La Casa de Música à Porto, signée OMA & Rem Koolhaas

La Casa de Música à Porto, signée OMA & Rem Koolhaas

A Porto, deuxième ville du Portugal, la Casa de Música a installé ses quartiers depuis 2005. Réalisé par OMA, cette gemme taillée dans le béton surprend par son architecture. Lieu de spectacle, elle accueille à la fois l’Orquestra Nacional do Porto, l’Orquestra Barroca et Remix ensemble.

 

La genèse de ce bâtiment date des années 90, mais le projet se concrétise en 2000, avec la nomination de la ville de Porto en tant que Capitale Européenne de la Culture. Ainsi, un concours est lancé, et c’est Rem Koolhass, avec son agence d’architecture néerlandaise OMA, qui le remporte. Il collaborera avec dUCKS scéno, qui traite également de l’insertion urbaine et la mixité sociale, des thématiques importantes pour ce projet.

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© Philippe Ruault

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Contexte urbain

A l’époque du concours, OMA travaille sur une habitation de 200 m². Vient alors l’idée de reprendre la volumétrie de celle-ci, et de multiplier les échelles et les proportions pour arriver au 40 000 m² nécessaire à Porto. Les espaces s’adapteront à un autre programme que celui prévu initialement.  L’intention première était de créer un équipement culturel qui soit accessible à tous. C’est pourquoi la Casa de Música se trouve proche d’un quartier ouvrier de la ville. Le projet inclue un travail sur l’espace public, qui place la Casa en retrait par rapport à la rue et la place de Mouzinho de Albuquerque, aussi surnommée Rotunda da Boavista. Ce parvis en XX se soulève pour abriter un parking de 600 places et intègre la station de métro et des espaces publics.

 

Le bâtiment se déploie sur 9 étages. Rem Koolhaas y imbrique des espaces vides autour de circulations verticales et horizontales. Il innove avec la grande salle de spectacle qui est la première à s’ouvrir sur la ville. Elle n’est pas une boite noire et fermée, mais de grandes ouvertures vitrées donnent sur les environs. Un symbole fort qui marque l’envie de l’architecte de donner cet espace à un public large.

 

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© Philippe Ruault
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© Philippe Ruault
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© Philippe Ruault

 

Rem Koolhaas aime jouer avec les matérialités. On retrouve dans ce projet de nombreux matériaux, même si celui qui prédomine reste le béton. Des poteaux et tirants à l’intérieur du bâtiment assurent la structure voiles de béton qui composent la façade. On retrouve également le verre, qui permet de lire l’espace depuis l’extérieur, et du bois dans la salle de concert principale. L’architecte reprend également un élément de la culture portugaise, les azulejos, pour les disposer dans les salons VIP.

La Casa de Música accueille différents espaces dont une grande salle de concert. Il y a également deux autres salle de représentations plus appropriables par leur conception, des studios d’enregistrements, un atelier pédagogique. On peut également s’y restaurer, avec un bar et un restaurant. Chaque jour, des visites guidées sont organisées. Durant 1h, à 11h et 16h pour des visites en anglais.

 

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© Philippe Ruault
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© Philippe Ruault
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© Philippe Ruault

Rem Koolhaas & OMA

Rem Koolhaas est un architecte, urbaniste et théoricien néerlandais. Né en 1944, il fait ses études à Londres. Il travaille dans un premier temps en tant que journaliste. En 1975, à Rotterdam son agence d’architecture : OMA (Office for Metropolitan Architecture). Celle ci gagne une renommée internationale grâce à des projets culturels de grandes envergures. Ces publications sont également mondialement connues, notamment New-York délire : Un Manifeste rétroactif pour Manhattan (1978) et S,M,L,XL (1995). Il reçoit le Pritzker Price en 2000.

Anne Vanrapenbusch

Arc en Rêve oeuvre pour la sensibilisation à l’architecture

Arc en Rêve oeuvre pour la sensibilisation à l’architecture

En 1981, Francine Fort et Michel Jacques créent Arc en rêve, à Bordeaux, un centre culturel dédié à l’architecture, mais aussi au design, au paysage, et à l’urbanisme. Ils avaient bien pris conscience que notre monde évolue à grande vitesse. La croissance démographique ne cesse d’augmenter, la société consomme de plus en plus, autant les biens, les marchandises, que les territoires. Des bouleversements qui impactent sur nos modes de vie, et donc influent sur nos manières d’habiter. Une inquiétude née de tous ces changements. Ils décident alors de créer Arc en rêve.

