Chicago, LA, Paris, villes en concurrence : la revue de presse du 19 mai 2017

Chicago, LA, Paris, villes en concurrence : la revue de presse du 19 mai 2017

Chicago contre LA, LA face à Paris, Les 33e Olympiades, le Lucas Museum et la bibliotheque d’Obama, un mémorial pour Thomas Sankara, Albert Speer, un architecte et son père, obsolescence industrielle à Montpellier

Chicago news

Centre présidentiel Obama, Jackson Park, Chicago
Centre présidentiel Obama, Jackson Park, Chicago. Le projet des architectes Todd William et Billie Tsien a été présenté au public le 3 mai dernier

« Il y aura un terrain de basket-ball », a dit sur le ton de la blague Barack Obama lors de la présentation du projet de sa future bibliothèque. Ce qui avouait « je voulais être un architecte quand j’étais jeune, et puis j’ai mal tourné » imaginait sa future bibliothèque comme une sorte de campus entouré d’un parc de sculpture et muni de tous les équipements pour un bon divertissement urbain : un talus pour faire des glissades, des barbecues et des food-truck servant des tacos. Les architectes New Yorkais Tod William et Billie Tsien associés au paysagiste Michael van Valkenburgh lui ont établi un projet un peu plus solennel, moins proche de la fête à Neu-Neu, l’évolution d’une première esquisse que le principal intéressé a trouvé trop sage. « Dans sa forme actuelle, la tour (élément majeur d’une composition éclatant le programme en trois bâtiments, NDLR) évoque la version tronquée d’un obélisque. C’est trop lourd, trop funèbre, trop pharaonique, trop similaire à une pyramide », estime Blair Kamin, le critique d’architecture du Chicago Tribune, qui juge exemplaire la bibliothèque conçue par Pei pour John Kennedy à Boston. La tradition américaine veut que l’on offre une bibliothèque à chaque président quittant ses fonctions. La coutume continuera-t-elle avec Trump, plus féru de plateaux télé que de salles de lecture ?

Via The Chicago News 

 

LA News

Malgré ses critiques du projet de William et Tsien, Kamin estime qu’il constitue « un bon point de départ. C’est infiniment mieux que le plan pour le Lucas Museum of Narrative Art — un objet hurlant “regardez-moi” planté dans le parc, mais une série de structures qui cherchent à englober le paysage, à s’englober les unes les autres avec la communauté qui les entoure ». Le Lucas Museum for Narrative Art (LMNA) devait occuper la place de la bibliothèque d’Obama. L’opposition des riverains a conduit au transfert du futur musée vers Los Angeles, où il continue de susciter l’attention des gazettes. Mad architecte vient de présenter le projet réactualisé du LMNA pour le site angelino, qui n’a pas perdu son look de méduse en phase de mitose en posant ses valises sur la côte ouest. « Le projet coûtera 1 milliard d’euros », relate le site archinect, qui donne également le prix de trois nouveaux musées de Los Angeles, qu’il met en parallèle avec les budgets alloués à la lutte contre le mal-logement et l’aide aux sans-abri. La ville a consacré en service et création de logements 138 millions de dollars US pour combattre le mal ou l’absence de logement. Le New Generation Fund, qui propose des prêts pour la location ou l’accession sociale, a de son côté dépensé 110 millions d’US $.  « Bien sûr, ces deux sujets ne sont pas liés du tout, et le Lucas Museum est financé par des fonds privés, mais cela donne une idée sur ce que représente le fait d’allouer 1 milliard à un unique bâtiment ». C’était pour faire avancer le Schmilblick, ainsi que l’on disait dans les années 80.

Via Archinect 

 

LA News 2

 Museum of Narrative Art
Le nouvelle version du projet de MAD architects, pour le projet du Lucas Museum of Narrative Art désormais implanté dans l’Exposition Park de Los Angeles

Le LNMA s’ajoutera aux 115 musées que Los Angeles possède, une dimension culturelle que la ville entend bien rappeller alors qu’elle brigue l’organisation des prochaines Olympiades face à Paris. D’une manière plus large, LA estime que le tourisme est un atout de taille pour l’attribution des 33e Jeux olympiques de l’ère moderne. « Les gens auront des tickets pour la cérémonie d’ouverture et les cinq premières journées mais ils pourraient décider d’arriver une semaine plus tôt pour profiter de la nourriture et de l’offre culturelle, ainsi que des espaces publics et de la météo, qui se marient bien avec tout ça », a déclaré Don Skeoch, responsable marketing de «Discover LA», un organisme qui rappelle que la cité des anges à reçu plus de 47,3 millions de visiteurs en 2016. La nourriture est le deuxième point fort qui devra décider les visiteurs – et le Comité d’organisation olympique – a se déplacer en masse pour les jeux. «Vous verrez que les piliers de notre marque LA ont des partis pris forts. Après la destination, nous voulons centrer notre stratégie de marque sur la nourriture. Nous tenons pour certain que les millenials (génération des enfants du baby boom, une catégorie à l’organisation chronologique un peu floue) voyagera pour la nourriture. Ils adorent la nourriture». Et ça tombe bien, car de ce côté là la ville est pourvue. «Je pense que ce qui nous distingue est d’avoir 122 différentes langues parlées à Los Angeles, je ne sais pas si nous avons 122 types de nourritures, mais nous avons une grande diversité culinaire. Et ce n’est pas juste le repas chic avec nappe dans un restaurant classe, c’est aussi la cuisine de rue et les tacos. Nous avons les meilleurs tacos que vous pouvez avoir, et les meilleurs sushis,, et entre les deux toutes les traditions». Les athlètes vont-ils troquer leur compléments diététiques au profit des Tacos ? La performance est en danger.

 

Via Sport Features

 

LA vs Paris

Les tacos de rue vont-ils barrer la route des 33e olympiades à Paris, en concurrence avec LA pour accueillir l’évènement ? Les postulants à l’organisation des jeux 2028 n’étant pas légion, le CIO pourrait bien retenir une solution inédite, et divulguer simultanément le nom des vainqueurs des deux prochaines olympiades. Un système de double attribution que les deux villes en lice ont accepté d’étudier après un premier mouvement de rejet. « Mais cette solution de secours n’est pas sans poser quelques difficultés politiques, rappelle Libération. Il y a une colossale somme dargent supplémentaire à investir si on doit attendre quatre ans de plus, déclare Gary Toebben, président de la Chambre du commerce de Los Angeles, à lagence Associated Press. Par ailleurs, le budget prévisionnel (4,9 milliards deuros contre 6,2 annoncés pour Paris) nest assuré que pour 2024, par un décret du gouverneur de Californie adopté en septembre. Est-ce que [les politiques] voudront apporter une garantie qui court pour onze ans? L’évolution de la situation financière est difficile à prévoir sur onze ans, déclare à AP le président dune association citoyenne de Californie du Sud, Barry A. Sanders ». Les infrastructures sportives et les hébergements ont été planifiés pour être disponibles en 2024 et non 2028, ont souligné les villes candidates. Autant de réticences gommées par la perspective, pour Paris, d’un quatrième échec, après ceux de 1992, 2008 et 2012. Ne resterait plus qu’à déterminer l’ordre de passages des deux villes. Pourquoi ne pas en discuter autour d’un taco à la française dans un Courtepaille, le restaurant idéal des tirages au sort délicats  ?

via Libération 

 

Le Greeter sort de l’ombre

Vincent Mateos, Greeter de Mont-de-Marsan © F3 aquitaine
Vincent Mateos, Greeter de Mont-de-Marsan © F3 aquitaine

Lors de leur passage à Paris, les membres du CIO ont-ils été accueillis par un Greeter ? Pas candidate à l’organisation des jeux 2024, Mont-de-Marsan regorge de ces personnages, habitants passionnés par leur ville et qui la font visiter gratuitement. Comme le nom anglais l’indique, le mouvement est né aux USA dans les années 90. France 3 suit le parcours de deux de ces Greeters en Aquitaine. Le premier est du type HLM’s Angel : «sac à dos et baskets, Vincent Matéos arpente son quartier. Ce qu’il aime, c’est l’architecture dite HBM, « habitat bon marché » du début du XXe siècle. Des maisons au style régionaliste, néo basque et arts déco. C’est une architecture qui est humaniste et avant-gardiste. Elle est bienveillante. C’est une architecture qui pense à l’humain». Dieu et le visiteur reconnaîtront les siens dans ce mélange de références tutti frutti. Un deuxième invite à découvrir le monde d’hygiène des Bains-Douches, dont il a recensé neuf exemples à Mont-de-Marsan : « Il y avait des baignoires en cuivre qui étaient alimentées avec de l’eau provenant de la grande fontaine. Cette eau était chauffée et on y rajoutait différents produits aux vertus thérapeutiques. (…) Je ne demande que ça, faire connaître l’existence de ces anciens bains et pourquoi pas donner envier d’exploiter, à nouveau, ces eaux». Le Greeter, déjà programmeur et bientôt urbaniste ?

 

Via France 3 Nouvelle Aquitaine 

 

Sankara, mémorial universel

Concours ouvert au Burkina Faso, pour la construction d’un mémorial en l’honneur du père de la révolution Burkinabé. Le site choisit, le siège du Conseil national de la révolution, était le théâtre de l’assassinat du leader burkinabé le 15 octobre 1987. « C’est là où le camarade Sankara a travaillé et pris les grandes décisions qui ont marqué la vie de la révolution. C’est aussi là où il a trouvé la mort avec ses compagnons (…) », a-t-il expliqué Luc Damiba, secrétaire général de l’association comité international mémorial Thomas Sankara (CIM-TS). C’est pourquoi, pour lui, un effort doit être fait pour conserver tout cela. Et pour paraphraser Thomas Sankara, M. Damiba a affirmé que « là où Sankara a été tué c’est là où, il faut le faire renaître, le ressusciter au grand dam de ces bourreaux qui avaient cru l’avoir tué ». L’ouverture du concours aux architectes du monde entier a déclenché un début de polémique « Sankara, c’est vrai, est un patrimoine national, mais il est également un patrimoine international. La preuve, pour ceux qui voyagent beaucoup, vous vous rendez compte que Sankara a eu plus de défenseurs à l’international qu’à l’interne. Et pour avoir un mémorial digne de ce nom, moi je pense qu’il est de bon ton de s’ouvrir à ceux qui ont toujours été aux côtés des Burkinabè pour la défense du patrimoine Thomas Sankara » a argumenté le chanteur de reggae K. Le Jah, présent lors du lancement de la consultation. «Et au secrétaire général (du CIM-TS, NDLR) d’emboucher la même trompette : « Sankara n’appartient plus au Burkina. Si vous avez vu le lancement, ce n’est pas que des Burkinabè qui étaient là. Tous les jeunes des pays voisins étaient également là ». Les architectes individuels ou cabinets d’architecture agrées, nationaux ou internationaux sont invités à soumettre leur candidature dès ce jeudi 11 mai et tous les jours ouvrables de 8h00 à 15h au siège de l’association sis au quartier 1200 logements. Avis aux amateurs.

 

Via Le Faso 

 

Cour toujours

Soudain, vous découvrez que vous êtes le copropriétaire d’une cour, d’un passage ou d’une impasse, un de ces lieux urbains interlopes qui scandalisent les passants outrés : « comment pouvez vous laisser tout cela à labandon? ». 23 espaces publics appartenant en réalité à des privés ont été identifiés dans le centre-ville de Saint-Nazaire. Les travaux incombent à des copropriétés pouvant regrouper jusqu’à 104 propriétaires surpris. La mairie dialogue depuis près de trois ans avec les riverains pris de cours, et va prendre en main l’aménagement de cinq espaces spécifiques. Ce qui ne libère pas les habitants de leur obligation de monter une structure juridique pour financer et planifier les interventions dans ces lieux. Association syndicale libre (ASL), association syndicale autorisée (ASE)… Les solutions vont servir de cas d’école : « le phénomène n’est pas nazairo-nazairien, et se retrouve dans les villes de la Reconstruction, comme Lorient ou Caen », explique l’Écho de la presqu’île.

 

Via L’Écho de la presqu’île 

 

Junior

stade de la coupe du monde 2022
stade de la coupe du monde 2022 conçu par Albert Speer Jr.

Il a 82 ans, ne se départ jamais de son air sérieux, aime agiter frénétiquement ses mains, et passe pour l’un des urbanistes les plus célèbres d’Allemagne. Son prénom est identique à celui de son célèbre père, Albert Speer, compagnon d’Hitler, architecte du Reich et commandant de l’organisation Todt à partir de 1942. Le New Yorker s’intéresse au fils du criminel nazi, qui ne fut condamné qu’à 20 ans de prison à Nuremberg, parce qu’il prétendit tout ignorer du génocide – des correspondances ont permis depuis de réfuter cette allégation. Dans sa récente autobiographie, Albert Speer Jr. se souvient d’un père très autoritaire qui terrorisait ses enfants en conduisant à toute allure dans les routes de montagne menant au nid d’Aigle d’Adolf. A la libération, submergé par la culpabilité du père, Junior se mure dans le silence et commence un apprentissage de menuisier. Il retrouvera dans les études d’architecture cette possibilité de garder le silence, et de maintenir une lignée d’architecte de Speer en fils. Speer Jr. s’est récemment fait l’avocat des monarchies du Golfe et du Qatar, qu’il a défendu à sa manière lors des accusations de travail forcé porté contre ces pays. « c’est fantastique qu’avec l’aide des médias, les gens regardent la situation des travailleurs autrement», a déclaré Speer Jr., arguant que le scandale avait apporté des changements. «Nous pensons réellement faire quelque chose de positif pour ces pays et leurs habitants», affirme Jr., c’est notre marque de fabrique». Chez les Speer, l’autocratie n’est pas une condition dont on se désespère !

Via The New Yorker 

 

Lord call

Une enquête récente du webzine Dezeen révèle que le tiers de la force de travail des agences londoniennes vient des pays de l’UE. Dans certaines agences, cette proportion peut monter jusqu’à la moitié. Une masse de travailleurs étrangers qui fait l’objet de chantage dans le cadre des négociations du Brexit, ce qui ne manque pas d’affliger Lord Richard Rogers, qui a publié une lettre ouverte à Theresa May cosignée par 19 de ses confrères, dont David Chipperfield, Amanda Levete ou Will Alsop. « Nous sommes atterrés que le gouvernement puisse utiliser ceux qui ont fait de considérables efforts autant sur le plan personnel que professionnel pour s’engager dans ce pays et enrichissent notre propre culture, à des fins de monnaie d’échange. Ce n’est pas là le comportement d’une société civilisée, et va contre les traditions britanniques de décence et de justice ». Se disant sûrs que les Britanniques s’opposeront à l’éviction des citoyens de l’UE, les architectes somment le gouvernement May de clarifier la situation, « faute de quoi nous nous ne perdrons pas seulement notre place en Europe, mais nous perdrons surtout notre honneur dans cette procédure », a déclaré Rogers, qui demande que l’on prenne en compte l’apport des industries culturelles à l’économie. « D’une certaine manière notre attitude envers le Brexit est très British. Tout tourne autour de la volonté de savoir si “cela affectera notre cash-flow.” Nous n’abordons jamais l’importance de l’industrie créative de manière non commerciale, comme un soft power ».

 

Via The Guardian 

 

Obsolescence non programmée

usine
Le DI 50 sur le site de Sanofi à Montpellier. Construit en 2012, il n’a jamais été mis en service et va être démoli. © France 3 LR

Présenté comme un fleuron en matière de recherche chimique lors de son inauguration en 2012, le DI 50, bâtiment phare du site Sanofi Montpellier, va être démoli sans n’avoir jamais produit ni même la queue d’un médicament. Entre la livraison et aujourd’hui, l’industrie du médicament a abandonné les technologies chimiques au profit des technologies biologiques, que le bâtiment et ses équipements ne savent pas mettre en œuvre. Si aucun emploi n’est remis en question — un plan social a déjà été mené en 2012 —, le site ne pourra pas doubler son effectif comme cela était envisagé. Le gâchis passe mal auprès des salariés et dans l’opinion publique. L’équipement avait coûté 107 millions d’euros, « ça représente l’équivalent d’un Téléthon, donc si quelqu’un a le culot de dire que c’est peu, alors que l’on sait que cela permet pendant un an de continuer la recherche sur les maladies génétiques, alors pour moi, oui c’est un scandale » s’étrangle une salariée du groupe. Avant la démolition totale du bâtiment, le groupe va détruire les toits et les fenêtres pour alléger le montant de sa taxe foncière. Reversera-t-elle la différence à la recherche sur les myopathies ?

