La Chapelle de Ronchamp : un classique signé Le Corbusier !

Projet emblématique de l’architecte moderne Le Corbusier, la Chapelle de Ronchamp s’inscrit dans le paysage depuis 1955. Comme beaucoup de chapelle, celle de Ronchamp s’inscrit sur une ancienne construction présente depuis des siècles. Après un temple romain,  dont la datation reste très floue, une petite chapelle est construite au Moyen Âge. Au début du XXe siècle, un incendie la réduit en cendres. Elle est reconstruite, mais à nouveau, elle sera détruite par l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale.

 

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© Gili Merin

 

Une fois la paix retrouvée, le diocèse de Besançon fait appel à l’architecte franco-suisse Le Corbusier pour que les habitants du village de Ronchamp ne soient plus privés de lieu de culte . Plutôt habitué des grands ensemble de la reconstruction avec son unité d’habitation, il accepte finalement de travailler sur ce premier projet culturel. Les travaux démarrent en 1954 et se termine un an plus tard. Sur cette même colline, le Corbusier dessinera également en abri pour pèlerin, la maison du chapelain, et une « pyramide de la paix ».

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Avec un architecte pionnier du mouvement moderne, la chapelle de Ronchamp ne pouvait que s’inscrire dans cette architecture emblématique du XXe siècle. Pourtant, l’architecture de la Chapelle se trouve loin des murs orthogonaux revendiqués par Le Corbusier. Il s’inspire de la vallée des Vosges et crée des parois, des tours, et un toit aux formes courbes. Il dessine également un espace de célébration en plein air, qui matérialise encore plus cette communion avec la nature.

 

Les différents volumes, dont la structure est faite de béton, s’articulent autour de l’espace de culte. Les murs, dont l’ossature est remplie de pierres de récupération, sont d’un béton projeté recouvert de chaux blanche. L’intérieur est également peint d’un blanc immaculé, favorisant le recueillement. Bien que de forme très organique et peu orthogonal, la toiture de la chapelle est un grand voile de béton, réalisé à partir d’un coffrage en bois, dont les marques des banches ont été laissées apparentes ! Elle repose uniquement sur les murs en béton.

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Dans ce lieu de culte, symbole de l’architecture sacrée moderne, le Corbusier travaille tout particulièrement la lumière. Réelle matière à projet, elle est parfois diffuse, comme à travers les vitraux coloré, également dessinés par l’architecte – ou plus directe, créant des espaces d’ombres, comme à l’extérieur du bâtiment. Aujourd’hui, la chapelle Ronchamp bénéficie du label « Patrimoine du XXe siècle » depuis 1999. Elle est également classée au monument historique depuis 1967. En 2011, le site corbuséen est complété par la construction d’une poterie et d’un couvent, réalisée par l’architecte italient Renzo Piano.

Maison Gaspar, réalisation d’Alberto Campo Baeza – 1992

En 1995, l’architecte espagnol Alberto Campo Baeza réalise la Maison Gaspar.  Celle-ci se trouve à Zohara, sur la côte sud ouest de l’Espagne, non loin de Cadix et de Gibraltar. Cette réalisation de 90 m² est une commande d’un client disposant d’un petit budget, souhaitant une habitation tournée sur elle-même. Il souhaitait quelque chose de clos et créant une réelle intimité.  C’est pourquoi un grand mur de 3,5 m de haut forme un carré autour de l’habitation. Cela intrigue, pose question. En effet, difficile de deviner ce qui se cache derrière cette enveloppe.  De 18 m de côté, elle n’est percée que d’une petite porte à un battant, sur la façade est.

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Photo : Hisao Suzuki
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Photo : Hisao Suzuki
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Photo : Hisao Suzuki

 

Depuis l’espace urbain, on ne distingue donc qu’une enveloppe lisse, blanche, et la toiture du projet qui dépasse légèrement. En plan, le projet s’inscrit dans un carré de 18 m de côté. Pour concevoir la Maison Gaspar, Alberto Campo Baeza instaure une trame, grâce à laquelle il détermine trois espaces rectangulaires de 18 m sur 3 m. Égaux en terme de surface, ils se différencient par leurs usages. Les parties latérales sont réservées aux espaces extérieurs. Ils s’accompagnent de quatre citronniers disposés de manière symétrique, et d’un bassin d’eau. Le patio Est est l’espace d’entrée de la maison. Celui qu’on retrouve à l’Ouest n’est accessible qu’en la traversant, lui donnant encore plus d’intimité.

