Du 10 au 20 octobre : la Biennale d’Architecture et d’Urbanisme de Caen

Du 10 au 20 octobre : la Biennale d’Architecture et d’Urbanisme de Caen

« Faire battre le coeur des villes », c’est le pari fou de la 5ème édition de la Biennale d’Architecture et d’Urbanisme de Caen. 

Renouveler la pensée urbaine et encourager à la réflexion sur la mutation des villes, voila l’ambition de la biennale. Articulée autour de l’exposition « Inventer la ville…dont vous êtes le héros », cette 5ème édition est consacrée aux centres-villes. Un thème qui interpelle tout un chacun !

Au programme, rencontres, films, débats, expositions ou encore ateliers, le tout avec pour seul objectif de « faire battre le coeur des villes ».

Près d’une vingtaine d’architectes, d’urbanistes et de spécialistes sont ainsi attendus pour exposer leur travaux et débattre avec le public. Parmi eux Jean Paul Viguier, Alexandre Chemetoff ou encore Corinne Vezzoni, qu’on ne vous présente plus ! 

La bibliothèque d’OMA, le Dôme de Bruther Architectes et bien d’autres lieux de l’agglomération se transformeront à cette occasion en espaces d’échange et de partage entre visiteurs et professionnels. Une manière d’appréhender les lieux autrement et de redonner, tout simplement, l’envi de ville.  

Soirée d’ouverture et inauguration de l’exposition « Inventer la ville…dont vous êtes le héros » le mercredi 10 octobre 2018 au Pavillon à Caen. 

Pour plus d’informations :

www.insitu-caen.com

Personnalisation à l’infini : FREE, la nouvelle gamme de Burgbad

Personnalisation à l’infini : FREE, la nouvelle gamme de Burgbad

Leader mondial sur le marché du meuble de salle de bain, Burgbad propose depuis plus de 70 ans des solutions de qualités, à la fois attrayantes et innovantes. FREE, grande nouveauté de la rentrée 2018, est personnalisable à l’extrême. Inédite et révolutionnaire, elle offre toutes les libertés d’aménagements possibles ou presque pour créer la salle de bain rêvée.

FREE est synonyme de personnalisation parfaite. Du bainiste au client, elle s’adapte à toutes les personnalités et à tous les aménagements. Elle propose en effet une très large palette de produits et de finitions à un rapport qualité-prix qui reste néanmoins très attractif. 

Dimensions, matériaux, couleurs, FREE laisse place à la créativité et met tout en oeuvre pour satisfaire les goûts de chacun. Modernes et esthétiques, les différents éléments de cette nouvelle collection suivent parfaitement les tendances actuelles.  Burgbad est une fois encore, au sommet de son art.

En détail, 5 bonnes raisons d’envisager FREE :

« God is in the details » comme disait Mies Van Der Rohe. Véritable hymne à la poésie du détail, FREE trouve le bon ton entre pragmatisme intelligent et esthétique irréprochable, proposant des surfaces fluides aux arrêtes subtilement arrondies.

Il y a ceux qui prennent de la place et ceux qui en donnent. Avec FREE, tout est précis et à sa place. La nouvelle gamme de Burgbad permet en effet de trouver le compromis parfait entre configuration spatiale et exigences fonctionnelles.

Des solutions innovantes au service d’une esthétique toujours irréprochable. FREE fait évoluer l’ouverture de ses tiroirs avec les poignées tip-on, permettant d’ouvrir et de fermer d’une seule pression.

Grand par le design et la fonctionnalité. Free, le mobilier modulaire aux multiples talents, nous suggère bon goût et solutions pratiques pour gagner de l’espace.

Une collection au service de la beauté en douceur. Une apparence attrayante pour de vastes espaces intérieures. FREE fait de l’effet sans le chercher. Burgbad développe pour sa nouvelle gamme une vingtaine de teintes, un plaisir pour les yeux dont vous ne serez pas près de vous lasser.

