Une architecture au coeur des vignes, signée Carl Fredrik Svenstedt Architect

Une architecture au coeur des vignes, signée Carl Fredrik Svenstedt Architect

Implanter une architecture contemporaine au milieu des vignes n’est pas un geste anodin. L’architecte franco-suédois Carl Fredrik Svenstedt en a fait l’expérience lors de la réalisation du nouveau bâtiment du Domaine Ott, Château de Selle. Au sein du vignoble, cette architecture de pierre modernise les activités du chai, qui produit un vin haut de gamme, d’appellation AOC Côtes de Provence, depuis près d’un siècle.

 

 

Le contexte dans lequel s’inscrit le nouveau chai impliquait une architecture discrete, qui sache dialoguer avec la topographie des vignes. Dans un terrain légèrement en pente, marqué par l’horizontalité des plantations viticoles, le projet s’imisce en profondeur pour conserver des proportions raisonnables. Ainsi, une partie du batiment se trouve sous terre. L’utilisation de la pierre du Gard de manière massive accuse un geste architectural fort. Pesant près d’une tonne chacune, elles sont disposées de manière à créer un mur poreux, qui permet de créer des vues sur le domaine depuis l’intérieur.

 

Les 4370.0 m² de ce nouveau bâtiment viticole se répartissent en deux grandes parties. Une réservée à l’exploitation, orientée au Nord, et une accessible au public pour des dégustations et la vente, au Sud. Les accès sont alors facilités pour les engins agricoles d’un coté, et pour les véhicules et piétons de l’autre. L’organisation des espaces suit le parcours de la grappe de raisin, qui une fois vendangée, passe par de nombreuses étapes de pressurage, de fermentation, de maturation, et finalement de mise en bouteille.

 

La technologie au service de la vigne

 

Le monde viticole est un monde exigent ! Les nombreuses normes et réglementations auxquelles doivent répondre les vins se traduisent par une complexité technique que l’architecte Carl Fredrik Svenstedt a du prendre en compte dans la concrétisation de ce projet. Et le vin haut de gamme produit au domaine Ott mettait la barre encore plus haut ! L’enfouissement d’une partie du bâtiment répond à une question contextuelle, mais également à une question thermique. Il est en effet ainsi plus aisé de contrôler la température des pièces en sous-sol grâce à la géothermie. L’architecte a également équipé le chai de nombreux équipements de pointe dans le contrôle du refroidissement, de l’hydrothermie etc… L’architecture est ainsi au service du vin, qui bénéficiera d’un suivi encore plus poussé au sein de cette nouvelle construction.

 

L’architecture de ce nouveau chai du Domaine Ott lui permet de rester dans l’air du temps, et même d’être précurseur dans les technologies de traitement du vin, tout en conservant le savoir-faire et la grande qualité de ce vin haut de gamme. Le Domaine du Chateau de Selle a de quoi combler les coeurs des amoureux d’architecture, tout en satisfaisant les palais des plus oeunolges !

 

 

Secular retreat, un projet signé Peter Zumthor dans le sud de l’Angleterre

Secular retreat, un projet signé Peter Zumthor dans le sud de l’Angleterre

Au sud de l’Angleterre, dans le comté de Devon, l’architecte suisse mondialement reconnu Peter Zumthor signe une réalisation tout en béton. « Secular retreat », sa première construction permanente en Angleterre, est une maison isolée, propice au repos et à la retraite intérieure, dont le chantier prendra fin en décembre prochain. Elle s’implante dans un site paysager, où la nature prend une part non négligeable dans la conception du projet. Cette villa fait partie du programme de Living Architecture, et sera prochainement disponible à la location pour le mois de mars 2019.

 

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Les espaces s’articulent autour d’un vaste open-space, depuis lequel se déploient les ailes privées des cinq chambres de la villa. Au delà de concevoir l’espace, l’agence d’architecture suisse dessine également le mobilier, comme dans la salle de bain, ou encore dans le séjour avec les chaises, tables et canapés.