 

Le rectangle situé au centre du projet est dédié à l’habitation, unique espace couvert. C’est sous cette sous-face que viennent se déployer les espaces intérieurs du projet. En recul du mur d’enceinte, ceux-ci bénéficient d’assez de lumière pour être habités. En son centre se dessine le salon et la salle à manger. Une première chambre se trouve au nord, et la suite parentale au sud. Le sol en pierre inscrit une continuité sur la totalité du projet, laissant l’intérieur glisser vers l’extérieur, et inversement. Alberto Campo Baeza réussit à instaurer de la poésie grâce à l’emploi de peu de matière, et pour un budget restreint. Le monochrome de blanc, aussi bien dans les patios que dans les pièces de vie dessine un espace reposant. La continuité visuelle créée grâce aux ouvertures symétriques donnant sur les patios amplifient cette sensation de sérénité et de contact avec l’extérieur.

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Photo : Raúl del Valle
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Photo : Raúl del Valle
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Photo : Hisao Suzuki

L’architecte avait donc pour défi de combiner intimité et intériorité tout en jouant avec les ouvertures pour apporter de la lumière. Pour cela,  ses armes ont été la lumière, l’ombre, les murs blancs, les arbres et l’eau.  Défi relevé ! La maison Gaspar a d’ailleurs permis à Alberto Campo Baeza de concevoir de nombreux autres projets, comme la Maison Guerrero ou encore la maison Ascencio.

Shigeru Ban : à qui profite l’architecture ?

Après vous avoir parlé de Renzo Piano qui réalise le Centre Pompidou de Paris en 1971, il est temps d’évoquer l’architecte qui conçoit Pompidou-Metz quelques années plus tard : le japonais Shigeru Ban. Récompensé en 2014 par le célèbre Pritzker Price, son travail se veut avant tout à l’écoute des besoins de la société et de la planète.

 

Né le 5 août 1957 à Tokyo, au Japon, il intègre dans un premier temps l’Université des Arts de Tokyo, puis étudie à la Southern California Institute of Architecture. Il poursuit ses études à l’école d’architecture de la Cooper Union, à New York. En 1984, il obtient son diplôme et ouvre sa propre à Tokyo l’année suivante.

 

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Dès le début de son exercice, il s’intéresse de près à la question du papier et du carton dans l’architecture. Bien avant que les questions environnementales ne préoccupent nos hommes politiques et nos architectes, il réfléchissait déjà à la réalisation de bâtiments faits à partir de matériaux recyclés, dont la première réalisation verra le jour en 1989, lors de la World Design Expo de Nagoya. Par la suite, il réalise notamment des maisons individuelles, comme la Paper House, en 1995.  En 2000, il réalise le Pavillon du Japon à l’occasion de l’Expo 2000, à Hanovre en Allemagne. Il est l’un des rares pavillons à pouvoir être recyclé. En effet, au-delà de la construction, c’est aussi la question de la destruction et du recyclage qui importe à l’architecte. Que deviendront toutes ces réalisations éphémères ? La sienne sera bel et bien recyclé ! Quelques temps après, le gouvernement français fait appel à lui pour la construction du centre Pompidou-Metz. Antenne du musée parisien, il deviendra le symbole de la décentralisation du pouvoir et de la culture.

 

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Centre Pompidou – Metz
Shigeru Ban Architects – 2009
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Pavillon Japonais, Expo 2000 d’Hanovre
Shigeru Ban Architects – 2000

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Après ce projet, Shigeru Ban se remet en question. A qui profite l’architecture ? Qui tire profit de ces grandes réalisations, reflet du pouvoir et de l’argent des privilégiés ? L’architecte souhaite faire évoluer son travail vers une architecture dédié la société, aux nécessiteux et à ceux dans le besoin. Il veut autre chose qu’une architecture vitrine, et souhaite une architecture qui fasse du bien : physiquement et psychologiquement. Une architecture qui réponde à des besoins, et qui plaise à ces occupants avant tout.

