35 logements à Homécourt (54) : un plaidoyer « ordinaire » de l’atelier Martel

Pour mieux asseoir une construction de logements intermédiaires ex-nihilo, l’atelier Martel puise ses références dans l’histoire du territoire, renvoyant aux archétypes et aux composantes locales.

A Homécourt, commune de Meurthe-et-Moselle de 6 000 habitants, l’activité minière en déclin a laissé place aux traditionnelles zones d’activités : un tissu discontinu qui constitue le plus souvent la dernière frange urbaine avant la forêt ou les exploitations agricoles. C’est dans ce contexte que s’implante l’opération de logements de Meurthe & Moselle Habitat, dans un morceau de ville sans tissu ni identité, grignoté sur la forêt fraichement déboisée. Le nouveau quartier dit « Bois de la Sarre » accueille là sa première opération significative : un îlot combinant 19 maisons individuelles et 16 appartements en collectif, dont la compacité contraste avec la faible densité des constructions alentours. Pour l’inscrire dans son environnement, les architectes Stéphane Cachat, Marc Chassin et Laurent Noel de l’atelier Martel puisent leur « imaginaire dans des formes connues et familières, archétypes de l’architecture périurbaine », disent-ils : implantation en bande, maisons accolées, jardins privatifs, façades en enduit, toits double pente en zinc. Une « banalité apparente » qui compose avec le déjà là, et faciliterait les mécanismes d’appropriation des habitants.

Rationalisation

La composition urbaine hérite elle-même de l’histoire ouvrière de la ville, mais aussi des principes de l’urbanisme Moderne, selon les architectes. Elle s’établit en bandes, perpendiculaires à l’axe viaire principal du quartier, alternant des pleins et des vides. Chaque bande construite comprend cinq maisons avec garage attenant, et un petit immeuble collectif de quatre logements en R+3. Cette trame, associée à des plans de logement longs et étroits de 15,50 x 3,60 m – des dimensions proches de celles des cités radieuses de le Corbusier – optimise les orientations est ouest, et dessine des petites façades orientées au sud, qui peuvent être presque entièrement vitrées. L’unité de base des habitations permet d’accueillir l’ensemble des typologies individuelles et collectives, du T2 au T5, tout en dégageant des doubles hauteurs dans les séjours où les doubles baies s’ouvrent sur les jardins au sud. Ainsi, la petite surface de façade à l’ouverture surdimensionnée caractérise les ambiances intérieures.

 

Encadrement

Un projet dense, compact, dont la trame rationalisée et les volumes simples et répétitifs répondent à un budget serré d’environ 1200€/m2, et permettent en contrepartie d’investir dans des matériaux et des détails soignés qui anoblissent l’ensemble.

Une construction qui s’inspire, là encore, des façades traditionnelles de la commune d’Homécourt, dotées de fenêtres encadrées par de la pierre en légère saillie, expliquent les architectes. Cette tradition constructive est liée à la proximité des carrières de pierre et à la mise en œuvre qu’elle implique dans le percement des baies. Le projet revisite ce patrimoine en développant avec l’entreprise Compobaie des cadres en béton fibré préfabriqué. Assemblé en usine, le bloc-fenêtre incorpore l’ensemble des menuiseries, l’occultation en volet roulant, et parfois le garde-corps ajouré en béton blanc. Ce dernier constitue un claustra, laissant filtrer la lumière et préservant l’intimité de la « pièce » extérieure, tout en affichant un motif ornemental qui n’est pas sans rappeler celui de la Cité Radieuse de Briey édifiée par le Corbusier en 1961 à seulement quelques kilomètres de là. L’atelier Martel se place là dans une recherche qui s’apparente au concept de l’architecture analogue développé par Miroslav Sik, défenseur indocile d’une architecture de l’ordinaire, infligeant un désaveu total à l’architecture vedette et au « solitaire architectonique ».

 

 

Amélie Luquain H.

 

Maîtrise d’ouvrage : Meurthe & Moselle Habitat Maîtrise d’œuvre : Atelier Martel (Stéphane Cachat, Marc Chassin et Laurent Noel) BET Egis Bâtiments Grand Est Localisation : Homécourt (54) Programme : 35 logements dont 19 maisons individuelles groupées et 16 appartements en logements collectifs.  Surface (SHAB) : 2.745 m2, sur une parcelle de 7000 m2 Coût des travaux (HT) : 3,8 M€ Calendrier : études 2013-2014, chantier 2015-2016.

 

Courtesy Atelier Martel / Yohan Zerdoun | Architectural Photography

Pari(s) 2072 : Naud & Poux applique sa théorie « durable » boulevard Davout

Pari(s) 2072 : Naud & Poux applique sa théorie « durable » boulevard Davout

Alors que labels et normes sont en crises, l’agence Naud & Poux propose une autre vision de la durabilité, interprétée sous la notion de pérennité. Pari(s) 2072, appliqué aux 68 logements du boulevard Davout, propose des solutions de résilience allant à l’encontre de l’obsolescence programmée, déjà constatée dans les produits de consommation courante, mais pas encore assumée dans les « produits » bâti.

Pour être durable, soyons pérenne

Dans le cadre du concours EDF Bas Carbone 2012, l’agence Naud & Poux s’est interrogée sur la ville durable : « Labels, certifications et autres normes et réglementations ont fait leur apparition conjointement, en même temps que naissait la conscience d’une démarche environnementale. C’était il y a une dizaine d’années et c’était important pour contraindre et mettre l’ensemble des décideurs sur la voie de la raison. Pourtant la raison ne s’accommode pas bien de la pensée normative. HQE, BBC, RT et autres se côtoient, s’ignorent, se choquent et s’entrechoquent dans une jungle réglementaire assez cocasse, jusqu’à devenir parfois contre-productive ». Normes et réglementations montrent là leurs limites. Il devient nécessaire de dépasser l’énergie « normée » pour penser l’énergie « grise » ou « globale », soit celle du cycle de vie d’un bâtiment : construction, modification, démolition. Ainsi, pour construire durable, il faut déjà prendre en compte la notion de « durer ».

« Pari(s) 2072 se projette dans un monde où un bâtiment construit en 2012 continuera à rendre de bons et loyaux services en 2072 » introduisent les architectes, Elizabeth Naud et Luc Poux. Ils proposent un travail sur la résilience, prenant le contrepied de l’obsolescence programmée des constructions depuis les années 1950. Alors que pendant des siècles, selon eux, la ville s’est reconstruite sur elle-même par superposition, stratification, adjonction, greffe, empilement, etc, ces constructions auraient manqué de vues prospectives. La ville durable s’assimile à une ville qui se renouvelle. « Pour demeurer, les constructions doivent être capables d’accepter les évolutions, les transformations, les mutations pour remplir de nouvelles fonctions, de nouveaux usages », précisent les architectes. Une pensée durable qui s’associe à la notion de densité, pour les architectes qui citent Aristote (-384 -322) : « les hommes se rassemblent dans les villes pour vivre. Ils y restent ensemble pour jouir de la vie. »

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Application à un ensemble de logements

« La démolition d’un bâtiment moderne pour en construire un autre nous donne l’occasion d’une nouvelle interrogation sur l’obsolescence des bâtiments et leur incapacité à s’engager dans une deuxième vie (…) Le projet Davout – du nom de son boulevard – s’est imposé naturellement comme site expérimental de notre réflexion », expliquent Naud et Poux. Dans le cadre d’une requalification territoriale, et plus précisément d’une opération de re-logement, le projet consiste à construire 68 nouveaux logements, ainsi qu’une crèche et des locaux associatifs, avant de démolir les barres vétustes, énergivores et les plus exposées au bruit du périphérique, du secteur Python Duvernois. A savoir, selon les architectes, le coût en énergie grise de l’opération de démolition équivaut à 18 ans de consommation dans le nouveau bâtiment. De quoi motiver un travail sur la résilience.

