Diller Scofidio + Renfro et Woods Bagot remportent le concours Star-Studded pour le musée d’art contemporain d’Adélaïde

Arts South Australia – agence du gouvernement de l’État chargée de soutenir le travail des artistes sud-australiens, la promotion nationale et internationale de l’art sud-australien et le soin apporté aux collections de l’État et aux bâtiments et biens qui les abritent – et les organisateurs de la compétition Malcolm Reading Consultants ont annoncé que l’équipe dirigée par Diller Scofidio + Renfro en collaboration avec l’agence locale Woods Bagot a remporté le concours international de design pour imaginer le futur centre d’art contemporain d’Adelaïde en Australie, situé sur les terres traditionnelles du peuple Kaurna. 

Le concept de l’équipe gagnante se définit par la création d’un nouveau lieu dynamique composée d’une galerie habilement organisée, d’un laboratoire de performance, d’un spectaculaire «Super Lobby», de galeries aériennes flottantes au dernier étage et d’un jardin suspendu sur le toit. Le jardin s’inscrit comme un paysage sud-australien pré-colonisé implanté à la cime du projet, reliant l’idée de l’histoire écologique et culturelle contemporaine à Kaurna.

Le bâtiment a été décrit par l’équipe comme une douce balise charismatique sur North Terrace qui refléterait le ciel le jour et, la nuit, rayonnerait de galeries – permettant aux visiteurs d’apercevoir la collection d’art lorsqu’ils passeraient le bâtiment en dehors des heures d’ouverture officielles et, dans ce sens, «rendre l’art à la ville».

Le jury international de neuf membres, présidé par Michael Lynch AO CBE, a trouvé que le design conceptuel était en accord avec Adélaïde et sa célèbre culture de festival, promettant de créer un spectacle et d’attirer de nouveaux publics avec des espaces dynamiques et polyvalents.

La décision fait suite à une recherche globale de sept mois pour concevoir une nouvelle destination culturelle sur une partie de l’ancien site Royal Adelaide Hospital (oRAH). Le concours a attiré des soumissions de 107 équipes composées d’environ 525 entreprises individuelles des cinq continents.

La nouvelle galerie et le parc public de sculptures sont considérés comme l’une des plus importantes initiatives artistiques de l’Australie au cours du XXIe siècle. Ils constituent un point focal national pour l’art et les cultures des aborigènes et des insulaires du détroit de Torres.

« Le concept de l’équipe gagnante répond à cette opportunité unique de construire un bâtiment emblématique au cœur de la ville, en bordure du Jardin Botanique. Dans une ville célèbre pour ses festivals, le design crée un nouveau lieu qui embrasse l’art sous toutes ses formes et qui attire un large public, local et international. La conception met en avant les collections exceptionnelles de l’Australie du Sud et profite de l’élan des succès récents de l’Art Gallery of South Australia pour célébrer l’art et la culture des aborigènes et des insulaires du détroit de Torres. Le jury a été impressionné par la compréhension assurée de l’équipe gagnante quant à l’avenir de l’art, de la performance et de la programmation du XXIe siècle, ainsi que par son flair pour la création de lieux. L’équipe gagnante a eu un aperçu inspiré de concevoir le bâtiment en descendant le long de la topographie du site et de créer ainsi une véritable connexion au site et au pays, respectueux du peuple Kaurna et en intégrant le jardin botanique dans le design. » a déclaré Michael Lynch.

« La compétition était centrée sur la guérison du domaine civique d’Adélaïde: l’ancien hôpital a créé une déconnexion physique entre le boulevard culturel et les jardins botaniques – quel meilleur moyen de connecter les deux qu’en utilisant l’art ? Le système gagnant (…) a le potentiel de parler aux nouvelles générations qui développent leur propre identité culturelle, et offre un nouveau centre d’intérêt pour la ville, ce dont elle a grandement besoin alors qu’Adélaïde continue de grandir et de s’épanouir. » a ajouté Malcolm Reading, directeur de la compétition. 

Le Musée de la Romanité imaginé par Elizabeth de Portzamparc prêt à ouvrir ses portes !

Face aux Arènes bimillénaires, en plein centre de Nîmes, le Musée de la Romanité ouvrira ses portes le 2 juin 2018. Important complexe de la culture romaine, à la fois musée innovant, jardin archéologique et lieu de vie, le Musée de la Romanité est l’un des plus grands projets architecturaux et culturels contemporains en France. Bâtiment contemporain conçu par Elizabeth de Portzamparc, ce nouveau musée au rayonnement international constitue un splendide écrin pour présenter au public quelque 5 000 œuvres patrimoniales, dont la valeur archéologique et artistique est exceptionnelle.

