Eduardo Souto de Moura et la Suisse remportent les Golden Lions à la Biennale d’architecture de Venise

Eduardo Souto de Moura et la Suisse remportent les Golden Lions à la Biennale d’architecture de Venise

L’architecte portugais Eduardo Souto de Moura a reçu le Lion d’Or du meilleur projet présenté à la Biennale d’Architecture de Venise , tandis que la Suisse a été récompensée pour avoir organisé le meilleur pavillon. La cérémonie de remise des prix qui s’est déroulée le 26 mai 2018, au siège de la Biennale de Venise, a marqué le premier jour de l’événement, qui se poursuit jusqu’au 25 novembre 2018.

Souto de Moura a été nommé meilleur participant à Freespace, l’exposition dirigée par Yvonne Farrell et Shelley McNamara de Grafton Architects pour la 16e édition de la Biennale d’Architecture de Venise. Son projet Vo De Jour comprend deux photographies aériennes placées côte à côte, montrant le domaine de São Lourenço do Barrocal à Alentejo, au Portugal,une ancienne ferme que l’architecte a transformé en hôtel. Les deux images montrent le site avant et après les travaux. Les changements sont à peine perceptibles, révélant à quel point les interventions étaient à petite échelle.

Les juges ont déclaré que le positionnement des deux images « révèle la relation essentielle entre l’architecture, le temps et le lieu« .

© Francesco Galli

Des mentions spéciales ont également été données à deux autres participants au spectacle.

L’architecte indonésien Andra Matin a été félicité pour son projet Elevation, qui était contenu dans une structure tissée. À l’intérieur, il met en valeur l’architecture vernaculaire de l’archipel indonésien.

© Francesco Galli
© Francesco Galli

Les juges l’ont décrite comme «une installation sensible qui fournit un cadre de réflexion sur le matériau et la forme des structures vernaculaires traditionnelles».

L’autre récompense a été décernée à l’architecte Rahul Mehrotra de Mumbai, qui a utilisé trois projets pour mettre en valeur la diversité de la société en Inde. Selon les juges, ils « abordent les questions d’intimité et d’empathie, en diffusant doucement les frontières sociales et les hiérarchies ».

© Italo Rondinella

La Suisse a remporté le Lion d’or du meilleur participant national. Son exposition , intitulée Svizzera 240: House Tour, présente les accessoires fades couramment sélectionnés pour les logements neufs ou loués. Ceux-ci sont rétrécis ou élargis, comme Alice au pays des merveilles, pour attirer l’attention sur eux. Les juges ont apprécié cette « installation convaincante qui est à la fois agréable tout en s’attaquant aux problèmes critiques d’échelle dans l’espace domestique« .

© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Grande-Bretagne a également reçu une mention spéciale pour l’île, qui a vu Caruso St John construire une plate-forme en bois sur le toit du pavillon. Avant le Brexit, le but est de créer un «lieu de refuge et d’exil». Les juges ont dit que c’était « une proposition courageuse qui utilise la vacuité pour créer un espace libre pour les événements et l’appropriation informelle« .

© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Un Lion d’Argent a également été décerné aux jeunes participants les plus prometteurs : Jan de Vylder, Inge Vinck et Jo Taillieu de Belgique. Leur projet qui a examiné les moyens d’insérer de nouvelles structures à l’intérieur d’un ancien bâtiment. Il a été salué comme « un projet qui possède la confiance à laquelle la lenteur et l’attente permettent à l’architecture d’être ouverte à une activation future« .

© Andrea Avezzù
© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Palmarès du Concours BIM 2018 : un « Nouvel Air » pour Suresnes

Le 26 avril 2018 s’est tenue la cérémonie de remise de prix du Concours BIM 2018. Les convives, tous professionnels de la construction, ont été accueillis par Polantis et ses partenaires à la Halle Pajol (Paris 18ème) pour découvrir les lauréats de cette année très spéciale.

Pour cette 3 édition, Polantis s’est associé à la ville de Suresnes et à L’INS HEA (Institut National Supérieur de Formation et de Recherche pour l’Éducation des Jeunes Handicapés) afin de faire susciter une réflexion sur un trésor urbanistique des années 30 : l’École de Plein Air de Suresnes (classée Monument historique).
L’École de Plein Air devait faire l’objet d’une proposition de réaffectation. Les candidats –architectes et étudiants en architecture – devaient aussi concevoir la maquette numérique d’un collège de 500 élèves qui serait situé sur le terrain adjacent à l’école, en lieu et place de l’INS HEA (amené à déménager prochainement).
Les propositions des candidats ont été évaluées selon cinq critères. Le respect du programme et des attentes de la ville et de l’INS HEA (notamment l’accessibilité à toutes les personnes handicapées).
La qualité architecturale et l’intégration maîtrisée du projet dans le site. La méthodologie BIM devait être respectée et prouvée. Enfin, les produits des sponsors industriels du concours devaient être intégrés dans la maquette numérique.

