Junya Ishigami, l’architecte qui libère l’architecture

Du 30 mars 2018 au 10 juin 2018 se tiendra l’exposition « Freeing Architecture » à la fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris. Cette exposition organisée par l’architecte japonais Junya Ishigami est l’occasion de revenir sur son parcours, sa philosophie et ses réalisations.

Né en 1974 à Kanagawa, Junya Ishigami étudie à l’Université des beaux-arts et de musique de Tokyo, d’où il sort diplômé en 2000. Il travaille ensuite pour l’agence d’architecture SANAA (anciennement appelée Kazuyo Seijima&Associates), puis il ouvre sa propre agence en 2004 sous l’appellation « junya.ishigami+associates ». Il travaille aussi bien l’architecture que le design, l’urbanisme et le paysage, alliant ingénierie, technologie, formes et espaces.  En 2010, son travail est récompensé à la Biennale de l’architecture de Venise avec l’obtention du Lion d’Or.

 

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Portrait de l’architecte

 

L’architecture traditionnelle japonaise est très souvent associée à ce lien fort qu’elle entretien avec son environnement. Junya Ishigami n’échappe pas à la règle et travaille en étroite relation avec la Nature, et tente de flouter les limites entre les espaces intérieurs et extérieurs. L’architecte ne s’enferme pas dans les préjugés de l’architecture, il puise son inspiration dans les paysages, les éléments naturels. Il cherche à créer des espaces fluides, souples. Il prône une vision plus libre de l’architecture. Les continuités spatiales qu’il instaure entre l’intérieur et l’extérieur donnent un caractère fin et empli de délicatesse à ses architectures. Elles s’effacent, laissant place à la nature et au contexte !

Parmi ses réalisations phares, l’Institut de Technologie de Kanagawa est sans doute le plus marquant. Un bâtiment léger, transparent, qui se substitue aux usages des étudiants. Une architecture minimaliste, mais qui demande un grand travail technique en amont. D’un blanc immaculé, les 305 poteaux soutiennent la toiture, et laisse libre court à l’appropriation de l’espace par les usagers. Un dispositif qui laisse également une large place aux vues sur l’extérieur. L’enveloppe en verre donne à lire les espaces depuis l’extérieur.

 

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L’exposition « Freeing architecture »

Du 30 mars au 10 juin 2018, il s’empare de la fondation Carier pour l’art contemporain et présente 20 projets, emprunts de poésie. Ses réalisations l’amènent à travailler en Asie et en Europe. Il les présente aussi bien sous forme de vidéos, de dessins ou encore de grandes maquettes, qui évoquent le processus de projet de l’architecte , tout en archivant les étapes de construction.  Ses projets qu’il expose durant ces 3 mois dans le bâtiment de Jean Nouvel reflète ce sentiment d’autonomie face aux règles imposées à l’architecture. C’est d’ailleurs la première fois que la Fondation accueille une exposition consacrée à l’oeuvre d’un architecte. Une première qui correspond bien aux frontières qui volent en éclat, ces mêmes frontières que l’on pose à l’architecture et que l’architecte ne compte pas respecter !

 

 

Anne Vanrapenbusch