Rétro : Le regard de Phyllis Lambert

Rétro : Le regard de Phyllis Lambert

Il y a quelques mois, en octobre 2017, Architectures CREE se rendait au Sommet Mondial du Design. A l’occasion, nous y avons rencontré Phyllis Lambert, alors conférencière vedette, qui était surtout en tête d’affiche des expositions du Centre Canadien d’Architecture – dont elle est fondatrice – avec Phyllis Lambert, 75 ans au travail et Pierre grise, des outils pour comprendre la ville. La revue revient sur son travail, sous le regard de Marie-Andrée Lamontagne qui a écrit un article intitulé Le regard de Phyllis Lambert, dans le numéro 291 d’Archicree, publié en 1999 :

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Téléchargez la version pdf : Phyllis Lambert_archicree 291

 

« Phyllis Lambert a voué sa vie à faire connaître et promouvoir l’architecture. Avec une volonté tenace, elle a patiemment créé le Centre Canadien d’Architecture dont collections et expositions sensibilisent le grand public et alimentent recherches comme débats professionnels. Pourquoi ? Parce que depuis un demi-siècle, elle défend « les villes ». Depuis l’attribution du Seagram Building à Mies Van der Rohe jusqu’au récent prix de la FICCA, elle est toujours au cœur des problèmes liés à la qualité de vie et à la modernité.

 

A Wesmount, l’avenue Cedar est une artère paisible, aux pentes et aux courbes harmonieusement étudiées, qui traverse la ville et vient rejoindre le mont Royal, avant de perdre son nom et de devenir l’avenue des Pins. Avenue Cedar, le passant n’est pas tout à fait à  Montréal, mais dans une enclave urbaine cossued’un peu plus de vingt mille habitants appelée Westmount, pourvue de tous les services municipaux d’une ville, et dont le demeures patriciennes de style néo-georgien sont elles-mêmes autant d’enclaves domestiques entre les murs desquelles vivent, luttent, croissent et se transmettent quelques-unes des plus belles fortunes du Canada.

En 1936, une petite-fille – elle a 9 ans – emprunte chaque jour l’avenue Cedar pour se rendre à l’école, longeant ainsi le collège des Sulpiciens, un bâtiment aux pierres imposantes, derrière lesquelles est enseignée la philosophie. La fillette est curieuse. De surcroît, elle a l’esprit fondateur et support mal l’autorité, peu importe ses avatars-père, école, religion, conventions sociales. Mais cette enfant, c’est avant tout un regard, une paire d’yeux braqués sur la réalité, qu’elle fouille, enregistre, recueille, transforme, cherche à comprendre et à assimiler à travers toute chose vue… »_Marie-Andrée Lamontagne

 

 

Lire aussi : Quand Montréal veut changer le monde grâce au design, un article signé Amélie Luquain, paru dans le numéro 384 d’Architectures CREE

 

 

Quand Montréal veut changer le monde grâce au design

Interroger le rôle du design dans le développement de nos sociétés, débattre des idées et actions novatrices destinées à bâtir un monde meilleur, questionner le design face aux défis du quotidien… Telles étaient les ambitions sans complexes du Sommet mondial du Design (SMD) – World Design Summit – qui s’est tenu à Montréal du 16 au 25 octobre dernier. Une première édition qui s’inscrit dans une année historique pour Montréal, ville UNESCO du design qui fête en 2017 trois commémorations simultanées : le 150e anniversaire du Canada, le 375e anniversaire de la ville de Montréal et le 50e anniversaire de l’Expo 67.

Article paru dans le numéro 384 d’Architectures CREE

 

Qu’est-ce que le design ? Bien des choses, sûrement, mais d’abord un mot propice à faire fleurir partout biennales et manifestations. Le Sommet Mondial du Design (SMD) de Montréal, qui se voulait d’une envergure inégalée, s’inscrit dans un panorama de grands évènements déjà̀ bien ancrés comme, localement, C2 Montréal, qui depuis 2012 propose des conférences à la forme expérimentale augmentées d’installations et performances artistiques dans le tout Montréal, ou encore, de ce côté-ci de l’Atlantique, la Paris Design Week, elle aussi siglée en trois lettres (PDW). Pour sa septième édition, la PDW a de nouveau converti Paris en capitale du design en ouvrant au public galeries, écoles de design, ateliers et studios de créations. Des évènements au caractère festif qui se déploient dans la ville, attirant les foules, amateurs et professionnels. Le SMD, lui, fait le choix de recevoir dans le Palais des Congrès un public plutôt averti. Conçu dans les années 70, par l’architecte Victor Prus, le palais a doublé́ sa superficie au début des années 2000 sous la supervision de l’architecte Mario Saia. Derrière sa façade de verre multicolore, designers, architectes, paysagistes et urbanistes, ont étroitement collaboré afin de présenter une position commune sur le rôle du design dans le monde contemporain. Sous l’égide de Pierre-Alain Gariépy, président et directeur général de l’organisation du SMD, se sont rassemblées trois organisations internationales, partenaires et fondatrices du Sommet : la Fédération internationale des architectes paysagistes (IFLA), la Fédération internationale pour l’habitation, l’urbanisme et l’aménagement du territoire (FIHUAT), le Conseil international du design (ico-D).

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Vue sur le CHUM à partir de la tour de la bourse © Adrien Williams

A Montréal, un évènement en trois volets

Les organisateurs avaient segmenté ce rassemblement international en trois volets bien distincts. Le premier, un salon où près de 350 exposants devaient présenter leurs innovations à près de 30 000 visiteurs attendus. Un panel d’exposants répondait présent au rendez-vous, même si les innovations n’étaient pas toujours de l’ordre de l’inédit. Plusieurs projets ont déjà été présentés ailleurs, en témoigne l’exposition des AJAP 2014, recyclée une dernière fois pour faire la promotion de la création des jeunes architectes et paysagistes français à l’export. Promotion discrète s’il en est, car les trois jeunes architectes présents pour l’occasion – Boris Nauleau (CLAAS), Jean Rehault (Studio 1984) et Vincent Lavergne (Nadau Lavergne) – n’ont pas eu l’honneur de voir leurs conférences inscrites au programme, et ont donc présenté́ leurs réalisations devant … pas grand monde, si ce n’est pour ainsi dire, personne. Heureusement, l’exposition du VIA (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement) « No taste for bad taste », qui avait, elle, la chance d’être installée à l’entrée du salon, semble avoir obtenu de meilleurs résultats, réaffirmant le rôle de la France dans la création de mobilier. Inaugurée en avril à Milan lors du Salon du meuble, elle faisait à Montréal sa première étape sur le Nouveau Continent, avant de rejoindre New York puis d’autres lieux d’exposition.