 

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Apprendre à aimer l’architecture

Arc en rêve oeuvre pour la sensibilisation à la culture architecturale et à la qualité du cadre de vie. L’équipe du centre organise de nombreux événements : Expositions, conférences et débats, séminaires, activités pour enfants autour d’expérimentations, ou encore des visites guidées de bâtiments, de villes ou de chantiers. Ces actions ludiques, interactives, sont bien évidemment à but pédagogique. Le centre propose également des ateliers pour les scolaires. A l’issue de certains expositions ou conférences, Arc en rêve édite des ouvrages qui sont co-édités par le centre lui même. L’idée est de partager au plus grand nombre ce sur quoi les intellectuels de l’architecture se penchent. Le public doit être acteur et non subir l’architecture qui l’entoure. La culture joue un rôle essentiel et donne une impulsion dynamique pour construire un avenir qui nous sera propre.

 

Pour cela, Arc en rêve s’entoure d’architectes et d’urbanistes, d’ingénieurs, mais aussi d’élus, de promoteurs et de maîtres d’ouvrages, qui permettent aux habitants, petits et grands, de découvrir le monde de l’architecture, de l’urbanisme, du design et du paysage.

 

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Le centre culturel Arc en rêve s’est installé dès son ouverture dans les locaux réhabilités de l’Entrepôt, qu’il partage avec le Musée d’Art Contemporain de Bordeaux. Ce lieu a été réhabilité par l’agence Valode & Pistre, et permet au public de bénéficier de salles d’expositions et de réunions, d’un auditorium, d’une salle de projection ou encore d’ateliers. Ces infrastructures sont nécessaires pour faire expérimenter l’architecture, faire comprendre la ville et développer la sensibilité du public.

 

La programmation du centre est fournie. Chaque mois, de nombreux événements y prennent part. Dans les dernières actualités, une exposition sur l’architecte Jacques Hondelatte se tient jusqu’au 27 mai 2018. Vous pourrez également assister à une grande conférence organisée le 25 avril 2018, à 18h30. Cette conférence de Dominique Perrault, architecte et urbaniste français, a pour thématique « Groundscape Stories », repris de son ouvrage « Groundscapes: autres topographies », publié en 2016.  Au mois de juin aura lieu une exposition sur les architectes chinois  Wang Shu et Lu Wenyu .

 

Centre Arc en rêve
Adresse : Entrepôt, 7 Rue Ferrere, 33000 Bordeaux
Ouverture : Du mardi au dimanche, de 11h à 18h, jusque 20h le mercredi.
Contact : info[at]arcenreve.com – 05 56 52 78 36

 

Anne Vanrapenbusch

Tadao Andō, la lumière, et le béton…

 

Tadao Andō est un architecte autodidacte japonais, qui fait aujourd’hui partie de ce que l’on appelle les « starchitectes ». Connu mondialement pour ses réalisations en béton, il désigne la lumière comme la matière première de l’architecte. Primé à de nombreuses reprises, son travail de la matérialité et de l’espace est un incontournable du monde de l’architecture !

 

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Un parcours d’autodidacte

Né en 1941 à Osaka au Japon, Tadao Andō grandit aux côtés de sa grand-mère. Durant son enfance, il côtoie régulièrement les petits artisans locaux de son village : verrier, menuisier, ferronnier… C’est là que commence sa formation : il est constamment en contact avec différents matériaux. Il dévore également les livres, à travers lesquels il développe sa sensibilité pour l’architecture et acquiert des connaissances. Il y découvre l’oeuvre de Le Corbusier, qu’il souhaite rencontrer. Malheureusement, il apprend sa mort une fois arrivé en France, après un voyage à travers l’Asie et l’Europe. Il profite tout de même de sa visite européenne pour découvrir son oeuvre architecturale. Comme Le Corbusier, Tadao Andō voyagera beaucoup. Durant 7 ans, il traverse les continents, et analyse ce qu’il voit. Inspiré, il rentre au Japon en 1969, et décide de créer son agence d’architecture. Depuis, il est devenu un architecte mondialement connu et récompensé par de nombreux prix, notamment le Pritzker Price qu’il reçoit en 1995.

 

Le contexte urbain dans lequel il grandit est complexe : les grandes villes japonaises telles qu’Osaka sont des zones de tension, laissant peu de place au silence. C’est pourquoi il dirige son travail d’architecture vers des espaces intérieurs calmes, propices à la sérénité et au repos. Il préfère créer des lieux silencieux.

 

Parmi ses plus grandes réalisations, on retrouve en premier lieu l’église de la lumière, à Ibaraki, au Japon. Réalisée en 1989, la simplicité apparente de l’espace dissimule un travail minutieux et un traitement de la lumière magnifiée. Les matériaux sont laissés bruts, pour mettre en valeur le mur du fond, dans lequel l’architecte dessine deux ouvertures, horizontales et verticales, formant une croix.

