Biennale de Venise 2016 : architecture année 0

Événement de portée mondiale, la Biennale d’architecture 2016 promet de fixer un nouveau cap pour la discipline. A Venise, l’architecte devrait endosser un nouveau costume de héros – à moins qu’il ne revienne de la Cité des Doges paré des oripeaux du médiateur social.

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Extrait d’un film présenté à l’exposition Fair Building, organisée par le pavillon Polonais

Il y aura un avant et un après, aurait déclaré Alejandro Aravena à propos de cette quinzième biennale d’architecture, dont il assure la direction. Si une biennale réussie divise et crée le débat, à l’instar de La présence du passé, en 1980, dirigée par Paolo Portoghesi, l’édition 2016 a sûrement atteint son but. Le passage du Fondamental à l’Elemental — la biennale pilotée par Koolhaas en 2014 et l’agence du commissaire de 2016 — partage les architectes. Agacés par Rem, accusé d’être l’organisateur d’une foire aux matériaux qui ne montrait pas assez d’édifices à leur goût, ils sont souvent enthousiastes ou – plus rarement – dubitatifs devant la volonté du commissaire de valoriser les architectes engagés socialement. Aravena invitait ses confrères à communiquer leurs « Nouvelles du front », suivant un mot d’ordre belliqueux faisant de l’architecte un soldat et de l’architecture un combat, métaphore porteuse depuis sa cristallisation dans le film de King Vidor, le Rebelle, sorti en 1949. Sus à l’adversaire, donc, mais lequel ? Notre ennemi n’est pas la finance, c’est l’architecte corporate, expliqua Aravena pendant la conférence de presse d’ouverture, indiquant immédiatement où diriger le tir — ou pas. Les deux sont-ils aussi facilement dissociables que l’eau et l’huile ? Rien qu’en France, une partie non négligeable de la production bâtie est déjà un produit financier : ce ne sont pas seulement les zones d’activités, le parc tertiaire, mais aussi les EHPAD, les logements défiscalisés ; encore ne parle-t-on pas de classique spéculation immobilière. L’engagement social est-il possible dans ce contexte ? Tous les problèmes sociaux peuvent-ils être résolus par l’architecte sans engager les cadres politiques de la société ? Suffit-il aux architectes d’arrêter de faire des gratte-ciels, suivant une injonction du commissaire qui frôle la caricature, pour devenir « sociaux » ? Autant de questions ouvertes au débat par cette biennale qui pourrait nourrir les années à venir, auquel on ne répondra pas à Venise. Aravena a voulu déployer une exposition en forme de preuve, fournir une « boîte à outils » censée donner des pistes à tous les architectes impatients de mettre plus de sens dans leur pratique, une foule nombreuse, il faut le dire.

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Voute de l’Aérodrone conçu par Lord Norman Foster et l’EPFL © onamias
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Back in USSR – le pavillon russe expose les ornements créés par le VDNKh (Exposition des réalisations de l’économie nationale), entre les années 30 et 50. L’organisme existe toujours. © onamias

 

À l’Est rien de nouveau

Beaucoup venaient à la Biennale dans l’attente de grandes découvertes. Espoirs déçus. Dans la corderie de l’Arsenale ou aux Giardini, pavillons pilotés par Aravena, les Nouvelles du front ne sont pas des plus fraîches. L’appel des 80 exposés suggère que la troupe attend la releve depuis un certain temps. Ayant appris sa nomination en octobre pour un évènement ouvrant fin mai, il faut bien reconnaître qu’Aravena eu très peu de temps pour préparer une manifestation de cette ampleur, et, qu’en guise d’urgence, a d’abord dû faire face à celle de remplir une surface d’exposition considérable. Ce qui explique sans doute une sélection un peu convenue, qui vire carrément au disparate dans le pavillon des Giardini, où l’on a fait feu de tout bois quitte à s’affranchir du thème — que vient faire ici le travail, très beau au demeurant, de l’architecte Renato Rizzi ? Les exemples oscillent entre l’historique — Neubau qui nous raconte les projets construits ou imaginés en Allemagne de l’Ouest pour accueillir les populations quittant la RDA, l’artistique — Marte et Marte, engluant leurs œuvres dans des blocs de béton énigmatique — la technique ou plutôt son spectacle. Transsolar darde de rayons lumineux une salle de l’Arsenale avec une simulation du dôme coiffant le Louvre de Nouvel à Abou Dabi. C’est spectaculaire, impressionnant même, mais rien de plus qu’une belle scénographie dont on peine à percevoir le contenu social, même avec trois escabeaux plantés autour. Coté participants, on trouve d’abord les vétérans — les Pritzker Wang Shu, Bijoy Jain, Peter Zumthor, Kengo Kuma, les pas encore Pritzker — roi du bambou guada Simon Velez ou Anna Heringer — des architectes très honorables dont on attend certes beaucoup, mais qui ne constituent pas vraiment une découverte, ni forcément du social, Velez avouant à son grand regret ne construire que pour les plus fortunés. Censés incarner la volonté de renouveau d’un jury Pritzker en rupture avec les architectures dispendieuses qu’il a longtemps promues, ces lauréats partagent avec leurs prédécesseurs une caractéristique fondamentale : celle d’avoir un statut d’auteur intouchable leur autorisant des mises en œuvre qui seraient immédiatement refusées à des architectes lambda. L’exposition officielle de la Biennale dresse le club des pratiques exemplaires pour les années à venir, imaginé par des starchitectes responsables, conjointement à quelques Pritzker old school, présents via leur bureau d’études comme Nouvel, recyclant leur exposition à l’instar de Piano, ou, comme son comparse Rogers, recyclant de vieux projets, Ando, qui nous présente la fondation Pinault, projet social s’il en est…