Photographies : Burgbad

www.burgbad.com

Neolith : « La seule limite au design est l’imagination » 

Neolith : « La seule limite au design est l’imagination » 

Nouvelle méthode de conception et nouvelles couleurs pour le fabricant de Pierre Frittée Neolith ! L’entreprise espagnole propose désormais de réaliser des sondages en direct auprès des consommateurs pour élaborer sa future collection. Une manière d’encourager architectes, designers et utilisateurs à prendre par au processus de conception des produits qui leur sont proposés.

Afin d’élargir sa gamme de surfaces compactes, Neolith propose désormais aux principaux intéressés de participer activement à l’élaboration des collections. Suite à une série d’évènements et de présentations de par le monde, le processus de sélection prévoit désormais votes et réactions en ligne. Une démarche inédite permettant de cibler au plus près la demande. 

 

C’est à Paris, lors de la soirée organisée le 11 septembre 2018, en clôture de Maison et Objet que l’on a pu découvrir les 8 modèles pré-sélectionnés. Les surfaces en Pierre Frittée, à disposition du public, plaçaient l’exposition sous le signe de la découverte multisensorielle.

New York, Mont Blanc, Moonlight, Sofía Iron 1 et 2, Scandinavia, Venice Midnight, Mar de Plata. La sélection, particulièrement séduisante, est influencée par une gamme riche et variée de matériaux. Elle laisse libre cours à l’imagination et invite au voyage. Bois naturels, quartzites ou encore Terrazzo et béton, les possibilités sont innombrables !

Du ton neutre et captivant de Mont Blanc rappelant les pistes enneigées de Chamonix, à l’aspect brut et tumultueux de New York, Néolith donne de la profondeur à son matériau et raconte une histoire.

                        

                       

New York : cette surface est influencée par l’énergie contagieuse de la ville, ses avenues emblématiques et ses gratte-ciels. Le modèle répond à un regain d’intérêt pour le béton, pour les applications intérieures en particulier les plans de travail. Il offre un style urbain tendance, parfait pour toutes les applications de revêtement. Il mélange des particules mates et brillantes, ce qui lui donne un effet visuel agréable.

Mont Blanc : rend hommage au quartzite blanc, l’un des modèles de pierre les plus populaires sur le marché. Il propose un ton neutre captivant, combiné à un fond blanc crémeux et des veinures dans des tons noir profond, oxyde et ocre. Grâce à une technique spéciale, Neolith crée un relief intérieur là ou se trouvent les veines. Ceci offre une texture agréable et originale.

Moonlight : le modèle moonlight s’inspire de la lune et de son paysage inhabituel en reprenant la texture de Jura (une pierre connue pour imiter la surface lunaire). Neolith réinvente le calcaire brun, exploitant la tendance actuelle des nuances fumées pour produire une variation de gris discrète et sophistiquée.

Sofía Iron 1 & 2 : ces deux surfaces foncées et sobres représentent une évolution de l’Iron Collection. Elles ont vu le jour au début des années 2000 lorsque l’architecte Jean Nouvel conçoit le nouveau bâtiment du Musée Reina Sofía à Madrid. Sofía Iron est née de ses expérimentations audacieuses et visionnaires. La finition semi-polie de ces pierres crée un effet bruni irrégulier et donne à la surface un toucher et une sensation plus usée. La surface a été présentée en deux finitions, « copper » et « moss ».

Scandinavia : les motifs en bois sont au coeur de l’approche de la décoration intérieure et, suite au succès du modèle La Bohème (lauréat de plusieurs prix), Neolith a développé Scandinavia. Cette surface légèrement pale apaise l’oeil et s’inspire du chêne non traité. Avec les contrastes subtils des courbes et des noeuds, sa douceur ajoute un équilibre à l’espace, en étant à la fois originale et discrète. Grâce à une texture prononcée qui correspond aux légères stries, Scandinavia est aussi agréable au toucher.

Venice Midnight : la popularité croissante du Terrazzo a influencé le modèle Retrostone de Neolith et a conduit au développement d’une autre variante, Venice Midnight. Cette dalle audacieuse et percutante est une Terrazzo avec une touche qui augmente le contraste pour obtenir un effet visuel saisissant. Présentant un grain plus gros que le matériau traditionnel, une technique spéciale a été utilisée pour accentuer les contours de la pierre blanche, créant ainsi une texture intéressante.

