La céramique Autore de chez Caesar imite le Terrazzo

La céramique Autore de chez Caesar imite le Terrazzo

Les industriels de la céramique ont beaucoup communiqué sur l’adaptation de leur ligne de production aux exigences environnementales, avec la réduction de leur consommation énergétique qui était leur talon d’Achille. L’utilisation de céramique en substitution à des ressources minérales naturelles se raréfiant serait peut-être un autre argument en faveur de la durabilité des céramiques. Au rayon imitation, la tendance pour les prochaines années s’appellera Terrazzo, si l’on en croit le nombre de produits visibles sur les stands de différents fabricants leaders du marché._ON

Retrouvez notre dossier céramique – 50 nuances de grès et au-delà au Cersaie 2017 – dans le numéro 384 d’Architectures CREE

La céramique Autore chez CAESAR

La gamme Autore du fabricant Caesar porpose de transposer en grès cérame du terrazzo vénitien. Ce carreau disponible en grand format 120×120 comme en mosaïque 5,7 x 5,7 cm est disponible en finition normale ou en finition polie, qui renvoie la lumière et fait ressortir son motif et ses effets quartz. Proposé en 6 couleurs (Trevi, Rimini, Taormina, Giudecca, Rivoli, Navigli) et en trois épaisseurs, dont une épaisseur majorée à 20 mm permettant de l’employer en revêtement de terrasse. Il est adapté aux contraintes des espaces de logement ou de commerce.

Format (cm) : 120×120 (ép. 9 mm); 60×60 – 30×30 – 6×60 – 6×6 (ép. 10 mm); 60×60 (ép. 20 mm)

Il se marie très bien avec des carreaux décorés comme la gamme Capri aux motifs géométrique noir et blanc, en dimension 30 x 30 cm ; la gamme Monreale, dont les motifs colorés sont inspirés des plus beaux palais, déjà usé par le temps, en dimension 20 x20 cm ; la gamme Procida, aux fines lignes labyrinthiques, en dimension 30 x 30 cm.

Stone talk : une céramique d’aspect pierre

Stone talk : une céramique d’aspect pierre

Combinée aux progrès dimensionnels et à l’abaissement des épaisseurs, l’imitation en céramique ouvre des perspectives d’utilisation nouvelles : obtention d’un aspect pierre en revêtement mural avec des contraintes de poids et de structure limitée, utilisation en remplacement des matériaux originaux qui ne seraient pas adaptés aux contraintes d’usage, à l’instar du bois dans les pièces humides et, pour les imitations marbres, économie de prix par rapport à l’original. Les industriels de la céramique ont beaucoup communiqué sur l’adaptation de leur ligne de production aux exigences environnementales, avec la réduction de leur consommation énergétique qui était leur talon d’Achille. L’utilisation de céramique en substitution à des ressources minérales naturelles se raréfiant serait peut-être un autre argument en faveur de la durabilité des céramiques._ON

Retrouvez notre dossier céramique – 50 nuances de grès et au-delà au Cersaie 2017 – dans le numéro 384 d’Architectures CREE

ERGON : Stone talk  

Imitation de cinq références de pierre allant des tons froids (noir) aux tons chauds (ocre) en passant le beige et le crème, la collection de carreau de céramique Stone Talk de chez Ergon se décline en trois aspects allant du minimal au très structuré. Dans la référence « rullata », la surface du carreau est striée de sillons lui donnant l’aspect d’une pierre travaillée, dans une rusticité très sophistiquée. Disponible en grand format dans des épaisseurs autorisant la pose murale comme la pose en terrasse, avec de nombreuses pièces de finition et points particuliers.

Promenades en cœur d’îlot autour de la Fondation Lafayette

Promenades en cœur d’îlot autour de la Fondation Lafayette

Le groupe Galeries Lafayette investit les rez-de-chaussée de son propre patrimoine immobilier. Il déploie ses activités commerciales à l’horizontal, entre le BHV du Marais et la nouvelle Fondation Lafayette Anticipations. Un micro plan directeur coordonné par Citynove et l’agence parisienne DATA.  

