Petez Zumthor : pour une architecture sensible !

Peter Zumthor est un architecte suisse, né en avril 1943 à Bâle. Fils d’ébéniste, il entreprend un apprentissage au côté de son père, avant d’étudier à la Schule für Gestaltung, une école d’arts appliqués qui tire sa pédagogie du courant du Bauhaus. Enfin, il part à New York suivre des études en design industriel, au Pratt Insitut. Installé dans les Alpes Suisses, l’architecte se démarque par le peu de projets qu’il réalise, mais dont la justesse surprend toujours !

 

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A son retour en Suisse, il est dans un premier temps responsable de la Conservation des Monuments historiques du canton des Grisons, période durant laquelle il analyse la matérialité et les types de construction de nombreux bâtiments. En 1979, il ouvre sa propre agence. Celle-ci se trouve au fond d’une vallée, dans les Grisons en Suisse. A Haldenstein, il s’installe dans l’atelier d’architecture qu’il se construit en 1985. Au delà de la conception constructive de ses réalisations, il tient tout particulièrement à créer une architecture juste, et à transporter le visiteur dans des atmosphères particulières. Dans ses projets, sensibilité, poésie et humilité sont au rendez-vous.

 

Loin des projecteurs de la scène internationale dont il reste en retrait, il soutient une architecture plus lente. Il aime prendre le temps d’analyser le site, de s’en inspirer pleinement, quitte à faire fuir certains clients. Il veut étudier plusieurs possibilité, notamment avec un travail de maquette très poussé.  Il pose un regard attentif sur l’artisanat et le savoir faire local, qu’il essaie toujours de faire intervenir dans ses réalisations. Il ne réalise que très peu de constructions – une trentaine en quarante ans – , et se tient toujours éloigné des grosses métropoles et des structures XXL qui fleurissent à vue d’oeil.

 

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Chapelle Ste Bénédicte – Sumvitg
Photos : Felipe Camus
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Chapelle Ste Bénédicte – Sumvitg
Photos : Felipe Camus

 

Parmi ses réalisations, on note la construction des Termes de Vals, entre 1986 à 1996, qui lui permet d’être reconnu à une échelle internationale. Avant cela,  il réalisait la Chapelle Ste Bénédicte à Sumvitg, un petit village de 1300 âmes, à plus de 1000 m d’altitude. En 2007, Petez Zumthor fait une exception à ses constructions suisses pour réaliser le Kolumba Museum, à Cologne, Allemagne. Il y met en valeur une ancienne petite chapelle, et les ruines qui l’entourent, tout en construisant des espaces d’expositions. En 2009, il reçoit le Pritzker Price, pour son travail « modeste et sans compromis ». Il est alors fier d’être récompensé, bien que n’ayant jamais reçu de formation spécifique dans le domaine de l’architecture !

 

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Thermes de Vals – Peter Zumthor
© Fernando Guerra | FG+SG
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Kolumba Museum – Peter Zumthor
© Anders Sune Berg
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Kolumba Museum – Peter Zumthor
© Anders Sune Berg

 

Harmonic Tidal Turbine : l’hôtel qui produira sa propre électricité !

Après Hydroelectric Tidal House, à Cape Town en 2014, l’agence Margot Krasojević Architects présente Harmonic Tidal Turbine Hotel, un nouveau projet basé sur la technologie marémotrice. L’hôtel, située en Chine, tirera son électricité des courants marins.

 

Dans la mer de Chine méridonale, le projet se trouve sur une ile au Sud de la baie de Yalong : l’île Hainan. Son littoral est composé de zones à l’abris des intempéries, alors que d’autres parties de la côte sont soumises à des vents intenses, et où la force des vagues est importante. C’est donc là que les turbines ont trouvé leur place, pour être le plus rentable possible. L’hôtel exploitera donc l’énergie marémotrice pour produire sa propre électricité.