© ELIZABETH DE PORTZAMPARC

Célèbre pour son riche passé antique, Nîmes met en valeur le remarquable état de conservation de ses monuments romains dans un centre-ville repensé. Entre nouveaux jardins urbains et places réaménagées, le cœur de ville offre un cadre plein de charme à la découverte patrimoniale comme à la flânerie. La Ville de Nîmes offre désormais un écrin à la hauteur de ses collections archéologiques. Ce bâtiment répond à une triple ambition : préserver ce patrimoine, le partager avec les Nîmois et les visiteurs du monde entier, le transmettre aux générations futures. Son emplacement, en plein centre historique de Nîmes, établit un dialogue unique avec l’histoire de la cité.  Face aux Arènes nîmoises, le Musée se trouve en bordure de l’Écusson, dans le cœur historique de la ville. Traversé par les vestiges du rempart romain, il prend place sur l’épine dorsale du site, autrefois limite entre la ville moyenâgeuse et la ville moderne. Sur ces vestiges se superposent vingt siècles de strates urbaines et autant de morceaux d’architectures. C’est là le patrimoine exceptionnel de la ville de Nîmes. Comme soulevé au milieu des témoins du passé, le musée est conçu comme la porte d’entrée d’un parcours urbain : par un dispositif de percées urbaines et une mise en scène des perspectives, les trésors du patrimoine romain et celui plus moderne de l’architecture bâtie autour sont valorisés. Les axes et liens créés entre les rues et les places attenantes au site offrent une grande perméabilité urbaine et de nouveaux parcours à travers la ville.

© ELIZABETH DE PORTZAMPARC

Le bâtiment s’organise autour d’une rue intérieure suivant les traces de l’ancien rempart augustéen. Accessible à tous, ce passage public crée une ouverture visuelle et relie le parvis des Arènes au jardin archéologique.

© ELIZABETH DE PORTZAMPARC

En traversant le rez-de-chaussée du musée entièrement transparent, les visiteurs et promeneurs sont invités à la découverte. En son centre, un atrium de 17 m de haut révèle un fragment du propylée du Sanctuaire de la Fontaine, dans une reconstitution spectaculaire de ce lieu sacré datant de la fondation de la cité pré-romaine. Cette restitution publique inédite invite à la découverte de l’ensemble des collections et contenus du musée. Depuis ce passage, il est également possible de rejoindre la librairie du musée, le café, ou le restaurant avec vue imprenable sur les Arènes. Grâce à des ouvertures disposées en façade, de multiples points de vue sont offerts sur les Arènes et sur le jardin archéologique. Tout au long des espaces d’exposition, un dialogue constant est maintenu entre la muséographie et l’extérieur, faisant pénétrer la ville dans le musée.

Le Musée de la Romanité dépasse la simple fonction d’exposition : il est conçu comme une porte d’entrée pour la compréhension de la ville et de son histoire. Plus largement, il offre une lecture exceptionnelle de l’empreinte de la civilisation romaine en Méditerranée. Le choix d’un geste architectural contemporain face à un monument, tel le Carré d’Art il y a quelques années, inscrit le musée dans la tradition nîmoise. C’est une nouvelle vision de la place du parvis et de la courbe des Arènes que le musée offre aujourd’hui : sa légèreté, face à la massivité classique, crée un dialogue architectural fort entre deux bâtiments séparés par deux mille ans d’histoire.

Au-delà du projet urbain et architectural du musée, Elizabeth de Portzamparc a également conçu sa muséographie, son architecture intérieure et des éléments de mobilier. Il en résulte un projet d’une grande cohérence.

© ELIZABETH DE PORTZAMPARC

« Révélateur de l’enracinement de l’identité nîmoise dans son passé romain, le Musée de la Romanité est l’un des projets architectural et culturel les plus marquants de ce début de siècle pour la Ville de Nîmes, mais aussi, plus largement, pour toute la région. Guidés par l’exigence forte de valorisation et de transmission de notre magnifique patrimoine aux générations futures, nous avons tout mis en œuvre afin que ce musée soit une vitrine exceptionnelle pour nos impressionnantes collections archéologiques, restaurées à cette occasion. Le Musée de la Romanité s’inscrit ainsi parfaitement dans la philosophie de la candidature de Nîmes au Patrimoine mondial de l’Unesco sur le thème de « L’Antiquité au présent », déclare Jean-Paul Fournier, Maire de Nîmes.