 

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Au fin fond de la campagne du sud-ouest de l’Angleterre, l’architecte Peter Zumthor utilise ici une technique de béton qu’il a déjà pu expérimenter à Mechernich, en Allemagne avec la chapelle contemporaine Bruder Klaus Field Chapel. Chaque jour, le béton est coulé par couche, à la main, dans un coffrage en bois. Chaque strate, réalisée à partir d’éléments locaux, est alors visible lorsque les banches sont retirées. L’ensemble conserve alors une horizontalité qui s’intègre dans les vallons du comté de Devon.

 

Les larges ouvertures qu’il dessine permettent de cadrer de généreuses vues sur les alentours. L’attention se focalise très facilement sur le paysage, mais les détails constructifs que met en place l’architecte Peter Zumthor montre encore à quel point il maîtrise son art. L’ensemble du projet impressionne par une force structurelle intrinsèquement liée au béton et à l’épaisseur des murs, qui s’oppose à la légèreté que renvoie le paysage, et les espaces généreux. Quatre ans de chantier ont été nécessaires à la réalisation de ce projet de 375 m².

 

 « Parfois, le paysage a besoin de la main de l’homme pour être vraiment belle » P. Zumthor

 

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Living Architecture est une entreprise qui propose à la location de belles propriétés créées par de grands architectes contemporains. Elle fait appel aux plus talentueux pour créer des villas et des maisons qui seront par la suite louer à des particulier. Le but de cette manœuvre est bien de promouvoir et d’éduquer le grand public à une architecture moderne de qualité, en s’y émergeant le temps d’un séjour. Fondée en 2006, Living Architecture a déjà collaboré avec MVRDV, Jarmund/Vigsnæs Architects, Hopkins Architects…

 

 

RDV le 19, 20 et 21 octobre pour les Journées Nationales de l’Architecture 2018

RDV le 19, 20 et 21 octobre pour les Journées Nationales de l’Architecture 2018

Organisées les 19, 20 et 21 octobre 2018, les Journées Nationales de l’Architecture participent à la découvertes du monde architecturale pour un grand nombre de français. Dans de nombreuses villes de France, des visites de chantiers, des visites d’agences d’architecture, des parcours urbains, des films et des expositions sont organisés.

 

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Cet événement est l’occasion de poser un regard nouveau sur l’environnement qui nous entoure. L’architecture fait en effet parti intégrante de notre cadre de vie, pour lequel nous n’avons pas toujours de considération. « L’architecte donne du sens à nos espaces de vie », déclare la ministre de la culture, Françoise Nyssen.

 

Sur trois jours, différentes thématiques seront abordées. Le vendredi sera une occasion particulière pour sensibiliser le jeune public à l’architecture. Les écoles sont ainsi totalement parties prenantes de ce projet national, partageant l’envie de faire découvrir aux plus jeunes le métier d’architecte et ses différentes casquettes. Puisque finalement, ce sont eux, qui construiront et inventeront l’architecture de demain.  Ainsi, à Nantes, la Compagnie du Café Théâtre propose de découvrir le jeu « Cube ta ville » où chacun est acteur de la création d’une ville imaginaire. Ils pourront également découvrir le dessin au Palais Rohan à Strasbourg.

 

La ministre de la Culture Françoise Nyssen affirme fièrement que « l’architecture aide notre société à construire son avenir« .  Elle est un « puissant levier de développement culturel, économique, social et environnemental« .  Lors des Journées Nationales de l’Architecture, les acteurs tels que les C.A.U.E, les institutions publiques, les agences privées, et bien d’autres encore, participent à la rencontre en l’architecture et la société.