A travers cette série de projets, l’agence insiste sur le dialogue primordial entre l’architecte, l’ingénieur, le designer industriel et le spécialiste du développement durable. Le projet Harmonic Turbine combine un aménagement intérieur compatible avec le programme hôtelier, une architecture pleinement contemporaine, et un système de fonctionnement durable.  Au delà d’offrir des chambres de grand standing à ses client, l’hôtel s’inscrit dans le futur. En effet, l’électricité produite par la marée permettra à la fois d’alimenter l’hôtel, mais également les structures situées dans les alentours, pendant les périodes touristiques creuses.

 

 

 

Il était primordial que les turbines s’intègrent dans le dessin du bâtiment. Celui-ci se compose de deux éléments en aluminimun, telle la coque d’un bâteau qui s’adosse à la falaise. Les turbines se trouveront sous l’hôtel, dont une partie s’adaptera à la marée, se déplassant aux grés du niveau de la mer. On accède au hall d’entrée par un grand escalier et une rampe. Une grande pièce commune, reliée à 30 chambres, permettra aux client d’observer le mouvement de l’eau contre le bâtiment. Les fenêtres des chambres sont disposées de sorte que les vaguent viennent s’abattrent sur celles ci, lorsqu’elles s’écrassent contre la falaise. Bien que le projet soit à l’heure actuelle à l’état de concept, le studio d’architecture entend le faire évoluer afin de concrétiser cette collaboration entre architecture contemporaine et technologies durables.

 

Le studio de l’architecte Margot Krasojević travaille sur les problématiques actuelles que sont le développement durable, l’énergie renouvellable et l’architecture écologique. Basés à Londres et à New York, les équipes travaillent à travers le monde, comme pour l’aéroport de Doha au Qatar, une prison fonctionnant à l’hydro-électricité au Canada, ou encore pour un pont piéton permettant de filtrer l’eau, à Amsterdam. Après avoir travaillé aux côtés de Zaha Hadid, elle ouvre sa propre agence en 2000. Margot Krasojević donne des conférences aux Etats-Unis, en Australie ou encore en Angleterre, autour des thématiques qui sont chères à l’agence qu’elle a fondée.

Frank Lloyd Wright, l’architecte qui conquit l’Amérique

Frank Lloyd Wright est un architecte américain qui compte plus de 500 réalisations à son actif. Né le 8juin 1867 dans le Wisconsin aux États-Unis, il s’éteint en avril 1959, dans l’Arizona, à l’âge de 91 ans. Il est notamment connu pour la Maison sur la Cascade (Fallingwater House) et la réalisation du Musée Solomon R. Guggenheim à New York.

 

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Le jeune Frank Lloyd Wright débute sa carrière en tant que dessinateur technique à Chicago. En effet, dans la ville dévastée par l’incendie de 1871, les projets ne manquent pas et de nombreux cabinets d’architecture recrutent de petites mains. Il apprend donc sur le terrain, aux côtés de plusieurs architectes, mais sa collaboration avec Louis Henry Sullivan le marque tout particulièrement. En 1893 et après six an de travail auprès de l’agence Adler and Sullivan, il démissionne pour pouvoir lancer sa propre activité et construire ses propres réalisations.

 

Maison sur la Cascade
Frank Lloyd Wright

 

Il apporte un soin très particulier à intégrer les projets dans leur environnement. Lors d’un voyage au Japon, il est tout particulièrement touché par la culture architecturale nippone. Celle-ci place les habitations au cœur de la Nature. Cette inspiration se traduit dans les travaux de l’architecte, par des horizontales marquées, de grandes ouvertures pour apporter la lumière, malgré une toiture souvent imposante. Né alors le « Style Prairie ». Les matériaux qu’il utilise sont variés : briques et pierre, béton et acier. Il intègre des vitraux en verre inspirés de l’art Déco. Les maisons possèdent généralement des puits de lumière centrales.

