Eclairage: Interfaces intelligentes avec la gestion

Eclairage: Interfaces intelligentes avec la gestion

Interfaces intelligentes avec la gestion
DALI PRO, Molsheim
Designers, Philippe Riehling et Marine Giorgetti

Au cœur de son siège social à Molsheim, Osram a aménagé une salle de démonstration, véritable vitrine de son savoir-faire. La pièce est découpée en trois zones : une table de réunion avec écran de projection, des linéaires reconstituant la présentation classique de rayonnages dans une grande surface et un espace boutique mettant en scène divers articles de couleur. À l’entrée, la suspension LunisR équipée d’un tube T5 circulaire accueille le visiteur. Au-dessus de la table de réunion, un plafond en toile tendue a permis de réduire la grande hauteur du local (plus de 6 m) et d’installer un rail avec trois luminaires T5 (Quadrature2 équipés du système breveté d’orientation de la lumière ELDACON® développé par Siteco) qui offrent une diffusion directe-indirecte avec un éblouissement très réduit (UGR inférieur à 16). Des tubes T5 ont aussi été utilisés pour les luminaires asymétriques dédiés aux linéaires, disposés sur deux types de rails différents, l’un permettant d’orienter le flux sur les articles présentés, l’autre sur les murs. L’espace boutique est éclairé entièrement en LED avec des appareils encastrés orientables, des spots et des suspensions. Certains encastrés permettent une modification de la température de couleur. L’espace de réunion peut être piloté à l’aide d’une télécommande dotée de 4 boutons qui permettent de choisir le mode de diffusion de la lumière (direct, indirect ou les 2), de réduire l’intensité côté écran de projection, de faire varier l’intensité des Quadrature2, et enfin de sélectionner différentes ambiances lumineuses. Par ailleurs, un écran tactile mural permet de commander chaque appareil de façon indépendante et d’adapter l’éclairage à la zone du local qu’on aura choisi d’utiliser.

www.osram.fr

Interfaces intelligentes avec la gestion

Hervé Plackowski, responsable Systèmes de gestion, Osram France
« Apporter des services à la maîtrise d’œuvre »

Hervé plackowski« La gestion en éclairage est perçue comme compliquée et difficile à mettre en œuvre : c’est pourquoi Osram a mis en place des formations sur les produits, leur installation, la programmation. Avec la RT2012, la demande s’accroît pour les applications tertiaires où seule une gestion adaptée de l’éclairage permet de maîtriser les consommations. Les produits sont disponibles depuis longtemps, mais le surcoût de l’investissement était resté un frein, et le marché vient juste de décoller. La baisse des prix, un raisonnement en coût global, des performances accrues et le développement de services envers les prescripteurs, les installateurs et les clients finaux, sont autant de leviers qui conduisent au déploiement des systèmes de gestion. »

 

 

Eclairage: Centre de recherche Inria

Eclairage: Centre de recherche Inria

Centre de recherche Inria,
Lille-Nord Europe
Architectes: Urbalinea

L’Institut rayonne sur le territoire français à travers ses 8 centres de recherche. Celui de Lille-Nord Europe, créé en 2008, qui compte aujourd’hui 345 personnes dont 225 scientifiques répartis en 17 équipes de recherche, vient d’inaugurer un second bâtiment, conçu pour répondre à une certification HQE Exploitation.

Il se compose d’une part, de bureaux fermés pour 2, 3 ou 4 collaborateurs (17 m², 21 m² et 35 m²) et d’autre part, de plateaux ouverts et d’espaces de convivialité. Dans un objectif de confort des utilisateurs, mais aussi pour des raisons d’économies, une attention toute particulière a été portée à l’éclairage des espaces de travail, premier poste de dépense énergétique en entreprise.

La lumière naturelle et la transparence, largement privilégiées, ont été associées à un éclairage artificiel réalisé avec des lampadaires sur pied à LED de Regent, équipés de détection de présence et de luminosité.

 

Centre de recherche

 

Le LevelCLD 100 % LED, au design épuré et minimaliste, se fond dans l’environnement de travail et répond aux plus hautes exigences environnementales (BBC, HQE, RT2012) avec une consommation de seulement 6 W/m².

Regent a accompagné l’Institut en dispensant des formations pour la bonne utilisation de ses luminaires tandis qu’un affichage dynamique en interne diffuse des informations portant sur les performances du bâtiment, le retour sur investissement, le calcul de la consommation énergétique de l’éclairage…

www.regent.ch

 

Centre de recherche

 

 

Stéphane Attali, directeur France, Regent Éclairage

« La gestion pour une lumière sur-mesure »

Stephane Attali« Nos produits séduisent par leur modularité – les lampadaires sur pied peuvent être déplacés aisément pour s’adapter à l’architecture des bureaux – et par leur performance énergétique. Toutes nos nouvelles gammes sont équipées de sources LED, peu énergivores et qui intègrent des détecteurs de présence et de luminosité. Nombre de nos lampadaires, comme le Level CLD LED 110 W, utilisé à l’Inria, comprennent le système de gestion SensoDim®, avec poussoir sur mât qui permet à l’utilisateur de choisir le mode d’éclairage le plus approprié à ses besoins. Afin de rendre l’environnement de nos clients encore plus agréable, nous proposons à chacun des prestations de service complètes, tant en ce qui concerne l’installation que l’utilisation de nos luminaires. »

 

Crédit photos: Alexandre Martin

Eclairage: Hôpital Ikazia

Eclairage: Hôpital Ikazia

Hôpital Ikazia,
Rotterdam, Pays-Bas
Architectes, EGM B.V., Dordrecht

Dans le classement des 100 meilleures cliniques établi par le quotidien néerlandais « AD » pour 2011, l’hôpital d’Ikazia à Rotterdam arrive en deuxième position. Depuis les années 80, l’établissement travaille en étroite collaboration avec le cabinet d’architectes EGM de Dordrecht. Leur dernière intervention concerne la carte de visite architecturale de l’hôpital : l’entrée principale avec l’accueil d’urgence.
À travers la façade vitrée, tout l’accueil est visible de loin. Les murs intérieurs éclairés par des appareils à faisceau mural produisent, à la tombée de la nuit, un effet attrayant, tel un cube transparent irradiant de lumière.

