Yana Peel au commande de la Galerie Serpentine

Yana Peel au commande de la Galerie Serpentine

La philanthrope et entrepreneur Yana Peel a été nommée comme nouveau Chief Executive Officer des Galeries Serpentines à Londres, succédant à Julia Peyton-Jones.

 

Chaque année, la commission de la Serpentine invite un architecte renommé qui n’a jamais bâti en Angleterre à concevoir un pavillon d’été. Depuis son lancement en 2000, la commission a mis la barre très haute avec le « chapeau » de Zaha Hadid et en a fait l’un des évènements les plus attendus du calendrier de l’architecture britannique.

Hans Ulrich Obrist and Yana Peel
Hans Ulrich Obrist and Yana Peel © Kate Berry

Yana Peel, qui s’est fait connaître comme co-fondatrice de l’Outset Contemporary Art Fund puis PDG du forum Intelligence Squared, a été nommée CEO de la Galerie Serpentine de Londres par les administrateurs de la galerie et par l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg. Elle travaillera au coté du directeur artistique Hans Ulrich Obrist, qui assurera la continuité du travail déjà mis en place tout en lui offrant sa vision artistique.

Yana Peel prend la suite de Julia Peyton-Jones, directrice de la Serpentine depuis plus de 25 ans, laissant derrière elle un héritage haut en talent, avec des pavillons de Daniel Libeskind (2001), Oscar Niemeyer (2003), Franck Gehry (2008), Peter Zumthor (2011), Sou Fujimoto (2013)… pour ne citer que ceux là.

Nul doute que cette nomination aura un impact sur les futurs architectes sélectionnés, qu’elle ouvrira de nouvelles voies et poussera plus loin les limites.

 

D’ici là, le pavillon de 2016 laissera place au « mur décompressé » de Bjarke Ingels Group (BIG) doté d’une structure de « brique » constituée de cadres de fibres de verre, empilés les uns sur les autres.

Pavillon 2016 - BIG
Pavillon 2016 – BIG
Pavillon 2016 - BIG
Pavillon 2016 – BIG

Courtesy Galerie Serpentine

 

Amélie Luquain

Quand Zaha Hadid (ne) rencontre (pas) Rem Koolhaas

Vraisemblablement, Zaha Hadid et Rem Koolhaas forment la paire !

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Zaha Hadid et Rem Koolhaas

Le goût de la provocation qu’entretient Zaha Hadid l’a certainement rapprochée de Rem Koolhaas. Les deux « starchitectes » se sont rencontrés dans les années 1970 à l’Architectural Association School de Londres. A l’époque, Koolhaas instruisait avec Elia Zenghelis, qui l’avait en quelque sorte adopté pour enseigner dans son unité. De façon similaire, ils ont adopté Zaha. « C’était donc plus une réunion d’affinités, d’intérêts communs et des explorations communes, plutôt qu’une situation classique (étudiant-enseignant) » nous dit Rem Koolhaas dans une interview datée du 1er avril 2016 sur Dezeen. Dans une continuité logique, Zaha rejoint l’agence OMA, d’où ressort le superbe cadavre exquis pour l’extension du parlement hollandais, avant de fonder son propre bureau en 1979. Issue d’une génération brillante qui a donné également Nigel Coates et Bernard Tschumi, les deux amis ont su rester proche, bien qu’ils aient souvent été en concurrence, comme pour le centre d’art contemporain de Rome, aujourd’hui le célébrissime MAXXI.

MAXXI Museum of XXI Century Art Rome
MAXXI Museum of XXI Century Art Rome – Courtesy Iwan Baan

Selon Rem Koolhaas, leur relation était fondée sur « l’ambition partagée, l’empathie partagée, un intérêt commun et une motivation commune pour contester les mêmes choses. » Si l’architecte est en concurrence constante avec ses collègues – triste part de l’architecture d’aujourd’hui – il semble que ça n’a pas gêné Zaha Hadid, qui était, somme toute, « très famille » confirme Koolhaas. Rien d’étonnant donc à ce que Rem D Koolhaas (neveu de l’architecte) collabore avec la star de l’architecture pour créer la Flames Shoes pour United Nude.