 

Il reprendra ce puit central dans la construction du Musée du Guggenheim à New York. Achevé en 1956, ce bâtiment situé sur la 5th Avenue est encore aujourd’hui une des attractions principales de la ville, par les collections d’art moderne qu’il abrite, mais également par l’architecture que Frank Lloyd Wright a développée. La circulation se fait autour de ce puit de lumière centrale, le long d’une rampe qui parcourt toute la hauteur du bâtiment.

 

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Photo : Laurian Ghinitouiu
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Photo : Laurian Ghinitouiu
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Photo : Laurian Ghinitouiu

 

Après des années aux Etats unis, Frank Lloyd Wright s’échappe en Europe, à la recherche d’un nouveau souffle, aussi bien sur le plan personnel que sur le plan professionnel. A son retour outre Atlantique, il peine à trouver du travail. Face à la crise économique, et aux changements sociétaux, Frank Lloyd Wright développe le style « usonian », qui permet aux Américains d’être propriétaires de belles maisons à prix raisonnables, tout en profitant des qualités spatiales que l’architecte met en oeuvre. Il travaille son propre style, de manière hétéroclite. Les formes, les matériaux, les couleurs et les modes de construction, ne sont en aucun cas influencés par les désirs de l’architecte, mais pas le contexte du projet et le désir des clients.

 

Il s’applique également à dessiner le mobilier, les tapis, les vitraux et les luminaires des résidences qu’il construit. Frank Lloyd Wirght termine sa carrière en voyageant, pour présenter l’exposition Frank Lloyd Wright: Sixty Years of Living Architecture à travers le monde, en enseignant et en donnant de nombreuses conférences. Cet homme de 91 ans fut reconnu comme le plus grand architecte américain de l’histoire, par l’Institut des architectes américains. 

Grand Nausicaá sur le point d’être inauguré !

Boulogne sur Mer est la deuxième plus grande ville du département du Pas-de-Calais. Capitale de la Côte d’Opale, c’est également le premier port de pêche de France. Parmi les immanquables de la ville, on retrouve l’Aquarium Nausicaá . Depuis 2016, celui-ci bénéficie d’un vaste programme de remaniement architectural. Grand Nausicaá ouvre ses portes au public dès samedi prochain !

 

 

C’est l’architecte Jacques Rougerie, déjà à l’origine du bâtiment initial, qui a été sélectionné en juin 2014 pour la réalisation de ce projet. Son expérience de constructions d’aquariums à travers le monde, et sa connaissance du bâtiment, ont su faire la différence. Il est à l’origine d’Océanopolis à Brest, du Musée d’archéologie sous-marine d’Alexandrie… Il a également l’habitude de construire en bord de mer, mais aussi sous la mer, concept qu’il explore dès les années 70.

 

Depuis 1991, l’aquarium Nausicaá fait rêver petits et grands, et participe à la sensibilisation pour la protections des océans. La modernisation du bâtiment permettra d’intégrer une dimension scénographique plus importante, et d’accueillir toujours plus de visiteurs. L’aquarium compte bien rester la première attraction touristique du Nord pas de Calais et devenir le plus grand aquarium d’Europe. Un projet ambitieux pour la ville qui compte en profiter pour donner une nouvelle impulsion à son urbanisme et son économie.

 

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Chantier du grand bassin

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Dans son architecture, Jacques Rougerie reprend le vocabulaire marin. Les coques d’un voilier se dresse contre le vent venu de la Mer du Nord, la raie manta que l’on peut deviner en plan s’élance au large… Au delà de la prise de position architecturale, le projet relève de nombreux défis techniques. Le visiteur n’en a peut être pas conscience – et c’est là toute la subtilité !- mais derrière ces bassins, se cachent des kilomètres de gaines techniques et de pompes, qui permettent de filtrer, d’analyser et de contrôler la qualité de l’eau et sa température. Un travail main dans la main avec les ingénieurs de VINCI était indispensable ! Lors de la mise en eaux des bassins, chaque retenait son souffle. D’ailleurs, l’attraction phare du nouveau Nausicaá sera sans aucun doute le bassin de 10 000 m3 ! Les visiteurs pourront s’aventurer dans un tunnel sous l’eau, et s’immerger au plus près des requins et raies géantes… Le vitrage de 100 m² est également une prouesse technique. Sans compter le plancher d’1 m 50, dont l’épaisseur est justifiée par le poids du bassin qu’il doit supporter !