 

L’histoire commence en 2012, lorsque le groupe Galeries Lafayette choisit comme signature architecturale l’agence internationale OMA de Rem Koolhaas pour réaliser une fondation dédiée à la production et à la diffusion de l’art dans le Marais (Paris 4e), un projet alors encore à définir. OMA a choisi parmi un large panel la très jeune agence parisienne DATA, tout juste fondée en 2010, pour l’assister. L’acronyme, peut-être, l’un signifiant Office for Metropolitan Architecture, l’autre Department of Advanced Typologies for Architecture. A moins que ce ne soit pour l’acuité projectuelle de cette jeune agence qui s’est illustrée par des réalisations ambitieuses, bien que de taille réduite, comme l’insertion d’une structure cylindrique suspendue dans une petite maison du directeur de l’usine Sudac à Paris Rive Gauche ou la construction d’une déchetterie en briques de verres structurelles sous le périphérique Porte de Pantin.*

*Retrouvez les projets de DATA publiés dans les numéros 382 et 383 d’Architectures CREE

Projet DATA Architectes / Images ArtefactoryLab

Un patrimoine immobilier à investir

Une fois cette équipe constituée, maîtrise d’ouvrage (Citynove, branche immobilière du groupe Galerie Lafayette) et maîtrise d’œuvre, ont établi le projet de la Fondation Lafayette Anticipations, prémices d’une restructuration du patrimoine immobilier du BHV, propriété du groupe Galeries Lafayette depuis 1991. Présent depuis plus de 160 ans face à l’Hôtel de Ville, il a acquis progressivement les bâtiments compris entre la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie au nord et la rue de la Verrerie au sud, la rue du Temple à l’ouest et la rue des Archives à l’est. DATA, après avoir assisté Koolhaas, a été en charge d’un projet plus vaste : le micro plan directeur de la restructuration de cet îlot, reliant la nouvelle fondation, rue du Plâtre, jusqu’au BHV, rue de Rivoli.

Les rez-de-chaussée sous-utilisés, servant de stockage ou autre, constituent un patrimoine qu’il s’agissait d’optimiser. Leurs restructurations furent confiées à différents architectes. Ainsi, la boutique A Rebours, d’une surface de 120 m2, qui vient d’emménager au 46 de la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, est restructurée par Ciguë. Les façades du 9 au 13 rue des Archives arborent depuis 2015 les encadrements en bronze de Jamie Fobert, le londonien qui entreprend la deuxième phase de son projet, consistant à investir les cours avec des cubes empilés, occupés par les commerces, amenant l’échelle de la ville au cœur des d’îlots domestiques.

Projet DATA Architectes / Images ArtefactoryLab

Restructuration en cœur d’îlot

L’agence DATA, quant à elle, est en charge de la restructuration lourde de 3200 m2 au 37 de la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, juste en face de la fondation. Le bâtiment, daté des années 1860, occupe l’angle sur 4 niveaux. A l’arrière, subsistait l’ancien restaurant d’entreprise du BHV, sans qualité architecturale. Démoli, il laisse place à un bâtiment vitré en R+2 dont les planchers reposent sur de grandes poutres métalliques de 18 m de portées. La cour, maintenant abritée sous une verrière, devient un atrium en double hauteur que les échafaudages ne laissent pas encore deviner. Les vues transversales de l’atrium jusqu’au passage devenu public se dévoilent à peine. Quant au volume existant, sa structure mixte composée de bois béton et métal au gré des interventions, est préservée au maximum et renforcée, y compris ses sous-sols, qui seront totalement réinvestis. Sur rue, rien ne signalera l’intervention contemporaine, hormis peut-être à rez-de-chaussée les menuiseries aciers posées sur la pierre, définissant des vitrines qui reprendront les rythmes des percements d’origine. L’adresse accueillera le premier Eataly en France, une chaîne de grands magasins spécialisés dans la nourriture italienne, à la fois supermarché, lieu de production, restaurant et centre culturel. Un chantier compliqué, en site occupé par des logements en étages, qui devrait être livré à l’état brut au mois d’avril de cette année. Les preneurs s’installeront ensuite dans les lieux pour une ouverture au public courant 2019.

Projet DATA Architectes / Images ArtefactoryLab

Déploiement horizontal

En réinvestissant ces rez-de-chaussée et ces cours intérieures, ce réaménagement dessine un parcours culturel et commercial nord sud, depuis la fondation Lafayette jusqu’au BHV, complété de passages transversaux entre la rue du Temple et la rue des Archives. Les codes traditionnels des accès publics ou privés se bousculent. Les cours d’échelles domestiques sont rendues accessibles, les passages sont réouverts. Une intervention qui n’est pas sans rappeler celle du village Saint-Paul, à quelques centaines de mètres. Là, l’entité urbaine comprise dans un périmètre bien défini fut elle aussi structurée autour de cours intérieures augmentées de commerces. Les grands magasins se déploieront bientôt à l’horizontal ; s’ils ne retiendront pas captifs leurs visiteurs, qui entreront et sortiront au grès de leur flânerie, ils seront pourtant en proie permanente au désir d’achat, à l’intérieur comme à l’extérieur. Le commerce parisien poursuit sa mutation, engagée ailleurs avec Les Halles, le Bon marché ou la Samaritaine, avec toujours pour pivot le patrimoine historique, bien souvent investi par le haut de gamme._Amélie Luquain