 

 

Cette année, à l’heure où le développement durable et les problématiques environnementales sont toujours plus brûlantes, l’accent sera mis sur les initiatives écologiques et l’aménagement du territoire qui prend en considération la thématique de l’environnement. C’est le cas de l’exposition Capital Agricole, chantiers pour une ville cultivée, qui aura lieu jusqu’au 27 janvier 2019 au Pavillon de l’Arsenal. Une table ronde sera organisée à la Médiathèque Louis Aragon de Stains, le samedi 20 octobre de 14h30 à 16h30, sur la thématique de la cité-jardin et de son devenir dans le Grand Paris.

 

L’intégralité du programme est à découvrir sur le site des Journées Nationales de l’Architecture.

COBE célèbre le mode de vie danois en plein cœur de la capitale avec Paper Island

COBE célèbre le mode de vie danois en plein cœur de la capitale avec Paper Island

En plein coeur du port de Copenhague, l’île de Paper IslandPapirØen  en danois, ou encore appelé Christiansholm ) a longtemps été un lieu industriel, puis un lieu désaffecté. Elle abritait de nombreuses halles marchandes, et servait principalement de stockage de rouleaux de papier, d’où son nom. Une fois les espaces délaissés, les habitants se les sont appropriés, et on y retrouvait des salles d’événementiels, un street food market apprécié des locaux et des touristes, ainsi que les locaux de l’agence d’architecture COBE.

 

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Afin de renouveler l’attractivité de l’île, et de générer de nouvelles activités en son sein, la ville de Copenhague lançait un appel à projets international pour la restructuration de l’île. La nouvelle programmation comprend, entre autre, la création de thermes, dont la pratique est courante dans les pays scandinaves, la création de logements, ainsi que le renouveau du street food market et des espaces événementiels. C’est l’agence COBE, véritable « habitante » de l’île qui remporte le concours en 2017.

 

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La mixité de programme en plein cœur de la capitale danoise

Le nouveau projet de Paper Island proposera 45 000 m² de programme. Cette île artificielle est reliée à la terre par un petit bras de terre, où piétons et vélos se croisent difficilement. Le projet de COBE facilite les accès, tout en conservant une circulation lente au sein de l’île. Les bains de Paper Island auront à la fois de nombreux espaces intérieurs, mais ceux-ci viendront se glisser en extérieur, jusque dans le bras de mer du port de Copenhague. Le projet instaure une dualité entre une périphérie tournée vers l’eau, et une intériorité végétale. Les halls, disposés de manière à créer un cœur de projet « vert », abriteront en leurs rez-de-chaussés, des espaces publics facilement appropriables. Des expositions, des défilés de mode, ou encore des concerts pourront y avoir lieu.

 

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Au dessus de ces espaces viennent se greffer les logements. La variété de typologie de ces habitations permettra sans doute de varier le type de population, permettant une mixité sociale au sein de PapirØen.  Certains profiteront même d’un accès direct à la mer, où kayaks et petites embarcations pourront accoster. Les habitants profiteront d’un cœur d’île verdoyant et intime, qui s’oppose à la promenade public qui se situe le long des berges. Le dessin des façades et des volumes s’est construit en prenant en compte les toitures à deux pans vitrés des bâtiments industriels présents à l’origine sur le site de projet, ainsi que les constructions en brique de l’on retrouve sur les terres voisines. En réinterprétant ces formes, le projet de l’agence d’architecture danoise COBE instaure un tournant contemporain à l’île de PapirØen. Dan Stubbergaard, directeur artistique de COBE, déclare que l’intention majeure du projet est bel et bien de « créer un lieu qui célèbre la culture de la ville et le mode de vie propre à Copenhague. »

 

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Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les États-Unis, comme beaucoup d’autres pays impliqués dans le conflit, doivent faire face à un nombre important de demande de logements. Les soldats de retour au pays ont en effet besoin de se loger rapidement. Face à cette forte demande, le programme « Case Study House » est lancé sur la côte ouest. De 1945 à 1966, 36 projets seront réalisés par de grands architectes de l’époque. C’est le cas de la maison Eames, case study n°8, conçue par le couple américain Charles et Ray Eames. L’idée principale de ce programme était bien évidemment de construire un logement de manière économique et fonctionnel, avec les technologies de l’époque tout en étant adapté au mode de vie moderne de l’après-guerre.