Hopital Ikazia3

Les surfaces claires contribuent aussi, par leur degré élevé de réflexion, à l’efficacité énergétique de l’éclairage, tout comme l’utilisation généralisée d’appareils encastrés à LED ERCO de la gamme Quintessence. Selon la hauteur du plafond, ils sont équipés de LED de 27 W ou 40 W en blanc chaud. Agréables et confortables, les zones d’attente se distinguent des zones de circulation et de service par un éclairement plus faible.
La lumière blanche et chaude des downlights et des appareils à faisceau mural à LED assure un rendu des couleurs d’excellente qualité (supérieur à 90) pour une température de couleur chaude de 3 000 K qui contribue au sentiment de bien-être. Le concept lumière dispense un éclairage fonctionnel, adapté à chaque zone, qui facilite l’orientation du visiteur tout en redéfinissant l’espace architectural.
www.erco.com,

 

Hopital Ikazia

David Madéore, directeur Études & Prescriptions, Erco

David Madéore« L’efficacité d’un concept d’éclairage passe par une étude approfondie des besoins »

« S’il est vrai que la LED permet de mettre en place un éclairage fonctionnel efficace avec des outils de gestion automatiques, un éclairage ne peut être intelligent que s’il tient compte des besoins des utilisateurs et de leur bien-être. À la performance des luminaires s’ajoute une étude qualitative de l’éclairage qui s’appuie sur plusieurs critères fondamentaux : le choix de la source, du mode d’éclairage, des optiques et la gestion de la lumière. Ceci est d’autant plus vrai dans un hôpital. À Ikazia, la création d’un zonage en jouant sur les intensités, la technologie maîtrisée des optiques appropriées, l’éclairage vertical, la gradation, ont contribué au confort des utilisateurs sans sacrifier à l’efficacité énergétique. »

 

 

Crédit photo: Thomas Mayer

Smart lighting

Smart lighting

Un éclairage qui s’allume et s’éteint tout seul, déclenché par la seule présence ou le mouvement furtif d’une personne, qui modifie son intensité en fonction de celle de la lumière naturelle, qui change de couleur, qui se commande à distance…

Des informations qui passent d’un luminaire à un autre, d’une pièce, voire d’un étage, à l’autre… Des scénarios audacieux pour des ambiances variées… À l’intérieur comme à l’extérieur, les systèmes de gestion intelligents redynamisent la lumière qui obéit au doigt et à l’œil.

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De la simple variation jusqu’à la gestion centralisée en passant par la détection de présence et de luminosité, les systèmes de contrôle de l’éclairage marquent de façon radicale l’évolution technologique déjà amorcée par l’arrivée des LED. Outre une qualité de lumière améliorée, et donc un meilleur confort visuel, ils permettent d’obtenir des réductions des consommations et du coût global de l’installation non négligeables dans un contexte économique difficile et une règlementation exigeante. En effet, l’arrêté du 3 mai 2007, pour la rénovation, et la RT2012 pour le neuf, indiquent les contraintes de mise en œuvre de dispositifs automatiques. En France, l’éclairage représente plus de 10 % des consommations totales d’électricité (Avis de l’ADEME, février 2013). Premier poste de consommation dans le tertiaire neuf, il devient donc aussi un levier important d’économies d’énergie. Comment ? Par l’utilisation de sources peu énergivores – lampes fluorescentes et à LED occupent le devant de la scène – la mise en œuvre de luminaires à haut rendement et le recours de plus en plus fréquent à des systèmes de gestion.

Gérer l’éclairage devient donc quasiment obligatoire : variation, allumages/extinctions déclenchées par programmation horaire ou détection de mouvement, maintien et adaptation du niveau d’éclairement en fonction des apports de lumière du jour, communication entre luminaires, changements de teinte de lumière, couleur, constituent autant d’outils pour maîtriser les consommations tout en bénéficiant d’une lumière adaptée aux besoins de chacun. Les protocoles ouverts et systèmes de communication intelligents DALI (Digital Addressable Lighting Interface), LON (Local Operating Network) KNX (Konnex) permettent d’ajouter à ces automatismes des fonctions de recueil d’informations et de télégestion. On peut ainsi piloter et paramétrer l’ensemble du bâtiment en intégrant plusieurs fonctions comme l’éclairage, le chauffage, les volets roulants. Par exemple, Philips Lighting, en partenariat avec Somfy, spécialiste international dans le domaine de la commande des volets, des stores automatisés et des systèmes de gestion de façades, a créé « Light Balancing », outil qui s’appuie sur une approche entièrement intégrée pour la gestion des niveaux d’éclairement et de la température des environnements intérieurs. (Grand Prix de l’alliance de compétences décerné à Batimat 2013).

La régulation de l’éclairage commence par la variation en remplaçant les interrupteurs par des boutons-poussoirs ou d’une télécommande. Cette dernière est particulièrement appréciée dans les salles de réunion où le besoin en lumière peut changer en fonction des tâches à réaliser et des utilisateurs. Un récepteur encastré dans le plafond et un boîtier de commande mobile ou fixé au mur permettent allumage et gradation. Ce simple système de variation permet déjà de réaliser 30 % d’économie, qui viennent s’ajouter à celles dues au remplacement des anciens éclairages par des lampes et luminaires plus efficaces.

 

Les détecteurs de mouvement, premier gisement d’économies

Ces capteurs déclenchent l’allumage ou l’extinction de l’éclairage en répondant à la présence et/ou au mouvement du corps dans la zone de détection. Le détecteur utilise des technologies passives infrarouges ou actives radio hyperfréquences ou ultrasonique. Le capteur est couplé à des composants électroniques traitant le signal. Intégré ou non dans le luminaire, ce système simple peut commander un ou plusieurs appareils, ou être relié à une gestion centralisée afin de gérer plusieurs espaces ou piloter plusieurs fonctions. Conformément aux arrêtés du 1er août 2006 relatifs à l’accessibilité des personnes handicapées, la plupart assurent une extinction progressive ou la conservation d’un faible niveau d’éclairement (éclairage de veille), dans les circulations par exemple.

La détection de mouvement commence à être utilisée en éclairage extérieur : une première installation a été réalisée en 2012 sur une piste cyclable et piétonne à Vif (Isère). Chacun des 67 lampadaires à LED est équipé d’un capteur (LumiMotion® de Philips) par radio fréquence, placé en partie arrière du mât, à 500 mm en dessous de chaque luminaire. En mode veille, l’éclairage permanent reste à 10 % du flux lumineux. Tous les appareils communiquent entre eux : lorsqu’un cycliste ou un piéton s’approche du premier lampadaire, ce dernier monte en puissance à 100 % en 4 secondes et envoie un signal aux 3 lampadaires suivants ; lorsque l’usager s’approche du 2e lampadaire, celui-ci envoie à son tour une information au suivant, de sorte que 4 luminaires sont allumés à 100 % en permanence. L’extinction du premier luminaire a été temporisée à 1 minute, laissant largement le temps à un cycliste ou un piéton de franchir l’interdistance d’environ 20 m qui le sépare du prochain point lumineux. La généralisation de la détection de présence en extérieur dépendra de son acceptation par les utilisateurs des voies.