Mar de Plata : inspirée du granit exotique Dark Pearl, une  pierre brésilienne appartenant à la Granith Collection de TheSize, cette dalle ondulée présente des rayures de quartz blanc ondulées sur un fond gris. Le relief en ardoise de la dalle, offre une imitation hypnotique de la fluidité. Les stries grises plus claires sont produites à l’aide d’une technique spéciale qui donne de la texture aux veinures. Des éclats de particules brillantes créent également un effet de nacre.

« Nous avons surtout cherché à créer des surfaces hyperréalistes qui, non seulement représentent fièrement le matériau d’origine, mais aussi intègre réellement sa texture unique », déclare Mar Esteve Cortes directrice marketing de Neolith. Ce qui explique la volonté du fabricant de soumettre les 8 modèles pré-sélectionnés à l’examen d’experts comme d’usagers. Une façon d’insister sur l’aspect multisensoriel de l’expérience des produits Neolith.

Seuls les prototypes les plus populaires rejoindront le catalogue des nouveautés 2019. Et vous, vous en pensez quoi ?

Pour visualiser toutes les images de la soirée, cliquez ici !

Photographies

www.neolith.com

Le festival de résidences ¡ Viva Villa ! à la croisée de toutes les frontières

Le festival de résidences ¡ Viva Villa ! à la croisée de toutes les frontières

Depuis le 29 septembre et jusqu’au 7 octobre a lieu, à la Villa Méditerranée à Marseille, le festival de résidences ¡ Viva Villa !. Au cœur de cette seconde édition, la thématique des « Frontières ».

Villa Méditerranée © Franck Pennant_Photo Région

Si ¡ Viva Villa ! a été initié par les trois résidences françaises à l’étranger – la Villa Médicis à Rome, la Casa de Velázquez à Madrid et la Villa Kujoyama à Kyoto –, il s’agit, plus largement, d’un festival de résidences (le premier et le seul à l’heure actuelle), valorisant par une exposition, des rencontres, tables-rondes, concerts, performances et lectures, toute la diversité et la richesse de l’offre française, au sein de son territoire comme en dehors. L’enjeu implicite ? Apporter des éléments de réponse à la question : « À quoi servent les résidences ? ».

Mathieu Peyroulet-Ghilini

Les deux commissaires du festival, Cécile Debray (directrice du musée de l’Orangerie) et Federico Nicolao (ancien pensionnaire de la Villa Médicis et notamment ancien directeur de programme au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris), ont choisi d’orchestrer la programmation autour de la thématique des « Frontières ». Ou, devrait-on préciser, de leur porosité voire de leur absence. À commencer par celles qui séparent traditionnellement les disciplines du champ de la création.

 

Claire Lavabre © Claire Lavabre

Contamination réciproque

Dans toute la programmation, arts plastiques, architecture et design se trouvent en effet entremêlés à bien des égards. Au sein de l’exposition, le designer Mathieu Peyroulet-Ghilini dévoile par exemple ses observations photographiques du tissu urbain japonais. Il les présente aux côtés de dessins de formes, inspirées de cet ordonnancement anarchique qui l’avait tant frappé lors de son séjour à la Villa Kujoyama. Cet enchevêtrement de pratiques est familier à une autre résidence qu’il a fréquentée : le CIRVA (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques), qui a toujours choisi de décloisonner la création. Sa directrice, Isabelle Reiher, explique : « Lorsqu’on parle de résidence artistique, cela inclut pour nous plasticiens, designers et architectes. On oublie souvent que le design est à la croisée de nombreuses disciplines. D’ailleurs, aujourd’hui, on parle plutôt d’un design d’attitude que d’un design d’objet pur ».

Laureline Galliot

La contamination réciproque du design par les arts plastiques se manifeste autant dans l’allure des objets produits, à l’image des prototypes de Claire Lavabre, à mi chemin entre luminaires et mobiles, entre fonction et ornement, que dans leur présentation. Ainsi de Laureline Galliot (cf. Intramuros N°194) qui montre au visiteur son « Lotus » abouti, en impression 3D, mais aussi une bâche tendue sur laquelle sont imprimées des captures d’écran de différentes étapes du projet.

