Inventons la métropole du Grand Paris : première phase

Inventons la métropole du Grand Paris a publié ce 1er mars 2017 les résultats complets de la première phase, téléchargeable sur le site. Regard sur :

 

inventons la metropole du grand paris carte des sites

 

Inventons la métropole du Grand Paris se pose comme un appel à projets innovants, lancé par la préfecture Paris Ile-de-France, la Métropole du Grand Paris et la Société du Grand Paris. Cette première aire métropolitaine d’Europe concerne 7,5 millions d’habitant, 131 communes et représente 23% du PIB national. Pour revaloriser son image, la diversité des sites en termes de surface, de complexité et d’emplacement invite à projeter des constructions métropolitaines plutôt que des objets architecturaux exceptionnels. Quartiers de gare, sites patrimoniaux, friches urbaines ; les 57 sites proposés à l’étude représentent 217 hectares de terrain, avec 21 sites qui sont à proximité des futures gares du Grand Paris Express. Sur les 420 groupements candidats, ont été retenues 164 équipes d’architectes, promoteurs, et investisseurs. Les grands groupes français du BTP et de la promotion immobilière représentent 42% des mandataires, quand les petits promoteurs ne sont pas en reste puisqu’ils constituent une large part de 58%. Ils s’associent aux associations locales, de programmation culturelle, aux startups, incubateurs et petites structures, les exploitants indépendants étant au nombre de 326, ce qui témoigne des mutations de la profession, l’architecture se faisant plus locale et en concertation.

 

Co, tech et bio

En effet, le très actuel « co- » est de mise dans les projets, indique le communiqué : co-construction, co-conception, concertation et habitat participatif concernent bon nombre d’entre eux, et invitent à la mutualisation des services urbains comme l’autopartage (14%), les parkings mutualisés (15%), les jardins partagés (16%)… Sont associés des services de mobilité innovant comme « la livraison par drone, la station-service proposant des carburants propres, un réseau de minibus à la demande dont le trajet est calculé par un algorithme ou le réseau de logistique du dernier kilomètre ». Les transformations des modes de travail, caractérisées par la flexibilité, l’hybridation  des activités économiques et la recrudescence des télé-travailleurs s’incarne dans « la création d’espaces mutualisés de travail (co-working) et de création artisanale (fablabs, makerspaces) ; les emblématiques « Tiers-lieux ».  Le logement, lui, se voudra réversible et flexible. Quant aux innovations technologiques, elles se scindent en deux parties. Éloge des « smart city », « les innovations high tech résident pour la plupart dans les bâtiments connectés, équipés de smart-grid ou de micro-grid, et dans l’usage de la domotique et du Building Information Modeling (BIM) ». Coté low-tech, les innovations relèvent plutôt du domaine de la construction avec des matériaux naturels ou recyclés. « La construction bois est particulièrement prisée et présente dans plus d’un quart des projets. Les matériaux biosourcés, issus de la biomasse animale ou végétale, ou géosourcés, matériaux locaux, naturels, extraits à proximité, sont également présents dans plus d’un tiers des candidatures retenues. Plusieurs projets font aussi état de constructions en terre crue, valorisant ainsi les déblais du Grand Paris Express. Les chantiers verts, la filière sèche et la filière de réemploi représentent près de 40% des cas » indique le communiqué. L’approche environnementale reste l’indispensable. Coté bioclimatique, « la végétation se fait comestible, dépolluante, isolante des nuisances sonores », si ce n’est les trois à la fois. Le biomimétisme a pour ambition de « construire un lieu qui rassemble des puits de carbone, de la dépollution par mycorémediation (recours à des champignons pour épurer l’eau, la terre et le sol d’un milieu), de la phytoremédiation des eaux usées (épuration des eaux usées par l’usage d’algues et de champignons), des éco-pâturages et un mix énergétique 100% renouvelable. »

 

 

Alors assortiments de « salades vertes« , comme cela a été dit pour Réinventer Paris, ou réelles innovations ? Il n’en reste pas moins que l’appel à projets a su séduire de grandes signatures telles que Skidmore, Owing & Merrill, Sou Fujimoto, Rogers Stirk Habour & Partners, Dominique Perrault, OMA, Shigeru Ban, MVRDV, qui ont répondu à l’appel aux cotés de jeunes agences françaises comme NeM, Muoto, CoBe, JUNG, Encore heureux, KEMPE THILL, Des clics et des calques…

Les groupements finalistes devront déposer une offre avant fin juillet 2017. Les lauréats seront annoncés fin septembre de la même année. Dès maintenant, les entreprises pourront compléter leurs équipes et accéder aux offres de financement négociées par les organisateurs, à commencer par 200M€ de financements de l’Etat (Programme des investissements d’avenir) et de la Caisse des dépôts. La consultation générera un total estimé à 6,4 milliards d’euros d’investissements pour bâtir 2,6 millions de m2.

 

Amélie Luquain

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