Depuis la porte de Bagnolet jusqu’à celle de Montreuil, entre le périphérique et le boulevard des Maréchaux, le site s’inscrit dans la bande historique des HBM qui ceinture la capitale. La composition architecturale du projet est dense (COS 4), sur une parcelle épaisse de 29 m. Elle se découpe en un épannelage des toitures allant du R+4 au R+8, mixant l’image du collectif et l’archétype de la maison individuelle en attique. Le plan en Svastika se développe autour d’un patio, reprise de la cour haussmannienne, désenclavée par des circulations pénétrantes. Celles-ci vont chercher la lumière en façade, avant de longer le patio et de rejoindre les noyaux de circulations verticales. Elles desservent des appartements traversants ou d’angles. Ce système de plan permet d’orienter les pièces principales vers l’extérieur, et de disposer les pièces d’eau autour du patio, de façon à ce qu’elles bénéficient elles aussi de lumière naturelle. Aux extrémités des quatre ailes, les cuisines traversantes jouent d’un décalage en façade que souligne le bardage en verre émaillé, libérant des terrasses en bout, tantôt une, tantôt deux. Sur leurs longueurs, elles sont bordées de balcons filants. Ils dégagent des vues et des orientations. L’ensemble, posé sur un socle homogène recouvert d’une peau de métal déployée, composent ainsi 4 façades qui ne laissent aucun pignons aveugles, hormis celui en façade nord près à recevoir une futur construction de logements privés, afin de constituer un front bâti sur le boulevard. Quand à la végétalisation des terrasses, si elle est fortement incitée par l’agencement d’une serre partagée au dernier étage (qui offre, qui plus est, une vue imprenable sur les alentours) et par des supports de végétalisation déjà en place, elle est laissée à la libre appréciation des usagers.

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Référence à la Villa Tugendhat de Mies Van der Rohe avec ce T2 en toiture terrasse, qui prend la forme archétypale d’une maison individuelle sous sa toiture à deux pans. L’entrée se fait par la terrasse, qui ceinture l’habitation, dont les pièces principales dotées de parois vitrées toute hauteur se développe autour d’un bloc humide.

 

Contre l’obsolescence programmée, des propositions de résilience

Si déjà la construction est forte d’une composition extrêmement cohérente et d’un souci du détail, se posent encore les enjeux de durabilité et de mutabilité. « Comment dote-t-on le bâtiment pour assurer sa mutation dans 60 ans ? » posent les architectes. Ce à quoi ils répondent par des propositions de résilience, toutes chiffrées ; une donnée qui permet de les choisir les unes par rapport aux autres et de révéler l’ampleur de l’engagement et de l’anticipation. On notera que dans le plan du bâtiment, les typologies d’appartements sont strictement superposées, ce qui permet une économie budgétaire et constructive dans les descentes de charges et de fluides. Budget que la maîtrise d’ouvrage pourra placer dans les propositions de résilience.

La plus importante d’entre elle est la proposition d’une surélévation potentielle (101€/m2) comme réserve foncière. La structure globale, fondations et descentes de charges, est renforcée, autorisant la construction d’étages supplémentaires en structure légère sur 3 à 5 niveaux. Deuxième point, l’évolutivité des logements à 58€/m2. Une structure poteaux-poutres et façades porteuses à été préférée à des voiles de refends, libérant les cellules de logements de toute structure porteuse. De plus, la charge d’exploitation des planchers courants est augmentée, permettant l’installation de programmes divers. Pour les mêmes raison de mutabilité dans les usages, les architectes ont proposé de rehausser de 1,5 m la première hauteur de parking en sous-sol, la rapportant à 4 m, pour potentiellement installer une superette, une laverie, une salle de sport ou tout autre programme qui n’a pas nécessité à avoir un éclairage naturel ; une proposition à 17€/m2 qui n’a pas été retenue. Quand à la production d’énergie (chauffage et ECS – 2€/m2), elle comprend le raccordement au CPCU (réseau de chaleur urbain), l’installation de panneaux solaires et la récupération de chaleur sur eaux usées. Enfin, l’enveloppe pourra être améliorée (108€/m2), aussi bien en terme d’usage que de thermique, notamment par l’ajout de jardin d’hiver sur les balcons, qui permettent une pièce en plus tout en servant de tampons bioclimatiques.

Des propositions de résilience dont le coût total d’investissement de l’anticipation en 2012 était de 286€/m2. Voici donc un bel exemple de projet « durable » où la pensée théorique a été savamment appliquée.

 

Amélie Luquain

 

 

 

Fiche technique :

Lieu : 138-140 boulevard Davout, Paris 20Maîtrise d’ouvrage : RIVP Maîtrise d’œuvre : Elizabeth Naud & Luc Poux, architectes associés BET TCE Structure, MEP and economist engineering, SAS Mizrahi Consultant environnement : Franck Boutté Programme : construction d’un immeuble de 68 logements sociaux, un local associatif et une crèche Labels BBC Effinergien Certification cerqual H&E profil A, option performance, Plan Climat de la Ville de Paris Surface SHON : 5600 m2 Montant : 12 M€ Livraison : 2017

Lauréat concours EDF Bas Carbone 2012 (Habiter la Ville Durable), mention spéciale prospective urbaine

 

Courtesy Naud&Poux / Schnepp-Renou

Farshid Moussavi livre un immeuble résidentiel au pied de la Grande Arche

Farshid Moussavi livre un immeuble résidentiel au pied de la Grande Arche

Diaporama

L’architecte Farshid Moussavi  s’est livrée au difficile exercice de construire un immeuble résidentiel à usage mixte, positionné entre deux mastodontes que sont l’Aréna de Nanterre de Christian de Portzamparc et la Grande Arche. Fait notable d’autant plus qu’il s’agit du premier immeuble de logements construits depuis 30 ans à la Défense. Bordant au nord le cimetière de Neuilly, faisant face à la promenade de l’Arche au sud, le bâtiment est autonome, avec des vues ouvertes dans toutes les directions. Ses lames de 12 m de profondeur s’étagent en superstructure sur 11 niveaux. Il abrite 91 appartements traversant sur neuf niveaux, un niveau de penthouse en duplex, ainsi que 110 chambres étudiantes réparties sur six niveaux. « La répartition transversale des appartements permet de disposer d’un ascenseur et d’un noyau d’escalier tous les deux logements. Cette disposition leur confère un degré inhabituel d’intimité, évitant ainsi le traditionnel couloir de desserte », précise l’architecte. Les espaces extérieurs, alternativement en saillie ou en retrait, se différencient en façade. Les espaces saillants sont habillés de panneaux de persiennes coulissants en aluminium anodisé, ceux en retrait sont laissés ouverts. Ainsi, chaque logement est doté de deux types d’espace extérieur privé, de tailles différentes : une loggia à une extrémité, et un balcon de l’autre.

