Remise du prix des femmes architectes 2017 : 8 personnalités à l’honneur

Le 11 décembre 2017, l’ARVHA (Association pour la recherche sur la ville et l’habitat) dirigée par Catherine Guyot, a présenté au Pavillon de l’Arsenal à Paris le palmarès du « Prix des femmes architectes 2017 » 5ème édition. Cette distinction bénéficie du soutien de différentes institutions comme le ministère de la Culture, la Ville de Paris, le Conseil National de l’Ordre des Architectes et le Pavillon. Ce prix a pour but de mettre en valeur les œuvres et les carrières de femmes architectes et d’encourager la parité dans une profession à forte dominante masculine. Un jury international* exclusivement féminin et présidé par l’architecte Eva Alvarez, a eu pour mission d’étudier 820 projets déposés et le parcours des 280 femmes architectes candidates. Quatre prix ont été attribués, ainsi que trois mentions spéciales soit 5 distinctions supplémentaires par rapport à l’an dernier. De quoi ravir plus de femmes architectes, ou banaliser cette distinction. 

Le prix de la Femme Architecte est attribué à Sophie Berthelier, cofondatrice avec Benoît Tribouillet de l’agence SBBT Architecture. L’architecte se dit sensible à la matière, s’intéressant à des matériaux alors peu usités, qu’elle cherche à employer en effaçant la technique pour souligner leur poésie. 5 projets ont été mis en lumière lors du prix, notamment le macro lot à Bordeaux Euratlantique pour la société Clairsienne, récemment remporté. Les architectes ont établi un canevas commun où tramage horizontal et vertical en dessine les composantes. Ainsi, ils travaillent sur des programmes interchangeables, abordant les questions de mutabilité et de pièce en plus, le tout sous des panneaux blancs et autres matériaux réfléchissants. La mention spéciale récompense Dominique Marrec, associée d’Emmanuel Combarel (un homme) au sein de l’agence ECDM. 

Le prix de l’Œuvre originale est décerné à Cécile Mescam pour la Maison du recueillement du cimetière de Dinan. Fondatrice de l’agence Onzième étage, elle prône le potentiel du déjà-là, ce qui se retrouve dans ce projet construit le long du mur du cimetière, entre pierre et bois, verre et métaux, public et intime, dedans et dehors, vie et mort.

Le prix Jeune femme architecte, destinée aux femmes de moins de 40 ans, est attribué à un duo : Axelle Acchiardo et Linda Gilardone cofondatrice de l’agence LA Architectures. Après avoir mené des carrières séparément à Paris et à l’étranger, elles nourrissent aujourd’hui leurs travaux de leurs parcours respectifs. 5 projets ont été primés, dont le Site de Boissières à Montreuil qui avait déjà reçu le prix de la première œuvre en 2014. Dans un îlot urbain aux volumes bâtis variés et hétérogènes, deux corps de bâtiments en R+2 de part et d’autre d’une faille mettent en relation la rue et l’intérieur de l’îlot, tout en assurant des transitions de l’un à l’autre par des passerelles. Une mention spéciale est décernée à Marie Blanckaert, agence BLAU. 

Le prix International récompense Carme Pinós, architecte espagnole qui a fondé son agence en 1991, après avoir été associée d’Enric Miralles, et enseigne dans de nombreuses universités. Distinguée elle aussi pour cinq de ses projets, dont le plus emblématique semble la Tour Cube de Guadalajara (Mexique). À la contrainte de construire un seul bâtiment sur une surface au sol restreinte, mais une hauteur illimitée, elle répond par une masse orthogonale en suspension, supportée par trois colonnes, trois nœuds concrets contenant services et circulations. En 2011, elle avait remporté la consultation Saint-Dizier 2020, définissant le plan urbain de la cité bragarde à l’horizon de la décennie. Une mention spéciale est attribuée à l’architecte sud-africaine Carin Smuts._Amélie Luquain

 

* Le jury était composé de représentants de l’Ordre des Architectes Français, Béatrice AUXENT ex-présidente et conseillère du CROA Haut de France, les lauréates du Prix 2016, Véronique JOFFRE, Ingrid TAILLANDIER, Tania CONCKO, Amelia TAVELLA, et Silja TILLNER architecte autrichienne membre fondatrice du Women in Architecture de Vienne, Fulvia FAGGOTO architecte italienne membre fondatrice de l’Association Donne Architetto, la Présidente du Jury, Eva ALVAREZ, architecte espagnole professeur à l’université polytechnique de Valence et de Catherine GUYOT directrice de l’ARVHA. 