© ELIZABETH DE PORTZAMPARC

Le drapé souple de la façade évoque la toge romaine et les carreaux de verre qui la constituent conjuguent la transparence moderne et la tradition d’un art majeur romain : la mosaïque. Elle évoque ainsi avec subtilité un élément phare des collections du musée. Cette peau de verre translucide se compose de près de 7 000 lames de verre sérigraphié couvrant une surface de 2 500 m2.

© Serge Urvoy

« J’ai longuement analysé les Arènes et me suis interrogée sur la notion même de bâtiment contemporain et comment exalter les 21 siècles d’histoire de l’architecture qui séparent ces deux bâtiments. Concevoir une architecture légère, rendue possible par la technologie actuelle, m’a semblé une évidence, ainsi que d’exprimer les différences entre ces deux architectures à travers un dialogue juste, basé sur leur complémentarité. D’un côté un volume circulaire, entouré par les verticales des arcs romains en pierre et bien ancré au sol, de l’autre un grand volume carré, en lévitation et entièrement drapé d’une toge de verre plisse », explique l’architecte.

© Nicolas Borel

L’espace végétal public de 3 500 m2 est structuré en trois strates correspondant aux grandes périodes – gauloise, romaine et médiévale – du parcours muséographique, enrichissant ainsi le propos scientifque. Un site sur la tradition romaine de l’agriculture urbaine complète le jardin. Pour chaque niveau, arbres, arbustes et plantes vivaces ont été choisis en fonction de leur époque d’introduction, au gré des échanges, des influences et des occupations.

Le toit terrasse végétalisé a été pensé comme une cinquième façade ouverte sur le ciel. Point culminant du parcours ascensionnel, il ponctue la visite en offrant un belvédère avec une vue prodigieuse à 360° sur Nîmes et sur ses 26 siècles d’Histoire.

Le pavillon nordique de la Biennale d’architecture de Venise présente «Another Generosity»

Le pavillon nordique de la Biennale d’architecture de Venise présente «Another Generosity»  une exposition remplie d’immenses bulles gonflables qui se dilatent et se contractent lentement afin d’explorer la relation entre la nature et l’environnement bâti et comment l’architecture peut faciliter la création d’un monde qui favorise la coexistence symbiotique en réponse aux conditions environnementales changeantes.

©Andrea Ferro

Le pavillon crée une expérience spatiale conçue pour accroître notre conscience de notre environnement. Organisée par Eero Lundén et Juulia Kauste , «Another Generosity» est une tentative de favoriser le dialogue, le débat et la critique pour aider à révéler de nouvelles façons de façonner notre monde avec une autre générosité entre les hommes et la nature. Ils ont ainsi installé quatre énormes ballons, conçus de manière à ressembler à des cellules, à l’intérieur du pavillon, avec des capteurs qui surveillent les niveaux de dioxyde de carbone environnants, l’humidité et la température. Les éléments gonflés répondent à des stimuli externes et parfois invisibles, créant un nouveau type d’expérience, une hésitation momentanée et une plus grande prise de conscience de notre environnement. Les cellules « respirent » en réponse à leurs conditions environnementales. Elles se remplissent ou se vident d’air, selon les niveaux de dioxyde de carbone, et changent de couleur pour indiquer les différences de température.

©Andrea Ferro

« Essentiellement, ce que nous faisons ici, c’est que nous avons des structures qui vivent selon les changements de leur environnement, comme moi et vous. Alors ils respirent. Ils respirent différemment dans des conditions différentes. Et puis les couleurs changent en fonction de la température, elles ont un peu de leur propre vie, l’idée originale était que nous voulions faire quelque chose qui soit proche d’un animal. »

©Andrea Ferro

« C’est cette idée de rétablir une relation avec l’architecture, parce que souvent nous voyons des bâtiments et c’est tout. »

Les cellules pourraient également être partiellement remplies d’eau, mais cela ne se produira que si les organisateurs sont en mesure d’atténuer le risque du bâtiment historique, construit par Sverre Fehn en 1962.

Le titre de l’exposition, Another Generosity, est tiré du manifeste Yvonne Farrell et Shelley McNamara réunis en tant que commissaires de la biennale. Dans celui-ci, ils expliquent que leur thème choisi de Freespace appelle à une «générosité d’esprit»   dans l’approche de l’architecture.