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Fiche technique :

Lieu Nanterre (92) Promoteur Les Nouveaux Constructeurs Aménageur EPADESA Architecte Mandataire Farshid Moussavi Architecture Architecte Associé Richez_Associés Collaborateurs Maître d’œuvre d’exécution / OPC : Auris. BET Façades : Werner Sobek. BET Fluides : Bérim. Economiste : Prima. BET Thermique : Ginko Ingénierie Programme 110 logements étudiants + 91 logements en accession (dont 72 en accession à prix maitrisé, et 9 appartements ‘sociaux’ réservés aux Nanterriens) + 5 commerces Surface 11.500 m2 Budget  20 M€ Livraison : 2017

Liste des entreprises :  Gros-oeuvre / Terrassement : Legendre.  Etanchéité : Cibetanche. Menuiseries aluminium / traitement façades : ATS. Serrurerie int. : TSO REALI. Menuiserie int. bois / cloisons / Faux-plafond : TBI. Plomberie / Chauffage / ventilation : UTB. Electricité / CFO-CFA : M2EP. Sol souple / carrelage / peinture. Parquet : Parqueteurs de France. Chapes : Chapes Coutinho. Boîtes aux lettres : Sirandre. Ascenseurs : EGERI APEM

Matériaux : Structure béton ; Bardage verre émaillé Antelio ; Menuiseries extérieures aluminium ; Persiennes aluminium anodisé naturel ; Platelage extérieur bois

 

Courtesy Farshid Moussavi Architecture / Frederic Souix et L’image Contemporaine

ANMA : objectif ZEN pour la Maison de l’Île-de-France

A la Cité Internationale Universitaire de Paris, la Maison de l’Île-de-France, actuellement en construction, s’est vue fixer par sa maîtrise d’ouvrage un objectif Zéro Énergie (ZEN), auquel l’Agence Nicolas Michelin et Associés (ANMA) entend bien répondre.

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Dès le concours pour la réalisation de la Maison de l’Île-de-France à la Cité Internationale Universitaire de Paris, l’objectif environnemental de la région fut très fort : zéro énergie, zéro CO2 et zéro déchet nucléaire, ce pour les postes énergétiques de la réglementation thermique (chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation, éclairage) mais aussi pour les postes de force (cuisine, prise électrique, ascenseur … ) non pris en compte dans les calculs RT. Avec un budget de 12,4 M€HT pour 5901 m2 SHON, l’Agence Nicolas Michelin et Associés (ANMA) et ses bureaux d’études a su innover.

 

La Maison de l’Île-de-France, 100% solaire 

Première prise de position : « construire un bâtiment 100% solaire », pose l’équipe de conception chapotée par Jean-Jacques Chagnaud, architecte chargé de projet chez ANMA. Ainsi, la Maison de l’Île-de-France, dos au boulevard périphérique, s’aligne selon le même axe nord-sud que les autres maisons de la Cité Universitaire. Jouissant d’un gabarit compact – préféré au gabarit en gradins recommandé initialement par la maîtrise d’ouvrage – elle s’affine en proue nord et s’élargit au sud pour mieux capter les apports solaires. Sa peau active est équipée de panneaux photovoltaïques posés sur plots en toiture et de tubes solaires thermiques en façade sud. « Si le photovoltaïque permet d’assurer facilement les besoins en électricité, le gros challenge reste le chauffage et surtout l’eau chaude sanitaire (50% de la consommation énergétique du bâtiment), car les besoins sont constants dans l’année », précise Julien Daclin, chargé de projet pour DEERNS, bureau d’étude fluides et environnement.

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Pour pallier cette problématique et assurer les objectifs ZEN demandés par la maîtrise d’ouvrage, sont intégrées à la construction deux cuves de stockage d’eau chaude de 156 m3 chacune, soit 2,80 m de diamètre dont 40 cm d’isolant sur 5 étages de hauteur. Placée derrière une résille de capteurs solaires qui les mettent en scène depuis le périphérique, elles singularisent le bâtiment en révélant le dispositif technique. « Avec ces cuves, on réalise un stockage thermique intersaisonnier de chaleur, c’est à dire qu’on produit le maximum de chaleur possible en été grâce au capteur solaire et on stocke l’eau chaude dans ces cuves pour qu’elles le restituent au bâtiment le reste de l’année » commente Julien Daclin. L’eau chaude est restituée au bâti par piquage verticaux, afin d’optimiser la stratification thermique escomptée mais incalculable : 90°C en partie haute de la cuve pour les besoins en ECS, et 45°C en partie basse pour les besoins en chauffage. En effet, l’équipe de conception espère une bonne surprise en exploitation : « pour vérifier l’apport suffisant aux besoins du bâtiment, nous avons validé une simulation énergétique thermique dynamique plutôt qu’un calcul RT. Nous avons modélisé la centrale solaire et la cuve, mais la modélisation de la cuve était basée sur une température moyenne. On avait les besoins heure par heure, donc les 8760 heures de l’année en chauffage et ECS. En même temps, on calculait la contribution des capteurs solaires, ce qui permettait de vérifier la température moyenne des cuves qui ne descendra jamais en dessous de 45°. Cependant, nous n’avons pas pu modéliser la stratification thermique, qui nécessiterait la réalisation d’un doctorat » explique Julien Daclin. La consommation en exploitation est également valorisée par différents systèmes : réduction du débit des douches, récupération de chaleur sur les eaux grises, robinets thermostatiques, mais aussi lecteur de carte avec mode occupé et inoccupé qui permet une réduction du débit de ventilation, de la consommation électrique et de l’éclairage. Si toutefois les cuves étaient entièrement déchargées, la CPCU (Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain) qui couvre la Cité Universitaire se pose exceptionnellement en secours énergétique, et a contrario, accepte de reprendre l’excédent de chaleur dans le cas où les cuves seraient entièrement chargée et que le bâtiment continuerait à produire de l’énergie.

