Choses vues en ville : la revue de presse du 7 novembre 2017

Choses vues en ville : la revue de presse du 7 novembre 2017

Une ville nouvelle de la taille de la Bretagne – Les Bronzés veulent skier dans les stations chics – Protégés par l’inventaire, détruit dans la vraie vie – Haro sur l’affiche en Italie, Belgique et en France. La revue de presse du 7 novembre 2017

 

La politique (saoudienne) de la ville

À quelques jours de l’ouverture du Louvre d’Abu Dhabi, l’Arabie Saoudite rappelle qu’elle est capable de lancer de grands projets, et même de très grands projets. Le 24 octobre dernier, le prince héritier du trône saoudien Mohammed ben Salmane  a annoncé la création d’une nouvelle ville, Néom, cité moderniste de 26 500 km2, légèrement moins que la Bretagne ou l’Albanie. « Une ville où les robots seront plus nombreux que les humains » : transport sans chauffeur, drones avec passagers… tous les ingrédients de la modernité y seront concentrés. Le communiqué de presse indique qu’une très grande partie des tâches du quotidien serait automatisée via des robots si bien que la ville, qui serait avant tout peuplée de personnes « aux compétences uniques », serait susceptible d’avoir « le PIB par habitant le plus élevé au monde ». À terme, la ville pourra s’étendre sur les rives d’Égypte et de Jordanie. Une seule inconnue demeure : les zones d’implantation des prisons, une donnée dont aimeraient sûrement disposer les ministres que ben Salmane faisait arrêter quelques jours après l’annonce de la création de sa nouvelle cité, « paradis technologique pour parer au temps de crise d’un pays en pleine restructuration ».

Via Up 


Club Med et club Alpin

Les projets de développement du Club Med dans les Alpes se heurtent aux disponibilités foncières des stations de montagne. « Aux dirigeants du Club qui voulaient 30.000 m2 à Courchevel 1850 m, les élus ont répondu non. “Ce projet n’était inscrit ni au SCOT (document d’urbanisme qui détermine un projet de territoire, NDLR), ni au PLU (plan local d’urbanisme, NDLR) et la transaction proposée mettait en péril l’ensemble de nos ventes foncières”, explique le maire de Courchevel, Philippe Mugnier ». À Courchevel ou à Chamonix, les alternatives proposées par les élus n’ont pas plu à l’opérateur touristique, qui cherche, selon le maire de Chamonix, « la reproduction d’un schéma unique et uniforme mobilisant une emprise démesurée » d’environ 40 000 m2. Le président Giscard d’Estaing (Henri), patron du Club Med, affirme avoir besoin de ces surfaces pour rentabiliser les investissements et répondre aux attentes de confort de sa clientèle. Autre raison de la mésentente, selon le maire de Courchevel « la population est très attachée à son patrimoine et s’inquiète de le céder aux capitaux chinois, présents au Club Med ». Et l’argent des Bronzés, ils n’en veulent pas non plus ?

Via Les Échos 

 

Catalogue à trou

20 ans n’est pas le bel âge pour le Catalogue des édifices protégés de la ville de Madrid. Une étude récente montre que 136 bâtiments inscrits à cet inventaire effectué en 1997 ont été démolis ou profondément modifiés. Et c’est une estimation basse, puisque ce chiffrage fourni par la mairie date de décembre 2016. « La plupart du temps (les propriétaires) invoque le risque de péril imminent pour justifier des démolitions inutiles, on effectue un déclassement arbitraire, on se permet de modifier une façade sans expliquer pourquoi… Il y a une sensation de perte de contrôle, de manque de critères unifiés, d’ambiguïté «  se lamente la porte-parole de l’association Madrid Ciudadania y Patrimonio. On tremble pour les 12 000 édifices protégés de Madrid.

Via El Pais 

Dans la petite image, le bâtiment protégé de la calle del Clavel, 7. Dans la grande, comment est l’immeuble maintenant? CARLOS ROSILLO via El Pais

 

Ca l’affiche mal

La guerre contre la publicité urbaine a éclaté en plusieurs points d’Europe. Une première bataille se déroule à Waterloo, où l’adjoint à l’urbanisme part en guerre contre des mats publicitaires prenant la forme de drapeaux « Pour moi, il s’agit d’une pollution visuelle qui ne sert à rien. Je ne pense pas qu’un concessionnaire de voitures gagne des clients avec ces drapeaux. Ils n’ont aucune utilité commerciale. C’est dangereux pour les piétons quand les trottoirs sont étroits. Et au niveau esthétique, c’est affreux. Sans parler des problèmes de sécurité en cas de coup de vent. Bref, cela doit changer »

D’autant que quand un commerçant voit son voisin sortir son drapeau, il fait de même, suivant une logique de drapeau de mouton. À Rome, la municipalité s’apprête à supprimer 65 000 m2 de panneaux publicitaires. D’après une étude du département architecture de la Sapienza, qui durant ses derniers mois à participé aux tables rondes réunissant les associations et les services techniques de la Mairie, près de 60 % de ses quelques 14 000 emplacements publicitaires seraient installés de manière dangereuse et précaire, quand ils n’entrent pas en contradiction avec le code de la route. Trop serrés, les panneaux publicitaires entraveraient les trajets piétonniers, en particulier dans le centre historique. À Somain, une ancienne cité minière entre Douai et Valencienne, la ville est partie en guerre contre une affiche remerciant le site Jaquie et Michel, apposé par une ante-sexagénaire assumant ses débuts dans la cinématographie classée X. « Je ne comprends pas, il n’y a rien de sexuel. Ce n’est même pas de la publicité, je l’ai fait pour le plaisir, pour le fun’, explique Thérèse, tandis que la mairie invoque la loi plutôt que la pudibonderie « Que ce soit une publicité ou une simple inscription, c’est interdit, d’autant qu’elle n’a fait aucune demande pour la réaliser. Notre démarche n’a rien à voir avec la signification de cette inscription ». Thérèse étudie déjà une parade ‘‘la publicité est interdite sur les murs de bâtiments sauf quand ces murs sont aveugles (sans fenêtre). La fenêtre qui pose problème ne me sert à rien, elle donne sur mon grenier. Je vais peut-être la murer, comme ça je pourrais laisser mon inscription ». Même pour cela, il faudrait une autorisation, explique la mairie, rappelant à Thérèse qu’elle s’expose à des poursuites pénales et à une contravention de 750 euros si elle ne retire pas son inscription. Implacable réglementation : vivement le lancement d’un PLUx suivi de l’instauration d’une zone Q  bien délimitée sur les plans d’urbanisme de Somain.

Via Sudinfo, La Repubblica20 minutes 

Via 20 minutes

Olivier Namias

Rudy, Frank, Rem, Santiago et les autres : paroles d’architectes – la revue de presse du 30 octobre 2017

Rudy, Frank, Rem, Santiago et les autres : paroles d’architectes – la revue de presse du 30 octobre 2017

Rudy Ricciotti proteste et s’insurge à Marseille – L’épée de verre de l’Académicien Wilmotte – Gehry et Bilbao – Mai 68 et Calatrava – Koolhaas n’est pas une bête – Y a-t-il un Harvey Weinstein dans l’architecture ? – On aime ou on quitte Abraxas – Cimetières durables sous la lune.

 

Pugnace

À Marseille, Vinci s’apprête à construire un immeuble de huit étages sur le site d’une ancienne corderie, qui est aussi, a-t-on découvert lors du démarrage du chantier, la carrière ouverte il y a 2600 ans par les grecs pour les besoins de l’édification de Massilia. La Ville, qui en a la possibilité, n’entend pas annuler le permis de l’opération, la ministre de la Culture n’arrêtera pas les travaux malgré les protestations des archéologues et historiens. Les architectes, eux, se taisent, sauf Rudy Ricciotti, qui est bien décidé à donner de la voix et dénonce ce silence gêné de confrères plus prompts à protéger leurs commandes que le patrimoine commun. « Mes confrères ont choisi la distance silencieuse et la retenue dévote, disons-le ! Derrière cette caponnerie, il y a pour notre métier une dette de vertu. Je veux dénoncer ici cette paresse car nous ne devons pas oublier que l’architecte est non seulement citoyen mais acteur de sa cité. L’architecte est confronté à son rôle moral et éthique. Son rôle esthétique est moteur érotique au titre du plaisir de la ville. Dans le cas marseillais, avec ce grand silence sur l’opération de la Corderie, on atteint le niveau maximal de la honte et le degré zéro du courage ». Où est l’héroïsme méditerranéen ? s’interroge Rudy, écornant au passage la classe politique phocéenne « C’est le côté arabo-coréen de Marseille avec sa centralisation du pouvoir, ses chapes de plomb. La ville tient des dictatures du nationalisme arabe et de la culture du pouvoir d’un Kim Jong-Hun hilare qui considère quiconque émet une objection comme ennemi mortel à abattre ». Saluant la solidarité des maçons de la CGT Vinci, qui se sont mis en grève pour préserver le site, Ricciotti n’oublie pas d’être constructif : « il n’y a pas à être pour ou contre, mais avec les vestiges », militant pour une solution sur pilotis qui intégrerait la carrière dans les strates de l’urbanisme marseillais. Un petit soutien des confrères pour cette alternative ?

Via La Marseillaise 

 

Ému

En uniforme, il brandit son épée. Mais peu de chance qu’il s’apprête, tel Roland à Ronceveau, à prêter main-forte à Rudy Ricciotti pour défendre les carrières grecques antiques. L’arme, en verre de Murano, est le sceptre qu’arbore Jean-Michel Wilmotte pour son entrée à l’Académie des Beaux-Arts, au fauteuil de feu Michel Folliasson, architecte urbaniste de Cergy-Pontoise. Devant un parterre trié sur le volet – le Figaro mentionne Maryvonne Pinault, femme de François, Patrick Ollier, maire de Rueil, ou François Fabius, pourtant mort en 2006 – l’architecte s’est montré « tellement ému qu’il s’est emmêlé dans ses feuilles et a sauté un paragraphe ». Stéphane Berne, homme de patrimoine, lui a remis son épée dans la chapelle des Beaux-Arts. « Votre côté James Bond ne m’a pas échappé. Vous aimez le cinéma d’architecture et j’espère que le cinéma prendra un jour vos bâtiments comme décors de leurs prochains films » s’est amusé à rappeler Hughes Gall, ancien directeur de l’Opéra de Paris dans un discours introductif de ce « touche à tout qui agace ». Touche à tout, soit, mais si le cinéma pouvait rester ce sanctuaire préservé des oeuvres de Jean-Michel Wilmotte…

Via Le Figaro 

 

Hésitant

« Il m’arriva de penser à déménager à Bilbao, tant tout s’y déroula très bien pour moi », confie Frank Gehry. À l’occasion du 20e anniversaire du musée ressurgissent les souvenirs : « nous travaillions dans un climat de quasi guerre urbaine. Le chômage atteignait les 35%, il y avait du terrorisme et une grande peur. Le projet était impopulaire, et personne ne comprenait le besoin qu’il y avait de ce mettre dans un tel pétrin pendant une crise économique aussi noire », se rappelle César Caicoya, architecte espagnol qui a suivi le projet du Guggenheim de Bilbao, échangeant 18 000 fax avec Gehry. Le succès était loin d’être garanti : « le moral de Gehry fut un sujet délicat pendant le chantier, même si le Pritzker assure qu’il « n’y eut pas de problème durant les travaux. J’étais sûr de pouvoir me fier aux Basques, ce sont des gens de parole ». Caicoya rappelle « si le Guggenheim n’avait pas été réussi, les carrière de tout ceux qui y travaillaient auraient été très touchées. Mais celle de Frank se serait probablement arrêtée net. Mais qui ne joue pas, ne gagne pas ». Le pari a été gagné. Et Frank est finalement resté Californien.

Via El Mundo 

 

Empêché

Interviewé par le quotidien italien La Repubblica, Santiago Calatrava se souvient lui aussi de l’Espagne et de la France, où il aurait pu étudier. « Je me souviens qu’en juin 1968, j’arrivais à Paris avec l’intention d’étudier à l’Ecole des Beaux-Arts. Les évènements de mai se prolongeaient, avec leur grande contestation étudiante, empêchant mon inscription dans cette école. Je suis resté à Paris jusqu’à la fin septembre avant de rentrer à Valence. Où j’ai étudié l’architecture ». La face du monde aurait-elle été changée si Calatrava était demeuré parisien au lieu de partir étudier à Zurich ? Un nouvelle pièce à verser au dossier d’inventaire des évènements de mai…

Via La Repubblica 

 

 

Caché

« L’architecture a-t-elle un Harvey Weinstein caché dans ses rangs ? », interroge la journaliste Anna Winston dans un article sur le harcèlement sexuel en agence. La réponse n’est pas une surprise : il n’y a pas un mais une multitude. « Pour l’écriture de cet article, j’ai parlé à de nombreuses personnes qui ont partagé leurs expériences d’abus, d’agression, harcèlement, discrimination, prédateurs, manipulation et plus. Certaines ont donné des exemples très précis et des noms. On y retrouve certains des architectes les plus célèbres du monde, aussi bien que les étoiles montantes d’agences établies, les figures des écoles, les collègues ou les amis. Le problème touche toutes les pratiques à tous les niveaux ». Comme à Hollywood, à une échelle moindre, la construction de la profession sur des figures charismatiques et une longue tradition machiste explique la situation. Quel que soit l’endroit où se terre aujourd’hui le Harvey Weinstein de l’architecture, il est couvert par un plus large problème que le débat sans fin sur la place des femmes et les prix d’architecture féminine n’ont pas su résoudre, explique Winston, celui d’une discrimination structurelle persistante dans une profession qui se féminise.