Second volet, le congrès se voulait, selon les communiqués « un incubateur inter- national pour repenser la mission du designer et ses process de conception ». Eloge du design thinking, il comportait plus de 600 conférences regroupées en 6 thèmes – design pour la terre, design pour la participation, design pour la transmission, design pour la beauté́, design pour la vente, design pour les extrêmes. De quoi noyer les qualités individuelles dans une masse où il est bien difficile de faire le tri. Une quarantaine de conférenciers tenaient la vedette, remplissant cette fois les grandes salles qui leurs étaient attribuées, comme l’architecte chilien Alejandro Aravena, commissaire de la Biennale d’architecture de Venise 2016, qui s’est exprimé́ lors de la cérémonie d’ouverture, le graphiste français Ruedi Baur ou encore le directeur de Roset USA, Antoine Roset.

Également, étaient présentes des personnalités locales comme Moshe Safdie, auteur des logements Habitat 67 sur l’île Sainte-Hélène conçu pour l’Exposition universelle de 1967, la fondatrice du Centre Canadien d’Architecture et Phyllis Lambert, ou encore le très acclamé architecte paysagiste star de Montréal, Claude Cormier, peut-être moins connu de ce côté́ de l’Atlantique, mais dont le nombre de sollicitations à faire des selfies ne laissaient aucun doute sur la popularité́. Dernier volet de cet évènement, le Sommet, pensé comme « une occasion d’exprimer et de promouvoir la valeur du design grâce à la création de ponts et de synergies entre les différentes disciplines de conception. Une approche multidisciplinaire globale devait être utilisée pour aborder les problèmes mondiaux tels que l’évolution dynamique de la population, la lutte contre le changement climatique et la création de villes intelligentes et innovantes » indiquaient les communiqués. En effet, l’approche est bien transversale puisque ce sommet regroupe six disciplines : design graphique, design industriel, design d’intérieur, architecture, paysagisme, urbanisme. Et la thématique du SMD, sous des allures simples, est bel et bien complexe : le design est-il en capacité de résoudre les problèmes liés aux changements de notre ère ? Peut-on provoquer le changement par le design ? Le terme « design » est donc bien ici à comprendre dans sa traduction anglo-saxonne, soit au sens de « conception ».

sommet mondial du design montreal chum
Les portes du nouveau CHUM, maquette numérique © Cannon Design + NEUF architect(e)s
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CHUM : la vie en montagne, intervention de Doyon-Rivest, une des dix oeuvres d’art installées dans le CHUM

De la com’ à la pratique

Vibrant pendant une semaine au rythme du design, quel visage présentait Montréal hors du Palais des Congrès ? Fondée en 1642, Montréal forme avec ses deux mil- lions d’habitants la plus grande métropole du Québec, et la deuxième ville franco- phone au monde. En 1991, elle est devenue la première ville d’Amérique du Nord à créer un poste de Commissaire au design, exclusivement dédié au développement et à la promotion de ce secteur ainsi qu’à la sensibilisation des acteurs privés et publics aux bénéfices d’un design de qualité. Elle a ouvert de nombreux lieux dédiés à la création – le Centre de design de l’Université du Québec à Montréal, le Centre canadien d’architecture, le Musée des beaux-arts de Montréal et la Maison de l’architecture du Québec – jusqu’à intégrer le réseau des villes créatives UNESCO dans la catégorie design en 2006. Et pourtant, Montréal ne semble pas avoir toujours eu conscience de la richesse de son patrimoine ni de la nécessité de créer un environnement urbain, pour le moins « esthétique ». En ce qui concerne le patrimoine, on pourrait se demander ce que seraient devenues les « pierres grises » – un calcaire extrait de carrières locales – de la ville aux cents clochers sans l’intervention d’une figure comme Phyllis Lambert, surnommée « Citizen Lambert ». Bataillant pour préserver le patrimoine et améliorer le sort de la métropole, elle participe à la naissance d’Héritage Montréal en 1975. Elle fonde quatre ans plus tard le Centre d’Architecture Canadien (CCA), installé depuis 1989 dans la maison Shaughnessy, une somptueuse demeure victorienne rescapée in extremis. Au-delà du patrimoine, elle préside le Fonds d’investissement de Montréal (FIM) depuis 1997 qui a vu naître depuis plus de 300 logements destinés à des familles à faibles revenus. Une personnalité incontournable maintes fois récompensée, dont certains disent qu’elle possède la « fortune d’Eliane Bettencourt avec l’aura de Simone Weil ».

Quant à l’architecture contemporaine, celle-ci semble dépendante d’un système bien particulier : les concepteurs travaillant avec des offres de services sont choisis sur la valeur économique. Sont donc sélectionné les moins disants – en version québécoise « les plus bas solutionaires » – ce qui, pour Claude Cormier, est une erreur majeure, surtout face à un Canada anglais affamé de nouvelles idées. Pour lui, il est temps que les décisionnaires reconnaissent la valeur de l’aménagement de l’espace public, véritable atout pour la ville et ses citoyens, et abandonne cette habitude de construire à l’économie. Une logique dont ne semble pas avoir souffert le CHUM, nouveau Centre Hospitalier Universitaire de Montréal, à peine inaugurée, que nous avons pu visiter lors des journées du SMD. Peut-être parce qu’il a été conçu en Partenariat Public Privé (PPP) par NEUF architect(e)s et CannonDesign pour Construction Santé Montréal ? Ce complexe colossal de 22 étages pour 275 000 m2 regroupant trois hôpitaux existants en centre-ville est le plus grand projet de construction en santé en Amérique du Nord. Une irruption propre à bouleverser le paysage de Montréal, même l’équipement fait un geste à minima envers le patrimoine, en intégrant le clocher de l’église Saint-Sauveur et une façade de la Maison Garth.

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Panneau de l’exposition présentée par le SMD au Palais des congrès. Design graphique Ruedi Baur © Ruedi Baur
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Pierre grise : des outils pour comprendre la ville. Vue d’installation présentée au CCA, 2017 © CCA, Montréal

Réinventer le futur du design

Le design peut-il changer le monde ? S’il n’a pas apporté́ de réponse concrète à cette question, posée d’ailleurs sous forme d’affirmation, le Sommet Mondial du Design entérinait au terme de cet évènement une grande première mondiale : la « Déclaration de Montréal sur le design », un plan d’action d’une durée de 10 ans destiné à faire face aux défis mondiaux à venir. Une cinquantaine d’organisations internationales, venant des différentes branches de la conception, design, architecture, paysagisme, urbanisme, ainsi que des organisations comme l’UNESCO, l’OECD, l’UNEP, l’ICLEI se sont rassemblées, avec pour objectif « d’écrire et de promulguer un énoncé conjoint de position qui mettra en valeur le rôle, la capacité et la valeur unique du design et des disciplines qui lui sont liées. ». De quoi donner au sommet un semblant de COP 21, sous des airs de design. Espérons qu’il soit plus suivi d’effet que cette dernière. Sans attendre les résultats, Pierre-Alain Gariépy, souhaite faire du sommet un évènement biennal. Un autre défi pour ce SMD, qui devra se battre pour exister dans un panorama déjà bien encombré._Amélie Luquain

 

Lire aussi : Le premier sommet mondial du design s’installe à Montréal

Glassiled : le verre d’AGC qui intègre des LEDs

Glassiled : le verre d’AGC qui intègre des LEDs

Glassiled est le verre d’AGC, fabricant de verre plat, qui intègre des LEDs monochromes ou RGB alimentées par une couche conductrice transparente. 