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Dans les Giardini, la voute de brique réalisée par les paraguayens de Gabinete de Arquitectura, deuxième lion d’or de cette biennale © onamias
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Stanley Siu (sur la photo) proposait un confessionnal recueillant les péchés des architectes. Pavillon de l’Institut des architectes de Hong Kong – Stratagems in architecture © onamias

 

À l’école de la Biennale

Dernier Pritzker du lot, Foster propose un aéroport de drones, un projet pour l’Afrique réalisé avec l’EPFL et L’ETHZ. De manière plus discrète, l’exposition présente plusieurs écoles, et consacre l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) et surtout l’EPFZ ou ETHZ (l’École poytechnique fédérale de Zurich ou Eidgenössische Technische Hochschule Zürich). Harvard a réussi à placer sa recherche sur la Kumbh Mela, mais ce sont surtout les contenus créés par les deux grandes écoles suisses qui parsèment les deux pavillons d’exposition de la biennale. Dans l’Arsenale, la voûte de pierre du Block Research group de l’ETHZ, sa deuxième intervention sur le site après celle citée plus haut, dans les jardins une recherche d’Herz sur les villes de réfugiés sahraouis, réalisé en collaboration avec le Studio Basel de l’ETHZ, Kerez et son Learning from favelas, recherche en cours à l’ETHZ depuis 2012, ou encore la très intéressante Legislating architecture, dérivée d’une exposition présentée en avril dernier… à l’ETHZ bien sûr ! Si l’on ajoute que l’on retrouve l’EPFL à l’île de la Certosa, ponctuellement dans le pavillon de l’Égypte, que l’exposition sur le musée de Sarajevo est aussi le fruit d’un travail réalisé par l’ETHZ, sans parler des architectes activement promus par l’EPFL, comme Simon Velez, défendu par Pierre Frey, qui lui a consacré une exposition et une monographie, on en vient à penser que ces deux écoles pourraient presque conduire la prochaine biennale. Ce n’est pas la seule présence helvète, puisque nous revient du diable Vauvert Luigi Snozzi, et son séminaire de Monte Carasso, village où le développement urbain est piloté par sept règles, dont la dernière prévoit l’annulation de toutes les autres si le projet le justifie !

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Le pavillon de Singapour réfléchissait sur les intérieurs des appartements de la Cité-État : standardisés dehors, multiples en leur sein © onamias
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Lightscapes, installation de Transsolar et Anna Thierfelder © onamias

 

Foisonnement

Restent dans l’Arsenale et le pavillon un grand nombre d’exposants d’autres écoles ou indépendants de ces institutions, ce qui réserve des surprises, telle Matrex, de Boris Bernaskoni. Le jeune architecte russe proche de Medvedev, déjà exposé à la Biennale en 2008, nous revient avec une tour combinant un symbole de pouvoir et de commerce, la pyramide, avec le mystère de la matriochka. Qashqai, Porsche Cayenne et autre Audi T5 stationnent dans le garage de la maquette : l’activisme oligarque, sans doute. Non que l’on s’étonne de retrouver un architecte, d’où qu’il vienne, dans la proximité du pouvoir, quel qu’il soit. On aurait néanmoins espéré voir remonter du front quelques maquisards et résistants aux visages burinés… Les explications accompagnant les projets auraient souvent gagné à être plus larges, quitte à freiner les visiteurs arpentant des sites déjà très riches. On s’en rend compte lorsque l’on approche la bibliothèque d’Espagne, à Medellín. Le projet s’inscrit dans une politique plus large de récupération des quartiers informels sous l’impulsion de l’ancien maire Sergio Fajardo, et s’accompagnait de la mise en place de réseau de transport par câbles. Il aurait été intéressant de mentionner la logique globale, plutôt que de se focaliser sur un bâtiment fermé pour malfaçon depuis 2014. La responsabilité de l’architecte n’est pas en cause, mais cela jette une ombre sur l’exemplarité du propos. On finit la visite sur une pièce énigmatique : sorte de maison de poupée — une tendance — en papier, déclinant la variété du logement d’une Bucarest en mutation, par l’agence ANDBA.