Les tapis de Limited Edition à IMM et Maison & Objet

Les tapis de Limited Edition à IMM et Maison & Objet

Le fabricant de tapis belge Limited Edition a présenté ses dernières collections à IMM et Maison & Objet. Pour lui, l’histoire séculaire du textile est étroitement liée au sud-ouest de la Flandre. La région mouscronnoise, où sont basés les ateliers de l’entreprise familiale, peut se targuer d’une longue tradition et d’un savoir-faire dans le textile. Fabricant des tapis sur-mesure, Limited Edition gère le processus de production de ses créations dans son intégralité, de la teinte du fil à la finition détaillée dans les points de tapis.

A IMM et Maison & Objet, Limited Edition a présenté ses nouvelles collections.

Notamment la gamme Meridian, un tapis strié de lignes parallèles ou diagonales qui lui donne une allure architecturée. Il se décline en 4 coloris : Silver Cloud, un gris nuageux, Almond, une couleur sablé, Elephant, un gris foncé, et Deep Forest, un vert sapin. Il est composé de 70% de polyamide et 30% de tencel, destiné plutôt à un usage résidentiel. Il peut être réalisé sur-mesure, avec pour dimension maximale 4m x 20 m.

La gamme Terrazza propose un tissage jacquard, dont les motifs losangés sont quasi d’inspiration orientale. Elle se décline en 5 coloris, Mist (beige), Flame (rouge), Cumin (marron), Blue Jewel (bleu), Beluga (gris). Constitué de 90% de PVC et 10% de fibre de verre, le tapis Terrazza habille aussi bien les extérieurs, une fois abrité sous une pergola.  Réalisable sur-mesure, ses dimensions maximales sont de 5m x 20 m.

Des logements, des architectes traumatisés, des toits qui s’écroulent : la revue de presse du 30 janvier 2018

Flambée des prix hôteliers en Russie – Habitat rotatif en Espagne – En rénovation, un vieux « Gehry » s’écroule – Dix chapelles pour une biennale : le Vatican à Venise – Un viaduc pour enjamber la Scie – Prêt étudiant vs prêt immobilier – Grands architectes, polytraumatisés ? – USA : Loger les SDF pour les soigner – McDo des années 60 aux USA : une espèce en voie de disparition.

 

Hôtels russes : l’effet Mondialski

Les grands évènements sportifs, dit-on, offrent l’opportunité de dynamiser les structures d’accueil et tout particulièrement les hôtels, rénovés ou construits à neuf pour accueillir dignement les visiteurs du monde entier. Le Mondial de football qui se tiendra cette année ne semble pas s’embarrasser de cette règle. Au point que le ministère du Tourisme russe a mis en ligne une liste noire des hôtels qui dépassent le quota d’augmentation des prix établit par les autorités. Les plus gros dépassements s’observent dans les régions de Moscou et Rostov-sur-le-Don (mer d’Azov). L’hôtel Petrovka, un hôtel 1 étoile moscovite, a ainsi fixé un tarif de 500 € par chambre. Mieux encore, les chambres de l’hôtel Jardin Calme de Kaliningrad sont passées de 60 € à 1 680 €, et un autre établissement sans étoile de Kaliningrad offre une chambre à 1800 € les soirs de match. Un dépassement de la limite légale de 5283 %. Offrir aux hôtels borgnes des tarifs de palace : c’est peut-être ce que l’on nommera bientôt l’effet mondialski.

Via Ouest-France 

Une nuit dans cette chambre de l’hôtel Agora, à Kaliningrad, vous coûtera 1 800 €. (Photo : Booking.com)

 

Et pourtant elle tourne

Tourner pour être plus durable : le système séduit un peut partout sur la planète, et c’est au tour de l’entreprise Andalouse Sun House 360° de se lancer dans la construction de maisons tournantes. Si la construction d’habitat rotatif reste marginale, son caractère singulier lui vaut toujours une attention particulière de la part des médias et du public. S’appuyant sur « une équipe multidisciplinaire d’architectes, ingénieurs et techniciens », Sun House 360° a conçu « quatre modèles différents de maisons tournantes de différentes tailles, allant de 95 à 250 m2 ». D’après la société implantée à Marbella, les investisseurs privés sont très intéressés par ce type de produits, dont l’argument de vente massue est qu’il permet une économie d’énergie de 70 % en se tournant vers le soleil, ce qui fait du nord de l’Europe un marché de choix. Au sud, en effet, on aurait plutôt tendance à se protéger des rayons de l’astre céleste. Autre argument de poids : « se réveiller tous les matins avec des vues incroyables, et pouvoir au cours de la journée continuer d’en profiter dans son salon ou sa cuisine », explique un architecte londonien versé dans cette typologie. Et si le tout autour est laid? Toutes les maisons tournantes n’ont pas la chance de la Villa Girasole, leur ancêtre, construite dans les années 30 sur un podium surgissant des bois au nord de l’Italie.