 

AGC, fabricant de verre plat, a développé la gamme Glassiled. Sa propriété :  intégrer des LEDs, monochromes ou RGB, au vitrage. Créé sur-mesure, ce verre lumineux autorise de nombreuses compositions, autant pour la disposition des LEDs, leur nombre ou leur couleur. La transparence est préservée, grâce a une couche conductrice transparente ; un câblage quasi invisible, de l’épaisseur d’un cheveux. Les LEDs étant peu énergivore, les composants électroniques se maintiennent dans le temps. Sans compter que les sources lumineuses sont protégées des dégradations atmosphériques par le double vitrage.

Les produits de la gamme sont fabriqués en Belgique. Les composants électroniques ainsi que tous les systèmes de contrôle sont développés par SmartiWorks. Les verres sont garantis 10 ans, et doivent être changés intégralement si les LEDs le nécessite.

Batiment Le Flow à Lille © Atelier d’architecture King Kong – Glassiled Motion

 

Glassiled Motion

Convenant particulièrement aux façades des bâtiments tels que les stades sportifs, les centres commerciaux ou de loisirs, les hôtels ou autres, la version Motion propose un contrôle individuel des LEDs, permettant à la façade de devenir un élément de médiation interactif, diffusant des projets animés. Les LEDs a très forte luminosité sont visibles jusqu’à 3 kilomètres.

Brussels Airport Glassiled – Sign
Galeo Glassiled – Sign Artlite – EVA Creation

 

Glassiled Smart 

La version Smart est conçue pour les projets de rénovation. Elle confère une touche lumineuse a un bâtiment existant dont l’architecture générale ne peut subir aucune modification, et dont les châssis d’origine doivent être préservés. Chaque vitrage est remplacé individuellement. Un composant optique sur chaque LEDs empêche toute réflexion interne (<0.01%), n’occasionnant aucune gêne pour les résidents.

Glassiled

 

Glassiled Sign

Sign est la première génération de verre Glassiled qui intègre uniquement des LEDs monochromes. Applicable en intérieure comme en extérieure, il répond à des projets nécessitant une signature permanente, tel un logo, un motif, une signalétique.

East Pacific International Center Glassiled – Sign

 

« Sciences Po » investit l’hôtel de l’Artillerie

Les agences Wilmotte, Moreau Kusunoki et Sasaki ont remporté avec le promoteur Sogelym-Dixence le projet de restructuration de l’ancien hôtel de l’Artillerie, site militaire qui va être intégré au campus de l’institut d’études politiques de Paris.

Jardin des savoirs – Gribeauval © crédit photo Sogelym Dixence _ Wilmotte & Associés Architectes _ Moreau Kusunoki et Sasaki

Qu’il reste entre les mains des institutions publiques ou gagne celles d’institutions et propriétaires privés, le patrimoine parisien est en pleine ébullition. L’hôtel de la Monnaie, rénové par Philippe Prost, vient d’être livré, l’ancienne bibliothèque nationale (site Richelieu) entreprend un ambitieux chantier de rénovation, les travaux d’aménagements de la bourse du commerce en lieu d’exposition pour la fondation Pinault ont débuté, et à deux pas, la transformation controversé de la poste du Louvre se poursuit. D’autres chantiers parisiens (L’hôtel de la Marine, le Lutetia, etc.) attestent de la valeur et des enjeux qui entourent les édifices historiques dans le Paris du XXIe siècle. Jeudi 11 janvier, Science Po a présenté son projet d’extension dans le noviciat fondé par les dominicains en 1631. Le transfert du bien à la Grande muette, advenu le 18 floréal de l’An III avec l’installation dans les murs du comité central de l’Artillerie, a retiré le site de la carte. L’ouverture partielle des lieux au public a cessé en 1905, avec la fermeture du musée de l’Artillerie. On prête à la section technique de l’armée qui prend possession des murs à partir d’avril 1945, la charge de conduire des opérations mystérieuses et secrètes, justifiant la fermeture totale du site par de sévères barbelés. Quoiqu’il en soit, ce département a déménagé vers le « Balargone », libérant les lieux pour un nouvel usage. Il semble revenir à Richard Descoings, directeur de Sciences Po mort brutalement en 2012, l’idée d’utiliser l’hôtel de l’Artillerie pour suivre la politique de croissance et de rayonnement international qu’il avait engagé à la tête de l’institution. Sciences Po, une fondation privée reconnue d’utilité publique, avait là une possibilité inespérée de s’étendre. Fermement ancrée dans le VIIe arrondissement, l’école n’a pu assouvir ses besoins de surfaces qu’en multipliant les locations dans le quartier, atteignant le nombre de 20 adresses différentes louées à différents propriétaires. De plus, l’hôtel de l’Artillerie partage un mur mitoyen avec le « 13U », 13 rue de l’université, locaux occupés par SciencesPo depuis le départ de l’ENA pour Strasbourg. L’installation avait fait jaser jusque dans les rangs des élèves de ScPo. 

Amphitéâtre Gribeauval © crédit photo Sogelym Dixence – Wilmotte & Associés Architectes _ Moreau Kusunoki et Sasaki

4 équipes en lice

Après cinq ans d’études et de développement du projet en interne, la direction de SciencePo a dévoilé le projet de transformation de l’hôtel de l’Artillerie en « Campus 2022 » . Le projet a été choisi par concours, ouvert d’abord à 19 équipes, nombre restreint à 4 dans une deuxième phase. Les participants étaient regroupés dans des équipes conduites par des promoteurs. La proposition du trio Wilmotte/Moreau Kusunocki/Sasaki l’a emporté sur celles des agences DVVD, Snøhetta et Kengo Kuma. La direction de Sciences Po ne souhaitant pas diffuser les projets non retenus, on ne peut se faire une idée des différentes options proposées qu’à partir des comptes rendus sommaires glanés au hasard des interlocuteurs. La nécessité de faire rentrer un programme dense dans une surface de 14 000 m2, qui restait réduite au regard des besoins, impliquait de pratiquer des excavations et d’éventuellement de réaliser une extension, dans les limites très restrictives fixées par le PSMV (Plan de sauvegarde et mise en valeur, qui régit le développement urbain dans les secteurs protégés au titre des monuments historiques). Ces deux éléments ont déterminé les options des uns et des autres. Snøhetta aurait créé une extension sculpturale et ultra contemporaine, Kuma aurait proposé de créer deux patios circulaires dans une des cours pour apporter de la lumière au sous-sol, DVVD aurait joué sur l’emphase, accentuant la diagonale qui relie l’hôtel de l’Artillerie avec l’U13. Tout cela au conditionnel, bien sur, puisqu’encore une fois les propositions de concours sont tenues secrètes par le maitre d’ouvrage pour des raisons que l’on ignore, la peur, sans doute, de voir son choix contesté. Voila qui nous prive d’un débat architectural sur le réaménagement d’un site historique. 