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Zaha Hadid (debout) avec Rem Koolhaas, Elia et Zoe Zenghelis, et Madison Vriesendorp en 1978 pour la première édition du magazine d’art Viz.

La photo de ce jeune couple de prophète (malheureux ou bienheureux), dont se dégage la jeunesse et l’énergie de leurs futurs œuvres, fait le tour des réseaux sociaux après avoir été découvert sur un compte chinois twitter. Seulement, si la paire est exemplaire, la photo en est d’autant plus faussée. Puisqu’elle a manquée à l’appel, elle fut recousue par des mains numériques expertes, Zaha Hadid prenant place au côté de Rem Koolhaas, effaçant du cadre l’architecte historien Robert Stern nommé membre du directoire de la Walt Disney Company en 1992.

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Opposition no.9 (Summer 1977)
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Hadid AA Files no.3 (January 1983)

 

Quoi qu’il en soit, Zaha Hadid a su accoucher d’un monde bien à elle : après Disney, « Au pays de Hadid » écrivait le critique Aaron Betsky, « la gravité disparaît, la perspective bascule, les lignes convergent et il n’y a plus de définition d’échelle ou de fonction. »

En témoigne l’évaluation de Koolhaas d’elle comme tuteur à l’AA : « la performance de Zaha au cours des quatrième et cinquième années était comme celle d’une fusée qui a décollé lentement pour décrire une trajectoire en constante accélération. Maintenant, elle est une planète dans sa propre orbite inimitable. Ce statut a ses propres récompenses et difficultés : en raison de la flambloyance et l’intensité de son travail, il sera impossible (pour elle) d’avoir une carrière classique. Elle le doit à son talent d’affiner et de développer au cours des prochaines années. »

Dans le numéro 291 de CREE (1999) dédié aux « Ouvrages de dames », et dont le portrait de Zaha Hadid fait fièrement la couverture, Kenneth Powell nous disait : « Hadid a la réputation d’être effrayante. Elle a sans aucun doute son franc-parler, méprisant la médiocrité et les flatteurs, sûre d’elle et de son talent. Mais, derrière la façade, il y a quelqu’un de pudique, une écorchée vive regrettant d’être désavantagée en tant que femme dans un monde essentiellement masculin. » Première femme récompensée d’un Pritzker en 2004, Zaha Hadid a su s’imposer dans un monde dominé par les hommes et inspirer certainement de nombreuses jeunes femmes, en témoigne le pourcentage croissant de population féminine intégrant les écoles d’architecture.

CREE n°291
CREE n°291 (1999)

Alors « forever young » ou à nouveau jeune, celle qui a été influencée par le suprématisme et le constructivisme russes, et en admiration devant la South Bank et le London’s Queen Elisabeth Hall/Hayward Gallery complex, sera sans doute une source d’inspiration hautement motivante pour la jeune génération.

Et maintenant, qui va bien pouvoir remplacer Zaha Hadid au côté de Rem Koolhaas ? Il semble qu’elle figurera encore longtemps sur l’image…

Amélie Luquain

Disparition de Zaha Hadid

Disparition de Zaha Hadid

L’architecte irako-britannique Zaha Hadid, première femme lauréate du Pritker en 2004, figure du mouvement déconstructiviste, a été victime d’une crise cardiaque, à Miami, le 31 mars. 

Guangzhou Opera House, Zaha Hadid
L’Opéra de Canton, en Chine, conçu Zaha Hadid

Née le 31 octobre 1950 à Bagdad, Zaha Hadid a suivi des études de mathématiques à l’université américaine de Beyrouth, puis à l’Architectural Association School of Architecture, à Londres. Elle a travaillé à l’agence OMA, de Rem Koolhaas, pendant dix ans, puis a créé sa propre agence à Londres en 1987.
Elle a notamment réalisé le MAXXI, le Musée national des arts du XXIe siècle, à Rome, la piscine olympique de Londres, les opéras de Canton, en Chine, et de Cardiff, au Pays de Galles, et la tour CMA-CGM, à MarseilleElle devait superviser la construction du stade olympique pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 mais son projet, jugé trop onéreux, avait été abandonné.