 

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Credit photo : Nobuyoshi Araki

 

 

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Maison Koshino
Tadao Ando – 1984

 

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Musée Préfectoral d’art d’Hyogo
Tadao Ando – 2002

 

Le béton comme matériau de prédilection

D’autres réalisations de l’architecte japonais sont marquantes par le silence qui s’instaure naturellement dans ces lieux bétonnés. La maison Koshino s’installe dans un terrain en pente, et propose des entrées de lumières remarquables. Les formes qu’utilise Tadao Andō sont simples, et permettent une lecture efficace de l’espace : carré, cercle, rectangle. Le béton est le matériau qu’il préfère, et qu’il manie avec brio ! Il utilise le plus souvent un béton banché, dont les trous de banches sont restés apparents, créant un rythme sur les longues surfaces brutes.

Dernièrement, Tadao Andō travaille sur le projet de la Fondation Pinault à la Bourse du Commerce à Paris, concours qu’il a remporté en 2017. Il s’agira de présenter la collection d’art contemporain de François Pinault, grand collectionneur. Un projet dont l’élément phare est la création d’un cylindre de béton au sein même de l’espace de la rotonde et sa coupole classique. Le projet devrait voir le jour en 2019.

 

Anne Vanrapenbusch

Foster à Shanghai pour la Fondation Fosun

 

Depuis 2012, la Fondation Fosun s’attele à mettre en avant l’art contemporain. En 2016, elle a établi ses quartiers dans le Bund Finance Center, une architecture mouvante qui s’intègre dans un contexte dense d’une grande métropole mondiale : Shanghai. Réalisé par le cabinet d’architecture Foster + Partners et le studio de design Heatherwick, il s’agit d’un centre culturel, qui met en avant l’art contemporain et les liens qu’il tisse avec la culture chinoise traditionnelle.

 

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Une situation urbaine stratégique

La Fondation est située au croisement de la vieille ville de Shanghai avec le nouveau Centre des Affaires de la métropole. Le bâtiment permet de reconnecter ces deux quartiers de la ville. Son rez-de-chaussée perméable permet aux piétons et passants de se glisser à travers l’espace. Ainsi, l’espace urbain n’est pas interrompu. Le projet a aussi permis de connecter ces deux quartiers avec les abords de la rivière Huangpu, et de leur donner un nouvel attrait.

 

La Fondation Fosun met en avant l’oeuvre contemporaine, interactive et internationale. Elle organise de grandes expositions d’art, mais également des programmations d’ateliers pédagogiques. L’idée de créer un espace vivant pour le public est un atout majeur. Les espaces du programme permettent à la Fondation de déployer toutes ses cartes pour sensibiliser les jeunes et moins jeunes à l’art. Le Bund Finance Center est un lieu multi-culturel, où les espaces peuvent accueillir de nombreux types d’événements, de la grande conférence internationale à des petits comités d’associations en passant par des représentations artistiques ou des expositions. Un lieu multi-usage, où tous les types d’art peuvent se rencontrer.

 

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© Laurian Ghinitoiu

 

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© Laurian Ghinitoiu

 

Les espaces sont ainsi organisés : trois niveaux d’étages, et quatre niveaux sous-terrains forment un total de 4 000 m² de surface exploitable ! Le premier étage est un espace appropriable de 360 m². Le second et troisième niveau proposent chacun une grande salle de 570 m², la première d’une hauteur de 6,5 m de haut, l’autre de 3,2 m. La terrasse sur le toit de 600 m² est idéale pour accueillir des événements dont les hôtes pourront profiter de la vue sur les deux quartiers : le vieux Shanghai et le centre des Affaires. Cette terrasse accueille l’installation Counter Sky Garden de l’artiste japonais Tatsuo Miyajima, composée de plus de 300 petites lumières bleues, rouges, jaunes, vertes et blanches.

 

Une façade originale !

La particularité de cette architecture est sans aucun doute sa façade. Celle-ci est mouvante. Elle se compose de trois rideaux de tubes cuivrés, reprenant l’aspect du bambou, très symbolique dans la culture chinoise. Les trois panneaux se croisent, changeant ainsi l’apparence du bâtiment. Leurs déplacements ont lieu toutes les deux heures, durant quelques minutes seulement, et sont accompagnés de musique. Une architecture qui surprend ! Les tubes de cuivre sont suspendus depuis le toit. L’ensemble semble flotter au dessus du rez-de-chaussée. Ils renforcent la sensation de délicatesse et ajoutent une note de poésie au bâtiment. Cette façade instaure aussi une distance avec les parois vitrées et cache des coursives, accessibles depuis les espaces intérieurs.