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Préfabrications

Avec tous ces systèmes innovants, la maîtrise d’œuvre ne pouvait se permettre de construire une passoire thermique. Le bâtiment se devait d’être efficace. La structure poteaux dalle en béton est associée à des modules standard et des éléments préfabriqués. Les 142 chambres se répètent sur les étages. Les salles de bains sont entièrement préfabriquées, choisies dans une gamme standard avec une optimisation par l’ajout d’une paroi translucide. « Le processus rapide et automatisé a tout de même ses limites, souligne l’architecte. Il reste difficile d’améliorer un produit de catalogue préfabriqué en usine, si on souhaite des qualités optimum ». Les baies sont constituées d’un triple vitrage respirant, avec store intégré, rendant la fabrication plus pérenne car protégée des éléments extérieurs. L’enveloppe est composée de panneaux préfabriqués en treillis bois superposés, livrés sur site avec pare-pluie, pare-vapeur et dormant (UP thermique 0,1). Leurs dimensions correspondent à celle d’une chambre. L’ensemble est habillé d’une vêture métallique. Ainsi les premiers mois du chantier ont été très rapides. Aujourd’hui, la construction se termine, les lots de second œuvre se finalisent.

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Si le projet est innovant, Julien Daclin expose le fait qu’il va falloir se préparer sérieusement à ces nouveaux enjeux qui seront ceux de la RT 2020, imposant au moins des bâtiments passifs. Selon lui, « 80% des architectes ne sont pas au courant de ce que la RT 2020 leur réserve, les maîtres d’ouvrage sont 70% et les BET 60% ». De quoi plancher !

 

Amélie Luquain

 

Fiche Technique : Maison de l’Île-de-France Logements étudiants, 142 chambres Site : Cité Internationale Universitaire, Paris (75) 

Maître d’œuvre : ANMA Agence Nicolas Michelin & Associés Maître d’ouvrage : Région Île-de-France, Unité Développement Direction de la recherche et de l’enseignement supérieur  Mandataire : SAERP AMO HQE

BET Structure : Batiserf. BET fluides & environnement : Deerns. Économiste : Michel Forgue. Acousticien : PEUTZ. Études techniques : CPR. Concepteurs et plasticiens lumière : 8’18 » Perspectiviste : The Nood / Maison Générale Maquettiste : Michel Goudin Matériaux : Cuves : Lacaze Energies Panneaux treillis bois : Techniwood Salle de bain : Arflex

Concours : mars 2011 Études : juin 2011, mars 2014 Chantier : avril 2015 – décembre 2016 Livraison prévisionnelle : mars 2017 Surface : 5901 m2 SHON Montant des travaux : 12,4 M€HT

Courtesy ANMA /  Cécile Septet

 

 

 

 

3 PLANS SUR la Maison Marly de l’agence Karawitz

3 PLANS SUR la Maison Marly de l’agence Karawitz

L’agence Karawitz livre à Marly-le-Roi une maison passive entièrement construite en ossature bois. Elle s’insère dans un contexte peu dense ou la surface à bâtir reste cependant limitée. D’où une construction s’étirant en hauteur, surélevée pour laisser un passage semi enterré intégrant l’entrée. A l’intérieur, les parois d’un blanc immaculé tranchent sur le gris du bardage mélèze.

 

© Amélie Luquain

Les logements de Berranger Vincent à EuroNantes

L’agence Berranger Vincent conçoit des logements en bord de Loire, quartier EuroNantes : sociaux et en accession se répartissent dans des maisons individuelles, un immeuble collectif et une tour. Une mixité qui interroge, de même que les envies autour de la grande hauteur.

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Au début du siècle dernier, les bords de la Loire nantaise jusqu’à la prairie des Mauves étaient essentiellement dédiés aux activités maraichères et agricoles. En 1933, le quai Malakoff a été remblayé en vue de la construction d’un stade et les terrains ont été urbanisés après guerre, sur la base d’un plan de ZUP lancé en 1960. Entre 1967 et 1971, 1658 logements sont construits par quatre architectes – Evano, Cormiel, Choisel et Leroux – qui donnent naissance à onze tours de 16 étages et cinq barres courbes de 200 m de long et de 10 étages, surnommées les « bananes ». Si tout le monde semblait enthousiaste à l’époque, le quartier devient très vite une cité enclavée entre le fleuve et l’infrastructure ferroviaire, reliée au faisceau de la gare de Nantes. En 2000, Malakoff-Pré Gauchet (quartier de logements) et Euronantes (quartier d’affaires) sont retenus au titre des Grands Projets de Ville (GPV). L’Atelier d’urbanisme Ruelle, sous la houlette de Gérard Pénot, grand prix d’urbanisme 2015, est en charge de la transformation de ces 164 ha. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet d’habitation de l’agence Berranger Vincent.

 

EuroNantes teste la mixité et la grande hauteur 

Où habiter ?

Sur un îlot du quartier Malakoff, bordé par l’avenue au nord et la Loire au sud, le stade Marcel Saupin à l’ouest et le pont Willy Brandt reliant Nantes à son île à l’est, s’érige un immeuble haut. Nouvelle silhouette dans la skyline nantaise, la construction de 53 m de hauteur (limite IGH oblige) s’attache au tissu hétérogène. Courante dans ce contexte déjà pourvu de « tours » des années 70, ses atours modernistes sont revisités par des biais et des matériaux contemporains ; une façon de la rendre plus attractive et moins sévère. Les 69 logements en accession qu’elle abrite sont complétés d’un immeuble de 13 logements sociaux le long de l’avenue et de 5 maisons individuelles groupées en balcon sur le fleuve.

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Les architectes ont souhaité proposer plusieurs modes d’habiter dès le concours – auxquel ont participé d’autres fervents défenseurs de la grande hauteur : Brenac & Gonzalez, DLW, Leibar Seigneurin Architectes, Hamonic et Masson et Clément Gillet – ne serait-ce qu’au sein de la tour, qu’ils structurent d’un attique et d’un socle, animant le rez-de-chaussée par sa transparence et sa hauteur sous plafond souhaitée dans le cahier des charges de Gérard Pénot. Celle-ci est décomposée en trois temps, selon le rapport qui se dégage avec l’extérieur. Jérôme Berranger et Stéphanie Vincent « s’attachent à comprendre le site dans lequel le bâtiment s’insère, afin que les habitants comprennent où ils habitent. » Ainsi, habiter le R+1 au R+7 correspond à dégager des vues sur la Loire ou le Vieux Malakoff, le R+8 au R+13 s’entourent du grand paysage ligérien et du centre-ville, quand les trois derniers niveaux s’adressent au ciel. Tandis qu’habiter les logements sociaux donne droit à la vue sur le boulevard et les ronds points ; une mixité limitée.

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Quoi habiter ?

Toujours dans l’idée de diversifier les types d’habitation, les appartements de l’immeuble haut s’enroulent autour du noyau vertical, cherchant des vues sur la Loire et la ville. Les typologies d’angles sont privilégiées, offrant des orientations multiples (bien qu’ils n’y aient pas de vitres d’angle hormis en attique). Fait fort appréciable pour une opération de logements, pas un étage ne se ressemble, déclinant 23 solutions différentes réparties du T1 au T4. Un tiers d’entre-eux sont en duplex, dont des T2, fait suffisamment atypique pour être souligné. Par la même, beaucoup comprennent des vides sur séjour. Chacun est augmenté d’un balcon ou d’une loggia confortable, dissimulés derrière des garde-corps ou des parois vitrées qui jouent de leur degré de transparence allant du plus clair au plus blanc ; Stéphanie Vincent, nous confiant son appréhension du vide, y a apporté un soin tout particulier.