Crédits photos : ©Charly Broyez / ©S.Chalmeau

 

Des diplômes d’Ile-de-France récompensés par la Maison de l’Architecture

La maison de l’architecture en Ile-de-France valorise le travail réalisé dans les écoles au travers d’un nouveau prix, décerné à des diplômes et mémoires réalisés dans des écoles d’architecture parisiennes. Parmi les 84 diplômes et 42 mémoires, ont été distingués respectivement 13 et 6 travaux. Gilles Delalex, co-fondateur de l’agence MUOTO (équerre d’argent 2016) est le parrain de cette première édition. Exposés jusqu’au 20 décembre, les projets sont regroupés sous la thématique Horizons lointains.

 

Félix Borel et Joseph Vincent, dir. François Chochon, ENSA Versailles

Face à l’essor des philharmonies disposées dans des villes à la recherche d’images attractives, la Philharmonie Phoenix est itinérante, fugitive, tractée sur l’eau

Félix Chameroy et Clara Chotil, dir. Nicolas Leduc, Jean-Aimé Shu, Frank Minnaërt. ENSA Paris-Malaquais

Un pavillon gonflable globalement modifiable

Mathilde Cornu, dir. Sébastien Chabbert et Stéphane Bonzani. ESA

La ville martyre d’Alep laisse derrière elle les décombres d’un habité qui n’a plus lieu. L’enjeu : recoudre le tissu social en réintroduisant des lieux primordiaux à la quotidienneté

Ulysse Daufresne et Jean Renaud et Romuald Fontaine, dir. Dominique Brard. ENSA Paris Val de Seine

Trois projets architecturaux aux programmes hybrides pour une ville adaptable et productive

Estelle Desallais, dir. Luca Merlini et Orfna Fatigato. ENSA Paris-Malaquais

Partant de l’hypothèse que la limite étatique est un espace contenant des strates programmatiques et des substances spatiales, l’épreuve de la traversée devient une distance intermédiaire pouvant être matérialisée à travers l’architecture.

Lina Jaïdi, dir. Luca Merlini et Léa Mosconi. ENSA Paris-Malaquais

Un déversoir de crue cohabite avec une bibliothèque de recherche

Julien Lafontaine, dir. Pierre David et Marc Armengaud. ENSA Paris Malaquais

Le projet propose dans un territoire de la répétition, périphérie de Clermont-Ferrand, un territoire qui pense un théâtre et un théâtre qui panse le territoire – variations de tragédies automatiques

David Lambert, dir. Marc Iseppi et Stéphane Degoutin. ENS Arts Décoratifs

Dans un pays inondé par l’eau salée, les bangladeshis construisent un nouveau sol dur et stable avec le sel prelevé en mer. Le chlorure de sodium présent dans l’eau passe d’un état liquide désordonné à un état rigide ordonné.

Alice Loumeau, dir. Luca Merlini & Mathieu Mercuriali. ENSA Paris-Malaquais

Dans le Sahara, est questionné le système de gestion de l’eau tout en explorant un choc des vitesses entre la lenteur du pas du dromadaire et la rapidité des voitures de courses

Antoine Maréchal et Neïla Saidi, dir. David Mangin & Rémi Ferrand. ENSA Marne-la-Vallée

Dans la perspective d’un meilleur partage des infrastructures dans un monde post-carbone, un rééquilibrage des implantations logistiques s’impose – programme d’immobilier logistique

Gabriel Vuillemin et Thomas Roger, dir. Luca Merlini. ENSA Paris-Malaquais

Une course-poursuite entre l’observé et l’observateur, entre la nudité visible et la nudité cachée, entre les parcours du quotidien et ceux de l’autre côté du miroir

Raphaël Saillard et Bernard Touzet, dir. Catherine Rannou et Alain Guiheux. ENSA Paris Val de Seine

Un guide pour comprendre l’espace urbain de la périphérie de Paris Intramuros

Solenne Plet-Servant, dir. F. Brugel, S.Guével, M.Dujon, P. De Jean, B. Azimi. ENSA Paris-Belleville