 

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© Laurian Ghinitoiu
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© Laurian Ghinitoiu

 

Anne Vanrapenbusch

Lacaton & Vassal, l’architecture au service de l’habitat

Lacaton & Vassal, l’architecture au service de l’habitat

Anne Lacaton est née en 1955 en Dordogne et Jean-Philippe Vassal est né en 1954 au Maroc. Ils étudient à l’école d’architecture de Bordeaux et en sortent tous les deux diplômés en 1980. A leur sortie d’école, Anne Lacaton travaille au centre culturel de Bordeaux Arc-en-Rêve, alors que Jean-Philippe Vassal travaille durant cinq ans au Niger, en tant qu’architecte et urbaniste. Après ces expériences personnelles, Anne et Jean-Philippe se retrouvent, travaillent ensemble chez l’architecte bordelais Jacques Hondelatte, où ils apprennent la rigueur, la précision et intelligence d’esprit. Puis, ils décident de s’associer pour créer l’agence Lacaton et Vassal en 1987, à Bordeaux. En 2000, face à l’ampleur que prennent les projets confiés à l’agence, celle-ci déménage à Paris.

 

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Transformation de 530 logements, bâtiments G, H, I, quartier du Grand Parc – Lacaton & Vassal, Druot, Hutin, 2016

 

Face à une architecture-objet et parfois exubérante, l’agence Lacaton et Vassal s’impose à contre-courant et souhaite une architecture simple, et efficace. Mais cela n’est possible uniquement grâce à un travail colossal dans la conception du projet architectural. Dans leurs réalisations, ils mettent tout particulièrement en avant les qualités spatiales du projet au service de l’usager. Les architectes s’imprègnent d’un contexte, d’un site, qu’ils analysent et dans lequel ils puissent leurs idées pour la conception du projet. Ils aiment également s’inspirer de l’architecture du monde, à travers leurs voyages notamment. Pourtant, l’agence répond principalement à des projets dans l’Hexagone. Elle met un point d’honneur à la notion d’habiter, qui est – après le contexte – le point de départ de leur projet. Penser l’espace de l’intérieur vers l’extérieur, pour passer de l’échelle de l’habitat à celle de l’urbain.

 

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L’économie du projet au coeur des préoccupations

Parmi leur premiers projets, on compte la Maison Latapie, à Floirac près de Bordeaux. Elle est la seconde réalisation de l’agence qui se tient à un budget très serré, pour un couple et deux enfants. Sur un plan carré simple, deux plateaux organisent l’espace. Les façades sont modulables, du plus ouvert au plus fermé, et un « module » en bois est disposé à l’intérieur. La serre, à l’est, est un espace de vie baigné de lumière dès le matin. L’utilisation de tôles de polycarbonate ondulées, matériau peu coûteux, devient comme une marque de fabrique pour l’agence. C’est cette économie de projet qui fait connaitre l’agence à plus grand échelle. Mais cependant, l’économie financière ne prendra jamais le dessus sur l’espace, loin d’être un espace standardisé.

 

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Lacaton & Vassal, une agence primée

Depuis ces premières réalisations, le succès de l’agence ne s’est pas arrêté. C’est sans doute leur intérêt pour l’habitant, au delà de l’objet architectural, qui séduit. En 1999, Lacaton et Vassal reçoit le Grand Prix national d’architecture jeune talent , puis le Prix « Innovation, Habitat et Développement durable »  de la Ville de Madrid en 2006. En 2008, la ville de Bordeaux lui décerne le prix d’architecture de la ville de Bordeaux. La même année, le ministère de la Culture et de la Communication lui adresse le Grand Prix national de l’architecture. En 2011, le travail de l’agence est récompensée par le Prix de l’Équerre d’argent.

Anne Vanrapenbusch

Quand Oscar Niemeyer créait Brasilia de toutes pièces…

Quand Oscar Niemeyer créait Brasilia de toutes pièces…

 

Le 21 avril 1960, le gouvernement brésilien annonce son souhait de créer une nouvelle capitale. En effet, deux villes se disputaient ce statut : Rio de Janeiro en tant que capitale politique et culturelle, et São Paulo, capitale économique. Au lieu de trancher pour l’une ou l’autre, Juscelino Kubitschek, président du Brésil à l’époque, propose de créer Brasilia. Son emplacement géographique est stratégique, et a pour but de décentrer l’activité du pays, qui se tenait majoritairement sur les côtes. En quatre ans seulement, l’architecte et urbanisme Oscar Niemeyer, épaulé par l’urbaniste Lucio Costa, va concevoir et faire naître une ville fonctionnaliste, sous l’influence du mouvement moderne des années 1930.

Ensemble, Lucio Costa et Oscar Niemeyer établissent donc le plano piloto de la ville de Brasilia.  Cette planification urbaine se décompose en plusieurs étapes, qui permettront de structurer les besoins de la ville naissante,  ainsi que les grandes étapes de construction. Dans un premier temps, il s’agit de créer les infrastructures, les routes, ainsi que d’amener l’eau et l’électricité dans une zone inhabitée.