 

via France 3 régions

Quebec, Paris, Vitrolles, Xiongan, Londres : la revue de presse du 10/05/2017

Quebec, Paris, Vitrolles, Xiongan, Londres : la revue de presse du 10/05/2017

Réflexions sur la ville au Québec, concours de façades à Paris, un parc d’attraction au stadium de Vitrolles, l’essor du Glamping, une nouvelle mégapole en Chine, La Tate Gallery vs ses riches voisins : rideaugate à Londres. La revue de presse du 10 mai 2017

Du béton pour la création

Le béton est tendance, comme le prouve la boutique récemment inaugurée de l’enseigne trendsetter anversoise Coccodrillo. Qu’a choisi l’architecte gantois Glenn Sestig — un éminent représentant du lifestyle flamand — pour habiller cet espace de 250 m2 ? « Des sols aux plafonds, du béton », relate le supplément week-end du l’hebdomadaire belge le vif. « Le béton a longtemps souffert d’une image négative. Pourtant, il possède de nombreuses vertus et qualités. Le temps est peut-être venu de l’envisager sous une perspective nouvelle et de ravaler certains préjugés », qui viennent du fait que « durant longtemps, le béton fut du coup injustement réduit, dans l’imaginaire collectif, au rôle de complice de prédilection d’exactions urbanistiques : HLM, parkings ou bâti mégalomane évoquant la période soviétique ». Le magazine dresse la liste des usages tendances, du design à l’architecture. Présenté comme l’ambassadeur du béton en Belgique, l’architecte Bruno Erpicum, imagine même des mises en œuvre prenant en compte son vieillissement : « Sur certains projets, nous avons travaillé la façade avec des redents et des ressauts horizontaux, pour qu’elle soit « salie » par la poussière et la végétation, et puisse vibrer comme les rochers environnements ». Un matériau rude idéal pour des temps d’austérité créative…

Via Le Vif 

Mouvement de tours

Le concours annuel organisé par Evolo pour la conception de gratte-ciel utopique trouve toujours un écho dans les médias grand public. Science Post se passionne pour le « Pod Vending Machine Skyscraper (…) un concept réunissant des caractéristiques de l’impression 3D, du jeu Puissance 4 et du distributeur automatique. Ce projet s’inspire d’un mouvement architectural japonais des années 1960 et 1970 ayant transformé la structure des villes du pays ». Imaginé par l’architecte britannique Haseef Rafiej, le projet met en œuvre un process inspiré par les distributeurs automatiques de Tokyo, dont la prolifération « a minimisé le coût du travail humain par la réduction du besoin des vendeurs ». Il suffira de remettre de l’argent dans le nourrain pour activer l’imprimante 3D assurant la production de capsules habitables. BFM Business s’intéresse de son côté au projet lauréat du concours, fruit des cogitations de Pawel Lipiński et Mateusz Frankowski sur la pauvreté en Afrique. Face à ce problème, « le duo a donc imaginé « Mashambas ». Ce gratte-ciel serait un centre éducatif pour que les populations locales puissent apprendre les techniques d’agriculture propres à leur région, un magasin où les agriculteurs pourront acheter des graines et des semences, et un lieu de commerce où ils vendront les surplus de leurs récoltes. Bien sûr, la tour modulable est évolutive, et pourra être agrandie, voire déplacée si besoin est, « lorsque les agriculteurs du coin sont autosuffisants » ». Les transhumances de gratte-ciel promettent un sacré bazar sur les routes en latérite !

Via Science Post et BFM Business

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Pod vending machine skyscraper. Crédit image : Haseef Rafiei. Via science post
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Skycraper Competition, Des architectes imaginent un gratte-ciel pour lutter contre la pauvreté via BFM Business

Miss Façade 2017

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris va soumettre au vote le rétablissement du concours récompensant les plus belles façades de l’année, une pratique instaurée en 1898 par la Ville pour « pour rompre avec ce qui leur semblait à l’époque une surabondance d’uniformité haussmannienne » avant d’être abandonnée dans les années 30, le danger ayant vraisemblablement été écarté. D’après le groupe, ce concours a offert à Paris de véritables joyaux, comme le Castel Béranger, dont on pensait naïvement qu’il était d’abord dû à un architecte et un maître d’ouvrage. Quoi qu’il en soit, le retour de l’uniformité justifierait la résurrection de la compétition « »Car depuis des décennies, l’urbanisme parisien s’est tristement laissé envahir par des projets immobiliers au style, lignes et formes qui ne se distinguent pas de ce que l’on pourrait trouver dans n’importe quelle métropole du monde », estime le groupe ». Dire cela, alors que les décennies passées nous ont laissé tant d’immeubles carrelés ou bigarrés, c’est limite insultant !

Via Le Figaro immobilier 

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Détail de la façade de l’immeuble Lavirotte. Crédits photo goga18128/shutterstock.com via Le Figaro Immobilier

Sondage au Québec

Plutôt que de lancer un concours de beauté, l’Ordre des architectes du Québec va sillonner la Belle Province pour connaître l’opinion de la population quant à l’architecture, posant aux citoyens de treize villes des questions dignes d’une audition pour le poste de ministre de la Culture : « quels projets de développement vous inquiètent et pourquoi ? Si vous étiez ministre de l’architecture, que feriez-vous ? En quoi l’architecture influe-t-elle sur votre quotidien ? » La démarche s’inscrit dans la préparation d’une politique nationale de l’architecture. « Plusieurs personnes nous parlent de l’étalement urbain, de la place des cyclistes et des piétons. Certains nous disent que leur ville n’est pas accueillante, qu’elle est faite de façon banale. D’autres déplorent que les infrastructures soient construites au plus bas prix ou que les projets soient déjà « cannés » avant d’avoir consulté la population », résume Nathalie Dion, présidente de l’Ordre des architectes du Québec qui a assisté à quelques consultations publiques. Salima Hachachena, directrice de l’urbanisme de la Ville de Saint-Jérôme, pense que les « architectes et les urbanistes doivent aller sur la place publique pour « dire ce qu’il en est ». « Ça nous prend des gens qui n’ont pas peur de perdre leur poste. Des gens qui ne font pas de politique », affirme-t-elle ». Des profils à la double compétence, architecte et kamikaze.

Via Le Mirabel 

Apocalypse Now chez Riciotti

Du côté de Marseille, les étudiants du mastère professionnel en aménagement et promotion immobilière ont planché durant quatre mois sur le devenir du Stadium de Vitrolles, bâtiment conçu par Rudy Riciotti abandonné depuis près de deux décennies (nous en parlions ici Stadium de Vitrolles : bientôt 20 ans… d’abandon !). Certains ont imaginé de transformer le lieu en studios de tournage ouverts au public, d’autres proposaient sa mutation «en un complexe festif national et international pour ceux qui aiment danser, pour les amateurs d’art avec cabaret et ambiance prohibition» – une option qui n’aurait sans doute pas déplu à son créateur -, une troisième équipe s’est vêtue de rouge et noir – un hommage à Stendhal, mais surtout à Jeanne Mas – pour présenter son projet de réhabilitation du stadium en parc des expositions, avec hôtel, etc. C’est l’Exploradium qui a gagné « un parc d’exploration et d’expérimentation sur la fin du monde. Alors oui ça fait sourire dans la salle, mais pour l’équipe « c’est un thème très assumé qui répond à d’autres thématiques elles aussi assumées comme la guerre nucléaire, l’épuisement total des ressources, la pollution généralisée, le soulèvement de l’intelligence artificielle ou encore la catastrophe climatique… »». Une thématique innovante qui n’a été testée dans aucun parc d’attractions. L’équipe a été récompensée d’un chèque de 3500 euros : ce n’est pas la fin du monde.

Via Go Met 

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La 7e édition des Business Game Immo avait pour thème « Le Stadium » de Vitrolles. via Go Met

Beijing vers une nouvelle aire

Les autorités chinoises ont dévoilé début avril leur plan pour la construction d’une ville grande comme trois fois New York. Représentant un investissement de 527 milliards d’euros, cette zone économique spéciale est un projet phare du président Xi Jinping. « C’est un nouveau chapitre pour la transition historique du pays vers une croissance coordonnée, inclusive et durable », affirme l’agence de presse officielle Xinhua. Construite à 100 km au sud de Pékin, la nouvelle aire de Xiongan – c’est pour l’instant le nom de cette mégapole – devrait offrir un remède à tous les maux de la capitale, un Bisjing qui serait une sorte de Beijing bis idéal. Embouteillage, pollution de l’air et spéculation immobilière n’y ont pas leur place. Les autorités y ont d’ailleurs gelé les transactions immobilières. « Selon Xinhua, la zone voit ainsi affluer des personnes qui viennent prendre des photos, échanger des informations et rechercher des opportunités d’affaires ». Petit bémol, l’ONG chinoise Liangjiang Huanbao révélait que la zone, secteur d’activité industrielle, était complètement polluée. On y a notamment déversé des eaux usées sur une surface équivalente à 42 terrains de football. Le gouvernement a admis que l’assainissement serait long et coûteux. La nocivité des sols poussera-t-elle les fils du ciel à faire renaître l’urbanisme sur dalle ?

Via La Tribune de Genève

Glamour au camping

C’est au cours d’une classe d’innovation et marketing que David Troya, Sévillan installé à San Francisco pour le besoin de ses études, a entendu pour la première fois l’expression Glamping. Contraction de glamour et camping, le néologisme désigne une forme de camping chic, pensée pour ceux qui détestent les désagréments du camping, mais sont attirés par le mode de vie décalé qu’il propose et l’insolite des lieux qu’il investit. La Glamping attitude consiste à ramener sous la tente sa literie baroque et son air conditionné. «Au départ, il y avait bien des gens intéressés par dormir dans un arbre, une grotte ou un igloo, mais personne n’appelait ça du Glamping». 8 ans après, Troya est devenu le pape espagnol du Glamping : «aussi surprenant que cela paraisse, la demande pour ce type de logement n’arrête pas d’augmenter. Les gens sont plus en quête d’expérience que de luxe, et cette forme de camping, qui offre toutes les commodités en pleine nature, combine tous les avantages mieux que n’importe quel autre type de tourisme», affirme le gérant de la fédération espagnole des entrepreneurs de camping. GlampingHub, le blog de Troya et son associé, est devenu une plateforme commerciale de type Air bnb, qui prélève 10% de chaque transaction locative. GlampingHub a réalisé un chiffre d’affaires de 2,1 millions d’euros, et espère bien conquérir le monde depuis l’Andalousie. Elle y arrivera peut-être, à moins que la pratique du glamping sauvage ne se répande comme une traînée de poudre.

Via El Pais 

Rideaugate à Londres

Cinq résidants de Neo Bankside, une tour de logements de luxe où l’appartement se négocie en millions de livres, attaquent leur voisine, la Tate Gallery, au tribunal. Motif de la plainte « le traumatisme de vivre dans un bocal à poisson rouge » sous le regard constant des visiteurs du musée en promenade sur la plateforme d’observation de la Switch House, extension de la New Tate que l’on va rebaptiser du nom d’un oligarque russe. Le directeur du musée avait suggéré que leurs voisins installent des rideaux. Les plaignants penchent plutôt pour l’installation d’un cordon qui barrerait l’accès de la partie sud de la terrasse au public, ce qui leur permettrait de profiter de leurs appartements sans être gênés par les regards des manants, et ne coûterait qu’une poignée de livres. Une forme de Nimbysme rétroactif, observe un expert en litige immobilier « ce que nous dirons au tribunal est que ces gens ont volontairement acheté un bocal à poisson rouge pour y vivre. (…) Il y a une contradiction flagrante chez les gens qui achetent des appartements avec de larges baies vitrées dans le entre de Londres pour pouvoir regarder partout, mais ne pas vouloir que l’on voit dedans ». D’autant qu’au moment de l’achat, le projet d’extension était lancé, et que la présence de la Tate est précisément ce qui a rendu le quartier attractif aux yeux des promoteurs et habitants. Le cas n’est pas isolé « d’innombrables pubs et scènes musicales à travers le pays sont menacées de fermeture pour des raisons similaires, alors que l’obsession nationale pour la protection des prix de l’immobilier s’apprête à faire de quartiers vivants des villes dortoirs sans vie. Par leurs actions agressives pour sauvegarder la valeur de leurs biens, les nouveaux résidents lobotomisent sans relâche les villes » accuse Wainwright, critique d’architecture du Guardian. Fermer la terrasse, affirme Wainwright, « créerait un précédent pour le futur de nos villes, minant les bases mêmes de la tolérance sur laquelle se construit la vie civique. Cela voudrait dire que vous pourrez construire un immeuble face à un parc existant, puis chercher à faire fermer cet espace public la nuit, quand vous déciderez que l’activité qui s’y déroule constitue une entrave au droit de vous promener nu chez vous sans stores. Cela voudra dire que les habitants de Dubai-sur-Tamise (allusion à un marché immobilier de luxe destinés à des acheteurs venus du monde entier) pourront exiger un embargo sur la circulation fluviale sous leur balcon, ou que les voisins d’une école pourront demander une interdiction des heures de récréation ». Plutôt fermer quelques rideaux qu’ouvrir cette boite de Pandore !

via The Guardian 

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La Tate Modern, vue depuis l’immeuble Neo Bankside. Photographe : Alicia Canter pour the Guardian

Olivier Namias

Kursaal, Pei, Sheraton, Delhi : la revue de presse du 2/05/2017

Kursaal, Pei, Sheraton, Delhi : la revue de presse du 2/05/2017

Kursaal de San Sebastian, Pei centenaire, défendre le Sheraton de Bruxelles… Visions du patrimoine après la démolition du Hall of Nation à Delhi : la revue de presse du 2 mai 2017

 

Autodestruction indienne

Ils n’ont pas traîné : « trois jours après que la haute cour ait rejeté l’appel de l’architecte Raj Rewal contre la démolition de l’iconique Hall of Nation (…), la structure était réduite à un tas de ruines. Les travaux ont commencé dans la nuit de dimanche à lundi, alors que d’autres audiences sur ce cas étaient programmées le 27 avril et le 1er mai ». Avec le Hall of Nation, oeuvre de l’architecte Raj Rewal conçue avec la collaboration décisive de l’ingénieur Mahendra Raj, c’est toute l’histoire de l’Inde moderne que l’on met à bas. Le bâtiment avait été érigé 25 ans après l’indépendance du pays, et servait de lieu d’exposition. « Nous sommes gouvernés par des gens qui sont des philistins. Ils savent comment faire de l’argent, mais l’art et la culture sont leurs points faibles » avait déclaré Rewal en février. C’est le propriétaire du site qui a voulu démolir cet ensemble de cinq bâtiments, afin de le remplacer par un « centre d’exposition de classe mondiale », ce que d’aucuns ne traduisent par «centre commercial à l’américaine avec escalators flambants neufs». Les bâtiments n’occupaient pourtant que 7 % du site du Pragati Maidan, le parc d’exposition historique de Delhi. Les protestations internationales ont été impuissantes à stopper la démolition, justifiée légalement par l’âge de l’édifice. Le service du patrimoine (HCC-Heritage Conservation Committee) ne reconnaît comme patrimoniaux que les édifices qui ont plus de 60 ans d’âge. Sans modification de ce critère, c’est toute l’architecture indienne des premières années d’indépendance qui est en danger.

Via The Hindu 

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Les ruines de Hall of Nation vues depuis le vieux fort un lundi. Credit Photos : Sandeep Saxena Via The Hindu

 

« Innovation » espagnole

À San Sebastian, les administrateurs du Kursaal, emblématique édifice de Moneo inauguré en 1999, veulent profiter de la rénovation du système d’éclairage pour trouver un usage plus « innovant et avant-gardiste » aux façades vitrées de l’auditorium. Jusqu’à présent, un système de tubes fluorescents permettait de mettre la façade ouest du Kursaal aux couleurs de l’évènement du moment : Journée de la femme, Gay Pride, voire drapeau de la ville ou logo du festival du cinéma. Leur remplacement par des LED devrait permettre d’économiser l’énergie et de transformer cette surface de 1260 m2 en écran géant, qui pourrait afficher les messages publicitaires des sponsors du Kursaal : « nous comprenons bien qu’un édifice emblématique comme le Kursaal doit protéger son architecture, par principe, mais il faut aussi le doter de contenus et activités qui lui donnent du sens et apportent de la richesse aux citoyens. De cette optique, nous voulons profiter du saut technologique pour continuer à favoriser ladite activité ». Une partie des opposants du conseil municipal – qui siège au conseil d’administration du Kursaal – rappelle que les protections dont jouit l’édifice empêchent ce type d’usage. « Il est inadmissible que la façade du Kursaal soit privatisée selon les désirs des grandes marques commerciales qui soutiennent habituellement les évènements les plus significatifs de la ville. (…). C’est la démonstration de plus que pour qui gouverne la mairie et la province, tout doit être au service de l’économie », proteste un membre du groupe Irabazi Donostia, un fragment du conseil municipal apparemment opposé à l’extension du domaine de la pub, déjà proscrite sur les échafaudages enveloppant les immeubles en cour de rénovation.

Via El Pais 

 

 

Impressions constructives

«Donald Trump pourrait construire son mur beaucoup plus rapidement, pour pas cher, et dans le respect des normes écologiques. Il devrait juste nous en charger. Il lui en coûterait 40% du devis et serait prêt en quelques mois». Ma Yihe, président de Winsun New Material, une entreprise chinoise spécialisée dans la construction 3D, plaisante à peine. L’année dernière, son entreprise a «imprimé» un immeuble de cinq étages en un mois, une maison de type européenne en trois jours et plusieurs maisons traditionnelles chinoises en deux. Il a aussi livré 17 modules de bureau au gouvernement de Dubai, qui prévoit que dans le futur un quart de ses installations soient réalisées avec ces procédés. Le coeur de Winsun New Material est une imprimante 3D longue de 150 mètres, large de 10 et haute de 6,6m, implantée sur le parc technologique de Suzhou, à une centaine de kilomètres de Shanghai. La majeure partie des employés des services administratifs de Winsun ne l’a jamais vue, et les cent opérateurs qui manoeuvrent la bête n’y accèdent qu’après un contrôle d’accès drastique. « Nous avons 129 brevets internationaux, et évidemment, nous nous inquiétons que l’on puisse copier notre technologie », explique Ma Yihe. Qui ferait une chose aussi déloyale ?