 

L’architecte Jacques Rougerie a prévu le découpage du chantier en deux grandes phases. Il a permis à Nausicaá de rester accessible au public durant les travaux. Ainsi, la première phrase est sur le point d’être inaugurée. Elle se compose d’un nouvel espace d’accueil et de nouveaux lieux d’exposition. La seconde phase ouvrira l’an prochain, si les fonds nécessaires sont récoltés. Elle comprendra l’univers polaire et le pôle événementiel. Au delà d’une simple rénovation, il s’agit d’un véritable changement d’échelle. Nausicaá compte accueillir près d’un millions de visiteurs par an grâce à ce nouvel aménagement.  Lancement le samedi 19 mai 2018 !

La Villa Tugendhat de Ludwig Mies van der Rohe

Brno, deuxième ville de République Tchèque. Elle est pourtant bien éloignée de Prague, la capitale, autant d’un point de vue géographique que de l’intérêt que l’on peut y porter. Et pourtant, cette ville de Moravie du Sud abrite un chef d’oeuvre de l’architecture moderne : la Villa Tugendhat. Conçue par l’architecte Mies van der Rohe pour la riche famille d’industriels textiles des Tugendhat, elle fait aujourd’hui partie de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

 

La Villa Tugendhat est une réalisation qui relève du mouvement moderne et s’inscrit dans le fonctionnalisme tchèque. Elle répond également à la célèbre phrase de l’architecture : Less is more. La construction se termine en 1930. La Villa s’inscrit sur un terrain en pente, et se place en haut de celle-ci, profitant ainsi d’une vue imprenable sur la ville et sur le jardin. Cependant, celle ci sera finalement gâchée par les réalisations d’autres constructions dans les alentours de la Villa.

 

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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau

 

Elle se compose d’un rez de chaussée qui donne sur rue ainsi que d’un rez de jardin. Le premier se compose des espaces de service, et d’un escalier qui permet de rejoindre les pièces de vie au niveau inférieur. Celui-ci est entièrement vitré sur la façade donnant sur le jardin. Mies van der Rohe opte pour un plan libre, afin de laisser place à de vastes espaces non contraints. Les usages ne sont pas délimités par des murs ou des cloisons. L’exemple le plus frappant est bien l’espace de vie collectif, qui regroupe un salon, une salle à manger et un bureau. Ceux-ci sont disposés dans une unique pièce mais constituent des espaces indépendants. La structure en acier se compose de poteaux de forme cruciformes, et permet de ne pas avoir recours à des murs porteurs. La matérialité de l’intérieur a été minutieusement pensée par l’architecte. Ceux ci se révèlent être très coûteux, un luxe que la famille Tugendhat peut se permettre. Le mur courbe en bois précieux englobe la salle à manger alors que qu’un mur d’onyx sépare le bureau du salon.

 

Fervent pratiquant de l’architecture totale, Mies van der Rohe dessine également le mobilier de la Villa, ainsi que les interrupteurs. Ainsi, on retrouve la célèbre chaise Tugendhat, avec sa structure en acier tubaires et son assise matelassée et ses liens de cuir.

 

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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau
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Photo : Alexandra Timpau

 

Durant la seconde Guerre Mondiale, la Villa est occupée et pillée par les nazis puis par les russes. Son destin est également entravé par la guerre Froide, qui ne facilitera pas son entretien. Elle devient par la suite un centre de rééducation, avant d’être déclarée « Bâtiment culturel ». A ce titre, elle bénéficiera d’une campagne de restauration entre 2010 et 2012. Aujourd’hui, il est possible de visiter la Villa Tughendhat, uniquement sur réservation.

Le déconstructivisme et Frank O. Gehry.