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Croquis d’intention pour la ville de Brazilia
Dessin d’Oscar Niemeyer

 

La ville se développe ensuite de manière stratégique, autour de deux axes : l’Eixo Rodoviário du Nord au Sud et l’Eixo monumental de l’Est à l’Ouest, limité à l’Est par un lac artificiel, créé pour assainir la ville. Conçue pour 500  000 habitants, Brasilia se développe finalement bien au delà de ses limites, engendrant la création de villes satellites. Celles-ci sont vite débordées et ne respecteront pas forcément les plans urbains prévues. Aujourd’hui, l’agglomération ne compte pas moins de 3,5 millions d’habitants.

Lucio Costa et Oscar Niemeyer définissent précisément l’emplacement des bâtiments et des infrastructures. L’élaboration du Plan Pilote est largement inspirée du mouvement moderne et de la Charte d’Athènes. Ainsi, les secteurs géographiques sont délimités en fonction des activités, et celles ci sont reliées par les axes de transports. Chaque secteur à son lieu dédié dans la ville. L’utopie sociale du mouvement moderne induit une répartition égalitaire en terme de logement : les résidences sociales côtoient celles plus aisées, dans un cadre sécurisé et arboré.

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Vue aérienne de la ville de Brasilia

 

La ville se développe de manière presque symétrique autour de l’axe Est-Ouest. A son extrémité, le plan d’urbanisme prévoit l’emplacement de la Place des Trois Pouvoirs. C’est le lieu de décision du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Elle dirige la ville, c’est pourquoi elle se trouve symboliquement à la tête de l’avion qui peut être imaginé lorsque l’on regarde la ville depuis les airs.

Malgré un travail en duo, on retient plus facilement le nom d’Oscar Niemeyer car il est à l’origine de nombreux bâtiments construits dans la capitale dans les années qui suivirent sa création. Il s’agit aussi bien d’édifices politiques, religieux, ou encore culturels. Parmi les plus emblématiques, on retrouve la Cathédrale de Brasilia construite en 1970, le Palais de l’Aurore, qui est la résidence principale du Président de la République fédérative du Brésil, ou encore le Musée de Brasilia. Ces trois édifices sont influencés par les codes du mouvement moderne, tout en étant emprunts de la culture brésilienne.

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Brasilia est une ville nouvelle, elle n’a pas un siècle d’âge. Aujourd’hui, le plano piloto de la ville est classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, depuis 1987, à peine 30 ans après sa création.  Elle est une ville qui permet d’observer un patrimoine architecturale de renom, mais qui rencontre des problématiques face à une croissance démographique importante et une importante population pauvre. L’utopie moderniste aura-t-elle suffit à ralentir ce phénomène ? Quelles solutions pour un avenir plus radieux pour ces populations ? La question reste entière.

Anne Vanrapenbusch

Junya Ishigami, l’architecte qui libère l’architecture

Junya Ishigami, l’architecte qui libère l’architecture

Du 30 mars 2018 au 10 juin 2018 se tiendra l’exposition « Freeing Architecture » à la fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris. Cette exposition organisée par l’architecte japonais Junya Ishigami est l’occasion de revenir sur son parcours, sa philosophie et ses réalisations.

Né en 1974 à Kanagawa, Junya Ishigami étudie à l’Université des beaux-arts et de musique de Tokyo, d’où il sort diplômé en 2000. Il travaille ensuite pour l’agence d’architecture SANAA (anciennement appelée Kazuyo Seijima&Associates), puis il ouvre sa propre agence en 2004 sous l’appellation « junya.ishigami+associates ». Il travaille aussi bien l’architecture que le design, l’urbanisme et le paysage, alliant ingénierie, technologie, formes et espaces.  En 2010, son travail est récompensé à la Biennale de l’architecture de Venise avec l’obtention du Lion d’Or.

 

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Portrait de l’architecte

 

L’architecture traditionnelle japonaise est très souvent associée à ce lien fort qu’elle entretien avec son environnement. Junya Ishigami n’échappe pas à la règle et travaille en étroite relation avec la Nature, et tente de flouter les limites entre les espaces intérieurs et extérieurs. L’architecte ne s’enferme pas dans les préjugés de l’architecture, il puise son inspiration dans les paysages, les éléments naturels. Il cherche à créer des espaces fluides, souples. Il prône une vision plus libre de l’architecture. Les continuités spatiales qu’il instaure entre l’intérieur et l’extérieur donnent un caractère fin et empli de délicatesse à ses architectures. Elles s’effacent, laissant place à la nature et au contexte !