Tour CMA CGM, à Marseille, réalisée par Zaha Hadid © Exmagina
Tour CMA CGM, à Marseille, réalisée par Zaha Hadid © Exmagina


Astrid Avédissian

Région IDF : une biennale d’architecture et un appel à projets

Région IDF : une biennale d’architecture et un appel à projets

« Anne Hidalgo a initié “Réinventer Paris”, mais il ne faut pas oublier la banlieue », a déclaré Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France, dans le JDD. Le Conseil régional IDF a décidé de lancer “Dessine-moi le Grand Paris de demain” fin 2016. L’appel à projets innovants de développement urbain et rural couvrira le Grand Paris. Architectes, urbanistes, paysagistes et designers seront invités à “réfléchir ensemble pour proposer des idées qui parviennent à un juste équilibre entre l’imagination et la créativité d’une part, le bien-être et les attentes des habitants d’autre part”. Les équipes lauréates seront sélectionnées par un jury international au premier trimestre 2017.

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Sept thématiques ont été retenues :
– inventer des campus universitaires et de recherche
– réaménager les bords de la Seine, de la Marne et de l’Oise
– revégétaliser la région
– dessiner et concevoir des éco-quartiers
– imaginer la “Smart-région” ( déploiement du très haut débit et d’e-services, transition énergétique, coworking, mobilité, sécurité…)
– recoudre le territoire en intégrant mieux les réseaux routiers et ferrés au paysage
– repenser les entrées de villes notamment de Paris

Le Conseil régional IDF a par ailleurs annoncé, le 18 mars, la création d’une Biennale d’architecture et d’urbanisme à partir de 2017. Valérie Pécresse souhaite qu’elle se tienne “dans un lieu emblématique de l’Ile-de-France, en lien par exemple avec le centre Pompidou ou la Cité Descartes, pôle d’excellence dédié à la ville durable”. L’événement, proposé par Chantal Jouanno, vice-présidente chargée de l’écologie et du développement durable de la région, aura pour objectif de valoriser les jeunes architectes, urbanistes et paysagistes par la remise de prix dans plusieurs disciplines.

Astrid Avédissian

Sept places seront réaménagées à Paris d’ici 2020

Sept places seront réaménagées à Paris d’ici 2020

D’avril à novembre 2016, sept collectifs regroupant des urbanistes, des architectes, des paysagistes, des médiateurs culturels et des habitants seront désignés pour réaménager les places de la Bastille, de la Nation, de la Madeleine, d’Italie, du Panthéon, des Fêtes et Gambetta.

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Place de la Nation, Paris

La maire de Paris, Anne Hidalgo, souhaite “donner plus de place à celles et ceux qui ont envie de vivre dans une ville plus pacifiée, avec moins de voitures et moins de stress”. Après une concertation en ligne sur la plateforme participative idee.paris du 20 juin au 25 septembre 2015 (343 propositions collectées pour l’aménagement des sept places), suivie de rencontres avec les usagers, les associations et les partenaires institutionnels, sept collectifs de professionnels (urbanistes, architectes, paysagistes, médiateurs culturels) seront désignés entre avril et novembre 2016. Les travaux de voirie commenceront en 2017. 

Les objectifs communs aux sept places : faciliter le cheminement des cyclistes et des piétons, l’accès aux transports en commun et l’intermodalité, végétaliser les espaces, valoriser l’architecture et l’histoire des places, favoriser les activités culturelles, sportives et la détente…

Une chaussée à 12 mètres de large maximum permettra d’augmenter de 50% les espaces piétons. Les piétons et les cyclistes gagneront 50% d’espace en moyenne, alors que les voitures occupent 77% de l’espace public et seulement 7% des déplacements.
Budget de l’opération entre 30 et 40 millions d’euros (le réaménagement de la place de la République avait coûté 24 millions).