En intérieur, l’extinction progressive devient un standard dans les parties communes (circulations, escaliers, sanitaires), les LED permettant de courtes durées d’allumage et des extinctions fréquentes sans nuire à la durée de vie des appareils. Havells-Sylvania propose notamment des modèles avec une temporisation ajustable de 10 secondes à 30 minutes. L’utilisation de détecteurs de présence seuls peut aboutir à des économies de 40 % ; et jusqu’à 70 % en y associant des détecteurs de lumière du jour.

 

Détecteurs de lumière du jour pour un niveau d’éclairement constant

On peut trouver aussi le terme « détecteur de luminosité ». Le capteur déclenche l’allumage de l’éclairage artificiel lorsque les apports de lumière naturelle sont insuffisants et peut également réguler en continu l’éclairement de façon à maintenir un niveau constant prédéfini. Ils sont installés séparément ou pré-intégrés dans les luminaires. C’est le cas du SensaLite de Thorn : le choix dépend de la configuration des locaux, de leur taille et également de l’implantation des luminaires. En effet, les appareils peuvent être positionnés de façon judicieuse pour procurer une bonne répartition de la lumière mais ne pas correspondre à des emplacements adéquats en ce qui concerne la détection de lumière du jour. Installer un capteur à la porte d’entrée n’est pas toujours le meilleur choix, celle-ci étant le plus souvent éloignée des zones de travail. Il faut donc procéder à une analyse fine des besoins afin d’opter pour la solution la plus appropriée.

De même, le DALI CB Type 1 de GE Lighting propose les deux types de détection associés à un choix de 4 séquences préprogrammées : 100 % du flux, 70 %, 50 % et 30 %, laissant à l’utilisateur la liberté d’adapter l’éclairage à la tâche de travail. Flexibilité aussi pour OriDIM de Havells-Sylvania dédié aux applications tertiaires, qui offre la possibilité de personnaliser l’installation selon les besoins par la programmation de différents scénarios tout en bénéficiant de fonctionnalités telles que détection de présence et gradation automatique en fonction de la lumière du jour.

 

Des mises en lumière à la carte

Avec une gestion fine des ambiances et une flexibilité de l’installation d’éclairage, il est possible d’enregistrer plusieurs scénarios que l’utilisateur peut activer simplement et modifier selon ses besoins. Ces systèmes permettent de programmer des ambiances lumineuses, de les mémoriser et de les activer d’un simple geste. Le signal est envoyé au récepteur infrarouge qui commande un ou plusieurs luminaires, les mouvements de lumière, la variation de niveaux d’éclairement ou même celle de températures de couleur des sources de lumière. Ce dispositif est peu coûteux du point de vue de l’installation électrique (plus d’interrupteurs ni de câblage vertical), ce qui permet de réadapter facilement l’éclairage en cas de reconfiguration de l’espace de travail.

Ainsi, le Light System DALI d’ERCO s’appuie sur cette technologie avec des appareils adressables individuellement, au service du confort visuel et de l’éclairage scénographique. L’intégration de composants logiciels et matériels donne l’exemple en matière de confort d’utilisation : configuration ergonomique de scènes d’éclairage complexes grâce au logiciel Light Studio, enregistrement de multiples données système et données scéniques dans le Light Server 64+, et utilisation intuitive au quotidien avec l’appareil de commande mural Light Changer+. Grâce aux ports Ethernet et aux entrées numériques à commutateur, il est facile de connecter le Light System DALI à des solutions de commande multimédia, à des boutons-poussoirs ou à des capteurs.

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Hopital Ikazia by Erco

 

Chez Zumtobel, le physicien Dr. Walter Werner lançait, dès 1991, le Luxmate Professional, qui n’a cessé de se perfectionner depuis pour proposer aujourd’hui différentes gammes avec des fonctions à la carte : gradation, détection de mouvement et de lumière du jour, gestion de plusieurs locaux, commande associée de l’éclairage et des stores, mises en scène lumineuses dynamiques de façades extérieures.

Toujours pour des applications intérieures, Vossloh-Schwabe, fabricant de composants de l’éclairage (groupe japonais Panasonic) a développé LiCS qui fonctionne sous protocole DALI. La mise en service ne nécessite pas de périphérique supplémentaire : toutes les configurations sont effectuées directement sur l’appareil. Une fois que les connexions sont réalisées, le système va adresser chaque ballast ; l’utilisateur peut constituer des groupes, par exemple, le groupe 1 pour les luminaires des circulations, le 2 pour ceux côté fenêtre, le groupe 3 pour les appareils côté couloir, etc. Comme pour tous les matériels sous DALI, il est possible de piloter 64 adresses en tout et de créer jusqu’à 16 groupes.

Intelligence également au service du confort avec ActiLume, système de commande DALI de Philips Lighting, qui permet de réaliser 75 % d’économies d’énergie (en mode complètement automatique et lorsqu’il est utilisé avec les ballasts Philips HF-Regulator EII Touch et DALI). ActiLume se compose d’un détecteur et d’un contrôleur qui s’intègrent aisément aux luminaires, une solution « plug & play » pour les bureaux individuels (pilotage de 4 luminaires) ou paysagers (jusqu’à 11 luminaires).

Pour le maître d’ouvrage, ces systèmes permettent d’optimiser les économies importantes dues au seul changement de lampes et luminaires, en palliant la négligence des utilisateurs qui ne pensent pas à éteindre ou moduler leur éclairage. Mais des études commencent à apparaître qui montrent que ces économies « automatiques » ne sont au rendez-vous que si les besoins des utilisateurs ont été pris en compte, et, pour la gestion centralisée, si les systèmes sont entretenus. Pour l’utilisateur, une gestion de l’éclairage réellement intelligente, et qui a des chances d’être acceptée, est celle qu’il peut s’approprier, parce qu’elle lui laisse la possibilité de déroger à ces automatismes garde-fous, et d’adapter son éclairage à son vrai besoin.

 

L’intelligence programmée

La lumière naturelle est loin d’être statique : de l’aube au crépuscule, elle varie sans cesse. C’est pourquoi Trilux offre la possibilité de faire varier également l’éclairage artificiel en température de couleur. Grâce à une accentuation ciblée des composantes bleues de la lumière du jour, l’être humain est conforté dans son biorythme naturel. De plus, des applications avec configuration décorative de couleur sont recommandées dans de nombreux domaines recevant du public. Les systèmes DALI Easy et DALI Dynamic Control sont appropriés pour le réglage individuel de n’importe quelle couleur de lumière ainsi que pour des courbes de couleurs dynamiques à commande horaire.