 

Shigeru Ban n’est pas insensible aux catastrophes naturelles. En effet, son pays – le Japon – est régulièrement touché par de nombreux séismes. Face à l’urgence de la situation, il retrouve son matériau favori : le papier et le carton. Entouré d’étudiants, il construit de nombreux centres d’hébergements temporaires, fabriqués à base de tubes de cartons épais. En Afrique pour les réfugiés politiques, en Océanie ou en Asie pour les personnes ébranlés par les tremblements de terre, l’architecte s’investit sur le terrain ! A Kobé, il se propose pour construire une église temporaire après le séisme de 1995. Prévue pour rester en place 3 ans, elle sera finalement conservée 10 ans, avant d’être par la suite démontée et transportée à Taïwan, où la communauté locale a été, elle aussi, touchée par un séisme quelques années plus tard. L’architecture que propose Shigeru Ban se veut durable, autant dans l’usage, la construction, que dans les liens sociaux qu’elle tente de réparer et d’améliorer.

 

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Cathédrale temporaire -Christchurch, Nouvelle-Zélande
Shigeru Ban Architects – 2003

La Maison en Carton de Shigeru Ban – 1995

Shiegeru Ban, architecte japonais, a deux thématiques qui lui sont chères. Lors de la réalisation de projets, il s’intéresse tout particulièrement à la transparence ainsi qu’à la recherche de nouvelles structures. Il ne se contente pas d’une architecture préconçue mais franchi les frontières du domaine de la construction.

 

 

La Maison en Carton porte bien son nom. Elle a été réalisée en 1995 sur les bords du lac Yamanaka, à Yamanashi, au Japon. Non loin du Mont Fuji c’était un lieu idéal pour construire une maison secondaire. Shigeru Ban réalise sa structure en carton. Ce n’est pas la première fois que l’architecte utilise ce type de matériaux pour la création de bâtiments. Pavillon ou encore constructions d’urgence lors d’un séisme, l’architecte interroge le carton depuis une dizaine d’années. Il n’en est donc pas à son premier coup d’essai. Il s’agit cependant de la première construction pérenne que l’architecte réalise dans ce matériau.
La maison se compose d’un unique rez-de-chaussée, délimité à la fois par une sous-face de forme carrée, le toit, et d’une surface de la même géométrie, le sol, mais celui-ci est prolongé par des terrasses extérieures. La toiture et le sol sont également mis en valeur par une enveloppe vitrée, qui parcourt l’ensemble de leur périmètre. Sur trois des façades, cinq panneaux de verre coulissent, laissant le paysage s’inviter à l’intérieur de la maison, et inversement : l’espace intérieur semble glisser vers les arbres qui l’entourent.

 

 

Ce qui fait l’originalité de cette maison est sans aucun doute les 110 tubes de carton qui délimitent l’espace. Chaque tu possède un diamètre de 275 mm et l’épaisseur du carton est de 14,8 cm. D’une hauteur de 2,7 mètre, ils assurent également la structure du bâtiment puisque le toit repose sur ceci. Il s’agissait du premier projet de la sorte autorisé au Japon. Au-delà de leur fonction structurelle, les tubes de carton recyclé partagent l’espace de l’habitation. En plan, ils créent un « S » proposant ainsi deux espèces circulaires. Le premier, légèrement décentré par rapport à l’emprunte du bâtiment, abrite la salle de bain. Le deuxième abrite un « espace universel » apte à recevoir divers usages : repos, repas, réunion etc. Ce dernier peut également se scinder en deux grâce a des panneaux coulissants, préservant ainsi l’intimité d’une chambre.

Le Palais Bulles, l’architecture organique et futuriste d’Antti Lovag

Le Palais Bulles est une réalisation de l’architecte Antti Lovag né en Hongrie. Construite entre 1975 et 1989, elle est le symbole d’une architecture organique aux allures futuristes. L’architecte s’opposait en effet au Style International en vogue dans les années 1920 à 1960, tout comme les courbes de ce Palais, qui n’ont rien d’orthogonales !

 

 

Cette propriété privée est la troisième maison de ce type que l’architecte finlandais réalise. A Théoule sur Mer, entre Saint Raphaël et Cannes, elle surplombe la mer Méditerranée. Il s’agissait de la maison secondaire de Pierre Bernard, industriel de la région lyonnaise Son style fait écho aux constructions préhistoriques creusées dans la roche, évoque les grottes et les habitations troglodytes. Antti Lovag ne dépose pas de permis de construire pour cette réalisation, ce qui, évidemment, fait grandir la colère des habitants qui voient d’un mauvais œil cette habitation peu ordinaire.