Astrid Avédissian

 

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Place du Panthéon, Paris
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Place des Fêtes, Paris
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Place de la Madeleine, Paris
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Place Gambetta, Paris
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Place d’Italie, Paris
Adoption du projet de loi sur la création, l’architecture et le patrimoine par le Sénat

Adoption du projet de loi sur la création, l’architecture et le patrimoine par le Sénat

Texte phare du ministère de la Culture sous le quinquennat de François Hollande, le projet de loi relatif à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine, adopté par le Sénat le 1er mars en première lecture par 174 voix contre 30, comprend un certain nombre de modifications.

Hémicycle du Sénat
Hémicycle du Sénat

L’article 26 oblige l’affichage du nom de l’auteur d’un projet, en même temps que l’autorisation d’urbanisme, pour lutter contre les faux et les signatures de complaisance. Il abaisse aussi le seuil à partir duquel les demandes de permis de construire doivent recourir à un architecte à 150 m², au lieu de 170 m² ( sauf pour les constructions agricoles, qui demeurent à 800 m²).
Le texte rétablit l’expérimentation en matière de normes applicables à la construction pour la réalisation d’équipements publics, en l’étendant aux logements sociaux.
L’article 33 rend « obligatoire l’avis conforme de l’architecte des bâtiments de France sur les installations d’éoliennes qui sont visibles depuis un immeuble classé, un monument historique ou un site patrimonial protégé, et visibles en même temps, dans un périmètre de 10 kilomètres. »

Porté par deux ministres de la Culture, Fleur Pellerin, puis Audrey Azoulay, qui a salué « un débat très constructif », le texte devra être voté en deuxième lecture par l’Assemblée Nationale. Elle l’avait adopté en première lecture le 6 octobre dernier.

Astrid Avédissian

Disparition de Claude Parent, créateur de l’architecture oblique

Disparition de Claude Parent, créateur de l’architecture oblique

Décrié à ses débuts, Claude Parent, architecte, dessinateur et théoricien, avec Paul Virilio, de la fonction oblique, est décédé samedi 27 février, à l’âge de 93 ans. Personnage atypique, insoumis, dandy, collectionneur de voitures, pourfendeur de Le Corbusier, qui était son maître, il a construit des centrales nucléaires, une église « bunker » au sol incliné, des centres commerciaux, des bureaux et publié de nombreux ouvrages.

Collectionneur de voitures de sport et de Jeep, amateur de vitesse, Claude Parent se rendait sur ses chantiers en Rolls Royce, un engin moins rapide qu’il avait acquis après un infarctus… « Ma philosophie de vie, c’était la prise de risque. Si vous ne prenez pas de risques, vous ne faites pas votre boulot », s’exclamait-il, en 2012, au micro de Philippe Trétiack, sur France Culture, dans une série d’entretiens intitulés « Claude Parent : Je penche, donc je suis ».
Sans diplôme, mais après douze ans d’études à l’école des Beaux-Arts de Toulouse et des stages dans les ateliers de Jean Trouvelot et de Le Corbusier (qui n’avait pas non plus de diplôme d’architecte), il s’établit en 1955 à Neuilly-sur-Seine, sa ville natale. Comme il n’a pas droit au titre d’architecte, il mentionne « conception architecturale » sur ses réalisations. Rapidement médiatisé, il est dénoncé à de nombreuses reprises à l’Ordre des architectes, qui décide de l’inscrire à son tableau. En règle, il sera même élu membre du Conseil de l’ordre.

Claude Parent (à gauche) présentant la fonction oblique à un groupe de personnes. ©DR, Fonds Claude Parent, SIAF
Claude Parent (à gauche) présentant la fonction oblique à un groupe de personnes. ©DR, Fonds Claude Parent, SIAF