Via Dezeen 

 

Pascalien

« Je suis claustrophobe, et bien souvent l’architecture aggrave ma claustrophobie parce qu’elle impose des scénarios contraignants, exclut des évolutions ultérieures, des usages nouveaux : plus rien d’autre n’est possible, en somme, que ce qu’on décide de bâtir ». C’est Rem Koolhaas qui parle, expliquant dans les colonnes du Point comment ce sentiment et d’autres influencent l’architecture d’OMA. « À Saclay, nous avons été attentifs aux flux des étudiants, nous avons réfléchi aux circulations à venir, ouvert des perspectives et conçu en effet un campus comme intégré dans la ville : tout reste possible, tout reste ouvert ». L’architecte souffre également de phonophobie « Vous avez remarqué ce silence, dans l’open space de l’agence ? C’était tellement plus bruyant il y a quelques années… La génération actuelle est silencieuse, en communication exclusive avec ses écrans. Et ce silence, je le trouve dangereux ». On se rappelle Pascal : « le silence des espaces infinis m’effraie », disait  le philosophe. Faites du bruit pour Rem, qui sort un livre, une exposition sur la campagne au Guggenheim (2019) et un pont à Bordeaux, entre autres…

« Je ne suis pas une bête d’architecture » entretien de Rem Koolhaas avec Violaine de Montclos, Le Point, n°2355, 26 octobre 2017

 

Mordante

Conçus dans une période d’euphorie, les espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand sont devenu un objet étrange, que ses habitants ont du apprivoiser. « Avec ces 610 logements répartis en trois zones, le Palacio et ses HLM tarabiscotés, le Théâtre, une propriété privée en forme d’hémicycle et l’Arche qui trône au milieu. Ces façades monumentales, de style néoclassique, enserre une place ovale. Résultat : la cité vit un peu repliée sur elle-même. « Mais d’un autre côté tout le monde se connaît à force de se croiser, sourit Sabah Hamida, à la tête de l’association les Abraxas. Et comme c’est assez protégé, les enfants peuvent jouer à l’extérieur sans problème. » Habitante depuis vingt-sept ans, elle a fini par s’habituer à l’univers un peu compliqué du Palacio où certains des ascenseurs ne montent les étages que trois par trois et où des deux pièces… sont en duplex » détaille Le Parisien, lancé dans un citétour du Grand Paris. L’ancien maire Michel Pajon voulait détruire le complexe, qui a dû en partie sa renaissance au film Hunger Games. « Durant vingt ans, il n’y a eu aucune animation ici mais le film a soudé tout le monde dans la fierté », lâche Christiane. En 2014, « Hunger Games » a ainsi braqué les projecteurs sur le Palacio. « Des touristes ont commencé à venir par la suite, c’était incroyable, s’enthousiasme Sabah. Quelle cité du 93 est visitée comme un monument à part la nôtre ? ». Christiane ne laisserai pour rien au monde son logement à la vue unique. D’ailleurs, le Palacio, « tu l’aimes ou tu le quittes » disent les habitants. 30 ans après, Ricardo Bofill a été invité à construire un nouvel ensemble de 600 logements à Noisy-le-Grand. Les producteurs de film doivent être impatients de découvrir les nouveaux décors d’Abraxas II, le retour.

Via Le Parisien 

 

Éternellement durable

C’est un manuel attendu que vient de publier le centre technique national sur les espaces verts et la nature en ville, au terme de deux années d’études : le recueil sur la réhabilitation écologique et paysagère des cimetières. Pour l’écrire, les auteurs ont scruté plus de 250 cimetières de toutes tailles à la loupe. Leur prescriptions sont valables pour les cimetières de l’hexagone, qui présentent deux fois la superficie de Paris – a vrai dire, cela paraît peu – 40 000 enceintes présentant une grande diversité patrimoniale. Le guide propose également 10 fiches illustrées pour une réhabilitation écologique et paysagère des cimetières. « Elles comportent des conseils, des témoignages, des exemples d’initiatives intéressantes pour puiser l’inspiration et orienter son action. Thèmes traités : les moyens humains et financiers pour aller vers le « zéro pesticide », comment drainer les sols humides sous terre et diminuer les pollutions, comment favoriser les concessions écologiques et paysagères, entretenir des allées minérales sans pesticides, enherber des allées, favoriser l’accessibilité, préserver les arbres existants et en planter de nouveaux, , comment gérer les végétaux, communiquer sur les pratiques « zéro pesticide » ou repenser l’ensemble du paysage du cimetière ». Que d’efforts pour rendre durable un séjour que l’on ne souhaiterait que temporaire !

Via La Caisse de dépôts et territoires 

 

Olivier Namias

Vers une architecture pare-balle ? : la revue de presse du 25 octobre 2017

Le paysagisme contre les tueries de masse – Logement : Sydney mise sur l’étagère – Voyage aux pays des archi-soviet – Qui a les plans du Roi Baudouin ? – Vauban attaqué – Contesté à Charleroi, adulé à Milan : grandeur et misère du gratte-ciel – Blade Runner 2049, quand la science fiction emprunte un musée de Néanderthal. La revue de presse du 25 octobre 2017 

  

Paysagiste pare-balles

La récurrence des tueries de masse aux USA a des rebonds imprévisibles. « Avec l’augmentation des fusillades de masse, un groupe de professionnels que l’on n’attendrait pas essaye d’éviter aux gens qu’ils soient tués dans la mêlée : les paysagistes », explique The Verge, relatant une visite à la Sandy Hook Elementary School. Tristement célèbre pour avoir été le théâtre d’une tuerie de masse en 2012 – 28 morts dont 20 enfants assassinés par un amateur d’arme à feu de 20 ans – l’établissement reprend ses activités dans de nouveaux locaux conçus par l’agence Svigals+Partners. Un revêtement durcissant appliqué aux vitrages retarde leur destruction de 15 minutes même après un tir, des rangées d’arbres serrées limitent les mouvements de véhicules béliers, etc. « Le principal paramètre que ces concepteurs doivent prendre en compte est la façon dont les gens bougent – ou plutôt paniquent – face à ces menaces ». Des modélisations informatiques tentent de décrire le comportement d’une foule en plein sauve-qui-peut. Un autre problème est d’imaginer la prochaine menace, constate Jay Brotman, associé de l’agence Svigals+Partners : « quels que soient les risques que l’on prend en compte, les gens deviennent de plus en plus fou, ou de plus en plus intelligent. Vegas en est bon exemple. Il y avait probablement une série de barrière, et du personnel surveillant tout le reste, mais quelqu’un a fait quelque chose de totalement différent qui les a tous laissé sur le carreau ». Une grosse Las Vegas Parano plane sur la mise en sécurité des bâtiments.

Via The Verge

 

Étagère habitable

Baptisé « l’étagère », ce projet d’immeuble de logement ne propose rien de moins que de de résoudre la crise du logement à Sidney. « L’étagère changera le visage de l’habitat sidnéen en permettant aux résidents de dessiner et construire leur propre maison, offrant un sens plus fort de la propriété que des milliers d’unités standardisées ». La maquette en bois du projet n’est pas sans évoquer une version zazou des « casiers à bouteilles » de l’unité d’habitation corbuséenne avant la pose de leur façade. Les modules seraient complétés par un système de transport souterrain électrique avec des compartiments séparables conduisant les passagers à destination sans rupture de charge. Cette proposition que le site News n’hésite pas à qualifier de « révolutionnaire » est sortie tout droit de la tête d’un étudiant de 20 ans en première année d’architecture. Pas si nouveau que ça au regard de l’histoire récente et plus ancienne de l’architecture, mais il vaut mieux s’enflammer pour les modules et autres containers que de se passionner pour les armes à feu, comme Adam Lanza, auteur de la tuerie de masse de Sandy Hook précédemment citée.

Via News 

Mr Niethe et sa maquette. Photo : Jonathan Ng

 

Monuments de la planète Marx

Was tun ? – Que faire ? – se demandait en 1901 Vladimir Illitch Lenine dans un ouvrage sous-titré « questions brûlantes de notre mouvement ». 116 ans après, alors que l’on fête le 100e anniversaire de la révolution d’Octobre, la question lui revient en boomerang. Que faire ? des monuments de l’architecture socialiste semés aux quatre coins de l’ancien bloc de l’Est ? Une question brûlante de nos monuments. Haruna Honcoop, réalisatrice tcheco-nippone en a visité plus de deux cent pour la réalisation de son documentaire « Built to last », faisant à l’occasion de « belles découvertes ». Le palais de Ceaucescu, par exemple, ou le monument Buzludzha en Bulgarie, à deux heures de Sofia, soucoupe volante bien connue des amateurs d’exploration urbaine – «  la seconde plus folle architecture que j’ai vue », témoigne Honcoop. Parmi les sites visités, des bâtiments en ruines, d’autres en meilleur état, mais autant de témoignage à préserver pour la réalisatrice. « Je suis absolument pour leur préservation, parce que je pense que les démolir signifierait démolir notre passé, ce qui n’est pas juste. Bien sur, cela ne veux pas dire que nous adorons le régime communiste, que nous n’aimons bien sur pas, mais à travers l’architecture nous pouvons réfléchir sur le temps », déclare Haruna Honcoop, que le site Radio Praha nous présente toute de rouge vêtue. Pour défendre ces bâtiments réputés laids, la réalisatrice veut guider le public vers ces édifices qui ne sont même pas mentionnés dans le Lonely Planet ou d’autres guides, grâce à son site www.built-to-last-project.com. Le Lonely Soviet Planet ou le Guide du Rouge’art ?

Via Radio Praha 

 

Recidiviste

Au tribunal de Namur, un architecte d’une cinquantaine d’année s’avance à la barre. Son avocat plaide : « je n’explique pas l’inexplicable, mais dans ce cas-ci, Monsieur, au lieu de tomber dans un burn-out, a voulu faire plaisir à un copain en faisant ce faux permis. On a franchi la ligne rouge, on a commis l’irréparable. Je n’excuse pas Monsieur et lui non plus ne s’excuse pas. Si tous les architectes agissaient comme cela, on n’en sortirait pas». A sa décharge, l’accusé était perturbé par des problèmes de gestion survenant en pleine procédure de divorce. Problème, il avait déjà été radié de l’ordre quelques années auparavant pour des faits similaires, délivrant à des particuliers un faux permis d’urbanisme. « À cette époque-là, il n’était pas question de dépression, ni de séparation» rappelle la représentante du ministère publique, qui réclame une sanction pénale ou peine de travail de 150 heures. Jugement le 15 novembre prochain.

Via L’Avenir 

 

Un Roi sans plan

« Les plans du Roi Baudouin ont disparu » s’alarme le quotidien Le Soir. Il ne s’agit pas de retrouver les schémas permettant de reconstruire le cinquième roi des Belges, mais d’envisager la transformation du tristement célèbre Stade du Heysel, rebaptisé en 1996 en hommage au souverain récemment disparu.  Bruxelles, candidate pour l’accueil de l’Euro 2020, doit proposer un dossier solide à l’UEFA et montrer que ses installations sportives sont à la hauteur de l’évènement. « Arnaud Pinxteren, député Ecolo, fulmine : il ne parvient pas à obtenir les plans du stade Roi Baudouin. Il a demandé à avoir accès aux documents en avril 2017 au service des archives de la Ville de Bruxelles. Et depuis… toujours rien. Les archives et l’urbanisme se sont renvoyés la balle dans plusieurs mails, mais cela n’a débouché sur rien. Visiblement, l’agent qui avait les plans a quitté l’urbanisme et les dossiers ont été dispersés entre plusieurs collègues. L’administration est toujours à leur recherche… ‘’ Les documents sont portés disparus et c’est assez curieux’’, commente le député, s’interrogeant sur cette mystérieuse disparition ». Elle survient au moment où le député voulait avoir l’avis des experts sur la rénovation du Roi Baudouin, qui beaucoup d’élus jugent impossible à faire financer par le privé. Le privé a sans doute un plan…

Via Le Soir

 

Permis privé pour ne plus être privé de permis ?

Pour financer les travaux du stade, Pintxeren en appelait à une « certaine créativité au niveau du financement ». Il peut toujours compter sur le secteur privé, qui, plus que jamais, fait preuve d’une imagination débridée. Dans une chronique parue dans Les Echos, Frédéric Rolin, professeur du droit de l’urbanisme à l’université Paris-Saclay – site dont l’urbanité calamiteuse a été souligné par plusieurs médias de l’Humanité à Chroniques d’architectures – pose une question débutant par ce « Et si » candide annonçant une innovation détonnante « Et si on privatisait le permis de construire ? ». Même s’il y a loin de la réalisation à la mise en oeuvre, souligne Rolin, les avantages de la formule sont immenses. « Ils tiennent à la réduction des délais entre le montage du projet et sa mise en oeuvre, au risque réduit d’être soumis à un contentieux paralysant, à la possibilité pour les administrations de faire monter en compétence les agents chargés de l’instruction vers l’élaboration des règles d’urbanisme et ainsi de mieux dialoguer avec les agences d’urbanisme ou de les redéployer vers des missions de contrôle garantissant la règle du jeu avec des visites de chantier obligatoires et un certificat de conformité plus rigoureusement délivré ». Les inconvénients seraient minimes « D’abord, les organismes qui certifieront la conformité de constructions aux règles d’urbanisme applicables seront aussi vigilants que l’administration puisque leur responsabilité sera en jeu. On ne verra donc pas jaillir une tour, là où n’est autorisé qu’un pavillon ». Nous voila rassuré. Rolin assure que la mesure permettrait également de contrer les agendas cachés des mairies, qui bloquent les projets qui ne leur conviennent pas en dépit de leur conformité avec les règles d’urbanisme. « L’État s’est d’ailleurs déjà essayé avec succès au passage d’un contrôle administratif à un contrôle privé dans le domaine de la sécurité des poids lourds. Les anciens services qui assuraient cette mission ont été privatisés et désormais ce sont des centres de contrôle technique qui opèrent, comme pour les véhicules légers. Or de l’opinion générale, la sécurité des véhicules ne s‘est pas trouvée dégradée par cette privatisation ».  Puisque le professeur Rolin passe avec audace du 38 tonnes au T3, filons la métaphore : et si on lançait un permis de construire à point pour les maîtres d’ouvrage ?

Via Les echos

 

 

Merde à Vauban

Le permis de construire est-il si contraignant ? Est-il un si puissant frein à la compétitivité internationale ainsi que l’affirme M. Rolin ? A Marseille, un recours des habitants du quartier Vauban avait conduit à l’annulation du permis d’un projet qu’ils jugeaient hors d’échelle : « A l’origine, le promoteur entendait édifier deux immeubles en R+7 et R+8 pour 91 logements. La Ville l’avait refusé en juillet 2014 – « Trop profond et trop haut en façade avant et en coeur d’îlot » – au vu notamment de l’avis défavorable (simple et non conforme) émis par les Bâtiments de France qui en critiquaient la démesure ». Projet revu avec l’architecte conseil de la ville «  vaguement remanié en réduisant quelque peu la voilure (74 logements donc 17 logements de moins et seulement en R+7, avec 103 places de parking en deux niveaux de sous-sols). Il dit « respecter la «politesse urbaine» souhaitée permettant de tutoyer les bâtiments existants avec les constructions nouvelles », toujours pas du goût de l’architecte des bâtiments de France, qui estime qu’il « ne s’inscrit toujours pas correctement dans son environnement urbain ».