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C’est par cette faculté à se projeter dans les logements que les architectes ont su engendrer leurs qualités. En effet, ils nous confient :  » Nous nous soucions de la spécificité des futurs occupants pour définir le programme, sans même connaître l’acquéreur. Nous avons pris la tour niveau par niveau, logement par logement, et avons imaginé différents scénarios. » Dès le processus de conception, ils ont donc anticipé les évolutions de la structure familiale et des ménages, considérant les familles monoparentales, les colocations, le vieillissement de la population ou encore le développement du travail à domicile. « Nous avons prolongé l’expérience jusqu’à la fabrication des plans de vente, en nous questionnant : si j’achetais cet appartement, pourquoi et me correspondrait-il ? » continuent-ils. L’agence d’architecture est allée jusqu’à assouplir la structure et à proposer des parois non porteuses permettant d’adapter les logements dans le temps. On notera que la structure est en béton, enveloppé d’un manteau isolant et d’un bardage en aluminium brossé de type Alucobond. En attique, l’ossature bois désolidarisée de la structure principale minimise les descentes de charge et répond à la forme de la toiture qui vient terminer le bâtiment.

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Ainsi, si l’agence Berranger & Vincent a su produire des logements de qualité pour toutes les populations, il n’en va pas moins que la mixité reste à questionner au sein de cet îlot ; car limitée par bloc d’habitation quand elle aurait pu être exercée au sein d’un même immeuble. De plus, cette construction entre largement dans le débat sur la tour européenne contemporaine, une typologie mise à mal par les échecs supposés ou réels des constructions léguées par le mouvement moderne. En effet, ce modèle de densification par des clusters de tours semble s’imposer comme l’outil principal de ce quartier à Nantes. D’autres immeubles d’habitation de 50 m de haut aux silhouettes complaisantes participent de sa transformation, notamment le projet de Christophe Rouselle pour le compte de Nantes habitat, d’Hamonic et Masson pour Kaufman and Broad ou celle à venir de l’Atelier 234 pour Lamotte.

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Amélie Luquain

 

Fiche Technique

Maître d’ouvrage : Ataraxia. Maître d’œuvre : berranger vincent architectes. OPC : quatuor. Paysagiste : Praxys. Bureau d’études fluides : Albdo. Economiste : Ic-Tec. Maîtrise d’œuvre ZAC. Urbaniste : Atelier Ruelle. Aménageur : Nantes Aménagement. VRD Oceanis. Site : Euronantes, quai Malakoff et Pont Willy-Brandt, Nantes (44). Programme : 82 logements collectifs et 5 maisons individuelles, parking en sous-sol. Surface totale : 6 933 m2 SHON. Surface parcelle : 2300 m2. Calendrier : Concours 2012 ; PC mars 2014 ; Chantier septembre 2014 ; livraison 4e trimestre 2016. Coûts : Construction 1710 €/m2 habitable ; travaux + aménagement 10 225 450 € HT ; prix de vente logements en accession libre 4130 €/m2 habitable

Courtesy Berranger Vincent / Sergio Grazia

Soler et Ricciotti : le nouveau Haussmannien ?

Logements sociaux, Porte d’Auteuil, Paris 16e

 

Première phase de l’opération réalisée pour le compte d’OPH-Paris Habitat, les logements sociaux de Soler et Ricciotti décontenancent les riverains de la Porte d’Auteuil (Paris 16e).

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Entre les boulevards Suchet et Montmorency, le bailleur social Paris Habitat a fait en 2006 l’acquisition d’un terrain avec l’intention d’y développer un programme de logements sociaux. Trois ans après, les riverains entament un recours à l’encontre des permis de construire, arguant « les troubles engendrés par les travaux et le risque de voir leur propre bien déprécié », selon le quotidien 20 minutes. Le permis de construire sera annulé à plusieurs reprises, mais la cour administrative de Paris rejettera les requêtes et le chantier démarrera en 2014. Les six années de bataille juridique n’auront pas entravé l’architecture des bâtiments ni la composition des façades qui restent inchangées depuis l’obtention du permis de construire. Le 16e arrondissement n’en est pas à son premier essai dans l’exercice de son sport favori antisocial, au vu des polémiques qui ont animé la construction du centre d’hébergement d’urgence de moon et air architectures et les logements sociaux de Projectiles*. Et ce bien que ce « ghetto de riche » compte actuellement moins de 5 % de logements sociaux, quand la loi fait obligation d’en avoir 25 %.

 

ZAC versus Nouveau Haussmannien

logements-sociaux_soler-ricciotti_auteuil_paris-16Le plan masse des quatre bâtiments dressés dans un parc et l’écriture compacte de l’opération globale ont été ordonnancé à huit mains dès le concours. L’équipe de maîtrise d’œuvre – composée de Francis Soler, Rudy Ricciotti, Finn Geipel sous la coordination d’Anne Demians – prône une réflexion d’ensemble par opposition au ZAC qu’ils condamnent à juste titre. « Je ne m’intéresse plus aux zones d’habitat sans dispositif général, comprenant juste des gabarits. Je ne veux plus participer à cela » avance Francis Soler, bien que la différence n’apparaisse pas toujours. Les architectes proposent une volumétrie qu’ils disent inspirée de l’esthétique et du « bon sens » haussmannien, reprenant « des gabarits haussmanniens avec des matériaux contemporains », précise l’architecte, qui va jusqu’à se poser en avant-gardiste. Un haussmannien qui prend quelques libertés vis-à-vis de son modèle en s’affranchissant notamment de l’alignement, de la continuité sur rue et de la hauteur. Soler questionne l’hétérogénéité : « je m’interroge sur le quartier de la Seine Rive gauche (dans lequel il a construit ndlr) et sur la sacralisation des écritures. Je pense que les règles dans la perception de la ville sont apaisantes », nous dit-il.

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Soler et Ricciotti, même écriture ?

Afin de réduire les différences entre les architectures et logements-sociaux_soler-ricciotti_auteuil_paris-16d’éviter l’écueil de l’individualité, les architectes ont eu pour méthode originale de mutualiser leurs prises de décisions via une centrale d’achat, sorte de matériauthèque comprenant une gamme d’éléments assemblables. Volumétries, vêtures, vérandas, volets et garde-corps s’harmonisent dans une tonalité grise RAL 9007. Baie à galandage et système en accordéon sans seuil sont inscrit à ce catalogue qui n’est pas chiche sur les prestations. Par ce travail, l’équipe de maîtrise d’œuvre mène aussi une réflexion sur la façon de faire cohabiter, sur une même parcelle, logements sociaux et en accession, sans différence de prestation constructive les distinguant les uns des autres. Une drôle de mixité par bloc – des logements sociaux au nord de la parcelle et des logements en accession au sud, actuellement en chantier – et non pas par immeuble malgré les 4 cages d’escaliers.