Via El Pais 

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Vues des différents édifices traditionnels chinois de première génération de Winsun. Sur les murs sans revêtement peuvent s’apprécier les différentes couches que l’impression crée avec la tinte ciment. Z. A. via El pais

 

La tactique Pei

Le 26 avril dernier, Ieoh Ming Pei a rejoint le club très fermé des architectes centenaires. Un anniversaire qui donne l’occasion d’un retour sur l’« aventure architecturale du maître Pei » au Mudam, le musée d’art moderne du Luxembourg, ouvert en 2006. « Si vous observez bien, le musée est fait de deux matières, la pierre de Bourgogne et le verre. Pei m’avait défini l’architecture en un mot  : lumière… Les œuvres d’art n’étaient pas encore dans le musée qu’il voulait déjà les mettre en valeur » explique Georges Reuter, architecte qui a assisté Pei tout au long des dix-sept années nécessaire à l’aboutissement du projet. « Autre signe de l’humilité de Pei, la nature autour du musée. D’année en année, le Mudam se cache derrière les feuilles. “Pei savait que des arbres allaient pousser, que ce versant du Kirchberg tend vers la nature. Il l’a accepté dès le début.” » Par contre, la déception de l’architecte a été immense lorsqu’il vit construire un hôtel de la chaîne Melia face à son œuvre. « Un plan de bataille, orchestré par le paysagiste français Michel Desvigne, avait alors été mis en place  : planter les arbres sur la place de lEurope (un par pays membre!), en avant-poste face au Meliá ». Une tactique nécessaire face à un espace impayable…

Via Le quotidien 

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L’architecture selon Pei : «la lumière». (photo Alain Richard) via le quotidien

 

Algérie : l’architecture sans terre

La 5e édition du festival Archi’terre, s’est déroulée à Alger du 23 au 27 avril dernier. La commissaire Yasmine Terki a lancé un appel pour l’utilisation de la terre dans la construction. « Le festival a été créé pour pallier un grand manque au niveau de la formation des acteurs du bâtiment, dont des architectes, des ingénieurs et des ouvriers du bâtiment. Il y a un énorme manque dans leur formation, car ils n’utilisent que les matériaux et les techniques de construction industriels. Or, tout le patrimoine algérien et du monde est  construit en matériaux locaux : terre, pierre et bois.  Face à cette situation, le ministère de la Culture s’est retrouvé dans l’incapacité d’assurer une prise en charge sérieuse du patrimoine. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de professionnels capables de prendre en charge ce patrimoine. Nous nous sommes dit qu’il fallait pallier cette situation». Privée de subventions du ministère en 2016, la manifestation avait été annulée. Elle revient sous forme de micro-salon, au moment où la profession d’architecte connaît une grave crise. D’après le syndicat national des architectes agréés algériens (Synaa),
« seulement 20% des architectes inscrits au tableau national de l’Ordre continuent à peine d’exercer », et le chiffre est appelé à baisser encore, faute au « recul drastique des investissements opérés par l’État depuis 2014 (et qui) a engendré le gel de la quasi-totalité du programme de réalisation des équipements publics ». Quelques jours auparavant, le PDG d’un grand groupe de construction s’alarmait de la disparition possible de la moitié des entreprises de BTP d’ici la fin de l’année. Un secteur en passe de se retrouver six pieds sous terre…

Via El Watan et Maghreb émergent 

 

 

Suisse air

Qu’est-ce qui caractérise l’architecture suisse ? Andreas Ruby, directeur du musée suisse d’architecture, le SAM, lance des questions en guise de réponse « la maîtrise voire le fétichisme des matériaux – le béton ultralisse -, le minimalisme, les budgets illimités, mais qui, dans une certaine veine calviniste, doivent être dissimulés : tous ces éléments sont-ils réellement constitutifs de l’architecture helvétique? Le minimalisme est-il le motif permanent de la culture architecturale et constructive en Suisse ? » Plutôt que de trancher par lui-même, il a demandé à 162 agences de formuler leur propre vision du sujet, à travers leurs réponses à trois questions (leur projet le plus important, l’édifice ou la situation la plus inspirante, et l’architecte le plus suisse à leurs yeux), et a exposé les résultats de l’enquête dans l’exposition Schweizweit. « Avec cette exposition, on a appris beaucoup. Comme le fait qu’il n’existe pas d’architecture suisse, mais une culture architecturale et constructive très hétérogène. C’est une véritable richesse culturelle. Ce qu’on construit dépend du lieu, du contexte. Il y a aussi une volonté manifeste chez les jeunes architectes de travailler avec l’existant ». Les architectes suisses existent, en revanche, et de nombreux architectes espagnols fuyant la crise les ont rencontrés. Swiss info donne la parole à l’une d’entre elles, qui témoigne « J’ai appris à construire à la manière suisse, à m’imprégner de sa qualité de construction (très différente de l’Espagnole), j’ai remporté des mises au concours public et j’ai commencé à faire des projets seuls sous le contrôle d’un associé (et ami) suisse avec qui nous formons notre propre entreprise ». Henar Varela, architecte de 31ans, confie que « connaître un Suisse c’est avoir un ami pour la vie ». Ne dit-on pas « copain comme corbu » ?

Via Le Temps et Swiss Info 

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L’intérieur de l’Unithèque à Lausanne, 2015 – 2020, par Fruehauf Henry et Viladoms (Maaars) via le temps

 

 

Bruxelles : défendre le Sheraton

Un collectif d’architectes belges s’émeut du (mauvais) sort prochain réservé à la tour Sheraton, immeuble des années 60 qui formait un ensemble monumental avec la tour Rogier, remplacée par une tour au début des années 2000. Le collectif veut obliger la région à se positionner sur le sujet, afin d’ «envoyer un message au secteur immobilier bruxellois, valable pour tous les projets ayant un impact déterminant sur le paysage urbain». Il demande à définir « ensemble les conditions de qualité des projets immobiliers stratégiques, prenons en compte dès le départ la dimension architecturale et urbanistique dans le processus, par le biais de concours d’architecture ou tout autre processus de réflexion, organisés par le développeur, en collaboration avec le BMA (Bouwmeester-maître architecte, en charge de l’architecture auprès de la municipalité, NDLR). C’est dans un dialogue constructif entre pouvoirs publics et privés, dans le respect du rôle, des contraintes et des missions de chacun, que pourra émerger une vraie politique architecturale ambitieuse». La participation des architectes : une piste qui pourrait séduire en cette époque où la participation est le mot magique initiant tout bon projet urbain ou architectural.

Via la libre Belgique 

 

 

Ornement et Buzz

Après avoir envahi nos textes, les emojis vont-ils envahir nos bâtiments ? L’architecte Changiz Tehrani a tiré le premier et fait le buzz avec son immeuble d’Amersfoort, Pays-Bas, qui arbore en guise d’ornement 22 smileys moulés dans le béton. « L’architecture classique utilisait les têtes des rois ou autres, que l’on plaquait sur la façade, a déclaré Tehrani au magazine The Verge. Alors nous nous sommes dit, quel ornement pourrions-nous utiliser qui fasse qu’une personne puisse se dire dans 10 ou 20 ans : “Hé, c’est de cette année-là” ». Plus émoticon, y a pas…

Via The Verge 

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Il y 22 émoticones au total, toute coulées en béton. Image : Attika Architekten / Bart van Hoek via the verge

Olivier Namias

Imitation ou plagiat : la revue de presse du 18 avril 2017

Imitation ou plagiat : la revue de presse du 18 avril 2017

Villas Godzilla, les maisons des super-riches. Quand l’artiste supplante l’architecte. L’Hexagone, enfer de la récupération sauvage. Plagiat, imitation ou esprit du temps ? Le CAUE 57 bientôt sans locaux : la revue de presse du 18 avril 2017

 

CAUE à vendre

Le CAUE de Moselle a-t-il encore un avenir ? Patrick Weiten, président du conseil départemental qui fixe la quote part de la taxe sur l’aménagement allouée, avait laisser planer des doutes quand à l’avenir de cette association instituée par la loi sur l’architecture de 1977. « On met un peu d’ordre. Aucun licenciement n’est prévu. Tout le monde est maintenu à son poste. Le CAUE compte de moins en moins d’adhérents. Les prestations sont de moins en moins nombreuses. Les communes trouvent des réponses auprès du privé ou de la Matec (Moselle Agence Technique, NDLR). Tous les départements n’ont pas de CAUE et sa localisation n’est pas la meilleure. La question de sa présence est posée ». Signe inquiétant, le conseil municipal de Scy-Chazelles, où est implanté le CAUE, a inscrit à son budget une somme de 996 000 € couvrant l’achat des locaux occupés par le dit CAUE, pour y installer une maison des associations. « La commune est obligée de se tenir prête », explique son maire Frédéric Navrot, « je sais comme tout le monde que le CAUE est en voie de quitter Scy-Chazelles. Nous souhaitons nous porter acquéreurs ». Le CAUE envisagerait sérieusement l’option déménagement.

Via La Semaine 

 

 

De l’Art dans la Maîtrise d’oeuvre

Ringard, l’architecte ? Des artistes prennent en main les projets que les architectes ne veulent pas faire, explique le quotidien belge « L’Écho ». Leur statut à part leur donne une immense liberté « “Là, j’abandonne”, avait déclaré l’architecte lorsqu’il a appris que le sol de l’appartement devait être inégal. “Les ouvriers ne voulaient même pas installer le sol sans signer de décharge”, explique l’artiste britannique Henry Krokatsis, qui a livré l’œuvre in situ l’an dernier. “Ils avaient peur d’être traînés devant les tribunaux.”Pourtant, les sols inégaux, voilà exactement ce que fait Krokatsis », artiste partisan de la vie à la bancale, suite logique de la vie à l’oblique de Claude Parent. Un mouvement vaste qui s’explique par une lassitude « de plus en plus de marchands d’arts, galeristes et curateurs en ont assez des œuvres et installations dans leurs intérieurs », préférant une œuvre qui les absorberait entièrement. « Dans les œuvres d’art de Pardo, vous pouvez cuisiner, nager et même dormir. Il n’a pas peur non plus de créer des meubles ou des lampes et de s’aventurer sur le terrain du design. Ce qu’Alex Coles, critique d’art londonien et expert de Pardo, qualifie de « transdisciplinarité ». Il considère celle-ci comme un nouveau courant. « Les artistes et les designers ne sont plus condamnés à une seule discipline, mais sont actifs aussi bien dans le domaine de l’architecture que de l’art et du design. » En retour, le statut de l’œuvre évolue, confie Jean-Baptiste Bernardet, qui a peint la cabane de jardin d’un ami dans le New Jersey « Au fur et à mesure que le temps passe, la couleur de la peinture acrylique sur le vieux bois s’estompe. Des clématites et des rosiers grimpent le long des murs. “C’est beau”, estime Bernadet. “Les plantes font lentement disparaître mon travail. Je trouve ça parfait.” » S’il n’y a pas de décennale, c’est effectivement parfait. 

Via L’Écho  

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Le tapis de l’architecte allemand Arno Brandlhuber est composé de dalles faites en bandes de cassette. Il enroule les bandes en gros rouleaux qu’il coule dans de l’epoxy et découpe ensuite en dalles, ce qui crée un effet de bois © Arno Brandlhuber, Gregor Hildebrandt / Sergio Pirrone via les échos

 

Godvilla

Il s’appelle Titus Bernhard, et son agence d’architecture s’est spécialisée dans l’habitat pour super riches, les villas-godzillas qui « symbolisent la démesure totale. Le nombre d’or n’est pas ici affaire de proportion, c’est un modèle économique » relate un journaliste du Suddeutsche Zeitung. « On reconnaît une villa au fait qu’on ne voit pas la maison quand on pénètre dans la propriété. (…) Elle est trop loin, tout simplement » explique Paul Kahlfeldt, autre architecte allemand ex-expert des sous-stations électriques désormais versé dans la réhabilitation de villas historiques aussi prisées que leur équivalent contemporain. Les plus chères de ces villas sont aux États-Unis, et flirtent avec le demi-milliard de dollars pour les plus folles. Certes, les villas ont toujours fait avancer l’histoire de l’architecture, rappelle l’article, mais les demandes des Trump et des Kardashians, Médicis du XXIe siècle, sont souvent déroutantes. Il faut savoir dire non, comme à Ribery empêtré dans des scandales de prostitution, qui voulait voir ses Ferrari depuis son lit. « À la place de quoi l’architecte lui a recommandé de créer un foyer propice à la sauvegarde de son couple », en délaissant ce dispositif spatial introuvable dans le Neufert. La plupart des exubérances de ces résidences restent inconnues. Elles conduisent Titus Bernard à envisager de retourner d’ici peu à la conception de logements sociaux « Sinon, en tant qu’architecte, on ne tient pas le coup » confie l’architecte exténué. Là aussi, il faudra impérativement tenir le coût.

Via Courrier International 

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Douze suites, 21 salles de bain, 3 cuisines, 5 bars, une salle de cinéma… Cette villa de Bel Air, à Los Angeles, est en vente pour 250 millions de dollars. En attendant que soit mise en vente la “Gigavilla”, c’est la maison la plus chère des États-Unis. Photo Berlyn Photography / SWNS via Courrier international

 

Déjà vu?

La Voix du Nord propose à ses lecteurs un jeu des sept erreurs architecturales basé sur deux exemples réels ou en passe de l’être. « Ce toit planté d’arbres qui s’élève en pente douce depuis la rue, s’enroule au fil des étages et débouche sur un terrasse panoramique, comme une proue lancée au-dessus de la ville… Ça ne peut être que ShAKe, le spectaculaire immeuble dessiné par le cabinet d’architecte PCA-Stream», adjugé à l’issue d’un concours dont le résultat vient d’être divulgué. N’allons pas trop vite : « et puis on remarque les bateaux. Et la cheminée coiffant l’édifice. Et l’absence du périphérique routier. Et où est le parc des Dondaines, bon sang ? La légende du visuel achève de nous détromper. On n’est pas à Lille. Mais à Copenhague. Devant le nouvel incinérateur de déchets (surmonté d’une piste de ski) signé de l’architecte star Bjarke Ingels, de BIG. Un équipement en cours de construction sur le port de la capitale danoise ».

Serait-on face à un cas patent de plagiat ? Nacarat, le promoteur, s’insurge « C’est une création originale, qui ne souffre aucune contestation (…) On a vu naître ce projet à partir d’une page blanche, pendant le concours, (…). Le résultat est le fruit d’un croisement entre le programme (des bureaux) et les contraintes du site (à commencer par la petite taille de la parcelle). Une somme d’équations dont a émergé la forme de ShAKe ». Côté Danois, on est circonspect : « En effet, nous avons remarqué la forte ressemblance du projet lillois avec l’usine d’incinération d’Amager Bakke à Copenhague (…) », nous écrit l’agence de Bjarke Ingels. En indiquant “étudier ses options” et ne pas souhaiter faire d’autres commentaires à ce stade. L’agence PCA-stream invoque l’esprit du temps, le fameux Zeitgeist « Nous connaissions cette référence de l’agence BIG dont nous sommes des admirateurs, cependant elle ne nous a pas guidés dans notre travail de conception », affirme Olympe Rabaté, responsable de la stratégie éditoriale. En rappelant que la forme a été dictée par des contraintes de fond  ». L’imitation est la forme la plus sincère de flatterie, disait un écrivain anglais. Si les similitudes découlent de l’esprit du temps, faut-il s’attendre à voir pousser des ShAKe partout, s’interroge le quotidien lillois ? Ça risque de secouer !

Via La Voix du nord 

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Le jeu des sept erreurs : à gauche, ShAKe à Euralille, conçu par PCA-Stream ; à droite, Amager Bakke à Copenhague, signé BIG. via la voix du nord

 

 

Ouvrez grand la maison du fascisme !

Depuis l’antenne albanaise de son agence, l’architecte milanais Stefano Boeri apporte son soutien à l’association Maarc, qui milite pour rendre accessible à tous la Casa del Fascio de Côme, chef d’œuvre de Giuseppe Terragni. Construit pour servir de siège au parti fasciste, l’édifice inauguré en 1936 par Mussolini est occupé depuis des décennies par la Guarda di Finanza, sorte de gendarmerie spécialisée dans la traque des délits financiers. Le Maarc voudrait faire du bâtiment un musée du rationalisme. « La Casa del Fascio est un musée en soit, et comme tel, explique Boeri, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de lui insuffler d’autres contenus, sauf à en garder une partie pour raconter la vie de son auteur ». Et sur l’espace restant, une maison du facho ?

Via il Corriere di Como 

 

 

Pillage dans l’Hexagone

La dépopulation des villages français a pour conséquence un pillage à grande échelle de leurs éléments architecturaux, nous apprend le New York Times, qui s’est rendu à Joinville pour constater les effets de cette pratique. « Dans une maison du 16e siècle, les parquets étaient partis. La pièce autrefois utilisée comme cuisine avait été dénudée de ses carreaux. Sous nos pieds, on trouvait juste du gravier et de la terre. Les murs autrefois revêtus de panneaux de bois avaient été déshabillés jusqu’à la brique, et dans certains endroits, exposés aux éléments et aux vents froids. Il n’y avait plus de plafond, juste les poutres. S’il y avait un miroir sur le conduit de cheminée, ou même une cheminée, elle était partie depuis longtemps, tout comme les menuiseries des portes et fenêtres ». Le dépeçage, qui ruine une maison et fragilise ses voisines, est effectué par une catégorie d’acheteur qui font du bâti existant une carrière de matériau, ou parfois par les propriétaires eux mêmes, lorsqu’ils se lancent dans des travaux de rénovation. La vente des matériaux est légale « un élément architectural standard de Joinville comme un carrelage 19e peut valoir jusqu’à 6500 US $, selon la taille de la cuisine et l’état de conservation des carreaux. Une cheminée peut atteindre les 10 000 US $ ». Une vision destructive de la récup, qui trouve dans l’Hexagone son entrepôt le mieux achalandé « la plupart des gens qui veulent acheter des antiquités se tournent vers la France, plus que vers n’importe quel autre pays d’Europe », explique Simon de Monicault, responsable du mobilier chez Christie’s à Paris. Le maire de Joinville a sorti de la poussière une loi inutilisée pour enrayer les pillages, et lance un programme « adopte une maison » pour les structures en quête de réparation.