Via La Marseillaise 

 

Vauban dans les tours

Autre conflit à l’entrée du quartier Vauban-Esquermes, dans la métropole Lilloise. Un recours des riverains avait fait échouer le permis d’une tour de 56 mètres, construite dans un secteur préservé ou la hauteur était en principe limitée à 21 mètres. Projet retoqué que les habitants craignent de voir réapparaitre à la faveur d’une révision du PLU.«  Nous réclamons un minimum de clarté, nous ne laisserons pas faire n’importe quoi  », prévient l’ex-présidente du conseil de quartier et ancienne adjointe de Pierre Mauroy. Reste à poser cette question brûlante : à Marseille et à Lille, qui en veut autant à Vauban?

Via La Voix du Nord 

Ce visuel de l’ex-tour, plus personne à Vauban ne souhaite le revoir, pas même en cauchemar… via La voix du Nord

 

Tours toujours

Celui qui a dit non : le fonctionnaire délégué de la Région wallonne refuse d’octroyer le permis aux « Rivers Towers » que l’agence Piron  a conçu pour Charleroi en association avec le bureau bruxellois Bogdan & Van Broeck. « Nous nous trouvons là à l’entrée de la ville, dans l’immédiate proximité du ring, à côté de la piscine Hélios et d’un petit centre commercial vieillissant. Si le maintien d’une ancienne tour à béton désaffectée a inspiré l’idée de la verticalité, « les futurs immeubles ont un gabarit inadapté au bâti existant », selon le fonctionnaire délégué Raphaël Stokis. Vingt sept étages, cela les fait monter à… 100 mètres au-dessus du sol. Davantage que la tour Baudoux (…) et que la tour de police qui s’élève à 75 mètres, avec ses 20 niveaux » – oeuvre des ateliers Jean Nouvel inaugurée en 2014. Le fonctionnaire délégué le précise : il est favorable à la densification urbaine, d’autant que la ville prévoit d’augmenter sa population de 50 000 habitants durant la prochaine décennie. Mais point trop n’en faut : rajouter 276 appartements sur 50 ares, c’est trop  « nous ne sommes pas dans une métropole d’un demi-million d’habitants comme Anvers. Il existe des modèles inspirants à l’échelle de Charleroi comme Maastricht par exemple : ce qui a été fait là-bas en bords de Meuse peut servir de référence ». L’idée est claire : s’inspirer, encore une fois, d’un sommet de Maastricht.

Via Le Soir 

 

Passion verticale

Le public déteste-t-il les tours ? Non, si l’on en croit l’affluence record constatée à la tour Generali, dessinée par Zaha Hadid à Milan. Le bâtiment était ouvert à la visite à l’occasion des journées FAI (Fondo Ambiante Italiano), lancées à l’initiative d’une association s’occupant de la valorisation des sites remarquables de la péninsule. À coté des églises de la région, « le vrai boom s’est produit à Milan pour une architecture moderne, un lieu qui fait rêver, le gratte-ciel Hadid (autre nom de la tour Generali) et ses queues longuissimes et plus de deux heures d’attente pour pouvoir jouir d’une vue unique sur la ville de Milan. L’affluence a contraint à arrêter les visites avant l’heure prévue ». Charleroi devrait peut-être missionner Zaha Hadid Architects pour dessiner sa tour : malgré la disparition de dame Zaha, l’agence enchaine les concours victorieux.

Via Eco di Bergamo 

 

Neandertal runner

Le bureau occupé par Wallace dans Blade Runner 2049 contribue à l’ambiance futuro-distopyque de cette suite du film de Ridley Scott. Certains architectes lui ont déjà trouvé un goût de « déjà-vu », et pour cause. Le décor reprend la perspective d’un concours perdu de l’agence Barozzi Veiga pour le musée du néanderthalien à Piloña, en Espagne. L’agence avait été contactée par la production, qui lui avait demandé le droit d’utiliser les images de ce projet conçu en 2010, sans préciser à quel moment du film il apparaitrait. Les architectes ont découvert leur projet transformé à la sortie du film.« Fantastique ! C’est super de découvrir que les projets que l’on dessine et ne construit pas puissent avoir une autre vie. Imagine toi que maintenant notre projet a été immortalisé dans Blade Runner ! » a déclaré Fabrizio Barozzi au site Plataforma architectura. Le cinéma de science-fiction, futur archive des projets de concours perdus?

Via Plataforma arquitectura 

 

Olivier Namias

Villes et mémoires : l’espace urbain à l’heure du grand déboulonnage

Villes et mémoires : l’espace urbain à l’heure du grand déboulonnage

Que faire des édifices de l’Italie Fasciste ? – Dakar, mémoires en noir et blanc – Lénine, l’indéboulonnable Vladimir – Camille Mauclair étrille Le Corbusier – l’archi cache-sexe – Porte française ou porte de patio ? – archichoquée aux Tuileries. La revue de presse du 10 octobre 2017 

 

Italie, terre vivante de l’archi-facho ?

Sujet particulièrement sensible outre-Atlantique, la question du démantèlement des statues confédérées occupait les esprits bien avant les dramatiques manifestations de Charlottesville. Elle s’accompagne d’une relecture de l’espace urbain à la lumière de l’histoire qui s’étend désormais à l’ensemble du monde occidental. Spécialisée dans la période fasciste, l’historienne américaine Ruth Ben-Ghiat n’hésite pas à voir dans la permanence des architectures et monuments construits sous Mussolini une indulgence des Italiens envers le fascisme. Évoquant le Palazzo della Civilta, Colisée cubique du quartier de l’EUR, Ben-Ghiat parle « d’un immeuble, qui, en deux mots, est la relique d’une odieuse agression fasciste (contre l’Éthiopie, dont il rappelle l’annexion). Loin d’être rejeté, il est célébré en Italie comme une icône moderne. En 2004, l’État l’a reconnu comme un site d’intérêt culturel ». Le lieu est en partie occupé depuis 2015 par une boutique de la marque de luxe Fendi, alors qu’aux USA, les monuments confédérés sont démantelés, que la France a débaptisé toutes les rues dédiées à Pétain, et que l’Allemagne a voté des lois contre l’apologie du nazisme. Or, selon Ben-Ghiat, si les monuments sont généralement considérés comme de simples objets esthétiques, alors l’extrême droite pourrait endosser leurs laides idéologies sans que personne ne s’en inquiète. « On doute que les employés de Fendi s’inquiètent des origines fascistes du Palazzo de la Civilta quand ils arrivent au travail tous les matins, leurs stilettos battant sur des sols de travertin et marbre, les matériaux préférés du régime ». Le travertin, fasciste lui aussi ?

Via The New Yorker 

Le Palais de la Civilisation italienne, à Rome, bâti sous la direction de Benito Mussolini en 1942, et maintenant le siège de Fendi. Photos par Stephen Bisgrove / Alamy

 

Les Populistes contre le style fasciste ?

Architecte spécialisé dans l’histoire de l’architecture de l’entre-deux-guerre et de l’après-guerre, Fulvio Irace a vivement réagi aux incriminations de l’historienne américaine. Faisant valoir les travaux des historiens donnant depuis 1972 une vision moins manichéenne des bons et mauvais architectes de l’ère fasciste, Irace rappelle que plus d’un demi-siècle d’études historiques a vidé de son sens le terme « d’architecture fasciste », pour le remplacer par architecture rationaliste, monumentale, ou plus simplement architecture de l’entre-deux-guerre. Une pirouette facile ? « L’idée que l’histoire soit une table rase que l’on pourrait redessiner selon les critères du politiquement correct en vigueur est malheureusement devenu la règle des dictateurs et populistes démocratiques en quête de légitimité. Il ne faut pas longtemps pour comprendre que derrière l’article du New Yorker se cache la énième version du principe funeste d’exportation de la démocratie, qui a créé tant de désastres dans les consciences et la géopolitique de ce siècle ». Fulvio voulait surement dire «universalisme».

Via Il Sole 24 Ore 

 

Dakar, coloniale ou métisse?

En imaginant que l’expulsion des symboles pétainistes hors de l’espace public avait suffi à pacifier les villes Françaises, Ruth Ben-Ghiat avait fait preuve d’un bel optimisme. Car ce sont maintenant d’autres chapitres de l’histoire qui sont sur la sellette, comme la mémoire du colonialisme et de l’esclavagisme. La question se pose chez les colonisateurs comme dans les pays colonisés, à travers l’architecture. En témoigne l’architecte Xavier Ricou, qui s’intéresse au patrimoine architectural de Dakar. Sa page Facebook « Senegalmetis » a été vue par certains comme une « sublimation du colon et la nostalgie de son administration ». L’intéressé s’en explique dans les colonnes du “Soleil”. « Pour la question sensible du rejet du colonialisme, moi je comprends bien la revendication politique et l’idée de vouloir repartir sur nos propres bases. Sauf qu’il faut nuancer tout cela. L’histoire coloniale n’est pas monolithique, elle a duré plusieurs siècles. (…) Il y a eu un réel métissage culturel. Ensuite, je considère que c’est important de savoir d’où l’on vient.  Nous sommes constitués de petits morceaux d’histoire et si on le comprend, on peut facilement savoir comment agir et aller de l’avant. Prenons l’exemple de la statue de Faidherbe. Une telle statue qui tombe, que ce soit là-bas ou au musée, elle doit bien être remise quelque part. Elle fait partie de notre histoire. Faidherbe était un gouverneur important qui a fait basculer le Sénégal d’un comptoir économique à une colonie, a créé Dakar et a mis en place énormément de réformes. À côté, il a massacré énormément de gens et commis de graves exactions. Tous ces paramètres doivent être pris en compte ensemble pour mieux étudier notre histoire et se l’approprier. Ce qui est regrettable maintenant, c’est que la plupart de ceux qui soulèvent ces combats réagissent de manière brutale et épidermique sans avoir le background historique nécessaire». L’espace urbain, territoire piégée des luttes de l’histoire et de la mémoire.

Via Le Soleil 

 

Heureux comme Lénine en Russie

L’hebdomadaire « Courrier international » fait le tour de ces nombreux affrontements mémoriels, qui sont loin de concerner, comme nous l’avons vu, le seul fascisme italien. Son dossier montre « un passé qui dérange » aux USA, en France (Colonialisme, passé vichyste, guerre d’Algérie), en Afrique du Sud (Apartheid), symboles communistes en Pologne, etc. Une infographie nous apprend que des 5 500 statues de Lénine recensées en Ukraine en 1991, seules 900 sont encore debout. En Russie, sur la même période, il reste 6 000 des 7 000 statues de l’homme de la Léna. Moscou en possède 182, Saint-Petersbourg (ex-Leningrad) 77, Krasnodar 21 et Kazan 18. Vladimir Illitch, AKA l’indéboulonnable !

«Ma nuit au mausolée», Courrier International, n°1405, 5-11 octobre 2017

 

Haro sur le béton

«Puisque lon rouvre la foire à la mémoire, pourquoi ne pas ressortir un pamphlet anti-corbuséen de derrière les fagots?» s’est-on sans doute dit au Figaro en exhumant un article écrit en avril 1933 par l’un de ses critiques phares, Camille Mauclair. Parmi les architectes modernes — qu’il baptisait utilitecte — déchaînant son ire, Mauclair réservait un traitement particulier au maître franco-suisse « Mais si les ouvrages sont humbles, les manifestes sont très arrogants. J’ai cité ici des passages des prophéties délirantes de l’utilitecte suisse Jeanneret, dont le pseudonyme Le Corbusier signifie destructeur de corbeaux, et qui passe pour génial chez les snobs et les bolchévisants, alors que les professionnels sérieux le tiennent pour un primaire échauffé ».  Pour Mauclair, rappelle le chroniqueur du Figaro de 2017, « le style particulièrement dépouillé du moment s’apparente à du nudisme. Un courant qui “a pu être une réaction naturelle contre le style nouille de 1900, écrit-il. Mais, avec ses machines à habiter, il inflige à nos yeux une laideur non moindre. Nous ne rejetterons jamais trop énergiquement la tristesse des maisons cellulaires et désarmées, l’hérésie de la bâtisse internationale pour termites humains, et cette cimentolâtrie qui ose décréter, au profit d’un matériau contestable et d’une carence du style, l’abandon de l’ornement et de la pierre de France”». Dures paroles entre deux futurs soutiens du gouvernement de Vichy, un architecte opportuniste et un plumitif antisémite convaincu. En plein devoir de mémoire, Le Figaro oublie de rappeler ce trait biographique de son ancienne plume vedette.

Via Boursorama 

 

Derrière la « French door »

Dans les «mac mansions», imposantes villas de la classe moyenne supérieure aux USA, on les appelle les « French Doors », doubles portes vitrées flanquées de deux pans fixes. Viennent-elles vraiment du cher pays de notre enfance ? « Comme beaucoup d’éléments d’architecture de la Renaissance, les portes-fenêtres à la française se sont propagées d’abord en Grande-Bretagne puis aux États-Unis, et notamment à New York dans les maisons bourgeoises. Ce sont ces mêmes riches propriétaires qui, au début du XXe siècle, vont transformer leurs “French doors” classiques en vitraux colorés aux motifs végétaux ou animaliers, très recherchés aujourd’hui », explique le webmagazine Frenchmorning. Selon l’architecte Elizabeth Maletz, architecte qui a rénové de nombreux brownstones, immeubles traditionnels new-yorkais, « les Américains continuent d’appeler les portes-fenêtres French doors par snobisme, parce que le terme français fait bien. C’est du vocabulaire d’agent immobilier, les autres personnes diraient plutôt ‘patio doors’ ». Et pourraient bien se voir rebaptiser « Patriot doors », dans l’éventualité d’une attaque américaine en Corée du Nord dont la France se désolidariserait.