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Du social au privé, du rez-de-chaussée à l’attique

Repartis sur les deux bâtiments de dix niveaux, les 176 logements de Soler et Ricciotti, allant de 33 à 98 m2 sont ceinturés de minces vérandas. Juste reprise du balcon parisien, leur étroitesse est justifiée par « la perception et l’impression physique d’agrandissement de l’espace disponible pour habiter », à défaut d’être une pièce en plus. Pour des raisons de transformabilité, les architectes évoquent un « plan libre », mais l’on retrouve les sacro-saints murs de refend propres aux opérations de logements, qui ne s’affirment pas aussi mutable**. Seul le dernier niveau de chaque bâtiment, en attique, diffère. Il est occupé par de trop modestes T3 compensés par de grandioses terrasses avec vue époustouflante sur la Tour Eiffel, La Défense, l’hippodrome, les penthouse avoisinants et le stade Jean Bouin de Rudy Ricciotti (toujours lui). En juillet 2017, l’opération sera complétée par deux autres immeubles en accession, d’Anne Demians et Finn Geipel, pour le compte de COGEDIM, aux tarifs bien plus élevés. La différence entre l’opération sociale et le privé se nicherait-elle dans le parquet ?

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*Voir Projectiles, Le Cri de la Muette, un projet de muraille parquant le 16e arrondissement chez lui, rempart ironique contre la mixité sociale

**L’agence Francis Soler précise : « Il n’y a pas de murs transversaux. Le bâtiment est porté en façade et par les noyaux centraux ce qui libère le plan », avant d’ajouter « les appartements sont séparés par des cloisons, des murs sont en composites légers et démontables tout en respectant les normes d’acoustique. » Ci-dessous, le plan fourni par l’agence

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Amélie Luquain

 

Fiche technique : Logements Gare d’Auteuil / Francis Soler (bat A) / Rudy Ricciotti (bat C), dans le cadre d’une opération globale de quatre bâtiments, avec Anne Demians (bat B) et Finn Geipel (bat D) comprenant 354 logements, avec crèches, jardins et parcs de stationnement. Lieu : Place de la Porte d’Auteuil, Paris 16Maîtrise d’ouvrage : Paris Habitat BET : VP GREEN structures façades / ALTO INGENIERIE fluides / JEAN PAUL LAMOUREUX acoustique / URBATEC – VRD / CASSO & ASSOCIES – SSI / PARICA économiste / LOUIS BENECH paysage Performance énergétique : Plan Climat Énergie de Paris / Cerqual / Certification THPE / RT 2005 -60% Programme98 logements (bat A) + 79 logements et une crèche (bat C). 3 niveaux de parking en sous sol, 273 places au total Surfaces : 7343 m2 SHON (bat A) et 7 704 m2 SHON dont 696 m2 de crèche (bat C) Surface jardins privés : 2500 m2 Calendrier : Concours 2008 / PC obtention juin 2009 / PCM2 septembre 2011 / PCM3 juin 2013 / livraison octobre 2016 Montant global des travaux, budget actualisé 2009 : 15 M€ HT (bat A) et 17 M€ HT (bat C)

 

Courtesy Francis Soler architecte – Rudy Ricciotti / Jean-Pierre Porcher

 

Paris 16e : un centre d’hébergement d’urgence mobile

L’association Aurore, en partenariat avec la ville de Paris, a posé son centre d’hébergement d’urgence dans le 16e arrondissement. Un projet modulaire et déplaçable, mené en co-conception par moonarchitectures et Air Architectures.

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L’hébergement d’urgence, un système en crise

Hébergement d’urgence : un rapport sénatorial dénonce un système « au bord de l’asphyxie » titre Le Monde le 14 décembre 2016. Face au nombre croissant de demandeurs d’asile, les 30 000 places créées entre 2012 et 2015 ne suffisent pas. Les recours aux nuitées d’hôtel ont doublé depuis 2012 ; une solution coûteuse d’environ 17 €/nuit/personne en Ile-de France financée par le Samu Social de Paris, face à un coût de 40 €/journée/personne dans les centres d’hébergement d’urgence. Un coût qui se justifie par les services d’aide à la personne, nécessaires pour assurer la fonction de relais de ces organismes qui ont pour objectif de proposer des solutions de sorties.

C’est dans le très chic 16e arrondissement parisien que la ville de Paris a décidé d’implanter le nouveau centre de l’association Aurore. Une décision en faveur d’un rééquilibrage territorial, qui a quelque peu chamboulé le quartier. La mixité gêne. « Outre les craintes de « dévaluation de l’immobilier » du quartier, ou pour la « sécurité », c’est surtout le fait que le centre d’hébergement puisse empiéter sur le Bois de Boulogne, un site classé depuis 1957 et une zone urbaine verte non constructible, que mettent en avant les habitants pour combattre le projet. » ironise Vice News. En effet, le projet s’installe sur une route de 196 m de long et 11,7 m de large, à la lisière du Bois de Boulogne et face à des immeubles résidentiels. Cependant, l’ouvrage ne devrait pas trop déranger ses voisins, la rue étant en contrebas dissimulée derrière un filtre végétal.

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Moonarchitectures et Air Architectures, même combat ?

Pour ce faire, la ville a fait appel à l’agence Air Architectures, connue pour ses multiples interventions dans le domaine de l’urgence. L’association Aurore leur adjoint moonarchitectures, à qui elle a déjà fait appel par le passé. Les deux équipes travaillèrent en co-conception durant un mois et demi jusqu’au dépôt du permis précaire en novembre 2015. Les phases suivantes ont été confiées à la seule agence moonarchitectures. Écartés du projet, Cyrille Hanappe et Olivier Leclercq de l’agence Air se sentent dans l’obligation de défendre leur propriété intellectuelle à travers une lettre à la presse, revendiquant l’utilisation de thématiques de travail qu’ils expérimentent depuis une quinzaine d’année : « intégration dans l’environnement, appropriation des usagers, travail du bois et de la couleur : tous ces thèmes sont les nôtres depuis plus de 15 ans. Ce projet pour les sans-abris s’inscrit dans une démarche que nous avons entamé envers les personnes en grande difficulté ». De son côté, Guillaume Hannoun, moonarchitectures, considère que « Air architectures apporte une vision de co-construction, en accompagnement avec la population. Or, pour ce projet, l’État finance le bâtiment qui accueillera un roulement de personnes changeant tous les 3 à 9 mois. Le projet ne peut se prêter à la démarche de Air ». A cela, Jérôme Flot, représentant de la maîtrise d’ouvrage, ajoute l’argument économique : « le contrat de maîtrise d’œuvre s’est arrêté à la conception pour une meilleure maîtrise des coûts » grevés, selon lui, par un amortissement sur 3 ans au lieu de 5, initialement demandé au PC.