1er prix pour le projet « Nouvel Air » de Marisol Declercq et Emmanuel Lara  
Marisol Declercq est étudiante en architecture à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Val de Seine, Emmanuel Lara est architecte. Finalistes malheureux des deux premières éditions, ils se hissent brillamment à la première place en 2018.

1er prix pour le projet « Nouvel Air » de Marisol Declercq et Emmanuel Lara
1er prix pour le projet « Nouvel Air » de Marisol Declercq et Emmanuel Lara

Les délibérations :
Instantanément renommé par les membres du jury le « projet environnemental », ce projet a provoqué l’enthousiasme. Il faut dire que le bâtiment ne laisse pas indifférent.

De la forme du projet : rectangle modeste et puissant parallèle à l’École de Plein Air, pensé pour créer un lien intime avec le site et un lien étroit avec la nature… jusqu’à l’attention portée au moindre… Tout s’explique, tout se justifie, tout est intelligent, organique… naturel. Un membre du jury parle du parfait équilibre entre rigueur et folie, d’une proposition « super poétique ». Un autre évoque « l’intelligence du geste, la singularité de l’intention, l’élégance de la proposition ».

Du côté de l’École de Plein Air, Suresnes explique : « Ce projet de réaffectation est à la mode… oui… mais il est aussi très pertinent ». La volonté d’Henri Sellier, maire de Suresnes de 1919 à 1941, de faire l’École un lieu privilégié pour le développement du bien-être et de la santé est respectée.
Enfin, last but not least, la maquette numérique est admirable : légère, complète, navigable. L’export de paramètres pour compléter le COBIe est impeccable. La maîtrise du BIM (Building Information Modeling), cette méthode de construction du futur, est parfaite.

2ème prix pour le projet « Le Collège Beaudouin & Lods / L’École de Plein Temps » de Jean-René Manon, Aurore Crouzet et Aurélien Ferry

2ème prix pour le projet « Le Collège Beaudouin & Lods / L’École de Plein Temps » de Jean-René Manon, Aurore Crouzet et Aurélien Ferry
2ème prix pour le projet « Le Collège Beaudouin & Lods / L’École de Plein Temps » de Jean-René Manon, Aurore Crouzet et Aurélien Ferry

Les délibérations :
A première vue, la façade de ce projet peut paraître « austère », la forme des bâtiments simpliste… mais en réalité … les candidats relèvent un pari audacieux : il s’agit d’un bâtiment contemporain de style moderne.

Le bâtiment est un hybride très intéressant sur le plan esthétique. Vert, épuré, minéral et puissant, en accord parfait avec l’École.

La pérennité du collège se retrouve aussi dans la réaffectation proposée : des logements et des activités pouvant générer du lien intergénérationnel et … des finances ! « Cela ouvre des perspectives pour la ville et pourrait faire revivre le site » précise Suresnes.

3ème prix pour le projet « EMA – École à Mobilité Augmentée » de Roberto Fioretti, Lorenzo Pede, Gianmarco Tancioni et Arianna Cavallo

3ème prix pour le projet « EMA – École à Mobilité Augmentée » de Roberto Fioretti, Lorenzo Pede, Gianmarco Tancioni et Arianna Cavallo
3ème prix pour le projet « EMA – École à Mobilité Augmentée » de Roberto Fioretti, Lorenzo Pede, Gianmarco Tancioni et Arianna Cavallo

Les délibérations :
Lorsque vient le tour de ce projet d’être observé… c’est d’abord le fouillis parmi les membres du jury… certains détails gênent l’œil…
Et puis le jury se replonge dans les notes d’intention et fait un zoom sur les planches – belles, mais dramatiques – …

On souligne que le projet « n’a pas peur du site actuel » : c’est la proposition qui s’intègre le mieux au site. On comprend aussi la grande ambition de l’équipe : créer une nouvelle perspective éducative, faisant de tout lieu, un lieu d’apprentissage…

Le jury est aussi particulièrement enthousiaste à la lecture de la notice d’accessibilité. « C’est une des équipes qui est allée le plus loin sur ce point-là, on voit que c’est très travaillé : l’accès pour les personnes handicapées est un point fort du projet ».