 

 

Aucune ligne orthogonale n’est à déclarer dans cette villa de 1 200 m². Tout est rond et sphérique, rappelant à certains les formes généreuses du corps féminin, leur douceur et leur harmonie. Le second propriétaire, Pierre Cardin, grand couturier, achète la villa à la mort de son commanditaire, et poursuit les travaux. Elle se compose d’une immense salle de réception pouvant compter jusque 350 couverts et d’un salon disposant d’une vue imprenable sur la mer. Les 10 suites de la villa ont toutes été décorées avec des œuvres contemporaines, appuyant ainsi la singularité et l’originalité du lieu. Pierre Cardin aime déambuler dans cette villa qu’il définit comme un véritable musée contemporain. La forme atypique de la Villa ne pouvait bien évidemment pas se contenter de meubles standardisés ! Ainsi, Pierre Cardin fait réaliser du mobilier sur mesure, qui épousent les formes de l’habitation.

 

Les espaces extérieurs sont également impressionnants : le jardin occupe 8 500 m² et dispose de bassins, d’une piscine à débordement, mais aussi d’un théâtre de 350 m² qui peut accueillir jusque 500 personnes. Le murs extérieurs se parent d’un ocre foncé, qui s’accorde avec les collines environnantes et contraste avec l’eau de la Mer Méditerranée. Le Palais Bulles est encré dans une colline, il se loge dans la pente, chaque espace étant inclus dans une sphère qui s’agrippe au dénivelé de la colline et s’articulant autour de nombreuses terrasses. Le Palais Bulles a été inscrit aux Monuments Historiques dès 1999, 10 ans après son achèvement. Aujourd’hui, elle demeure une propriété privée mais prisé pour son architecture atypique, certaines grandes maisons de haute couture y organisent des défilés de mode.

 

Photographie : palaisbulles.com / BF images

Anne Vanrapenbusch

Wang Shu, quand la tradition chinoise rencontre l’architecture contemporaine

Les architectes chinois Wang Shu et Lu Wenyu sont à l’honneur durant tout l’été au Centre Culturel arc en rêve, situé à Bordeaux. L’exposition retracera leur travail, d’ailleurs récompensé en 2012 par le Pritzker Price. Leur atelier Amateur Architecture Studio s’attache à élaborer des projets alliant la culture chinoise et l’architecte contemporaine, tout en se tenant éloigné de l’univers des architectes internationaux.

Portrait de l’architecte Wang Shu

 

Autodidacte, il n’hésite pas à travailler comme ouvrier dans le domaine de la construction pour connaitre les dessous du métier d’architecte. A la sortie de la China Academy of Art, il travaille durant deux ans avant de se lancer dans l’aventure d’architecte indépendant. En homme littéraire, il lit beaucoup et se renseigne sur l’architecture occidentale. Il voyage également à travers la chine, pour découvrir la culture chinoise dans toute sa richesse.

 

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exposition Wang Shu, Lu Wenyu, arc en rêve centre d’architecture ©Rodolphe Escher

 

En 1997, il crée Amateur Architecture Studio, accompagné de sa femme architecte, Lu Wenyu. Ils s’installent dans la ville de Hangzhou, non loin de Shanghaï. Il s’agit bien d’un atelier, et non d’une agence, que le couple souhaite mettre en place. Ils favorisent le développement de projets en collaborations avec des « amateurs », des personnes certes non diplômées en architecture, mais dont la légitimité à produire une architecture humaine et sensible n’est en rien ébranlée. Petit à petit, l’atelier expérimente et réalise des projets de plus grandes envergures, allant jusqu’à travailler à l’échelle urbaine.

 

Dans un pays où tout se développe à vitesse grand V, Wang Shu et Lu Wenyu s’éloignent de ces processus de construction rapide, et préfèrent prendre le temps d’analyser, de s’approprier les lieux, afin d’y développer des projets où l’homme et l’environnement ont toute leur place.  Ils refusent l’architecture commerciale, le tape-à-l’oeil international et soutiennent l’authenticité face au monde du business.  Ils ont la volonté de faire vivre le patrimoine traditionnel chinois, et non l’enfermer dans un écrin doré. Wan Shu est très attachée à la transmission de cette pensée. Après avoir été professeur à la China Academy of Art, il en est aujourd’hui le doyen du département d’Architecture.