 

Fusion des genres

Les frontières avec l’architecture et l’urbanisme se brouillent aussi, et en premier lieu dans la relation œuvre plastique/sujet d’étude, qu’incarnent les vidéastes Ila Bêka et Louise Lemoine (en 2008, ils avaient déjà dressé un portrait vidéo décalé d’une maison de Rem Koolhaas). Avec ici « Homo urbanicus », une installation de six films de 45 minutes tournés à Naples, Rabat, Saint-Pétersbourg, Tokyo, Kyoto, Séoul et Bogota, les deux artistes dessinent « les contours de la ville selon une géographie sentimentale ».

Marc Leschelier va plus loin encore dans la fusion des genres. Pour lui, « l’architecture synthétise les autres arts et s’en inspire ». Comme Hundertwasser (dans Manifeste de la moisissure contre le rationalisme dans l’architecture), il milite pour « la réunification de la trinité architecte/maçon/habitant », afin que l’architecture soit « une matière plastique et une construction sculpturale ». Sa période de résidence à la Villa Médicis l’y a aidé car, pour un architecte, elle est synonyme d’obligation à « être dans la proposition et non plus dans la réponse » (à une commande). « Circus Aedificare », l’une des dix maquettes qu’il a réalisées à Rome, relève d’un processus spontané, « un concept qui n’existe pas en architecture » : il s’agit d’une machine de production autonome qui projette de la matière autour d’elle, sans plan. Une sorte de chantier potentiellement perpétuel et sans forme prédéterminée. « S’il y a bien un moment en architecture où tous les arts coexistent, c’est celui du chantier. D’ailleurs, un chantier ressemble à l’atelier d’un sculpteur », commente l’architecte.  D’où son intérêt pour ce qu’il appelle « la pré-architecture ».

Marc Leschelier

Les œuvres de Marc Leschelier sont exposées dans la section « Archéologies futures » du parcours qui rassemble aussi les saisissantes photographies « Concrete Mirrors » de David De Beyter, savante orchestration d’éléments architecturaux familiers mais non reconnaissables, dans des paysages lunaires, ou encore les édifices imaginaires d’Amélie Scotta qui, à la mine de plomb et sur de monumentaux rouleaux de papier, donne vie à des châteaux d’eau-montgolfières et autre centrale thermique panthéonique.

David De Beyter

 

Zone de libre échange

Bien sûr, la thématique des frontières a également été explorée plus littéralement, dans son acception géographique. Au cours d’une table-ronde sur les résidences de la région Sud et leur ouverture sur l’Europe, Isabelle Battioni et Ilinca Martorell, représentantes de l’Association des Centres Culturels de Rencontre (ACCR), ont par exemple présenté deux programmes de résidence du réseau : « Odyssée » qui s’adresse aux artistes étrangers et « NORA » aux artistes réfugiés. Plusieurs intervenants ont par ailleurs insisté sur l’importance des échanges avec des résidences hors de l’Hexagone, comme la Chartreuse à Villeneuve lez Avignon qui a mis en place des « bourses de réciprocité » permettant à des résidents français de séjourner au Québec et dans plusieurs pays d’Afrique, et inversement.