Via The New York Times 

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Anthony Koenig, who is in charge of urban planning for Joinville, France, showed one of the abandoned and pillaged houses in the village. Credit Pierre Terdjman for The New York Times

 

 

Extension du domaine de la Hutte

« Nous sommes en train de travailler à la redéfinition d’une architecture de la police nationale » dite Franco Gabrielli, chef de la police italienne, lors du 165e anniversaire de « l’Arma » — l’Arme, surnom de cette institution en Italie. Pendant ce temps-là, Ditmir Bushati, ministre albanais de la Justice, déclare à France 24 qu’il planche sur la réforme de la justice pour créer la nouvelle architecture du système judiciaire de son pays. Ces bonnes nouvelles surviennent alors que l’on apprend qu’il y a désormais une architecture du cadre fiscal en Inde, explique Nand Kishore Singh, chef d’une commission sur la responsabilité fiscale et gestion budgétaire (FRBM). C’était un nouvel épisode de notre rubrique « Architecture sans architecture ».

Via Rai NewsThe Hindu et European western balkans 

 

Sacco Orphelin

Piero Gatti, père de l’assise pop et informe passée à la postérité sous le nom de « Sacco » vient de nous quitter à l’age de 76 ans. Produit par la société Zanotta, son pouf avait remporté le Compasso d’Oro en 1970 et avait été exposé au Moma deux ans plus tard. Plus que la communauté des architectes et des designers, c’est avant tout les militants du mouvement populiste 5 stelle (M5S) qui ont annoncé son décès. Gatti était affilié au M5S depuis 2011.

via Grosseto Notizie 

Olivier Namias

 

Les projets locaux aiguisent les tensions urbaines : la revue de presse du 11/04/2017

Les projets locaux aiguisent les tensions urbaines : la revue de presse du 11/04/2017

Halle à tout faire ; Le PLUI et le beau temps ;  Satisfactions réglementaires ;  Règlements (urbains) de compte ; Gabions en immersion ;  NIMGRY ;  Tours au carré ;  De 5 à 8 ; L’école des maires … la revue de presse du 11 avril 2017 

 

Halle à tout faire

Enthousiaste, l’adjointe au maire de Toulouse chargé de l’urbanisme, Annette Laigneau présente le projet d’Écoquartier de la Cartoucherie, construit sur l’ancien site de l’usine d’armement du Giat. Projet dont le clou est une halle « dès cet été, une animation aura lieu sur la Halle, créée par la société qui la gérera à terme. Dans la Halle, qui sera aménagée d’ici fin 2019, il y aura des restaurants, un espace de sport, avec un mur d’escalade. Il y aura des espaces de co-working. Ce sera un espace de vie. Une salle de spectacles d’environ 500 places est prévue également, dans le respect de la structure historique de la halle. Les habitants s’organisent, avec l’aide de la mairie et des comités de quartier voisins, pour créer un comité de quartier, et donc une vraie atmosphère de quartier ». Que dire devant cette programmation respectant à la lettre l’évangile de l’écovivre ensemble ? Amen ? Halle et loup y a, ajouteront les éternels méfiants.

Via La Dépêche 

 

 

Le PLUI et le beau temps

Moins à la fête, Jacques Lannoy, maire d’Echinghen (62), lance un cri d’alarme « ma commune est en train de mourir. La population est vieillissante, avec une moyenne d’âge de 45-50 ans. Il n’y a plus d’école, on ne fait plus d’enfants. Nous sommes environ 400 aujourd’hui, j’ai réussi à stabiliser ce chiffre, mais on risque de descendre à 300 dans dix ans ». Une décroissance que l’élu impute au PLUI, plan local d’urbanisme intercommunal : « les petites communes ont été mises de côté avec ce plan d’urbanisme. On a tapé sur elles pour récupérer de la surface et j’en subis les conséquences (…). Pour les dix prochaines années, il ne nous reste plus que deux terrains communaux de 14 000 m2 et trois terrains privés de 1 500 m2, dont nous n’avons pas la maîtrise. Sur les parcelles communales, nous avons un potentiel de huit à dix maisons, en plus de la maison de retraite que je souhaite aménager. Nous les ouvrirons en priorité aux jeunes avec du locatif et de l’accession à la propriété. Mais je demandais dix maisons supplémentaires ». Les jeunes s’en vont faute d’avoir la possibilité de construire et de travailler. Dans ce contexte, pourquoi faire de la construction de la maison de retraite une priorité ? « Parce que les personnes âgées qui iront dans cette structure pourront non seulement rester sur la commune, mais elles remettront dans le cercle des logements pour jeunes. Je n’ai plus que ça comme levier ». L’Ehpad de la dernière chance…

Via La Voix du Nord

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Lundi soir, Jacques Lannoy a été fidèle à sa réputation : pas de langue de bois. via la voix du nord

 

Satisfactions réglementaires

Parce qu’il ne peut y avoir que des mauvaises nouvelles et des communes en difficulté, Alain Fabre, maire adjoint de Vieille-Toulouse, commune de l’agglomération de la ville rose, ne cachait pas sa satisfaction lors de la présentation du PLU venant remplacer le POS adopté quarante ans auparavant. « Après deux ans de travail, d’analyses mûrement réfléchies, d’échanges, de travaux sur le paysage avec des urbanistes et des architectes, le maire, Mireille Garcia, peut se féliciter du travail accompli, avec en prime un avis très favorable du commissaire enquêteur, qui a salué à plusieurs reprises la qualité de la discussion menée avec les habitants, et les réponses à l’enquête publique ». La fermeture de 100 ha à l’urbanisation n’empêchera pas la commune d’accueillir 1 500 nouveaux habitants à l’horizon 2 030, soit plus du double de la population actuelle, totalisant 1 142 habitants. Le nouveau document d’urbanisme a été adopté par 13 voix sur 14, la seule voix manquante ayant tout de même souligné « un travail exceptionnel et un très bon PLU ». L’unanimité aurait sans doute paru trop soviétique, ce qui ne se fait plus.

Via La Dépêche 

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L’assemblée communale en séance./ Photo Archives DDM

 

Règlements (urbains) de compte

À Chambly (Province du Québec), l’adoption du plan d’urbanisme tient plus du règlement de compte que du règlement urbain. Francine Guay, conseillère indépendante de la commune, accuse les élus d’approuver sans l’avoir lu un document 700 pages, puisqu’ils ne l’ont reçu que 24 heures avant la séance du conseil. La suite, digne d’une pièce de boulevard circulaire, nous est rapportée par le Journal de Chambly « “C’est un manque de respect envers les citoyens de voter quand tu n’as pas lu le projet complet”, a reproché Guay ». Après plusieurs algarades, M. Lavoie, le maire, a sanctionné la conseillère

«- “Donne-lui une amende de 100 $, je ne veux plus l’entendre. Je comprends que vous voulez donner votre show”, a ajouté M. Lavoie.

– “Je ne fais que de la transparence. Votre manipulation, ça ne marche plus avec moi et c’est pour ça que vous me haïssez”, a tonné Mme Guay.

– “Non, de la haine, ce serait déjà de vous donner un statut”, a renchéri le maire.

– “Vous ne me musellerez pas”, a conclu la conseillère.»

Ce tragique vaudeville conduisant à échanges pas très urbains, il est peut-être tant de changer de spectacle. Ça patinait moins pendant «urbanism on Ice» ?

Via Le Journal de Chambly 

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Le projet de plan d’urbanisme a causé bien des remous à la séance publique du conseil municipal de Chambly. ©TC Media – Annabelle Baillargeon via journal de chambly

 

Gabions en immersion

« Nous allons fabriquer une sorte de bac à sable géant, avec un mur de gabion » explique Pascal Juin, chef de travaux chez Tech Sub, entreprise spécialisée dans les travaux aquatiques qui sous-traite pour Colas la réalisation de la zone de baignade du lac d’Auron, un projet porté par la ville de Bourges. Une centaine de casiers lestés chacun de 400 kilogrammes de gabions délimiteront un secteur de 50 mètres de long sur 18 mètres de large. « Tech Sub travaille en effet dans des eaux beaucoup plus troubles, plus sales et plus dangereuses. “Je suis souvent appelé pour des missions auprès d’entreprises pharmaceutiques, chimiques et pétrochimiques, ainsi que de stations d’épurations, raconte Pascal Juin. Certains de mes collègues travaillent même dans des centrales nucléaires. À Bourges, nous utilisons le scaphandre autonome car l’eau n’est pas nocive. Mais parfois nous avons un scaphandre intégral totalement étanche. Il nous arrive de travailler dans des eaux très acides, dont la température peut dépasser 50 degrés.” . En deux mots, des ambiances de conseils municipaux !

Via Le Berry 

 

 

NIMGRY

« Not in my Graveyard » — pas dans mon cimetière —, rétorquent en substance les habitants de Seysses (31) au projet d’implantation d’un crématorium sur le territoire de la commune. Vicky Vallier, président de l’association Seysses environnement, n’est pas dans l’absolu opposé au projet « “Comme nous le répétons depuis le début, nous comprenons qu’il est nécessaire d’avoir un nouveau crématorium en Haute-Garonne”. Il pourrait être construit sur la commune de Seysses, à condition que ce soit sur un terrain adéquat, situé aux abords de l’autoroute ». Une manière de rapprocher producteur et consommateur déjà à l’œuvre sur les terrains que convoitent les promoteurs de l’équipement funéraire « l’implantation actuellement choisie en dépit du bon sens aurait pour conséquences le déclassement de terres agricoles, et la mise en péril d’une AMAP Bio. Il y aurait, de plus, un gros problème de pollution due à une circulation excessive sur des voiries inadaptées ». Des terres, que Vicky Vallier veut « laisser aux vivants », détournant le slogan des crématistes pour justifier leur avantage sur l’enterrement classique. L’équipement reste polluant, selon Vallier qui a fait ses calculs. « Sachant qu’il y a environ 60 inhumations par an à Seysses, nous avons donc actuellement une pollution 10 fois inférieure à celle qui se dégagerait du crématorium, puisque le Sivom donne le chiffre de 900 crémations par an pour un four… Et ils envisagent un deuxième four dans l’avenir », s’insurge Vallier. Entre la population de de Seysses et son maire, partisan du projet, le torchon brule.

Via La Dépêche 

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Les opposants s’expriment même sur les murs de la ville. Photo : C.P. via la dépêche

 

Tours au carré

Pendant que Seysses vit dans la crainte d’un deuxième four, des Toulousains rêvent d’une deuxième tour près de la prison Saint-Michel, établissement pénitencier désaffecté qui se verra bientôt agrémenté d’un auditorium et de 11 500 m2 de logements et d’hôtel. Les bords de la Garonne vont-ils bientôt baigner «Tourlouse», métropolis occitane et verticale ? « Loin de nous l’idée de transformer Toulouse, ville horizontale par essence, en Hong Kong ou Manhattan occitanes… Mais face au casse-tête que doivent résoudre les pouvoirs publics sur le site de l’ancienne maison d’arrêt Saint-Michel, l’idée de réaliser un, voire deux immeubles de grande hauteur pour caser les 8 000 m2 de logements et les 3 500 m2 d’hôtel prévus par l’État vendeur et la Métropole aménageur, n’a rien de stupide. Elle fait même son chemin, notamment chez les riverains», expliquait un architecte associé à Libeskind sur le projet de la tour d’Occitanie, qui doit voir le jour près de la gare de Matabiau. Le futur auditorium ne devant plus être enterré, il pourrait monter jusqu’à 20 mètres de hauteur, ce qui met le site hors PLU. «Ce qu’il y a de formidable avec une tour, c’est qu’on construit un quartier d’un coup, sur un espace très réduit». Pour autant, il ne s’agit pas « d’imaginer une tour de 150 m de haut comme à Marengo. 11 000 m2 de logements, cela fait 15 étages dans la Tour d’Occitanie, on pourrait imaginer deux tours, ce qui irait bien dans l’idée de symétrie qui semble au cœur du projet métropolitain », suggère Guillaume Drijard, président du comité de quartier. Une aubaine pour un secteur immobilier en plein boom, « dopé par les derniers feux de la loi Pinel ». Un risque aussi, celui de soulever une opposition citoyenne qui désespère déjà les promoteurs du coin, lassés « des recours, gracieux auprès de la mairie ou judiciaires devant le tribunal administratif, qui se multiplent et rallongent les délais, et les coûts, de construction». Des recours gérés par la Métropole au cas par cas, en attendant de nouvelles règles d’urbanisme annoncées pour la rentrée.

Via La Dépêche

 

De 5 à 8

Surprise des habitants d’Issy-les-Moulineaux à la lecture de la page 11 du dossier de modification du PLU de leur commune « il est apparu nécessaire d’augmenter le plafond. (…) Une hauteur maximale des constructions de 80 m permettrait ainsi d’assurer des silhouettes de bâtiments élégantes et élancées ». Deux tours de cette taille doivent ainsi voir le jour à l’entrée de la zone, à l’entrée de l’avenue Léon-Blum ». Un 5 qui s’est changé en 8 : il n’était au départ prévu que de monter jusqu’à 50 mètres. «Des tours de 80 m au lieu de 50? « Aberrant! », a pourtant réagi lassociation Actevi (action citoyenne pour les transports et lenvironnement de la ville dIssy). « On ne conteste pas quil y a un vrai besoin de logements, reconnaît Clotilde Norguet, la présidente de lassociation. Mais on trouve les arguments un peu insuffisants. On aimerait que les architectes soient un peu plus inventifs. Pourquoi densifier à outrance, et de cette forme? » La ville compte sur l’inventivité des architectes, l’atelier Roland Castro, et le studio Libesking (sic), le roi du gratte-ciel à rigolo de Toulouse à New York.

Via Le Parisien

 

L’école des maires

Jeudi dernier, les maires de l’Aude se sont réunis pour participer à une session d’information sur la gestion des contentieux, « un sujet sensible sur lequel ils n’ont pas tari de questions », rapporte La Dépêche. Les sources de contentieux sont nombreuses. Elles portent sur des points propres à la fonction publique territoriale, aux marchés publics, aux domaines et à leur fiscalité, voire au litige avec les autres élus. Le point de discorde numero uno reste cependant l’urbanisme, générant autant de litiges avec les mairies que les agents municipaux. « Les permis de construire, par exemple, sont attaqués et souvent par un voisin. Autrefois, si on construisait à côté de chez lui, ça lui plaisait ou pas mais le riverain ne disait rien. Maintenant, avec la montée de l’esprit procédurier, les dépôts de plaintes augmentent ». Avocat du barreau de Montpellier spécialiste des collectivités maîtres Guillaume Merland met en garde les édiles « Attention, le maire est responsable de tout! Et sil commet une erreur, la compagnie dassurances ne le rembourse pas”». Ce qui ne veut pas dire qu’il est totalement démuni. À Chartres, la ville a fait condamner six sociétés ayant travaillé sur des aménagements de son «coeur de ville». Des maîtres d’œuvres (pour 70 % du préjudice) et des entreprises de travaux publics, condamnés au versement de dommages et intérêts pour un montant total de 349 027, 42 €. Selon la cour administrative, « les entreprises auraient dû signaler au maître d’œuvre ou au maître d’ouvrage le non-respect du cahier des clauses techniques générales ‘dont le respect leur était à tort imposé du fait des bordures prévues par le projet ». Bientôt des sessions d’information pour apprendre aux architectes à se défendre des élus ?

Via La Dépêche et l’Echo Républicain

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Les maires de l’Aude ont assisté mardi matin à la maison des collectivités à une session sur la prévention et la gestion des contentieux. / Photo l’I Claude Boyer via la dépêche

 

Olivier Namias

A apprécier, les photos de Paul Shambroom, MEETINGS SERIES / UT,-WAYNE-COUNTY

Luxuriance, minimalisme, guerre, visionnaire, identité, oppression : la revue de presse du 04/04/2017

Luxuriance, minimalisme, guerre, visionnaire, identité, oppression : la revue de presse du 04/04/2017

L’immobilier entre luxuriance et minimalisme, élus en guerre ou visionnaires, ordres architecturaux entre identité et oppression : la revue de presse du 4 avril 2017

 

Un appartement beau, oui.

« Il offre une vue époustouflante sur Central Park et cerise sur le gâteau : un piano sur lequel David Bowie a joué trône dans le salon ». Et pour cause, puisque selon l’agence immobilière Corcoran Real Estate mandatée pour vendre ce prestigieux appartement new yorkais pour la modique somme de 6 millions de dollars, David Bowie et sa femme Iman y auraient vécu de 1992 à 2002. « Le piano Yamaha de David Bowie est toujours resté dans l’appartement malgré les changements de propriétaires », argumente l’agence américaine. D’une superficie de plus de 570 m², l’appartement compte trois chambres et un salon, deux salles de bain (avec bains en marbre) et une cuisine récemment rénovée, pour un total de six pièces ». Petite particularité programmatique propre aux projets pour rock star : Bowie avait transformé une des salles de bains en panic room pour faire face à l’intrusion d’un fan. La pièce a depuis retrouvé sa fonction d’origine, selon Ouest-France, qui rappelle à ses lecteurs peu versés dans la culture Pop que « Bowie avait accédé à la notoriété en 1969, avec « Space Oddity », une balade devenue mythique sur l’histoire de Major Tom, un astronaute qui se perd dans l’espace ». Au vu de la décoration de l’appartement, on peut affirmer que la star – ou ses successeurs – se sont perdus dans l’espace post moderne. Can you hear me major Trump ?