En 1962, Claude Parent conçoit la Maison de l’Iran de la Cité Universitaire de Paris, avec André Bloc (pour lequel il réalise une maison, à Antibes, en 1959) et les architectes iraniens Foroughi et Ghiai.
Avec le verrier et philosophe Paul Virilio, il crée le concept de la fonction oblique, entre 1964 et 1968 : la fin de la verticale comme axe d’élévation et la fin de l’horizontale comme plan permanent, au bénéfice de l’axe oblique et du plan incliné. Ce qui donne « des espaces enchaînés par des rampes qui obligent le corps à être dans une dynamique plus forte », pour l’architecte Jean Nouvel, qui était l’un de leurs élèves à l’École Spéciale d’Architecture, à Paris. Jean Nouvel a d’ailleurs dédié la Philharmonie à Claude Parent.
L’église Sainte-Bernadette de Nevers (1963-1966), le complexe culturel de Charleville (1965), les centres commerciaux de Reims-Tinqueux (1969) et de Sens (1970, inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en juin 2011) sont emblématiques de l’architecture oblique.
Claude Parent réalise également le Théâtre Silvia Monfort à Paris, l’Hôtel de région à Marseille, des immeubles de bureaux à Lyon, des collèges et lycées à Prague, ainsi que les centrales nucléaires de Cattenom et de Chooz.
Grand Prix national d’Architecture en 1979, il est élu en 2005 membre de l’Académie des Beaux-Arts, dans la section d’Architecture, où il succède à Jean Balladur.
La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, a rendu hommage à « un grand architecte, un novateur, un esprit en mouvement […] un homme libre et audacieux », qui « a provoqué le débat, la controverse parfois, l’intérêt toujours. Remarquable pédagogue, homme de passion rayonnant, il a formé et inspiré quelques-uns des plus grands architectes d’aujourd’hui ».

Expositions :
– « obliqueS – Autour de Claude Parent », à l’Ecole des Beaux-Arts Tours Anger Le Mans, jusqu’au 4 mars.
– « Jean Nouvel / Claude Parent, musées à venir », à la galerie Azzedine Alaïa, à Paris. Prolongation jusqu’au 2 mars. L’exposition est accompagnée d’un ouvrage, co-édité par Actes Sud et l’Association Azzedine Alaïa.

Musée d'Art Moderne Oblique, projet de Claude Parent, présenté à la Galerie Alaïa. ©Michel-Charles Gaffier, Dennis Bouchard
Musée d’Art Moderne Oblique, projet de Claude Parent, présenté à la Galerie Alaïa. ©Michel-Charles Gaffier, Dennis Bouchard

Sélection de livres :
– Vivre à l’oblique, de Claude Parent, éditions Jean-Michel Place, 80 pages, 10 euros.
– Eglise Sainte-Bernadette à Nevers : 1963-1966, de Claude Parent, Paul Virilio et Christophe Joly, éditions Jean-Michel Place, 62 pages.
– Portraits d’architectes : Impressionnistes et véridiques, de Claude Parent, éditions Norma, 173 pages, 26 euros.
– Demain, la Terre…, de Claude Parent, éditions Manuella, 96 pages, 49 euros.
– Le Carnet de la fracture, fac-similé d’un carnet de croquis réalisé par Claude Parent en mai 1994, éditions Manuella, 40 pages, 20 euros
– Colères et passions, de Claude Parent, éditions du Moniteur, 240 pages, 25 euros.
– Le mémorial, projet d’architecture, de Claude Parent et Yves Klein, éditions Dilecta, 123 pages, 25 euros.
– Conversation avec Claude Parent, de Hans Ulrich Obrist, éditions Manuella, 128 pages, 12 euros
– Bunker archéologie, de Paul Virilio, éditions Galilée, 136 pages, 26 euros.

A écouter sur France Culture : sept entretiens de Claude Parent avec les journalistes Philippe Trétiack, François Chaslin et Laure Adler.

Astrid Avédissian

Architectes pour tous

Architectes pour tous

Le Conseil national de l’Ordre des architectes vient de lancer Architectes pour tous, un site web qui met en relation des architectes et des maîtres d’ouvrage (particuliers, professionnels et collectivités locales).

Déjà expérimenté en Alsace, en Champagne-Ardenne, en Bourgogne et en Franche-Comté, ce service géolocalisé entièrement gratuit pour les visiteurs et pour les architectes s’étend désormais à l’ensemble du territoire.
A partir de quelques informations fournies par le futur maître d’ouvrage sur son projet, le site web propose une carte qui géolocalise des réalisations architecturales similaires à son projet et des agences d’architecture réalisant des projets similaires.