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L’entrée de la Corderie, à l’Arsenale, aménagée avec les plaques de plâtres récupérées de la Biennale précédente. © onamias
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Portant sur « l’inachevé », le pavillon espagnol a remporté le Lion d’or 2016. Les cimaises sont réalisés en ossatures pour plaques de plâtres, et se soulèvent comme des cintres de théâtre pour dégager la salle principale lors de conférences © Juan Rodríguez

 

La rumeur du monde

Dans les pavillons officiels comme dans les pavillons nationaux, la rumeur du monde arrive plus ou moins atténuée. Regrettons l’absence de l’Inde, en particulier, et des pays composant l’ex-perle de l’Empire britannique, ensemble de 1,7 milliard d’habitants, dont les nouvelles se résument à quelques télégrammes — Bijoy Jain, ou le Rock Garden, un projet commencé par Nek Chand Saini en 1957… Les plus polémiques sont assurément le pavillon allemand, qui a cassé ses murs en signe d’accueil aux réfugiés : un point de vue radical sur un problème qu’on a choisi de ne pas évoquer en face, dans le pavillon français. Plus discret mais également assez radical, le Canada a condamné l’accès à son pavillon par les sacs de résidus produits par l’extraction minière, rappelant que ce grand pays peu peuplé s’est construit autour de l’exploitation des matières premières. Restée dans les mémoires françaises sous les traits caricaturaux de son plombier national, la Pologne rend un hommage mérité aux ouvriers de chantiers, grands oubliés filmés en action par une caméra subjective façon FPS (First player Shooter) des jeux vidéo. Intitulé Fair building, le pavillon s’interroge sur la répartition des sommes allouées à la construction — un propos politique et subversif. Le pavillon slovaque s’interroge sur le futur que pourra avoir son patrimoine communiste, représenté par une maquette de la galerie d’art de Bratislava en version treillis à souder. À proximité les Russes n’ont pas autant de doutes et glorifient leur passé soviétique, plus précisément l’art réaliste accompagnant la construction en vigueur jusqu’à la mort de Joseph Staline, produit d’un organisme — le VDNH — toujours existant. Le propos semble ironique, mais il n’y a sans doute aucun second degré dans cette réhabilitation de l’architectus stalinicus, orchestrée par l’architecte en chef de Moscou, Sergey Kuznetsov, chargé de l’octroi des permis dans toute la capitale russe.

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Pavillon Français
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Le Vara Pavillon des architectes chiliens Pezo Von Ellrichshausen est dimensionné sur l’unité de mesure utilisée pour la construction des villes coloniales d’Amérique du sud © Pezo Von Ellrichshausen, courtesy Solo Galerie.

 

Prophéties italiennes

On se souvient qu’en 2014, Koolhaas exposait dans la corderie non des matériaux de construction mais un pays entier, l’Italie, perçue comme une sorte de laboratoire du pire, dressant l’inventaire des maux et des potentiels d’une nation en crise, sombre précurseur des mutations à venir dans les autres pays. Ce précédent incite à visiter le pavillon italien à l’aune de cette sombre prophétie. Deux ans après, le pays offre-t-il encore une vision nette de l’état de l’architecture ? Les commissaires ont joué le jeu, présentant 25 projets en phase avec le ton général donné au thème de l’architecture sociale par cette 15e biennale. Des petits projets, voire des projets mobiles, sorte de food trucks humanitaires palliant divers degrés d’effondrement de l’État conçu par les frères misères d’Archigram. Du Street art à Rome pour réhabiliter un quartier de logement, l’initiative des habitants pour faire revivre un centre historique détruit d’un village de Sicile, sous la houlette de l’agence LAPS, basée à Paris. Filmant le bien-être obligatoire d’habitants conquis, les vidéos ruinent les projets présentés, qui semblent inclus dans la stratégie de communication d’une fondation d’entreprise. Le message qui se dégage de l’ensemble est celui d’une architecture qui doit s’exercer à la marge, dans de petits projets loin des flux qui font la majorité de la construction. Dans cette configuration, la construction est réduite au bricolage et au DIY, l’architecte « ordinaire » sommé de s’occuper des petites choses devenant plus un médiateur social qu’un professionnel formé héritant des savoir-faire d’une discipline. Nul doute que ces projets portent de nouvelles richesses, ainsi que le suggèrent les pavillons français ou chinois. Mais est-ce être vraiment social que d’exercer si partiellement sa discipline que l’on peut imaginer à terme le remplacement de l’architecte par un médiateur doté de quelques rudiments d’architecture ? Est-ce être politique que de n’agir que sur les marges que l’on veut bien vous assigner ? Est-ce être humaniste que de fermer toutes passerelles avec les disciplines pouvant orienter le développement futur des villes, à l’instar de l’urbanisme, au moins, à défaut de mentionner la géographie ou d’autres sciences humaines vouées aux gémonies ? La question ne vaut pas que pour nos cousins transalpins. Elle annonce un futur inquiétant pour l’architecture, mais ne semble pas alarmer outre mesure les visiteurs de cette quinzième biennale, qui ne voient pas le renoncement en embuscade derrière l’engagement. Parti la fleur au fusil pour la bonne cause, l’architecte monté au front parait prêt pour le sacrifice ultime ! Vous m’en direz des nouvelles !