Via El Mundo 

Les maisons tournantes gagnent en importance sur des marchés comme l’Espagne et l’Angleterre. SUN HOUSE 360º

 

 

Gehry down

Le toit du Merriweather post Pavilion, une salle de concert en plein air construite il y a cinquante ans par Frank O. Gehry qui opérait alors depuis l’agence Gehry, Walsh et O’Malley à Columbia (Maryland), vient de s’écrouler pendant sa rénovation. Frank Gehry, désormais Pritzker et dirigeant de Gehry and Partners, avait été informé de la modification de son œuvre, effectuée par l’agence JP2 Architects de Baltimore. Invité à adapter l’équipement aux besoins des concerts moderne, J2P avait souhaité conserver la toiture, qui constituait un élément caractéristique du projet de Gehry. C’est pendant le rehaussement du toit que des bourrasques ont entraîné l’effondrement. « “Les vents du destin ont prévalu et ont décidé que, au lieu de simplement soulever le toit, nous devrions simplement aller de l’avant et en construire un nouveau”, a déclaré le maître d’ouvrage, ajoutant que “tout sera prêt pour l’ouverture de la saison” », avec le premier spectacle prévu en juillet. Une reprise de Blowing in the wind, joué par Frank O. à l’harmonica déconstruit?

Via Archpaper 

Le toit de la salle de concert de Frank Gehry s’effondre dans le Maryland. Le toit effondré du pavillon des postes de la Météo Merriweather par Gehry, Walsh et O’Malley (Ian Kennedy)
Rendu du Pavillon Merriweather Post rénové (Courtoisie de The Howard Hughes Corporation)

 

Venise 2018 : une biennale pieuse

La 16e édition de la biennale d’architecture de Venise accueillera un nouvel exposant, un pays de 44 ha et mille habitants dont le rayonnement dépasse de loin la taille : le Vatican, qui avait tenté une première incursion à la biennale d’art en 2015. La Cité-État n’a pas l’intention de construire un pavillon, mais de disséminer dix chapelles dessinées par dix architectes à la façon de la Skogkapellet, construite par Asplund au Skogkyrkogarden, cimetière des bois de Stockholm, en 1920. L’historien Francesco Dal Co a confié la construction des dix bâtiments à des architectes du monde entier : Smiljan Radic (Chili), Carla Juaçaba (Brésil), Javier Corvalán (Paraguay), Eva Prats & Ricardo Flores (Espagne), Sean Godsell (Australie), Edouardo Souto de Moura (Portugal), Norman Foster (Royaume-Uni), Andrew Berman (USA), Teronobu Fujimori (Japon). Un choix œcuménique qui contentera les principales chapelles architecturales. Après la biennale, les chapelles seront démontées pour propager la foi dans le monde entier. Il faudra trouver une nouvelle idée pour la biennale de 2020. Architectures CREE suggère des autels portatifs à installer dans le site des Giardini.

Via Architetti 

 

le Vi(a)duc

C’est ce qu’on appelle de la bel ouvrage : un viaduc « en courbe avec une pente douce. Les six piles en béton de 35 mètres s’élèvent tous les 75 m sur des fondations enterrées à plus de 22 m. Un chantier de 23 millions d’euros », détaille Ouest-France. « À l’origine, il était construit pour dévier la petite commune de 1 000 habitants de Saint-Aubin-sur-Scie engorgé de 18 000 véhicules de nombreux poids lourds qui empruntent chaque jour la route nationale 27 entre Rouen et le port et le terminal ferry de Dieppe ». Seulement voilà, achevé depuis trois ans, « il n’a jamais été mis en service. Parce qu’il manque 13 kilomètres de route » et le budget pour la construire. Le marché pour la réalisation de la bretelle a été relancé il y a deux semaines. En attendant la reprise des travaux, il y a peut-être moyen d’organiser une biennale sur viaduc.

