projet : La Crique. Retour sur un projet ambitieux.

A deux pas du massif des calanques, au pied de la montagne de l’aigle, le projet doit accueillir 145 logements. Composé de deux volumes, l’ensemble marque par son apparence organique. Les lignes courbes de la façade serpentent dans le paysage. Entre les montagnes et les pins parasols, l’intégration au site est à la fois douce et silencieuse.

La séparation des deux volumes permet entre autre, la mise en place d’une faille, en référence aux calanques. Cette dernière laisse entrevoir un magnifique jardin paysager de garrigue méditerranéenne. Véritable coeur végétal de la parcelle, il est aussi le centre névralgique du projet dont il rassemble tous les accès, permettant aux habitants de jouir de la végétation au quotidien.

Le décrochement des terrasses donne l’illusion de gradins, où l’exposition nord-ouest permet l’intégration systématique de jardinières plantées. L’ensemble renvoie ainsi à l’image de la restanque et fait échos aux caractéristiques du site dans lequel le projet est inscrit.

Réalisée dans un contexte géographique difficile, à partir de matériaux simples, le projet de l’agence Pietri Architectes témoigne d’une nouvelle manière de penser l’identité de Marseille.

 

 

Photographies :  Luc Boegly

« Du Grand Paris, à Paris en grand »

« Du Grand Paris, à Paris en grand »

Confié en juin dernier à l’architecte Roland Castro, le rapport commandé par Emmanuel Macron sur le Grand Paris est enfin rendu public. L’architecte y esquisse une réponse personnelle et originale aux interrogations sur l’avenir de la métropole parisienne.

 

Aujourd’hui d’actualité, la réflexion de Roland Castro sur le Grand Paris ne date pourtant pas d’hier ! Entamée en 1983, ou il imagine Banlieue 89 avec son confrère Michel Cantal Dupart un premier plan pour la métropole, elle ne cesse depuis d’évoluer et de se préciser. Retour sur ce qu’il faut retenir du « Paris en grand » de Roland Castro.

Le Grand Paris aujourd’hui : un constat brutal

Dès les premières lignes de son rapport, Roland Castro déplore la situation actuelle de la métropole parisienne dont la survie ne tient d’évidence qu’à l’inertie. Aucune innovation depuis le plan Prost, des dégâts considérables avec le Mouvement Moderne, la suppression du département de la Seine, ou encore l’incohérence des villes nouvelles. L’architecte de banlieue 89 ne mâche pas ses mots quand il s’agit du projet du Grand Paris.

Pourquoi Relancer le Grand Paris maintenant ?

Il existe pour Roland Castro au moins 7 bonnes raisons, de relancer le projet du Grand Paris aujourd’hui en perte de vitesse :

  1. Climatique et environnementale: canicules, pollutions, inondations nous imposent de réfléchir hors limite et collectivement à une bonne échelle territoriale.
  2. Sociale : une série d’urgences particulièrement prégnantes sur ce territoire appelle à une action d’envergure à l’échelle de l’agglomération (misère, exilés…).
  3. Sociétale : le Dataïsme, et la virtualisation du monde réveille le besoin d’habiter le lieu, de rencontrer l’autre physiquement, de travailler avec d’autres être humains.
  4. Infrastructurelles: certaines opportunités comme le Grand Paris Express sont des réalités en devenir mais néanmoins certaines.
  5. Evénementielles : l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024 est un accélérateur obligatoire de la fabrication urbaine, d’harmonisation de production de la beauté, de valorisation de la ville.
  6. Economiques : le Brexit donne une très grande opportunité en termes d’attractivité à Paris et à la France.
  7. Les initiatives innovantes : depuis quelques années les initiatives innovantes se multiplient et proposent des concours d’un genre nouveau, les Réinventer(Réinventer Paris, la Seine, la métropole du Grand Paris….).

Pour répondre à ces problématiques métropolitaines, Roland Castro propose de passer du Grand Paris à Paris en grand. Qui pour s’imposer comme nouveau modèle de métropole mondial doit être beau, Castro insiste. Et il ne sera beau qu’à certaines conditions :

Un Paris en grand oasis et soutenable 

Rattrapée par la question climatique, Paris doit absolument devenir un grand oasis métropolitain où la question de la nature est intiment liée à l’habitat.

Un Paris en grand polycentrique et attractif

L’obsession de l’activité économique ne doit pas dicter la ville. Il est important de renouer avec l’image du village et sa valeur ajoutée.