Amélia Scotta et David de Beyter

Ces moments d’échanges et de débats furent aussi l’occasion de remettre en perspective les frontières, entendues comme « limites », du concept même de résidence. Thomas Schlesser, directeur de la fondation Hartung-Bergman qui accueille ponctuellement des artistes en dialogue avec des historiens de l’art, a soulevé la problématique de la « bourse » de résidence, notion juridiquement inexistante car ne relevant ni d’une rémunération dans le cadre d’un contrat de travail traditionnel, ni du droit d’auteur. Un artiste de l’assistance, au cours d’une autre table-ronde, a quant à lui questionné l’avenir nomade des créateurs, confrontés à des difficultés économiques et immobilières – pour vivre de son art, encore faut-il pouvoir produire dans un atelier – et qui trouvent dans la succession de temps de résidences des solutions provisoires mais guère viables à long terme. L’architecte Odysseas Yiannikouris, pensionnaire 2017-2018 de la Villa Médicis, a questionné la pertinence de la « non-obligation de résultat » dont se targue la majeure partie des structures d’accueil, alors même que leurs résidents ne demandent qu’à être sollicités. Car pour un plasticien comme pour un designer ou un architecte, une résidence est avant tout un outil d’insertion ou de réinsertion. C’est pourquoi, comme l’a souligné Sumiko Oe-Gottini de la Villa Kujoyama, « il ne s’agit pas seulement d’une période d’accueil mais aussi d’un accompagnement, avant, pendant et après ». En d’autres termes, la création et l’entretien d’un réseau, un réseau de résidences et de résidents dont le festival ¡ Viva Villa ! tend à consolider les fondations.

Odysseas Yiannikouris

 

 

 

Anastasia Altmayer

 

* appel à candidatures pour les résidences design 2019 au CIRVA jusqu’au 30 octobre

La Crique de Jean Baptiste Pietri : Inauguration de 145 logements à Marseille

La Crique de Jean Baptiste Pietri : Inauguration de 145 logements à Marseille

A deux pas des calanques, l’agence Pietri Architectes signe à Marseille un projet ambitieux. Inauguration de la Crique à ne pas manquer !

Originaire du sud-est de la France, Jean Baptiste Pietri affectionne tout particulièrement sa région d’origine. A la tête de son agence depuis 2001, l’architecte défenseur d’une certaine poésie en architecture, dévoile à Marseille son dernier projet : La Crique. Retour sur un projet ambitieux.

A deux pas du massif des calanques, au pied de la montagne de l’aigle, le projet doit accueillir 145 logements. Composé de deux volumes, l’ensemble marque par son apparence organique. Les lignes courbes de la façade serpentent dans le paysage. Entre les montagnes et les pins parasols, l’intégration au site est à la fois douce et silencieuse.

La séparation des deux volumes permet entre autre, la mise en place d’une faille, en référence aux calanques. Cette dernière laisse entrevoir un magnifique jardin paysager de garrigue méditerranéenne. Véritable coeur végétal de la parcelle, il est aussi le centre névralgique du projet dont il rassemble tous les accès, permettant aux habitants de jouir de la végétation au quotidien.

Le décrochement des terrasses donne l’illusion de gradins, où l’exposition nord-ouest permet l’intégration systématique de jardinières plantées. L’ensemble renvoie ainsi à l’image de la restanque et fait échos aux caractéristiques du site dans lequel le projet est inscrit.

Réalisée dans un contexte géographique difficile, à partir de matériaux simples, le projet de l’agence Pietri Architectes témoigne d’une nouvelle manière de penser l’identité de Marseille.

 

 

Photographies :  Luc Boegly

« Du Grand Paris, à Paris en grand »

« Du Grand Paris, à Paris en grand »

Confié en juin dernier à l’architecte Roland Castro, le rapport commandé par Emmanuel Macron sur le Grand Paris est enfin rendu public. L’architecte y esquisse une réponse personnelle et originale aux interrogations sur l’avenir de la métropole parisienne.

 

Aujourd’hui d’actualité, la réflexion de Roland Castro sur le Grand Paris ne date pourtant pas d’hier ! Entamée en 1983, ou il imagine Banlieue 89 avec son confrère Michel Cantal Dupart un premier plan pour la métropole, elle ne cesse depuis d’évoluer et de se préciser. Retour sur ce qu’il faut retenir du « Paris en grand » de Roland Castro.

Le Grand Paris aujourd’hui : un constat brutal

Dès les premières lignes de son rapport, Roland Castro déplore la situation actuelle de la métropole parisienne dont la survie ne tient d’évidence qu’à l’inertie. Aucune innovation depuis le plan Prost, des dégâts considérables avec le Mouvement Moderne, la suppression du département de la Seine, ou encore l’incohérence des villes nouvelles. L’architecte de banlieue 89 ne mâche pas ses mots quand il s’agit du projet du Grand Paris.