Via Ouest-France 

 

Propriétaire ou étudiant, le choix cornélien

Les Millennials, cette génération que la société regarde avec les yeux de Chimène, sont censés instaurer des modes de consommation qui bouleversent le monde. Les études les révèlent moins portés sur l’achat de maisons ou d’appartements que leurs aînés au même âge. Plusieurs explications ont été avancées pour expliquer ce phénomène « ils vivent en collocation (ou avec leurs parents), ils préfèrent louer, et dilapident leurs salaires dans des brunchs somptueux plutôt que dans des bungalows” détaille City Lab sans se satisfaire de ces explications. La vérité est ailleurs, dans une étude du site ApartmentList, qui démontre chiffres à l’appui que ce ralentissement est imputable au poids des prêts étudiants. 44 millions d’Américains se partagent une dette étudiante de 1 400 milliards de dollars, chiffre qui a doublé depuis 2009. 57 % de nos Millenials entre 22 et 35 ans remboursent des prêts étudiants. Dans le même temps, la hausse des prix de l’immobilier freine les possibilités d’achat. « Être propriétaire de sa maison a historiquement permis aux gens de construire l’équité, alors se porter tôt acquéreur d’un bien immobilier veut souvent dire se libérer plus tôt de son crédit et d’économiser plus pour sa retraite. Si les Millenials sont exclus de ce cycle, leurs perspectives économiques futures seront moins brillantes que celles des générations qui les ont précédés », explique Chris Salviati, auteur de l’étude. Et n’espérez pas devenir propriétaire plus tôt en sautant la case université. L’étude montre que ceux qui arrêtent leurs études à la fin du lycée obtiendront un salaire bien moins élevé, compliquant leur accès à la propriété. La solution pour stimuler les carrières et la propriété chez les Millenials existe : « que l’État finance l’éducation supérieure ». Une suggestion soufflée par la Fed, banque fédérale des USA, une institution peut connue pour ses sympathies communistes.

Via Citylabs 

 

Création architecturale et désordre mental

« Va-t-on découvrir que la forme suit la dysfonction ? », s’interroge Darran Anderson après la lecture d’un essai d’Ann Sussman et Katie Chenhave, « les troubles mentaux qui nous ont donné l’architecture moderne » (en anglais uniquement). Sussman et Chenhave ont tiré des biographies de Le Corbusier et Gropius les éléments étayant leur hypothèse. Gropius, par exemple, était marqué par son expérience des champs de bataille. « Il survécut à un crash d’avion (…), passa deux jours et deux nuits enterré vivants parmi les cadavres après un bombardement, ne devant sa survie qu’à l’air provenant d’une cheminée. Ou lui tira dessus plusieurs fois, et il retrouva sur ses vêtements de nombreux trous percés par les balles. En 1915, son insomnie causée par la tension nerveuse lui valut un répit à l’arrière, mais il dut retourner dans les tranchées », tandis que plusieurs « expériences de mort imminente auraient entraîné la diminution de son cerveau ». Anderson rappelle que Kahn se brûla le visage dans sa jeunesse, et que les enfants et la femme de Wright furent taillés à la hache par un employé de maison qui mis ensuite le feu à la propriété, entraînant avec lui sept personnes dans la mort. Ces traumatismes auraient conduit à une architecture épurée, selon Chenhave et Sussman. Pas si vite, dit Darran Anderson, qui invoque aussi les évolutions sociétales, la formation, l’esprit machiniste… La lutte des sociologistes contre les physiologistes en histoire?

via CityLabs

Le modernisme, Ann Sussman et Katie Chen l’ont sous-entendu dans leur essai du mois d’août, était un chemin qui émergeait de la névrose et qui n’aurait jamais dû être suivi. Mais leur évidence que l’architecture d’hommes comme Le Corubsier repose sur des « désordres » est très discutable. AP

 

Logement sur ordonnance

Un médecin qui prescrit à un SDF malade un logement en guise de traitement plutôt que des antibiotiques : cela arrive à Hawaii, où l’État fédéral a voté l’an dernier une loi dans ce sens, ou à Chicago. L’ONG Center for housing and Health (centre pour le logement et la santé) a fourni 25 logements pour SDF. « L’expérience fournit des arguments convaincants qui devraient inciter les autres hôpitaux à suivre notre exemple », dit Stephen Brown, directeur du service de médecine préventive et d’urgence à Center for Housing and Health. D’autres villes investissent dans le logement pour SDF : à Portland, Oregon, Orlando, ou SBH Health System, dans le Bronx, qui a lancé une opération mixte face à son hôpital, comprenant 133 appartements sociaux, avec une salle de yoga et ferme sur le toit, juste pour l’amélioration de la santé? Ces choix dérivent en partie de calculs économiques : « en aidant quelqu’un rester en bonne santé, l’attribution d’un logement peu également être une source d’économies pour le système de santé. Dans le programme de logement, le département national pour le logement et le développement humain paye une partie des coûts de logement, et l’hôpital règle 1000 dollars par mois et par personne pour les services qui accompagnent le logement. En comparaison, une journée aux urgences peut coûter 3000 dollars ». Avec le programme, les coûts de santé par patient ont chuté de 18 %. Loger plus pour dépenser moins et soigner mieux, une solution contre-intuitive qui semble faire ses preuves.