 

 

Charles Eames, architecte, s’entourent d’abord de Eero Saarinen, confrère d’origine finlandaise. Ensemble, ils conçoivent une maison sur deux niveaux, située au cœur des collines de Los Angeles. Proche de la mer, à l’ombre des arbres, l’emplacement est idéal. La construction prend du retard, suite aux retombées économiques de la guerre, mais c’est finalement en 1949 que la maison verra le jour. Pour des raisons budgétaires, Charles Eames modifiera les plans afin d’utiliser des éléments métalliques commandés par erreur en avance. L’ossature est en acier. En une journée et demie, celle ci était apte à recevoir les remplissages en verre ou en béton colorés. Ces derniers composent la façade telle une oeuvre du peintre Mondrian.

 

L’atelier et le séjour disposent tous deux d’une double hauteur. L’organisation des espaces semblent s’effectuer de manière très rationnelle dans des espaces rectangulaires, régis par la structure métallique préfabriquée. Au nord du projet sont disposés ateliers et pièces sombres, sur deux niveaux. Au sud se trouvent les espaces de vie : cuisine, salle de bain et chambres, séjour… Deux parties composent la maison, séparé par un patio : une à un but résidentiel, alors que l’autre sert d’atelier. Sa proximité avec son environnement en fait un lieu plaisant pour le couple Eames qui y séjourna quelques temps. Ils y incluent une dimension japonisante, avec de grands espaces disponibles et une atmosphère chaleureuse.

 


Au-delà d’être architecte, Charles et Ray Eames ils sont également réputés dans de nombreuses autres demain : le design graphique, le textile, la cinématographique, la scénographie ou encore la confection de mobilier design. C’est à ce couple que l’on doit la réalisation de chaises et de fauteuils au design emblématique des années 80 comme la Plastic Chair, la Chaise Eiffel Tower ou encore la Eames Lounge Chair et son repose-pied.

 

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Le MAAT de Lisbonne, une architecture au coeur du dialogue

Le MAAT – Museum of Art, Architecture and Technology – de Lisbonne a ré-ouvert ses portes il y a un peu moins de deux ans, à l’automne 2016. La première partie prend place dans une ancienne centrale électrique réhabilitée, alors que la seconde a été conçue par l’architecte Amanda Leveete, de l’agence anglaise AL_A. Ce nouveau bâtiment contemporain dialogue avec l’édifice industriel du Central Tejo.

 

 

Il se trouve à l’ouest de la capitale portugaise, dans le quartier Bélèm. Historiquement, ce quartier est celui d’où partaient les grands explorateurs à la conquête du «nouveau monde ». Se rendre au MAAT, c’est comme prendre la direction d’un monde à explorer, de nouveautés à découvrir.

 

Son intégration urbanistique participe à la création de liens avec le Tage. En effet, une grande esplanade et une succession de marches descendent vers la rivière voisine. De nombreux espaces publics- près de 7 000 m², sont ainsi créés au sein d’un campus dédié à l’art. Une passerelle le relie à la ville, et il est possible de se déplacer dans, sur et sous le bâtiment.

 

 

Par l’architecture qu’elle dessine, l’architecte établie aussi un lien avec la mer et l’eau. La forme organique du bâtiment et les ondulations du toit reprennent le mouvement des vagues et les reflets scintillants de l’eau. Celui ci est accessible et les visiteurs peuvent profiter d’une vue sur la ville. Les espaces d’exposition sont la continuité de l’espace public. Au rez de chaussée, ceux ci dévoilent des œuvres des trois domaines : art, architecture et technologie.

 

Le musée MAAT présentera des œuvres d’artistes et d’architectes contemporains. Un dialogue entre deux domaines artistiques différents mais qui savent communiquer. Cette proposition culturelle prend place au côté du Central Tejo, l’un des plus anciens musées portugais et l’un des plus beaux patrimoines industriels du pays. Le savoir-faire portugais dans l’artisanat et la céramique n’est plus à démontrer. Ainsi, la façade se couvre de tuiles blanches, dont la géométrie complexe crée une façade en mouvement.