Chez Osram, « la bonne lumière dans la bonne quantité au bon endroit et au bon moment permet de stimuler notre activité et d’améliorer notre sensation de bien-être. Outre les aspects techniques et architecturaux, les systèmes de gestion jouent un rôle important dans la définition d’une lumière de haute qualité. » Ainsi, le Dali Professionnel convient aux applications complexes pour le contrôle de pièces et d’étages, par la régulation de l’éclairage artificiel en fonction de la lumière du jour, la variation de couleurs et les effets dynamiques. Tous les réglages peuvent être effectués simplement grâce au logiciel disponible sous Windows® pour PC et via le port USB. Une installation « Plug&Play » est préconfigurée pour une utilisation instantanée sans aucune procédure de démarrage complexe. Il est possible de connecter ensemble quatre lignes DALI avec un total de 256 ballasts électroniques.

Interfaces intelligentes avec la gestion

La lumière se colore également en extérieur, notamment dans les illuminations de façades, de jardins, où les scénarios sont orchestrés à l’aide de systèmes de gestion mettant en œuvre des changements de couleur, programmés au rythme des saisons, des événements, des heures, etc.

Dans les bureaux, les établissements d’enseignement, les commerces, les musées, les rues ou les places, comme en témoignent les réalisations présentées dans les pages qui suivent, l’éclairage s’adapte, se conçoit sur mesure, qu’il s’agisse de réaliser des économies d’énergie, de dynamiser un espace de vente, de préserver des œuvres, de mettre en valeur des éléments architecturaux, d’obtenir des effets colorés. C’est par l’intelligence programmée des systèmes de gestion que la lumière se module pour épouser une forme, un mouvement, une couleur, et se laisse guider, dématérialisée, pour mieux servir le bien-être de tous. Isabelle Arnaud

Concours Acier 2014

Concours Acier 2014

Bon an, mal an, ConstruirAcier, l’organisme de promotion de la filière acier dans le BTP, poursuit son action pédagogique dans les écoles d’architecture, mais encore celles de design et d’architecture intérieure. Points d’orgue de cette action, des concours sont organisés entre étudiants sur ces deux fronts, avec des candidatures libres ou bien encadrées, voire intégrées à l’enseignement.

Concours Acier 2014
1er prix Architecture: Projet de reconstruction de la gare de Nantes

 

Pour les étudiants en architecture, le thème retenu cette année était la création d’un pôle d’échanges multimodal, sans contrainte de taille ni de type d’opération, implantation neuve ou restructuration d’un site existant. Dans la conception de ces lieux, la définition de l’espace public en termes de flux et d’accessibilité prend le pas sur la conception du bâtiment, ce dernier devant apporter l’ouverture, la fluidité et la lisibilité souhaitées, sans jamais verrouiller le lieu. Un écueil que la construction métallique s’emploie à éviter par son aptitude à libérer l’espace et à le couvrir en captant la lumière au moyen de grandes portées et d’un encombrement structurel réduit.

Le premier prix du Concours Acier 2014 – dont le jury était présidé par l’architecte Odile Decq – revient au projet “Tram on way” (Nicola Barbisan, Victor Martial, Nathalya Yankovska / ENSA Nantes), refondation-reconstruction de l’actuelle gare de Nantes scindée en deux pôles, nord et sud, avec un passage sous les voies pour liaison et desserte des quais. Cette bipolarisation qui occasionne une redondance des services, complique le fonctionnement et brouille l’image de la gare, contribue de surcroît à creuser l’écart entre la ville historique et les quartiers périphériques. Pour y remédier, un nouveau bâtiment voyageurs est érigé en franchissement au-dessus des voies, doublé d’une large chaussée empruntée par le tramway depuis la ligne existante en direction des quartiers excentrés (Malakoff…). Extrudé d’un seul tenant, le bâtiment ouvre sur un long parvis en regard de la ville et avance en porte-à-faux sur la place actuelle, dessinant un pignon signalétique dont le profil varie sur la longueur de l’ouvrage. La fluidité des parcours, la clarification du fonctionnement et la lisibilité urbaine font de ce projet une contribution séduisante à la réflexion engagée sur la gare par la métropole nantaise.

Concours Acier 2014
2ème prix Architecture: Projet de rénovation de la gare de St Denis

Le deuxième prix revient à une autre gare existante au fonctionnement problématique, celle de Saint-Denis marquée par la présence d’un talus ferroviaire à l’approche du canal à franchir. La proposition (Héloïse Guilmin, Romaric Perrot / ENSA Paris-La Villette et Mathilde Florentin / ESTP + ENSAPLV) s’appuie sur une analyse des lieux et des parcours spatio-temporels pour simplifier une situation confuse sans renoncer à la variété des cheminements et à la richesse des situations. Le bâtiment voyageurs existant est étoffé de commerces, de services et d’équipements adossés des deux côtés à la convergence d’un large passage sous le talus. Sur cette esplanade double face, les bâtiments font acte de présence en affirmant leur appartenance au pôle d’échanges par des alignements de portiques métalliques déclinant une identité commune.

Concours Acier 2014
2ème prix Architecture: Projet de rénovation de la gare de St Denis

Troisièmes prix ex æquo, la gare d’Oz à Montpellier (Thibaud Becquer, Hicham Jabiroune, Aurijoy Mitter, Gaël Oudin, Pierre Rachou-Langlatte / ENSA Montpellier) et le centre multimodal “Afflux” de Pompey (Floriane Gradel, Arthur Lanceraux, Kevin Risse / ENSA Nancy) sont des créations originales proposées à l’articulation de la future gare TGV de Montpellier et de la gare TER de Pompey.

Concours Acier 2014
3ème prix ex-aequo: Projet de la gare d’Oz

La gare d’Oz revêt la forme d’une place publique posée au-dessus du sillon ferroviaire et cadrée de programmes immobiliers sur lesquels vient s’ancrer une couverture en verrière dont la nappe tridimentionnelle est générée par les alignements bâtis et la voirie.

Le tramway s’y glisse et différents édicules ponctuent la place, assortis de trémies apportant aux quais la lumière du jour.

Le centre multimodal de Pompey se dresse en lévitation aux abords de la gare et en fond de parking, sa structure en pont réveillant la nostalgie des installations sidérurgiques d’antan, quand la vallée était industrielle.

Concours acier 2014
3ème prix ex-aequo: Projet Centre Multimodal Afflux de Pompey

Le Défi Culture Acier proposé aux étudiants des écoles de design est l’aboutissement d’un programme pédagogique complet (conférences et visites d’atelier), chaque école présentant un projet finaliste. L’accent était mis cette année sur la découpe au laser en partenariat avec l’industriel Oxycentre, lequel s’est engagé à réaliser un prototype du projet lauréat. Ce dernier est un banc public modulaire de 2 à 4 places en tôle ajourée, “Guipure” (Paul Gaudriault, Morgane Wermuth / EFET), dont les dossiers peuvent basculer indépendamment autour d’un axe horizontal commun.