Cloitre actuel de l’Artillerie © Marie Sorribas _ O.H.N.K

Trois cours

Revenons justement au site. L’hôtel de l’Artillerie se déploie autour de trois cours. La cours Sébastopol, sur l’ancien cloître, dont une partie a été surélevée très discrètement par les militaires. Moins discret en revanche, l’axe ouvert dans le côté oriental du cloître, pointant vers la cour Treuille de Beaulieu, qui servait d’entrepôts à canons. Assez vaste et fermé par un mur bas, cet espace que n’égaye pas la vue des colonnes de Gallimard est interdit à la construction par le PSMV. Le département journalisme de l’école occupera ce vide en souterrain. Dernière cour, la cour Gribeauval, occupée en son centre par une construction massive et sans intérêt édifiée dans les années 20, et dont le PSMV impose la destruction. Cet espace devient le coeur du projet, parce qu’il met en communication l’hôtel de l’Artillerie et le 13 U, dont le jardin devient la quatrième cour du site, et surtout parce qu’il est l’espace où les aménagements sont les plus visibles. L’agence Moreau Kusunoki y implante un édifice qu’elle a souhaité le plus neutre possible, une boite en verre de trois niveaux qui rappelle un peu les Apple Stores dessinés par Norman Foster. On aurait peut-être aimé un peu plus d’extravagance et de folie pour cette petite construction, qui, placé à un point clé du site, est un petit observatoire sur toute cette partie du campus. Les règlements drastiques du PSMV limitaient sévèrement le gabarit constructible, interdisant de rendre le toit accessible – les émergences et les gardes corps seraient sortis du volume capable. Reste que ce pavillon, réservé à la bibliothèque, articule l’ensemble du programme. Sa position en fond de cour redonnera une lecture simultanée des deux façades existantes, actuellement impossible du fait de la présence du bloc construit dans les années 20. Il règle aussi les différents hauteurs de sol, décaissé pour permettre d’éclairer les extensions souterraines du programme. Le parti d’enfouir une partie des salles allait à l’encontre du PSMV, qui entrait lui même en contradiction avec les ambitions parisiennes affichées lors du deuxième volet de la consultation « réinventer Paris », qui partait à la reconquête des sous-sols parisiens. « Le règlement interdisait les affouillements » explique Franck Boutté, BET environnemental de l’équipe, ce qui empêchait d’éclairer naturellement les nouveaux espaces par des prises de lumière naturelle. Comment Jean-Louis Missika, adjoint à l’urbanisme, impliqué aussi bien sur les « Réinventer Paris » que sur le réaménagement de Sciences Po, établissement dans lequel il enseigne, pouvait-il accepter cette contradiction flagrante ? Finalement, l’adjonction d’un large escalier instaurant une continuité entre sol haut et bas de la cour Gribeauval a dissipé le dilemme, même si, pour l’instant, l’adjoint à l’urbanisme ne goute pas les verrières plates qui délimitent les parties hautes et basses de la cour Gribeauval. L’ajout d’escalier agencé en gradins permettra de transformer cet espace en amphithéâtre à ciel ouvert.

Cours sébastopol © crédit photo Sogelym Dixence _ Wilmotte & Associés Architectes _ Moreau Kusunoki

Un campus nommé Paris

Avec l’hôtel de l’Artillerie, Sciences Po occupe désormais 45 000 m2 de locaux dans le quartier. Les rôles des différentes agences prenant part au projet sont clairement définis : Wilmotte prend en charge tout le réaménagement de l’existant, rénové dans une optique environnementale sous le contrôle de Franck Boutté, qui supervise ces questions sur l’ensemble du projet. Pierre Bortolussi, architecte des bâtiments de France, traite des question liés à la préservation du patrimoine. Les parties neuves sont dessinées par Moreau-Kusunoki, l’agence Sasaki traite les problèmes relevant de sa spécialité, l’organisation de campus. Le promoteur Sogelym Dixence chapeaute l’ensemble du projet, réalisé selon la procédure du CPI, contrat de promotion immobilière. Les cinq années d’études précédant le concours devraient éviter les mauvaises surprises, embarrassante ans ce type de contrat ou le promoteur devenu maitre d’ouvrage s’engage sur un prix et un délai – ici l’ouverture de l’école pour la rentrée de 2021, et le 150e anniversaire de l’école en 2022. La Ville de Paris s’est impliqué dans le financement en garantissant aux ⅔ le prêt de 160 millions d’euros contracté par l’Institut. L’achat du bâtiment à l’Etat pour 93 millions d’euros sera compensé par une économie de 11 millions d’euros dépensés pour la location de différents locaux dispersés dans le quartier. Sciences Po apporte 10 millions d’euros de fond propre et compte sur le mécénat pour lever 20 millions d’euros supplémentaires.

Pour Anne Hidalgo, qui a justifié l’implication de la ville dans ce projet, les futurs étudiants pourront devenir les ambassadeurs de Paris à travers le monde. La grandeur de l’établissement est un gage de ce rayonnement international qui semble être devenu la priorité de nombreux maires de métropoles, focalisés sur l’attractivité et le rang de la ville au classement des « villes-mondes » « Le campus, c’est Paris » a énoncé Anne Hidalgo, au risque de rendre chagrin les étudiants exilés sur le plateau de Saclay, encore bien peu hospitalier en dépit des aménagement en cours. Avec l’éducation, les bâtiments du « vieux paris » sont un atout maitre, au point que l’on pourrait proposer cette définition du patrimoine parisien : «  élément historique destiné à supporter un projet moderne pour augmenter l’attractivité de la capitale »._Olivier Namias

 

Le Solid Surface Avonite revêt les façades

Le Solid Surface Avonite revêt les façades

AVONITE est un Solid Surface de haute technicité, thermoformable. Son offre s’étend sur des produits hautement qualitatifs dans 18 formats et 3 épaisseurs, déclinés en 57 coloris. S’il s’utilise dans les secteurs de la santé, de l’hôtellerie ou du commerce, il se décline aussi parfaitement en revêtement de façades.  

 

avonite solid surface façade
Villa Privée à Ibiza, Espagne. Façade extérieure, pourtour de piscine, mur d’enceinte, salles de bain, plinthes, piliers de terrasse, cadres extérieurs des portes et fenêtres en AVONITE® Snowfall. Architecte : Laurence Sonck. Fabricant : M2 Ibiza Construct SL. Photographe : Arsen Mikitov.