 

Álvaro Siza et le régionalisme critique

Álvaro Siza, de son vrai nom Álvaro Joaquim de Melo Siza Vieira est un architecte portugais, né non loin de Porto, à Matosinhos, le 25 juin 1933.  Pritzker Price en 1992, il est une figure de l’architecture contemporaine portugaise, tout comme son confrère Eduardo Souto de Moura, avec qui il collabora en 1980 pour la réalisation du Pavillon du Portugal de l’Expo 98′ à Lisbonne, et en 2000 pour celui de l’Expo 2000 à Hanovre.  Plus récemment, il est à l’origine d’une chapelle autosuffisante dans le sud du Portugal.

 

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Portrait de l’architecte Álvaro Siza

 

Il étudie la peinture et la sculpture à l’école supérieure des Beaux-Arts de Porto, dont il sort diplômé en 1955. À 22 ans, son choix se porte alors sur l’architecture. A travers la manière dont il pense et réalise un projet, la peinture et la sculpture ne sont jamais très loin. Il en tire son amour pour le dessin et la matérialité. Par la suite, il collabore avec différents architectes avant de créer son propre atelier, qui siège aujourd’hui à Porto. Álvaro Siza accorde beaucoup d’importance aux rencontres, qu’il estime être source d’inspiration. Entouré d’une vingtaine d’architectes, il aime confronter son point de vue à celui d’autres individus, qu’ils viennent ou non du monde de l’architecture.

 

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Pavillon du Portugal lors de l’Expo 98′ de Lisbonne

 

Álvaro Siza est à l’origine du régionalisme critique. En effet, il se nourrit de l’architecture et des savoir-faire locaux ainsi que de l’artisanat portugais pour concevoir ses projets. Ensuite, il les combine à une architecture moderne, aux lignes épurées, dont le blanc est la couleur dominante. Le dessin et les croquis qu’il réalise sur site ou à l’atelier sont primordiaux dans son approche du projet. Il porte un regard attentif à l’analyse du site et à la topographie du lieu.

 

Salon de Thé Boa Nova

 

C’est d’ailleurs ainsi qu’il réalise son premier projet : la Maison de Thé Boa Nova, à Matosinhos. Celle-ci s’intègre au sein même de la roche qui borde le site de projet, tout en offrant des vues imprenables sur l’Océan. En 1993, il réalise l’école d’architecture de Porto. Projet phare de l’architecture, c’est l’un des trois ensembles universitaires qu’il réalisera. Formé de petits pavillons, chaque ensemble est connecté par des souterrains ou des passerelles.

 

Álvaro Siza est un architecte qui n’a pas de style préconçu à proprement parler. Il va puiser son inspiration à travers croquis et visite de site et s’appuie sur les savoir-faire locaux pour concevoir un projet. Il fait partie des architectes qui mesure la matière : il utilise à bon escient et de manière juste, de sorte qu’elle ne soit ni trop, ni trop peu mise en oeuvre.

La tour Trinity conçue pour inspirer les talents !

Le quartier des affaires de La Défense voit toujours plus grand et se tourne vers son avenir européen. L’agence d’architecture Cro&co, anciennement Crochon Brullmann et Associés, a développé un projet de tour des bureaux dont la première pierre a été posée en octobre 2017, en partenariat avec le groupe immobilier Unibail Rodamco. Le chantier de ce « défi de l’impossible » prend de l’ampleur et la tour devrait être livrée en 2019.

 

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La tour Trinity s’établit sur un terrain foncier créé « ex nihilo ». Il s’agit d’une construction qui repose sur une dalle passant au-dessus des voies de circulation. Les 49 000 m² du programme se répartissent sur 33 étages et atteignent 140 m de haut. Le projet prévoit aussi la création de 4000 m² d’espace public. Au-delà d’un projet architectural, il s’agit de créer une continuité urbaine autour de la tour.  Dans un contexte urbain déjà très dense, la Tour Trinity vient composer avec les autres gratte-ciels déjà présents sur la skyline du quartier des affaires de La Défense.