 

Courtesy Construir’Acier

Le Googleplex s’approprie le patrimoine parisien

Supervisant l’Europe du Sud et de l’Est (Russie comprise), du Moyen-Orient et de l’Afrique, le Googleplex de Paris – dont la première tranche fut inaugurée le 6 décembre 2011 par Nicolas Sarkozy – constitue le pendant « latin » de celui « anglo-saxon » ouvert peu avant à Dublin. Ses 13000 m2 abritent également l’Institut culturel mondial de la firme. Situé 8 rue de Londres, l’hôtel particulier du XIXe siècle qui l’héberge en amplifie l’« originalité », d’autant qu’il se trouve partiellement inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques !

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Télescopages en forme de clin d’œil

Créé dans un garage de la Silicon Valley en 1998, Google est devenu depuis le leader mondial du moteur de recherche sur le Net. Exigeante quant à la productivité de ses plus de 50000 employés – les « Googlers » –, l’entreprise américaine soigne tout particulièrement leur cadre de travail. Ses différents sièges et centre de recherches et développement – les « Googleplex » – au travers le monde déclinent ainsi l’esprit maison mais à la sauce locale.
Parachevé en 2013, ce siège européen bis s’est implanté non seulement en plein quartier de… l’Europe mais, qui plus est, dans l’hôtel de Vatry bâti en 1861 pour la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans avant d’arriver dans le giron de la SNCF, lors de sa création en 1938. Mis à part un intermède d’une dizaine d’années chez Axa, l’édifice réintègre donc l’univers des réseaux, passant des ferrés aux virtuels. Cette transplantation parisienne a le même maître d’œuvre que le campus de Mountain View où Google installa son quartier général en 2000, mais l’agence franco-américaine STUDIOS Architecture l’avait en fait construit pour son précédent propriétaire. Elle doit sa sélection davantage à sa parfaite connaissance des univers tertiaires – tant en matière d’architecture que de space-planning – y compris dans l’hexagone du fait de sa double culture, au bilinguisme de son personnel parisien et à la taille cumulée de ses six agences (San Francisco, Los Angeles, New York, Washington, Paris et Bombay).

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Des contraintes exacerbées

« Société en mouvance permanente » pratiquant le crowdsourcing (production participative des utilisateurs), Google imposa un processus de conception impliquant dès l’APS l’entreprise générale ISG ; programme, réponses spatiales et techniques ainsi que budget étant amendés et affinés au fur et à mesure de la phase études mais aussi chantier. Vinrent s’y greffer simultanément la contrainte patrimoniale (ABF, Commission du Vieux Paris), la recherche d’une certification LEED Gold, un calendrier d’autant plus tendu (moins de dix mois pour livrer la première phase) qu’un des cinq niveaux était déjà occupé.
Enfin, la rénovation opérée par le précédent propriétaire datant d’une bonne dizaine d’années, l’ensemble des bâtiments a été entièrement « curé » pour en refaire toute la technique – sujet sensible s’il en est chez Google – et créer – si possible en lumière naturelle – tous les lieux indispensables aux pratiques et bien-être des Googlers !

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Lieux de recherche et de développement, les Googleplex veillent à ce que leur architecture sépare scrupuleusement les flux sans pour autant imposer à leur personnel de devoir badger plus d’une fois pour accéder à leur poste de travail. Ce sont donc les visiteurs et prestataires qui se voient « cantonner » dans les espaces qui leur sont réservés. Si l’implantation de l’Institut culturel dans l’aile droite de la cour d’honneur – où un plancher a été démoli pour obtenir la double hauteur nécessaire – réglait son problème d’accès, celui à l’auditorium et au showroom en sous-sols du corps principal imposa de créer un second emmarchement en contrebas de celui menant au perron central – une plateforme PMR desservant les rez-de-chaussée haut et bas. En effet, deux des dirigeants de la firme étant eux-mêmes handicapés moteurs, tous les espaces (et pas seulement les niveaux) sont systématiquement accessibles, quoi qu’il en coûte.

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Google made in France

Tout le monde ayant gardé en mémoire les toboggans réunissant les étages californiens ou les vélos et skateboards stationnés dans les couloirs, qu’allait-il en être à Paris dans un bâtiment patrimonial?
Quoique rien ne soit vraiment gratuit chez Google, le talent de STUDIOS a été de convaincre ses commanditaires que ni la caricature ni le stéréotype n’avaient leur place dans ce vaste hôtel particulier XIXe mais qu’il était possible de mettre à profit le palimpseste culturel constitué par le patrimoine architectural parisien pour trouver les justes transpositions de l’esprit maison.

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Fonctionnel et contemporain, le vaste hall d’accueil en rez-de-chaussée du pavillon central était dépourvu de fresque au plafond ; c’est donc un hyper-visuel du vide central de la Tour Eiffel en contreplongée – réalisé par les architectes – qui y restitue l’impression d’un lambris à caisson comme celui du grand salon qui s’y superpose au 1er étage. Les boiseries d’époque de cette ancienne salle de bal étant en réalité peintes en trompe l’œil, rien n’y interdisait donc une moquette (recyclable) en damier de camaïeu rose ni de contemporaines suspensions.

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Devait-il y avoir des livres dans le salon-bibliothèque attenant ou des tablettes-liseuses suffiraient-elles ? Le spécialiste Google du livre arbitra en faveur de la première option dès lors que les ouvrages retenus soient ceux considérés par chaque Googler comme incontournables à la culture de l’entreprise ! L’open space régnant partout (à peine 5 bureaux fermés) pour 620 postes de travail (tous équipés d’un bureau monte-et-baisse pivotant), les espaces mutualisés y sont donc nombreux et multiples : 27 salles de réunion dont une bleu Klein (d’œil), 19 mini cabines de vidéo- conférences et autant de salles de visio-conférences dont une installée dans une vraie 2 CV rouge ! Mais les loisirs n’ont pas été pour autant oubliés : un gymnase et un studio de danse de 195 m2, des salles de jeu, de musique ou de relaxation… que complètent 9 micro kitchens flirtant chacune avec une Muse différente ! Et bien sûr une « brasserie » de 220 couverts sur 550 m2 où œuvre un chef maison dont seul le design des assises distingue la diversité de la cuisine ici servie (de la tradition au contemporain). Les deux niveaux de parkings n’accueillent que 4 voitures… électriques et plus d’une centaine de bicyclettes mais aussi un vaste local de tri sélectif avec broyeur.
Bref, un exercice de style soigné et décoiffant !