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Les deux nations issues de la Tchecoslovaquie se partagent le pavillon en alternance. Pour cette édition, c’était au tour de la Slovaquie, qui présentait la galerie nationale de Bratislava, patrimoine de l’ère communiste aujourd’hui très dégradé, conçu par l’architecte Vladimir Dedecek en 1963 © onamias
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Pavillon de l’Uruguay. Durant les deux journées d’ouverture, les visiteurs étaient invités à apporter des objets chapardés dans les autres pavillons. Ils recevaient en échange un peu de terre extraite d’un trou creusé au centre de la pièce principale, excavation domestique qui tiendra lieu d’exposition pour le restant de la Biennale. © onamias

 

Olivier Namias

 

Retrouvez une revue complète de la biennale sous la plume de Christophe le Gac dans le numéro 376 d’Architectures CREE

A voir aussi : Nouvelles du front, nouvelles richesses

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Gecina, acteur du 1% artistique

Gecina, acteur du 1% artistique

Jeudi 19 mai 2016 s’est tenue une soirée évènement autour de l’artiste JonOne au cœur du chantier de l’immeuble en rénovation au 55 rue d’Amsterdam, opération réalisée par Gecina.

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1 immeuble, 1 œuvre

Dans le cadre du programme « 1 immeuble, 1 œuvre » lancé par le Ministère de la Culture et de la Communication en décembre 2015, la société foncière immobilière Gecina, signataire de la chartre parmi 13 grands acteurs du secteur de l’immobilier, s’est engagée à commander ou acquérir une œuvre d’art auprès d’un artiste pour tout programme d’immeuble à construire ou à rénover. Soutenant la création contemporaine, Gecina commande à l’artiste de Street Art JonOne une œuvre exclusive qui intégrera les murs du 55 Amsterdam, actuellement en cours de rénovation.

 

55 rue d’Amsterdam, une restructuration lourde

Situé dans le 8e arrondissement, quartier de l’Europe, l’immeuble du 55 rue d’Amsterdam édifié en 1929 est totalement repensé par l’agence Naud et Poux Architectes. 12 350 m² d’espaces de travail neufs accueilleront 850 collaborateurs. L’opération de restructuration lourde de l’ensemble consiste en la redistribution des circulations verticales intérieures, la création d’un niveau total de locaux en rez-de-jardin (salles de réunion, restaurant…), la transformation contemporaine des façades des cours intérieures ainsi que de grosses reprises structurelles, notamment celle du plancher bas du rez-de-jardin existant. Enfin, une optimisation des apports de lumière naturelle sera optimisée par la pose de planchers de verre. L’immeuble, qui doit être livré en fin d’année, vise les plus hauts standards environnementaux avec les labélisations Well, Effinergie, BBC Rénovation et vise les certifications BREEAM Outstanding, Leed Platinium et HQE Renovation.

 

JonOne, exposer l’art urbain

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C’est donc au cœur du chantier du 55 rue d’Amsterdam qu’exposait éphémèrement JonOne, celui qui s’estime comme un précurseur ayant posé le Street Art comme un art reconnu en intérieur, entrant dans les musées. Exerçant depuis 28 ans en France, exclusivement sur toile, l’artiste a fait ses classes à New York : « J’ai commencé par peindre le métro de New York » nous dit-il. « Il faut imaginer que le métro est comme un musée qui bouge, c’est un lieu de communication idéal pour nous les artistes parce que les œuvres sont visibles par beaucoup de monde. Nos créations ne passent pas inconnues, elles ont un effet immédiat sur les gens » précise-t-il. L’évènement du 19 mai était donc centré autour de JonOne, l’occasion d’une exposition et d’une performance live haute en couleur. En effet, pour l’artiste issu d’un ghetto pauvre et « gris » de New York, la couleur est nécessaire à la vie ; elle a su le rendre heureux. De la même manière, selon lui, « l’art fait partie de la vie, les gens ont besoin de ça sinon la vie est plate ». Si la tentation est grande de rapprocher son travail de celui de Jackson Pollock, – du moins dans la finalité puisque les techniques différèrent au plus au point, JonOne préférant au jet de peinture l’art de la calligraphie -, à la question y-a-t-il un artiste qui vous inspire pour vos créations, il nous répond, sur de lui, « JonOne, moi-même ». Prochainement, pour l’artiste qui voit grand, peut être une exposition à Bordeaux ou à Beijing, en Chine.

 

Amélie Luquain

 

Deux baraquements après-guerre muséifiés

Deux baraquements après-guerre muséifiés

A Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), un an après le lancement du programme de restauration, deux baraquements issus des Cités Provisoires (1945…) retrouvent leur état d’origine pour devenir musée.