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A permis précaire, nécessaire modularité

Le permis précaire obtenu pour l’implantation du centre d’hébergement d’urgence de l’association Aurore ne sera valide que 3 ans ; une durée de vie qui soustend sa mobilité et un site qui impose sa naturalisation après coup. Ainsi, aux fondations traditionnelles ont été préférés un tablier métallique et des plots de répartition posés sur la chaussée existante. Le montage des modules préfabriqués en ossature bois est séquencé en suivant le linéaire du chemin de grue le long de l’allée – avec un premier module déposé le 26 juillet et une réception qui s’est faite par tronçons, la période hivernale pressant le pas – et les réseaux ont été connectés au fur et à mesure, reliés entre eux par des canalisations sous les bâtiments. Les modules bois Dhomino – de l’entreprise du même nom – empilés sur 3 niveaux dans un système autostable, sont agencés en quatre bâtiments de foyer-logements et un petit bâtiment d’accueil ERP, comprenant salles de vie, tisanerie, offices, locaux d’entretien, bureaux associatifs, salles de réunion et la loge du gardien. On distingue 5 modules types : un module de 8 x 3,3 m avec deux chambres individuelles et une circulation au centre ; un module de 7 x 3,3 m avec un appartement pour famille de deux pièces et une salle de bains ; un module « salon » ou plutôt jardin d’hiver qui devient une pièce en plus et fait office de tampon thermique derrière des parois en verre organique ; un module sanitaires pour les logements individuels ; un module espaces communs (tisanerie, services) au rez-de-chaussée de chaque bâtiment. L’ensemble est enveloppé d’un bardage bois, où se déclinent trois teintes. Les cinq bâtiments sont accessibles par des escaliers extérieurs – un rythme inspiré de celui de la trame des immeubles résidentiels avoisinants – dont l’interstice est matérialisée par de la tôle en acier ondulé coloré, qui se retourne en toiture. Chaque entité est autonome, avec son propre espace commun. Elles sont capables d’accueillir 50 personnes, une taille idéale pour un centre d’hébergement d’urgence, la configuration linéaire comme celle de l’Allée des Fortifications n’étant pas forcément envisageable sur d’autres sites.

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L’association Aurore prône un modèle mobile, susceptible d’être installé de façon temporaire sur des réserves foncières, utilisant également des bâtiments en attente de projet, comme l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Paris 14e) en grande partie désaffecté et progressivement réutilisé en centre d’hébergement. Ici, l’association fait un pas en avant en concevant une architecture en réponse au site, qui pourra être redéployée en entités autonomes dans d’autres lieux ; un suivi et une faisabilité qui devra se vérifier dans 3 ans.

 

Amélie Luquain

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Association Aurore. Maîtrise d’œuvre : moonarchitectures (mandataire) Air architecture (PC) Dhomino (BE Ossature Bois) Axpacaal (BE Fluides) AVR (BE VRD). Programme : Centre d’hébergement d’urgence provisoire de 200 places, ERP et bureaux. Surface : 2800 m2. Lieu : Allée de Fortifications, Paris 16e. Coût du projet : 3,9 M € HT. Coût de démontage estimé : 1,6 M € HT. Dates : Études septembre 2015. PC novembre 2015. Livraison 2016

 

La France vue de Venise, épisode 4/8 : le logement collectif

La France vue de Venise, épisode 4/8 : le logement collectif

Un Terreau français exposé à la 15e biennale d’architecture de Venise foisonnant, y compris pour le logement collectif. Aux antipodes des mégalopoles qui prônent la verticalité et la densité, le logement collectif en périphérie s’étale. Profitant d’un vaste territoire à disposition, les bâtiments de logements soulignent l’horizon, leur morphologie s’adaptant aux villages ou quartiers dans lesquels ils s’insèrent. Alternative possible aux doux rêves populaires de maison individuelle avec jardinet, répondant aux attentes d’individualisation des habitants, tout en limitant à minima l’étalement urbain, l’habitat intermédiaire ou semi-collectif, comprenant accès individualisés et espaces extérieurs privatifs, est privilégié. AL

 

Quartier Schweitzer, Haut-Rhin

« Le site du projet est celui d’une école des années 1960, inadaptée aux exigences et réglementations actuelles. Loin du centre de la ville dont il est séparé par un canal et une voie ferrée, il se situe dans le quartier nord de Riedisheim qui est en pleine restructuration. (…) Le projet est constitué de quatre bâtiments de deux à trois niveaux, positionnés presque parallèlement sur le site afin d’offrir les décalages nécessaires au bon ensoleillement de chaque logement ainsi que des vues sur le canal voisin. Ces constructions combinent le gabarit traditionnel d’un toit à deux pans et une conception innovante des logements et des matériaux. »

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Localisation : Riedisheim. Programme : école maternelle et 36 logements sociaux. Architectes : DeA architectes. Crédit photo : PM Rouxel

 

La Roche-sur-Yon, Vendée

« Ce projet est d’une échelle « modeste ». Il cristallise un désir souvent partagé de nos contemporains : une maison individuelle avec un jardin et un garage, sans mitoyennetés si possible. (…) Une volonté de mener un projet « intègre », « radical » et « curieux ». « Intègre » parce que nous le souhaitons intact à l’idée première du projet : apporter un espace supplémentaire au logement dans le budget imparti. « Radical » parce qu’il manipule les archétypes de la maison ainsi que les codes vernaculaires locaux en les détournant et en les esthétisant, leur donnant ainsi une autre sonorité. « Curieux » parce que cette construction porte un intérêt prospectif à des modes de vie, dans un espace non qualifié. »

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Localisation : La Roche-sur-Yon. Programme : 7 logements locatifs sociaux. Architectes : Détroit architectes. Crédit photo : Javier Callejas.

 

Caussade, Tarn-et-Garonne

« Le métier d’architecte nécessite aujourd’hui plus que jamais, à la fois, une acuité à lire, interpréter chaque situation et programme et, à la fois, une force de proposition associée à une forme de résistance dans un contexte aux valeurs souvent imposées. »

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Localisation : Caussade. Programme : Maison médicale, logements, aménagements urbains. Architectes : Véronique Joffre. Crédit photo : Véronique Joffre

 

Croix de Montfleury, Isère

« Au cœur de la Tronche (Isère), en limite d’un Espace Boisé Classé qui forme une barrière végétale remarquable pour l’entrée de cette petite agglomération, le projet de douze logements BBC (Bâtiment Basse Consommation) est constitué d’un seul volume. »

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Localisation : La Tronche. Programme : 12 logements. Architectes : Paul & Seguin architectes. Crédit photo : Paul & Seguin architectes

 

Dijon, Côte-d’Or

« Ce projet illustre à sa manière la réconciliation entre production industrielle et petite échelle, préfabrication et qualité du détail, standardisation et caractère. La préfabrication béton est ici un choix pour apporter un surplus de richesse à l’échelle locale par un matériau riche en solutions et aspects. »

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Localisation : Dijon. Programme : 20 logements. Architectes: Ateliers O-S architectes. Crédit photo : Ateliers O-S architectes

 

Saint-Germain-sur-île, Ille-et-Vilaine

« La Cie.Rit est le nom d’un collectif d’habitants de 4 foyers réunis autour d’envies « communes » d’habiter en partageant des espaces, des biens et des façons de faire. (…) Dans une trame régulière poteau-poutre bois, l’auto-construction a permis des typologies adaptées aux foyers et à leur budget sans surcoût. L’évolutivité des structures familiales et des modes de vie a été prévue dès la conception. Par exemple, deux logements superposés permettent une cession de chambres d’une famille à l’autre (l’une sans enfant et l’autre avec des jeunes adultes) ; l’atelier commun peut évoluer en lieu de travail ou de commerce ; la salle commune est à la fois une salle de jeux des enfants, une salle de travail et de réunion des parents, ou une salle de projection et de fête la nuit. »

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Localisation : Saint-Germain-sur-île. Programme : 4 logements groupés. Architectes : Cécile Gaudoin architecte. Crédit photo : GLG.