Via Ouest-France 

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À New York, près de Central Park, un bien immobilier ayant appartenu à David Bowie et à Iman, son épouse, vient d’être mis sur le marché pour plus de 6 millions de dollars. via Ouest France

 

Inde : nuances subtiles dans l’immobilier de luxe

« Le logement de luxe fait un retour en fanfare en Inde – un pays dont les merveilles historiques ont placé la barre très haut en la matière. De plus en plus de gens peuvent s’offrir d’ultra-luxueuses demeures qui font d’une architecture somptueuse et spectaculaire un des facteurs clé de différentiation ». Un journal indien explique le rôle que joue l’architecture dans le secteur de la maison de luxe contemporaine, sans oublier de mettre en garde les futurs maîtres d’ouvrage : « acheter une maison à l’architecture époustouflante est un rêve et un moment de fierté qui a aussi ses désavantages », parmi lesquels un prix plus élevé que l’habitat de luxe standard du voisinage (sic). Onéreux également est l’entretien de ces palais. Une autre difficulté est de concilier dans un même bâtiment le goût de plusieurs générations, au cas où elles devraient s’abriter sous un même toit de luxe. Compliquée aussi, les mises de l’habitat au goût du jour, actualisation dont les besoins ne manqueront pas de se faire sentir après une période non précisée dans l’article. Impossible de changer l’architecture du gratte-ciel que couronne son penthouse, difficile de changer son manoir sans passer par tout un processus de permis de construire et d’autorisations administratives. Malgré ces tracasseries, le besoin d’une architecture originale réalisée avec bon goût – de luxe – est et restera une tendance durable. L’architecture constitue de plus un argument de vente majeur pour le logement de super luxe comme pour le logement de luxe abordable, un concept qui a tout pour faire rêver les classes moyennes supérieures en Europe aussi bien qu’en Inde.

Via India Infoline 

 

 

Tinymmobilier

A l’opposé de la maison de luxe, le mouvement des Tiny Houses, mini-maisons mobiles de moins de 46 m2, tendance en vogue de l’habitat étasunien depuis la diffusion du documentaire « Tiny : a documentary about living small », (minuscule, un documentaire sur la vie en petit) en 2013 sur la chaine câblée américaine HGTV. Un mouvement populaire au point qu’il commence à générer ses festivals, comme à Saint Petersburg – il s’agit bien sûr de la ville de Floride. Parmi les 20 micro maisons que l’on a pu y découvrir samedi dernier, celle de Stéphanie Henschen, jeune architecte de 26 ans qui a conçu et réalisé la Tiny House de 19,50 m2 où elle vit depuis presque un an. « Je n’ai jamais vécu dans un grand logement », explique Henschen, « je n’ai jamais eu l’opportunité d’accumuler beaucoup de choses, alors il était normal que je me sente à l’aise dans une micro maison ». Pendant dix mois, elle a construit son habitat dans l’arrière cour de la maison de sa grand-mère, puis sur un camping après que l’aïeule ait vendu sa maison. La micro baraque a couté 18 000US$, et vaut maintenant près du double. Au départ, Henschen pensait la revendre pour payer son crédit étudiant. Elle veut maintenant se lancer dans la promotion tinymmobilière, et construire deux maisons avec le produit de la vente : une pour elle, une pour le marché… Minimaison, gros business : il n’y a pas de doutes, l’Amérique est redevenue grande, même au format XXS.

Via Tampa Bay 

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Via Tampa Bay

 

Dans les clouds

Les médias se sont passionnés pour le dernier projet de Cloud architecture office, qui a réussi à faire un buzz incroyable à partir d’un projet d’anticipation qui anticipant de cinq jour le lancement des poissons d’avril. L’agence new yorkaise qui avait déjà commis un habitat 3D pour Mars se relance dans la conquête de l’espace, avec l’Analemma Tower, une structure linéaire immense suspendue à un astéroïde en orbite contrôlé par la NASA. Les habitants iront chercher leur pain ou se promener au parc en parachute, tout simplement. Et se feront décrocher de leur caillou à la première révolte urbaine ou à la première panne de courant.

Via The Real Deal

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Rendering of Analema Tower (via Cloud Architecture Office)

 

Dans un nuage de fumée bleue

« C’est probablement le type de projet le plus contre-intuitif pour les propriétaires, les architectes et les entrepreneurs : une ferme d’intérieur », écrit dans le New England Real Estate journal un architecte visiblement ignorant du projet d’Analemma Tower de ses confèreres new yorkais. « Ce n’est pas un prototype de la NASA pour une mission sur Mars, avec ses rangées de cultures hydroponiques, mais cela s’en rapproche », et ça promet d’asseoir la culture de marijuana à usage médical dans le Massachusetts et au-delà. Eric Gould, directeur de l’agence d’architecture Helicon Design, livre quelques astuces sur ce programme qui lui est familier. Fini la rigolade souvent provoquée par l’herbe qui rend nigaud : ces projets sont complexes, et demandent la présentation du projet aux populations locales, les approbations d’usage validant la construction de tout bâtiment, le visa du département de la santé, etc. De plus, le maître d’ouvrage doit savoir s’il veut ouvrir une boutique pour le public ou rester dans une configuration B2B. Viennent ensuite les contraintes propres à la destination du produit « en général, une installation phare de marijuana à usage médical devra se doter de d’installations et de produit médicaux aussi bien que d’un équipement pour les besoins de de l’entreprise. Au-delà du dispensaire in-situ, les zones de cultures demandent de l’espace pour la récolte et le séchage des plantes, en plus d’un équipement pour en extraire les principes actifs ». L’éco-conception, la garantie d’alimentation en électricité pour les lampes viennent aussi au rang des préoccupations, sans oublier l’aspect du bâtiment « en tant qu’architecte, nous gardons toujours les questions esthétiques en tête. L’absence de fenêtre quasi inévitable dans ces sites de production conduit souvent à une architecture de boîtes aveugles sans attrait. Pour notre projet de Norwell, nous avons inséré le minimum d’ouverture requises dans un complexe de trois feuilles métalliques minces, bon marché, qui donnent au bâtiment une apparence moderne, futuriste – suggérant aux patients et au public le potentiel d’innovation et la nouvelle frontière que constitue cette industrie émergente ». Notons qu’il n’a pas voulu donner à son bâtiment la forme d’un « bédo » ni d’un hangar décoré surmonté d’un panneau « Smoke It » : ce n’est surement pas un adepte de Venturi.

Via New England Real Estate journal 

 

 

Les PLU de la colère

La mise en place des PLU suscite sur tout le territoire des scènes d’empoignades de village gaulois que Goscinny et Uderzo auraient pu consigner dans les aventures d’Asterix. « En marge d’une conférence de presse, cet après-midi, le maire (LR) de Nîmes, Jean-Paul Fournier, était tout fier d’annoncer le rejet du transfert des PLU, entériné par la plupart des maires de l’agglomération ». Les sentiments pas toujours nobles trouvent l’occasion de s’exprimer « Sur les 39 maires de Nîmes Métropole, une trentaine s’y sont opposés, soit plus de la moitié des édiles ! C’est un camouflet pour Yvan Lachaud » aurait triomphé Fournier d’une façon peut charitable. Plus directs et plus mécontents sont les maires des communes rurales corses « On en a marre ! On ne peut plus rien faire ! » ont-ils fait savoir près de l’hôtel de Région.  « La superposition des lois empêche le développement de nos communes rurales. Principalement la loi ALUR, bien entendu la loi Littoral et la loi Montagne, enfin le PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse). Tout cela mis ensemble donne une impossibilité de constructibilité dans les zones rurales ! S’il n’y a pas d’augmentation de la démographie, il n’y a pas de terrain constructible. Si pendant cinq ans, une zone rurale n’a pas d’habitant, on ne peut pas construire. Ça n’est pas possible ! ». Est-ce à dire que construire pour aucun habitant est des plus pertinent ? Sur le continent, les élus de gauche et de droite de Colomiers, près de Toulouse, se divisent sur une révision du PLU. Faut-il inclure 30% de logements sociaux dans les programmes privés, comme veulent les premiers, ou lutter contre la densification sauvage qui fait pousser des immeubles au milieu des zones pavillonnaires, comme s’alarment les seconds ? « C’est la différence entre une politique de gauche et une politique de droite », explique l’adjointe au maire déléguée à l’urbanisme. Les débats idéologiques feraient-ils leur retour dans l’urbain à l’occasion des révisions réglementaires ?

Via Objectif GardCorse Net Info et La Dépêche 

 

 

Les lauréats

Il est des prix d’architecture qui valent tous les Pritzkers, à l’instar du prix Paul-André-Caouette, décerné à Francine Ouimet et Robert Dupuis dans la catégorie « résidentiel », pour des travaux effectués à leur domicile. Ou le prix Jean-Berchmans-Gagnon, dans la catégorie « non résidentiel », pour le projet du centre historique de la mine King, voire le prix Èmilien-Vachon, mention coup de coeur attribuée à Nadia Thomas.  « L’architecture est omniprésente dans notre environnement. Elle influence notre qualité de vie et notre sentiment d’appartenance à notre milieu. Elle fait partie de notre culture collective et nous concerne tous. C’est pourquoi nous devons nous en préoccuper et développer des outils nous permettant de mieux mettre en valeur la beauté de nos paysages et développer l’attractivité de notre ville », a déclaré Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford Mines, une commune du Québec qui a longtemps vécu de l’exploitation de l’amiante chrysotile. Des paroles sages que l’on aimerait entendre plus souvent dans la bouche de nos élus.

via Le Courrier de Frontenac 

 

 

Culture et art français

Il ose : « il n’y a pas d’art français en musique, peinture, architecture », a déclaré François Bayrou lors de son passage à l’émission du Grand Jury sur RTL. Le maire de Pau voulait rattraper des propos de son champion à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron, qui avait déclaré « qu’il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple», formule qui fut jugée maladroite. « Ce qu’il a voulu dire, c’est qu’il n’y a pas UN art français en matière de musique, de peinture, d’architecture. Il n’y a pas d’art français. En matière de langue, de littérature, il y a un art français», justifie-t-il. L’ancien ministre de l’éducation semble ignorer que l’Ordre Français ne désigne pas un mouvement d’extrême droite, mais la tentative d’élaborer un système d’ornementation propre à la France, imaginé par Philibert de l’Orme vers 1567. L’impétrant sera condamné à franciser tous les châpiteaux doriques de la cité paloise en guise de pénitence.

Via Le Parisien 

 

Musique, exécutif, architecture

Retour dans notre rubrique « architecture partout, bâtiment nul part », qui continue de se remplir encore et encore avec le pianiste Marco Ballaben, dont la musique possède, selon un chroniqueur, « la même architecture minimaliste que la nature et parle son propre, simple langage, pauvre en métaphore mais riche de traces mémorielles qui font partie de sa sphère émotionnelle et affective ». On ne s’attardera pas sur l’utilisation quasi-quotidienne du terme « architecture » dans l’informatique, pour aller directement assister à la formation du prochain gouvernement marocain par Saad Eddine El Othmani. « Nous travaillons encore sur l’architecture du gouvernement » a affirmé El Othmani, qui entend bien tenir les délais avec une architecture « décidée en fin de semaine », ce qui permettra « d’aborder les prochaines phases de la meilleure des façons ». PRO, DOE, ou EXEcutif ? Gare aux levées de réserves qui s’éternisent !

Via Online Jazz  et Tel Quel 

 

 

Le goût du tunnel

« La péninsule de Stad en Norvège constitue l’une des côtes les plus dangereuses de la région. Point de rencontre entre la mer de Norvège et la mer du Nord, ses eaux tumultueuses ont pris la vie de douzaine de marins au cours des dernières décennies. Ce qui explique sans doute pourquoi l’Agence norvégienne du littoral veut creuser un « tunnel à bateau » de 272 millions d’US$ sur une longueur d’un mile offrant un passage sécurisé aux navires de commerce », explique The Verge. La construction devrait commencer en 2018. Elle impliquerait le déplacement de 7,5 millions de tonnes de rocher. Pour convaincre les pouvoirs publics du bien fondé du projet, l’agence d’architecture Snøhetta, a produit une série de rendu 3D. « Si l’idée d’un tunnel à bateau peut paraître absurde, c’est peut-être parce qu’on ne l’a jamais tentée », avance The Verge. Snøhetta vient de remporter le concours pour remodeler le musée de la Marine, au Trocadéro. Qui sait quelle idée « jamais tentée » peut faire germer l’agence norvégienne d’ici la livraison du projet ?

Via The Verge 

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via the verge
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Via the verge
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via the verge

 

Ornementalement correct

Un article met en garde contre les signes cachés de fanatisme qui couvrent le Angel Hall, un bâtiment central de l’Université du Michigan qui servit un temps de point de ralliement aux opposants à la guerre du Vietnam. La lecture attentive des ornements architecturaux est sans appel. Des svastikas sont cachées à la base des colonnes doriques, ordre architectural faisant référence aux Doriens, « le plus impitoyable et dominateur des peuples de la Grèce Antique. Les centaures armés d’arc gardant l’entrée invoquent la violence au sein d’une communauté présentée par l’université comme un lieu d’accueil et de sécurité. Si on laisse de côté le fait que l’utilisation de motifs grecs est un cas patent d’appropriation culturelle, l’architecture de tradition néoclassique renvoie au colonialisme occidental et à l’eurocentrisme. Les quatre bas reliefs d’Ulysses Ricci, flanquant l’entrée tels des sentinelles fanatiques, perpétuent non seulement les normes du genre héritées d’un âge obscurantiste et suranné, mais affirment également des idéaux corporels inaccessibles. Pour couronner le tout, l’inscription surplombant l’entrée – une citation de l’Ordonnance du Nord-Ouest, un document écrit par des blancs esclavagistes voleurs de terre – insiste de façon flagrante sur la nécessité d’une religion, forcément chrétienne, et utilise le terme humanité plutôt qu’un autre plus neutre ». L’auteur de l’article demande le remplacement des colonnes doriques par d’autres aux styles architecturaux puisés dans diverses traditions, affirme ne pas pouvoir trouver le repos tant que les centaures ne se tiendront pas amoureusement dans les bras les uns des autres, et tant que l’inscription au fronton du hall ne proclamera pas « Les fascistes sont interdits sur ce campus ». Et tant que n’y figureront pas ces poissons visibles uniquement le premier jour du quatrième mois du calendrier grégorien.

Via The Michigan Review 

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Via Michigan Review

 

Olivier Namias

 

Star du passé, star de la déco, starchitecte : la revue de presse du 28/03/2017

Recyclage immobilier; l’appel de Jean Nouvel; épidémie verte; des malls qui se fondent dans la ville; revoir Georges Maillols; palettes, vraiment bonnes à tout faire : la revue de presse du 28 mars 2017

 

Foir’fouille immobilière

Pour boucler ses fins de mois, l’État vend chaque année une fraction de ses biens immobiliers, un patrimoine des plus disparate : « majoritairement (il) se sépare de terrains, immeubles, logements ou bureaux. Mais quelques pépites se glissent dans les cessions. Exemple en 2016 : une chapelle de 17 m² vendue 400 € à la commune de Mauléon, où elle est située dans les Deux-Sèvres. Une tour “en très mauvais état” a aussi été cédée pour 130 € à la ville d’Oreilla, dans les Pyrénées-Orientales. Parfois, des sites très insolites — la maison d’arrêt de Grasse ou le fort de Chavagnac — intéressent les investisseurs privés pour des projets touristiques ou culturels ». Parmi les sites mis en vente, un fort de la Manche cédé 100 000 euros à un constructeur de navire qui va en faire un lieu touristique, ou un garage Renault à Paris racheté par Paris-Habitat. En 2016, 920 biens immobiliers nationaux sur 220 000 ont été cédés à des collectivités ou des investisseurs privés. « Les cessions ont permis de rapporter près de 574 M€ à l’État. Un chiffre globalement stable depuis dix ans. “Ce ne sont pas des sommes gigantesques, mais elles ne sont pas négligeables”, affirme un conseiller de Bercy ». L’argent est affecté principalement à l’achat, la construction ou la réhabilitation de nouveaux bâtiments.

via Le Parisien 

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Le Fort Chavagnac (Manche) a été cédé pour environ 100 000€ à un constructeur de navire qui souhaite en faire un lieu touristique.S. Plaine / CC-BY-SA-4.0 via Le Parisien

 

Sport au musée

Pour éduquer les populations, deux entrepreneurs de Chicago veulent lancer un musée du sport. Il y a un truc : « le sport servira d’appât pour ouvrir sur des cours de physique, biologie, relations interraciales, médecine, droit, politique et relations internationales » — et pas d’architecture, malheureusement, à croire que les enceintes sportives des US sont toutes en palissade de bois et tôle. Ainsi, dans la galerie consacrée aux jeux Olympiques du futur musée, on ne vous dira pas qui est Frei Otto, mais « vous pourrez toucher une vraie médaille d’or et entendre parler du salut des panthères noires de 1968 ou de l’attentat de Munich ». Les deux promoteurs du musée espèrent collecter 50 millions d’US $ et recherchent 10 000 m2 accessibles à toute sorte de public, touristes et scolaires. Doté d’un budget annuel de 20 millions d’US $, le musée emploiera 250 personnes. Son ouverture est prévue pour 2020/2021. Une campagne de crowdfunding a été lancée pour recueillir les 50 000 dollars nécessaires à la diffusion du projet. À l’instant T, le montant des contributions atteint 1 705 dollars. Arriveront-ils vraiment à “lever” les 50 millions visés « le premier million de dollars sera bien plus dur à lever que les quarante-neuf suivants », explique un des porteurs du projet, expliquant qu’une fois passé le cap du million, des entreprises aux athlètes, tout le monde se battra pour donner son nom à une salle du musée. Il va y avoir du sport…

Via Chicago Curbed 

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Illustration of the proposed museum via American Sports Museum

  

Verte épidémie

« En termes métaphoriques et conceptuels, le bosco vertical (forêt verticale, tour milanaise livrée en 2015) peut être comparé à un grand arbre, dont les balcons forment les branches, l’ensemble des espèces végétales les feuilles, le noyau central le tronc et les systèmes d’arrosages les racines », explique Stefano Boeri, architecte d’un nouveau type d’immeuble si bien végétalisé qu’il essaime aux quatre coins de la planète. Après Milan, Boeri travaille sur un projet de tour à Lausanne, et en Chine, Nanjing, Chongqing, Guizhou, Liuzhou, Shanghai e Shijiazhuang se verront bientôt doté de leur « Vertical Forest ». « Les forts traits identitaires de la tour forêt en font un modèle clairement reproductible dans tout type de situations. Le rôle de responsabilité que porte la Vertical Forest a conduit à faire de l’idée un langage repris par beaucoup, autant que le symbole d’une nécessité écologique », affirment les Italiens d’Art Tribune. Tandis que la forêt recule, les tours-forêts poussent drue, avec l’insolence et la vigueur des mauvaises herbes.