Le déconstructivisme et Frank O. Gehry.

L’architecte Américano-canadien Frank Owen Gehry fait partie du cercle des starchitectes du XXIe siècle. Il s’inscrit dans le mouvement déconstructiviste. Architecte contemporain, ses oeuvres singulières sont devenues de véritables attractions touristiques.

 

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Né le 28 février 1929 à Toronto au Canada, le jeune étudiant qu’il est se passionne tout particulièrement pour l’ingénieurie. Il étudie successivement à l’Université de Californie du Sud puis à celle de Los Angeles. Il en sortira diplômé en 1954. Par la suite, il voyage à travers l’Europe, où il découvre une architecture résolument différente que celle dont il a l’habitude en Californie.  En 1962, il ouvre sa propre agence : Frank O. Gehry and Associates Inc, à Los Angeles. Aujourd’hui, il travaille entouré d’architectes expérimentés qui concrétisent les projets dessinés par Frank Gehry lui même.

 

L’effet Bilbao.

Parler de Frank O. Gehry sans évoquer l’effet Bilbao n’aurait pas de sens. La ville catalane de Bilbao, alors en déclin, lui demande de construire un bâtiment capable de relancer son économie. En créant le Guggeinheim Biblao, Frank Gehry redonne à cette ville espagnole un avenir plus prometteur. Ce musée d’art contemporain attire désormais des touristes du monde entier. C’est pour cela que beaucoup d’autres municipalités ont souhaité la création de leur projet bâtiment-icone. Mais l’effet escompté n’est pas toujours à la hauteur de leur attente. Dans son architecture, les voiles de titane du musée sont devenues le symbole de l’architecture de Frank Gehry.

 

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Musée Guggenheim de Bilbao – Frank Gehry

 

L’architecte du déconstructivisme

Le travail de Frank Gehry s’inscrit dans le mouvement du déconstructivisme. Par ses projets, il souhaite donner une nouvelle dynamique, un nouveau souffle dans des villes qu’il considère comme parfois trop froides et rigides. Un mouvement des formes furtif, qui semble non maîtrisé mais qui requiert en réalité une étude et des compétences techniques extrêmement poussées. Les formes des bâtiments surprennent et perturbent notre représentation de l’architecture.

 

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Walt Disney Concert Hall – Frank Gehry
© Dave Toussaint

 

Parmi ces réalisations les plus reconnues, on peut citer bien évidemment le Guggeinheim de Bilbao, le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles, mais aussi le Musée Vitra en Suisse ou encore la Fondation Louis Vuitton à Paris. A Prague, en République Tchèque, il réalise la Dancing House, en s’inspirant d’un couple de danseurs de comédie musicale américaine  Fred Astaire et Ginger Rogers. La liste des projets réalisés par l’agence Frank O. Gehry and Associates Inc est encore longue ! Son travail a été récompensé en 1989 par l’obtention du Pritzker Price.

Jean Nouvel : L’architecture, c’est dehors et dedans

Jean Nouvel : L’architecture, c’est dehors et dedans

Il y a quelques mois, le tant attendu Louvre Abu Dhabi ouvrait ses portes dans les Emirats Arabes Unis. On n’en présente plus l’architecte : Jean Nouvel. Retour sur sa carrière et les valeurs qu’il défend.

Né le 12 août 1945, Jean Nouvel est sans doute l’un des architectes français contemporains dont on se souviendra encore et encore. Il étudie l’architecture à l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux en 1964, puis rejoint celle de Paris deux ans plus tard. Il en sort diplômé en 1972. Il crée sa première petite agence en 1970, puis enchaîne les collaborations avec différents architectes. Jean Nouvel est un homme de position. Rapidement, il s’oppose à la Charte d’Athènes élaborée par le Corbusier quelques années auparavant, il monte le Syndicat de l’architecture…

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Le Louvre d’Abu Dhabi – Ateliers Jean Nouvel

« Un architecte, c’est quelqu’un qui pétrifie un moment de culture »

En 1987, le Président de la République François Mitterrand lui passe commande d’un bâtiment qui fera décoller sa renommée : l’Institut du monde arabe dans le 5e arrondissement de la capitale. Un véritable tournant dans sa carrière d’architecte, qui lui ouvre les portes de la scène internationale.