Via Fast company 

 

McDo : la fin du « style antique »

Il fut un temps ou le célèbre clown McDonald était aussi célèbre pour ses burgers que pour son architecture. Ses restaurants reconnaissables entre mille grâce à leurs deux arches dorées portant une dalle servant de toiture avaient été dessinés par l’architecte Stanley Meston dans les années 60, jusqu’à ce que McDonald abandonne cette typologie en 1969. Le géant du BigMac demandant à ses franchisés de refaire régulièrement les magasins, les exemples encore existants de cette architecture se comptent sur les doigts d’une main, et principalement sur la côte ouest, en Californie ou en Oregon. Celui dressé sur la 91e avenue à Portland ne servait plus depuis longtemps de restaurant, mais avait été conservé à titre de curiosité et faisait office et de salle des fêtes et d’annexe à un établissement plus moderne construit sur la même parcelle. Son propriétaire va le détruire pour laisser la place à un bâtiment self service. Il ne subsistera alors plus que trois témoins du McDo style Antique, à Downey, San José et un dernier à Pomona, reconverti en magasin à donut. Pour l’instant, aucun musée ou galériste ne semble sur les rang pour racheter cette icône de la pop culture, qui faisait d’ailleurs la couverture du 44e numéro de CREE en novembre 1976*.

dans le cadre d’un article sur l’exposition « signs of life : symbols in the American city », organisée par Venturi et Rauch à la Smithsonian Institution à Washington.

Via Willamette week 

>Vidéo http://www.koin.com/news/local/multnomah-county/portlands-original-mcdonalds-to-be-demolished/943995045

 

Olivier Namias

Tele di marmo : la céramique imite le marbre

Tele di marmo : la céramique imite le marbre

L’aspect est un domaine dans lequel la céramique ignore les limites. L’adoption de méthodes d’impression numérique en progrès constant fait passer le « rotocolor » – technique limitée en terme de trame, car s’appuyant sur des supports d’impression prenant la forme de rouleaux – pour une technologie préhistorique. Dans la chaîne industrielle de la céramique, il faut désormais compter avec ces sociétés scannant toutes les surfaces possibles pour arriver à des dalles céramiques imitant à la perfection un très large spectre de matériaux. Le marbre, d’abord, avec les noirs et les blancs vedettes de Calacatta, les aciers Corten, le cuivre, le ciment et le bois sous toutes ses formes – peint, huilé, vieilli – le papier peint… finalement, comme nous avons pu le remarquer ces dernières années, le plus difficile devient presque de trouver une céramique… ressemblant à du carrelage._ON

Retrouvez notre dossier céramique – 50 nuances de grès et au-delà au Cersaie 2017 – dans le numéro 384 d’Architectures CREE

 

Tele di marmo chez EMILCERAMICA

La gamme Tele di marmo chez Emilceramica propose des imitations marbre grandes dimensions, disponibles sous deux formes : surface pierre unie, et dalles où le matériau semble avoir été brisé en morceaux pour être rassemblé dans une nouvelle composition : dè de marbre, « moellon », etc. Disponible dans une multitude de format du 30×60 au 120×120 mm pour les pièces principale, et plus encore pour toutes les pièces d’accessoire (baguette de 4×120 mm, nez de marche, etc.)

Lustri Veneziani : une gamme de céramique émaillée en partie

Lustri Veneziani : une gamme de céramique émaillée en partie

Imperceptible sur les photographies, la dimension tactile prend une importance dans la céramique contemporaine. Outre l’aspect, c’est aussi le toucher qui est reproduit, avec des différences tactiles perceptibles selon que l’on met le doigt sur la reproduction du gravier ou du mortier qui le lie. Suite logique de cette invitation à toucher, le jeu sur les reliefs introduit une troisième dimension dans un produit que l’on croirait condamné à l’éternelle platitude. Le passage à la 3D se fait tout en subtilité, avec des reliefs parcimonieux ou par l’illusion d’optique, pour tous les produits d’intérieur._ON

Retrouvez notre dossier céramique – 50 nuances de grès et au-delà au Cersaie 2017 – dans le numéro 384 d’Architectures CREE

 

INDUSTRIE COTTO POSSAGNO : Lustri Veneziani Variety

La collection Lustri Veneziani se distingue par l’application artisanale d’émail sur des carreaux d’argile très pure. Dans cette variante, la finition n’est réalisée que sur une partie du carreau, laissant réapparaitre le support brut qui se trouve alors confronté aux surfaces chromées, cristallines et irrégulières produites par les émaux obtenus en deuxième ou troisième cuisson. La fabrication du produit restant pour une bonne part artisanale, des teintes peuvent être réalisées à la demande. Pensé pour la pose murale dans les salles de bain, spa, living, etc. Dimension : environ 15×15 cm