Pourquoi Relancer le Grand Paris maintenant ?

Il existe pour Roland Castro au moins 7 bonnes raisons, de relancer le projet du Grand Paris aujourd’hui en perte de vitesse :

  1. Climatique et environnementale: canicules, pollutions, inondations nous imposent de réfléchir hors limite et collectivement à une bonne échelle territoriale.
  2. Sociale : une série d’urgences particulièrement prégnantes sur ce territoire appelle à une action d’envergure à l’échelle de l’agglomération (misère, exilés…).
  3. Sociétale : le Dataïsme, et la virtualisation du monde réveille le besoin d’habiter le lieu, de rencontrer l’autre physiquement, de travailler avec d’autres être humains.
  4. Infrastructurelles: certaines opportunités comme le Grand Paris Express sont des réalités en devenir mais néanmoins certaines.
  5. Evénementielles : l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024 est un accélérateur obligatoire de la fabrication urbaine, d’harmonisation de production de la beauté, de valorisation de la ville.
  6. Economiques : le Brexit donne une très grande opportunité en termes d’attractivité à Paris et à la France.
  7. Les initiatives innovantes : depuis quelques années les initiatives innovantes se multiplient et proposent des concours d’un genre nouveau, les Réinventer(Réinventer Paris, la Seine, la métropole du Grand Paris….).

Pour répondre à ces problématiques métropolitaines, Roland Castro propose de passer du Grand Paris à Paris en grand. Qui pour s’imposer comme nouveau modèle de métropole mondial doit être beau, Castro insiste. Et il ne sera beau qu’à certaines conditions :

Un Paris en grand oasis et soutenable 

Rattrapée par la question climatique, Paris doit absolument devenir un grand oasis métropolitain où la question de la nature est intiment liée à l’habitat.

Un Paris en grand polycentrique et attractif

L’obsession de l’activité économique ne doit pas dicter la ville. Il est important de renouer avec l’image du village et sa valeur ajoutée.

Une Paris en grand hospitalier

La métropole parisienne se doit impérativement d’accueillir dignement les exilés, de plus en plus nombreux, à arriver en France.

Un Paris en grand doux et circulable

De nos jours, les premières mobilités sont pédestres, cyclables, glissantes, autonomes et individuelles. C’est à partir de cet état de fait qu’il faut penser les mobilités accessibles à tous.

Un Paris en grand intelligent et innovant

La ville  numérique n’est pas à rejeter dès lors qu’elle contribue à l’optimisation des flux pour rendre la ville plus efficiente.

Un Paris en grand rayonnant

Paris exerce une fascination toute particulière du fait de son caractère de ville-monde, son cosmopolitisme. Elle doit pour Roland Castro donner à se perdre dans une éblouissante succession de sollicitations et d’émotions.

 

Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les États-Unis, comme beaucoup d’autres pays impliqués dans le conflit, doivent faire face à un nombre important de demande de logements. Les soldats de retour au pays ont en effet besoin de se loger rapidement. Face à cette forte demande, le programme « Case Study House » est lancé sur la côte ouest. De 1945 à 1966, 36 projets seront réalisés par de grands architectes de l’époque. C’est le cas de la maison Eames, case study n°8, conçue par le couple américain Charles et Ray Eames. L’idée principale de ce programme était bien évidemment de construire un logement de manière économique et fonctionnel, avec les technologies de l’époque tout en étant adapté au mode de vie moderne de l’après-guerre.

 

 

Charles Eames, architecte, s’entourent d’abord de Eero Saarinen, confrère d’origine finlandaise. Ensemble, ils conçoivent une maison sur deux niveaux, située au cœur des collines de Los Angeles. Proche de la mer, à l’ombre des arbres, l’emplacement est idéal. La construction prend du retard, suite aux retombées économiques de la guerre, mais c’est finalement en 1949 que la maison verra le jour. Pour des raisons budgétaires, Charles Eames modifiera les plans afin d’utiliser des éléments métalliques commandés par erreur en avance. L’ossature est en acier. En une journée et demie, celle ci était apte à recevoir les remplissages en verre ou en béton colorés. Ces derniers composent la façade telle une oeuvre du peintre Mondrian.