« Nous avons commencé à penser que peut-être l’idée est peut-être une question plus profonde de la façon dont nous nous voyons par rapport à la nature – en quelque sorte une opposition à cette vision anthropocénique du monde pour essayer de penser à ce que pourrait être l’architecture. son environnement « .

©Andrea Ferro

« Je pense que progressivement, à partir des années 60 et 70, nous avons commencé à rétablir notre position vis-à-vis de la nature – nous n’utilisons pas toutes les ressources que nous pouvons et mangeons tout. L’architecture est une conséquence de notre vision du monde, nous devons être quelque chose de différent. »

« L’humanité façonne activement le monde aujourd’hui. L’impact géologique de l’activité humaine est si prononcé qu’il a changé le comportement de notre planète. C’est l’époque de l’anthropocène. Bien que l’anthropocène puisse sembler marquer le moment où les humains sont venus à dominer la nature, c’est aussi l’occasion de repenser la relation la plus fondamentale entre nos bâtiments et l’écologie. L’architecture devrait être considérée comme un outil pour redéfinir le cycle complet de la construction, de ses composants les plus élémentaires à ses systèmes d’exploitation. »

 

Speed Dating Design VIA : des savoir-faire pour les designers d’espace

Speed Dating Design VIA : des savoir-faire pour les designers d’espace

Huit années après leur lancement, les Speed Dating Via Design se renouvellent. Pour donner plus d’ampleur à l’événement, les speed dating design d’objet, métiers d’art et design d’espace auront une unité de lieu et de temps, le 5 juin 2018 dans la grande nef du Musée des Arts Décoratifs. Rappelons que, dans son principe, ce concept consiste à organiser des rendez-vous de 12 minutes chrono entre les entreprises et artisans d’une part, et les designers d’autre part, pour permettre aux uns et aux autres de présenter leur positionnement, en vue réaliser ensemble des projets, de façon immédiate ou à moyen terme. Une formule qui intéresse les designers d’espace : 75 cabinets d’architecture d’intérieur sont inscrits à l’édition 2018, ainsi que 114 entreprises spécialisées dans les aménagements intérieurs.

Propriété privée sur Paris 2017 –
ATELIER DU PONT
89, rue de Reuilly 75012 Paris

Pour les designers d’espace, l’intérêt majeur du speed dating réside dans la découverte de savoir-faire spécifiques : « Grâce à l’édition 2017, nous avons rencontré entre autres des éditeurs de luminaires, des parqueteurs, des fabricants de paravents décoratifs, avec des savoir-faire souvent très pointus qui peuvent apporter une valeur ajoutée à nos projets, déclare Dominique Paolini (cabinet Dominique Paolini Design). Le format des rendez-vous express multiplie les contacts, et nous oblige à aller à l’essentiel, ce qui est très stimulant intellectuellement. » Ce rendez-vous est aussi une opportunité de sortir de ses schémas de travail habituels, en élargissant son réseau de partenaires agenceurs : « Nous intervenons chez les particuliers, dans le tertiaire et dans le retail, ajoute Clémence Giai (Atelier du Pont). A ce titre, il est intéressant pour nous de rencontrer des agenceurs et des artisans – dans le bois, le béton, le plâtre… – qui ont des savoir-faire et des niveaux de gamme différents, pour s’adapter au positionnement de nos projets. » Grâce au travail de matching réalisé en amont par le VIA, les designers d’espace présents le 5 juin rencontreront les agenceurs et artisans les plus qualifiés pour répondre à leurs problématiques spécifiques.

 

Lien : www.via.fr

Encore Heureux et ses dix lieux infinis à la Biennale de Venise

Encore Heureux, l’agence parisienne de Nicola Delon, Julien Choppin et Sébastien Eymard, représente la France à la biennale internationale d’architecture de Venise ouverte ce week-end. Le trio d’architectes a choisi de défendre dix lieux exemplaires de la « sobriété heureuse » au travers d’espaces collaboratifs de Paris et de la Petite couronne

A l’occasion de la 16e biennale internationale d’architecture sur la thématique « free space », les trois architectes ont choisi de décliner dix « lieux infinis » (cinq en Ile-de-France, cinq en province), « qui expérimentent à l’échelle réelle de nouveaux modes de vie ». Une architecture innovante propice à l’expérimentation citoyenne et collaborative avec notamment les Ateliers Médicis, à Clichy-sous-Bois/Montfermeil, la Ferme du bonheur à Nanterre, le 6B à Saint-Denis, le 104 et les Grands Voisins à Paris…

« A la Biennale de Venise, on réfléchit plus à des sujets de société qu’à l’architecture pure« 

© Elodie Daguin

« Avec la crise économique, la crise écologique, les flux migratoires, les enjeux sont ailleurs. L’architecture a un rôle social à jouer, faire de l’architecture savante, aussi élégante soit elle, ne nous suffit pas », explique Julien Choppin co-fondateur d’Encore Heureux.