Via Frenchmorning 

 

Archiporn

« La proposition de démolir ces édifices (de l’Italie fasciste) est aussi puérile et simplificatrice que fallacieuse, écrit Irace contrant le New York Times. Certes, depuis la guerre, les monuments ont été nettoyés par l’érosion des symboles les plus évidents du Fascio, des licteurs et des dédicaces au Duce. Mais personne ne rêva de les démolir, ne serait-ce que pour le coût social et économique de l’opération ». (voir plus haut) Au XXIe siècle, il y a bien d’autres méthodes pour cacher ce qu’on ne serait voir. Fan d’érotisme et d’architecture « Giulia en avait un peu marre de cette censure omniprésente (sur les réseaux sociaux dont Instagram) et cette artiste originaire de Brooklyn a donc eu une idée plutôt originale : réaliser des collages en mêlant des photos hautement pornographiques à des monuments et des créations architecturales ». Le résultat diffusé sur le compte Scientwehst est surprenant, et inaugure une nouvelle manière d’appréhender l’histoire de l’architecture.

Via Fredzone 

[masterslider id= »181″]

 

Domestikator 2

Jean-Luc Martinez, président du Musée du Louvre, n’exposera pas de l’Archiporn de si tôt. Il vient de refuser l’installation dans les jardins des tuileries de Domestikator, une sculpture habitable représentant des maisons de 12 mètres de haut en plein ébats sexuels. L’œuvre du hollandais Joep Van Lieshout créé pour le festival de Bochum en 2015 devait être remontée à Paris à l’occasion de la FIAC. Joep est dépité «Il n’y a rien de bestial dans le Domestikator. Mon propos, c’est comment les hommes domestiquent la planète, comment ils peuvent aussi l’améliorer» a-t-il confié dans la presse, affirmant que « la pièce elle-même n’est pas très explicite. Cela reste une forme très abstraite. Il n’y a pas de parties génitales dévoilées : c’est assez innocent». Jean-Luc Martinez se montre fermé à cette nouvelle forme de l’habitat urbain « des légendes sur Internet circulent et attribuent à cette œuvre une vision trop brutale qui risque d’être mal perçue par notre public traditionnel du jardin des Tuileries ». Public prude qui vient à peine de s’habituer aux bronzes de Maillol : il ne faudrait pas le brusquer, de crainte qu’il ne se mette lui aussi à déboulonner à tout va !

Via Konbini 

 

Olivier Namias

Nouvel, Gregotti, Zumthor, Adjaye et Brooks, starchitectes à la barre : la revue de presse du 13/07/2017

Nouvel, Gregotti, Zumthor, Adjaye et Brooks, starchitectes à la barre : la revue de presse du 13/07/2017

Nouvel, Gregotti, Zumthor, Adjaye et Brooks : starchitectes à la barre. La revue de presse du 13 juillet 2017

 

Avocarchitectes

Sans lien de parenté avec Albert Kahn, architecte de la Ford, ni avec Louis Kahn, architecte du parlement de l’ex-Pakistan Oriental, Sadiq Khan veut encourager l’architecture. Maire de Londres depuis 2016, il veut rendre « socialement et économiquement intégrative » sa ville. Un vrai défi dans une capitale anglaise touchée par des inégalités criantes en matière de logements, notamment. En prenant à bras le corps le devenir de l’habitat urbain, Khan espère arriver à rééquilibrer la ville et l’ouvrir à tous les Londoniens. Lors de la présentation à la London School of Economics de son programme de « Bonne Croissance par le Design », le maire a annoncé qu’il nommait 50 architectes comme « Design Advocates », avocats pour l’aménagement qui devront élaborer d’ambitieux standard de projets guidant le développement de la ville. David Adjaye et Alison Brooks sont les figures de proue de ce panel, qui compte une moitié de femme et un quart d’Afro-Britanniques, d’Anglo-Asiatique et autres minorités ethniques (ce qui s’appelle les BAME* dans la langue bureaucrate de Shakespeare). Une seconde partie de ce programme prévoit aussi de détacher des architectes et urbanistes auprès des autorités locales, pour « combler l’écart de compétences ».

*Pour Black,Asian, and minority ethnic

Via Dezeen 

David Adjaye est l’un des 50 défenseurs de la création nommé par le maire de Londres, Sadiq Khan, dans le cadre de son programme Good Growth by Design via Dezeen

 

 

Les raisons de Zumthor

L’apprentissage du métier d’architecte fourmille d’inattendus, même chez les plus grands : c’est ce que confie Peter Zumthor dans une interview aux médias suisses. « Il m’a fallu apprendre (que les échecs) faisaient partie du métier parce que personne ne me l’avait dit. Il y a des moments effroyables. J’ai eu les larmes aux yeux lorsqu’il m’a fallu assister à Berlin à la destruction des premières cages d’escalier de la Topographie de la terreur. Certains processus démocratiques suisses me désespèrent également », explique le Pritzker des Grisons. Finalement content de ne pas avoir pu racheter les thermes qu’il avait dessinés à Valls, Peter est interrogé sur le projet de tour de 300 mètres que conçoit actuellement Thom Mayne pour ce site. « Thom Mayne est un architecte intéressant, un bon architecte. Il y a 25 ans, nous avons enseigné ensemble dans une université de Los Angeles. Il m’impressionnait et il a souvent raconté des choses auxquelles je ne comprenais rien. Je regardais autour de moi et je constatais que les collègues et les étudiants ne saisissaient pas non plus. Mais il a construit des bâtiments formidables à Los Angeles. Maintenant, il ne connaît pas du tout la situation qui lui vaut ce mandat. Et une tour géante dans un village de montagne… Ici, il me faut dire non ». Zumthor travaille actuellement sur un projet de musée à Los Angeles, patrie de Thom Mayne. Espérons que là-bas, Thom pourra dire « oui ».

via Swissinfo 

Peter Zumthor aime bien construire ses maisons «jusqu’à la dernière vis». (Keystone) via Swissinfo

 

Un non dit

Question à 3,1 milliards d’euros posée au ministre de la Transition écologique et solidaire lors de la présentation de son plan climat : « Lurbanisation de 300 ha de terre agricole est-elle compatible avec lobjectif de neutralité carbone en 2050? » – le journaliste faisait allusion au projet d’Europacity, qui prévoit la construction d’un centre commercial sur des champs du triangle de Gonesse, près de Roissy. « Non » à répondu l’ex-présentateur d’Ushuaia, qui a invité à sortir de la folie des grandeurs et à se rappeler que « parfois small is very beautiful ». Serait-ce à dire que « parfois BIG is very ugly » ?

Via Le Parisien

Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, a présenté le Plan Climat du gouvernement. Julien Mattia/Le Pictorium/MaxPPP via Le Parisien

 

Non 2

Autre question à plusieurs millions d’euros, qui n’a pas été cette fois posée au ministre : les jeux Olympiques sont-ils carbone zéro compatible ? Pour Frédéric Viale, membre du collectif « Non au JO 2014 », la réponse est négative. « Ce n’est pas en promettant de faire fabriquer des assiettes en carton recyclable que seront réglés les problèmes des déchets ni de la consommation de carburant supplémentaire, ni les pollutions liées à la construction d’infrastructures. La Ville a engagé un “partenariat stratégique” avec le WWF, mais cette initiative relève d’une stratégie de verdissement qui n’engage pas à grand-chose, la Caisse des Dépôts étant là pour “compenser” les émissions de carbone », explique-t-il dans une tribune publiée par Le Monde. Et ce ne sont là qu’une partie des problèmes, détaille Viale. « Les Jeux olympiques sont ruineux : ils l’ont toujours été, ils le seront encore. Inutile de faire croire par une communication agressive que, miraculeusement, les Français sauront faire des Jeux raisonnables. Cela ne sera pas le cas. Par exemple, les coûts de sécurité ne sont pas budgétés (à Londres, ils ont été de l’ordre de 1 milliard d’euros). » Dépenses imprévues il y aura sûrement, pour lesquelles les citoyens n’ont jamais été consultés, souligne Viale, qui rappelle « avant de devenir maire de Paris (Anne Hidalgo) avait affirmé qu’elle ne poserait pas la candidature de Paris aux Jeux olympiques, “ruineux et dépassés”». Et pour l’exposition universelle, elle disait quoi ?

Via Le Monde 

via Le Monde

 

Un art sociétalo-social?

« Un architecte ne peut pas s’abriter derrière sa condition d’artiste pour faire ce qu’il a envie de faire », déclare Jean Nouvel, invité d’une série de masterclasses qui seront diffusées tout l’été sur France Culture. L’occasion pour l’architecte de revenir sur les fondamentaux du métier. « Ce qui est le plus important dans l’architecture, c’est la matière grise, l’idée. Les nouvelles technologies ne changent pas réellement la nature de l’objet. Un architecte doit être perfectionniste même si en général c’est loin de la perfection. L’architecture est un art utile, on a d’abord un rôle social. Il faut absolument que le rôle sociétal de l’architecte soit pris en compte ». Parmi les nombreux prix récompensant Nouvel, le site de France culture cite l’International Highrise Award, attribuée à l’architecte pour la «contribution exceptionnelle de l’architecte dans le débat de la grande hauteur», et pour la torre Agbar de Barcelone. Une tour restée longtemps sans locataires, dont on espère qu’elle a pu retrouver un rôle sociétal, sinon social.

via France-Culture 

Jean Nouvel Crédits : JEAN-PIERRE MULLER – AFP via France Culture

 

Vittorio-le-Nihiliste

Sociale ou non, l’architecture n’intéresse plus personne. C’est ce qu’affirme Vittorio Gregotti, un nom que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, en dépit de la place centrale qu’il a occupé dans le débat architectural européen du début des années 70 à la fin des années 1990. L’architecte reçoit à Milan dans des locaux vides, ceux de son agence qu’il est en train de fermer. « Il y a à peine quelques mois, il y avait là la Gregotti Associati, fondée en 1974, avec des chantiers en Italie et dans le monde entier, de l’Allemagne au Portugal en passant par la Chine. “Nous avons encore trois projets en cours, à Alger, en Chine et à Livourne, ou nous concevons un plan directeur. Mon associé Augusto Cagnardi s’en occupe”», explique le novarais, qui constate la baisse flagrante de son activité d’architecte « trois projets, et rien de plus. Certes, jai 90 ans, mais quarrive-t-il à notre monde? Les sociétés immobilières décident, si, avec les fonds de lArabie Saoudite, elles investiront à Berlin, Shanghai ou Milan, selon les opportunités. Elles calculent leur coût, analysent le marché, fixent les destinations. En dernier lieu arrive larchitecte, parfois à la mode, à qui lon demande de réaliser une image. La faute à qui ? « Le post-modernisme est une idéologie déclinante. Mais il a eu des effets dévastateurs. Il a interprété de façon candide le rapport à l’histoire, sans l’aborder de façon dialectique et conflictuelle, mais seulement en fonction du style. Il a conduit à considérer indépendamment l’enveloppe d’un bâtiment de sa fonction. Puis le post-modernisme a rencontré le capitalisme global ». Puis l’on est entré dans le post-gregottisme…

Via La Repubblica 

Vittorio Gregotti via La Repubblica

 

Archi reverse propaganda

N’en déplaise à Gregotti, il reste des gens qui continuent de s’intéresser à l’architecture, ne serait-ce que pour la dénigrer ou dénigrer leurs opposants. La NRA, la puissante National Rifle Association militant pour le droit de tout américain de posséder des armes à feu, a récemment diffusé un clip accusant la gauche américaine d’« utiliser leur média pour assassiner la vraie information ». « Ils utilisent leurs écoles pour enseigner aux enfants que leur président est un nouvel Hitler». « Ils utilisent leur stars de cinéma, leurs chanteurs et leurs spectacles et leurs remises de prix pour répéter inlassablement la même histoire ». Et « ils » aiment l’architecture moderne. Faute de pouvoir montrer ce peuple malfaisant qu’elle désigne par la troisième personne du pluriel, la NRA a illustré son clip d’architectures contemporaines ou modernes : la Los Angeles Times, le Disney Hall, le haricot d’Anish Kapoor à Chicago ou le siège du New York Times de Renzo Piano. Christopher Hawthorne, critique aux LA Times, decrytpe le message caché dans cette passion soudaine pour l’art moderne de bâtir. Les concepteurs de ces bâtiments sont des étrangers, ou des juifs, ou parfois les deux. Un article paru un jour avant la sortie de la vidéo sur le site infowars allait dans le même sens « Le but des « Globalistes » est d’uniformiser la planète dans un manteau de tristesse. En affadissant nos sens, ils espèrent ternir notre essence vitale » – sans doute les «fluides» que le Général Ripper du docteur Folamour voulait préserver du communisme… Après avoir dénoncé l’architecture cosmopolite, les néoconservateurs vont-t-ils promouvoir l’architecture bien américaine ? Est-elle en pierre, en bois, en béton ? Emprunte-t-elle ses colonnes aux temples grecs?? On attend la sortie du guide NRA d’architecture patriotique pour en avoir une vision plus précise.

Via The LA TIMES 

 

 

Haussmann en Afrique

L’incendie de la tour Grenfell à Londres a défrayé la chronique. L’incendie du marché de Bromakoté, à Abidjan, n’a suscité que l’indifférence. L’évènement est trop récurent pour pouvoir étonner. « Après donc la pluie, qui nous surprend régulièrement, chaque année, à peu près aux mêmes dates, c’est au tour du feu de nous surprendre tout aussi régulièrement sur nos marchés et ailleurs », constate Venance Konan. Directeur de Fraternité matin, le plus grand groupe de presse de cote d’ivoire, il s’emporte contre le sentiment de fatalité qui favorise la résignation après chaque catastrophe, plutôt que de trouver les moyens d’agir. « Est-il si difficile de savoir, par exemple, qu’en obstruant les égouts dun quartier on prend le risque de les voir déborder en cas de pluie? Ou que lon risque un court-circuit qui peut entraîner un incendie lorsque lon fait des branchements électriques anarchiques? Savons-nous aussi que le rôle des autorités est de protéger les citoyens, parfois contre eux-mêmes? » Pour mettre un ordre dans ce chaos urbain, Konan en appelle au Baron Haussmann, qui traça de grandes avenues au prix de la destruction de milliers de bâtiment. Le journaliste fait de la démolition de maisons mal situées ou construites dans des zones dangereuses une priorité. La cote d’ivoire possède déjà un Chérif Ousmane, mais pour l’instant il commande les commandos parachutistes. Peu de gens doivent être impatients que les bataillons de ce Baron Ousmane ouvrent des boulevards dans la capitale ivoirienne…

Via Courrier International

À la recherche du baron Haussmann d’Abidjan via Le Courrier International

 

Olivier Namias

Critiques et histoires d’eau : la revue de presse du 5 juillet 2017

Critiques et histoires d’eau : la revue de presse du 5 juillet 2017

Adélaïde la laide – Pavillonneurs contre websurfer – les fuites dans l’oculus – l’Angleterre réhabilite le PoMo d’Outram – Renzo Piano malmené à Cagliari – Apple, un campus circulaire et nombriliste : la revue de presse du 5 juillet 2017

 

La laideur d’Adélaïde

Beaucoup de prétendants au titre de bâtiment le plus laid d’Adélaïde, capitale de l’Australie-Méridionale. La compétition lancée par un journal local a permis de repérer les belles têtes de vainqueurs : de nombreux hôpitaux, un nouveau tribunal «et même le palais des festivals d’Adélaïde, qui a figuré dans la liste du bâtiment le plus laid du monde dressé par le journal britannique The Telegraphe au début du mois». Mario Dreosti, représentant de l’institut des architectes australiens, s’est fait l’avocat de ces bâtiments décriés : « j’ai toujours pensé qu’un immeuble vaut bien plus que sa façade. Un bâtiment dont vous pourrez ne pas apprécier l’esthétique peut fonctionner très bien, et peut offrir aux gens un excellent logement ou un environnement de travail fabuleux – nous devrions nous en souvenir lorsque nous évaluons et commentons l’architecture». S’il est entendu, le conseil sauvera peut-être les logements étudiants du 231 Waymouth Street – un clone ultra perforé de la Zollverein School de Sanaa – de la vindicte publique.