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Un projet de bureaux qui repousse les limites

La tour Trinity proposera de nombreuses configurations de bureaux, offrant des espaces de travail adaptés aux pratiques de chacun. À l’heure où le Home Office se développe, les bureaux comprendront également des espaces de rencontre entre collègues, collaborateurs et dirigeants. Une nouvelle manière de voir le monde de l’entreprise se met en place. Au sommet de la tour, six niveaux seront aménagés en duplex, donnant une échelle plus intimes aux entreprises y établissant leurs locaux. Les loggias et les terrasses seront végétalisées, avec des arbres plantés en pleine terre. Ces espaces deviennent des lieux où chaque employé pourra se ressourcer. La terrasse panoramique du 25e étage permettra d’observer l’ensemble du quartier des affaires.  L’architecture d’intérieur de la Tour Trinity a été conçue par Olivier Saguez, qui l’a pensé dans un esprit « bureau-hôtel ». Il porte une attention particulière aux matériaux, à l’ergonomie, aux mobiliers, afin de créer des lieux qui bénéficient d’un vrai plus-valu !

 

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Une tour certifiée HQHE : Haute Qualité Humaine & Environnementale.

 

Le noyau structurel du gratte-ciel est décentré, les ascenseurs sont déportés en façade, ce qui la rend vivante et dynamique. Celle ci, vitrée, permet une lecture des espaces depuis l’extérieur, mais assure également un apport de lumière non négligeable ! Les vitrages jouent un rôle essentiel dans la reconnaissance écologique du bâtiment, puisqu’il assurent l’isolation extérieure. Le projet se veut bioclimatique et s’aide des nouvelles technologies pour relever le défi. L’énergie des ascenseurs est récupérée et redistribuée, des capteurs enregistrent les données de température et de consommation à chaque étage… Celles ci permettront par exemple, d’adapter au mieux le chauffage et l’éclairage des espaces ! Cro&co propose ainsi des espaces « smart » pour des employés toujours plus « smart » !

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Oscar Niemeyer, l’architecte moderne du Brésil

Oscar Niemeyer est un architecte et designer brésilien né en décembre 1907 à Rio de Janeiro. Il décède 104 ans plus tard, en décembre 2012. Figure du mouvement moderne en Amérique du Sud, son travail est récompensé par l’obtention du Pritzker Price en 1988.

 

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Portrait de l’architecte Oscar Niemeyer

En 1929, il intègre l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Rio de Janeiro. Il obtiendra son diplôme en architecture 5 ans plus tard, en 1934. Il grandit à l’époque où le mouvement moderne est en pleine croissance en Europe et en Amérique du Nord. Malgré un enseignement très classique, son admiration se porte sur le travail de Le Corbusier, de Mies Van de Rohe, ou encore celui de l’architecte américain Franck Lloyd Wright. Il travaille ensuite pour le cabinet de Lucio Costa, architecte brésilien inspiré par le mouvement moderne. Cette architecture n’a que très peu dépassée les frontières du Brésil à ce moment-là. Oscar Niemeyer décide donc de l’adapter aux conditions tropicale de son pays. En 1900, il réalise l’église Saint-François-d’Assise, dont les coques de béton font sensation. Durant toute sa carrière, il explorera les caractéristiques et les possibilités qu’offre le béton armé.

 

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Eglise Saint François d’Assise – Belo Horizonte, Brésil
Oscar Niemeyer

Quelques années plus tard, il travaille en binôme avec Monsieur Costes pour la création de la ville de Brasilia, inaugurée en 1960. Ce projet de taille gigantesque permettre à l’architecte de gagner une reconnaissance internationale. Il y réalisera de nombreux bâtiments emblématiques de la ville, comme la Cathédrale de Brasilia en 1970, le Musée de Brasilia ou encore le Palais de l’Aurore.