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Fiche technique

Googleplex Paris
8, rue de Londres – 75008 Paris

Superficie, 13000 m2.
Calendrier, début des études mi 2011, livraison phase 1 6 décembre 2011, livraison phase 2 en 2013.
Propriétaire/Maître d’ouvrage, Google Paris.
AMO, Gardiner & Theobald.
Architecture, Jim Cowey (STUDIOS Architecture).
Chef de projet, Alexandra Villegas.
Architecture intérieure Institut Culturel, Rockwell Design.
BET, Terrell (structure), WSP Flack & Kurtz (réseaux), Tisseyre – Acoustique & Conseils (acoustique), Speeg & Michel (éclairage).
Entreprise générale, ISG.
Verre, Saint-Gobain.
Plafond acoustique, Ecophon de Saint-Gobain.
Placages, Formica, Polyrey.
Cloisons amovibles, FDES BA13.
Dallage, Royal Mosa.
Revêtement thermocollé, Forbo.
Sols coulés, Gerflor, Janvic.
Moquette, Interface, Westfond.
Peinture, La Seigneurie, Victor Paraire.
Tissu acoustique, Kvadrat.
Cuisine, Comenda,La Mazzer, Liebherr, Theroplan.
Ascenseur, Koné.
Sanitaires, Duravit,Starn.
Robinetterie, Chavonnet, Grohe.
Luminaires, Artemide, Flos, iGuzzini, Inédit, Modular, Regent, Targetti, Waldmann Zumtobel.
Mobilier, M-Top (bureaux).
Sièges, Optimespace (bureaux), Le Cèdre Rouge (Institut), Absolute Office, Druker, Etat de Siège, Silvera.

 

Courtesy Studios Architecture / Eric Laignel

Serres alambiquées à Laverstoke Mill

Serres alambiquées à Laverstoke Mill

Le site patrimonial de Laverstocke Mill vient d’être reconverti par l’architecte Thomas Heatherwick, en distillerie haut de gamme pour la marque de spiritueux Bombay Sapphire.
Sur cette ancienne friche industrielle, à une centaine de kilomètres de Londres, produisant le papier des billets de la Banque d’Angleterre, deux serres traitées comme de gigantesques alambics, de plus d’une dizaine de mètres de hauteur, se confrontent avec audace aux bâtiments de style victorien.

Afin que cet ambitieux projet de réhabilitation respecte la dimension patrimoniale du site tout en reflétant les valeurs de la marque, Bombay Sapphire® a fait appel en 2010 à la star britannique Thomas Heatherwick, qui livrait la même année le spectaculaire pavillon du Royaume-Uni à l’exposition universelle de Shanghai 2010 ainsi que les nouveaux modèles de bus londoniens. Pour concevoir la distillerie Laverstoke Mill où se produit l’emblématique boisson bleue, l’architecte s’est emparé de ce lieu austère pour en révéler dit-il tout le potentiel : ‘’Notre première tâche fut de retrouver la rivière qui était là quelque part, avant de créer une alchimie intéressante dans le projet en connectant les serres et la salle de distillation du gin. Nous utilisons l’excédent de chaleur dégagée par ce processus dans cette dernière pour chauffer les premières. Mais ce qui est tout aussi passionnant, peut-être encore plus, c’est le fait que, celles-ci étant près de la rivière, une eau très pure, coulant depuis des siècles, circule autour d’elles. D’un côté, il y a ce cours d’eau et, de l’autre, ce nouveau liquide transparent. Sans tomber dans le mysticisme, je sens qu’il y a quelque chose de symbolique là-dedans et c’est ce qui est le plus motivant pour moi. A mes yeux, ces serres – dont chaque panneau de verre est unique – tentent de renouer avec quelque chose de naturel à l’image de ces plantes, elles-mêmes toutes différentes. »

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Briques, liquide et espèces

Sur ce site qui a produit pendant plus de 200 ans le papier destiné à la fabrication des billets de banque britanniques depuis le règne de la reine Victoria, Heatherwick a capitalisé sur les bâtiments historiques en brique, débarrassés de toute une série de hangars en tôle. Ainsi reliée à l’histoire du pays, la maison de la marque est à la fois une distillerie de gin à la pointe de l’innovation et un centre d’accueil attractif pour les visiteurs qui découvrent des alambics de verre géants dans lesquels poussent les dix épices (baie de genièvre, citron, maniguette, coriandre, cubèbe, racine d’iris, amande, cannelle, réglisse et angélique) conférant à Bombay Sapphire® son « goût unique ». A travers un voyage-découverte guidé par des cartes interactives, le public peut explorer la distillerie et s’approprier l’héritage de la marque. La visite se prolonge dans les deux serres et la Botanical Dry Room qui renferme les alambics historiques de la famille Dakin, avant la découverte de la richesse du patrimoine de Laverstoke Mill exposé dans l’Heritage Room.

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Le parcours se termine dans le Mill Bar par la dégustation d’un cocktail à base de Bombay Sapphire®, sans oublier l’Empire Room, centre destiné à former les meilleurs barmen du monde. « Pour la première fois, nous ouvrons nos portes au public et nous invitons les visiteurs à découvrir l’histoire de notre marque, » précise le maître distillateur Nik Fordham. Pour compléter cette opération marketing de grande envergure, cette distillerie est la première à obtenir la certification BREEAM. Au delà de la récupération de chaleur pour chauffer les serres, la roue du moulin a été rétablie comme générateur hydroélectrique, des systèmes photovoltaïques et une pompe à chaleur géothermique ont été installés, sans compter l’utilisation des déchets de plantes issus du processus de distillation pour alimenter la chaudière à biomasse. Fort de cette médaille d’or de la durabilité, le site dans sa globalité entend préserver la biodiversité et la protection des espèces naturelles de la région, y compris les chauves-souris et les oiseaux.

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Structure autoportantes

A l’entrée de la distillerie comme une paire de griffes jaillissant des fenêtres des bâtiments historiques, les deux serres aux enveloppes vitrées autoportantes plongent dans la rivière. La plus grande des deux structures (9 m de diamètre par 15 m de hauteur) accueille un jardin méditerranéen, alors que la plus petite (9 m par 11 m) fait office de serre tropicale. Leurs vitrages s’apparentent à une forme plissée circulaire s’étirant depuis la base vers une coque supérieure, pour ensuite s’étrécir et venir se connecter au bâtiment adjacent. La géométrie aux formes libres est obtenue par la mise en place de verres bombés en usine, puis cintrés à froid in situ, et relié par l’intermédiaire de connecteurs spécifiques à une structure de plat inox en forme d’arc. La singularité technique de ces deux serres réside dans l’absence de contreventement métallique autorisé par le rôle important du verre dans la stabilité de l’ouvrage.

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Les alambics de cuivre logés à l’intérieur des bâtiments réhabilités semblent produire des racines aériennes dont les tentacules de verre prennent en charge la reconversion du site. Un hommage alambiqué de la marque de gin au Crystal Palace dans une ambiance que certains comparent déjà à celle du film Charlie et la chocolaterie.