Via Art Tribune 

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Stefano Boeri Architetti, La tour des cedres, Losanna via Art Tribune 
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Stefano Boeri Architetti, Nanjing vertical forest via Art Tribune

 

Mallville

«On ne s’attendait pas à voir des boutiques», s’étonne Yulia, Ukrainienne en promenade à New York, alors qu’elle arpente les allées de l’ «Oculus», ou pôle intermodal auquel Calatrava a donné la forme d’un squelette de dinosaure. Le lieu est aussi connu sous le nom de Westfield World Trade Center. «Faites vos courses. Mangez. Buvez. Jouez. Tout ça sous un magnifique toit», dit le slogan de la compagnie Westfield qui exploite le lieu, un véritable mall (centre commercial) de périphérie implanté au coeur de Manhattan. Alors que certains malls de la périphérie périclitent, le Guardian s’inquiète de leur retour en centre-ville « en fait, une nouvelle race de centre commercial s’intègre si parfaitement au contexte urbain qu’il devient difficile de tirer une ligne entre la ville et le commerce. London Boxpark, Le Container park de Las Vegas ou le Brickell city centre sont des exemples de la façon dont les centres commerciaux s’imbriquent et de se fondent toujours plus dans le tissu urbain ». Le phénomène est encore plus flagrant dans des pays comme la Chine, où l’on s’est mis à donner aux centres commerciaux l’apparence de villages. « Au début des années 2000, quand les centres commerciaux fermés constituaient la norme, l’architecte Chris Law d’Oval Partnership a proposé un concept de ville ouverte pour San Li Tun, un secteur commercial de Beijing. Il proposa d’injecter dans la « boîte » une forte dose d’espace public. Au lieu des parkings asphaltés, Law a voulu des trottoirs et des arbres qui rafraîchiraient et feraient de l’ombre aux visiteurs». Un chercheur met en garde « si l’on peut trouver un attrait indéniable au retour en ville des centres commerciaux, l’effet collatéral est que ces structures transforment la ville en centre commercial ». Où est le mal(l) si on ne voit pas la ville ?

Via The Guardian 

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Santiago Calatrava’s Oculus, Westfield’s $1.4bn bet on a New York City mall. Photograph: Alamy via the guardian

 

 

Ici JN

« Hier, la politique était définie comme la science de l’organisation de la cité. Aujourd’hui, il suffit de voyager de ville en ville, tout autour de la terre, pour être frappé par la violence du saccage des paysages urbains et naturels, pour être sidéré par le mépris de la géographie, de l’histoire et de l’homme. Les mêmes causes, produisant les mêmes effets, abîment en profondeur l’image de nos villes et l’âme de notre pays. » Jean Nouvel s’indigne dans les colonnes du Monde, et tente d’attirer l’attention du futur chef de l’État sur les défis urbains et territoriaux auxquels il devra faire face. « Depuis un siècle, les décisions sur ce sujet ont été prises dans une urgence répétée, à la petite semaine, à la petite échelle des communes et des mandats… Décisions déléguées le plus souvent à la technostructure et à l’administration qui ont mis en œuvre un système simpliste : l’application aveugle de règles abstraites, la ségrégation des fonctions sur des zones avec des densités et des hauteurs arbitraires ». Phénomène que Nouvel taxe d’Ubu-urbanisme, et propose de combattre par deux mesures à prendre d’urgence : la sanctuarisation des terres agricoles et forestières et l’investissement de la banlieue par la culture. « En France, la mutation douce de nos villes sera la raison d’être de l’architecture du XXIe siècle. Cette méthode française sera unique et favorisera les mixités dans les constructions existantes, libérera le logement de ses absurdes normes de surface et développera la coprésence de la nature et du construit. »

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L’architecte Jean Nouvel. ERIC FEFERBERG/AFP via Le Monde

Via Le Monde 

 

Maillols, starchitecte rennais

« Il faut construire l’écriture de l’époque avec les techniques de l’époque », disait-il en fumant sa pipe, dans l’une de ses puissantes cylindrées qui faisaient hurler son comptable. Épicurien débordant d’humilité, d’après ceux qui l’ont côtoyé, il aimait les femmes. Avec elles, il voyageait, de New York à Tokyo, de Los  Angeles à Chicago. Dans cette dernière, ville de Mies van der Rohe, il découvre les deux tours Marina City, pionnières du renouveau des centres-villes. » AD magazine évoque la figure de Georges Maillols, architecte marquant du paysage rennais de l’après-guerre « près de 140 projets, plus de 10 000 logements… Le débat est inutile : dès 1947 et jusqu’à sa mort en 1998, l’architecte a marqué la ville, et a même régné seul sur sa trame durant les années 1970 ». Beaux coups pour celui dont on apprend qu’il fut le membre fondateur du Pipe Club (Club des fumeurs de pipe), et qu’il s’était installé à Rennes après avoir « compris très vite que les projets de grande ampleur dans la capitale sont trop rares et les architectes de formation académique trop nombreux. En dehors de Paris en revanche, le flou règne sur l’Ordre des architectes, dont les principes n’en sont qu’à leurs balbutiements ». Profitant donc d’un moment de des-Ordre, Maillols a utilisé tant et si bien la préfabrication et la plastique moderne qu’il a fait de Rennes une Grande Motte qui s’ignore.

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L’architecture de Georges Maillols à Rennes © Tom de Peyret via AD magazine

Via AD Magazine  

 

Les nouvelles stars de la déco

Autre star plus anonyme encore, la fameuse palette en bois utilisée pour le transport de marchandises. Déjà bien connue des étudiants en école d’architecture qui en ont fait un matériau fétiche, elle envahit les intérieurs aux ambitions branchées. « Économiques, rustiques et faciles à détourner, les palettes en bois, initialement dédiées au transport de marchandises, n’en finissent plus d’inspirer les amateurs de Do It Yourself (DIY) ». Ainsi Dimitri, de la chaîne Survie, bois et bushcraft propose de multiples tutos pour réaliser du mobilier en palettes. « À l’heure de l’upcycling où l’on n’a de cesse que soit offerte une seconde vie plus glam aux matériaux et aux objets les plus basiques, la palette se révèle un terrain de jeu inépuisable. La tendance est telle que sur Amazon, on trouve même des coussins spécialement taillés pour venir compléter une armature de canapé en palettes. (…). Si elles séduisent tant, c’est parce qu’en plus de s’inscrire dans la tendance du recyclage, elles sont gratuites. Et facile à utiliser pour faire une table basse ou une tête de lit, il suffit bien souvent de joindre deux palettes. Ainsi, on trouve toutes sortes de réalisations en bois de palette, des plus simples aux plus complexes : fauteuils, bureau, sommier, bac à fleurs, banc, canapé, bar… » Facile de se meubler, pourvu que l’on sache ou trouver ces modules miracles « condition de parvenir à les dénicher : pas question de repartir avec la première palette venue. Que l’on souhaite en faire du mobilier ou un bac à fleurs, il est impératif de s’assurer qu’elle ne soit pas toxique. Premier geste : faire le tour pour vérifier qu’elle n’ait pas été souillée. Si c’est le cas, on la met de côté. Mieux vaut ne prendre aucun risque si on ne connaît pas l’origine du produit renversé dessus. En revanche, si elle est propre, on se met en quête du marquage, généralement apposé sur l’un des dés, qui va nous renseigner sur le type de traitement reçu ». Et, rappelle l’article « Une fois la (ou les) palette(s) dénichée(s), il ne reste plus qu’à trouver l’inspiration ». Vivement l’interdiction des palettes en 2018 — une loi d’utilité publique qu’il est urgent de suggérer aux candidats à la présidentielle.

Via Le Figaro Madame 

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Astuce DIY : on réutilise des palettes en bois pour en faire des canapés, des fauteuils, des étagères ou des bacs à fleurs. Photo iStock via Le Figaro Madame

Olivier Namias

Centres-historique fantômes, ville américaine fantôme et palais présidentiels hantés : la revue de presse du 21/03/2017

Centres-historique fantômes, ville américaine fantôme et palais présidentiels hantés : la revue de presse du 21/03/2017

Des fantômes chez Niemeyer, une Reine ravage les facultés d’architecture de Naples, Arcelor fache l’architecte luxembourgeois, un sénateur PS à la rescousse des centres, Saint-Patrick le géothermique, Dakar, ville perdue pour les concours, une tour pour Toulouse : la revue de presse du 21 mars 2017

 

Niemeyer et ses fantômes

Imagine-t-on le général de Gaulle quitter l’Élysée pour aménager à Matignon ? Le président du Brésil Michel Temer vient de quitter le palais de la présidence à Brasilia pour retourner dans les appartements de la vice-présidence, qu’il occupait du temps où Dilma Rousseff était présidente. « Jai senti quelque chose d’étrange là-bas. De mauvaises ondes. Marcela (Temer) les ressentait aussi. Seul Michelziño (petit Michel, le fils), courant dun bout à lautre du palais, sy plaisait. Nous avons fini par nous demander Ny aurait-il pas des fantômes ici?” » a déclaré Temer à l’hebdomadaire Veja. Temer avait pourtant fait réaménager l’édifice de 7 300 m2 pour rendre habitable ce lieu, que Rousseff avait jugé plutôt froid « pensé plus pour recevoir que pour y habiter », sans pour autant y croiser des fantômes. Malgré ses soixante ans d’âge, le palais présidentiel passe pour être aussi hanté qu’un château médiéval des Carpates. Des croix se forment sur ses murs — en fait le résultat de la dilatation du béton — les soldats de la garde du palais affirment y avoir entendu des bruits mystérieux la nuit. L’ex-président José Sarney avait identifié le fantôme, en la personne du dictateur Castelo Branco, avec qui il ne s’entendait pas. Si ce n’est pas le poids du remord — Temer a œuvré activement à la destitution de Rousseff, cela pourrait être le spectre de François Mitterand errant par les rues brésiliennes à la veille des élections hexagonales. L’ex-président n’avait-il pas dit : « je crois aux forces de l’esprit » ? Il n’est plus le seul à présent.

Via ABC 

 

« The Queen » ravage Naples

Difficile d’étudier l’architecture à Naples alors que les universités sont mises sur des charbons ardents par « The Queen », une enquête judiciaire portant sur des appels d’offres truqués. Une affaire dont le nom reluisant ne doit rien à Élisabeth II, et tout à un dénommé Guglielmo La Regina (la Reine en italien), architecte par qui le scandale est arrivé. Outre les départements architecture des universités Federico II et Luigi Vanvitelli, les départements de sciences politiques, ingénierie et agronomie sont touchés par l’enquête, ainsi que l’Ordre des architectes de Naples et de Caserta. 69 personnes ont été emprisonnées ou mises aux arrêts domiciliaires. Plus d’une douzaine de professeurs d’architecture sont à l’ombre, leur plus grande faute, semble-t-il, ayant d’avoir participé à des commissions d’appel d’offres orientant l’attribution de chantier à la camorra, la version locale de la maffia sicilienne. « Le malheur, dit un enseignant, est d’être né et de travailler dans cette région maudite, parce que la camorra “pollue tout et nous expose à des risques incroyables” ». Les enseignants encore libres apportent un soutien total à leurs collègues « convaincus qu’ils sont de leur droiture morale ». Et accusent à leur tour « nous vivons dans une dictature judiciaire. Ne nous racontons pas d’histoires. Nous sommes dans les mains des juges, et ce qui est en jeu sont les vies et les histoires professionnelles de nombre d’entre nous ». Des arguments qui résonnent parfois de ce côté des Alpes, mais pas forcément dans la bouche des architectes…

Via Napoli Today et Napoli Repubblica et Napoli Repubblica 

 

  

Autant en emporte le vent numérisé

La météo est-elle perturbée par les villes, tout comme elle l’est par le relief terrestre ? Des chercheurs en ingénierie et météorologie de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) ont tenté d’apporter une réponse scientifique à cette question. « Notre but était de développer un programme qui combine les modèles de prévision météo avec des modèles qui mesurent l’effet de la chaleur dégagée par les bâtiments ». Un modèle 3D de Bale a été construit pour tester ces hypothèses. Conçu par et pour des météorologistes, il pourrait être utile bien au-delà de ces cercles qui font la pluie et le beau temps « un fabricant de stores est intéressé par notre approche, car elle peut fournir des estimations précises de la vitesse du vent et de sa direction près des façades d’immeubles ».

Via UPI  

L’article complet sur http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/feart.2016.00109/full

 

La République des centres

« Ce n’est pas un document qui appartient à un parti. J’ai été approché par les entourages de Macron et de Fillon, qui voulaient mon dossier. Si Hamon et Mélenchon m’appellent, je le leur envoie » annonce le sénateur socialiste Yves Dauge évoquant son « plan national en faveur des nouveaux espaces protégés », qui esquisse une politique pour sauver de la déshérence 600 centres-ville de communes françaises totalisant entre 4 000 et 50 000 habitants. Dans son ouvrage « Comment la France a tué ses villes » le journaliste Olivier Razemon avait attiré l’attention sur ces cité historiques victimes de la déprise commerciale et de la concurrence des périphéries : Gien, Romorantin, Sedan, Lunéville, le Grand Figeac, Perpignan, Lodève, Pont-Saint-Esprit, Villefranche-sur-Rouergue, Vierzon, et même Grasse, dont le centre-ville est un îlot d’abandon au milieu d’une région ou l’immobilier est, suivant le langage consacré, tendu… « Je demande un moratoire sur la fuite des petits commerces du centre-ville qui est un désastre. Il faut des habitants, donc du logement avec un programme et un plan paysager sur la périphérie », déclare Dauge, lançant dans la foulée un véritable appel à liquider la fameuse “France Moche” Mettons de lintelligence dans les centres-villes et utilisons largent avec lequel le désastre, la folie des ronds-points, les supermarchés, se multiplient, plaide-t-il. Donnons-nous une image de ville où la culture est présente. On peut sauver le cinéma du centre-ville! À Chinon, une convention a été signée avec lorchestre régional, le centre dart dramatique et le FRAC [Fonds régional dart contemporain]. Les travaux seraient financés par des dispositifs de défiscalisation de type Malraux. Aux centres, citoyens imposables !

Via Le Monde 

 

Occitany WTC

Pendant que des centres-villes s’éteignent, d’autres prospèrent au point de vouloir changer d’ère, telle Toulouse, qui vient de dévoiler son projet de World Trade Center (WTC), un ensemble regroupant 11 000 m2 de bureaux, une centaine de logements, un hôtel Hilton et un restaurant-bar panoramique, logé dans une tour de 40 étages, premier IGH de la ville Rose. « La tour dessinée par Daniel Libeskind et Khardam Cardete Huet prend une forme volontairement sculptée, faite de “rubans” s’enroulant en spirale : ceux des façades en verre, les autres formés par les jardins verticaux parcourant les niveaux. Ce paysage vertical a été créé par Nicolas Gilsoul, architecte paysagiste . Pour le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, “ce projet végétalisé est en dialogue avec le canal du Midi, dont il renforcera l’attractivité”. » À la maîtrise d’ouvrage, on retrouve la Compagnie de Phalsbourg, qui a remporté il y a peu un appel d’offres similaire à Nice, toujours avec Libeskind. L’intégration du projet au canal du midi aurait compté dans la décision du jury. Le directeur de la société publique chargée du projet d’aménagement explique « On a découvert à cette occasion que l’architecte américain, qui vit en partie dans le Var, était un passionné du canal du Midi ». On verra si cette passion s’avère réciproque.

 Via Actu Coté Toulouse et La Dépêche 

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Voici à quoi ressemblera le futur gratte-ciel qui verra le jour, près de la gare Matabiau. (Photo © Studio Libeskind/Cie de Phalsbourg) via Actu Coté Toulouse et La Dépêche

 

Que Dalles !