Parmi ses réalisations phares, l’Institut de Technologie de Kanagawa est sans doute le plus marquant. Un bâtiment léger, transparent, qui se substitue aux usages des étudiants. Une architecture minimaliste, mais qui demande un grand travail technique en amont. D’un blanc immaculé, les 305 poteaux soutiennent la toiture, et laisse libre court à l’appropriation de l’espace par les usagers. Un dispositif qui laisse également une large place aux vues sur l’extérieur. L’enveloppe en verre donne à lire les espaces depuis l’extérieur.

 

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L’exposition « Freeing architecture »

Du 30 mars au 10 juin 2018, il s’empare de la fondation Carier pour l’art contemporain et présente 20 projets, emprunts de poésie. Ses réalisations l’amènent à travailler en Asie et en Europe. Il les présente aussi bien sous forme de vidéos, de dessins ou encore de grandes maquettes, qui évoquent le processus de projet de l’architecte , tout en archivant les étapes de construction.  Ses projets qu’il expose durant ces 3 mois dans le bâtiment de Jean Nouvel reflète ce sentiment d’autonomie face aux règles imposées à l’architecture. C’est d’ailleurs la première fois que la Fondation accueille une exposition consacrée à l’oeuvre d’un architecte. Une première qui correspond bien aux frontières qui volent en éclat, ces mêmes frontières que l’on pose à l’architecture et que l’architecte ne compte pas respecter !

 

 

Anne Vanrapenbusch

Tétrodon, l’habitat modulaire venu des années 1960

Flash-back quelques décennies en arrière, dans les années 1960. Rien ne laissait prédire la fin des 30 glorieuses. On embauchait donc à tout va, de nombreux ouvriers venaient de loin pour travailler dans les industries françaises, qui tournaient à plein régime. Une population ouvrière qui nécessitait d’être logée. C’est ainsi que l’Atelier d’Urbanisme et d’Architecture invente le Tétrodon, habitat modulaire, conçu pour être produit en série, de manière peu coûteuse et légère.

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Photo : Anne Vanrapenbusch

Le tétrodon, un container augmenté

Sur la base d’un container de dimension standard ( 913,5 x 243,6 x 258,8 cm ), 1 La structure du container permet d’assurer une auto-stabilité, qui permettant d’assembler les Tétrodon, de les empiler, afin de créer de grands volumes de plusieurs logements. Sur cette base métallique viennent s’ajouter des coques en polyester, qui abrite chacune un usage bien spécifique : espace-repos, espace-repas, espace-cuisine, espace-sanitaire. L’architecte Jacques Berces et la designer Annie Tribel ont travaillé sur ces excroissances qui permettent d’ajouter de l’espace aux 22m² initiaux.  C’est d’ailleurs de là que le Tétrodon tire son nom : le Tétrodon est un poisson qui a la capacité de se gonfler en fonction de ses besoins (défensifs notamment). Le module du container pouvant être multiplié à la demande, cela à permis de créer des regroupement de plusieurs habitats.

Axonométrie Tetrodon
Axonométrie : CAUE Gironde

L’architecture au service

La production du Tétrodon est donc lancée en série, pour loger rapidement les ouvriers. Dans une démarche de diminution des coûts, les coques sont assemblées sur site, directement sur les containers, afin de faciliter le transport de ces derniers. Les premiers exemplaires commandés par la SONACOTRA (Société Nationale de constructions de logements pour travailleurs) sont installés à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Une petite centaines d’exemplaires seront utilisés dans un centre de vacances, en Gironde à Lège-Cap-Ferret. D’autres projets Tétrodon verront le jour, mais seul un millier d’exemplaires seront fabriqués. Habitat modulaire faire d’acier et de plastique, le Tétrodon subi de plein fouet le choc pétrolier de 1973, et la production est arrêtée. 

Le tétrodon aujourd’hui

Aujourd’hui, l’habitat utopiste des années 60 tente de revenir au gout du jour. En Gironde, 40 sont utilisés pour loger des saisonniers à Claouey, alors que 40 autres, entreposés à l’espace Darwin de Bordeaux, servent de logements d’urgences. On cherche à sauver un patrimoine architecturale, qui a d’ailleurs reçu le label Patrimoine du XXe siècle en 2012. On cherche à les ré-exploiter, à leur trouver un nouvel usage, on les déplace, pour sensibiliser le public à cette architecture utopiste certes, mais qui soulevait déjà les questions du logement d’urgence et sa précarité, dès les années 1960.

