Hartô s’adresse au contract chez Gabriel

Hartô s’adresse au contract chez Gabriel

Sous le titre « Hartô et ses designers », le show-room parisien de l’éditeur de tissu danois Gabriel a présenté, du 3 au 10 juillet, une sélection de créations de la jeune maison d’édition Hartô, rhabillées avec des tissus de sa nouvelle collection. Le fil conducteur de ce parcours coloré a été pensé autour de la matière comme partie prenante de l’objet.

 

Dans ce lieu proche du Palais-Royal, qui s’apparente autant à une galerie qu’à un show-room, les visiteurs ont pu redécouvrir 4 pièces emblématiques revisitées – le pouf-table basse Abel (design Désormeaux & Carrette), le fauteuil Georges (Guillaume Delvigne), la table-lampe Josette (Pauline Gilain et Pierre-François Dubois), et la chaise Paula (Amandine Choor et Aïssa Logerot) – illustrant les possibilités décoratives et techniques, du cocooning à la protection antitaches, des tissus Gabriel. Avec cette opération, Hartô avait pour objectif de montrer sa capacité à répondre aux besoins des professionnels sur le segment contract, où il est de plus en plus présent. L’éditeur dispose de son propre show-room au cœur du Marais, où il propose un ensemble de services aux architectes et prescripteurs pour les accompagner dans leurs projets.

Profession : agenceur de bars professionnels

Profession : agenceur de bars professionnels

La profession de barman se professionnalise : si elle pouvait par le passé être assurée par des jobs d’étudiants, les attentes des clients sont désormais trop élevées en matière d’accueil, de mise en place, de présentation… et celles des propriétaires d’établissements sont également en hausse : le bar – notamment à cocktails – doit aujourd’hui assurer qualité de service, rapidité et productivité, pour garantir leur retour sur investissement.

C’est forts de ces constats que Nicolas Huynh, barman professionnel expérimenté, et Frédéric Berthélémy, manager commercial, ont créé en 2015 l’Agence En Place, qui revendique une expertise en matière de conception, fabrication, et installation de bars sur mesure, qui associent le design et la fonctionnalité.

« Pour offrir un fonctionnement optimum, le bar doit intégrer un ensemble de paramètres dès sa conception, comme une bonne répartition des zones de stockage et de préparation, des dimensions étudiées pour les déplacements des barmans, une hauteur et une profondeur étudiées du comptoir pour un échange ergonomique avec le client, affirme Nicolas Huynh. Ces contraintes techniques doivent être prises en compte à l’origine du projet, car ensuite il est trop tard pour les corriger. » A titre d’exemple, En Place préconise de déporter tous les appareils de lavage à l’office, pour exclure la diffusion de chaleur et de vapeur d’eau de la zone de préparation. « Nous proposons notre expertise au maître d’ouvrage ou à l’architecte en amont du projet, en leur fournissant un plan du bar réalisé avec le bureau d’étude de notre partenaire agenceur, qui peut ensuite assurer la fabrication dans un délai de 4 à 5 semaines », ajoute Frédéric Berthélémy. En moins de trois ans d’activité, l’Agence En Place revendique déjà plusieurs réalisations de référence notamment à Paris, comme le bar de l’établissement Les Bains (avec l’agence RDAI), le BClub du Café de l’Homme au Trocadéro (avec le cabinet Gilles & Boissier), ou à Genève avec les aménagements des trois espaces bar du Baroque (avec le cabinet K Architectures).

 

François Salanne

Les nouveautés MDF Italia sous les feux d’Artemide chez RBC Paris

Les nouveautés MDF Italia sous les feux d’Artemide chez RBC Paris

Le distributeur de mobilier design RBC, qui a inauguré son premier show-room parisien dans le XVe arrondissement en janvier dernier, entend aussi en faire un lieu d’exposition actif, pour les architectes, les prescripteurs et le public. C’est ainsi que le RBC Lab, situé au niveau supérieur de cet espace de 500 m2, sous une vaste verrière, accueille jusqu’au 27 juillet une présentation des nouveautés de l’éditeur MDF Italia, présentées à Milan, mises en lumière par Artemide.

« MDF Italia nous a intéressés pour la qualité de son design, et pour sa culture basée notamment sur la recherche de simplicité formelle, à travers le retrait du superflu, et le dépassement des schémas préconçus », a déclaré Umberto Cassina, pdg du groupe Cassina, qui a repris MDF Italia en 2013, au lancement de l’exposition. Cette culture se traduit aussi par la légèreté, le choix des matériaux et les solutions techniques adaptées. Situé parmi les créateurs phares de la marque, Jean-Marie Massaud s’est déclaré « heureux de partager avec MDF Italia une vision commune du design de demain, qui associe la recherche de l’innovation et du sens. »