Le maître d’ouvrage peut ensuite se rendre sur la fiche de chacune des agences qui l‘intéresse, consulter leurs réalisations et prendre contact avec elles.
Près de 4000 agences d’architecture étaient déjà référencées sur le site à son ouverture.

Architectes pour tous
Architectes pour tous
Architectes pour tous
Architectes pour tous
Quand BAM fait boum !

Quand BAM fait boum !

La jeune start-up BAM fait débat. Fondée par Mathias Boutier et Boris Lefèvre, elle tente de réconcilier les français avec l’architecture.

Architecte !

En France, ce « gros » mot désigne des élitistes qui ont surtout… des idées. Pour les uns, l’architecte produit des formes auxquelles doit répondre l’ingénieur (NB : on ne parlera pas ici de la guerre qui anime les architectes et ingénieurs). Pour les autres, il est surtout trop coûteux et reste un personnage dont l’intérêt n’est que minime. En effet, 71% des particuliers français pensent que « le travail de l’architecte est le plus souvent un passage obligé, qui est coûteux et dont on aimerait bien se passer »*.

Bref, l’architecte est quelque peu mal perçu. L’image d’artiste décalé de la réalité concrète et d’un certain pragmatisme lui colle à la peau. Et pourtant, chez nos voisins européens, il est reconnu pour la finesse et l’intelligence de ses projets.

Because Architecture Matters

De ce constat est née en août dernier la jeune start-up BAM, entendre Because Architecture Matters, une plateforme numérique qui a pour but de réconcilier les français avec l’architecture, les particuliers avec la maîtrise d’œuvre. Pour Mathias Boutier et Boris Lefèvre, les deux fondateurs, il est urgent de redonner sa place à l’architecte au sein de nos villes. L’un ayant emprunté la voie de l’entreprenariat et de la finance à la Toulouse Business School, l’autre ayant suivi un cursus d’architecte à l’ESA, les deux amis de longue date ont décidé de travailler main dans la main pour tenter de faire évoluer les mœurs.

homepage du site BAM

La mission de BAM

Démocratiser la profession et ainsi augmenter la proportion de constructions conçues par les architectes. L’architecte est un garant de l’intégrité, de la singularité et de l’harmonie de nos paysages urbains. Il doit reconquérir sa place de chef d’orchestre au sein des constructions françaises, et notamment à l’échelle de la maison individuelle, dont l’emprise reste très marginale en France. En effet, 4% seulement des particuliers font appel à un architecte. Or l’architecte est quelqu’un à l’écoute, capable d’offrir des habitats singuliers selon les besoins et désirs de chacun. Sur la question du logement, il est temps de sortir de la domination des promoteurs dont l’intérêt principal est la rentabilité, entrainant de fait une standardisation des constructions et donc des modes de vie. Aujourd’hui sortent de terre des ZAC toutes similaires où seule diffère la façade. Notons d’ailleurs qu’avec les normalisations en cours, l’acte de création architectural est entièrement reporté aux façades. Après l’Homme de Vitruve et ses proportions idéales, puis le Modulor fonctionnel au plus haut point, nous voici aujourd’hui dans l’air du sigle handicapé, et l’architecture s’handicape avec elle. Face à la standardisation, il faut promouvoir la capacité des architectes à produire du sur mesure afin d’augmenter la qualité architecturale.

Faire appel à un architecte est aussi un gage d’économie dans tous les sens du terme. Au niveau écologique, il s’adapte aux lieux et climats dans lesquels il construit, il travail sur l’orientation, les techniques de construction, déniche les meilleurs matériaux. Au niveau rapport qualité / prix, il connaît les entreprises et fabricants, suit ses chantiers. Au niveau temps, il a l’habitude des formalités administratives, des dépôts de permis de construire…

Leur proposition 

Une plateforme numérique condensant l’offre et la demande, destinée à mettre en relation des personnes porteuses de projets avec des jeunes architectes (moyenne d’âge de 35 ans). Côté maîtrise d’ouvrage, l’accès à la commande peut se faire de deux manières. La première, par consultation (gratuit) : une sélection d’architectes est présentée au maître d’ouvrage en fonction de ses attentes et de son projet. Il n’a plus qu’à choisir à partir de leurs portfolios. Le deuxième, par concours (rémunération des architectes) : un concours d’architecture restreint est organisé, sur la base d’intentions architecturales. Le client réceptionne, évalue les projets et choisit. Pour lui, cette plateforme est une véritable garantie. Tous les architectes inscrits sur la plateforme le sont aussi à l’Ordre et sont assurés selon les normes en vigueur. Tous les échanges sont archivés. De plus, le particulier bénéficie d’un conseiller personnel BAM et du réseau d’entreprises partenaires.