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Photo : Anne Vanrapenbusch
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Photo : Anne Vanrapenbusch
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Photo : Anne Vanrapenbusch

L’Atelier d’Urbanisme et d’Architecture

L’AUA, créé en 1960 par l’architecte Jacques Allégret, avait pour vocation d’engendrer des réflexions autour du projet d’architecture et d’urbanisme, en croisant les différents métiers qui étaient amenés à y réfléchir, notamment les architectes et les urbanistes, mais également des ingénieurs, des décorateurs… Il souhaite « offrir un lieu qui permette à différents spécialistes de travailler côte à côte sur les mêmes dossiers, d’apprendre à se connaître et à se comprendre » Relativement inédit à l’époque, ce travail de collaboration semblait nécessaire au fondateur de l’Atelier d’urbanisme et d’architecture. Durant les 26 années de son existence, l’Atelier ne dépassera jamais 50 employés, des indépendants venants de tant à autre pour soutenir divers projets. Malgré la dissolution de l’AUA en 1986, la thématique de la collaboration entre plusieurs acteurs du bâtiment reste une préoccupation toujours très actuelle.

 

Anne Vanrapenbusch

Le fonctionnalisme organique de l’architecte finlandais Alvar Aalto

 

Jusqu’au 1er juillet 2018, la Cité de l’architecture et du Patrimoine accueille une exposition qui met en scène les plus belles architectures et pièces de design d’Alvar Aalto. L’occasion de se pencher sur l’histoire de cet architecte finlandais, qui marqua sa génération, et continue de faire parler de lui !

 

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Entre le fonctionnalisme & les aspirations humanistes.

Influencé par le mouvement moderne qui se propage au milieu du XXe siècle en Europe, sous l’influence du Corbusier entre autre, mais également par le style international et le classicisme nordique, Alva Aalto a tout de même su développer sa propre architecture : le fonctionnalisme organique.  Du mouvement moderne, il conserve l’idée d’une architecture fonctionnelle. Mais il s’éloigne du béton et de l’acier, qu’il considère comme des matières trop froides, et trop éloignées de la réalité de l’Homme. Il leur préfère le bois et la brique. L’architecture se doit avant tout d’être agréable pour l’Homme, qu’il place au cœur de son oeuvre. Comme tout finlandais qui se respecte, l’architecte accorde une très grande importance à la Nature. C’est donc sans surprise qu’il l’intègre dans son travail. Autant dans les formes et les matières que dans l’usage, le lien avec les arbres, les formes organiques, et la proximité avec le paysage sont des témoins de sa culture finlandaise. La lumière naturelle, si chère à ces pays du nord, est une matière à projet qu’il affectionne. La sensibilité dont il fait preuve dans ces réalisations fera de lui un architecte majeur du XXe siècle

 

Une architecture totale

En France, il réalise la Maison Louis Carré, en région parisienne. On lui doit également la réalisation d’églises, de bâtiments hospitaliers ou administratifs, des équipements culturels ou encore des villas. Il produit notamment en Finlande, son pays natal, mais également sur la scène internationale, qu’il côtoie de plus en plus à la fin de ses 50 années de carrière. L’architecte Alvar Aalto se saisit du quotidien pour introduire une architecture fonctionnelle et organique, aux plus proches de besoin de l’Homme.

 

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Maison Louis Carré Photographie : Heikki Havas, Alvar Aalto Museum
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Maison Louis Carré Photographie : Martti Kapanen, Alvar Aalto Museum
Maison Louis Carré by Alvar Aalto
Maison Louis Carré Photographie : Heikki Havas, Alvar Aalto Museum

 

Alvar Aalto ne se contente pas de créer une architecture au service de l’Homme. Le bois est son matériau de prédilection. Il l’utilise dans les espaces qu’il crée, mais également dans les pièces de mobilier qu’il dessine. C’est le cas du fauteuil Paimio, pour lequel il met en place un processus nouveau, afin de courber le bois et l’adapter aux formes souhaitées. L’architecte et designer aime concevoir l’intégralité de l’espace, non seulement dans l’architecture, mais également dans les moindres détails. Il conçoit les revêtements (parquets, textiles…), le mobilier (Fauteuil, luminaire, objets de décoration…). Son travail d’architecture totale va de paire avec son envie d’intégrer au mieux l’Homme à son architecture, et son architecture à la Nature.

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Alvar Aalto à la Cité Chaillot

Ainsi, en 2018, Alvar Aalto attire encore les foules. L’exposition à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine ne désemplie pas. En partenariat avec la fondation Alvar Aalto, et en collaboration avec le Vitra Design Museum et le Musée Alvar Aalto, ce sont 150 de ces oeuvres qui sont présentées. On découvre l’oeuvre de l’architecte et designer à travers de nombreux médiums : des photographies d’époques, des maquettes et dessins. Des pièces de mobiliers ont été apporté pour l’occasion : luminaires, vases et fauteuils.