Be-square : les carreaux carrés déco de chez Emilceramica

Be-square : les carreaux carrés déco de chez Emilceramica

Les cinquante nuances de grès se déclinent principalement du blanc au gris, en passant par le crème, le beige et le marron, teintes passe-partout utilisables dans un maximum de programmes possibles. Ultime limite que tente de franchir le carrelage, celle du temps, avec des motifs renvoyant au bon vieux temps d’avant, et aux carreaux de ciment colorés, une référence récurrente de stand en stand, tandis que l’utilisation de motifs plus intemporels, détachés de toute connotation rétro, ne se rencontre que plus rarement._ON

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Retrouvez notre dossier céramique – 50 nuances de grès et au-delà au Cersaie 2017 – dans le numéro 384 d’Architectures CREE

La gamme Be Square de chez Emil Ceramica célèbre l’aspect le plus essentiel du béton, lui conférant un rôle de premier plan dans l’espace. Disponible aux formats 60×120,60×60,30×60, 80×80 (en version mate et rodée), 40×80, en 4 couleurs tendance allant de l’Avorio au Nero, Be-square est pleinement mise en valeur dans les dalles 120×240 et 120×120 : créant des surfaces linéaires, inscrites dans la continuité visuelle, elle est idéale pour le revêtement des espaces urbains et des lofts métropolitains.

Mais Be-Square est aussi et surtout la version céramique des carreaux de ciment classique. S’ajoute à cette gamme unie une ligne décorative. Un mélange de 9 carreaux de ciment décorés 20×20, aux nuances équilibrées dans leur intensité, et un mélange de faïences 20×20 que distingue une finition effet mat et brillant, viennent enrichir la collection. Les décors sont complétés par des carreaux en 30×30 bicolore Conceret/Black, Ivory/ Sand, sur lesquels alternent des figures géométriques de cercles et de carrés.

Entre lignes unies et lignes décoratives, la gamme Be-Square se prêtera à de nombreux projets en intérieurs, au sol comme en surface murale, dessinant là un tapis, affirmant ici une crédence.

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Country Wood : le carreau de céramique imitation bois

Country Wood : le carreau de céramique imitation bois

L’aspect est un domaine dans lequel la céramique ignore les limites. L’adoption de méthodes d’impression numérique en progrès constant fait passer le « rotocolor » – technique limitée en terme de trame, car s’appuyant sur des supports d’impression prenant la forme de rouleaux – pour une technologie préhistorique. Dans la chaîne industrielle de la céramique, il faut désormais compter avec ces sociétés scannant toutes les surfaces possibles pour arriver à des dalles céramiques imitant à la perfection un très large spectre de matériaux. Le marbre, d’abord, avec les noirs et les blancs vedettes de Calacatta, les aciers Corten, le cuivre, le ciment et le bois sous toutes ses formes – peint, huilé, vieilli – le papier peint… finalement, comme nous avons pu le remarquer ces dernières années, le plus difficile devient presque de trouver une céramique… ressemblant à du carrelage._ON

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Les matériaux se confondent, s’imitent les uns les autres. Chez Casalgrande Padana la céramique prend l’aspect du bois. En arborant un aspect rustique sans trop en faire pour pouvoir rester dans le registre contemporain du matériau de réemploi, la gamme Country Wood veut se positionner comme une surface romantique évoquant le passage du temps. Ce revêtement de sol en grès cérame évoque la beauté naturelle du bois, jusque dans les couleurs choisies, qui sont aux nombres de 4 : du plus clair au plus foncé, Bianco, Greige, Marrone et Tortora. Ce matériau se lie en toute harmonie avec un ameublement moderne ou de récupération. Les carreaux de céramique se déclinent dans des formats lame de bois pour les poses en intérieur – 20×120 ou 15×120 cm – ils passent au format 45×90 cm dans leur version dalle sur plot, spécifique à l’outdoor. Leur épaisseur est de 20 mm. Pour parfaire les finitions, des pièces spéciales complètent la gamme, comme les pièces d’angles, les grilles, les bords ou les plinthes. De quoi assurer une continuité esthétique depuis l’intérieur jusque dans nos extérieurs.

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Claude Cormier, scénographe québécois du paysage

Le premier Sommet mondial du design* s’est tenu en octobre à Montréal. Dans une vision volontairement transdisciplinaire sur cette question, « Le design peut-il changer le monde ? », l’évènement réunissait des designers, des architectes mais aussi des paysagistes autour des enjeux environnementaux. C’était ainsi l’occasion de rencontrer le Québécois Claude Cormier, grande figure du paysage outre-Atlantique.