Côté BIM, c’est impeccable, le contrat est respecté.

En somme, il semble évident que ce projet est le fruit d’un grand investissement et d’un travail où rien n’a été laissé au hasard.

Composition du jury : Marie-Pierre Deguillaume, Directrice du MUS de Suresnes ; Didier Sadoine, chargé d’opérations pour l’INS HEA ; Pierre-Gilles Parra, Responsable de la prescription chez ISOBOX isolation ; Emmanuel di Giacomo, Responsable Europe Développement des écosystèmes BIM chez Autodesk ; Eddie Alix, Chef de Projet du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment ; Jérôme Bonnet, BIM Manager Groupe chez AIA associés ; Jacques Lévy-Bencheton, Vice-Président SIGHTLINE GROUP et Architecte Associé de Brunet Saunier Architecture ; Fabrice Lagarde et Vladimir Doray, Architectes associés chez WRA ; Kévin Bailly, Lauréat du 2ème prix du Concours BIM 2017 et Itaï Cellier, Architecte, Fondateur et PDG de Polantis.

La Fondation Wilmotte récompense les lauréats du Prix W 2018 pour la réhabilitation du Fort de Villers en une fabrique sportive

Depuis 12 ans, la Fondation Wilmotte favorise la rencontre du patrimoine et de la création contemporaine à travers l’organisation du Prix W. Pour sa huitième édition, les participants, étudiants ou diplômés d’écoles d’architecture européennes ou suisses, étaient invités à redonner vie au Fort de Villiers, dans la petite couronne parisienne, dans le but d’en faire un lieu ouvert, propice à la rencontre et à la promenade, et porteur d’un programme culturel et sportif dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024. Les candidats étaient tenus de respecter certaines contraintes pour proposer un projet à la hauteur du site et de ses ambitions futures. Le concours d’idées a séduit pas moins de 132 participants et après examens des 80 projets soumis, le jury a choisi trois projets lauréats et en a mentionné cinq autres. Une exposition se tiendra à la galerie de la Fondation à Venise, dans le cadre de la Biennale internationale d’architecture.

Le contexte

Le Fort de Villiers est situé dans la petite couronne de Paris, sur la commune de Noisy-le-Grand à 1 km au sud de son centre ville. Bordé par l’autoroute A4, son environnement proche est constitué d’équipements municipaux et sportifs, d’un ensemble résidentiel. Erigé sur un terrain de 4 hectares, cet ouvrage a été conçu pour protéger Paris, par le Général Séré de Rivières de 1878 à1880.  Propriété du Ministère de la Défense, il abrite à l’origine un casernement militaire. Du centre d’hébergement au lieu d’accueil des associations sportives, le Fort a connu de multiples usages.

Le programme

Le Fort de Villiers de demain sera résolument tourné vers l’avenir dans toutes ses dimensions. Cette « fabrique sportive » d’une surface pourra accueillir festivals et manifestations éphémères se traduisant comme :

-un lieu de rencontre ouvert au public, support global pour les rencontres, les échanges et les évènements sportifs et culturels.

– un centre dédié à l’innovation, au sport et à la culture. Cette enceinte accueillera activités sportives et culturelles qui inventent, innovent et accompagnent l’émergence de nouveaux usages, de nouveaux projets ainsi qu’une programmation évènementielle liée aux Jeux Olympiques de 2024 contribuant au rayonnement du Grand Paris.

– un poumon vert, révélant le potentiel paysager du site, afin d’en faire un véritable lieu de promenade, de découverte et de détente : parcours sportifs, aires de jeux, agriculture urbaine, jardins familiaux, parc de sculptures, etc.

Les étudiants et jeunes diplômés ont rendu leurs projets le18 avril, le jury s’est réuni le 24 avril 2018 pour élire les gagnants et mentionnés de l’édition 2018 du Prix W.

Les membres du jury et la présidence de la Fondation Wilmotte, de gauche à droite :

Mme Brigitte MARSIGNY, Maire de Noisy-le-Grand, Présidente du jury / Mme Pascale COTTE-MORRETON, Maire Adjointe déléguée au patrimoine / (M. Jean-Michel WILMOTTE, Architecte, Président de la Fondation Wilmotte – hors jury) / Mme Pauline POLGAR, Journaliste – Batiactu / Mme Anne DEMIANS, Architecte / M. Andrea BRUNO, Architecte / Mme Marie-Douce ALBERT, Journaliste – Le Moniteur / M. Julien ROUSSEAU, Architecte / Mme Saadia TAMELIKECHT, AUCE ABF, cheffe du service territorial de l’architecture et du patrimoine de Seine-Saint-Denis / (Mme Borina ANDRIEU, Directrice de la Fondation Wilmotte – hors jury) / M. Patrick COTTE, Président de l’Association de sauvegarde du Fort de Villiers / M. Olivier BROCHET, Architecte

Lauréats :

1er prix : projet «  Casus Belli » – Clément Raimbault, 26 ans, et Enguerran Willaume-Real, 24 ans, tous deux Français et diplômés de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Nancy. Ils seront récompensés par un prix de 7 000 €.