Le Solid Surface Avonite est un matériau composé d’un mélange de bauxite (poudre minérale), de résines acryliques haute performance et de pigments naturels. Installée depuis 40 ans dans le Kentucky, l’entreprise américaine possède deux usines, dont l’une, par son procédé de fabrication de coulée en continue, permet la conception de panneaux de toutes dimensions. Son offre s’étend sur des produits hautement qualitatifs dans des dimensions et épaisseurs standards ou sur-mesure.

avonite solid surface façade
Villa Privée à Ibiza, Espagne. Façade extérieure, pourtour de piscine, mur d’enceinte, salles de bain, plinthes, piliers de terrasse, cadres extérieurs des portes et fenêtres en AVONITE® Snowfall. Architecte : Laurence Sonck. Fabricant : M2 Ibiza Construct SL. Photographe : Arsen Mikitov.
avonite solid surface façade
Villa Privée à Ibiza, Espagne. Façade extérieure, pourtour de piscine, mur d’enceinte, salles de bain, plinthes, piliers de terrasse, cadres extérieurs des portes et fenêtres en AVONITE® Snowfall. Architecte : Laurence Sonck. Fabricant : M2 Ibiza Construct SL. Photographe : Arsen Mikitov.

 

Solid Surface thermoformé

Les plaques Avonite sont malléables lorsqu’elles sont soumises à la chaleur de fours spéciaux. Le thermoformage permet aux plaques de prendre des formes originales et novatrices avec des rebords arrondis ou des lignes organiques. L’assemblage des panneaux se fait sans joints apparents.

 

Dimensions

Le programme Right Size, propose 18 formats de plaque sans le moindre surcoût au m2. Avec des volumes de commande minimum qui se veulent accessibles, les plaques peuvent mesurer jusqu’à 1 524 m de large et 3 658 m de long dans des épaisseurs de 6 mm et de 12 mm. Il est possible de choisir le format le mieux adapté, réduisant ainsi la consommation au plus utile, en diminuant les chutes.

 

Nuancier

Riche d’une palette chromatique de 57 couleurs, le solid surface Avonite se décline dans de nombreuses teintes, parfois translucides, parfois texturées. Qu’il s’agisse de la couleur “Mango” ultra pop, de l’élégance du “Snowfall”, de la sobriété d’“Eclipse” ou encore de la texture évocatrice de “Stormy Grey”, la marque offre un large nuancier.

 

 

 

 

Réinventions en cascades : la revue de presse du 23 janvier 2018

Bref inventaire de ce qui doit être réinventé en 2018 : la baraque à frites, la rémunération des architectes, la Loire à Nantes, Paris en Chine, Patrik Schumacher chez Zaha Hadid, l’Espagne, les fermes éoliennes, l’impression 3D, la basket et les transports en commun, Hong Kong. La revue de presse du 23 janvier 2018

Réinventer la baraque à frites

Heureux comme le Morris Vandenberghe et Thomas Hick en Belgique. Ces deux architectes associés au sein du Studio Moto viennent de remporter le concours portant sur la rénovation d’un symbole bruxellois, voire belge : le fritkot ou baraque à frite. L’échevine du commerce et l’échevin de l’urbanisme de la ville de Bruxelles s’étaient unis pour lancer un concours visant à rénover ces édicules tout en leur apportant une nouvelle identité. Les idées du Studio Moto ont été distinguées parmi 52 propositions : « de forme simple et épurée, l’objet, de par sa taille et sa superficie, s’implante parfaitement dans le tissu urbain. Son revêtement réfléchissant en aluminium poli favorise le dialogue avec son contexte; ainsi, par un jeu de réflexions, les abords se trouvent changés au gré des passages et c’est en se déplaçant autour du volume que celui-ci se dessine. Ce matériau, résistant et facile d’entretien, permettra également de venir à bout des détériorations liées aux actes de vandalisme. Enfin, le fritkot est couronné par une enseigne lumineuse unique. Chaque frituriste aura l’autonomie de la confectionner lui-même afin de garder son identité propre ». Le fritkot nouveau ouvrira ses auvents début 2019, à moins que les élections à venir ne soient remportées par des élus qui auraient moins la frite.

via Sud infos 

 

Réinventer la rémunération des architectes

Le métier d’architecte est toujours aussi mal payé : dans les bilans des promoteurs, la ligne conception est bien loin derrière les frais de publicité ou les dépenses de commercialisation, constate Catherine Sabbah dans Les Échos. Honoraires en berne, dumping, casse des prix par les maîtrises d’ouvrage privées, repli des maîtrises d’ouvrage publiques, tout concourt à tirer les prix vers le bas. « Les récentes consultations baptisées “Réinventer”… Paris, la Métropole, et le Monde encore tout récemment, ne rassurent pas tellement les architectes. Sollicités par des maîtres d’ouvrage privés pour inventer des nouvelles formes, techniques, usages… ils retrouvent des commandes et du travail. Mais se retrouvent aussi noyés au milieu d’une kyrielle d’autres prestataires désormais associés à la conception des bâtiments : experts de l’environnement, innovation, co-living, co-working et autres espaces partagés… qui se paient aussi sur le prix final ». Et dans une économie de service qui mise sur l’innovation et la pensée, personne ne s’occupe de réinventer la rémunération des prestations intellectuelles?

Via Les Échos 

 

Réinventer la Loire

Nantes Métropole les avait repérés alors qu’ils planchaient sur des projets de guinguette en bord de Loire. Cette année, elle a demandé à ces étudiants de master en architecture navale d’imaginer des projets pour rendre ludiques les bords de la Loire ou de l’Erdre. À côté du « projet pragmatique qui ne coûtent pas trop cher » de passerelle avec son miroir d’eau, on trouve un café submersible, ou un bassin de surf sur l’ancien parking de la gloriette, point final d’une promenade aquatique. « L’équipe d’étudiants est partie des 30 engagements pour la Loire des élus de Nantes métropole qui visent à “une réappropriation physique, sensible et imaginaire du fleuve”’ ». Après alerte à Malibu, alerte pas loin de Vertou?

via Ouest-France 

La « vague de Gloriette », spot de surf à ciel ouvert sur le parking de Gloriette. © ENSA

 

Réinventer Schumi

« On m’a fait passer pour un fasciste », s’indigne Patrik Schumacher, dirigeant de Zaha Hadid Architects depuis la mort de sa célèbre associée. Cassant, pas naturellement d’un abord sympathique, Schumacher s’était attiré les foudres du public après une conférence donnée en 2016 au World architecte forum, ou il suggérait de supprimer le logement social, de privatiser l’espace public — rue comprise — et de vendre Hyde Park aux promoteurs. Certaines voix demandaient à ce qu’on ne lui donne plus la parole. Sur tous ces sujets, Patrik Schumacher affirme avoir été mal compris. Ses propositions entendaient remédier à ce qu’il voit comme des cercles vicieux, et aux mécanismes de régulation qui entraînent paradoxalement une hausse des prix, obligeant la plupart des gens à quitter les zones de centre-ville, pourtant les plus intéressantes du point de vue des connexions et des opportunités économiques. « C’est ce que je critiquais, dit-il. Ce n’est pas que je veuille attaquer les franges vulnérables de la société et les jeter à la rue. J’ai été dépeint comme ce scélérat (…). On a diffusé mon portrait avec la moustache d’Hitler durant une campagne de diffamation. La question centrale ici est de savoir comment nous pouvons réellement créer la prospérité pour tous ». Si certains arguments de Schumi font mouche chez les partisans du logement social, d’autres, tels que l’élimination du logement social sur Hyde Park au motif que cela renchérirait le prix des logements privés ne passent toujours pas. Cela peut-il suffire à lui ôter cette vilaine moustache?