 

ZAC Monges-Croix-du-Sud, Haute-Garonne

« La pierre massive permet une construction « à sec », très rapide. Les nuisances de chantier sont très faibles et le temps de montage réduit.Ses propriétés d’inertie, de déphasage, de régulation hygrothermique en font un matériau de construction sain et pérenne. Un éventuel recyclage se limitera à une déconstruction et à une réutilisation des pierres à l’identique de l’initial. »

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Localisation : Cornebarrieu. Programme : 20 logements sociaux. Architectes : Perraudin architecte. Crédit photo : Serge Demailly.

 

Citations et iconographie issues du Catalogue du Pavillon français, 15e exposition internationale d’architecture, la biennale de Venise. Nouvelles Richesses, Obras/Collectif AJAP14, Éditions Fourre-Tout, 2016

Mardi prochain 30 août, épisode 5 : les équipements culturels

A voir aussi : Prologue : voir la France à Venise

La France vue de Venise, épisode 2/8 : la maison individuelle

La France vue de Venise, épisode 2/8 : la maison individuelle

La présentation des projets exposés dans la salle Terreau du pavillon français à la 15e biennale de Venise continue avec une sélection de maisons individuelles. A la question de l’agence Block, « comment en finir avec le pavillonnaire sur catalogue ? », les architectes répondent bien souvent par la reprise et le détournement de l’archétype en l’adaptant aux usages et besoins contemporains. Ainsi, la maison péri-urbaine adopte une posture individuelle, posée sur de vastes espaces, prenant la mesure du corps et ouvrant des perspectives sur le territoire. AL

 

Maison Seguin, Vendée

« 2002, Les Herbiers, commune moyenne, un règlement, des règlements… Un Plan d’Occupation des Sols en Zone patrimoniale, une parcelle inondable. Gabarit et matériaux imposés, enduit gratté, tuile canal. « On a des modèles tout faits ma petite dame, choisissez dans notre catalogue… Je vous en met pour combien? » Situation qui conduit presque à chaque fois au modèle néo-régionaliste des pavillonneurs. Comment échapper à cette situation sans être hors-la-loi ? Comment proposer autre chose ? Sortir du catalogue, l’abandon d’un modèle vide de sens. »

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Localisation : Les Herbiers. Programme : Maison individuelle. Architectes : BLOCK architectes. Crédit photo : Valérie Fillon

 

Maison « Los-Toen », Finistère

« Un pavillon des années 1970 dans la campagne finistérienne. Projet : chercher les potentiels du lieu, sublimer ses atouts. (…)  L’extension s’installe en continuité exacte du volume contre le pignon est existant : elle donne de l’intérêt au pignon. Il est « sculpté » pour devenir l’entrée principale. La toiture se prolonge par un large auvent qui marque le seuil. Ce débord généreux donne de l’ampleur, devient essentiel. Les habitants s’y tiennent, s’arrêtent un moment. Il marque la maison. Les propriétaires le nomment immédiatement pendant le chantier le «los-toen » , littéralement « queue de toit » en breton, et terme plus adapté que « auvent » ou « casquette ». »

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Localisation : Dirinon. Programme : Maison individuelle. Architectes : Bodenez et Le Gal La Salle architectes. Crédit photo : Bodenez et Le Gal La Salle architectes

 

Maison à Crac’h, Morbihan

« Parce qu’il est difficilement accessible, non raccordé aux réseaux, administrativement complexe, le site va énoncer l’équation à résoudre. À Crac’h, l’intégration au contexte ne cherche pas la déférence absolue par une approche mimétique. Le projet ne s’intègre pas à son environnement, il crée des relations avec son milieu, celui qui a imposé les règles du jeu. (…) La maison fonctionne en autonomie non pas par posture intellectuelle mais par nécessité. Elle est le résultat de la rencontre entre un architecte, une famille, son mode de vie et un milieu. »

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Localisation : Crac’h. Programme : Maison individuelle. Architectes : Alexandre Favé. Crédit photo : Stéphane Chalmeau

 

La maison dans le jardin, Seine-et-Marne

« La Maison dans le Jardin est posée sans dérangement dans un verger clos sur 12 dès béton. Le volume compact est décomposé horizontalement en deux parties :

– en bas, des modules de bardages préfabriqués, pleins ou transparents, organisent la relation de proximité au jardin et qualifient les vues. Les surfaces de verre sérigraphié composent des cadrages lumineux sur les quatre orientations.

– en haut, de longs tasseaux de mélèze soigneusement disposés composent une masse homogène et fluide qui répond à la canopée. Cette vêture génère des éclairages à claire-voie dans l’espace central de l’étage. »

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Localisation : Verneux-Les-Sablons. Programme : Maison individuelle. Architectes : Arba-. Crédit photo : Hervé Abbadie.

 

Maison PEN.DU, Morbihan

« L’architecture se déploie, projetant l’espace d’usage avec mesure, celle du corps qui se déplace, anticipant la posture, investissant les entre-deux, ouvrant les perspectives. Elle témoigne de l’aptitude des hommes à construire avec des choses concrètes. Ici la botte de paille donne la mesure : 35x50x90, posée sur chant, dressée à la main dans une double ossature formant caisson. Comme une partition faite de plein et de vide, l’architecture s’impose en rythme. (…) Les panneaux translucides en pvc se sont imposés comme une solution technique et économique pour répondre à l’usage du jardin d’hiver et envelopper toute la construction. Cette posture radicale nous a permis de révéler la dimension plastique du matériau. L’expression juste et immédiate de la matière, révélant la structure et vibrant avec la lumière. »

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Localisation : Pénestin. Programme : Maison individuelle. Architectes : BRUT. Crédit photo : Maxime Castric

 

Citations et iconographie issues du Catalogue du Pavillon français, 15e exposition internationale d’architecture, la biennale de Venise. Nouvelles Richesses, Obras/Collectif AJAP14, Éditions Fourre-Tout, 2016

Mardi prochain 16 août, épisode 3, les équipements touristiques

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