Exposition « Alvar Aalto – Architecte et designer finlandais »
Visite guidée de la Maison Louis Carré :  Les samedis 7 avril, 19 mai et 16 juin une navette sera mise à disposition au départ de la Cité de l’architecture. Plus d’informations + 

 

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Vue de l’exposition Alvar Aalto. Architecte et design. © Gaston Bergeret
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Vue de l’exposition Alvar Aalto. Architecte et design. © Gaston Bergeret

 

Anne Vanrapenbusch

Sur les traces du Corbusier : 4 réalisations de l’architecte à voir et revoir à Paris

 

Les beaux jours arrivent doucement. C’est une belle occasion pour découvrir ou re-découvrir le patrimoine architectural qui s’est installé dans les rues parisiennes. Après vous avoir fait redécouvrir le Corbusier, et ses nombreuses facettes, nous vous proposons de découvrir ses réalisations dans la capitale. Ses œuvres sont internationales, mais vous n’avez guère besoin d’aller à l’autre bout du monde ou de la France pour observer ses réalisations. Voilà cinq de ses œuvres que vous pouvez visitez à Paris.

 

La Maison la Roche – 1925, Paris

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Maisons La Roche-Jeanneret, Paris
Photo : Olivier Martin Gambier 2016 © FLC/ADAGP
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Maisons La Roche © FLC/ADAGP

Raoul La Roche était un mordu d’art, et fervent collectionneur. Il demande à Le Corbusier d’imaginer une résidence qui lui permettrait à la fois d’exposer ses collections, tout en y habitant confortablement. L’architecte instaure alors une véritable promenade architecturale. C’est cette particularité de commande qui rend la réalisation hors-norme, d’autant plus que Le Corbusier y applique les 5 points d’une architecture moderne, tout en utilisant le béton armé, matériau nouveau à l’époque. Dans les années 1930, de nombreux artistes, architectes, et autres aficionados d’arts viennent visiter le bâtiment… et les tableaux de Raoul La Roche. Aujourd’hui, c’est ici que la Fondation Le Corbusier a établi ses quartiers. La Maison la Roche se visite, tandis que les bureaux de la fondation sont situés juste à côté, dans la Maison Jeanneret, ainsi que la bibliothèque regroupant les archives laissées soigneusement par l’architecte lui même.

 

La Maison-atelier du peintre Amédée – 1922, Paris

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Photo : Olivier Martin-Gambier 2006 © FLC/ADAGP

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Situé dans le 14e arrondissement de Paris, la maison-atelier est la première réalisation du Corbusier dans la capitale, en 1922. Il conçoit cette habitation pour son ami peintre-dessinateur Amédée Ozenfant. A l’origine, le rez-de-chaussé était occupé par le garage. Aujourd’hui, les ouvertures en fenêtres-bandeaux ont été modifiées. Le premier étage est l’habitation, alors que le second est entièrement dédié à un vaste atelier d’artiste, baigné de lumière par de grandes baies vitrées et de grands volumes, qui n’attendait qu’à être exploité par le peintre. Même si l’intérieur n’est pas visitable, vous pourrez admirer le bâtiment de l’extérieur, et relevé les différentes caractéristiques de l’architecture moderne.

 

L’unité d’habitation et sa cellule,  Cité de l’architecture et du patrimoine

unité_habitation_marseille_cité_radieuse_logement_le_corbusier_architecture_moderneSi vous souhaitez vous immerger dans les logements sociaux créer dans les unités d’habitations que le Corbusier créait à Marseille, Berlin, Firminy près de Saint-Etienne, Rezé près de Nantes et Briey-en-Forêt en Meurthe et Moselle, rendez-vous… à la cité de l’architecture et du patrimoine de Paris. En effet, vous y trouverez une reproduction grandeur nature d’une cellule d’habitation, avec le mobilier d’époque. Les deux guerres vécues par le Corbusier marque son esprit, et font grandir en lui l’envie de reconstruire le pays, en produisant des logements de masse. Il y appliquera sa pensée théorique, y appliquera le Modulor… Aujourd’hui, ces logements sont toujours habités et font partie d’un patrimoine riche à conserver !

 

La villa Savoye – 1931, Poissy

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Villa Savoye, Poissy
Photo : Paul kozlowski © FLC/ADAGP
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Villa Savoye, Poissy
Photo : Paul kozlowski © FLC/ADAGP

Pour finir, en s’éloignant quelques peu de Paris, vous pourrez visiter la Villa Savoye, véritable manifeste de l’architecte et du mouvement moderne. Cette réalisation, située dans la ville de Poissy, reprend de manière rigoureuse les 5 piliers d’une architecture moderne préconisée par l’architecte : le rez de chaussé est dégagé grâce à des pilotis, les fenêtres-bandeaux structurent des vues sur l’extérieur, le plan libre permet de dresser une façade libre de toute contrainte et le toit-terrasse crée un espace supplémentaire. Conçu en 1931 pour de riches propriétaires, la villa est classée Monument Historique depuis 1965, et Patrimoine Mondial depuis 2016.

 

Anne Vanrapenbusch