Via Adelaide Now   

 

Les pavillonneurs américains aiment la liberté d’expression

Zillow, promoteur immobilier américain spécialisé dans la maison Merlin locale, un type de pavillon gonflé aux hormones désormais connu sous le sobriquet de McMansion, n’en pouvait plus d’être moqué sur internet par Kate Wagner, étudiante en acoustique et animatrice du site McMansion Hell. Sur ses pages, Wagner surcharge les photos de ces villas de commentaires ironiques et critiques, en utilisant à l’occasion des images représentant les productions de Zillow, qui a engagé une action légale pour faire fermer le site. Devant le tollé des internautes, mobilisé via twitter, et l’engagement de l’Electronic Frontier Foundation, une ONG qui milite pour la liberté numérique et la liberté d’expression, le promoteur a dû faire machine arrière. « Nous avons décidé d’abandonner toute action juridique à l’encontre de Kate Wagner et de son site. (…) Nous n’avons jamais eu l’intention de fermer McMansion Hell, ou pour cela sembler attaquer la liberté d’expression de Kate Wagner. Notre démarche procédait d’un excès de précaution envers nos partenaires — les agents et vendeurs qui nous ont confié les photos des maisons de leurs clients ». Wagner a gagné, mais devra retirer les images venant de chez Zillow, ce qui risque d’amoindrir le potentiel comique du site. Et en France, pas de site www.enferfrancobelge.com ou cauchemardephoenix.net ?

via Archpaper 

Zillow dépose sa croisade juridique contre McMansion Hell. (McMansion Hell / Image via domain.com.au)

 

Et pourtant, elle fuit

Les détracteurs de la Canopée des Halles, et notamment tous ceux qui blâment les fuites de cette couverture pourraient-ils se consoler des déboires de l’«Oculus », pôle multimodal de 4 milliards de dollars conçu par Calatrava ? « Il y a plus de fuites qu’entre les russes et l’administration Trump », ironise Archpaper, qui accuse l’autorité portuaire, gestionnaire du bâtiment, de déni total de réalité devant ces malfaçons. « Il n’y a pas eu de fuite cette semaine dans l’Oculus », a affirmé le porte-parole du maître d’ouvrage. Et pourtant « nous l’absorbons et la drainons. C’est beaucoup de travail. Non-stop, a déclaré au New York Post un des « serpilleurs » du bâtiment. Les gens ont des accidents. Comme lors du dernier jour de pluie, une personne a failli se casser le cou », relate un employé à la maintenance. La victime en question, une femme, descendait des marches quand elle a glissé sur une flaque d’eau. « Les gens glissent et se font vraiment du mal, parce que vous voyez, ce sont des sols en marbre ». Petit conseil à Calatrava, dont les bâtiments sont souvent sujets aux fuites : la prochaine fois, prévoir des sols en éponge.

Via Archpaper 

L’Autorité portuaire est dans le déni de son Oculus qui fuit. (Courtesy Harvey Barrison/Flickr)

 

Eau de PoMo

C’est un temple étrange et bariolé, un mixte de style Aztèque et Greco-Romain, avec au centre de son fronton une turbine de réacteur. Construite entre 1986 et 1988, cette station de pompage extravagante a été dessinée par John Outram, un architecte postmoderniste un peu oublié de ce côté-ci du Channel. Elle fait partie d’une commande pour trois stations de pompage passée à la barbe de Margaret Tatcher, qui ne voulait pas que de l’argent public soit dépensé dans ce type de projet. Rogers et Grimshaw réalisèrent les deux autres stations de pompage. Ils ont connu une notoriété mondiale, mais Outram tient sa revanche, puisque son « Temple des tempêtes » vient d’être élevé au grade II — qui distingue les édifices particulièrement importants ou d’un intérêt spécial — par le service des monuments historiques anglais. C’est le symbole « d’une nouvelle vague d’inventaire qui couronne une ère d’esprit et de fun en architecture », explique le critique d’architecture du Guardian Oliver Wainwright, qui voit dans l’équipement un des nombreux bâtiments d’Outram méritant l’inscription. Pour redonner du souffle à son roman national, l’Angleterre du Brexit sera-t-elle conduite à se pâmer devant le PoMo ?

Via The Guardian

Nous avons eu beaucoup de plaisir et de jeux … La station de pompage John Outram de classe II * sur l’île de Dogs de Londres. Photographe : James Davies/Historic England Archi

 

Renzo et Liberto, architectes dans l’eau

À Milan, les idées de Renzo Piano guideront la restructuration du Politecnico, l’université dont il est sorti diplômé en 1964 avec un travail portant sur la «Modulation et la coordination modulaire». Le projet, à 65 millions d’euros, sera exécuté par l’agence ODB architects. Salué à Milan, Renzo Piano est outragé à la faculté d’architecture de Cagliari, en Sardaigne. Une étudiante l’a jeté dans la fontaine pour faire enrager une de ses camarades de promo, et s’est ensuite glorifiée du fait sur un intranet de l’établissement. « Le recteur de l’université Maria del Zompo s’est tout de suite inquiété de l’état de Renzo Piano – le chat mascotte de la faculté d’architecture ». Ce Piano n’était qu’un félin, mais l’histoire a pris le caractère de drame national, et l’étudiante en question s’est confondue en excuse sur le net, affirmant regretter infiniment cette situation. Comme si cela ne suffisait pas à jeter l’opprobre sur les architectes, on apprend que dans la prochaine saison de «Une Vie», télénovela espagnole que s’apprête à diffuser la cinquième chaîne italienne, le couple vedette Rosina et Liberto se baigneront nu dans un lac. Scandale, car Liberto est un étudiant en architecture, et il a menti à sa mère sur ses études, loin d’être aussi avancées qu’il veut bien le prétendre. Les architectes et les histoires d’eau : un nouveau chapitre qui pourrait enrichir l’exposition que la Cité de l’architecture consacre à cette figure professionnelle.

Via  il Giorno, YouTG et Blasting News 

 

Pomme empoisonnée

Le nouveau siège d’Apple est l’objet de toutes les admirations, surprenant jusque dans ses moindres détails : « (le bâtiment) possède les meilleures poignées de porte. Elles sont faites de rails d’aluminium façonnés par fraisage à haute précision, fixés aux portes de verre sans boulons visibles », rappelle Dan Winters dans les colonnes de Wired. Verre courbe bombé pour conduire la pluie, arbres résistant aux sécheresses, etc. Le bâtiment de 5 milliards de dollars rassemble le meilleur, tout simplement. Sauf qu’un bâtiment vit aussi avec son extérieur, rappelle Winters. Dès lors que l’on adopte un point de vue contextuel, le bâtiment est rétrograde, autocentré, méprise la ville qui l’entoure et le monde en général. L’impact sur l’environnement est calamiteux, affirme Winters, qui pointe du doigt les déplacements induits par la localisation du bâtiment, la faiblesse des contributions de l’entreprise aux finances locales, le choix de non-mixité fonctionnel de la firme à la pomme comme son inaction en matière de construction de logements, un secteur frappé par une flambée des prix doublée d’une pénurie depuis sa mise sous pression par les entreprises de Silicon Valley. Un problème tel que Google prévoit de construire 10 000 logements avec son nouveau siège. Pas Apple, qui favorise par son attitude le règne du tout voiture. « La compagnie aurait pu doubler les fréquences des trains. Elle aurait pu construire un pôle de transport à Cupertino, qui, contrairement à Mountain View (Google) et Palo Alto, en est dépourvu. Ce n’était pas une question d’argent », explique le rédacteur en chef d’un journal local, rappelant que la firme de Steve Jobs dispose d’un trésor de 250 milliards de dollars en cash. « Qu’aurait pu construire Apple ? Quelque chose de plus haut, entouré de bâtiment mixte ? Cupertino ne l’aurait jamais permis. Mais en laissant de côté le problème de forme, le meilleur, le plus brillant des designers (Johnatan Ive) et des architectes (Norman Foster) du monde auraient pu essayer quelque chose de nouveau. Au lieu de produire à un bâtiment ressemblant à un nombril, pour après passer son temps à le contempler ». Dis-moi où tu habites….

Via Wired 

Photos DAN WINTERS via Wired

 

Olivier Namias

Poules, pixels, Russie, Chine, dynamite : la revue de presse du 28 juin 2017

Poules, pixels, Russie, Chine, dynamite : la revue de presse du 28 juin 2017

Entre poules et pixels, entre Russie et Chine, de la Dynamite en architecture : la revue de presse du 28 juin 2017

 

L’architecture de pixels

Matt Shaw, journaliste à Archpaper, commente une série de projets imaginaires qui ont récemment fait le « buzz » sur la toile, comme ce gratte-ciel arrimé à un astéroïde flottant au-dessus de New York. « Pourquoi “pendre” un gratte-ciel à un astéroïde, et pourquoi prenons-nous cette élucubration au sérieux ? On trouverait difficilement objet plus inutile pour le débat architectural ». Autre projet s’attirant les foudres de Shaw, le Big Bend, réunion de deux IGH à leur sommet par un coude, ce qui lui donne la forme d’un U inversé. « Il pourrait devenir le plus long du monde », s’enthousiasmait le Huffington Post devant ce qui est pour Shaw la version architecturale de la fake news. « Même pas une idée convaincante, que l’on pourrait à peine qualifier de formaliste, et encore moins d’architecture conceptuelle ». Pour Shaw, Dror Benshetrit, l’architecte de ces projets, est moins à blâmer que les réseaux et les nouvelles formes de communication. « Aujourd’hui, les idées se diffusent à travers des médias peu sélectifs, comme les tweets de 140 caractères dont les jeunes auteurs ont qui troqué l’écriture pour la régurgitation de fragments critiques en suspension dans l’éther ». Pour nourrir la bête et étancher sa soif de clics, n’importe quoi fait l’affaire. « Le résultat est que les mauvaises idées peuvent arriver au premier plan et se placer au centre des discussions architecturales très facilement, grâce aux algorithmes. Ce qui passe pour “radical”, “idée”, “théorie”, et “concept” s’érode désormais aussi vite que les discours politiques ». L’architecture de papier était plus durable !

Via Archpaper

L’architecture a-t-elle une crise d’idées? (Courtesy Oiio Studio/via Huffington Post)

 

Mode vs architecture

« Juste avant d’aller en cours, l’étudiante en journaliste Espe Hernandez et l’étudiant en architecture Sebastien Gomez posaient dans leur jean déchiré favori et partageaient l’image sur les réseaux ». Leur blog, twotrends, est devenu un business à plein temps qui leur a ouvert les portes de publications prestigieuses comme Ocean Drive Magazine et Marie Claire Taiwan. « À l’instar d’un architecte qui doit imaginer un immeuble avant qu’il soit construit, nous projetons où nous voulons amener “twotrends” » explique Gomez, qui assure la direction artistique, tandis que Hernandez écrit. « Quand nous avons commencé notre blog, il traitait principalement de vêtements et de mode, puis nous nous sommes aperçus que les lecteurs s’intéressaient aussi à nous — ou nous nous sortions, ou nous voyagions et à ce que nous portions ». Et rien sur l’architecture qui faisait vibrer « Espe et Sebas » ? Le professeur d’architecture de Gomez a insisté sur l’importance d’avoir une mentalité d’entrepreneur, et l’a encouragé à poursuivre son activité on-line.

Via FIU 

 

Chaud Paris

Paris chauffe-t-il ? oui, peut-on affirmer depuis l’épisode de canicule qui a frappé la capitale à la mi-juin, exposant les revers de la minéralité urbaine. En pierre et avec peu de végétation, la Ville lumière se transforme facilement en Ville fournaise. « Ainsi quasiment toute la capitale est un « îlot de chaleur ». Les immeubles haussmanniens les toits en ardoises ou cuivre sont de véritables pièges à chaleur. Tous ceux qui habitent au dernier étage peuvent en témoigner aisément. Ginette, retraitée, a vu le thermomètre grimper à 40° dans son logement du XVIIe arrondissement » rapporte le Parisien. Le plan « Chalex » permet aux plus vulnérables de rejoindre des lieux climatisés, une solution d’urgence en attendant la mise en place de dispositifs plus pérennes. « Paris a une densité de population et une architecture historique. On a détruit pour construire et on le paie aujourd’hui. Sans parler des rues et de la présence de la voiture. Bilan, la capitale est très sèche. Mais à l’image du quartier Clichy-Batignolles, on peut changer la donne. En mélangeant eau et végétal, on a créé du bioclimatisme. Sans parler d’un enrobé qui va être prochainement testé à Paris, le CLN (NDLR : Cool low noise). Il permet de réduire le bruit, mais aussi d’évacuer la chaleur » explique Erwan Cordeau, spécialiste air, énergie et climat à l’IAU. Sebastien Maire, responsable de la résilience à la Mairie de Paris, imagine d’autres solutions pour faire face au cycle de canicule, qui seront le lot d’un été sur deux à partir de 2050. L’une d’entre elles mobilise l’eau « pour rafraîchir la ville, on a besoin d’eau, pour brumiser, arroser… et celle-ci doit répondre à des critères sanitaires. Ce qui appuie le choix actuel de rendre la Seine aux habitants. On doit pouvoir l’utiliser pour se rafraîchir, comme aux siècles passés. Dès cet été, on se baignera dans le bassin de la Villette, dès 2019 dans le lac Daumesnil. La Seine et ses affluents sont donc un atout, à préserver ». Albert Levy, architecte et urbaniste, dresse un diagnostic alarmant sur l’ICU (l’îlot de chaleur urbain) parisien : « Par ses caractéristiques urbanistiques, Paris est vulnérable aux canicules, il faut donc veiller, dans le contexte du changement climatique actuel, à ce que les politiques urbaines menées ne renforcent cette vulnérabilité, rendant in fine, à certaines périodes de l’année, la ville inhabitable ». À l’encontre de la politique de la ville de Paris, il prône un urbanisme de verdissement et d’introduction de l’eau et de dédensification. Pour tout aller dans des « chalex » ?