Baraquement_Camps GI_Espace de partage

Baraquement_Camps GI_Espace de partage

Gonfreville-l’Orcher, ville proche du Havre, fut un terrain d’accueil désigné pour les camps et baraquements en raison de sa situation géographique exceptionnelle dans l’estuaire de la Seine. Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les GI américains s’y regroupèrent sur un terrain de 525 hectares et bâtirent le camp Philips-Morris. Les bâtiments étaient à l’origine des préfabriqués à ossature bois, livrés en éléments à assembler par l’armée américaine. Après leur départ en 1947, le camp est divisé en trois Cités Provisoires, dont la Cité Arthur-Fleury qui était la plus importante avec ses 198 baraquements, ses écoles, ses commerces et cinémas. Destinées à abriter les sinistrés et réfugiés havrais les plus démunis (le Havre a été bombardé en 1944 et détruit à 80%), les cités, pendant près de trente ans, doublèrent la population de Gonfreville-l’Orcher.

Petit à petit, ces camps disparaissent du paysage gonfrevillais, ne laissant derrière eux que trois baraquements issus des camps Arthur-Fleury, dont deux font l’objet de la présente restauration. Chacun des deux baraquements est réhabilité dans son état d’origine, témoins de deux époques différentes.

L’un a été restauré dans son état d’origine de construction, daté de 1945 à 1952. Cette période est appelée « Camps américain ». L’autre a retrouvé son état d’après rénovation par le ministère de la Reconstruction et du Logement (MRL) de 1952 à 1980. Cette période est appelée « Cité Arthur-Fleury ».

La restauration a été possible grâce au mécénat de la fondation Total, en partenariat avec la fondation du patrimoine, pour un montant s’élevant à hauteur de 75 000 €.

L’association Gonfrevillaise des Cités Provisoires (AGCP) s’est associée au projet pour créer, au sein des deux baraquements, un Espace de Partage de l’histoire et du patrimoine Gonfrevillais, inauguré lundi 2 mai 2016. Ses salles d’exposition restituent les diverses époques d’occupation à travers les témoignages et objets collectés par l’association.

Amélie Luquain

Vardehaugen, in-situ

Vardehaugen, in-situ

Vardehaugen * expérimente ses créations architecturales à échelle réelle dans l’arrière cour de son immeuble.

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Parce que même les maquettes et les 3D les plus précises ne permettent pas d’éprouver des sensations physiques ou des déplacements d’une pièce à l’autre, les architectes de l’agence néerlandaise Vardehaugen dessinent à échelle réelle leurs plans, dans l’arrière cour attenante à leur immeuble de travail. Armés de craies et de rubans adhésifs, ils se promènent dans leurs projets avant même que ceux-ci ne soient construits.

 

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Parce que l’architecture s’expérimente avec le corps avant tout, parce qu’elle n’est pas une géométrie abstraite mais quelque chose qui touche à notre expérience physique et parce que visualiser le non-construit est une partie importante de la profession architecturale, Vardehaugen aime à inclure dans son processus de création la réalisation de plans a échelle 1.1, pour mieux comprendre ce que chaque ligne signifie.

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Une expérience à reproduire

Amélie Luquain

 

* Vardehaugen, agence basée à Oslo (Norvège) fondée en 2015 par Håkon Matre Aasarød, ancien partenaire et co-fondateur de Fantastic Norway Architects.

Nouvelles du front, nouvelles richesses

Le futur pavillon français de la Biennale de Venise 2016 a été présenté le 2 mai lors d’une conférence de presse au Ministère de la Culture et de la Communication, en présence d’Audrey Azoulay, la ministre et Bruno Foucher, président de l’Institut français. L’occasion de prendre plus ample connaissance du projet d’OBRAS-Frédéric Bonnet/Collectif AJAP14.

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Guillaume Amat, Vieille-Église, 2016 © Guillaume Amat – France(s) Territoire Liquide

 

Au front, des acteurs

Pour la première fois dans l’histoire de la Biennale, l’Institut français, opérateur du pavillon, a lancé un appel à projet auquel ont répondu 26 équipes. Les différents ministères (Affaires étrangères, Développement international, Culture et Communication) ont retenu, sous l’égide du comité de sélection présidé par Dominique Perrault, le projet Nouvelles richesses de l’équipe OBRAS-Frédéric Bonnet/Collectif AJAP14* qui s’inscrit dans la thématique Nouvelles du front énoncé par le commissaire général de la Biennale, Alejandro Aravena.

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Equipe du Pavillon français, Paris, 2016 – OBRAS – Collectif AJAP14 © Thibaut Chapotot

Bien que les commissaires aient déjà été distingués par les ministères, comme l’a souligné la presse, l’équipe lauréate a élargi ses horizons et s’est associée à d’autres acteurs, persuadée de la force des communs : les collectifs de photographes et vidéastes MYOP et France(s) territoire Liquide, les Éditions Fourre-Tout, les Écoles Nationales Supérieures d’Architecture, les Architectes-conseils d’État, les Maisons d’Architecture, les CAUE, les communes ainsi que tous les architectes dont les travaux sont présentés dans l’exposition.