Les nouveautés 2018 de la marque comprennent plusieurs créations signées Jean-Marie Massaud, comme le canapé Yale X, dont l’assise à la fois tendue et grand confort repose sur un piètement d’une grande légèreté, et la ligne de fauteuils Neil, comme suspendus grâce à une variation contemporaine sur le piétement cantilever. Autres pièces majeures de l’exposition, la bibliothèque à la fois architecturée et aérienne Super_Position (Jean Nouvel), et la table Tense Material Intarsia, qui associe le marbre de Carrare noir ébène et les filets de bronze (Piergiorgio & Michele Cazzaniga), sans oublier quelques icônes du catalogue, comme la chaise Aïku (Jean-Marie Massaud), et Le Banc (Xavier Lust) en métal dans des finitions inédites. La scénographie bénéficie d’une mise en lumière par Artemide, qui valorise ainsi le contenu poétique de ses produits – gamme Yanzi en laiton et verre soufflé, design Neri & Hu – et leurs propriétés technique.

s, avec la version acoustique de la suspension Nur (design Ernesto Gismondi). Habité par la passion du design, le dirigeant de RBC Franck Argentin propose en parallèle une exposition consacrée à Achille Castiglioni dans son show-room d’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) jusqu’au 31 août 2018, tandis que le RBC Lab de Paris accueillera, du 4 septembre au 23 novembre, une sélection de pièces de l’architecte, sculpteur et designer italien Angelo Mangiarotti, en partenariat avec l’éditeur Agapecasa.

François Salanne

 

Lecture : Creatures of the City

Lecture : Creatures of the City

Creature of the City est le fruit d’une rencontre artistique, celle du photographe Cyrille Weiner, de l’écrivain Aurélien Bellanger et des graphistes de Building Paris. C’est à travers leur regard que l’on découvre les réalisations du collectif SCAU.

L’ouvrage présente une sélection de quatorze projets, dont le Stade Vélodrome à Marseille,  l’école primaire Wendel à Paris, le Crowne Plaza de Montpellier ou encore des logements toulousains. La direction artistique épurée met en valeurs les cliéhs  de Cyrille Weiner, dont l’oeil permet une immersion totale dans les projets, en alternant des angles larges et des moments plus intimes. Loin d’être purement descriptive, chaque photo met en scène le projet, le contextualise, et laisse une place prépondérante à l’individu qui ne se contentent pas d’un rôle illustratif mais dialoguent avec les oeuvres de l’agence Search and Create Alternative Uses.

Les bâtiments achevés, les architectes sont dépossédés de leurs oeuvres. C’est aux usagers d’en écrire l’histoire. Il en va de même avec l’ouvrage dont les photos ne sont ni légendées ni décrites. Il en découle une invitation à la réflexion et à la contemplation.


© SCAU architecture. Stade Vélodrome de Marseille. Photo Cyrille Weiner

Les dernières pages de Creatures of the City laissent place à « 42 kilomètres », un texte d’Aurélien Bellanger. L’écrivain et philosophe revient sur sa jeunesse, son rapport à la ville, à l’architecture et à ces 42 kilomètres qui le séparaient, enfant, de Paris.

Champagne, architecture et pédagogie : la renaissance des loges de vignes

Champagne, architecture et pédagogie : la renaissance des loges de vignes

Du 19 au 30 juillet prochain aura lieu à Châlons-en-Champagne, la seconde édition des Universités d’été Architecture et Champagne. Au cœur de cette manifestation pédagogique, la « loge de vigne », cabane de vignerons tombée en désuétude depuis un siècle et qui vit aujourd’hui une seconde jeunesse.

Si une volonté de développer l’œnotourisme en Champagne existe depuis une petite dizaine d’années, 2015 marque pour ce territoire le début d’une nouvelle ère avec l’inscription des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (catégorie Paysages culturels évolutifs vivants). Ayant longtemps reposé sur le secret de fabrication du Champagne, la communication autour du précieux breuvage s’était jusque là portée sur l’image de luxe du produit davantage que sur les terres champenoises, contrairement à d’autres régions viticoles telles que l’Alsace qui mise depuis longtemps sur l’œnotourisme pour son développement économique. Aujourd’hui, ces codes sont remis en question : la consommation du Champagne se démocratise – en témoigne la nouvelle campagne publicitaire du Syndicat général des vignerons, dont le slogan est « le Champagne, réservé à toutes les occasions » et qui montre notamment une flûte accompagnant une tartine de sardines – et ses aficionados deviennent de potentiels touristes, curieux de découvrir le patrimoine derrière les bulles.