Rénové ou dénaturé ? La transformation du cloître de la collégiale de Neuchâtel n’est pas du goût de tout le monde, nous apprend la radio télévision locale. Comment ne pas être surpris de la métamorphose de ce petit jardin à la mode médiéval en fond de piscine vide façon « un dimanche à Tchernobyl », et son sol dallé digne d’un abattoir, ou de tout autre programme réclamant un nettoyage fréquent à grande eau. Le lieu n’est plus propice à la méditation, affirme une paroissienne locale. D’autres voient la rénovation d’un bon œil, tel le président du comité des concerts de la collégiale « à ses yeux, l’alliance de moderne et d’ancien est réussie et cette nouvelle formule permettra, selon lui, d’utiliser plus activement le centre du cloître pour des concerts, par exemple. Il rappelle que l’intérieur de la Collégiale sera en travaux durant ces six prochaines années. Cet espace supplémentaire sera ainsi des plus utiles ». Merci d’avance aux chanteurs et à leurs amies dalles.

Via Arcinfo 

 

Dakar Tour

« La situation de l’architecture au Sénégal est problématique. Les concours, qui constituent la voie normale pour accéder à la commande publique, n’ont plus lieu. Ils sont pourtant prévus dans les textes, mais ils sont sans cesse modifiés, le seuil est relevé, et les dérogations deviennent la règle. Au final, c’est la cooptation et le copinage qui prennent la main. Ce qui déjà ne garantit pas la bonne architecture, mais surtout bloque la commande de dizaines de “petits” architectes sénégalais comme moi.» Annie Jouga, architecte, enseignante (1) et maire adjointe de l’île de Gorée dresse l’état de l’art architectural au journaliste Luc Le Chatelier. «Je ne prendrai qu’un exemple : on entend dire que ce serait Jean-Michel Wilmotte — qui n’est pas forcément mauvais, mais là n’est pas la question — à qui l’on confierait la rénovation de l’ancien palais de Justice, construit en 1957 par Daniel Babani (1914 – 2006) et Pierre Roux-Dorlut (1919 – 1995), abandonné aux chèvres et aux courants d’air depuis plus de 20 ans. La réhabilitation de ce bâtiment exceptionnel — on pense à la Cité judiciaire de Chandigarh de Le Corbusier — est une absolue nécessité, notamment pour accueillir la Biennale d’art contemporain de Dakar. Mais ouvrons ce chantier à un concours en bonne et due forme plutôt que de l’attribuer sans discussion à une star française de l’architecture ! ». Ce genre de revendication finira par mettre nos stars sur la paille !

(1) à noter : le Collège universitaire d’architecture de Dakar cofondé par Annie Jouga est présenté dans l’édition de mars de notre magazine CREE

Via Télérama 

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Le Palais de Justice, construit en 1957. Photo : LLC Via Télérama

 

Immobilier : ville à vendre

« Tiller. Population : 2 » annonce le panneau à l’entrée d’une ville de l’Oregon fondée en 1902, et qui prit le nom du premier fermier qui s’y installa. Un pasteur et un ancien professeur sont les derniers résidents de cette cité mise en vente pour la somme de 3,85 millions de dollars. Pour ce prix, « le futur acquéreur pourra bénéficier d’un espace de 100 ha composé d’une école, six maisons, un appartement et un supermarché avec sa pompe à essence », explique Ouest-France. Des investisseurs chinois étudieraient la possibilité d’y implanter un centre de soins pour personnes âgées. Ils sont en concurrence avec des cultivateurs… de cannabis, une culture autorisée par plusieurs États de l’ouest qui s’avère très rentable, au point de susciter une véritable « ruée vers l’herbe », un « green rush » dans la langue de Lincoln. Légaliser la culture de la marie-jeanne : une solution plus efficace que la défiscalisation pour faire booster nos campagnes et nos centres-ville en déshérences ?

Via Ouest-France 

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Ville fantôme, la petite commune de Tiller dans l’Oregon est à vendre pour plusieurs millions d’euros. De nombreux acquéreurs potentiels seraient déjà intéressés. Via Ouest-France
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Ville fantôme, la petite commune de Tiller dans l’Oregon est à vendre pour plusieurs millions d’euros. De nombreux acquéreurs potentiels seraient déjà intéressés. Via Ouest-France

 

GOD IS HQE

La maison de dieu peut-elle faire l’impasse sur le développement durable ? Sûrement pas, diraient le Cardinal Timothy Dolan et Monseigneur Robert Ritchie, qui viennent de doter la cathédrale Saint-Patrick de New York de 10 puits géothermiques, ajoutant l’énergie renouvelable à l’énergie spirituelle qui habite les murs du saint édifice. « Nous ne voulions pas prendre de risque avec une technologie qui n’avait pas d’historique à Manhattan », dit Jeffrey Murphy, architecte de la restauration de l’édifice, entraînant des travaux chiffrés à 177 millions d’US$. Les hésitations furent levées après la conversion de plusieurs séminaires à la géothermie. Creusés en neuf mois, les puits sont les plus profonds de toute la ville, et procurent ensemble plus d’énergie que n’importe quel autre système urbain. Est-on certain que cette chaleur venue des entrailles de la Terre n’émane pas des forges de Belzébuth ?

Via The New York Post 

 

Arcelor mondialise son siège luxembourgeois

Indignation de l’Ordre des Architectes et Ingénieurs-Conseils luxembourgeois : le nouveau siège d’Arcelor Mittal, qui rejoindra la Philharmonie de Portzamparc et la cour de justice de Perrault sur le plateau du Kirchberg se fera sans eux. La sélection des huit équipes en lisse pour la construction du bâtiment a suivi une procédure qui ne laisse que peu de chance aux « locaux », affirme l’OAI : « “Les critères de participation pour cette consultation sont largement disproportionnés au regard des caractéristiques du projet”, déplore Pierre Hurt, directeur de l’OAI et signataire d’une lettre ouverte à son premier ministre. “Un effectif total minimal de 100 personnes, dont au moins 80 architectes diplômés, vise à exclure de facto les bureaux établis au Luxembourg, et non à s’assurer de la capacité à concevoir un immeuble de bureaux de 55.000 m2. Quant à la compétence, elle n’est pas toujours fonction de critères quantitatifs de capacité” ». Dommage pour les 480 bureaux luxembourgeois, car « en perdant l’opportunité de concourir pour des projets nationaux emblématiques, nos architectes ne peuvent s’illustrer par leur talent et gagner en références pour s’exporter et participer à des concours à l’étranger ». C’est la dure loi de la mondialisation : on ne peut pas toujours gagner. Résultat du concours en septembre prochain.

Via Paperjam 

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L’Ordre des architectes et des ingénieurs-conseils (OAI) se fend ce mardi d’une lettre ouverte adressée au Premier ministre pour dénoncer les conditions d’accession au concours pour dessiner le futur siège d’ArcelorMittal. (Photo: DR) via paper jam

 

 Olivier Namias

 

Mode, Modernisation, rénovation, destruction : la revue de presse du 14/03/2017

La MAPA d’Alfortville se modernise, l’Afrique cherche des alternatives au béton, une marina en île de france, la mode kiffe l’archi, Fallas et architecture, Le Corbusier, Khrouchtchev : du rififi à Moscou, le Quebec cherche une politique architecturale.

 

 

Du neuf avec les vieux

À Alfortville « la fusée de Tintin » ou « Goldorak », la maison d’accueil pour personnes âgées (MAPA) la plus délirante de France, va s’offrir une cure de jouvence à 2,4 M€. C’était l’œuvre de la vie du maire de l’époque, Joseph Franceschi, qui avait voulu cet « endroit de liberté », dont il disait avoir imaginé jusqu’à la « couleur des carrelages et la dimension des portes ». Néanmoins, Franceschi n’aurait jamais pu construire cette chose sans le secours de Manuel Nuñez, architecte alors en vogue. La remise aux normes incendie et la prévention des risques inondation impose d’important travaux à l’établissement de 60 lits. « Ce projet (…) “Ambitieux”, selon le maire PS Luc Carvounas, pour “un marqueur de la ville” a reçu le soutien de l’État. Une aide de 500 000 € a été débloquée par la secrétaire d’État à l’Autonomie, Pascale Boistard, qui s’ajoute à la subvention du Département (300 000 €). Le reste est financé par emprunt, à charge du groupement Les EHPAD publics du Val-de-Marne » nous apprend Le Parisien-Val de Marne. Le quotidien recueille au passage le sentiment des pensionnaires sur la vie dans la maison. Micheline Osinski déclare aimer le grand atrium, remède au sentiment de solitude. Quand au « cantou » — coin du feu en occitan — lieu de rencontre qui occupait le rez-de-chaussée, il sera déplacé à l’étage pour être à l’abri des inondations. Qui osera dire que la vieillesse fait un naufrage ?

Via Le Parisien

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Alfortville, ce jeudi. La maison d’accueil pour personnes âgées Joseph-Franceschi a Alfortville a ouvert ses portes le 14 décembre 1987. LP/A.V Via Le Parisien
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Le « cantou » au rez-de-chaussée. LP/A.V. via le parisien

 

LAfrique, premier continent sans béton?

« Dans sa quête de modernité, le bâtiment africain s’est malheureusement coupé de sa tradition bioclimatique séculaire, un ensemble de savoir-faire qui a permis aux habitants d’affronter des climats parfois extrêmes. Aujourd’hui, sur le continent, les constructions sont souvent mal adaptées au climat chaud, thermiquement inconfortables et énergivores » constate Le Point Afrique. Porté par la popularité d’architectes comme Francis Kéré, David Adjaye, ou du défunt Hassan Fathy, les architectes et les ONG entament des recherches dans les matériaux de construction : terre crue, mais aussi typha, un roseau dont la structure alvéolaire présente d’intéressantes caractéristiques d’isolation et de perméabilité à l’air. « Le typha semble aujourdhui être linnovation la plus en vue et la plus avancée; mais nul ne sait si elle va tenir ses promesses », explique l’article. L’enjeu est de taille : 80 % des bâtiments qui seront habités en 2050 ne sont pas encore construits.

Via Le Point Afrique 

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À Dakar, au Sénégal. © Jeff Attaway/Flickr, CC BY via le point afrique
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Des hommes en plein travaux d’une maison bâtie avec du typha via le point afrique
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Exemple de construction habitation au Sénégal, à partir du typha. © Flirck via le point afrique

 

Aux diplômés d’archi, le Maroc pas reconnaissant

« Les étudiants de l’EAC (école d’architecture de Casablanca) ont fait un choix courageux et ambitieux d’étudier au sein de leur pays, dans le cadre socio-économique dans lequel ils seront amenés à travailler demain et en sont fiers. Leurs profils sont largement appréciés tant sur le marché marocain qu’international, des étudiants ont même pu joindre des cabinets internationaux d’envergure (Espagne, France, Belgique, Pays-Bas et Italie) ». Pourtant, l’association des lauréats et étudiants de l’école d’architecture de Casablanca (ALEEAC) demande en vain depuis 2004 la reconnaissance officielle du titre délivré par l’école, et le droit d’exercer le métier et le port du titre d’architecte en nom propre pour tous ses étudiants diplômés. Une situation incompréhensible, l’EAC ayant été créé par l’État marocain suite à appel à manifestation d’intérêt auprès des architectes, un cahier des charges contraignant encadrant les enseignements. L’établissement est placé sous la double tutelle du ministère de l’urbanisme et l’aménagement du territoire et du ministère de l’Enseignement supérieur. C’est ce dernier qui fait attendre l’agrément d’équivalence qui permettrait la reconnaissance de la formation déjà évaluée positivement à maintes reprises par l’ENA locale. Pas archi pressé, au ministère de l’Enseignement supérieur !

via Le Desk 

 

 

Quand la mode aime l’archi

« Quand j’étais étudiant, je créais des bâtiments autour des corps, pas des vêtements. Aujourd’hui, dix ans après, j’ai encore cette obsession. Je vois parfois la silhouette comme un building sur lequel j’appose l’esthétique gothique de Bruges, ma ville natale. Cela se traduit par des lignes extrêmement verticales, allongées, qui mènent le regard vers le haut et des jeux de patronages cachés » explique Guy Martens, qui est devenu directeur artistique la marque de vêtement Y/project après des études de design intérieur. Un des nombreux exemples attestant de l’engouement pour l’architecture qui traverse actuellement le monde de la mode. «Les accessoires semblent aussi de plus en plus conçus comme des édifices. On pense à la géométrie précise des sacs et pochettes d’Hugo Matha, créés dans des matériaux souvent utilisés en construction, comme le bois ou le Plexiglas. Il y a aussi les bijoux graphiques de l’Américain Eddie Borgo, inspirés par les édifices modernistes, ou les mallettes de Young Jin Jang, influencées par la fonctionnalité des immeubles coréens» explique le magazine Grazia. L’architecture sert à la fois de modèle et d’écrin « Une silhouette doit désormais évoluer dans un contexte. Elle sera d’autant plus instagrammée. Un styliste ne pense plus seulement à une jupe ou un haut, mais à un look, à la fille qui va l’incarner et où elle va le faire. […] Nicolas Ghesquière, féru d’architecture, présente depuis deux ans la ligne Croisière de Louis Vuitton dans des édifices emblématiques». Quels sont les architectures les plus en vogue, et pourquoi ? «Les lieux donnent des références subconscientes, qu’il s’agisse d’espaces urbains connus du type Niemeyer, ou de monuments célèbres comme l’abbaye de Westminster, où Gucci a présenté son défilé croisière 2017″, précise Serge Carreira. Comme les lieux de shows, les boutiques doivent refléter avec précision la vision du créateur». Pour paraphraser le designer Raymond Loewy : l’architecture fait vendre.

via Grazia 

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En mai 2016, Louis Vuitton présentait sa collection Croisière 2017 au musée d’Art contemporain de Niteroi, à Rio via grazia

 

Une politique architecturale pour le Québec

Pendant que les fashionistas tentent d’épuiser les icônes de l’architecture, Nathalie Dion, présidente de l’Ordre des architectes du Québec, cherche à doter la belle province d’une politique architecturale cohérente. Les citoyens de treize villes québécoises vont être consultés pour expliquer en quoi l’architecture influence leur vie quotidienne, dire ce qui leur plaît dans les édifices et lieux publics qu’ils fréquentent, et donner leurs idées sur la sauvegarde du patrimoine. Les informations recueillies permettraient « de doter l’État d’une vision commune de l’architecture […], d’harmoniser les règles, les règlements, ce qui ferait en sorte que les bâtiments répondraient durablement aux défis d’aujourd’hui et de demain. On peut parler des changements climatiques, du vieillissement de la population, de la cohésion des communautés et de la préservation du patrimoine » a déclaré Nathalie Dion,, non sans préciser qu’un tel projet « ne pouvait pas se réaliser en criant “lapin” ». Pas plus qu’en criant « chameau », l’animal totem symbole des malfaçons architecturales.

via L’Actualité 

 

Un nouveau havre pour les navigateurs du Grand Paris

Un port de plaisance : voilà sans aucun doute un équipement dont la région parisienne est insuffisamment dotée. Une carence cruelle que Cormeilles-en-Parisis entend combler, avec la construction d’une marina de 150 à 200 anneaux et 1200 logements. « Depuis que le cimentier Lafarge a trouvé un accord avec Bouygues Immobilier pour la vente de son terrain de 22 ha sur les berges de Seine, les choses “avancent plus vite que prévu”, selon le maire (LR), Yannick Boëdec, qui prévoit […] l’arrivée des premiers habitants pour 2 022 ». Le maire de la commune voisine de Sartrouville est emballé, celui de La Frette, autre commune limitrophe, « ne voit pas le projet d’un mauvais œil ». Un architecte compétent en la matière est déjà au travail « il s’agit de Xavier Bohl, qui a déjà imaginé Port Grimaud et Port Fréjus, dans le Var, ou encore Port Chiberta, à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques. À en croire le premier visuel dévoilé par Yannick Boëdec sur sa page Facebook, Port Cormeilles ressemblera à s’y méprendre à Port Cergy, la première marina construite en Île-de-France. “Ce sera différent, nuance l’édile. Car le bassin qui accueillera les bateaux ne sera pas dépendant des variations du niveau de la Seine.”». Il ne reste plus qu’à construire une mer digne de ce nom pour baigner ces deux ports de légende.

Via Le Parisien 

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Selon le premier visuel architecte dévoilé, le futur port de plaisance de Cormeilles-en-Parisis ressemblera à celui de Port-Cergy. (Atelier Xavier Bohl) via le parisien

 

L’architecture mise à nue par ses bûcherons, même

Depuis Twin Falls, Idaho, Liyah Babayan, gérante de l’Oh La La boutique, témoigne « vous retournez dans la rue, et là c’est un genre de choc au départ quand vous réalisez qu’il manque quelque chose. Et vous réalisez que ce sont les arbres », qui bordaient la route, et que la ville a fait couper pour le plus grand mécontentement de certains clients fréquentant les commerces du lieu. Mais il y a plus grave « sans les arbres, les gens ont commencé à remarquer combien la ville était ancienne (c’est à dire que certains de ses bâtiments ont été construits vers 1900, NDLR), et qu’elle aurait besoin de quelques réparations ». Sans les arbres, remarquent d’autres, l’architecture est complètement exposée, pour le pire et le meilleur : «ce sont de magnifiques bâtiments, s’enthousiasme un commerçant, ils ont de la personnalité, une histoire… ». Les premiers ravalements sont envisagés pour leur redonner leur lustre d’antan et leur valeur d’aujourd’hui. À Twin Falls, c’est donc bien l’arbre qui cachait la forêt d’édifices.

via KMVT 

 

Un Gabon sans foncier ?