Via The Guardian 

Protestants devant les bureaux de Zaha Hadid Architects après le discours controversé de Schumacher fin de 2016. Photographie: Alamy

 

Réinventer Prada

Amoureuse du Nylon noir, Muccia Prada a demandé à deux agences d’architectures amies — Herzog et de Meuron et OMA – de donner leur interprétation de ce matériau pour une collection. Toujours à la demande de Prada, les architectes ont convié les designers Grcic et les frères Bourroulec à faire de même. Pour remédier à l’incommodité des sacs à dos, qu’on est obligé d’enlever dès que l’on souhaite prendre un objet, Rem a imaginé un sac marsupial bardé de fermetures à glissière, évoquant le gilet pare-balle et l’armoire normande par son côté imposant. Herzog et de Meuron ont orné les vêtements de textes en caractères noirs posés sur un fond blanc, célébration ironique de l’âge des « fake news ». Au risque d’en lancer une, en faisant croire que le diable s’habille désormais en H & (d) M.

Via The New York Times

 

Réinventer l’Espagne

Aucun Français un peu versé dans l’aménagement du territoire n’ignore cette diagonale du vide qui traverse l’hexagone en vidant ses villes et villages. Mais qui connaît la « Laponie du Sud », dix régions occupant une surface du territoire espagnol grande comme deux fois la Belgique, ou la densité de population atteint à peine 7,72 habitants au km2, soit celle du nord de la Finlande? Et cette zone identifiée par l’Universitaire Francisco Burillo, ne représente qu’une partie de la España vacía, l’Espagne vide, du titre d’un essai du journaliste Sergio del Molino publié en 2016, ou il est fait état de secteurs « biologiquement morts » : Orense, León, Zamora, Salamanca, Ávila, Palencia, Ciudad Real… Il y a désormais deux Espagne, « une Espagne urbaine et européenne, identique par toutes ses caractéristiques aux autres sociétés européennes, et une Espagne intérieure et dépeuplée. La communication entre ces deux Espagne est difficile. Elle donne le sentiment de deux pays étrangers l’un à l’autre » , relate El Diario. Une série de mesure est envisagée pour réduire l’hémorragie — incitations fiscales, maintien minimal de services publics, etc. Comme le rappelle la fédération espagnole des communes et provinces (FEMP), « la lutte contre la dépopulation n’est pas une fin, c’est un moyen de rendre la planète plus durable ».

Via El Diario 

 

Réinventer la ferme d’éolienne

Implanté à 125 km à l’est des cotes du Yorkshire, cette ferme éolienne d’un genre nouveau pourrait surpasser tout ce qui se fait en la matière. D’une échelle bien supérieure aux fermes éoliennes traditionnelles, ce projet de la compagnie hollandaise TenneT alimenterait en électricité le Royaume-Uni et les Pays-Bas, et éventuellement la Belgique, l’Allemagne et le Danemark. Au centre de l’installation, une nouveauté : une île de 6 kilomètres carrés pour convertir le courant et le diriger vers la demande du moment, ce qui permettrait des économies d’échelles et une plus grande flexibilité. Alors que le défi d’ingénierie de la construction de l’île semble énorme, Rob der Hage (responsable du programme éolien offshore pour TenneT) n’est pas découragé. « C’est difficile? Aux Pays-Bas, lorsque nous voyons un plan d’eau, nous voulons construire des îles ou des terres. Nous faisons cela depuis des siècles. Ce n’est pas le plus grand défi », a-t-il déclaré. Trouver le milliard et demi pour la construction du programme s’annonce plus difficile.

Via The Guardian 

Vidéo TenneT pour le concept d’îlot éolien 

 

Réinventer l’impression 3D

C’est une des nombreuses Arlesiennes qui entoure la marque à la pomme : est-ce que 2018 sera pour Apple l’année de l’impression 3D. Le dépôt le 16 janvier de 44 brevets dont un pour « Méthodes et appareils pour l’impression 3D d’objets en couleur » a relancé les spéculations, anticipant implicitement une potentielle explosion du secteur. «  Parmi les caractéristiques de la potentielle imprimante 3D d’Apple, la marque explique que le fichier 3D pourrait être créé à partir d’un ordinateur, d’un téléphone ou d’un serveur avec la possibilité de se connecter avec tous les appareils électroniques de la marque » explique 3D natives. Pour réinventer la pomme et pallier à ses batteries défectueuses et son matériel indémontable

Via 3D natives 

 

Réinventer la grolle

Malgré le froid de l’hiver berlinois, il y a la queue depuis plusieurs heures devant Outside Overkill, un magasin de chaussure de sport branché de Kreuzberg, pour la sortie d’un nouveau modèle de la marque Adidas. Éditées à 500 exemplaires seulement, ces chausses sont bien plus qu’une paire de baskets. Portant les couleurs camouflage de la BVG (l’opérateur de transports en commun local), elles offrent un accès gratuit à tout le réseau de la BVG pendant une année — le ticket est dans la languette. Pour 180 euros, l’heureux et patient acheteur se voit allouer un pass normalement facturé 728 €. De quoi être motivé. Pour la BVG, qui fête cette année ces 90 ans, l’opération fait partie d’une stratégie plus large de rajeunissement de son image. La compagnie multiplie les produits dérivés et actions de communications ironiques, tel ce tweet encourageant Trump à postuler à un poste de conducteur de bus à Berlin plutôt que de briguer la présidence des États-Unis. Pas besoin de ce genre d’artifice à Paris : le développé officieux du sigle RATP (rentre avec tes pieds) montre que du mocassin à la basket en passant par l’escarpin ou la tong, un moyen transport public est automatiquement intégré à chaque paire de chaussures.