Les jeux de lumière et l’utilisation du verre et du métal caractérisent les projets de l’Atelier Nouvel : l’Opéra de Lyon, la Fondation Cartier… Cependant, Jean Nouvel défend l’absence absolue de « Style nouvel ». Pour lui, chaque projet est l’occasion de se lancer des défis. Une approche du projet par le contexte social, culturel et géographique, qui permet de rendre chaque projet unique. Il se donne corps et âme dans ses projets, qu’il appelle affectueusement ses enfants.

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L’institut du monde arabe – Ateliers Jean Nouvel

Jean Nouvel milite pour que l’architecture reprenne sa place, au cœur de la Cité, notamment en stoppant la systématisation de la construction estampillée « constructeur ». Selon lui, c’est la clé qui permettrait de régler – en partie – la question des banlieues, en instaurant une vigilance sur l’architecture de cette zone tampon, entre la ville et la campagne. Il se positionne également contre l’urbanisme d’urgence et la construction à la va-vite.

En France comme à l’étranger, le travail de Jean Nouvel est à plusieurs reprises récompensé. Il reçoit le Prizker Price en 2008. Dans les projets à venir, l’Atelier livrera bientôt le Musée National du Qatar, les Tours Duo sur la Rive Gauche de Paris ou encore la tour de Verre 53W53 à New York…

L’architecture, c’est dehors et dedans

Pour accompagner la réalisation de gros œuvres de ses projets, Jean Nouvel crée en 1995 « Jean Nouvel Design », un studio de design qui travaille en étroite collaboration avec son agence d’architecture. Il dessine du mobilier, et porte une attention particulière à la justesse des proportions : la « tension ». Rien n’est de trop, rien ne manque.

A la découverte du MAD de Bruxelles…

Au coeur de la capitale belge, le MAD a installé ses nouveaux quartiers depuis plus d’un an.  Ouvert le 20 avril 2017, il s’agit d’une plateforme artistique qui permet de favoriser la rencontre entres les professionnels de la Mode et du Design. Dédiés aux domaines créatifs du design, les locaux sont à la fois tournés vers le public, les designers, et les jeunes. Ce sont les cabinets d’architecture Vers plus de bien être et de design Rotor qui étaient chargés du projet.

 

Le duo V+ et Rotor remporte l’appel d’offre grâce à leur volonté de conserver les bâtiments existants. Le projet de réhabilitation qu’ils proposaient ne prévoyaient en effet que très peu de démolition, si ce n’est de manière chirurgicale, pour n’enlever que peu de matière. Le bâtiment du MAD se nourrit du patrimoine architectural bruxellois, le revalorise pour aller de l’avant. Le projet s’insère dans un quartier en pleine transformation, qui cherche à se dynamiser : le quartier Dansaert. Le projet prend en compte le remaniement de trois bâtiments, qui traversent un ilôt complet : un bâtiment des années 70, un local industriel au centre, et un immeuble de logements. Ensemble, ils portent la surface à 3 000 m².

 

Photos : Maxime Delvaux

 

Pour le MAD, le programme est double. Le rez de chaussé accueille des espaces destinés au public : expositions et vernissages, conférences ou séminaires… Les halls se succèdent, à travers l’îlot, et appellent le visiteur à s’engouffrer en son coeur. Le projet participe à la mutation du patrimoine de la capitale. L’autre partie du programme concerne des ateliers de création qui sont mis à disposition de designers et stylistes. Le MadLab accueille également de jeunes designers ou étudiants qui souhaitent réaliser un projet : un véritable incubateur. Des passerelles relient les différents étages des bâtiments. Ce sont finalement les domaines du design et de la mode qui sont connectés les uns aux autres.