2e prix : projet « E-Fort » – Arnaud Jouanchicot, 27 ans, Français, diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse. Il recevra un prix de 5 000 €.

3e prix : Projet « O » – Andrei Ionita, 27 ans, et Ioana Penescu, 27 ans. De nationalité roumaine, ils sont diplômés de l’University of architecture and urbanism Ion Mincu de Bucarest. Ils recevront un prix de 2 000 €.

Mentions :

Projet « Le Fort » – Margaux Bitton, 25 ans, Française, diplômée de l’Ecole spéciale d’architecture de Paris, et Daphné Zanzen, 26 ans, Belge, diplômée de l’Université de Liège.

Projet « Au-delà de la colline » – Emanuele Piersanti, 28 ans, Italien, diplômé de l’Università degli studi Gabriele D’Annunzio, à Pescara, et Romain Alies, 25 ans, Français, diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux.

Projet « Double host » – Petar Petricevic, 25 ans, Bosniaque, et Ksenia Chernobrovtseva, 26 ans, Russe, tous deux diplômés de la Hochschule Anhalt – University of applied sciences de Berlin.

Projet « Un fort data ville » – Clément Besnault, 28 ans, et Chloé Coffre, 24 ans, tous deux Français et diplômés de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-La villette.

Projet « La fabrique des champions » – Jeanne Chaley, 25 ans, Française, diplômée de l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Val de Seine.

Diller Scofidio + Renfro : l’architecte Elizabeth Diller nommée dans la liste des 100 personnes les plus influentes par le magazine Time

L’architecte Elizabeth Diller, l’une des quatre partenaires du studio Diller Scofidio + Renfro, avec Ricardo Scofidio, Benjamin Gilmartin et Charles Renfro, a été une fois de plus nommée parmi les personnalités les plus influentes du TIME en 2018. La liste annuelle du Time Magazine récompense les réalisations d’artistes, de leaders, de militants, d’entrepreneurs et d’athlètes exemplaires. Elizabeth Diller a été nommé dans la catégorie des « Titans », avec Roger Federer, Oprah Winfrey, Jeff Bezos, Elon Musk et Kevin Durant.

Elizabeth Diller, 63 ans, et Ricardo Scofidio, ont été conjointement nommés dans la célèbre liste du Time Magazine en 2009, l’année même où l’entreprise a achevé la première phase du célèbre parc High Line à New York.

Cette année en plus d’avoir été honorée comme « Titans », Elizabeth Diller est la seule représentante de sa profession. L’architecte britannique, David Adjaye, était le seul architecte sur la liste l’année dernière, avec le fondateur de BIG Bjarke Ingels en vedette en 2016 . Parmi les autres lauréats de cette année, mentionnons Shinzo Abe, Justin Trudeau, Xi Jinping et Jimmy Kimmel. 

« Le TIME 100 est une liste d’hommes et de femmes les plus influents du monde, pas des plus puissants, bien que ces termes ne soient pas mutuellement exclusifs … S’il y a un thème commun dans beaucoup d’hommages, c’est l’envie de voir quel ingénieur, acteur, leader ou athlète fera l’affaire suivante. Autant que cet exercice relate les réalisations de l’année écoulée, nous nous concentrons également sur les chiffres dont l’influence est susceptible de croître, afin que nous puissions regarder autour de nous pour voir ce qui va arriver» , déclare l’éditrice du Time, Nancy Gibbs.

The High Line

Le philanthrope Eli Broad qualifie Diller de «visionnaire» qui peut «transformer une métaphore en brique et en mortier». Il loue les qualités architecturales du Broad Museum à Los Angeles et les capacités de «Liz» à concevoir une superposition poreuse blanche emblématique qui n’entrerait pas en conflit avec le Disney Hall de Frank Gehry  dans la même rue. Il ajoute:

«Peut-être parce qu’elle est une femme dans un domaine dominé par les hommes, ou parce qu’elle était à l’origine une artiste conceptuelle – avec son partenaire dans l’art, l’architecture et la vie, Ric Scofidio – mais quelle que soit la raison. Elle peut faire l’impossible.»