Via The Guardian 

 

Réinventer Paris (à Tiandu Cheng)

Modèle urbain envié, le Paris Haussmannien s’est largement exporté jusqu’à la Première Guerre mondiale. Au XXIe siècle, il semble connaître un revival en Chine : la ville de Tiandu Cheng a construit un quartier entier autour d’une tour Eiffel — pas vraiment haussmannienne il est vrai — bordé de tout un tas d’immeubles inspirés de l’œuvre urbaine du divin baron. Le photographe François Prost a tenté de comparer les deux villes termes à terme. Difficile parfois de faire la différence, entre avenues plantées, allées inspirées des jardins à la française… Tout l’urbanisme à l’âge classique est convoqué dans cet aménagement patchwork. « À Tiandu Cheng, en plus de l’architecture très largement inspirée – même copiée – de Paris, le photographe fait part de la vie sur place, qui ne diffère en rien des autres villes chinoises : la classe moyenne a investi la ville, et l’on ne déguste pas de macarons ou croissants au petit-déjeuner. Tiandu Cheng devient un îlot pseudo-français dans l’architecture, mais où le syndrome de Paris n’existe plus. Dans la relation entre les deux villes, François Prost a comparé les pierres, mais aussi les âmes ». Et, pour paraphraser la regrettée France Gall, a vu un chinois dans son miroir urbain.

Via Les inrocks 

Crédits diaporama : Paris Syndrome, © François Prost
Crédits diaporama : Paris Syndrome, © François Prost

 

Réinventer HK

Retour à l’âge des cavernes : en manque constant de terrains constructibles, Hong Kong envisage de bâtir sous ses collines. Les activités générant des nuisances ou les infrastructures seraient implantées en priorités dans ces grottes modernes : station d’épurations, data center, centres logistiques, réservoirs, mais aussi piscine, prévoit un nouveau plan directeur qui espère ainsi libérer mille hectares de terrains constructibles. 48 sites potentiels sont identifiés. Pas assez, estime le Think tank Our Hong Kong Foundation, qui a chiffrer à 9000 ha les besoins de terrain pour la construction de logements. Les possibilités de poldérisation étant déjà bien utilisées, Hong Kong va-t-il devoir s’installer sous la mer?

Via The Guardian 

Avec le prix des maisons les plus élevés au monde, et la plupart de ses terrains non constructibles, la ville a trouvé une nouvelle façon de s’agrandir – en déplaçant les installations dans les grottes dans les montagnes.

 

Olivier Namias

Bruno Foucart s’est éteint le 5 janvier 2018

Né en 1938, ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1959), agrégé de Lettres, Bruno Foucart étudia l’histoire de l’art à la Sorbonne au tournant des années 1960, sous l’égide d’André Chastel et de Jacques Thuillier.

Passé par les universités de Dijon et de Nanterre, il rejoignit la Sorbonne après son doctorat d’Etat, Le renouveau de la peinture religieuse en France, 1800-1860. Il y fut professeur jusqu’à sa retraite en 2006. Il y créa et dirigea l’Unité mixte de recherche André Chastel (CNRS, ministère de la Culture, Sorbonne). Il enseigna parallèlement à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts.

Bruno Foucart ne fut pas que l’enseignant dont beaucoup d’entre nous admiraient l’éloquence et l’humour. Avec André Chastel, il participa à la création de l’Inventaire général du Patrimoine culturel au ministère de la Culture d’André Malraux, puis fut conseiller des cabinets ministériels d’Alain Peyrefitte et de Michel Guy. En ce début des années 1970 qui virent la destruction des Halles de Victor Baltard, Bruno Foucart eut un rôle décisif pour la protection du patrimoine des XIXe et XXe siècles. Son action ouvrit les consciences, et contribua significativement au renversement culturel qui s’ensuivit.

En 1979, Bruno Foucart consacra une exposition à Viollet-le-Duc, réconciliant l’histoire avec l’architecte encore controversé. Il prit part à la création du musée d’Orsay, puis du Musée des années trente à Boulogne-Billancourt où il fut aussi pendant plus de trente ans conservateur de la Bibliothèque Marmottan.

Bruno Foucart montra la même finesse d’intuition en architecture et en peinture, traita tant des avant-gardes que de courants jugés moins novateurs, craignant peu de se placer à contre-courant. Sa vision transversale lui permettait ces audaces, quand la génération qui suivit spécialisa ses travaux.

L’Association d’histoire de l’architecture rend hommage à cet inventeur du patrimoine et de l’histoire de l’architecture des XIXe et XXe siècles. Bruno Foucart contribua à libérer l’histoire de l’architecture des idéologies qui la bridaient, pour l’ouvrir à la pluralité qui fait aujourd’hui sa force.

Jean-Baptiste Minnaert

Professeur d’histoire de l’art contemporain, Sorbonne Université

Centre André Chastel UMR 8150 http://www.centrechastel.paris-sorbonne.fr

Concours ouverts : BIM, céramique … des sujets à méditer

Concours ouverts : BIM, céramique … des sujets à méditer

Des concours pour étudiants et architectes : concevoir en BIM, utiliser la céramique ou l’aluminium, travailler la lumière naturelle … inscrivez-vous dès à présent jusque fin mars 2018.

 

Retrouvez tous nos appels à concourir sur notre page Appels à Projets.

 

A l’avant-garde, des concours en BIM

Eugène Beaudouin et Marcel Lods est un duo d’architectes qui a marqué l’entre-deux-guerres. Avant-garde, banlieue et préfabrication sont certainement les maîtres mots qui les désignent. Et c’est justement l’îlot à Suresnes où se situe leur remarquable école de plein air que le concours BIM propose de requestionner.

L’édition 2018 du Concours BIM propose aux candidats, dans le cadre d’un concours d’idées, de réfléchir à la création d’un collège de 500 élèves qui serait construit dans la ville de Suresnes. Les candidats devront concevoir la maquette numérique renseignée d’un ou plusieurs bâtiments qui s’intégreront dans un îlot existant. L’École de Plein Air de Suresnes construite par les architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods est implantée sur cet îlot existant. Elle devra faire l’objet d’une proposition de réaffectation par les candidats. La méthodologie BIM employée par l’organisateur du concours Polantis devra être respectée.

Les inscriptions seront closes le 4 février et les rendus de projets sont attendus au 17 mars 2018. Les lauréats seront désignés le 26 avril, et recevront des prix d’un montant de 10 000 à 2500 €

Plus d’informations sur le site de notre partenaire Wiin Contest et aussi, à découvrir, l’exposition Eugène Beaudouin et Marcel Lods, architectes d’avant-garde

concours wiin contest BIM

 

De céramique ou d’aluminium

Deux concours destinés à mettre en valeur les matériaux que promeut leur organisateur. L’un sur la céramique, organisé par Confindustria Ceramica (the Italian Association of Ceramics) et l’Italian Trade Agency. Célébrant les 25 ans de son prix Ceramics of Italy, ce concours met en vedette la céramique italienne et les carreaux de porcelaine dans des projets résidentiels, commerciaux et institutionnels. Nouveautés pour cette année, les étudiants sont aussi invités à concourir. Les inscriptions seront closes dès le 15 février 2018.

L’autre sur l’aluminium, lancé par Aluminium France, uniquement destiné aux étudiants de France métropolitaine. Le Défi Aluminov’ recherche des projets originaux, innovants, à forte dominante aluminium. Les inscriptions seront clôturées le 23 février, les projets devront être rendus le 20 avril, et le premier prix d’une valeur de 5 000 sera remis en mai 2018.