© Sophie Scher

Des « lieux de liberté » , qui pour le trio, « sont des endroits qui expérimentent des transitions (écologique, politique…) nécessaires. C’est là que le futur se construit. » Baptisé « Lieux infinis », le pavillon présente dix sites se transformant avec leur usage et se réinventant, au contraire de l’architecture spectaculaire.

© Sophie Scher

« Nous avons aussi choisi de mettre en avant des lieux d’hospitalité, des refuges dans des villes de moins en moins accueillantes, pour les SDF ou les demandeurs d’asile. Nous proposons une sélection hétéroclite en termes d’échelle, d’usage et de mode de gouvernance. Certains lieux ont trente ans, d’autres n’existent pas encore, comme Le Tri postal à Avignon. Certains sont transitoires, d’autres s’adossent à une structure existante, comme le projet de l’Hôtel Pasteur à Rennes, un lieu culturel en cours d’installation au-dessus d’une école maternelle. Cette diversité est importante car, à la Biennale de Venise, on réfléchit plus à des sujets de société qu’à l’architecture pure. Nous proposons d’ailleurs aux visiteurs de collaborer à un atlas participatif, qui recenserait tous ces « lieux infinis ». »

Le pavillon se compose d’une salle centrale accueillant dix grandes maquettes réalisées par l’agence ou par d’autres architectes. « A l’intérieur, des écrans vidéo projettent des films enregistrés in situ, afin de montrer ce qu’il s’y passe. Au-dessus des maquettes, nous exposons des boules de pétanque, un disque d’or, des papillons, des dessins historiques… En tout, quatre cent cinquante objets prélevés dans ces dix lieux qui témoignent de l’intensité qu’on y a ressentie. » Cette installation, pensée comme un véritable cabinet de curiosités, questionne la conception architecturale dans son ensemble.  « On devrait être capable d’avoir cette démarche aussi pour le logement par exemple, en se disant que l’usage va dicter le bâtiment plus qu’une programmation pré-établie « , estime Sébastien Eymard.

© Sophie Scher

« Les architectes ont un rôle humaniste, politique à jouer. Nous ne sommes pas là pour livrer de beaux immeubles mais pour stimuler la transition écologique. En conservant l’existant quand c’est possible – nous avons, par exemple, réalisé un projet de logements dans un ancien parking que l’on nous demandait de raser – ou en réemployant des matériaux, un enjeu essentiel puisqu’ils se raréfient. Pour notre exposition, nous avons ainsi récupéré les matériaux utilisés par Xavier Veilhan pour le pavillon français de l’édition précédente. »

Peter Zumthor présente un atelier de maquettes à la Biennale de Venise

Peter Zumthor a installé un atelier de ses maquettes à l’intérieur du pavillon central des Giardini lors de la Biennale d’architecture de Venise 2018. Les modèles, qui varient considérablement en termes d’échelle, d’apparence et de matérialité, illustrent certains des travaux les plus connus de l’architecte suisse – y compris son projet de construction du musée d’art du comté de los angeles (LACMA). Parmi les autres projets présentés, citons un restaurant en suisse reproduit avec de la cire et un hôtel du désert au Chili recréé à l’aide de carton et de sable.

abris de protection pour le palais de Hisham,
modèle d’étude Jericho 1:20, construit en 2010 en utilisant du béton, du sable et du plâtre | © designboom
abris de protection pour le palais de Hisham,
modèle d’étude Jericho 1:20, construit en 2010 en utilisant du béton, du sable et du plâtre | © designboom