Côté maîtrise d’œuvre, BAM propose aux jeunes architectes inscrits à l’Ordre de s’inscrire sur la plateforme. Celle-ci permet d’augmenter la lisibilité des agences et de renforcer leur relation presse. BAM vérifie en amont le sérieux des maîtres d’ouvrages, leurs attentes, offrant ainsi une économie de temps sur la recherche de nouveaux clients. L’architecte reste indépendant, et accepte uniquement les projets sur lesquels il veut travailler. En plus de sensibiliser les particuliers à la qualité architecturale, BAM offre un gain de temps considérable aux architectes pour qu’ils puissent se concentrer sur ce qui les intéresse : l’architecture.

bam portrait

Leur ambition

BAM propose donc de casser le monopole des grosses agences et de limiter l’influence des promoteurs sur les petits projets, faisant le choix de donner la visibilité aux jeunes archis. Ainsi, les ambitions de cette start-up s’inscrivent aussi dans le nouveau projet de loi relatif à l’Architecture défendu par Fleur Pellerin, actuel ministre de la Culture. Le 17 septembre, enfin, a été prononcée la loi concernant l’obligation de recourir à un architecte pour les surfaces de plus de 150m² (contre 170m² jusqu’à présent). Cette loi dénote donc bien de l’ambition de rendre la mainmise des petites constructions aux archis. Depuis août, une soixantaine d’architectes d’un peu partout en France se sont inscrits. Affaire à suivre !

* Enquête Ipsos pour l’Ordre National Des Architectes en mars 2011

Amélie Luquain

Création architecturale au Palais de Chaillot

Création architecturale au Palais de Chaillot

Dédiée au premier des arts, la Cité de l’Architecture & du Patrimoine du Palais de Chaillot était toute désignée pour accueillir ce nouveau concept dédié… à la Création architecturale. La Plateforme de la création architecturale, concept volontairement hybride et flexible dans sa forme et ses formes, se veut un lieu de propositions, de débats, de critiques, d’échanges et d’ouvertures sur un rythme saisonnier qui sera inauguré le 22 octobre 2015.

Pierre-Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler
Pierre-Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler ©Rodrigo Apolaya

Cet « état des lieux » de la création architecturale se déroulera autour de diverses scénographies :

– Les Duos et débats (trimestriels) où deux équipes d’architectes, l’une en France et l’autre à l’étranger, confrontent leur expérience.

– Le Laboratoire du Logement, une veille permanente sur l’Habitat d’hier à aujourd’hui à travers de projets historiques et innovants.

– Les Rendez-vous critiques (toutes les 6 semaines) par des spécialistes sur les questions d’actualité.

– Les Rendez-vous métropolitains, une analyse des grands projets urbains en France et en Europe

– les Rendez-vous de Chaillot (mensuels) au cours desquels un architecte, un urbaniste ou un paysagiste présentera un projet.

Arna Mackic, Erik et Ronald Rietveld, RAAF (Rietveld Architecture-Art- Affordances) © Maarten Kools
Arna Mackic, Erik et Ronald Rietveld, RAAF (Rietveld Architecture-Art-Affordances) © Maarten Kools

À noter que ces rendez-vous sont libres d’accès – après inscription préalable sur le site – et destinés à un large public professionnel ou profane curieux, concerné et passionné. Accessibles par le Pavillon d’About, ces rencontres se déroulent selon un dispositif scénographique spécifique aménagé par l’agence Freaks et les graphistes de FormaBoom, à l’auditorium et dans la galerie des expos temporaires.

Renseignements sur le programme – onglet expositions – et inscriptions sur www.citechaillot.fr