 

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Photos : Maxime Delvaux
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Photos : Maxime Delvaux

 

Malgré les différents types d’architectures réhabilités, V+ a réussi à créer une unité dans le projet. En effet, entre les éléments réhabilités, et les extensions ou surélévations nécessaires, le couleur blanche vient unifier le tout. Elle plonge les espaces dans un monochrome qu’on pourrait penser stérile, mais qui, au contraire, révèle les matières. Elles sont diverses : brique, métal, béton… Recouvertes de blanc, elles englobent un espace appropriable par chacun.

 

La signalétique du bâtiment a été conçue par le studio local Pam & Jerry, et les pièces de mobilier nécessaires à l’aménagement sont tirées des collections de designers belges : Sylvain Willenz, Alain Berteau, Jean François D’Or…  Il est possible de louer des salles du MAD pour y organiser divers événements. L’architecture polyvalente de ces « boites blanches » laisse une appropriation quasi infinie de l’espace.

 

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Photos : Maxime Delvaux
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Photos : Maxime Delvaux
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Photos : Maxime Delvaux
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Photos : Maxime Delvaux
Le Narkomfin, symbole soviétique en réhabilitation

Le Narkomfin, symbole soviétique en réhabilitation

 

Le Narkomfin, ensemble de logements moscovite, renaît lentement de ses cendres après avoir été longtemps laissé à l’abandon. Malgré un grand nombre d’appartements vacants, ce symbole du constructivisme soviétique avait toujours été habité, mais son entretien laissait à désirer. Aujourd’hui, le petit-fils de l’architecte du Narkomfin est en charge de sa rénovation.

 

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1928. La société soviétique vit au rythme du stalinisme. Une société dont les habitudes de vie sont modelées par la pensée communiste, qui influence aussi l’architecture. Les architectes Moïseï Ginzbourg et Ignaty Milinis sont mandatés par le Ministère des Finances pour réaliser quatre ensembles de logements pour leurs employés. Le projet, pourtant amputé de deux bâtiments sur quatre, est terminé en 1932.  En béton armé et sur cinq étages, le Narkomfin est entouré d’un parc. Le rez-de-chaussée devait initialement laisser place à un espace végétal, et le bâtiment était supporté par de larges pilotis noirs. Cependant, quelques années après, on y construira des bureaux et d’autres logements, pour rentabiliser l’espace… Les appartements, dont l’accès se fait uniquement aux couloirs des étages 1 et 4, sont en duplex. Un salon en double hauteur offre une grande luminosité, alors que les chambres sont plus basses de plafond.  Une configuration qui fait écho aux unités d’habitations que Le Corbusier construira dans ses Cités radieuses françaises, une vingtaine d’années plus tard.

 

Cette architecture radicale et fonctionnelle répond aux attentes du constructivisme. Icone de l’architecture soviétique des années 1920, le Narkomfin concrétise des idées théoriques bien arrêtées sur la vie communautaire. Au delà de logements, il met à disposition de ses habitants des cuisines collectives – aucun logement n’en possède à titre individuelle – , une crèche, une salle de sport, des terrasses et toit partagés… Ces nouveautés offrent un luxe indéniable aux habitants ! Mais ce mode de vie utopique est confronté à la réalité, et le Narkomfin tombe vite en désuétude. Les 54 unités de logements sont abandonnées aux fils des ans. La faute à une architecture qui influe -trop- sur les modes de vie des habitants ?