The Broad

Fondé en 1981, Diller Scofidio + Renfro est derrière un certain nombre de bâtiments importants aux États-Unis, comme l’agrandissement du Museum of Modern Art de New York . Cette année, un autre projet de l’agence : le Zaryadye Park à Moscou, a également été reconnu comme le meilleur projet d’architecture publique dans le monde par les prix BOTY . 

D’autres projets remarquables du studio ont été largement plébiscités comme le Musée Olympique et le Temple de la renommée des États – Unis, le Centre d’éducation Roy et Diana Vagelos de l’Université Columbia, le Musée d’art de l’UC Berkeley et les archives cinématographiques du Pacifique, le Centre des arts créatifs de l’Université Brown, le Musée de l’image et du son [MIS] à Rio de Janeiro et le premier campus d’outre-mer de Juliard en Chine.

Pool Design Awards : A la découverte des vainqueurs 2016

Pool Design Awards : A la découverte des vainqueurs 2016

La piscine est devenue un équipement à forte valeur ajoutée pour un projet immobilier, tant pour des constructions résidentielles, que des projets publics (piscine municipale) ou encore les hôtels / centres de loisirs/ campings…

C’est pour mettre en avant la créativité et la technicité dont font preuve les architectes lors de la réalisation de piscines d’exception que le concours Pool Design Awards a été créé, dans le cadre du salon Piscine Global Europe, évènement professionnel référent de la filière avec 596 exposants et près de 18 000 visiteurs en 2016.

Découvrez les projets gagnants de l’édition 2016. Lire plus

SMAR Architecture Studio lauréat du concours de design « Science Island »

SMAR Architecture Studio lauréat du concours de design « Science Island »

Suite à l’appel à projet visant à concevoir le nouveau Centre national des sciences et de l’innovation de la Lituanie, connu sous le nom de «Science Island», la  municipalité de Kaunas a annoncé que SMAR Architecture Studio était le grand gagnant de cette  compétition internationale de design ayant attirée 144 équipes de 44 pays.

© SMAR Architecture Studio

Fernando Jerez, fondateur et directeur créatif de l’agence SMAR Architecture Studio , fait référence au paysage existant de ce site unique, au coeur de la ville, comme étant le moteur de la conception, «surmontée d’un disque supérieur incliné et réfléchissant». Le projet d’une valeur de 25 millions d’euros, tout près du quartier historique de Centras, sera un vecteur de développement et de croissance pour Kaunas.

© SMAR Architecture Studio

«Ce sera un nouveau soleil pour Kaunas , preuve que la science est toujours éveillée et à la recherche de nouvelles réponses », affirme Fernando Jerez.

© SMAR Architecture Studio

Le directeur du concours et président du jury Malcolm Reading a déclaré à propos du projet: «Science Island a les ingrédients pour être un succès international majeur: un projet bien conçu, un client très engagé et une équipe de conception exceptionnelle».

© SMAR Architecture Studio

La phase de conception détaillée devrait être terminée d’ici début 2019, et le centre devrait ouvrir ses portes en 2021, juste avant le mandat de Kaunas en tant que Capitale européenne de la culture 2022.

L’architecte indien Balkrishna Vithaldas Doshi reçoit le Pritzker Prize 2018

Balkrishna Vithaldas Doshi, architecte indien âgé de 90 ans, a reçu hier le Pritzker Price 2018, grâce à « une architecture sérieuse, jamais tape à l’œil et se moquant des modes ». Retour sur le parcours d’un architecte qui a, depuis toujours, tenté d’associer le modernisme occidentale à la culture indienne.

« la vie est célébrée lorsque modes de vie et architecture fusionnent ».
Balkrishna Vithaldas Doshi, 2018

 

Né le 26 août 1927 à Pune, en Inde, Balkrishna Vithaldas Doshi grandit dans une famille qui travaille dans le milieu de l’industrie du meuble. Jeune enfant, ces professeurs et son entourage remarquent chez lui un sens de l’esthétique et des capacités créatives frappantes. C’est un enseignant du lycée qui le pousse à postuler à la l’Ecole d’Architecture de Bombay, qu’il intègre en 1947. Année de l’indépendance de l’Inde, cet événement le marquera. Il poursuite ses études à l’Université Polytechnique de Londres en 1951.