Crédit photo : MACA 

Un patrimoine en voie de disparition

Au cœur de celui-ci, l’architecture viticole : chais, caves, maisons de Champagne, mais aussi, moins connues, loges de vignes. Également appelées « cabanes de vignes » ou « cadoles », ces modestes constructions apparues au XVIe siècle se multiplièrent au XIXe, servant essentiellement de remise à outils et d’abri aux vignerons. Aujourd’hui, elles ponctuent toujours le paysage, mais la plupart d’entre elles sont laissées à l’abandon depuis le début du XXe siècle et l’apparition de nouveaux moyens de déplacement et de culture qui rendirent leur usage superflu. Allant de la construction en briques ou pierres meulières à la cahute en tôle, elles ont fait l’objet d’un inventaire en 2011-2012 par le Parc naturel régional de la Montagne de Reims qui en a recensé 200. Émilie Renoir-Sibler, chargée de mission Culture et Patrimoine au Parc, raconte : « Nous souhaitions sensibiliser les vignerons et les Maisons à ce patrimoine, le leur, qui était en train de disparaître ».

Crédit photo : MACA 

L’architecture pour prendre conscience du territoire

Les Universités d’été Architecture et Champagne s’inscrivent dans cette dynamique. Après une première édition réussie en 2017, cet événement – moment pédagogique – aura lieu à Châlons-en-Champagne du 19 au 30 juillet et rassemblera une trentaine d’étudiants ou professionnels en formation continue venus du monde entier (60% des participants sont internationaux) autour de la conception, fabrication et installation de six à huit loges de vignes. Organisée par l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nancy, la Communauté d’Agglomération de Châlons-en-Champagne et la Maison de l’Architecture Champagne-Ardenne (présidée par Giovanni Pace), la manifestation reprend le modèle déjà très répandu à l’étranger des Universités d’été, laboratoires de pensées et d’expérimentations permettant aux étudiants de valider des crédits ECTS dans le cadre de leur cursus (en l’occurrence 3 crédits ECTS). Chantal Dugave, architecte, artiste et enseignante, dirige le projet. « Il s’agit de faire prendre conscience, insiste-t-elle. L’architecture, ce ne sont pas uniquement des objets posés sur un territoire. C’est aussi le vecteur d’une pensée autour de ce même territoire, autour d’un usage, etc. » Après « la main » en 2017, c’est « la terre » qui a été choisie pour thématique cette année. Un sujet en adéquation avec la marraine des Universités d’été, l’architecte britannique d’origine libano-irakienne Salma Samar Damluji, spécialiste de l’architecture moyen-orientale – notamment yéménite – en terre crue.

Douze jours pour créer « les loges de demain »

Durant une journée, les participants rencontreront les acteurs du territoire, collectivités et commanditaires vignerons, et concevront leur « loge de demain » par groupe de trois-quatre et en dialogue avec une équipe d’encadrants principalement architectes, artisans et Compagnons du devoir (un couvreur et un charpentier). Dix jours seront dédiés à la fabrication. Les matériaux employés proviendront d’une ressourcerie alimentée par les vignerons avec des pupitres en chêne ou encore d’anciens pressoirs, poussant plus loin l’enjeu de patrimonialisation. Les loges seront alors démontées pour être installées in situ lors d’une dernière journée, « dans un esprit festif de vendanges », précise Chantal Dugave. L’une d’elles rejoindra le sentier de découverte des loges de vignes du Parc régional de la Montage de Reims afin de proposer un dialogue entre patrimoine et création contemporaine. Toutes seront rétrocédées aux vignerons après une année qui aura permis aux propriétaires initiaux – les organisateurs des Universités d’été – d’observer leur évolution dans le temps et d’identifier les modes d’entretien les plus adaptés à chaque loge, dans un souci cohérent de pérennisation. Aux vignerons ensuite de s’approprier ces loges d’un genre nouveau.

 

Anastasia Altmayer

 

Marazzi Paris au diapason de la Fête de la musique

Marazzi Paris au diapason de la Fête de la musique

Le manufacturier de céramique italien, implanté à Sassuolo près de Modène, a mis son show-room parisien à l’heure de la Fête de la musique, en invitant deux musiciens de jazz, Dino Rubino à la trompette, et Mauro Gargano à la contrebasse, à faire une performance le 21 juin dans son show-room parisien du boulevard Saint-Germain.

En parallèle, le show-room accueille, jusqu’en septembre 2018, la série de céramiques Play, signée Emmanuel Chevrel, sélectionnée par la commissaire d’exposition et critique Isabelle Valembras. Une série qui possède à sa manière sa petite musique, en jouant des contrastes entre la fragilité des fissures et la solidité du grès, la douceur de la terre cuite émaillée et la rugosité de la chamotte, la légèreté des lignes et le poids de la terre. En invitant ainsi Emmanuelle Chevrel, le fabricant exprime sa volonté de faire dialoguer la céramique d’auteur, et la céramique industrielle qui occupe l’essentiel du show-room, pour encourager la créativité des jeunes talents au service des arts appliqués. Avec ces initiatives, Marazzi entend faire de son show-room parisien un espace de créativité, propice aux synergies entre professionnels, designers et clients, dédié aux intérieurs et aux projets d’architecture créatifs.