Réactivation d’une dalle à Thamesmead (Londres) versus tabula rasa

 

 

Avec la présentation des mémoires

Carmen Maurice, En quête d’école, ENSAPVS

Armelle Breuil, Psychotropes et architecture, ENSAPVS

Delphine Lewandowski, L’insecte, habitant de l’architecture, présence incontrôlée ou anticipée, ENSAPM

Edouard Fizelier, High Rise, la tour d’habitation en Angleterre d’après l’œuvre  ctive de J.G. Ballard, ENSAPB

Francelle Cane, Learning from Tirana, ENSAV

Aurélie Reuther, Une architecture de l’expiation, ENSAPV

 

Jury du PFE : Frédéric Bonnet, Philippe Simon, Pierre Paulot, Emmanuelle Borne, Jacques Franck Degioanni, Henri Bony, Fabienne Ponsolle, Thomas Corbasson, Simon Bauchet, Anne Pellissier, Julie André Garguillo, Lucie Morand, Ludovic Boesp ug, Nicolas Dorval Bory, Margotte Lamouroux, Luca Merlini, Bénédicte Lorenzetto.

Jury du mémoire : Bérénice Gaussuin, Margaux Darrieus, Georgi Stanishev, Mathias Rollot

 

Scénographie : Superdetail

 

BOM, HAME, FUSO & co remporte le concours EDF Bas Carbone 2017

BOM, HAME, FUSO & co remporte le concours EDF Bas Carbone 2017

L’équipe pluridisciplinaire composée de BOM Architecture, HAME et Atelier FUSO (en collaboration avec LS2, paysage / Ingérop / ECIC / Atelier Colin & Poli Paysages / Inprozess / Fanny Leglise, architecte, auteur / Jean-Philippe Bretin, designer graphique), a reçu le « Trophée Bas Carbone EDF » pour son projet « Palun 15%, Paysages, énergies, humanités en 2050 ». L’équipe a été dévoilée lauréate de la 8ème édition du Concours EDF Bas Carbone le 22 septembre à la base sous-marine de Bordeaux.

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Les quatre projets finalistes de cette session 2016/2017 (Axionomia, De la cathédrale carbone au bocage urbain, Le Trait), sont exposés jusqu’au 15 octobre à la base sous-marine de Bordeaux, dans le cadre de l’exposition « Bordeaux Respire ». Un aperçu des projets sur notre site : Concours Bas Carbone EDF : 4 équipes en lice

 

 

 

 

Rafael Moneo reçoit le Praemium Imperiale 2017

Rafael Moneo reçoit le Praemium Imperiale 2017

L’annonce des lauréats de la 29e édition du prestigieux Praemium Imperiale a eu lieu au musée Guimet à Paris le 12 septembre 2017. Dans la catégorie architecture, le prix est attribué à l’espagnol Rafael Moneo.

Créée en 1988 par la Japan Art Association, la plus ancienne fondation culturelle du Japon, la récompense est souvent définie comme le prix Nobel des arts. Tous les ans, un jury international distingue cinq artistes pour leurs réalisations dans les catégories suivantes: peinture, sculpture, musique, théâtre/cinéma et architecture. En architecture, ce prix a notamment récompensé Paulo Mendes da Rocha (2016), Dominique Perrault (2015), et Steven Holl (2014). La cérémonie de remise du prix à Rafael Moneo – un médaillon et une dotation de 5 millions de yen (environ 39 000 euros) – se déroulera à Tokyo