Sophie Roulet

Bombay sapphire Distillery
Laverstoke Mill – London Road – Laverstoke
Whitchurch Hampshire RG28 7NR

http://distillery.bombaysapphire.com/

 

Courtesy Bombay Sapphire / Iwan Baan

 

 

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé : créature fantastique

Délaissant toute métaphore, Renzo Piano livre avec la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé “un petit bâtiment qui fait son devoir”. Au service du très populaire 7ème art, ce nouvel immeuble parisien conserve en son cœur, un trésor historique de plus d’un siècle. Visite commentée d’une réalisation aussi maitrisée qu’audacieuse.

Loin des effets de manche ou de crayon, l’architecte italien, lauréat du Pritzker Prize en 1998, entend “ne pas faire semblant ” et “dessiner sous la force de la nécessité qui est l’inspiration la plus pure pour faire des choses vraies ”. Sur l’avenue des Gobelins à proximité de la place d’Italie, le nouveau siège de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé fait désormais briller “une autre petite lumière culturelle dans la capitale” poursuit Renzo Piano, lors de son inauguration en septembre dernier. Atterrissant au cœur d’un ilot parisien, cette lanterne magique “s’accrochant là où elle pouvait”, s’est allumé, telle une “ Arche de Noé, s’il faut vraiment choisir une métaphore” précise le concepteur en réaction amusée aux divers noms d’oiseaux, de poissons ou autres créatures, donnés à la plus petite de ses réalisations.

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Sans enlever de droits aux riverains, le bâtiment s’inscrit avec brio dans le quartier comme dans la durée. Erigé sur cinq niveaux, il s’ouvre largement sur la ville au rez-de-chaussée mais aussi à travers la carapace de sa verrière coiffant les deux niveaux supérieurs de sept mille écailles d’aluminium anodisé perforé, toutes différentes dans leur découpe. Passant de la transparence à l’opacité d’une coque de béton projeté, l’édifice se ferme sur ses trois niveaux intermédiaires pour conserver la mémoire cinématographique. Equilibrant la lumière tout en se protégeant du rayonnement solaire, sa forme organique surprend telle une créature vivante se glissant sur sa parcelle exiguë, derrière l’emblématique façade sculptée par Auguste Rodin, pour l’ancien théâtre des Gobelins (édifié en 1869, transformé en cinéma dans les années 60 avant une fermeture en 2003).

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Sept ans de réflexion… ou presque

Après une commande directe passée à l’agence Piano dès 2008, la Fondation s’ouvre au public avec au sous-sol, une salle de projection de 70 places (destinée à faire revivre les chefs-d’œuvre du cinéma muet accompagnés en live par un piano), des espaces d’exposition permanente et temporaire, des ateliers pédagogiques, un centre de recherche et documentation au dernier étage sous verrière. Sur une surface totale de plus de 2200 m2, cet équipement rend aujourd’hui compte de l’évolution du 7ème art et de ses métiers à travers le parcours d’une entreprise créée en 1896, soit deux ans après l’arrivée des frères Lumière. Forte de la conservation de ses archives entre registres de présence, contrats signés avec les artistes, photos ou affiches de films, la compagnie Pathé retrace aujourd’hui l’histoire du cinéma notamment grâce à sa collection de plus de deux cents projecteurs et caméras commercialisés depuis 1897 jusqu’aux années 1980.
L’intérieur relativement luxueux de cette Fondation panache bois, acier et verre, pour un investissement dont le montant total non communiqué reste néanmoins dans un budget global de musée, précise le chef de projet Thorsten Sahlmann, avant quelques questions sur la genèse de cette créature.

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Forme organique

Tout en conservant la façade de l’ancien cinéma inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, le projet s’intègre dans une parcelle très contrainte pour laquelle “une forme géométrique s’est avérée inadaptée, explique Thorsten Sahlmann. La structure initiale était constituée d’un premier bâtiment, en devanture sur l’avenue, qu’un grand couloir reliait à un second, abritant deux salles de cinéma vieillissantes que nous avons démolies en 2009 pour construire un nouvel édifice culminant à plus de 25 m dont le rez-de-chaussée en verre aboutit sur un jardin de près de 200 m2.” Après nombre de maquettes, l’agence Piano a élaboré ce volume organique pour requalifier l’espace en offrant air et lumière aux immeubles voisins, libérant des vues tout en créant un jardinet.

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Cette forme surprenante ouvre la parcelle, offre de la transparence à la Fondation, et concentre “la volumétrie là où elle gêne le moins, précise le chef de projet. S’accrochant sur les murs pignons, là où il n’y a pas de fenêtres, la coque permet de retrouver des cours intérieures, dont l’étude d’ensoleillement supérieure à celle de l’existant nous a permis d’obtenir le permis de construire en 2008 après le feu vert de l’architecte des bâtiments de France. Dans ce projet organique, les espaces de la Fondation trouvent naturellement leur cohérence ”. Et de conclure conclut “ selon les contextes, cette écriture revient ponctuellement mais régulièrement dans le travail de Renzo Piano, du pavillon itinérant pour IBM (1986) au grand magasin Peek & Cloppenburg de Cologne (2005) où l’on retrouve des structures courbes en bois sans compter ses expérimentations en béton projeté des années 1970 ”.

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Enjeux techniques

Près de trois ans de chantier auront été nécessaires pour que la Fondation voie le jour. Tout au long de sa carrière, l’architecte génois a transcendé les enjeux techniques d’un édifice comme réponse à son contexte. Le défi constructif de la Fondation réside ici dans la mise au point de la coque en béton projeté sur un chantier difficile d’accès.

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“Pour réaliser cette peau à double courbure, nous n’avons pas pu réaliser un moule pour couler le béton, solution qui aurait couté trop cher. Nous avons donc développé avec nos ingénieurs un système de guides ou lames en métal crantées, découpées au laser selon nos dessins, pour tenir l’armature sur laquelle le béton est projeté. Cette coque structurelle relie les planchers et assure le contreventement du bâtiment en ramenant tous les efforts vers le noyau périphérique. Les vitrages à double courbure de la verrière ont quant à eux reçu une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx), certifiant la mise en œuvre de cette innovation, qui représente une première française.”

Si la Fondation reste le plus petit projet du Renzo Piano Building Workshop, l’agence travaille actuellement sur des projets d’envergure franciliens tels la future Cité judiciaire dans le 17e arrondissement (61.500 m2) et la nouvelle Ecole normale supérieure de Cachan (64.000 m2) attendues d’ici trois à quatre ans. À suivre.