Plus d’informations sur le site de notre partenaire Wiin Contest : Ceramics of Italy et Défi Aluminov’

concours wiin contest ceramics of italyconcours wiin contest défi aluminov

 

Toi, toi ma fenêtre de Toit

Velux, le spécialiste des fenêtres de toit, décerne tous les deux ans The International VELUX Award for students, un prix international destiné à faire connaitre les produits de la gamme Velux aux étudiants. Il les met au défi d’explorer le thème de la lumière du jour, un sujet qui ne perd pas de son actualité en architecture. Mais l’éclairage naturel peut être une discipline difficile à aborder, à comprendre et à maîtriser.

L’éclairage naturel décrit l’utilisation contrôlée de la lumière naturelle à l’intérieur et autour des bâtiments. Il s’agit de la pratique consistant à placer les fenêtres, ou d’autres supports transparents et surfaces réfléchissantes, de façon à ce que la lumière naturelle fournisse un éclairage interne efficace pendant la journée. Pour que l’éclairage naturel soit efficace, il faut tenir compte des considérations de conception à toutes les étapes du processus de conception du bâtiment, de la planification de l’emplacement à la conception architecturale, intérieure et d’éclairage. D’autant plus dans un climat d’économie d’énergie. Les projets devront prendre en compte les effets de la construction (contexte, formes, dimensions …), et répondre aux besoins de bien-être.

Le prix veut reconnaître non seulement les étudiants mais aussi leurs professeurs. Par conséquent, les enseignants des projets seront également récompensés, pour un montant total de 30 000 €. Clôture des inscriptions dans 70 jours !

Plus d’informations sur le site de notre partenaire Wiin Contest : International Velux Award 2018

concours wiin contest velux award

 

Citizen M La Défense : un hôtel à destination du Millennial

Ils ont pour nom MOB, Okko, Eklo, Yooma, Jo & Joe ou CitizenM,
 et ont en commun de vouloir casser les codes de l’hôtellerie classique pour mieux servir une population particulière : le Millennial, urbain connecté et voyageur. Ils instaurent un style qui gagne à grande vitesse les hôtels mainstream, et s’insinue jusque dans la sphère domestique.

Le « Millennial Hôtel » ou le nouvel âge du Fun Palace, un article d’Olivier Namias a retrouver dans le numéro 384 d’Architectures CREE

CitizenM La Défense est la deuxième adresse grand-parisienne de cette chaîne créée par Kul Rattan Chadha, homme d’affaires d’origine indienne installé aux Pays-Bas depuis 1971 où il a fondé une chaîne de magasin de vêtement. L’établissement met en application son concept de « luxe accessible à tous » à proximité de la Grande Arche et à un jet de pierre de la nouvelle U Arena dessinée par Christian de Portzamparc.
 Les hôtels de CitizenM prennent le parti de réduire la chambre à sa plus simple expression — une cellule dimensionnée sur le module d’un container, petite, mais équipée d’un lit king size, d’un équipement audiovisuel et digital poussé, et d’une douche aux parois de verre sablé bombés, le recours à la préfabrication des éléments permettant de réduire les coûts tout en augmentant la prestation. En compensation, les visiteurs se voient offrir de grandes parties communes foisonnantes de mobilier design
 et œuvre d’art sans crainte de la collision la plus totale. L’autre adresse parisienne de CitizenM occupe une ancienne tour de bureau près de la gare de Lyon. À La Défense, l’agence MAAC a été chargée d’organiser la rencontre 
entre le cahier des charges de l’hôtelier et les exigences des réglementations urbaine. Sa réponse tient en un immeuble aux façades sophistiquées et minimalistes révélant l’unité
 des 175 chambres, logées dans
 un volume posé sur un socle mettant en correspondance les nombreux dénivelés du terrain avec les espaces communs des salles de réunion
 et de restaurant. Le groupe AVAF 
a réalisé la décoration de la façade.

© Richard Powers
© Richard Powers
© Richard Powers

© Gilles Luneau

© Richard Powers

© Gilles Luneau
© Gilles Luneau

 

Programme : Hotel 175 chambres et locaux commerciaux

Lieu : La Défense, Paris, France
Maitrise d’ouvrage : Citizen M. Maitrise d’ouvrage d’exécution : HPM (Hotel Project Managment).
Maitrise d’oeuvre : Studio MAAC – (Cottrell Macary Michelangeli Associated Architects). Architecte d’intérieur : Concrete. Façade : Joseph ingénierie. Artiste façade : AVAF. 
Calendrier :  concours : Aout 2011. Démarrage chantier : novembre 2015. Livraison : juin 2017
Surface : 5 780 M2
Radical Chic : 25 logements par Bruther

Radical Chic : 25 logements par Bruther

Le plan, outil de projet et de lecture universelle, est inséparable de la production de l’architecte. Architectures CREE publie des carnets de plans dans ses numéros. Chaque semaine, la rédaction a décidé de compléter sa rubrique en vous faisant découvrir ou redécouvrir l’ensemble des plans d’un même et unique projet. 

L’opération de 25 logements livrée par l’agence Bruther pour le compte du bailleur social SIEMP et Elogie sur la rue Pelleport à Paris compose en plan deux surfaces triangulaires alignées sur rue qui s’élèvent selon des hauteurs différentes. L’axonométrie met en avant la volumétrie facettée des toitures et les balcons.

 

« Le logement passe difficilement inaperçu rue Pelleport, une voie faubourienne du 20e arrondissement en balcon au-dessus de Paris. Les programmes d’habitations dominent l’espace urbain. D’abord, la masse écrasante d’une barre des années 60-70, longue de 100 mètres et haute de dix niveaux. Puis, à l’angle de deux rues, immanquable bien que ne comportant qu’un logement par étage, une sculpture habitée dessinée par Frédéric Borel à l’aube du XXIe siècle. Intercalé entre ces deux extrêmes, une parcelle longtemps occupée par une maison à un niveau, sur laquelle l’agence Bruther vient de livrer un ensemble de 25 logements, pour le compte du bailleur social SIEMP et Élogie. Animé par Alexandre Theriot et Stéphanie Bru, l’agence s’est fait connaître pour ses bâtiments à l’allure rigoriste, semblant clamer qu’ils n’utilisent que des moyens limités, tel le centre Saint-Blaise à Paris XIX, ou le MRI à Caen. Les logements de la rue Pelleport sont dans cette même veine brutaliste et smithsonnienne : structure de béton brut fermée par de grandes baies vitrées, bardage métallique, carreau de céramique noire réfléchissante pour marquer les zones les plus nobles. Un strict minimum… »_Olivier Namias

 

Retrouvez l’intégralité du reportage dans le numéro 384 sur le thème « hospitalité », en vente sur notre shop

© Bruther Architecte