Peter Zumthor a été invité par les commissaires de la 16ème exposition internationale d’architecture, Yvonne Farrell et Shelley Mcnamara, à contribuer à l’événement dans le cadre du pavillon central de la Biennale. Occupant tout le niveau supérieur du plus grand espace de la salle, les maquettes exposées documentent un large éventail de travaux de Zumthor, avec des projets réalisés et non réalisés. «Dans cette exposition, Zumthor nous présente un atelier de ses modèles, nous permettant d’explorer son propre cheminement de pensées et de souvenirs à l’actualité, à ses espaces qui nourrissent l’âme», expliquentYvonne Farrell et Shelley Mcnamara

LACMA, bâtiment pour la collection permanente, los angeles, USA
site modèle 1: 500, construit en 2013 utilisant du béton coloré © designboom
musée de la mine de zinc allmannajuvet, norvège (achevé en 2016)
site modèle 1: 100, construit en 2004 avec du polystyrène, du charbon de bois et de la pâte à modeler
| © designboom
chapelle de thé à namyang, Corée du sud
site modèle 1:50, construit en 2017 en utilisant sable, pigment et cire © designboom
atacama desert hotel, chili
étude modèle 1: 100, construit en 2010 en utilisant du papier cartonné et du sable | © designboom

« Peut-être que je travaille comme un artiste », dit Zumthor, discutant de ses processus créatifs. Je ne mets pas en pratique les idées des autres. mon client veut un bâtiment. Je vais essayer de trouver une bonne forme pour cela et partager ce travail avec eux. Le processus de trouver la bonne forme est plein d’insécurités, de désespoir, de plaisir et de joie et il a besoin de free space pour bouger et réfléchir. Nos modèles – structurels, sculpturaux, atmosphériques, toujours différents – visent à découvrir et montrer la présence physique du bâtiment et du lieu. ils nous aident à comprendre, à penser et à rêver. nous leur faisons tenir la promesse de l’objet que nous cherchons. »

atacama desert hotel, chili
étude modèle 1: 100, construit en 2010 en utilisant du papier cartonné et du sable | © designboom
hôtel de montagne braunwald, site suisse modèle 1: 500, construit en 2014 avec styromousse, sable, cire et laine d’acier © designboom
développement résidentiel haut de gamme près du lac de Lucerne, Suisse
modèle de concours 1: 200, construit en 2006 en utilisant du papier, du fil et du cartonc | © designboom
musée de la mine de zinc allmannajuvet, norvège (achevé en 2016)
site modèle 1: 100, construit en 2004 avec du polystyrène, du charbon de bois et de la pâte à modeler
| © designboom
Eduardo Souto de Moura et la Suisse remportent les Golden Lions à la Biennale d’architecture de Venise

Eduardo Souto de Moura et la Suisse remportent les Golden Lions à la Biennale d’architecture de Venise

L’architecte portugais Eduardo Souto de Moura a reçu le Lion d’Or du meilleur projet présenté à la Biennale d’Architecture de Venise , tandis que la Suisse a été récompensée pour avoir organisé le meilleur pavillon. La cérémonie de remise des prix qui s’est déroulée le 26 mai 2018, au siège de la Biennale de Venise, a marqué le premier jour de l’événement, qui se poursuit jusqu’au 25 novembre 2018.

Souto de Moura a été nommé meilleur participant à Freespace, l’exposition dirigée par Yvonne Farrell et Shelley McNamara de Grafton Architects pour la 16e édition de la Biennale d’Architecture de Venise. Son projet Vo De Jour comprend deux photographies aériennes placées côte à côte, montrant le domaine de São Lourenço do Barrocal à Alentejo, au Portugal,une ancienne ferme que l’architecte a transformé en hôtel. Les deux images montrent le site avant et après les travaux. Les changements sont à peine perceptibles, révélant à quel point les interventions étaient à petite échelle.

Les juges ont déclaré que le positionnement des deux images « révèle la relation essentielle entre l’architecture, le temps et le lieu« .

© Francesco Galli

Des mentions spéciales ont également été données à deux autres participants au spectacle.

L’architecte indonésien Andra Matin a été félicité pour son projet Elevation, qui était contenu dans une structure tissée. À l’intérieur, il met en valeur l’architecture vernaculaire de l’archipel indonésien.

© Francesco Galli
© Francesco Galli

Les juges l’ont décrite comme «une installation sensible qui fournit un cadre de réflexion sur le matériau et la forme des structures vernaculaires traditionnelles».

L’autre récompense a été décernée à l’architecte Rahul Mehrotra de Mumbai, qui a utilisé trois projets pour mettre en valeur la diversité de la société en Inde. Selon les juges, ils « abordent les questions d’intimité et d’empathie, en diffusant doucement les frontières sociales et les hiérarchies ».