A noter que le projet Ailleurs commence ici de l’équipe PEROU et Gilles Clément, qui devait être initialement intégré au pavillon par les lauréats, a disparu du paysage, à la suite d’un « commun désaccord » selon Frédéric Bonnet.

 

Au front, de nouvelles richesses

« Dans la France ordinaire s’opèrent les projets qui transforment un bien commun en devenir : le territoire. Face à l’adversité que représente la banalité, un engagement hérité largement partagé fait émerger quotidiennement, modestement, du remarquable dans le familier. » OBRAS-Frédéric Bonnet/Collectif AJAP14

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Hébergement d’urgence, Niclas Dünnebacke, Saint-Denis

Sous la forme d’une revue de réalisations, les commissaires questionnent la production française. Ils se détournent des architectures emblématiques des métropoles, portées par les « star-architectes », pour s’intéresser aux architectures du quotidien, celles dont on parle peu mais que l’on pratique tous les jours. Adoptant une approche volontairement optimiste, le collectif veut donner à voir les innovations qui naissent de la complexité du contexte contemporain, supposant que les crises sont porteuses de création par les questions qu’elles posent. Ils s’intéressent aux nouvelles organisations qui apparaissent et redéfinissent les potentialités des territoires, notamment ruraux et péri-urbains.

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Accueil periscolaire, HAHA, Tendon

Les nouvelles richesses, selon eux, sont faites de ressources locales, matérielles, naturelles et énergétiques. Elles sont aussi humaines, faites d’échanges reconfigurés, repensant l’architecture comme un bien commun porté collectivement où élus, citoyens et entreprises sont également impliqués. De cet engagement multiple nait un « manifeste démocratique » constitué d’histoires ordinaires, qui se veut le porte-voix d’une prise de conscience de la situation architecturale à l’échelle du pays.

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Espace public, Simon Teyssou, Chaliers © Nicolas Lamouroux

 

Au front, une scénographie

L’exposition, donc, se scindera en quatre parties. La première, Territoires, nous montrera la transformation de lieux par une architecture qui les transcende. La seconde, Récits, nous racontera les échanges entre élus, architectes, citoyens et entreprises. La troisième, Savoir-faire, mettra en valeur des solutions constructives inventives naissant des richesses locales. La dernière thématique, Terreau, fera part du foisonnement et de la diversité des expérimentations architecturales.

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Salle centrale du Pavillon français, Territoires

Parmi les projets présentés, on pourra redécouvrir l’accueil péri-scolaire de HAHA conçu à Tendon (2012), qui a choisi d’expérimenter des solutions constructives complexes en hêtre, afin de fédérer des savoir-faire locaux. Sera aussi présentée la reconversion d’un espace public par Simon Teyssou à Chaliers (2014), où l’on peut saluer l’initiative du conseil municipal de mettre à profit un besoin technique – refaire les réseaux enterrés d’un bourg de 30 habitants – pour réaménager le village. Également, l’hébergement d’urgence conçu par Niclas Dünnebacke à Saint-Denis (2015) sera porté à notre regard.

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Croquis de la salle Récits (gauche) et de la salle Savoir-Faire (droite)

Photographies, dessins, maquettes, vidéos et textes rendront compte des nouvelles richesses françaises. Frédéric Bonnet nous a également révélé que les dix territoires seront présentés sous forme de panneaux publicitaires, une jolie façon de montrer la France « belle » avec les outils de la France « moche ».

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Croquis de la salle le Terreau

 

Au front, en mai

Rendez-vous donc à Venise du 28 mai au 27 novembre 2016, pour découvrir in situ l’exposition, dont la trace sera reportée dans un livre composé de papiers recyclés, issus d’un stock voué à disparaître. Encore une nouvelle richesse …

Amélie Luquain

 

 

*Collectif AJAP14 : Atelier png ; Boidot & Robin ; Boris Bouchet ; Claas Architectes ; NeM Architectes ; R Architecture ; Studio 1984 ; Studiolada

Courtesy OBRAS-Frédéric Bonnet/Collectif AJAP14

A voir aussi : Biennale de Venise 2016 : architecture année 0

Construction d’un village écologique… avec une imprimante 3D

Construction d’un village écologique… avec une imprimante 3D

Une entreprise italienne a commencé à construire un village écologique avec une imprimante 3D géante, à Massa Lombarda, dans la région d’Emilie-Romagne, en Italie. Une première.