Balkrishna_Doshi__courtesy_of_VSF
courtesy_of_VSF

En Europe, il travaillera durant 3 ans dans l’atelier de Le Corbusier. Il en est d’ailleurs le dernier collaborateur. Il participe activement aux suivis de chantiers, jusqu’à retourner en Inde pour l’agence, afin de coordonner la réalisation du Palais des Filateurs à Ahmedabad. Plus tard, il s’y installe et ouvre son agence avec deux autres architectes. Il travaillera avec Louis Kahn et Anant Raje, pour la commande d’un nouveau campus universitaire à Ahmedabad.

Travailler avec et pour les étudiants, Balkrishna Vithaldas Doshi aime ça. Ses compétences de pédagogue l’aide à accompagner les étudiants de l’école d’architecture d’Ahmedabad qu’il crée en 1962. Il voit cette école comme un « sanctuaire de la culture » où les « moyens institutionnels, les recherches (…) seront toujours importants ». Il est aussi le fondateur du Centre for Environmental Planning & Technology, dont il dessinera les locaux. Ces qualités d’orateur le mènent à faire de nombreuses conférences à travers le monde, afin de rendre l’architecture au grand public, puisque celle ci est, de toute les manières, le premier intéressé quand il s’agit de la construire.

Balkrishna_Doshi__courtesy_of_VSF (1)
courtesy_of_VSF

 

Dans son travail et ses réalisations, l’influence du mouvement moderne, qu’il côtoie lors de son périple en Europe au près de Le Corbusier, se fait sentir. Cependant, Balkrishna Vithaldas Doshi a toujours voulu faire transparaître les traits de la culture indienne qui lui ai si chère. Il tisse des liens entre ses souvenirs d’enfance et ses influences spirituelles indiennes, et son intérêt pour l’architecture occidentale. Dans ses projets, il donne une importance primordiale à l’environnement et au cadre dans lequel s’insère son architecture. Le jury du Pritzker Price 2018 fera remarquer son engagement pour une architecture durable.

 

Balkrishna_Doshi__courtesy_of_VSF (2)
courtesy_of_VSF

Cours intérieure de la bibliothèque de l’Institut indien de management d’Ahmedabad, inspirée des temples hindous.

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courtesy_of_VSF

Ensemble de logements dans les quartiers de Ahmenabad 

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courtesy_of_VSF

Life Insurance Corporation 

 

Reconnu pour son travail, Balkrishna Vithaldas Doshi est membre de différents jurys, et a reçu plusieurs prix qui sanctionnent la qualité de son architecture. Il a participé au jury de l’Aga Khan Award for Architecture, qu’il remporte d’ailleurs en 1996, il a également été jury du Pritzker Price de 2005 à 2007.  Cette même année, il reçoit le Global Award for Lifetime Achievement for Sustainable Architecture, de la part de l’Institut Français d’Architecture, puis est fait Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France en 2011. Il reçoit de nombreux autres prix et distinctions, à travers le monde entier, qui mettent toutes en valeur le travail d’un architecte qui souhaite travailler au plus proche des habitants et de la nature, afin de créer une architecture contemporaine durable.

Anne Vanrapenbusch

La Chapelle Corneille, prix de la Reconversion Patrimoniale 2018

Rouen, la ville aux cents clochers. C’est à s’y perdre et à s’en mélanger les pinceaux, tant le nombre d’églises dans cette ville Normande est impressionnant. Encore en usage, ou désaffectées, certaines attendent patiemment qu’on leur donne un nouvel essor. Depuis 2016, c’est chose faite pour la Chapelle Corneille, devenue Auditorium de Région, sous les coups de crayons de l’atelier d’architecture King Kong, qui vient de recevoir le Prix de la reconversion Patrimoniale 2018 pour cette réalisation.

Un patrimoine à valoriser !

Au XVIIe siècle, on construit de nombreux édifices religieux dans la ville : monastères et couvents, églises et chapelles… C’est l’époque de l’art gothique, qui caractérisent de nombreuses édifices religieux rouennais. Parmi eux, la chapelle dite Corneille, réalisée par l’architecte François Derand, ne sera construite qu’en partie, faute d’espace et de moyen.  Elle sera tout de même construite, avec ses voûtes en croisés d’ogives, de gros contreforts à l’intérieur, qui reprennent les forces exercées par le volume. Manquent à l’appel les chapelles latérales à l’avant du bâtiment.

En 2004, la Région Normandie annonce sa restauration qui durera près de 11 ans ! Elle lance également un appel à projet, afin de réaliser une nouvelle salle de concert dans ce lieu atypique. Un changement de programme et une réhabilitation, qui n’a pas fait peur aux 5 équipes d’architectes qui avaient soumis leurs idées au jury de la Région.