© Italo Rondinella

La Suisse a remporté le Lion d’or du meilleur participant national. Son exposition , intitulée Svizzera 240: House Tour, présente les accessoires fades couramment sélectionnés pour les logements neufs ou loués. Ceux-ci sont rétrécis ou élargis, comme Alice au pays des merveilles, pour attirer l’attention sur eux. Les juges ont apprécié cette « installation convaincante qui est à la fois agréable tout en s’attaquant aux problèmes critiques d’échelle dans l’espace domestique« .

© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Grande-Bretagne a également reçu une mention spéciale pour l’île, qui a vu Caruso St John construire une plate-forme en bois sur le toit du pavillon. Avant le Brexit, le but est de créer un «lieu de refuge et d’exil». Les juges ont dit que c’était « une proposition courageuse qui utilise la vacuité pour créer un espace libre pour les événements et l’appropriation informelle« .

© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Un Lion d’Argent a également été décerné aux jeunes participants les plus prometteurs : Jan de Vylder, Inge Vinck et Jo Taillieu de Belgique. Leur projet qui a examiné les moyens d’insérer de nouvelles structures à l’intérieur d’un ancien bâtiment. Il a été salué comme « un projet qui possède la confiance à laquelle la lenteur et l’attente permettent à l’architecture d’être ouverte à une activation future« .

© Andrea Avezzù
© Italo Rondinella
© Italo Rondinella
Ellipsicoon de UNStudio

Ellipsicoon de UNStudio

L’Ellipsicoon a été conçu par UNstudio dans le cadre de la série de pavillons transportables REVOLUTION PRECRAFTED. Revolution Precrafted Pavilions sont des structures de collection, dont la grande variété de fonctions est conçue pour compléter les espaces existants. Lieu de repos, de retraite et de pleine conscience, l’Ellipsicoon crée une extension nomade et isolée en immersion totale dans la nature.

Intérieur-extérieur, ombre et lumière, ouvert et fermé, l’Ellipsicoon offre un espace tranquille pour des moments solitaires de repos, de lecture ou de contemplation, ou un théâtre de cocon pour la conversation et la communication. Le pavillon Ellipsicoon est un espace pour l’esprit, pour des moments d’évasion éphémère, de rumination ou de simple retour sur soi .

Conçue et développée numériquement, puis tissée à la main par des artisans hautement qualifiés, la surface sculpturale continue du pavillon est construite à partir de brins de polyéthylène haute densité (PEHD) 100% recyclable.

Les côtés incurvés de la structure se rétrécissent vers l’intérieur à mesure qu’ils montent, permettant aux ouvertures arrondies de faciliter les moments d’être simultanément à l’intérieur et à l’extérieur – physiquement et intimement liés aux environnements et à la nature, enveloppés et entourés par les courbes douces et continues du structure tissée.

En franchissant le seuil, l’utilisateur se tient légèrement au-dessus du niveau du sol, après quoi une zone de sièges creux offre un espace fermé et semi-fermé, avec des sièges intégrés qui suivent les contours fluides de l’espace. Ici les ouvertures elliptiques différemment proportionnées encadrent des vues aux environnements tout en fournissant la lumière du jour à l’intérieur.

Ben van Berkel déclare : « Je m’intéresse depuis longtemps à explorer des espaces qui étendent la fonction pour remplacer la réalité du quotidien avec le potentiel d’expériences plus nuancées et réfléchies. L’Ellipsicoon offre un lieu de désengagement temporaire, où les aspects pratiques, les devoirs et les interruptions de la vie quotidienne peuvent momentanément s’estomper et l’imagination peut prendre le relais. « 

Le Festival international de jardins amorce la construction des jardins de sa 19e édition

Le Festival international de jardins amorce la construction des sept nouveaux jardins de sa 19e édition, présentée aux Jardins de Métis, du 23 juin au 7 octobre 2018. Le Festival poursuit son exploration du jeu avec Playsages II – Allez jouer dehors! et a choisi des projets offrant des espaces imaginatifs où les familles se rassembleront et joueront ensemble cet été. Les nouveaux jardins sélectionnés par le jury pour l’édition 2018 sont :

aMAIZEing de Marta Milà Pascual, architecte et architecte paysagiste et Marc Torrellas Arnedo, architecte — Barcelone, Espagne

aMAIZEing

L’origine de la colonne de Josep Congost et Louis Sicard, architectes et artistes – Valence, Espagne