L'imprimante 3D de 12 mètres en construction © Wasp
L’imprimante 3D de 12 mètres en construction © Wasp

L’entreprise italienne Wasp (World Advanced Saving Project), spécialisée dans la fabrication d’imprimantes 3D, a créé une imprimante géante de douze mètres de haut, en 2015. Après trois ans de développement, l’imprimante 3D est capable de fabriquer des constructions en déposant des couches successives de béton. La commune de Massa Lombarda a signé un partenariat avec l’entreprise, le 22 mars. Elle lui accordé des terrains pour la réalisation d’un village écologique. Le chantier a démarré en avril.

Imprimante 3D de 12 m de haut
L’imprimante 3D © Wasp

Le village écologique, baptisé Shambhala (« lieu du bonheur paisible », dans la mythologie indienne), comprendra des maisons, des potagers verticaux et un laboratoire d’imprimantes 3D personnelles afin d’imprimer des objets (mobilier, pièces biomédicales, bijoux…). Le fondateur de Wasp, Massimo Moretti, prévoit aussi d’y développer un projet culturel, en partenariat avec des artistes, et espère initier une nouvelle façon de construire des logements, moins onéreux, afin de soutenir les populations les plus pauvres. L’intégralité des techniques utilisées pour la construction du village seront mises en ligne gratuitement à la fin du chantier.

www.wasproject.it

Astrid Avédissian

Desplans, l’esquisse d’architecture élevée au rang d’art

Desplans, l’esquisse d’architecture élevée au rang d’art

DESPLANS est la première galerie en ligne qui propose des dessins d’architectes à la vente.

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Fondée en 2015 entre Paris et Stockholm, elle est née du constat qu’il existe une production contemporaine de dessins d’architecture de grande qualité et questionne une nouvelle forme d’œuvre dans la production architecturale, s’intéressant non pas à l’œuvre bâti mais à l’œuvre graphique, prémices abstraits et stylisés précédant la construction. Elle met en avant une autre façon de donner corps à l’architecture et s’intéresse dès lors à ces 95% de projets qui ne sortent pas de terre mais qui participent d’un courant, d’une pensée.

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Esquisses, photographies, collages, dessins sont tirés en éditions limitées signées entre 30 et 100 exemplaires et vendus à partir de 95 euros, sur le modèle d’autres sites comme YellowKorner. Actuellement, la galerie comprend un collectif d’une vingtaine d’architectes avec Laurent de Carnière, l’agence Gramme, Johan Dehlin ou encore Andreas Bozarth Fornell, pour ne citer qu’eux.

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Si la galerie a le mérite de mettre en lumière des dessins méconnus d’architectes contemporains, qu’est ce que cela signifie de les vendre sous différents formats et avec différents encadrements ? N’est ce pas là une nouvelle forme de diffusion, hissant l’architecture dite de « papier » au rang de produit artistique ? L’édition limitée ne les soustraient-elles pas d’une forme de rareté annoncée ?

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Amélie Luquain

 

http://desplans.com/galerie/

 

Courtesy DESPLANS

 

La collection Pinault investit la Bourse du Commerce

La collection Pinault investit la Bourse du Commerce

François Pinault, homme d’affaires et collectionneur d’art contemporain, va installer sa collection dans le monument mythique de la Bourse du commerce (Paris Ier).

carte postale bourse du commerce

Ambitieux, François Pinault est surtout persévérant. Essuyant un échec il y a de cela onze ans, en raison des lourdeurs administratives et de la désapprobation des riverains, François Pinault a renoncé à la création d’un musée dessiné, par l’architecte japonais Tadao Ando, sur l’ancien site des usines Renault de l’île Seguin (Hauts-de-Seine). Refusant de baisser les bras, il s’installe un an plus tard, en 2006, à la Sérénissime et s’offre deux lieux muséaux que sont le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana, ainsi qu’un Teatrino, aménagé, comme dans le projet initial, par Tadao Ando. En avril 2016, la fondation fête ses dix ans à Venise et conjointement, dévoile son projet d’implantation à la Bourse du commerce à Paris.

 

Persévérant donc, le collectionneur fait son retour en plein centre de la Capitale avec le projet d’installer sa collection d’art contemporain sous la célébrissime coupole de la Bourse du commerce. Ce bâtiment du XVIIIe, qui a été cédé par la ville de Paris à la Chambre des commerce et de l’industrie en 1949, voit sa situation se renverser. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a obtenu de la CCI de rendre les lieux à la ville, qui rétrocèdera le bâtiment à la fondation Pinault pour une durée de 50 ans. A terme, l’usage du lieu reviendra à la ville de Paris.

 

François Pinault mise non seulement sur le renouveau du quartier des Halles, mais aussi et surtout sur un emplacement rêvé, au cœur de l’axe muséal allant du Centre Pompidou au Louvre. Cette nouvelle adresse poursuit la dynamique culturelle d’implantation des fondations dans des lieux emblématiques – réhabilités ou créés ex-nihilo, comme la Fondation Vuitton – et s’inscrit à proximité d’autres projets de réhabilitation dans des monuments historiques à l’image de la Poste du Louvre, réhabilité par Dominique Perrault.