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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier
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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

La chapelle devenue lieu culturel

L’absence des chapelles latérales de la chapelle ont finalement permis de travailler un espace public au devant du bâtiment, et sur ses côtés. L’emmarchement redonne à la chapelle un parvis, et la met ainsi en valeur dans le tissu urbain dense de la ville de Rouen. Le dénivelé existant entre la route et le sol de l’édifice a été utilisé afin d’y glisser les espaces d’accueil au public. On entre ainsi par le sous-sol, afin de monter, petit à petit, dans une architecture baignée de lumière. L’auditorium de 600 sièges prend place au coeur de la chapelle, dont les principales caractéristiques ont été conservées. La réhabilitation de ce monument historique lui attribue une seconde vie, et le donne à voir au public.

AAKingKong-Rouen-chapelle-Corneille-Région-Normandie-Auditorium
Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier
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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

L’impressionnant lustre de 6,5 mètres, placé stratégiquement à la croisée de la nef et du transept, valorise à la fois la verticalité de l’espace, mais permet aussi d’ajuster les qualités sonores du bâtiment. Grâce à une lentille convexe, située au coeur de l’ouvrage, le son se répercute et se dirige vers les artistes et le public.

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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier
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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

Quand le contemporain se mêle au patrimoine

Inscrire un projet contemporain, dans un édifice du patrimoine, qui plus est classé, n’a pas été chose aisée pour l’atelier d’architecture King Kong. C’est le soucis du détail qui a permis à l’édifice de conserver sa signature historique, tout en étant emprunt de contemporanéité.  Un peu plus de deux ans après son ouverture au public en 2016, et malgré l’avis divergeant des aficionados de musique baroque, l’architecture du lieu est valorisée, et l’auditorium de la Chapelle Corneille est aujourd’hui à nouveau primé par le Palmarès d’Architecture et d’Aménagement de la Seine-Maritime et reçoit le prix de la reconversion Patrimoniale 2018.

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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

 

Anne Vanrapenbusch

Les lauréats de la 6e édition du Trophée Béton école

Les lauréats de la 6e édition du Trophée Béton école

La cérémonie de remise des prix de la 6ème édition du Trophée Béton école* s’est déroulée jeudi 11 janvier 2018, à la Maison de l’architecture en Ile-de-France. Le jury, présidé par Christian Dautel, architecte et directeur de l’école d’architecture de Nantes, a désigné 4 projets lauréats parmi 10 nominés.

Les 10 projets nominés seront exposés, du 12 janvier au 1er février 2018, à la maison de l’architecture en Ile-de-France.

 

  • 1er prix : Jérémy Delhostal / « L’école de la ville » / Braga (Portugal) INSA Strasbourg, sous la direction de Hugues Klein

Un équipement scolaire s’insère dans l’ancien palais épiscopal de Braga au Portugal. Le béton blanc, teinté dans la masse, contraste avec le granit du cadre patrimonial.

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  • 2ème prix : Pierre Condé / « Expressivité du logement collectif » / Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ENSA Versailles, sous la direction de Guillaume Ramillien

Hommage au matériau des grands ensembles, un bâtiment neuf en structure béton complète la Cité des 4 tours au Blanc-Mesnil. Les éléments de second-œuvre sont démontables et modifiables et le mobilier est intégré aux cloisons

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  • 3ème prix : Alexandre Puech / « De la transformation de l’autoroute du soleil » / Marseille (Bouches-du-Rhône) ENSA Strasbourg, sous la direction de Dominique Coulon

À Marseille, l’étudiant imagine un renouvellement urbain à vocation sociale, en remaniant l’autoroute du soleil qui traverse le centre de la ville, sur plusieurs séquences : promenade piétonne, piscine, édifices culturels, logements… Le béton utilisé est issu du concassage et du broyage des tronçons d’autoroute détruits.

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  • 4ème prix : Eric Raoult, Johanna Leserre et Louis Remy / Habiter sur-mesure /Lille (Nord-pas-Calais) ENSAP Lille, sous la direction d’Adrien de Bellaigue

Ce projet de relogement temporaire expérimental associe béton coulé en place et béton imprimable 3D. Les alvéoles habitables seront aisément recyclées car l’absence de ferraillage dans le béton imprimé favorise une perspective circulaire en réintégrant dans des éléments neufs les matériaux issus d’anciennes alvéoles.