 

Paysage dual : entre nature et artifice

« Pour moi, le paysage c’est tout. Ce n’est pas seulement la nature ; elle n’est qu’un élément. J’ai grandi à la campagne et, à mon sens, ce n’était pas très sexy, c’était même « plat ». Par contre, l’idée de la ville, c’était magique, c’était même puissant », exprime-le très acclamé architecte et paysagiste star montréalais Claude Cormier, moins connu de ce côté de l’Atlantique, mais dont le nombre de sollicitations à faire des selfies lors du Sommet mondial du design de Montréal ne laissait aucun doute sur sa popularité. Ses réalisations débordent du cadre traditionnel de l’architecture de paysage, pour tisser des liens entre le design urbain, l’art public et l’architecture. A l’agence Claude Cormier + Associés, la création de paysage s’inspire d’éléments culturels puisés dans les musées et autres lieux. Ces éléments sont ensuite mis en scène, commente l’architecte paysagiste, qui n’hésite pas à convoquer la figure du théâtre. Ainsi, il n’utilise pas forcement des éléments naturels à proprement dit ou, « si je le fais, explique-t-il, je mets en opposition artifice et naturel dans des milieux urbains très durs. J’aime créer ces contrastes, car c’est souvent là qu’apparaissent de nouvelles choses. » En résultent des paysages tous sauf conventionnels, à l’instar du créateur, exaltant l’artifice, mêlant subrepticement réalité et surréalité. « Par l’utilisation de la couleur, des motifs et de la texture, l’optimisme contagieux et l’humour subversif de Claude Cormier se transforment en espaces sérieusement enjoués », peut-on lire sur le site internet de l’agence.

© Industryous Photography
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© Industryous Photography
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Sugar Beach, Toronto (Ontario), Canada : Face à la mer, s’affirme un espace dual séparé d’une diagonal, où s’opposent des parasols roses fichés dans le sable à des arbres plantés dans le bitume.

L’activité de l’agence a débuté à Montréal, puis s’est déplacée à Toronto, une ville en effervescence, avant de rejoindre les Etats Unis, avec notamment deux projets au centre-ville de Chicago. Selon l’architecte paysagiste, la création contemporaine montréalaise – qu’elle concerne l’architecture, le paysage ou le design urbain – semble dépendante d’un système bien particulier : les concepteurs travaillent essentiellement sur appels d’offres, et sont surtout choisis sur l’estimation des coûts, alors qu’en France il y a davantage de considération pour la qualité des propositions. Pour Claude Cormier, ce fonctionnement québécois est discutable, surtout face à un Canada anglais affamé de nouveautés : « Je m’aperçois que le Canada anglais est très réceptif à de nouvelles idées. Je suis très inquiet pour Montréal là-dessus, parce qu’il faut suivre la parade, mais il faut alors reconnaître la valeur ajoutée de ce que l’on apporte à l’espace public. » Pour lui, il est temps que les décisionnaires prennent conscience de la valeur de l’aménagement de l’espace public, véritable atout pour la ville et ses citoyens. A la question « Le design peut-il changer le monde ? », thématique annoncée du Sommet du design, Claude Cormier nous répond : « Oui, je pense que le design peut changer le monde, mais le vrai design. Pas le design à la mode, mais celui qui a une authenticité et qui répond à des problèmes. Le design, c’est l’art de mettre en relation les choses, de les mettre en symbiose. »_Amélie Luquain

© Industryous Photography
© Guillaume Paradis (CC+A)
© Guillaume Paradis (CC+A)

Hôtel et résidences Four Seasons, Toronto (Ontario), Canada : Dans la cour intérieure, se confrontent deux parterres : l’un pavé, orné de motif de roses et embelli d’une fontaine rouge rubis en son centre, l’autre planté de massifs sur des plates-bandes, dont la composition prend l’allure d’un puzzle éclaté.

 

*Le Sommet Mondial du Design a pris place à Montréal du 16 au 25 octobre dernier. Une première édition qui s’inscrit dans une année historique pour la ville Unesco du design qui fête en 2017, a fêté simultanément trois dates : le 150e anniversaire du Canada, le 375e anniversaire de la ville de Montréal et le 50e anniversaire de l’Expo 67.

 

Claude Cormier en quelques dates

2009 : reçu chevalier de l’Ordre national du Québec, la plus prestigieuse distinction accordée par le gouvernement du Québec.

1994 : fondation de l’entreprise Claude Cormier + Associés

1994 : maîtrise en histoire et théorie du design à la Harvard Graduate School of Design
1986 : baccalauréat en architecture de paysage à l’Université de Toronto
1982 : baccalauréat en sciences de l’agriculture (agronomie) à l’Université de Guelph
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