Via Le Monde, Weka, Le Parisien

Carte des îlots de chaleur en pleine nuit à Paris IAU-IDF via Le Parisien

 

En ville avec ma Poule

Les temps ont changé, et les défis urbains qui s’annoncent peuvent prendre des formes inédites. La ville québécoise de Saguenay, en a fait récemment l’expérience « À la mi-avril (la conseillère municipale Martine Gauthier) a fait plusieurs interventions pour en arriver à un règlement afin d’autoriser les poules en ville. (…). Il n’est pas question d’improviser un règlement et on se doit d’en connaître les tenants et aboutissants. Nous avons recommandé de poursuivre (une) analyse », explique le conseiller Jonathan Tremblay, président de la Commission des Services communautaires ». Si, par le passé, le sujet ne posait sans doute aucune question, il en va autrement dans la société contemporaine. De nombreux freins doivent être levés avant d’inviter sa poule chez soi. Le Service de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme analyse la possibilité de modifier le règlement de zonage pour permettre l’élevage de gallinacés sur les propriétés résidentielles. « Le bien-être des animaux et la protection de l’environnement sont des préoccupations majeures pour l’élaboration d’un règlement municipal relatif à la garde des volailles en milieu urbain. « Les problèmes sont, notamment, les gens peu informés, l’abandon des animaux, l’impact sur le voisinage, l’intégration d’un poulailler avec un environnement urbain, l’entretien de l’installation d’élevage et la gestion des excréments et l’élimination des poules mortes. Donc, avant d’entreprendre une modification réglementaire, on recommande d’y aller par étapes, soit de créer un comité avec les intervenants potentiels, de proposer un cadre réglementaire et organiser une consultation avec les citoyens intéressés par l’agriculture urbaine », a pour sa part expliqué le Marc Pettersen, président du la Commission de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme de Saguenay. Pettersen affirme ne pas vouloir faire du dossier un enjeu politique : les citoyens ont sûrement d’autres chats à fouetter.

Via Le Courrier du Saguenay 

 

Voyage en Russochinie

Fondée en 1898 par des ingénieurs russes venus construire les chemins de fer de l’est de la Chine, Harbin a vu affluer plus de 100 000 Russes blancs fuyant les soviets. Les Chinois s’y installèrent également, comme ouvriers ou marchands, et ceux atteignirent la prospérité y édifier des maisons de styles européens, selon des plans inspirés de leurs voisins européens. Une histoire qui a fait de Harbin une sorte de ville russo-européenne, qui voit son patrimoine menacé par la prospérité économique. La population chinoise se serait mobilisée pour éviter les démolitions. « Affligés par ce processus de destruction et responsabilisés par les réseaux sociaux, M. Bu, Mme Gao et d’autres habitants se sont mobilisés pour préserver ce qu’il reste de l’architecture russe de Harbin endommagée par la guerre, la révolution et désormais le réaménagement urbain ». La ville, qui prend lentement conscience de la valeur touristique de ces édifices, en conserve certains et tente d’en reproduire d’autres « Dans le quartier de Lao Daowai, la municipalité a expulsé les résidents, fait détruire les vieilles maisons pour les remplacer par des bâtiments reproduisant un style ancien loués à des sociétés commerciales. Ce projet dont il existe des équivalents dans de nombreuses autres villes chinoises ayant construit de nouvelles “villes anciennes” a été accueilli avec mépris par les défenseurs locaux du patrimoine qui jugent absurde de démolir l’architecture ancienne authentique pour bâtir des imitations ». « C’est un échec, car c’est factice », estime M. Hu ». En architecture comme ailleurs, il faut se méfier des contrefaçons.

Via Russie Info et The New York Times

La cathédrale Sainte-Sophie, centenaire, a été conservée en tant que musée à Harbin. Gilles Sabrié pour le NYTimes

 

Napoleon Dynamite

Pas besoin de détruire des bâtiments pour faire table rase du passé, ou du présent qui lui appartiendrait déjà. « Nous pensons qu’il faut dynamiter la façon d’enseigner l’architecture en France », affirment Christian Girard et Philippe Morel, créateurs du département digital knowledge à l’école d’architecture Paris-Malaquais. « Malheureusement en France les agences d’architecture sont en retard sur les innovations. Très peu d’entre elles ont des cellules de R et D, comme c’est le cas par exemple chez Norman Foster ou Zaha Hadid Architects. (…) Aujourd’hui on ne peut pas sortir d’une école d’architecture sans savoir programmer ou, au minimum, comprendre les principes fondamentaux de la computation, cela permet d’avoir une puissance opérationnelle. Mais, hélas, la tradition culturelle française assimile toujours l’architecte à un artiste. L’enseignement en Allemagne, en Hollande, en Suisse ou en Angleterre est un enseignement plus technique. En France, la computation n’est maîtrisée ni par les professeurs ni par les étudiants. L’anglais, qui est la langue de l’architecture, est encore trop peu utilisé. Si on ajoute à cela une forme de technophobie, on comprend le retard français dans la fabrication numérique ». Sacrés Frenchies enfermés dans leur village gaulois, toujours à la bourre d’une technologie ! « Par ailleurs, nous sommes la seule école d’architecture en France à avoir un robot. Nous essayons d’apporter aux étudiants une sensibilité au faire par la robotique, qui supprime la question de la malfaçon et ouvre des possibilités de construction sans commune mesure avec les procédés habituels », explique Girard, qui voit dans l’augmentation des moyens techniques une solution à la pénurie de logements et à une démocratisation de l’architecture, quitte à se passer de l’architecte. Pourtant, en face des robots, les étudiants du monde entier développent leur sensibilité au faire en se tournant vers le bricolage et le do-it -yourself. Entre le Low et High Tech, le geek et le bûcheron, qui est in, qui est out ?

Via Le Monde

Bras robotique du laboratoire d’architecture de Zurich. ANDREA DIGLAS/ ITA/ARCH-TEC-LAB AG

 

Olivier Namias

L’architecture aux prises avec l’économie : la revue de presse du 6 juin 2017

L’architecture aux prises avec l’économie : la revue de presse du 6 juin 2017

La fondation Louis Vuitton, les 20 ans du Guggenheim à Bilbao, architecte et stewart même combat, don de bâtiment en Italie, un Doodle pour Zaha : la revue de presse du 6 juin 2017.

 

 

Triste Top 10

Quel est le point commun d’un architecte avec une hôtesse de caisse, un professeur d’EPS, une documentaliste et un opérateur d’industrie textile ? Figurer dans le top 10 des métiers… qui recrutent le moins, une distinction dont se passeraient également les employés de banque, les hôtesses de l’air/steward, les psychologues, les animateurs socioculturels, les documentalistes et les journalistes, figurant également dans ce classement des 10 métiers pour être sur d’être au chômage, établi par le site Qapa.fr. Si vous habitez l’Ariège, la Haute-Corse ou la Corrèze, les trois départements qui recrutent le moins, choisir une de ces dix professions vous éloignera à coup sûr du monde du travail. Vaut-il mieux se tourner vers les métiers qui recrutent le plus, comme préparateur de commande, télé conseiller, gestionnaire de paie ou chauffeur poids lourd, plutôt que de figurer dans les poids plume de l’employabilité en s’obstinant à vouloir être architecte en Franche-Comté, sans parler des architectes-journalistes en Haute-Corse ?

Via Le Figaro étudiant 

10 métiers pour être sûr d’être au chômage. Crédits photo: Andrey Popov. via Le Figaro étudiant

 

Vuitton, l’heure des comptes

Le prix de la fondation Louis Vuitton à Boulogne était un secret bien gardé. 100 millions d’euros, avait déclaré le maître d’ouvrage, déclenchant le scepticisme dans la profession. Les plus optimistes estimaient qu’il fallait plutôt multiplier cette somme par trois pour connaître le véritable coût du chantier, ne serait-ce que pour absorber les milliers d’heures d’ingénierie que le bâtiment avait absorbées. Un architecte chiffrait le coût du paquebot à 1 milliard d’euros. Bingo ! Il ne se serait trompé que de 200 millions. Selon une information du journal Marianne relayé par le Courrier de l’architecte, c’est pour la modique somme de 800 millions d’euros que Paris a la chance de voir s’élever son BEB (bâtiment équivalent Bilbao). Cerise sur le gâteau, 80 % de la facture a été défiscalisée, soit 610 millions d’euros qui reviennent à la charge du contribuable. Merci qui ?

Via Le Courrier de l’architecte 

 

 

Bilbao, l’heure du bilan

20 ans après l’inauguration du Guggenheim de Bilbao, Le Monde s’entretient avec le directeur général du musée, Juan Ignacio Vidarte, qui vient confirmer l’effet Bilbao qu’à eu son musée sur la ville de Bilbao. « L’impact du musée sur l’activité du Pays basque a atteint, selon une enquête réalisée par le cabinet d’audit stratégique B + i Strategy, 485 millions d’euros en 2016. » Des revenus liés au commerce, aux restaurants, aux hôtels, au transport. « Il a permis le maintien de plus de 9 000 emplois indirects. À quoi s’ajoutent des recettes fiscales de près de 66 millions. Rien que cette somme correspond à sept fois les subsides accordés chaque année par les pouvoirs publics au musée », explique M. Vidarte ». Le musée double son rayonnement mondial d’un enracinement local, en témoigne les 17 000 adhérents des amis du musée, majoritairement basques. Son budget annuel est de 28 millions d’euros, financés à 70 % par des recettes propres. Cerise sur le gâteau, sa construction avait coûté à l’époque 110 millions d’euros… Par rapport au Vuitton, un vrai bâtiment low-cost…

Via Le Monde

Le Musée Guggenheim de Bilbao, au Pays basque espagnol. MIQUEL GONZALEZ/LAIF-REA via Le Monde

 

13 ans déjà

Google a voulu rendre hommage à Zaha Hadid, l’architecte anglo-irakienne disparue voici plus d’un an. Pour le 13 anniversaire de sa nomination au Pritzker Prize, le géant de Mountain View s’est fendu d’un Google Doodle, dessin représentant Zaha devant son bâtiment de Bakou. Il remplaçait le classique signe Google dans 20 pays. Tange, Gaudi, Mies et Jane Jacobs avaient avant elle obtenu les honneurs du google doodle

Via Dezeen

Google Doodle se souvient de la victoire du Prix Pritzker 2004 de Zaha Hadid via Dezeen

 

Un gratuit nommé bâtiment

Fermes, monastères, châteaux, auberges, maisons : il y a le choix des programmes dans les 103 sites que le gouvernement italien donne gratuitement… à qui s’engagera à les restaurer, et les transformer en bâtiments touristiques. Cette stratégie imaginée par l’agence des biens nationaux et le ministère de la Culture devrait contribuer aux développements d’un tourisme hors des sentiers battus de la péninsule, faisant baisser la pression sur des sites pris d’assaut comme Venise. Repartis du nord au sud de la botte, les bâtiments sont localisés le long des routes de pèlerinage ou de pistes cyclables. Les candidats à l’acquisition, qui devront avoir de préférence moins de 40 ans et un profil entrepreneurial auront neuf ans pour réaliser leur projet, période qui pourra être renouvelée une fois. Une deuxième campagne devrait « offrir » 200 bâtiments. La gratuité est une nouveauté : en 2013, le gouvernement italien avait mis aux enchères 50 sites prestigieux — deux îles vénitiennes et le château où Tom Cruise avait célébré son mariage scientologue — et récolté 502 millions d’euros versés à un « Plan pour tuer la dette publique ». On ne pariera pas sur qui aura la peau de l’autre…

via The Local 

Cette ancienne école des Pouilles pourrait être à vous. Photo: Agenzia del Demanio via The local

 

Olivier Namias

Hélicoïde, OTAN, Babel, Hong Kong, Brignon : La revue de presse du 30 mai 2017

Du centre commercial au centre carcéral

Étrange pyramide à gradin construite à la fin des années 50 sur la base d’un plan de forme patatoïde, couronné par un dôme géodésique à la Buckminster Fuller, le centre commercial Hélicoïde devait porter le Venezuela au pinacle de la modernité. Pablo Neruda, le poète, y voyait « l’une des plus délicates créations jamais sorties de l’esprit d’un architecte», Salvador Dalí voulait exposer ses œuvres dans ce mall innovant que l’on parcourait en voiture — « une montagne de boutiques avec rampes », résumait l’un des architectes de l’agence Arquitectura y Urbanismo CA, qui avait conçu ce projet d’inspiration ouvertement wrightienne. Parmi les 320 boutiques, des garages, un concessionnaire automobile, un lave-auto, mais aussi un lieu d’exposition, une piscine, un bowling un cinéma, et une station de radio diffusant les offres commerciales du moment. Le shopping-by-driving était-il une idée révolutionnaire ? On ne le saura jamais, car la chute du dictateur Pérez Jiménez signera la fin de ce rêve commercial. Le public boudera le bâtiment qu’il associera à la dictature. Il sera question d’y installer un musée d’anthropologie, un centre de l’environnement, mais c’est finalement en prison et centre de torture que le lieu est utilisé. Celeste Olaquiaga, animatrice du site ‘Project Helicoide’, s’insurge « puisque l’Hélicoïde n’a pas été conçu pour être une prison, son utilisation est principalement une violation des droits humains et doit cesser (…) et demande à ce qu’on donne une deuxième chance au bâtiment ». Il a fait son temps sous les barreaux après tout, et faire ça à un centre commercial, c’est une atteinte au droit du bâtiment.