 

Crédit photos: Collection fondation Jérome Seydoux-Pathé – RPBW/Michel Denancé

Sophie Roulet

Paru dans Archicréé n°368

Redécouvrir Auguste Perret

Redécouvrir Auguste Perret

Après le classement en 2005 de la ville du Havre au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, l’œuvre d’Auguste Perret achève sa traversée du désert. Huit « chefs d’œuvres » parmi ses nombreuses réalisations, ont été exposés l’an passé, pour une rétrospective dans les murs même du Palais d’Iéna que l’architecte érigea en 1939. Sa dernière œuvre méconnue voire oubliée, le Centre de Recherche de Saclay, conforte cette (re)découverte à travers la restructuration du restaurant du CEA, construit au début des années 50. « Réinterprété de manière contemporaine » par l’architecte Olivier Delaittre pour reprendre ses termes, cet édifice se veut emblématique de l’architecture développée par Auguste Perret sur le site de Saclay dont le cœur historique se noie aujourd’hui dans une banlieue de bâtiments de béton rose construits “à la manière de”.

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En effet, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement français décide de doter le pays d’un grand centre d’études nucléaires aux portes de Paris. Auguste Perret défend l’idée d’un “Palais des Sciences” ou “abri permanent à la ligne monumental” pour incarner l’excellence et la modernité. Face aux tenants d’une architecture “légère” à démolir et reconstruire en fonction des besoins, sa conception d’ “abri souverain” l’emporte et une vingtaine de bâtiments en béton verront le jour sur ce nouvel ordre architectural. Prenant en compte les contraintes scientifiques, le plan masse évoque le classicisme de Versailles, déterminant des îlots aux façades rythmées par des colonnes et panneaux de béton rose. Achevé en 1952, deux ans avant la mort de l’architecte, le restaurant illustre cette architecture rationaliste dont la structure béton trouvait ses références dans l’antiquité.

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Au fil du temps, des aménagements successifs (sans compter l’extension d’une cuisine adjacente en bardage dans les années 90) ont parasité le parti d’origine. Pour le remettre en valeur, l’agence Olivier Delaittre a libéré le volume de la salle à manger en tirant parti des sheds, tout en intégrant avec habileté les éléments nécessaires au confort thermique et acoustique. « Pour atténuer l’impact de la cuisine en bardage métallique, un habillage d’étroites planches irrégulières de bois massif pré-patiné gris en autoclave évoque les empreintes des coffrages encore visibles sur la structure béton d’origine. Pour le confort acoustique, de nombreux dispositifs sont mis en place tels les doublages en plâtre perforé, enduits absorbants, cloisons basses et mobiliers en stratifiés micro-perforés, ou intrados des sheds vêtus d’un complexe amortisseur paré de fines lames de bois » précisent les architectes de cette délicate réinterprétation.

S.R.

Paru dans Archicréé numéros 367

Courtesy CEA/Julie Delaitre-Vichnievsky

Tatouages architecturaux aux magasins généraux

Tatouages architecturaux aux magasins généraux

Après la piscine Molitor, temple du graffiti, les Magasins Généraux, monument des années 30 d’un autre genre, en deviennent, la cathédrale.
Au tournant des années 2000, des graffeurs s’emparent de ces ateliers à ciel ouvert pour les matraquer de tatouages. Histoire parisienne du street art alors que le fameux vaisseau de Pantin fait peau neuve pour abriter l’agence de publicité BETC, en 2016.

Avant sa réouverture, la piscine Molitor en sursis enfermait dans son triangle de béton, paraphes et signatures de près d’une centaine artistes. De Busy Bee à Xare en passant par John One, tous avaient investi les bassins abandonnés d’un orage de couleurs et de formes, alors que les façades extérieures de l’édifice restaient muettes et décrépites. En Avril 2001, une « Rave Party » réunissait pour une sorte d’attentat sonore, près de cinq mille personnes dans l’énergie de ces tatouages contemporains. Si toutes les traces de ce passé ont désormais disparu, la nouvelle « Molitor » tente d’y rendre hommage notamment à travers l’exposition « Under the wave » où jusqu’en novembre dernier, le « street art » réinvestissait les lieux de manière beaucoup plus conventionnelle. Dans le sillage de ce « temple » qui protégeait son trésor, les Magasins Généraux de Pantin entendent aujourd’hui célébrer sa mémoire de « cathédrale » à l’imposante structure béton recouverte de graffitis, à l’intérieur comme à l’extérieur.

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De Paris à Pantin

Pour Karim Boucherka, « c’est en 1982, que l’on entend parler pour la première fois en France de la culture hip-hop, lorsqu’une radio, Europe 1 décide de promotionner la tournée mondiale du New York City Rap Tour. A côté des danseurs et rappeurs, trois grands noms du graffiti, Dondi, Phase 2 et Futura 2000 font découvrir un nouveau courant de peinture qui existe à New York depuis les années 70. » Il faudra attendre 1983 pour que les parisiens voient apparaître les premiers graffs aux lettrages stylisés, remplis à l’aide de bombes de peintures et signés des tags de leurs auteurs. Des quais de Seine aux terrains vagues dont celui de Stalingrad, le graffiti parisien se forge son identité stylistique. Au début des années 90, le mouvement se scinde entre graffeurs à la recherche de lieux tranquilles pour peindre, et tagueurs, friands d’illégalité et de sensations fortes qui maculent d’écritures impopulaires le métro et la rue. Les grands murs collectifs, comme le Third Millenium ou le Tibet Libre à Bagnolet en 1999, marquent la fin de la période des terrains vagues à Paris. Poussés hors de la capitale, les « graffeurs de terrains » comme les appellent péjorativement les « vandales », trouvent refuge dans les banlieues où il reste des lieux en friche pour peindre.

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« Lek vs Architecture »

Investissant en 2006, les bâtiments des anciennes douanes de Pantin, le graffeur Lek comme d’autres (Hoctez, Tchug, Honet ou encore Natio, Stone et Legz ) cherchent alors à inventer des styles s’ajustant à tous les reliefs et types de murs. « Quand nous sommes entrés pour la première fois dans cet endroit, nous avons juste fait une ou deux peintures avec le peu de matériel que nous avions apporté et nous avons passé le reste du temps à visiter pour en découvrir son potentiel. »

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Portails rouillés, salles en parpaings et murs en briquettes vont devenir des supports privilégiés dans cette immense structure offrant différents points de vue. Développant son « style parasitaire » à base de flèches pour épouser au mieux les reliefs, Lek met au point un concept qu’il nomme « Lek vs Architecture » pour notamment conquérir les façades intérieures du bâtiment. Si les magasins généraux au fil du temps sont de plus en plus visités pour Lek, « le principal est bien d’avoir été le premier dans les lieux pour pouvoir prendre la place qui me convenait sans contrainte». Cette histoire du « Graffiti général » se termine à l’été 2012, quand le comité départemental du tourisme du 93 confie en toute légalité dans le cadre de l’été du Canal, l’édifice aux graffeurs Marko, Popof et Da Cruz qui se concentrent quant à eux, sur les façades extérieures.

 

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Courtesy: Graffiti Général. Les magasins généraux (c) BETC, photo Yves Marchand et Romain Meffre