© Cortesía de Diario ABC, S.L

Rafael Moneo, sa vie son œuvre

Né en 1937 à Tudela, en Navarre (Espagne), Rafael Moneo mène ses études d’architecture à l’Escuela Técnica Superior de Arquitectura de Madrid d’où il est diplomé en 1961. L’architecte espagnol est très admiré pour le travail qu’il accomplit lors de la conception des bâtiments, en examinant les conditions spécifiques de l’emplacement du site proposé, de manière à ce que ses bâtiments s’intègrent sans effort dans le paysage de la ville, tout en respectant l’environnement. L’un de ses premiers projets, le Musée National d’Art Romain (1986) de Mérida, en Espagne, a établi sa réputation et il a réalisé avec succès de nombreux projets en Espagne et à l’étranger, comme la gare de Madrid Atocha (1992), la cathédrale Notre-Dame des Anges (2002) à Los Angeles et l’extension du Prado Museum Extension (2007); une œuvre qui met en valeur l’héritage romain de la ville dans de vastes espaces de brique et de béton. Moneo est également un éducateur et théoricien qui a enseigné dans de nombreuses institutions prestigieuses; il entame sa carrière d’enseignant, à l’Institute for Architectural and Urban Studies (I.A.U.S.) et à la Cooper Union School à New York, ainsi qu’aux universités de Princeton, Madrid, Lausanne et Harvard, où il dirige le département d’architecture de 1985 à 1990. En 1996, il a reçu le prix d’architecture Pritzker, en 2001 le prix Mies van der Rohe pour la conception du Centre culturel et de concerts Kursaal de San Sebastian (Espagne) et en 2003, il a reçu la médaille d’or royale RIBA.

 

Et aussi, dans la catégorie peinture, Shirin Neshat ; sculpture, El Anatsui ; musique : Youssou N’Dour ; théâtre et cinéma : Mikhail Baryshnikov

 

Sur le sujet : Dominique Perrault reçoit le Premium Imperiale

 

Manuelle Gautrand remporte le prix européen d’architecture

Manuelle Gautrand remporte le prix européen d’architecture

L’architecte française Manuelle Gautrand a été nommée lauréate du Prix européen d’architecture de cette année, ce qui en fait la première femme et première architecte française à recevoir cette distinction.

Créé en 2010 par le Centre européen d’architecture, de design et d’études urbaines et le Chicago Athenaeum: Museum of Architecture and Design, ce prix récompense les architectes européens qui se sont engagés à faire progresser « les principes de l’humanisme européen et l’art de l’architecture ».

L’architecte danois Bjarke Ingels, fondateur du cabinet d’architecture BIG, et l’architecte espagnol Santiago Calatrava sont parmi les précédents lauréats du prix décrit comme le « plus haut prix d’architecture ».

Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier en 1985, Manuelle Gautrand a travaillé pendant six ans dans les studios d’architecture parisiens avant de fonder son studio éponyme à Lyon en 1991 avec son associé Marc Blaising. Trois ans plus tard, l’équipe s’installe à Paris et construit de nombreux équipements culturels tels que théâtres, musées, centres culturels, immeubles de bureaux, logements et espaces commerciaux : le forum de Saint-Louis (2017), qui se distingue par ses 13 blocs orange ; la cité des affaires de Saint-Etienne (2010) ; le Musée d’art moderne de Lille Métropole, d’art contemporain et d’art brut de Villeneuve d’Ascq (2009). Manuelle Gautrand est aujourd’hui présidente de l’Académie d’Architecture.

Le prix Mies van der Rohe récompense l’opération de rénovation du Kleiburg

Le prix de l’Union européenne pour l’architecture contemporaine Mies van der Rohe 2017 a été attribué à l’opération d’habitat collectif DeFlat Kleiburg, réalisée par les agences NL architects et XVW architectuur à Amsterdam ; c’est la première fois que le prix est décerné à un projet de rénovation.  

Succédant à la Philarmonie de Szczecin (Pologne) de l’espagnol Barozzi Veiga, c’est une opération de réhabilitation de l’un des plus grands immeubles de logement au Pays-Bas qui a cette année été récompensé par le très prestigieux prix Mies Van der Rohe. Les promoteurs néerlandais DeFlat ont confié le projet aux agences NL architects et XVW architectuur.

Kleiburg, une barre pliée de 400 mètres de long et d’une dizaine d’étages hébergeant 500 appartements, est le dernier témoignage bâti dans son état originel du grand ensemble qui structurait le quartier populaire de Bijlmer à Amsterdam. Si le bâtiment semblait voué à la démolition par la Housing Corporation Rochdale, estimant la rénovation à 70 millions d’euros, les architectes ont su proposer une solution économique débouchant sur de nouvelles typologies et générant un nouveau modèle commercial. L’idée : rénover la structure principale, les parties communes et circulations, ainsi que les réseaux, tandis que les appartements sont livrés aux futurs résidents en tant que coquilles vides, non équipés afin de minimiser les investissements initiaux (sans cuisine, sans salle-de-bain, ni chauffage, ni cloisonnement). L’objectif étant que les résidents s’approprient le logement et l’individualisent. Il est possible de combiner des appartements en effectuant des connexions verticales ou horizontales, de choisir ses modules de façades sur catalogue … Après plusieurs décennies de standardisation, de répétition et d’uniformité, l’individualisation et la variation sont de mise. «Kleiburg nous aide à imaginer un nouveau type de projet architectural, qui répond à l’évolution des habitudes des ménages et des modes de vie au XXIe siècle. Une revitalisation des typologies du passé est aussi pertinente que l’expérimentation de nouveaux modèles non testés, dans cette quête, comme la transformation radicale de bâtiments existants.» a souligné le président du jury, Stephen Bates.