 

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Campus Universitaire Xiangshan, à Hangzhou

 

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Campus Universitaire Xiangshan, à Hangzhou
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Ningbo Tengtou Pavillion

 

Parmi leurs réalisations, une seule a été réalisée au delà des frontières chinoises. Il s’agit de l’intervention de l’atelier pour la Biennale de Venise en 2006. En Chine, ils réalisent entre autre le campus Xiangshan, le Pavillon Ningbo Tengtou ou encore la librairie du Collège de Suzhou. Une idéologie qui promeut une réflexion plus profonde pour une exécution rapide, et qui ne nie pas ses origines culturelles mais les associent habillement avec l’architecture contemporaine. Un exemple à suivre !

Renzo Piano, l’architecte italien contemporain !

Renzo Piano marque l’actualité française avec l’ouverture au public du Tribunal de Grande Instance de Paris, pour lequel il remporta l’année dernière, l’Equerre d’Argent 2017.  L’occasion de revenir sur le parcours de cet architecte italien, né à Gènes en septembre 1937. C’est également un homme politique, puisqu’il siège au Sénat italien. Enfant, il grandit dans une famille de constructeurs, et c’est tout naturellement qu’il se dirige vers des études d’architecture à l’Ecole Polytechnique de Milan, dont il sortira diplômé en 1964.

 

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Portrait, extrait du documentaire « Conversations with Renzo Piano » – folchstudio

 

Il voyage beaucoup dans le monde anglophone, aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Au prémisse de sa carrière, il crée successivement deux agences : Piano & Rogers, puis l’atelier Piano Rice. C’est avec la première qu’il remporte le concours du Centre Pompidou à Paris. Ce musée national, commandé par le Président de la République de l’époque, Georges Pompidou, fera entrer l’architecte dans une nouvelle dynamique de projets à grande échelle.

 

Aujourd’hui, son agence Renzo Piano Building Workshop est présente à l’international. Les 130 employés sont répartis sur les trois pôles de l’agence : à Paris, Gènes et New York. Un positionnement mondial qui lui permet d’être à l’origine de 120 projets à travers le monde, aussi bien en Europe, en Amérique ou en Asie de l’Est. Pritzker Price 1998, Renzo Piano a longtemps été inspiré par le travail de Jean Prouvé. Son amour pour les matériaux bruts, ainsi que la transparence et la vérité avec lesquels il les utilise, peuvent expliquer le caractère surprenant du Centre Pompidou, qui ne cachent en rien ses éléments techniques.  Dans ses projets, il aime mettre en valeur la réalité constructive qu’il laisse visible, et ne pas cacher ce qu’il est, finalement, la « face obscure » de beaucoup de projets.

 

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Centre Culture Tjibaou
Nouméa, Nouvelle Calédonie
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Centre Pompidou, Paris

 

Il fait cependant toujours attention à intégrer les bâtiments dans le contexte du projet, comme le montre le Centre Culturel de Tjibaou. Il s’inspire de l’architecture vernaculaire et des cases locales pour concevoir ce projet. A cheval entre vérité architecturale et prise en compte du contexte, les réalisations de Renzo Piano ne se ressemblent pas ! Il travaille les moindres détails de chaque échelle du projet et de chaque étape de construction de celui ci. Il est capable de travailler sur des volumes complètement différentes, comme le montrent ses récentes réalisations : le petit Pavillon au Château La Coste dans le Vaucluse et l’immense Tribunal de Grande Instance de Paris. Près de 120 000 m² séparent ces deux projets, et pourtant, chacun des deux semblent être aboutis de la même manière.

 

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Pavillon au Château La Coste
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Tribunal de Grande Instance de Paris

 

 

Manufacture Audemars Piguet : le musée d’horlogerie, signé BIG, sort de terre !

 

C’est au coeur du site historique de la marque d’horlogerie Audemars Piguet que l’agence d’architecture danoise BIG intervient. Sur la base d’un concours dévoilé en 2014, l’agence conçoit l’extension du musée actuel, situé au Brassus, en Suisse.  Il s’agit d’y greffer une galerie d’exposition et des chambres d’hôtes. Le projet, toujours en construction, promet de faire parler de lui dans la Vallée des Joux, et au delà.