 

Le musée, dont l’ouverture est prévue pour fin 2018, sera lui aussi aménagé par Tadao Ando, assurant une unité avec les aménagements de Venise, pour un coût estimé à une centaine de millions d’euros. Le Pritzker s’associera à Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques et à l’agence NeM – Lucie Niney et Thibault Marca, AJAP 2014 et commissaire du pavillon français à la biennale de Venise au coté du collectif Frédéric Bonnet / AJAP 14.

 

François Pinault sera bien entendu à la tête de ce musée parisien. Son fils, François-Henri Pinault, 53 ans, présidera le conseil d’administration du futur bâtiment culturel. Le conseil d’orientation sera présidé par Jean-Jacques Aillagon, ancien directeur du Palzzo Grassi. Le directeur sera Martin Béthenod, déjà à l’œuvre depuis 2010 à Venise.

 

Une belle affaire de famille, donc… affaire à suivre

 

Amélie Luquain

 

 

Bêka & Lemoine entrent au MoMa

Le Museum of Modern Art de New-York (MoMa) vient de faire l’acquisition de l’ensemble de l’œuvre des vidéastes Bêka & Lemoine.

 

Architectures vivantes

Beka & Lemoine's complete work acquired by MoMA

Le duo d’artistes franco-italien, Louise Lemoine et Ila Bêka, nous plonge dans des situations d’une grande intimité au sein d’espaces que l’on ne connaissait alors qu’en surface. Les représentations habituelles de l’architecture contemporaine sont bouleversées, replaçant l’homme et les usages au centre de l’image.

Koolhaas_Houselife
Koolhaas Houselife

Dans leur premier film, Koolhaas HouseLife, remarqué à la Biennale d’architecture de Venise en 2008, les portes de l’intimité quotidienne de la Maison à Bordeaux de l’architecte star néerlandais Rem Koolhaas nous sont ouvertes par le biais du personnage caractéristique de la femme de ménage, Guadalupe.

24 Heures sur Place
24 Heures sur Place

Les films réalisés par la suite explorent les autres échelles du bâtiment, jusqu’à s’ouvrir à la ville. On y découvre par exemple la messe de Noël en l’église de Richard Meier à Rome, un ingénieur du son qui raconte comment il est resté piégé à l’intérieur d’une salle acoustiquement hermétique de l’Ircam de Renzo Piano à Paris ou le repas des vendangeurs du château Petrus signé Herzog & de Meuron à Pomerol.

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The Infinite Happiness

Ila Bêka et Louise Lemoine ont aujourd’hui à leur actif une série de 16 films réalisés entre 2008 et 2015 qui sont des invitations « à entrer dans les bulles invisibles de l’intimité quotidienne de quelques icônes de l’architecture contemporaine », comme ils l’expliquent sur leur site Web, Living-architectures.com. Entre documentaire et art vidéo, ce travail inverse notre regard sur des architectures iconiques contemporaines, offrant une nouvelle vision du patrimoine.

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Ila Bêka et Louise Lemoine

L’acquisition de la collection « Living Architectures » par le MoMa, qui l’intègre à ses collections permanentes, couronne un parcours d’une grande cohérence.

Amélie Luquain

Courtesy MoMa / Bêka & Lemoine

Les Tours Duo résistent

Les Tours Duo résistent

En fin de semaine dernière, les Tours Duo (Paris XIIIe) ont tremblé. Jeudi 14 avril, le premier recours déposé par l’association Monts 14 contre les tours a été rejeté par le tribunal administratif.

Tours Duo_Ateliers Jean Nouvel
Les Tours Duo (Paris XIIIe) ont tremblé

Prévu dans le XIIIe arrondissement, cet amphisbène parisien imaginé par les Ateliers Jean Nouvel et mené par Ivanhoé Cambridge, la filiale immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec, est prévu pour 2020. Il est composé de deux tours asymétriques d’usages mixtes, devant s’élever à 180 et 122 mètres, abritant 100 000 m2 de surface. Selon le texte du recours, consulté par l’AFP, l’association estime que « l’enquête d’évaluation environnementale n’a pas été menée correctement » et de ce fait, qu’elle « n’a pas permis d’apprécier la gravité de l’impact des tours Duo » sur le paysage de la capitale. Elle dénonce un photomontage erroné, destiné à séduire le maître d’ouvrage.

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L’association Monts 14 dénonce un photomontage erroné

Les Tours Duo qui s’inscrivent dans la lignée d’autres gratte-ciel dessinés par des « starchitectes »– la Cité Judiciaire de Renzo Piano prévue en 2017 et la tour Triangle d’Herzog & de Meuron pour 2020, pour ne citer que celles-ci – risquent-elles aussi de se retrouver face à d’autres obstacles : prochainement, un second recours qui conteste le permis de construire sera étudié.

Amélie Luquain

 

Courtesy MSL France / Ateliers jean Nouvel