L’ambiance de ce prix semble tout de même à la frugalité, et n’est pas sans rappeler le Pritzker qui récompensait Alejandro Aravena notamment pour son modèle de lotissements sociaux. Réponse à la crise, aux changements des ménages, à la co-production, valorisation du DIY (Do It Yourself) ou du FFY (Fend For Yourself). Dans tous les cas on peut souligner un prix remis plutôt pour l’audace du modèle économique du projet que pour sa qualité plastique et spatiale comme ça avait pu être le cas pour la banque Borges e Irmão d’Alvaro Siza, premier prix Mies van der Rohe remis en 1988.

 

Amélie Luquain

 

 

 

 

L’opération DeFlat Kleiburg est lauréate parmi 356 projets issus de 36 pays européens, dont les 4 autres finalistes étaient l’Ely Court à Londres par Alison Brooks Architects, le Kannikegården de Ribe au Danemark par Lundgaard&Tranberg Architects, le Katyn Museum de Varsovie par BBGK Architekci et le Mémorial de Rivesaltes par Rudy Ricciotti.

La Commission européenne et la Fondation Mies van der Rohe ont également remis le prix de l’Architecte émergent 2017 aux studios MSA/V+, pour un immeuble de cinq logements sociaux construit à Bruxelles.

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Les résultats seront annoncés à Bruxelles, le 16 mai. La cérémonie de remise de prix aura lieu le 26 mai au pavillon Mies van der Rohe (Barcelone). Elle sera émaillée de lectures et de débats. Le travail des finalistes et des lauréats sera présenté au public du 20 au 28 mai.

 

DeFlat Kleiburg, NL architects et XVW architectuur, Amsterdam – © Marcel van der Burg

5 logements sociaux, MSA/V+, Bruxelles – © MSA/V+

 

Le Grand Prix de l’urbanisme 2017 décerné à Pierre Veltz

Le Grand Prix de l’urbanisme 2017 décerné à Pierre Veltz

Réuni  jeudi 20 avril à l’initiative du ministère du Logement et de l’Habitat durable, le jury du Grand Prix de l’urbanisme 2017 a récompensé Pierre Veltz, ingénieur, sociologue et économiste.

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Maquette Paris-Saclay. Photo © Amélie Luquain

Ingénieur de première formation, chercheur en sciences humaines (économie et sociologie), Pierre Veltz a d’abord travaillé dans le domaine de la planification urbaine au sein de l’administration. Durant la décennie 1980, il a dirigé la recherche à l’Ecole des Ponts. Créateur, en 1985, du Laboratoire Techniques, territoires et sociétés (LATTS), il a contribué, en lien avec la DATAR, à refonder une doctrine de l’aménagement du territoire résolument pro urbaine, revalorisant le rôle de Paris et des métropoles. De 1999 à fin 2004, il a été directeur de l’Ecole des Ponts. Il y élargit la place des sujets urbains et environnementaux et contribue au lancement du Polytechnicum de Marne-la-Vallée, avec l’idée de créer un grand pôle centré sur les villes et les territoires. Il a ensuite dirigé l’Institut des hautes études de développement et d’aménagement des territoires (IHEDATE), cycle de formation pour les professionnels. En 2008, Pierre Veltz dirige la mission d’études sur le Grand Paris auprès de Christian Blanc et participe à la mise en place du Grand Paris, du Grand Paris Express ainsi qu’à la consultation des urbanistes. À partir de 2009, il s’immerge dans le projet de Saclay, d’abord comme délégué ministériel puis comme président directeur général de l’établissement public d’aménagement et de développement. Outre le pilotage d’une opération de grande ampleur – la Silicon Valley française – il a notamment lancé à Saclay des projets innovants dans les domaines de l’environnement et du numérique.