 

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© BIG

 

L’extension du site de l’entreprise familiale s’étend depuis les ateliers historiques de la marque créés en 1875. Dans la Vallée, les artisans horlogers travaillent les matières nobles et produisent des montres de luxe de haute qualité. Les traditions gardent un poids important à la manufacture Audemars Piguet, aujourd’hui dirigée par Jasmine Audemars.  Le projet, dirigé par BIG, réunira aussi différents acteurs :  HG Merz, Muller Illien et Luchinger & Meyer.

 

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© BIG
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© BIG
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© BIG

 

L’idée principale du projet est d’inscrire la galerie d’exposition dans une grande spirale. Le parcours muséal linéaire et continu s’inscrit dans ses courbes et se trouve en contrebas du musée actuel. Le hall d’entrée permet d’accéder à la spirale, à l’ancien musée, et également au programme d’hébergements. La déclivité du terrain est retravaillée afin d’asseoir la spirale dans une pente végétale. Cette dernière est également incisée par endroit pour y glisser les maisons d’hôtes qui seront également connectées à l’espace d’accueil.

 

La structure repose à la fois sur une série d’éléments verticaux métalliques, mais aussi sur des panneaux de verre structurel, qui parcourront la galerie d’exposition. Ainsi, les visiteurs pourront également profiter de la vue sur la vallée depuis l’intérieur. L’ensemble s’appuie sur un socle en béton, et sera recouvert d’une toiture acier. Celle-ci ondulera afin de dévoiler des espaces aux hauteurs variables à l’intérieur du bâtiment.

 

L’exposition mettra en avant près de 400 modèles de montres d’exception, intégrera une visite des ateliers, et reprendra l’histoire de l’horlogerie locale. Le projet se nourrit d’oxymores architecturale pour créer sa force de caractère. Entre légèreté et force de la Nature, entre présence locale et rayonnement plus vaste, entre espace contemplatif contemporain et détails d’horlogerie traditionnelle.

 

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© BIG
Bjarke__ingels_big_agence_danoise_musee_suisse_audemars_piguet_horlogerie_luxe_realisation_atelier
© BIG

 

La Maison des Fondateurs est un projet qui résonnera dans toute la Vallée des Joux, et qui fera écho au savoir-faire présents ici depuis des siècles et se transmettant de génération en génération. Elle mêlera arts et sciences, design et recherches. Aujourd’hui, seuls 2 000 visiteurs et clients triés sur le volet ont la chance de visiter les ateliers et le musée Audemars Piguet. Même si ce projet d’extension compte doubler le nombre de privilégiés, visiter la Maison des Fondateurs restera bel et bien un privilège !

Jørn Oberg Utzon : du Danemark à Sydney.

Pritzker Price 2003, Jørn Oberg Utzon est un architecte danois, né en avril 1918 à Copenhague, et décédé dans la même ville en novembre 2008. Il est à l’origine de la construction du mythique Opéra de Sydney, mais aussi de réalisations de plus petites envergures au Danemark.

 

 

Enfant, le milieu familial dans lequel il grandit favorise son accès à la culture, et il se fait vite remarquer par ses talents en dessin. Comme son père – architecte naval – il se lance dans des études en architecture aux Beaux-Arts de l’Académie Royale de Copenhague. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il fuit le conflit et se rend en Suède où il travaille pour l’agence de l’architecte Hakon Ahlberg, mais également pour Alvar Aalto. Il développe ainsi des affinités avec l’univers artistique scandinave. Comme beaucoup d’architectes de son temps, il voyage, et s’inspire de l’architecture du Maroc, de la Chine, du Mexique, des Etats-Unis… Il rencontre en outre Ludwig Mies van der Rohe et Frank Llord Wright. La guerre terminée, il faut penser reconstruction. Il rentre à Copenhague et ouvre son agence. Dans un premier temps, il répond à de nombreux concours publics, en architecture comme en aménagement paysager. A l’heure où les quartiers pavillonnaires abondent autour de la capitale danoise, il conçoit la construction de deux villages : Helsingor et Fredenborg. Par la suite, il réalisera de nombreux lotissements, au Danemark mais aussi en Suède.