«Si nous n’y prenons garde, il n’y aura plus de foncier pour l’Etat gabonais avant la fin du siècle, peut-être même avant. Parce que tel que c’est parti avec la multiplication des SCI et de projets parfois mal conçus, l’État est en train de perdre le foncier» a avertit le vice-premier ministre du Gabon Bruno Ben Moubamba. Pour parer à cette éventualité, l’administration centrale gabonaise met sur pied «un nouvel ordre urbanistique» et enjoint ses agents à « proposer des esquisses de planification de vos villes, en projetant des réserves foncières qui seront transformées en déclaration d’utilité publique, afin de sécuriser le foncier». Une initiative bien perçue par les directeurs provinciaux de l’urbanisme « pour faire face à l’anarchie foncière, ils ont promis faire œuvre pédagogique en sensibilisant les acteurs des collectivités locales qui, parfois font primer le droit coutumier sur le droit légal».

Via Gabon Review 

 

 

Deux auxerrois architectes et falleros

Étrange destin qui a conduit Romain Viault et Xavier Laumain, deux architectes auxerrois à construire une falla, un monument de carton-pâte exposé dans les rues de Valence (Espagne) durant la fête des Fallas. Baptisée Postnatura, leur falla « nous projette dans un avenir incertain, où l’Homme n’a pas su préserver son environnement. L’arbre, souvenir de cette Nature disparue, est devenu un produit industrialisé, mercantile, et prêt-à-monter », explique Romain Viault. Figure centrale, l’arbre est fait d’un enchevêtrement de Y atteignant six mètres de hauteur. « Le “Y” n’a pas été choisi par hasard. En anglais, cette lettre se prononce comme “why”, qui signifie pourquoi. Un effet sémantique recherché par le duo d’architectes. “Cette sculpture invite à s’interroger sur le pourquoi de la dégradation de l’environnement”». Why alors, brûler ce monument et les 760 autres montés dans la ville au terme de quatre jours de festivité ? Le bilan carbone va-t-il condamner cette tradition, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2016 ?

via L’Yonne 

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via l’yonne

 

A l’ombre du Corbu en pleurs

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que Moscou est une ville au patrimoine urbain très chahuté », relève Antoine Picon, président de la fondation Le Corbusier. Picon et la fondation s’inquiètent du projet d’immeubles de 58 mètres qui risque de bientôt faire de l’ombre au Centrosoyouz, seul œuvre de Le Corbusier en Russie. « Si ce projet venait à être réalisé, il aurait pour conséquence de modifier de manière extrêmement dommageable l’environnement immédiat du Centrosoyouz dont la composition avait pris en considération l’ensemble des bâtiments existants à l’époque », a plaidé Picon dans une lettre adressée au maire de Moscou et au ministre de la Culture de Russie. Les experts jugeant, dans un style tout soviétique, les voisins du Centrosoyouz « moralement et physiquement dépassés », il y a de fortes chances de les voir disparaître. Classé monument historique, l’immeuble du Corbu est protégé des destructions, mais devra s’accommoder de ces mutations contextuelles.

via Le Parisien 

 

 

Moscou : de Khrouchtchev Vladimir fait table rase

Les vicissitudes du Centrosoyouz ne sont que moindre mal si l’on songe au sort qui attend 8 000 immeubles construits dans la capitale russe durant l’ère Khrouchtchev, des édifices de logements préfabriqués aussi surnommés « cinq étages » abritant 10 % de la population moscovite. Le maître du Kremlin vient d’ordonner leur démolition-reconstruction pour un coup représentant deux fois le budget annuel de la ville, soit 67 milliards d’euros, sans que l’on sache vraiment comment sera financée ce que le journal suisse Le Temps qualifie de «démolition du siècle». La plupart des habitants sont devenus propriétaires des logements durant les années 90. Certains occupants de ces « cinq étages » réputés pour leur médiocre qualité constructive se réjouissent « C’est un peu la honte d’habiter dans ce taudis. Les murs sont affreux, les canalisations sont pourries, il y a sans arrêt des problèmes d’odeur et d’infiltrations venant du toit ». D’autres craignent la relégation au-delà du périphérique local — très loin du centre — quand ils ne flairent pas l’entourloupe pure et simple «jai sué sang et eau pendant une année entière à tout refaire. Nous avons pu racheter lappartement voisin et nous avons maintenant un bel appartement de 100 m2. Et maintenant, on veut nous caser dans une cage à lapin et qui sait dans quelles conditions? On entend un tas dhistoires de logements neufs construits par l’État où on vous donne les clés dun appartement aux murs en béton nu et sans plancher!». Propriétaires de tous les pays, contre ce nouveau genre de logement fruit des noces baroques de l’autoritarisme post soviétique avec le capitalisme le plus débridé, unissez-vous !

via Le Temps 

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Vladimir Poutine ordonne la démolition du siècle via le temps

Olivier Namias

L’architecture de la peur : la revue de presse du 07/03/2017

L’architecture de la peur : la revue de presse du 07/03/2017

L’architecture de la peur : terrorisme, catastrophe, sécurité, maintient de l’ordre, justice et droits voisins… La revue de presse du 7 mars 2017

 

L’humanitaire en dur

«Quand on pense Croix-Rouge, on pense tentes, abris, camps. Mais l’architecture dans l’action humanitaire, ce n’est pas seulement une architecture de l’urgence » explique Samuel Bonnet, chef de la construction au sein de l’Unité eau et habitat du CICR, déplorant que seules les structures éphémères fassent l’objet d’une forte médiatisation. Ce qui prive les institutions internationales des architectes et ingénieurs dont elles auraient bien besoin pour concevoir des bâtiments plus pérennes que les tentes. Le budget – 225 millions de francs (suisses) à l’année – est là, pour des constructions «en dur», qui constituent «la plus grosse part des mandats du (CICR) dans le domaine de l’architecture et de l’ingénierie du bâtiment, notamment parce que la nature des conflits se transforme. Samuel Bonnet analyse: «Dans le contexte de la décolonisation, les organismes tels que le nôtre exerçaient principalement dans le cadre de programmes d’urgence. Aujourd’hui, les guerres durent plus longtemps, de manière souvent fractionnée. Elles se sont complexifiées. Les besoins se sont modifiés et nos projets peuvent parfois s’étaler sur plusieurs années.» On peut citer les conflits qui ont cours en Syrie, au Soudan du Sud, au Yémen ou encore en Afghanistan. «Et puis, les guerres ont aussi quitté le champ de bataille, elles se sont urbanisées»». La «guerre urbaine durable», le côté obscur du DD ?

Via Le Temps

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Centre de réadaptation physique, Myitkyina, Myanmar, 2016 via le temps

 

Nouvelles du front, nouvelles du stress ?

Le magazine Forbes ose un parallèle hardi entre l’art de bâtir et le premier amendement de la constitution des États-Unis « l’architecture est une liberté d’expression — un commentaire sur les skylines ouverts, les environnements, les gens, les communautés et la société elle même. Mais jusqu’où peut aller la société quand cette liberté est menacée par des forces artificielles (dans le sens de non naturelles, NDLR) comme le terrorisme ? ». Trouvant préférable d’être en sécurité plutôt que désolée — mieux terrés qu’atterrés en somme —, Forbes voit dans l’architecture notre nouvelle arme antiterroriste, et dans les architectes nos nouveaux soldats. « Le domaine public est devenu la vraie ligne de front : les rues, les parcs, les promenades, les écoles, les tribunaux, les lieux de cultes, les commerces et les assemblées. Alors les architectes sont sur la ligne de front. La sécurité est une question primordiale que les architectes se doivent de considérer », explique Thomas Vonier, architecte basé à Paris et Washington. « Nous devons puiser dans notre créativité et notre intellect, pour trouver de nouvelles solutions de sécurité qui n’obstruent pas l’espace, voire même qui augmente la beauté et la fonctionnalité ». On guettera les premiers exemplaires du barbelien, nouvel ordre en fil barbelé remplaçant le dorique et le corinthien, lors du prochain Milipol, salon de l’armement qui ouvrira ses portes en novembre prochain, peu après Batimat dans les halls de Villepinte.

Via Forbes 

 

En Marche

Tous les architectes n’adhèrent pas à la feuille de route de M. Thomas Vonier, et refusent de mettre l’architecture au service de la sécurité intérieure. « Nous ne dessinerons pas votre mur », a proclamé l’Architecture Lobby, « une organisation qui plaide pour les travailleurs de l’architecte et la valeur de l’architecture auprès du grand public », qui s’élève contre l’appel d’offres lancé par le DSH (Département de la sûreté nationale) et sa RFP (Request for Proposals ou Appel à candidatures) pour la construction du SBW (Southwestern Border Wall — mur de la frontière sud-ouest) voulu par Donald Trump, et dont le coût estimé représente 101 à 270 fois le budget annuel pour la culture. L’organisation refuse que l’on mette l’architecture au service » de la xénophobie, la discrimination ou le racisme », mais il y a bien sûr des brebis galeuses, et déjà 300 agences se seraient montrées intéressées par le RFP, de même que de grandes entreprises comme LafargeHolcim. La publication de la liste des candidats à l’appel d’offres par l’Architecture Lobby a fait reculer certaines agences. Pour continuer la lutte, le Lobby invite les architectes à quitter leurs bureaux le 10 mars prochain, et de faire une sortie de 45 minutes en guise de démonstration de force.

Via Archpaper 

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The Architecture Lobby calls to resist Trump’s border wall project. As architecture and construction firms gear up to bid on Trump’s border wall, the Architecture Lobby resists the call. The Wall at the border of Tijuana, Mexico and San Diego. The crosses represent migrants who died in the crossing attempt. Some identified, some not. Surveillance tower in the background. (Courtesy Tomascastelazo via Wikipedia) via Archpaper

 

TGI « Travaux grandement interdits » au public

C’est l’omertà au futur TGI, où les visites sont « impossibles tant que le chantier n’est pas terminé », indique l’EPPJP (établissement public du palais de justice de Paris). Après un père divorcé resté quatorze heures accroché à une grue après avoir déployé l’inscription : « Égalité parentale », et trois adeptes du base jump qui s’étaient elancés du toit du tribunal, un journaliste du parisien a réussi à forcer les barrières du chantier. Au quatrième étage, vue imprenable sur le grand hall. Le plafond de lumière promet d’être magnifique. Les salles d’audience sont en cours d’aménagement. Dans le long couloir donnant sur la baie vitrée, elles se succèdent. « Pour aller plus haut, vous devez prendre l’ascenseur », me conseille un homme portant des plaques de bois. À l’ascenseur, il faut trouver le bon bouton. (…)« On peut attendre très longtemps. C’est le problème quand on a du matériel à monter », m’indique avec complicité un électricien. Au passage il me signale que je n’ai pas le gilet jaune fluo. « Un ouvrier s’est pris 1 500 € d’amende dernièrement. Il n’avait pas non plus ses lunettes ni des protège-oreilles ». Se serait-il trouvé dans une phase-test de verbalisation conduite en prévision de l’arrivée des magistrats ?

Via Le Parisien 

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« Nous avons pu visiter le chantier sécurisé du futur palais de justice de paris, porte de Clichy (XVIIe) » via Le Parisien

 

Hostile Adélaïde

Partons à la découverte des espaces publics du CBD (Central Business District) d’Adélaïde, Australie : « pattes métalliques sur les bancs publics, pièce d’acier inox condamnant les recoins, bancs trop fins ou trop courts pour que l’on dorme dessus, quelques armes tirées de l’arsenal anti-SDF », détaille Julian Worrall, professeur d’architecture et d’urbanisme à l’université locale, dénonçant « des mesures contraires à la mission de l’espace public, qui est d’être ouvert à tous ». Plus que des dispositifs « hostiles » vilipendés par Worrall, Ben Willsmore, président de l’ordre des paysagistes du sud de l’Australie, y voit dispositifs « défensifs » prévenant les blessures du public. Quant au maire, il se défend de vouloir chasser les SDF : il vise en fait les skaters, qu’il invite à kickflipper et popshove-iter du côté du Skatepark qu’il a construit à leur attention plus loin dans la ville. De son côté, le président d’une association caritative dénonce l’inutilité de cet attirail, la priorité des SDF, – qui dorment par terre et pas sur le mobilier urbain -, étant de trouver un endroit où ils se sentent en sécurité. La population des sleeping rough (dormeurs à la dure) d’Adélaïde s’accroît, constate-t-il, « en particulier, il y a beaucoup de jeunes gens qui ne se voient pas comme des SDF, mais dorment à la dure ».

Via Indaily 

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Metal lumps in front of a building on Currie Street prevent damage to the marble – but also prevent homeless people from sleeping there, via In daily

 

Caracas, architecture de la violence.

« C’est vraiment irresponsable de votre part de conduire à cette heure de la nuit, m’dame (…) vous ne devriez pas vous promener dans une si petite voiture ». Ces réprimandes en forme de conseil ont été adressées à une habitante de Caracas par les personnes qui lui extorquaient son véhicule. La ville se classe désormais parmi les plus dangereuses du monde, et s’y déplacer après le coucher du soleil relève de la bravoure suprême, relève The Guardian. L’insécurité « affecte les différentes classes de différentes manières, mais elle touche tout le monde, explique le représentant d’une institution internationale. Si vous vivez dans un quartier pauvre, même si vous réussissez à rentrer à la maison avant la nuit, vous devez vous lever très tôt le matin, et beaucoup d’agressions et de vols ont lieu à l’aube. Dans les gated community du nord de la ville, les résidants ont installé une machine qui lit les numéros de carte d’identité des visiteurs. S’en suivent d’interminables files de voitures attendant patiemment chaque jour d’être admises à l’intérieur du quartier ». L’architecture de la ville est changée, le style caribéen ouvert n’ayant pas survécu aux impératifs de sécurité. Quant à l’urbanisme sécuritaire « il a un impact négatif sur la dynamique sociale. Il fragmente l’espace public, brise la cohésion sociale, perpétue l’insécurité, et, enfin, diminue la qualité de la vie urbaine ». 

Via The Guardian

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Electrified fences block off homes and gardens in Caracas’s wealthier neighbourhoods. ‘They’re reminiscent of prison or a concentration camp,’ says a local architect. Photograph: Carlos Garcia Rawlins/Reuters via The Guardian

 

Fronde à Belfort

PADD de ça chez eux : des maires du Grand Belfort se mobilisent contre le transfert de leur compétence d’urbanisme à l’intercommunalité et à passer du PLU au PLUi comme la loi les y oblige… À moins qu’un quart des membres de « l’interco » représentants 20 % de la population s’y opposent. Pour Damien Meslot, le président du Grand Belfort, cette fronde n’est pas une surprise. L’élu s’est déjà résolu à ce que le transfert ne se fasse pas : « ce n’est absolument pas grave. Nous avons déjà le SCOTT (le schéma de cohérence territoriale) » qui permet, à l’échelle du département, de coordonner nos politiques en matière d’urbanisme et ça suffit. Je pense que les mentalités ne sont pas prêtes pour le moment ». Les maires ne perdront pas leur PLU, « c’est une des seules compétences qu’il nous reste, sinon on va finir par fleurir les chrysanthèmes lors des commémorations et rien d’autre » dit un frondeur. Il ne pensait pas pouvoir faire le PLUi et le beau temps ?

Via France Bleue 

  

Louée ne soit pas l’Acropole

« L’Acropole est un symbole pour toute l’humanité et ne peut pas être l’objet de transactions commerciales », a rétorqué le ministère de la Culture Grec à la marque Gucci, qui voulait louer le monument pour un défilé en échange de deux millions d’euros. « La situation difficile du pays n’est pas un prétexte pour céder le monument », aurait ajouté le ministère, apparemment vexé que Gucci ait présenté l’évènement comme une sorte de faveur à la Grèce économiquement malade. Le marchand d’articles de sport de l’Oregon qui exploite Athéna Nike depuis années doit s’attendre à ce que le ministère de la Culture ne lui lâche plus les baskets.

Via El Pais 

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Una bandera griega ondea junto al Partenón. MARKO DJURICA REUTERS via El pais

 

Des coûts et des ©ouleu®™

Après l’achat du Vantablack par l’artiste Anish Kapoor, détenteur exclusif des droits d’exploitation de cette teinte ultra noire développée pour les avions furtifs, le quotidien El Mundo s’interroge : les couleurs peuvent-elles avoir des propriétaires ? Le bleu Klein est un précédent, et certaines couleurs portent le nom de personnes, constate El Mundo : Gris Payne, rouge Upsdell, vert Napier, rose Schauss, mais il ne s’agit pour ces derniers cas que d’appellations d’usage n’ouvrant pas droit à des royalties. «Dans la législation espagnole, il n’est possible d’avoir un droit exclusif sur une couleur qu’à travers une marque. Il ne peut y avoir de propriété intellectuelle ou de droit d’auteur sur une couleur, que l’on ne peut considérer comme une oeuvre originale, face à toutes les couleurs de la nature», explique un avocat spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle. Et pour enregistrer une couleur comme marque, « il faut démontrer qu’on peut la représenter graphiquement (à travers un système de type Pantone), et, de plus, qu’elle jouit d’une reconnaissance suffisante », c’est-à-dire que les consommateurs sont capables de rattacher la couleur à une marque existante. « En 2004, la multinationale Kraft, propriétaire des chocolats Milka, est parvenue à enregistrer la couleur lilas de ses produits auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle ». Les couleurs de la BP et du Barça ont obtenu le même type de protection. Pour protéger les couleurs « Le Corbusier », diffuser sur divers produits du bâtiment, faudra-t-il les associer à la célèbre paire de lunettes de leur créateur ?

Via El Mundo 

 

Olivier Namias