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Le nombre important de propriétaires et l’absence de copropriété empêchait l’avancement des projets de réhabilitation. En 2016, la société Liga Prav achète 95% du bâtiment et confie la restauration à Alexeï Ginzbourg, qui n’est autre que le petit fils de l’architecte de l’époque. Il souhaite redonner une lecture d’origine à ce bâtiment. Et c’est en libérant le rez de chaussé de ses artifices qu’il commence.  Il restaure l’idée originelle du projet, en ayant une vision globale de l’ensemble du Narkomfin. Un projet qui modifiera sans doute les plans initiaux du projet. En effet, les normes de sécurité ont bien évolué en 80 ans, et il faudra très probablement se plier aux nouvelles réglementations, tout en gardant l’esprit souhaité par les architectes fondateurs. Alexeï Ginzbourg, qui espère que la rénovation sera terminée d’ici l’année prochaine, souhaite ainsi donner un exemple de réhabilitation pour les autres bâtiments emblématiques de l’air soviétique tombés dans l’oubli.

 

Anne Vanrapenbusch

Patrick Bouchain et l’architecture H.Q.H…

Patrick Bouchain et l’architecture H.Q.H…

H.Q.H : Haute Qualité Humaine.

 

Patrick Bouchain est un architecte, scénographe français. Né le 31 mai 1945 à Paris, il étudie les Beaux-Arts dans la capitale. Il commence sa carrière en tant qu’enseignement. Dans un premier temps il est professeur à l’école Camondo à Paris, puis à l’Ecole des Beaux-arts de Bourges. En 1981, il crée Les Ateliers – École nationale supérieure de création industrielle ( ENSCI ). Cette école encadre tous les champs de la création industrielle et du design de produit. Autant l’espace, la communication, les services ou le design numérique.  Rapidement, il développe un sens critique qui surprend. Il s’intéresse tout particulièrement à la politique, au sens large de sa signification : La cité, les citoyens, le peuple.

 

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©Julie Balagué

 

Il commence à construire alors qu’il a déjà 40 ans, après avoir mûri ses convictions durant des années. Ce temps de réflexion lui a également permis de comprendre les besoins des français, afin de s’investir pleinement dans des projets qui ont du sens. Son attrait pour la pédagogie pendant ses années d’enseignement lui permet d’être à l’écoute des habitants et occupants des lieux qu’il transforme. Patrick Bouchain accorde une part très importante à la participation active des citoyens, et à la défense de l’intérêt général, bien avant ses propres intérêts. Ces valeurs ci sont présentes aussi bien dans ses théories et ses réflexions lors de la phase de conception, mais également au cours des chantiers qu’il supervise. De toute manière, la conception d’un projet signé Patrick Bouchain ne se fait pas sans concertation ! Sa personnalité humble l’emmène loin de la carrure d’une starchitecte. Il se met en retrait afin de livrer des projets où l’humain occupe une part prépondérante.

 

Réunion avec les habitants des logements réhabilités de Roubaix
Photo : Sébastien Jarry

 

En 2016, Patrick Bouchain publie « Pas de toit sans toi », ouvrage dans lequel il explique la manière dont il a géré la participation citoyenne lors de trois chantiers : un à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-calais), un autre à Tourcoing près de Lille et le dernier à Beaumont (Ardèche). Ouvert et favorable aux échanges avec les habitants, il prend le temps d’expliquer ses interventions et le déroulé du projet et du chantier. Il milite pour une architecture engagée, autant sur le plan humain, économique et culturel.

Il est reconnu pour avoir réhabilité de nombreux lieux industriels en espace culturel. C’est le cas de La Condition à Roubaix, ou encore du Magasin de Grenoble. Ses chantiers surprennent par leurs interventions. Il n’est pas rare que les équipes de son agence viennent habiter les lieux quelques semaines, qu’ils installent une architecture temporaire pour accueillir les occupants, ou qu’il organise de grands repas entre ouvriers, architectes et habitants.

 

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La condition – Roubaix © La condition
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Espace muséal – Le magasin, Grenoble
Photo : Blaise Adilon.

 

Le parcours de Patrick Bouchain n’est pas des plus ordinaires. Il se nourrit d’expériences et de fragments de vie, afin de construire une architecture qui répond au plus près aux attentes des occupants. Une humilité qui surprend, mais qui semble parfois nécessaire de rappeler, dans un monde qui court souvent après l’argent et le succès, parfois au détriment des projets architecturaux.