Via Citylabs

Un centre commercial devient une prison
Construit pour être un centre commercial, Helicoide est aujourd’hui une prison.

Centre commercial

 

Génie ou mythomane?

« Parmi tous les architectes considérés comme grands, il provoque en moi une allergie. Ce n’est pas pour son coté mythomane, menteur et égocentrique laissant derrière lui un sillage de destruction émotionnelle, ni parce que ses bâtiments fuyaient ou s’écroulaient quand ils ne dépassaient pas les budgets prévus, ou que les chaises qu’il a dessinées ne tiennent pas debout et défient les normes élémentaires de confort, ni qu’il a écrit et discouru d’un langage pur, brillant, de non-sens, ni pour ses hypocrites prêches pour la démocratie et la liberté s’accommodant de flirt avec des tyrans comme Mussolini ou Staline. Il était tout ça, mais le plus agaçant de son génie c’est qu’il se fourvoyait trop souvent dans une démonstration de virtuosités répondant à des impératifs incompréhensibles». Vous avez reconnu Frank Lloyd Wright, dont on s’apprête à fêter les 150 ans par une exposition au MoMA. Un critique d’architecture s’interroge : était-il un mythomane ou un génie ? Un de ses biographes décrivait l’architecte comme un «virtuose du faux témoignage», capable de mentir sur sa date de naissance et de s’envoyer des faux télégrammes le félicitant de la bonne tenue de son hôtel tokyoïte lors du tremblement de terre de 1923. «Même ses plus grandes oeuvres – Fallingwater et le Guggenheim – présentaient de sérieux défauts. Mais, encore une fois, le monde serait moins riche sans eux». Frankie est sauvé : on pourra même fêter ses 200 ans.

Via The Guardian

Frank Lloyd Wright et Olgivanna
Frank Lloyd Wright et sa femme Olgivanna en 1937/ Via The Guardian

 

 

Les trésors cachés de Wichita

«C’est une maison spectaculaire (…) c’est sans doute l’un des secrets les mieux gardés de Wichita, et j’aimerais que ce ne soit plus confidentiel car c’est un véritable joyau de notre couronne». Liz Koch parle de la Allen House, une maison wrightienne de style «prairie» construite en 1918 pour le patron de presse et ancien gouverneur du Kansas Henry Allen. Koch dirige une fondation qui s’est donné pour objet de remettre la maison dans son état d’origine : «« Il nous a fallu trois mois pour décaper le bois et exposer ses couleurs naturelles», dit Howard Ellington, qui s’occupe également du lieu. Les occupants successifs avaient fait des modifications qui n’étaient pas vraiment compatibles avec le goût de Wright pour les horizontales et les carrés aux couleurs inspirées par la nature», explique un média local. Grâce à l’action de Liz et d’autres, la maison a retrouvé son lustre d’origine, jusque dans son jardin, ou étaient plantées des vivaces baptisées du nom de l’architecte. La maison va ouvrir au public à partir du 8 juin, pour le cent cinquantenaire de l’architecte. Joyeux anniversaire Frankie !

Via KSN

 

Le tracé d’un monument pop

Ellen Babcock n’a pas eu besoin d’aller jusqu’à Wichita pour trouver son trésor. Il lui a suffi de regarder sous un arbre d’Albuquerque pour trouver son pactole : les dessins d’enseignes néon de la mythique route 66, qui relie Chicago à la côte ouest. Robert Venturi et Denise Scott Brown auraient été enchantés de découvrir les dessins très bien conservés des enseignes routières devant s’adapter à toutes les situations : stations-service, bowling, nettoyage à sec et cafés. Certaines ont été réhabilitées, beaucoup d’autres ont été démontées ou restent désormais dans le noir. Les documents avaient été déposés là par leur producteur, l’usine de Zeon Sign, qui voulait se débarrasser d’un risque d’incendie potentiel. Ils témoignent « d’une époque où l’artisanat et le design étaient entremêlés ». Mark Childs, doyen et enseignant à la faculté d’architecture du Nouveau-Mexique insiste sur l’importance de ces enseignes : « Je pense qu’elles nous apprennent plusieurs choses du point de vue de l’urban design, notamment l’idée qu’il peut y avoir un aspect ludique, à une époque ou l’on ne se permet plus de penser à cette dimension de l’urbain». Un monument américain post-wrightien révélé ?

Via Associated Press

Monument pop
Une enseigne néon dégradée sur la route 66

Elle existe

Le premier épisode de la série « secrets » débute par une révélation : sur une tablette en pierre du IV siècle av. J.-C., le dessin d’un bâtiment à gradin de sept niveaux avec en son centre une figure qui ne serait autre que le roi Nabuchodonosor. L’inscription « Etemenanki Ziggurat Babel » indique que l’on serait bien face à la fameuse tour de Babel, et cette tablette donnerait une preuve de son existence plus tangible que le tableau de Jérome Bosch sur le même sujet. Une autre inscription sur la pierre indique que la construction de l’édifice, haut d’environ 91 mètres, mobilisa une main-d’œuvre recrutée de la mer supérieure (la Méditerranée), jusqu’à la mer inférieure (le Golfe Persique). « De nombreuses langues étaient parlées sur le chantier. C’est de là que pourrait provenir l’idée biblique de la confusion des langages », explique Andrew George, professeur d’histoire babylonienne à l’université de Londres. L’hypothèse restera valable jusqu’à la découverte de la tablette « amendement Molière » imposant une langue unique à cette escouade de travailleurs détachés.

Via ABC

Tour de babel
La tour de Babel, retrouvé sur une tablette du IV siècle av. J.-C. / Via ABC-Smithsonian

 

Architectes Augmentés

Les architectes prennent d’assaut les cours Unity 3D de l’école des Gobelins, une formation à la réalité augmentée s’adressant à l’origine aux graphistes et designers de jeux vidéo, relate Le Monde. Cette technologie familière du grand public depuis le lancement de Pokemon Go « est beaucoup plus intéressante que la réalité virtuelle, qui n’est qu’une simple reproduction artificielle de la réalité », explique Greg Lynn, pape de ces technologies. Craignant qu’elles ne produisent des bâtiments prémâchés tous identiques, Francis Soler insiste sur la nécessité « de détourner ces logiciels pour retrouver notre propre langage ». Jean-Michel Wilmotte reconnaît à ces supermaquettes aux effets cinématographiques la « capacité de faire rêver le client plus vite et plus tôt ». Il mêle la réalité virtuelle et augmentée pour présenter un projet de réaménagement des vingt kilomètres séparant Paris de Roissy-Charles de Gaulle. À réalité augmentée, honoraires augmentés et pour l’instant virtuels.

Via Le Monde 

Greg Lynn
Greg Lynn présente la maquette du projet de réhabilitation du Packard Plant dans le pavillon des USA de la Biennale de Venise 2016. Via Le Monde M

 

 

Bon vieux temps

Le moral des Hongkongais est depuis quelques années inversement proportionnel à la courbe des prix de l’immobilier, de la pollution et des heures travaillées, qui tendent tous trois à augmenter. Signe du cafard, 4 Hongkongais sur 10 voudraient quitter la ville. Dans l’attente d’un hypothétique départ, beaucoup se tournent vers le passé et le bon vieux temps : objets vintages, restaurant, et aussi architecture. Alors qu’approche le 20e anniversaire de la rétrocession de l’île à la République populaire de Chine, les promenades proposant de découvrir le centre-ville historique semblent connaître un certain succès. Cette nostalgie est la meilleure alliée de la préservation du patrimoine, permettant la sauvegarde de groupe de magasins.  « Les jeunes, qui ont souvent fait des études universitaires, se laissent moins impressionner par les promoteurs et n’adhèrent pas forcement à l’idée que vendre le foncier sera meilleur pour l’économie », explique Lee Hoyin, Professeur d’architecture et directeur du programme patrimonial à l’Université de Hong Kong. Il faut donc un jeune pour sauver un vieux (bâtiment).

 Via South China Morning Post

 

Dans les mains de l’OTAN

Le 14 mars 1967, le général américain Lyman Lemnitzer préside la cérémonie de départ de l’OTAN, qui quitte la France pour s’installer en Belgique. Le 25 mai dernier, presque 50 ans après, les chefs d’État et les représentants des 28 pays membres de l’organisation inaugurent leur nouveau siège près de Zaventem, l’aéroport de Bruxelles. Un bâtiment de tous les superlatifs conçu par l’agence américaine SOM, pour un coût de 1,1 milliard dont 300 millions de dépassements de budget, et 18 ans entre la décision de le construire et sa livraison, qui ne sera effective qu’en décembre prochain. C’est aussi une architecture dégoulinante de symbolique : il renferme un bout du mur de Berlin et des débris du World Trade Center souvenir que la lutte contre le terrorisme doit être la priorité de l’alliance, selon Trump. Une Agora sécurisée évoque bien sur les places de la Grèce Antique, et les parois de verre manifestent la transparence, « afin que tout puisse être vu du public ». Des médias russes malveillants ont voulu voir dans le schéma d’implantation la mise en architecture du symbole SS, alors qu’il représente en fait deux mains croisées en signe d’alliance, des mains serrées par la même puissance virile que celle du président français et de POTUS lors de l’inauguration du bâtiment.

Via Le Figaro immobilier 

 

 

Siège de l'OTAN
Le nouveau siège de l’OTAN à Zaventem, SOM architectes. Via Le Figaro immobilier

 

Pour un euro versé, un m2 offert

Attirer de nouveaux habitants, si possibles de jeunes couples avec des enfants en bas âge, pour faire vivre la commune et maintenir ses écoles ouvertes : telles est le casse tête que tente de résoudre les maires de petites communes. Pour résoudre cette équation, Brignon (30), 790 habitants, s’est résolue à vendre douze terrains de 640 à 832 m2 pour la modique somme de 1€/M2, dix à quinze fois moins que le prix du marché. « « Nous étions réticents au départ en affichant ce prix dérisoire mais nous avons voulu créer un choc psychologique », soulignent les élus». La viabilisation des terrains représente pour la commune un coût de 30 000 euros. Cet investissement sera remboursé par les impôts versés par les futurs arrivants. En misant sur ce lotissement d’un genre nouveau, la municipalité attend une cinquantaine d’habitants supplémentaires, convaincue que « les communes rurales ne désespèrent pas devant le déclin si elles savent se montrer attractives ».

 Via L’Eveil de Haute-Loire

Brignon
Élus du Brignon proposant la vente de terrain pour un euro au M2. L’opération s’inspire d’une initiative lancée par la commune de Berrien (Finistère). Via Le Centre

 

Dé-marabouté ?

« J’ai longtemps essayé de construire ici. Mais hélas, ça n’a jamais été possible. En 1982, je n’ai obtenu que le deuxième prix au concours de l’Arche. Ensuite c’est la fameuse tour sans fin haute de 425 m de haut qui a été abandonnée, ce qui au passage m’a conduit à la faillite. Et puis, il y a eu la tour Signal arrêtée net par la crise » se remémore Jean Nouvel dans les colonnes du Parisien. Heureux en Pritzker, malheureux en Défense, disait un dicton Nouvelien qui appartient peut-être au passé. L’architecte a posé mercredi dernier la première pierre d’une résidence étudiante de 20 étages, figure qu’il devrait compléter de la tour Hekla, un gratte-ciel de 80 000 m2 de bureaux qui devrait être livré en 2020. « Jean Nouvel espère avoir enfin vaincu le “signe indien”, cette malédiction qui le tenait éloigné du quartier ». A croire que les travaux sur la zone voisine des Groues, nouvelle aire d’extension de La Défense sur la commune de Nanterre ont eu définitivement la peau des apaches.

Via Le Parisien

Pose de la première pierre à La Défense, via Le Parisien

 

 

Le seigneur des façades

« Après avoir passé des années à fabriquer à la main les cottes de mailles de la trilogie du Seigneur des anneaux, Kayne Horsham, directeur artistique des créatures, des armes et des costumes de la saga, a fini par se reconvertir dans l’architecture. En songeant qu’il devait exister un moyen plus facile de créer des tissus sans devoir interconnecter chaque maille à la main, il a fondé l’entreprise Kaynemail. Pratique quand le but de ses créations est aujourd’hui d’habiller des immeubles entiers » rapporte le magazine Ulyces. L’ancien décorateur a développé un processus de moulage par injection permettant la production en masse de treillis sans soudure. Un produit qui tient de la légende « incroyablement léger et ne nécessite que 20 % de l’énergie nécessaire pour produire de l’acier. Oh, et il est 100 % recyclable, résistant aux UV, au feu et presque impossible à endommager. » D’ici à ce que l’on apprenne, que le créateur du village Hobbit s’est reconverti dans la production de toiture végétalisée, il n’y a qu’un pas.

Via Ulyces

Maille métallique réalisée par l’entreprise de Kayne Horsham, ancien directeur artistique du Seigneur des Anneaux.

 

Oppression, politique, revenu, verticalité, humiliation : la revue de presse du 24/5/2017

Oppression, politique, revenu, verticalité, humiliation : la revue de presse du 24/5/2017

L’architecture de la politique, Rennes verticale, le salaire des architectes, une architecture de l’oppression, Antonio Banderas maitre d’ouvrage malheureux à Malaga, Nancy effondré : la revue du presse du 24 mai 2017

 

Stéréotomie et politique

Ancien maire du Havre et nouveau premier ministre, Édouard Philippe est aussi un politicien stéréotomique au service du grand architecte de l’État, nous apprend Ouest-France : « le nouveau Président est en train de construire une nouvelle architecture de la majorité. Il en a trouvé la clé de voûte. Il lui manque encore quelques pierres de taille ». Emmanuel Macron ira-t-il jusqu’à nommer Gilles Perraudin à la conception gouvernementale ? Le besoin d’hommes et de femmes de l’art se fait sentir dans les affaires publiques, en témoigne ce titre interrogatif du quotidien Belge Le Vif : « quelle place pour le président dans l’architecture politique iranienne » ? Depuis la publication de l’article, Hassan Rohani a accédé à la fonction présidentielle, obtenant des pouvoirs restreints par sa mise sous tutelle par l’Ayatollah Khamenei, guide suprême de la révolution. « Ne définissant pas l’orientation générale de la politique iranienne, la place du président semble donc être limitée à celle de “l’intendant général de l’État” comme le dit le journal français RFI. » Rohani va-t-il lancer un concours pour revoir cette architecture gouvernementale, du genre Réinventer Farsi ?