L’origine de la colonne

La ligne de 100 ans de hatem+d [Étienne Bernier, architecte, Marianne Charbonneau, architecte, Mélanie Dereymez, stagiaire en architecture, Théo Jarrand, stagiaire en architecture, Steeven Bérubé, artiste 3D] — Québec (Québec) Canada

La ligne de 100 ans

Le rocher très percé de Humà Design [Stéphanie Cardinal, designer, Olivier Laplante-Goulet, designer multidisciplinaire, Lorelei L’Affeter, artiste] et Vincent Lemay, architecte paysagiste — Montréal (Québec) Canada

Le rocher très percé

Les hélicoptères de Carson Isenor, paysagiste et Anna Thomas, étudiante en architecture de paysage — Vancouver (Colombie-Britannique) Canada

Les hélicoptères

Carousel de ISO [Nuala O’Donnell et Maxwell Schnutgen, stagiaires en architecture, Etienne Issa, designer d’architecture] — Vancouver (Colombie-Britannique) Canada

Carousel

Assemble de Katie Strang, paysagiste, Christine Dewancker, artiste et charpentier, Craig Van Ravens, designer d’architecture — Toronto (Ontario) Canada, a reçu une mention spéciale du jury et offrira un espace de jeu pour les visiteurs de tous âges — un assemblage sera requis!

Assemble

Ces nouvelles installations se joignent aux six playsages construits l’an dernier et qui ont eu la cote auprès des 10 000 enfants venus en famille, en camp de jour ou en visite scolaire. Au total, 25 jardins contemporains seront présentés à Grand-Métis. Le Festival international de jardins proposera également des installations extra-muros au Musée de la civilisation à Québec et sur la place De La Dauversière dans le Vieux-Montréal.

Le jury de l’édition 2018 était composé de Jonathan Cha, docteur en aménagement de l’espace et urbanisme, urbanologue et architecte paysagiste, membre agréé et vice-président de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ); Eda Holmes, directrice artistique et directrice générale, Centaur Theatre, Montréal; Patrick Pellerin, graphiste, Principal Studio, Montréal; François Leblanc, coordonnateur technique, Festival international de jardins et Alexander Reford, directeur, Festival international de jardins et Jardins de Métis.

L’appel de candidatures international a généré la réception de 148 projets soumis par plus de 700 architectes, paysagistes, designers et artistes en provenance de 27 pays. Les nouveaux projets ainsi que toutes les candidatures sont présentés en ligne sur le site Internet du Festival www.festivalinternationaldejardins.com.

À propos du Festival international de jardins 
Le Festival international de jardins est le plus important festival de jardins contemporains en Amérique du Nord. Depuis sa création en 2000, plus de 175 jardins différents ont été présentés in situ à Grand-Métis et dans des lieux extra-muros au Canada et à l’étranger. Présenté aux Jardins de Métis, dans la région touristique de la Gaspésie, le Festival se déroule sur un site adjacent aux jardins historiques, permettant d’établir un dialogue entre l’histoire et la modernité, entre conservation, tradition et innovation. L’événement propose chaque année des créations réalisées par quelque soixante-dix architectes, architectes paysagistes et concepteurs de divers horizons, dans un environnement naturel en bordure du fleuve Saint-Laurent. Le Festival international de jardins est présenté grâce au soutien financier de : Conseil des arts du Canada, Patrimoine canadien, Emploi-Été Canada, Conseil des arts et des lettres du Québec et Emploi-Québec.

À propos des Jardins de Métis
Lieu historique national du Canada et site patrimonial du Québec, les Jardins de Métis sont un arrêt incontournable pour tous ceux qui visitent la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. Espace culturel et destination touristique depuis plus de 55 ans, les Jardins de Métis demeurent l’un des lieux les plus achalandés de la région est du Québec et offrent aux visiteurs des expériences diversifiées qui sollicitent tous les sens. Situés au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Mitis, ils ont été conçus par Elsie Reford de 1926 à 1958 et figurent au palmarès des jardins nord-américains les plus réputés. Hydro-Québec est le commanditaire principal des Jardins de Métis depuis 1999.

Les Jardins de Métis seront ouverts tous les jours, du samedi 2 juin au dimanche 7 octobre 2018. En tout temps, l’admission est gratuite pour les enfants de 13 ans et moins. Visitez le jardinsdemetis.com pour en connaître davantage.