Ses recherches et ses enseignements portent sur les transformations du travail, de l’entreprise et des territoires, confrontés à la mondialisation et à la révolution numérique. Il est très engagé dans la réforme de l’enseignement supérieur. Auteur fécond, on note parmi ses ouvrages : Mondialisation, villes et territoires. L’économie d’archipel (1996), La Grande Transition. La France dans le monde qui vient (2008), Paris, France, Monde. Repenser l’économie par le territoire (2013), Petite ensaclaypédie (2014), La Société hyper-industrielle (2017). Ce dernier livre met l’accent sur les logiques économiques territoriales de l’industrie de demain, en lien étroit avec le développement des services et les technologies numériques.

Pierre Veltz a été désigné Grand Prix de l’urbanisme face a Jacques Lévy, géographe, chercheur enseignant à l’école polytechnique de Lausanne, directeur du laboratoire Chôros et du programme doctoral Architecture et Sciences de la ville ; Philippe Madec, architecte et urbaniste, enseignant chercheur, qui a développé une approche écoresponsable du projet architectural et urbain ; et Alfred Peter, paysagiste et urbaniste, qui s’est fait connaître sur des projets établissant un lien entre mobilité, urbanisme et espace public, notamment à Strasbourg.

Si par ce Grand Prix, le jury a salué la recherche en urbanisme, on peut se demander ce que signifie de récompenser le PDG de l’EPA Paris-Saclay, une zone d’aménagement de grande ampleur qui consomme des terres arables et dont le modèle du cluster est fortement critiqué, à l’heure où l’on doit réparer les dégâts de ses homologues …

 

 

Composition du jury

Président du jury : Paul Delduc, directeur général de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN).

Les élus : Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole ; JeanLuc Moudenc, président de Toulouse Métropole.

Les personnalités internationales : Oriol Clos, architecte et urbaniste, Barcelone ; Paola Viganò, Grand Prix de l’urbanisme 2013, Milan.

Les professionnels qualifiés : MarieDouce Albert, journaliste au Moniteur ; Éric Bazard, directeur général de la SPL DeuxRives ; Alain Bourdin, chercheur et professeur à l’École d’urbanisme de Paris, directeur de la Revue internationale d’urbanisme ; Romain Champy, Euralille, Palmarès des jeunes urbanistes 2016 ; Alexandre Chemetoff, Grand Prix de l’urbanisme 2000 ; Antoine Loubière, rédacteur en chef de la revue Urbanisme ; Ruth Marquès, présidente de section au Conseil général de l’environnement et du développement durable ; Ariella Masboungi, Grand Prix de l’urbanisme 2016 ; Jacqueline Osty, paysagiste, Grand Prix du paysage 2005 ; Marion Talagrand, Palmarès des jeunes urbanistes 2007 ; Isabelle Vallentin, Directrice générale de Sequano ; Agnès Vince, directrice chargée de l’architecture, adjointe au directeur général des patrimoines, ministère de la Culture et de la Communication.

Le prix Pritzker décerné à RCR Arquitectes

Le prix Pritzker décerné à RCR Arquitectes

Le prix Pritzker est décerné mercredi 1er mars 2017 à l’agence catalane RCR Arquitectes. Ce prix créé en 1979 par le groupe hôtelier Hyatt, considéré comme l’équivalent du prix Nobel, récompense pour la première fois un collectif de trois personnes et pour la seconde fois des espagnols, après Rafael Moneo en 1996.

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Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta, lauréats du prix Pritzker 2017. JAVIER LORENZO DOMINGUEZ via Le Monde

Derrière l’acronyme RCR, se cache Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta. Diplômé de l’École Technique Supérieure d’Architecture de Valles en 1987, ils fondent l’année suivante leur agence à Olot, un petit village au pied des Pyrénées où deux d’entre eux ont vu le jour. La majorité des projets des trois architectes sont construit en Europe, plus particulièrement en Espagne. Ils démarrent leur carrière avec de nombreuses maisons à Girona et Barcelone, la première d’entre-elles étant la Casa Margarida mise à l’étude en 1988 et livrée en 1992. En France, ils sont connus pour la réalisation du Musée Soulages en 2014, situé sur le flanc nord du jardin de Foirail, dont l’enchainement des volumes parallélépipédiques au bardage d’acier corten évoque le travail du peintre. Autre projet, ils investissent le Château de Négrepelisse d’une structure horizontale en verre et en acier imbriquée dans les ruines de la forteresse pour la transformer en Centre d’art « La Cuisine » en 2014. Leur dernier projet livré est la médiathèque Waalse Krook en Belgique. Au regard de leurs travaux, il semble que leur architecture se pose sans compromis, intemporel, dans le respect du passé tout en projetant l’avenir avec poésie et en tissant des liens permanent avec la nature.