 

Via Ouest-France http://politique.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/05/15/edouard-philippe-la-cle-de-voute-d-une-nouvelle-architecture-18084.html

et Le Vif http://www.levif.be/actualite/international/quelle-place-pour-le-president-dans-l-architecture-politique-iranienne/article-normal-663969.html

 

Surprise et affolement

 « Hugo Sauzay et Charlotte de Tonnac, duo de l'agence Festen, font partie de cette nouvelle génération repérée par les influenceurs du style », via L’Obs Tendances
« Hugo Sauzay et Charlotte de Tonnac, duo de l’agence Festen, font partie de cette nouvelle génération repérée par les influenceurs du style », via L’Obs Tendances

« C’est le nouveau duo d’architectes-décorateurs qui affole le Tout-Paris. Couple à la ville comme au boulot, Hugo Sauzay et Charlotte de Tonnac insufflent dans les lieux qu’ils signent un modernisme néo-bohème et une simplicité élégante ». Le cahier tendance de l’Obs nous présente Festen, agence en pointe de la nouvelle vague d’architecture. Elle prône «une architecture d’intérieur simple, lisible avec un véritable respect du lieu d’origine. Nous ne faisons pas de faux décors, nous aimons travailler avec le réel, l’existant». Pourquoi “Festen”, d’ailleurs ?« Pour l’idée du festin, du repas de famille. Nous trouvions que ce mot était fédérateur, facile à entendre et à écrire. Et nous avions aussi adoré le film ‘Festen’, de Thomas Vinterberg.”» Autre affaire de famille, le musée des Arts et Traditions populaires (ATP), qui sera rénové par Thomas Dubuisson, petit fils de Jean, auteur du bâtiment existant. Une commande surprise, pour celui que l’on n’avait jamais consulté – pas plus que les autres membres de la famille – lors des modifications ou démolitions de l’œuvre de son prolifique grand-père. Franck Gehry, sollicité par LVMH pour la rénovation des ATP, a demandé à Search, l’agence de Thomas Dubuisson et Caroline Barat, de participer au projet. « Thomas Dubuisson avait travaillé deux ans dans lagence californienne de Gehry. Mon ancien patron! Que du bonheur. Que ça se termine comme ça, cest magique! sexclame-t-il. Il ajoute que sa joie a un peu déconcerté les équipes de LVMH : Je pense que le groupe était très surpris de ma réaction. On est bien loin de layant droit pointilleux et teigneux, attaché à défendre l’œuvre de lancêtre et à venger les offenses du passé… », apprend-on dans Libération. L’héritage, ça eu pesé !

 

Via L’Obs http://o.nouvelobs.com/design/20170519.OBS9619/festen-la-nouvelle-vague-d-architectes.html et Next Liberation http://next.liberation.fr/arts/2017/05/18/thomas-dubuisson-le-reparateur_1570495

 

Audace et Verticalité

Tour Chromosomes, Rennes, In Situ AE architectes, Réalités promoteur.
Tour Chromosomes, Rennes, In Situ AE architectes, Réalités promoteur.

« Plutôt frileuse par le passé en matière d’urbanisme, Rennes prend donc de la hauteur et mise pour cela sur l’audace architecturale », relate 20 minutes, un peu oublieux des beaux spécimens de tours dont s’est doté la capitale de Bretagne durant la décennie 60 : tour de l’Éperon, de la « Sécu » et les tours jumelles Horizons de Georges Maillols. Peut-être un mauvais souvenir de rénovation urbaine dont ont entend faire comprendre qu’il appartient bien au passé, comme l’explique Sebastien Séméril, premier adjoint à la ville en charge de l’urbanisme « “C’est d’ailleurs parce qu’il y a de la hauteur qu’on peut faire de l’architecture”, souligne l’élu. Le changement de cap de la municipalité est intervenu assez récemment. Avant cela, au début des années 2000, c’était la troisième ville la plus chère de France ». Après avoir misé sur le R+4 pour faire baisser les prix de la location, et repasser à la 16e place du classement des villes les plus chères de l’Hexagone, Rennes veut prendre de la hauteur : une cité universitaire de 17 étages est en cours de construction sur le quartier Villejean, ainsi que deux immeubles de logements de 17 et 19 étages, en dessous de la barre fatidique des 50 mètres entraînant un classement IGH. Un nouveau PLU va diversifier la construction, et sortir de l’urbanisme des « boulevards urbains avec des immeubles R+4 et une maison sur le toit ». Une page de réglementation se tourne.

 

Via 20 minutes http://www.20minutes.fr/rennes/2071539-20170519-rennes-ville-veut-prendre-hauteur-mise-audace-architectes

 

Soin et Architecture

La parole d’Yves Bubien vaut de l’or pour les architectes. Spécialisé dans l’architecture hospitalière, ce directeur du CHU d’Angers affirme que la conception de l’hôpital fait partie intégrante des soins, et qu’à l’heure de la modernisation du parcours des malades, l’architecture doit aller de pair avec la cure. « Plus qu’une œuvre d’art, l’hôpital doit être le reflet d’un projet de soin », explique Bubien, qui suggère de raccourcir les délais de réalisation des équipements hospitaliers. La décennie qui s’écoule entre conception et construction aboutie à la livraison d’équipements devenus obsolètes, qui de ce fait ne peuvent pas satisfaire leurs usagers. Le bien-être à l’hôpital compte aussi parmi les sujets qui passionnent Bubien : « le Healing  Environment” : les couleurs, le mobilier, l’éclairage et les espaces verts… Tout cela compte et sintègre dans une conception globale du soin. Lhôpital doit assumer aussi sa fonction de lieux daccueil, même si cela a été un temps sacrifié sur lautel de la technicité. Ça demande un vrai engagement, mais cest possible de rendre lhôpital agréable. Au CHU dAngers, on vient douvrir un Starbucks, et cest déjà un vrai succès!». Prochainement un Mc Do ou une autre chaine spécialisée dans la nourriture diététique directement dans votre hôpital ?

 

Via What’s up doc http://www.whatsupdoc-lemag.fr/actualites-article.asp?id=21523

 

Carrière et revenu

Adam Markowitz, architecte et fabricant de meubles australien, gagne moins de 80 000 AU$ par an. Jason South via The Sidney morning Herald
Adam Markowitz, architecte et fabricant de meubles australien, gagne moins de 80 000 AU$ par an. Jason South via The Sidney morning Herald

Une enquête de Fairfax Media révèle les salaires moyens de 1000 professions en Australie. Sans surprise, neurochirurgien s’avère un des jobs les mieux payés, avec 500 000 AU $ annuel. D’autres professions surprennent par des revenus plus faibles que ce que l’aura qu’elle dégage ne le laisse supposer. Au premier rang, bien sûr, celui d’architecte : « l’architecture me semblait une profession qui mariait créativité et stabilité financière, mais une fois dedans les choses se complexifient », explique Adam Markowitz, architecte, créateur de meuble et enseignant à l’université de Melbourne. « Votre sens moral est mis à rude épreuve lorsque vous dessinez un projet dans lequel vous n’aimeriez pas vivre », poursuit-il. Avec un revenu inférieur à 80 000 AU $, Markowitz gagne moins que la moyenne de la profession, située à 83 105 AU $ l’an. Ce qui ne paraît pas assez au regard du prestige accordé au métier d’architecte, et reste moins qu’un conducteur de train — 107 794 AU $ —, mais toujours plus que le revenu annuel moyen d’un ostéopathe, qui, avec 59 882 AU $, se situe quasiment dans le revenu moyen national.

 

Via The Sidney Morning Herald http://www.smh.com.au/business/workplace-relations/the-jobs-that-dont-earn-what-you-would-expect-20170516-gw5zbn

 

Oppression et lambris

le Michigan Union Building, dont l’atmosphère serait jugée oppressante pour les étudiants issus de minorités
le Michigan Union Building, dont l’atmosphère serait jugée oppressante pour les étudiants issus de minorités

Avant de rénover un des bâtiments centenaires de son campus, l’université du Michigan a voulu consulter ses étudiants. « En théorie, ce n’était pas une mauvaise idée. Malheureusement, l’université a oublié qu’elle avait affaire à la génération indignée, et aurait dû s’attendre à ce qu’un étudiant affirme que les minorités sont opprimées par les boiseries », rapporte PJ Média. La responsable d’une organisation étudiante a déclaré que « les étudiants des minorités se sentaient marginalisés par le majestueux et imposant lambrissage masculin », dévoilant au passage le sexe du revêtement mural. « On peut dire que l’on trouve certaines architectures ou certains décors “oppressants”, dans le sens de trop chargés ou inconfortables, mais c’est une autre chose que de traiter les murs de racistes ». D’obédience conservatrice, le PJ média voit là l’occasion de fustiger le radical leftism — le gauchisme radical — qui s’est diffusé dans tous les campus, « conduisant de prometteurs jeunes hommes et femmes à crier au loup à la vue d’un mur ». Radical lui aussi, le PJ media met en garde contre la « folie de justice sociale » qui menace de dévorer vivante l’institution, en ne lui laissant rien d’autre que « vous-savez-quoi ». On ne sait pas quoi, et l’on n’a même pas abordé le sujet « parquet ».

 

Via PJ Media https://pjmedia.com/trending/2017/05/17/umich-student-says-minorities-are-oppressed-by-wood-paneling/

 

Colons et planètes

projet pour un hub régional de développement minier sur Mars, développé dans le cadre d’un master de l’Université de Calgary. Conception et rendu John Ferguson
projet pour un hub régional de développement minier sur Mars, développé dans le cadre d’un master de l’Université de Calgary. Conception et rendu John Ferguson

Y aura-t-il des lambris sur la planète Mars ? À en juger par les premiers rendus du Studio Mars, un master d’architecture lancé par l’université de Calgary, on peut répondre par la négative. Le programme, encadré par Jessie Andjelic, s’est fixé pour but de rendre la quatrième planète du système solaire habitable, ce qui passe par des détails que l’on n’imagine pas, et qui ne relèvent pas forcément du high-tech. « Depuis Mars, la planète Terre apparaîtra juste comme une étoile dans le ciel, et les communications vers elle serait décalée d’au moins trois minutes. Les premiers habitants éprouveraient sûrement un désir de recréer de la familiarité. Nous passons beaucoup de temps à envisager les manières de créer un lien et un sentiment d’appartenance pour la première génération de colons », ce qui passe par l’implantation d’arbres au milieu de patios futuristes. Les premiers établissements prendront la forme de colonies de peuplement. Colons, colonies : l’oppression arrivera dans les bagages des premiers humains qui s’installeront sur cette planète rouge et innocente.

 

Via Futurism https://futurism.com/you-can-now-take-an-entire-college-course-on-martian-architecture/

 

 

Célèbre et humilié

Projet de restructuration d’un îlot malagueña présenté par Antonio Banderas et l’architecte José Seguí. Via El Pais
Projet de restructuration d’un îlot malagueña présenté par Antonio Banderas et l’architecte José Seguí. Via El Pais

Vous connaissiez Antonio Banderas, l’acteur qui incarna Zorro, mais peut-être moins Antonio Banderas, le maître d’ouvrage. Associé à l’architecte José Seguí, il a remporté le 7 avril dernier un concours international à Malaga, sa ville d’origine, pour la reconversion en centre culturel et de loisir d’un îlot comprenant deux cinémas et la maison natale de Picasso. L’ensemble représente une surface de 9 000 m2 et 14 millions d’euros de travaux. Malaga n’a pas été tendre avec son renard de fils, accusé par la rumeur d’avoir bénéficié de faveur de la part de la mairie. La goutte qui a fait débordé le vase a été la demande d’annulation du concours d’idée par un groupe hétéroclite de l’opposition municipale, comprenant des membres affiliés à Podemos, Ciudadanos et PP. Se prétendant enchanté par le « sceau de banderas », le groupe affirma avoir voté pour l’annulation du concours par préférence pour une commande directe… Devant « les insultes, les insinuations et le traitement humiliant » qui lui a été reservé, Banderas a décidé d’abandonner le projet. Le verra-t-on prochainement sur le grand écran dans la peau d’un promoteur rebelle et vengeur ?

 

Via El Pais http://cultura.elpais.com/cultura/2017/05/16/actualidad/1494924854_189849.html?rel=cx_articulo #cxrecs_s

 

Construction et Gravité

Une travée de la façade arrière de l’école d’architecture de Nancy s’est effondrée sans faire de victimes. Via Radio France - Mohand Chibani
Une travée de la façade arrière de l’école d’architecture de Nancy s’est effondrée sans faire de victimes. Via Radio France – Mohand Chibani

Pourquoi ça tombe ? La question, on ne le rappellera jamais assez, titre d’un ouvrage Mario Salvadori traitant de la structure, va hanter pour un moment les étudiants, enseignants, cadres et autres utilisateurs de l’école d’architecture de Nancy. Une travée de la façade arrière du bâtiment conçu par Livio Vacchini s’est effondré lundi après midi : « le bruit a duré environ dix secondes, c’était suffisamment long pour avoir peur, personne n’a eu le réflexe d’aller se réfugier sous les tables, tous les étudiants étaient terrifiés. Fort heureusement, il n’y a pas eu de blessés. Le comble c’est que ce genre d’accident survienne dans une école d’architecture. C’est triste pour notre réputation. Mes amis me charrient en me disant qu’ils espèrent que l’architecte du bâtiment ne fait pas partie de mes profs» déclare une étudiante. France Bleu donne la parole à une certaine Estelle Sexy, employée au département «valorisation de l’école d’architecture» «On ne s’attendait à cet effondrement même si on avait remarqué il y a quelques jours qu’une plaque du mur avait bougé à cet endroit, à l’intérieur de l’établissement. Un périmètre de sécurité a été installé, toutes les salles de cours ont été fermées avec interdiction d’y accéder. Heureusement que nous avions déjà pratiqué des exercices d’évacuation. Cela nous a bien servis». Les étudiants vont devoir se chercher une autre école pour un certain temps, dans un style modulaire du genre Algeco ou container 20 pieds.

 

Via France Bleu https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-facade-de-l-ecole-d-architecture-de-nancy-s-effondre-1495474702