 

L’atelier et le séjour disposent tous deux d’une double hauteur. L’organisation des espaces semblent s’effectuer de manière très rationnelle dans des espaces rectangulaires, régis par la structure métallique préfabriquée. Au nord du projet sont disposés ateliers et pièces sombres, sur deux niveaux. Au sud se trouvent les espaces de vie : cuisine, salle de bain et chambres, séjour… Deux parties composent la maison, séparé par un patio : une à un but résidentiel, alors que l’autre sert d’atelier. Sa proximité avec son environnement en fait un lieu plaisant pour le couple Eames qui y séjourna quelques temps. Ils y incluent une dimension japonisante, avec de grands espaces disponibles et une atmosphère chaleureuse.

 


Au-delà d’être architecte, Charles et Ray Eames ils sont également réputés dans de nombreuses autres demain : le design graphique, le textile, la cinématographique, la scénographie ou encore la confection de mobilier design. C’est à ce couple que l’on doit la réalisation de chaises et de fauteuils au design emblématique des années 80 comme la Plastic Chair, la Chaise Eiffel Tower ou encore la Eames Lounge Chair et son repose-pied.

 

house_eames_inside_interieur

Disparition de Robert Venturi

Figure emblématique du postmodernisme, l’architecte américain Robert Venturi s’est éteint le 18 septembre 2018 à 93 ans.  

Diplômé de la prestigieuse université de Princeton en 1947, il poursuit ses études à l’Académie Américaine de Rome avant de collaborer entre autre avec Eero Saarinen ou encore Louis Khan, pour finir par ouvrir sa propre agence où il travaillera plus tard avec sa femme Denise Scott Brown.

Il conçoit de nombreux projets et reçoit le prestigieux Prix Pritzker en 1991, mais c’est avant tout son oeuvre théorique qui lui vaut sa renommée. Auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels le fameux Complexity and Contradiction in Architecture publié par le Muséum of Modern Art de New York en 1966 ou encore Learning from Las Vegas paru chez MIT Press en 1972.

Avec sa disparition, le monde de l’architecture vient de perdre un géant du XXème siècle.

L’Atelier de la Falaise, quand la nature se met au service de la création artistique

Charles Côté et Jean-Sébastien Herr, fondateurs de l’agence montréalaise MU Architecture, viennent de dévoiler un de leurs derniers projets : L’Atelier de la Falaise, un garage contemporain transformé en atelier d’artiste suspendu. 

Cet atelier d’artiste aux lignes franches et dynamiques, s’inscrit dans le paysage de la campagne des Laurentides non loin du lac Deauville. Erigé au dessus des falaises du lac, il se démarque des montagnes environnantes par sa singularité et son revêtement en bois gris pré-vieilli.

Le volume aux allures de grange, étendu sur près de 500m², accueille deux garages superposés, un atelier, une grande pièce de création et une mezzanine. Véritable oeuvre architecturale en cohésion avec la nature, il offre une vue à couper le souffle sur le paysage qui lui fait face.  Pour renforcer cette connivence avec son environnement, il dispose d’une structure composée de colonnes inclinées faisant écho à la forêt qui l’entoure. La légèreté apportée par la passerelle aérienne qui le connecte à la résidence principale, se retrouve également à l’intérieur de ses espaces. En effet, pensé comme un endroit propice à la réflexion et à la création, l’atelier baigne dans une atmosphère sereine émanant de la forêt.

A la fois intimiste et ouvert sur le lac, le volume se tourne en direction du nord afin de recevoir les rayons du soleil sur ses flancs. Pouvant abriter de grands formats de toiles, le jeu minimaliste des surfaces et la rigueur des alignements participent à la mise en scène des oeuvres tout en préservant la concentration et la liberté créatrice de l’artiste dans cet espace sensible.  Sous un grand plafond ininterrompu, la mezzanine offre un espace de détente et de jeu. Pourvue d’un volume central avec salle de bain, elle abrite un espace pour enfant doté d’une hauteur encore plus vertigineuse.