RCR Arquitectes a déjà été reconnu en 2005 avec le Prix national de la culture du gouvernement de Catalogne. Ils sont nommés Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres par la république française en 2008 et sont membre d’honneur de l’American Institute of Architects (AIA) en 2010. Trois de leurs œuvres ont été finalistes du prix européen Mies Van der Rohe : le Centre civique de Riudaura en 2001, le Stade d’ Athlétisme Tussols-Basil à Olot en 2003 et la Bibliothèque, maison du troisième âge et jardin public d’intérieur d’îlot à Barcelone, 2009.

Avec l’obtention de ce prix, les architectes affirment vouloir construire moins pour construire mieux.

 

Amélie Luquain

28 français nommés au Prix Mies van der Rohe 2017

28 français nommés au Prix Mies van der Rohe 2017

Le Prix Mies van der Rohe récompense tous les deux ans la production architecturale européenne. Pour l’édition 2017, 356 réalisations ont été nommées dont 28 constructions françaises. Le prix de l’Union européenne pour l’architecture contemporaine sera décerné courant février, succédant au Philharmonic Hall de Barrozzi Veiga à Szczecin (Pologne).

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© Rafael Vargas – European Mies van der Rohe Award 2017

 

Les Docks de Marseille, 5+1AA. Musée Arthur-Rimbaud à Charleville-Mézières, Abinal & Ropars. Centre de création contemporaine Olivier-Debré à Tours, Aires Mateus. Gare Saint-Roch à Montpellier, Archikubik. École de cinéma d’animation et résidence étudiante à Nantes, Armand Nouvet. La Philharmonie de Paris, Ateliers Jean Nouvel. Musée des insectes et folies à Paris, AWP associé à HHF. Ateliers communautaires à Poigny-la-Forêt, Boidot Robin. Complexe sportif Ariane Nice, CAB. Centre national des arts du cirque à Châlons-en-Champagne, Caractère spécial § associé à NP2F. Lycée hôtelier à Lille, Caruso St John. Palais de la musique et des congrès à Strasbourg, Dietrich Untertrifaller, associé à Rey-Lucquet. Ehpad et FAM à Orbec, Dominique Coulon. Restructuration du lycée Jean-Moulin à Revin, Duncan Lewis, associé à Jean de Giacinto et OFF Architecture. Salle de musique « La belle électrique » à Grenoble, Hérault Arnod. Reconversion des Magasins généraux à Pantin, Jung Architectures. 59 logements et les jardins Neppert à Mulhouse, Lacaton & Vassal. La Brigantine à Toulon, Martinez Barat Lafore. Extension d’une cave viticole à Montpelier, Michèle & Miquel. Maison du conseil général de l’Isère à Voiron, Perraudin Architecture. Archives de Bordeaux, Robbrecht en Daem. Mémorial du camp de Rivesaltes, Rudy Ricciotti, associé à Passelac & Roques. 4 logements et commerce à Paris, Septembre. Théâtre élisabéthain du château d’Hardelo à Boulogne-sur-Mer, Studio Andrew Todd. Extension du restaurant du centre Pompidou-Metz, Studiolada. Médiathèque Montaigne à Frontignan, Tautem, associé à BMC2. Musée du verre à Sars-Poteries, W-Architectures. Cité du Vin à Bordeaux, X-TU.

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Architectures CREE 379

 

Le gymnase de l’Ariane, audacieusement local

 

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Architectures CREE 379

 

Gilles Perraudin : au-delà de la pierre, le bois

 

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Architectures CREE 374

 

A Sars-Poteries, le MusVerre est taillé dans la pierre

 

Décantation de la Cité du Vin : la revue de presse du 7 juin 2016