Une Paris en grand hospitalier

La métropole parisienne se doit impérativement d’accueillir dignement les exilés, de plus en plus nombreux, à arriver en France.

Un Paris en grand doux et circulable

De nos jours, les premières mobilités sont pédestres, cyclables, glissantes, autonomes et individuelles. C’est à partir de cet état de fait qu’il faut penser les mobilités accessibles à tous.

Un Paris en grand intelligent et innovant

La ville  numérique n’est pas à rejeter dès lors qu’elle contribue à l’optimisation des flux pour rendre la ville plus efficiente.

Un Paris en grand rayonnant

Paris exerce une fascination toute particulière du fait de son caractère de ville-monde, son cosmopolitisme. Elle doit pour Roland Castro donner à se perdre dans une éblouissante succession de sollicitations et d’émotions.

 

Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les États-Unis, comme beaucoup d’autres pays impliqués dans le conflit, doivent faire face à un nombre important de demande de logements. Les soldats de retour au pays ont en effet besoin de se loger rapidement. Face à cette forte demande, le programme « Case Study House » est lancé sur la côte ouest. De 1945 à 1966, 36 projets seront réalisés par de grands architectes de l’époque. C’est le cas de la maison Eames, case study n°8, conçue par le couple américain Charles et Ray Eames. L’idée principale de ce programme était bien évidemment de construire un logement de manière économique et fonctionnel, avec les technologies de l’époque tout en étant adapté au mode de vie moderne de l’après-guerre.

 

 

Charles Eames, architecte, s’entourent d’abord de Eero Saarinen, confrère d’origine finlandaise. Ensemble, ils conçoivent une maison sur deux niveaux, située au cœur des collines de Los Angeles. Proche de la mer, à l’ombre des arbres, l’emplacement est idéal. La construction prend du retard, suite aux retombées économiques de la guerre, mais c’est finalement en 1949 que la maison verra le jour. Pour des raisons budgétaires, Charles Eames modifiera les plans afin d’utiliser des éléments métalliques commandés par erreur en avance. L’ossature est en acier. En une journée et demie, celle ci était apte à recevoir les remplissages en verre ou en béton colorés. Ces derniers composent la façade telle une oeuvre du peintre Mondrian.

 

L’atelier et le séjour disposent tous deux d’une double hauteur. L’organisation des espaces semblent s’effectuer de manière très rationnelle dans des espaces rectangulaires, régis par la structure métallique préfabriquée. Au nord du projet sont disposés ateliers et pièces sombres, sur deux niveaux. Au sud se trouvent les espaces de vie : cuisine, salle de bain et chambres, séjour… Deux parties composent la maison, séparé par un patio : une à un but résidentiel, alors que l’autre sert d’atelier. Sa proximité avec son environnement en fait un lieu plaisant pour le couple Eames qui y séjourna quelques temps. Ils y incluent une dimension japonisante, avec de grands espaces disponibles et une atmosphère chaleureuse.

 


Au-delà d’être architecte, Charles et Ray Eames ils sont également réputés dans de nombreuses autres demain : le design graphique, le textile, la cinématographique, la scénographie ou encore la confection de mobilier design. C’est à ce couple que l’on doit la réalisation de chaises et de fauteuils au design emblématique des années 80 comme la Plastic Chair, la Chaise Eiffel Tower ou encore la Eames Lounge Chair et son repose-pied.

 

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Disparition de Robert Venturi

Figure emblématique du postmodernisme, l’architecte américain Robert Venturi s’est éteint le 18 septembre 2018 à 93 ans.  

Diplômé de la prestigieuse université de Princeton en 1947, il poursuit ses études à l’Académie Américaine de Rome avant de collaborer entre autre avec Eero Saarinen ou encore Louis Khan, pour finir par ouvrir sa propre agence où il travaillera plus tard avec sa femme Denise Scott Brown.

Il conçoit de nombreux projets et reçoit le prestigieux Prix Pritzker en 1991, mais c’est avant tout son oeuvre théorique qui lui vaut sa renommée. Auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels le fameux Complexity and Contradiction in Architecture publié par le Muséum of Modern Art de New York en 1966 ou encore Learning from Las Vegas paru chez MIT Press en 1972.

Avec sa disparition, le monde de l’architecture vient de perdre un géant du XXème siècle.