 

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Palais de l’Aurore, Brasilia
Oscar Niemeyer

Bien qu’inspiré par le mouvement moderne, dont la figure de prou reste Le Corbusier, Oscar Niemeyer s’en détachent en favorisant les lignes courbes et sensuelles, qu’il préfère aux angles droits « qui divisent ». Le béton reste pourtant son matériaux de prédilection. Il le travaille, le sculpte, lui donne des formes audacieuses. En 1960, il s’exile en France où il réalisera entre 1978 et 1982 l’Espace Niemeyer, composé du célèbre « Volcan » et de la « Maison de la Culture » ! Il retourne par la suite au Brésil, mais son travail marquera de nombreuses ville, comme à Royan où l’architecture de bord de mer s’inspire de ses réalisations. Il travaillera jusqu’à son dernier souffle : à l’âge de 101 ans, il réfléchissait encore à l’aménagement des quais du Havre…

 

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Le Volcan, le Havre
Oscar Niemeyer

 

 

Anne Vanrapenbusch

La Chapelle de Ronchamp : un classique signé Le Corbusier !

Projet emblématique de l’architecte moderne Le Corbusier, la Chapelle de Ronchamp s’inscrit dans le paysage depuis 1955. Comme beaucoup de chapelle, celle de Ronchamp s’inscrit sur une ancienne construction présente depuis des siècles. Après un temple romain,  dont la datation reste très floue, une petite chapelle est construite au Moyen Âge. Au début du XXe siècle, un incendie la réduit en cendres. Elle est reconstruite, mais à nouveau, elle sera détruite par l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale.

 

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© Gili Merin

 

Une fois la paix retrouvée, le diocèse de Besançon fait appel à l’architecte franco-suisse Le Corbusier pour que les habitants du village de Ronchamp ne soient plus privés de lieu de culte . Plutôt habitué des grands ensemble de la reconstruction avec son unité d’habitation, il accepte finalement de travailler sur ce premier projet culturel. Les travaux démarrent en 1954 et se termine un an plus tard. Sur cette même colline, le Corbusier dessinera également en abri pour pèlerin, la maison du chapelain, et une « pyramide de la paix ».

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Avec un architecte pionnier du mouvement moderne, la chapelle de Ronchamp ne pouvait que s’inscrire dans cette architecture emblématique du XXe siècle. Pourtant, l’architecture de la Chapelle se trouve loin des murs orthogonaux revendiqués par Le Corbusier. Il s’inspire de la vallée des Vosges et crée des parois, des tours, et un toit aux formes courbes. Il dessine également un espace de célébration en plein air, qui matérialise encore plus cette communion avec la nature.

 

Les différents volumes, dont la structure est faite de béton, s’articulent autour de l’espace de culte. Les murs, dont l’ossature est remplie de pierres de récupération, sont d’un béton projeté recouvert de chaux blanche. L’intérieur est également peint d’un blanc immaculé, favorisant le recueillement. Bien que de forme très organique et peu orthogonal, la toiture de la chapelle est un grand voile de béton, réalisé à partir d’un coffrage en bois, dont les marques des banches ont été laissées apparentes ! Elle repose uniquement sur les murs en béton.

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Dans ce lieu de culte, symbole de l’architecture sacrée moderne, le Corbusier travaille tout particulièrement la lumière. Réelle matière à projet, elle est parfois diffuse, comme à travers les vitraux coloré, également dessinés par l’architecte – ou plus directe, créant des espaces d’ombres, comme à l’extérieur du bâtiment. Aujourd’hui, la chapelle Ronchamp bénéficie du label « Patrimoine du XXe siècle » depuis 1999. Elle est également classée au monument historique depuis 1967. En 2011, le site corbuséen est complété par la construction d’une poterie et d’un couvent, réalisée par l’architecte italient Renzo Piano.