Enfin, ses concepteurs, ont accordé une importance toute particulière à la qualité des détails. Ainsi, le revêtement du plancher de cette plateforme aérienne se matérialise par un béton poli réfléchissant la lumière. Un choix esthétique accentuant d’avantage la sensation de vertige et rendant l’expérience de cet espace encore plus surprenante.

Autre détail subtil, par son sens métaphorique : le garde corps de l’escalier. Celui-ci se déploie au centre du volume agissant comme un élément connecteur majestueux, faisant également référence au geste de l’artiste esquissant ses premiers coups de pinceau sur la toile.

L’Atelier de la Falaise est un lieu d’expression où l’architecture nous plonge dans la contemplation de la nature et dans l’inspiration créatrice.

Équipe : Charles Côté, Jean-Sébastien Herr, Magda Telenga, Monica Guerreiro

Photograpies de Ulysse Lemerise Bouchard

Disparition d’Alan Davidson, pionnier de la visualition numérique architecturale

Disparition d’Alan Davidson, pionnier de la visualition numérique architecturale

Alan Hayes Davidson, véritable pionniers de l’imagerie en architecture, est décédé à l’âge de 58 ans. Il fût l’un des premier à utiliser l’ordinateur pour créer des images numériques réalistes de bâtiments.

Qui aurait imaginé qu’après avoir suivi des études en architecture à Edimbourg, Alan Davidson révolutionnerait l’industrie de l’architecture et ses modes de représentation en apportant à toute une nouvelle génération d’architectes des techniques offrant la possibilité de se rapprocher au plus près de la réalité.

Après s’être installé à Londres en 1986, il se familiarise à l’imagerie en intégrant l’équipe de Richard Rogers Partnership – devenu par la suite Rogers Stirk eHarbour + Partners. A cette époque, les rendus architecturaux était produits à la main par des artistes travaillant à la plume et à l’encre ou la peinture. Des outils à mille lieux de ceux utilisés aujourd’hui pour réaliser des perspectives et nécessitant un temps considérablement plus long. C’est avec l’aide d’ordinateurs Apple Macintosh, du logiciel d’animation graphique Electric Image utilisé notamment par les studios d’Hollywood et d’un tout nouveau logiciel de manipulation d’images appelé Photoshop, que Alan Davidson a commencé à produire des images pour son ancien employeur, Richard Rogers Partnership.En 1989, Alan Davidson fonde son studio de visualisation, Hayes Davidson, la première société entièrement consacrée à la production d’images de synthèse pour le milieu de l’architecture, réalisant ainsi des rendus photo-réalistes pour des architectes comme Renzo Piano avec The Shard ou encore pour la célèbre agence de renommée mondiale Foster and Partners avec Gherkin.

Il est, par la suite, devenu un des avant-gardes de la production d’images vérifiées – des représentations numériques précises de structures proposées sur de vraies photographies créées à l’aide de données d’arpentage combinées à des représentations réalistes du matériau du bâtiment et des qualités de réflexion de la lumière.

Les images vérifiées, contrôlées par le studio de visualisation comme étant exactes, sont devenues un outil essentiel pour les architectes, leur permettant d’expliquer aux planificateurs et au public à quoi ressembleraient leurs créations une fois construites. C’est aussi un moyen pouvant être utilisés comme preuve si un bâtiment proposé est soumis à une enquête publique.

«Sans Alan, je me demande parfois si nous aurions construit le Shard. Les images produites par son équipe ont été déterminantes pour remporter l’enquête publique: elles étaient parfaites. À l’époque, Hayes Davidson était dans une ligue à part et Alan était le pionnier d’une profession émergente. » explique avec émotion William Matthews, de William Matthews Associates.

 

En 2012, Alan Davidson a été diagnostiqué avec la maladie du motoneurone  et durant les dernières années de sa vie, des fonds ont pu être amassés grâce à son organisme de bienfaisance Alan Fondation Davidson  visant à récolter des dons pour la Motor Neurone Disease Association.