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*Organisé depuis 2012 par Bétocib, le Centre d’information sur le ciment et ses applications (CIMbéton) et la Fondation École Française du béton

Jury : Christian Dautel, architecte et directeur de l’école d’architecture de Nantes / Agnès Vince, directrice chargée de l’architecture, adjointe au directeur général des patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication / Nathalie Choplain, architecte et urbaniste de l’État, ministère de la Culture et de la Communication / Dominique Boré, présidente de la maison de l’architecture en Île-de-France / Gilles Davoine, rédacteur en chef de la revue AMC  / Alain Bertrand, maître d’ouvrage / Paul Chemetov, architecte / Pascale Dalix, architecte / Jean-Gilles Decosterd, architecte / Pascal Dupont, consultant béton / Alain Le Houedec, architecte / Jean Mas, architecte / Giulia Mazza, architecte, 1er prix de la 5ème édition du Trophée Béton école

 

 

 

Pierre Veltz, Grand prix de l’urbanisme 2017

Pierre Veltz, Grand prix de l’urbanisme 2017

Ouvert à la multitude des acteurs de l’aménagement urbain, qu’ils soient architectes, paysagistes, urbanistes, maitres d’ouvrage, chercheurs ou autre, le Grand prix d’urbanisme a été attribué cette année à Pierre Veltz. Il succède à Ariella Masboungi, créatrice du prix avant d’être la récipiendaire de son millesime 2016. Polytechnicien, ingénieur des Ponts et chaussées et directeur de diverses institutions d’enseignement et de recherche (Ponts-et-Chaussées, Ihedate), Pierre Veltz se décrit comme une personnalité aimant combiner l’action à la réflexion, voulant éviter la figure surplombante du chercheur tout en pouvant prendre le recul qui risque souvent de manquer aux opérationnels. Une double compétence qu’il lui a été donnée d’exercer sur le projet d’aménagement de Saclay, dont il prend la tête en 2010 après un passage comme responsable de la mission d’étude du Grand paris au coté de Christian Blanc. La mention de ce dernier aménagement a de quoi faire tiquer, tant on doute, avec d’autres, de l’exceptionnel caractère urbain du « cluster » de Saclay, « projet ex-nihilo inventé par Sarkozy consistant à créer dans un endroit improbable de la périphérie parisienne, sur de belles terres agricoles sacrifiées, une Silicon Valley grandiose (1) ». Une description que l’ouvrage accompagnant le prix reprend à son compte pour en dénoncer le caractère tronqué. Rappelant la présence de nombreux éléments construits et institutions sur ce plateau que l’on pense à tort vide, Veltz affirme avoir cherché à mettre en place à Saclay un projet « activant les synergies entre tous les acteurs » par la combinaison de  « trois volets intimement liés : le volet universitaire, économique et « urbain » » .
Au coté de Pierre Veltz, le jury a nominé le géographe Jacques Lévy, l’architecte Philippe Madec et le paysagiste Alfred Peter.
(1) Citation de l’ouvrage qui accompagne chaque année l’attribution du prix : Villes et territoires en diagonale, Pierre Veltz, Grand Prix de l’urbanisme 2017, Ariella Masboungi (dir.), Parenthèses, Marseille.
Repères biographiques
1945 – Naissance à Phalsbourg, Moselle
1969 – ingénieur du corps des Ponts
1970 – S’occupe de la mise en place de documents d’urbanisme à la DDE Nord 1
1974-1978 – Mène des études de planification urbaine pour le compte de la SCET (société centrale pour l’équipement du territoire, aujourd’hui filiale de la caisse des dépôts)
1984-1988 – Directeur de la recherche à l’école des Ponts, et création du LATTS (laboratoire techniques, territoire et société)
années 90 – Au LATTS, recherches-actions dans l’industrie
1999-2004 – Directeur de l’école des Ponts
2005-2008 – Directeur de l’IHEDATE (Institut des hautes études de développement et d’aménagement des territoires en Europe)
2008-2009 – Directeur de la mission d’étude du grand Paris
2009-2015 – Délégué ministériel pour le développement du cluster du plateau de Saclay, puis président-directeur général de l’établissement public Paris-Saclay.
2017 – Préside le jury Europan 2017
Repères bibliographiques
Des territoires pour apprendre et innover, L’Aube, 1994
Mondialisation, villes et territoires. L’économie d’archipel, PUF, 1996
Des lieux et des liens : essai sur les politiques du territoire à l’heure de la mondialisation, L’Aube, 2002
La société hyper-industrielle, le nouveau capitalisme productif, Seuil, 2017