 

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Fredensborg

 

L’Opéra de Sydney est la réalisation la plus connue de l’architecte, et sans doute l’un des bâtiments les plus emblématiques de l’architecture du XXe siècle. Inauguré en 1976, le chantier aura duré 16 ans. En béton, Utzon le conçoit comme un élément vivant et sculptural, qui joue avec les reflets de l’eau et les rayons du soleil. Bagsværd Church, près de Copenhague, est une réalisation remarquable de l’architecte, terminée la même année, à son retour d’Australie. La justesse des espaces qui y sont dessinés – et exécutés, montre l’attachement de Jørn Oberg Utzon à un architecture sensible mais fonctionnelle. Rassemblant espaces paroissiaux et lieu de culte, le projet peut paraître abrupte depuis l’extérieur. Mais une fois à l’intérieur, cela est vite oublié. Les courbes qu’il dessine joue avec la lumière. Sa dernière réalisation sera le Utzon Center, à Allborg, au Danemark, qu’il réalise en collaboration avec son fils Kim Utzon. Plus qu’un musée, cet espace culturel, ouvert au public en 2008, tend à être un lieu d’échanges entre jeunes architectes. Son architecture s’inspire du design industriel de la ville.

 

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L’opéra de Sydney
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L’opéra de Sydney
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L’église de Bagsværd, près de Copenhague
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Utzon Center – Aalborg,, Danemark

L’Institute for Contemporary Art de Richmond ouvert au public !

 

L’Institut pour l’Art Contemporain (ICA – Institute for Contemporary Art) vient d’ouvrir ses portes, à Richmond, dans l’Etat de Virginie, aux Etats-Unis.  Ouvert au public le 21 avril 2018, le bâtiment, réalisé par l’agence d’architecture Steven Holl Architects, compte 4 000 m² d’espaces dédiés à l’exposition d’œuvres d’Art Contemporain.

 

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En 2011, l’agence de l’architecte Steven Holl est sélectionnée par la Virginia Commonwealth University pour la réalisation de l’Institut pour l’Art Contemporain. Sur le Campus de l’Université de Richmond, le nouveau bâtiment permet d’établir un lien spatial entre le quartier étudiant et le reste de la ville. Situé à un carrefour très dense, l’architecture du ICA, par sa transparence et ses différents volumes articulés, crée une transition entre ces deux entités urbaines. Les espaces extérieurs du projet ont été travaillé afin de faciliter cette jonction.  Un plan d’eau reflète l’architecture, et les portes à faux de celle-ci créent des espaces extérieurs abrités. Les volumes alternent entre vitrage translucide et parois opaques de béton. Leur intersection délimite l’entrée du bâtiment. L’architecte ne souhaitait pas s’aligner sur l’orthogonalité insufflée par les routes perpendiculaires alentours, il donne alors une dimension verticale à un lieu urbain qui ne se traversait qu’en long et en large.

 

Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
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Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan

 

Le rez-de-chaussée de l’ICA est un espace tourné vers l’urbain et le public. Il se compose d’une galerie, d’un café-bar, d’un hall et d’une boutique. L’espace premier est donc redonné à la vie locale. Le jardin extérieur permettra d’accueillir des événements publics. On y retrouve également l’auditorium de 247 places, idéalement conçu pour le théâtre, la projection de film, les conférences…  Au premier étage se trouve d’autres galeries et une terrasse, accessible au public. Les trois autres terrasses qui composent le bâtit sont réservées aux expositions.  Le dernier étage se distingue par sa hauteur sous plafond de 10 mètres. Au sein du ICA, chaque galerie a une ambiance particulière. En effet, l’art contemporain étant composé de multiples domaines, il fallait que les espaces diffèrent. Cependant, ces derniers peuvent être combinés pour se transformer en une unique galerie. De nombreux types d’accroches sont à la disposition des artistes : du mur au plafond, sans oublier le sol.

 

ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_restauration
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_ouverture
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_hall
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_interieur
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_inside
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan

 

Le sous-sol abrite des espaces administratifs, du stockage et le vestiaire des visiteurs.  La nuit, des vidéos peuvent être projetées sur les vitrages du musée. Ceux-ci sont littéralement des murs de verre qui ne dévoilent que des silhouettes depuis l’extérieur, ce qui intriguent les passants, les incitant à entrer au sein du bâtiment. Le projet a obtenu la certification LEED Gold, qui souligne l’utilisation intelligente de la technologie pour le respect de l’environnement. Le bâtiment utilise la géothermie pour générer l’énergie dont elle a besoin pour se chauffer en hiver, mais aussi pour ventiler les locaux durant les chaleurs estivales.

 

ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_reflet
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan