L’Hyperloop est un système de transport constitué de capsules, accueillant voyageurs ou marchandises et pouvant se déplacer à plus de 1000km/h dans un tube sous vide à plusieurs mètres au dessus du sol. L’originalité de l’Hyperloop est ce tube étanche et en forte dépression pour limiter la traînée aérodynamique.  Les véhicules peuvent donc atteindre des vitesses très élevées et ainsi battre l’avion ou le TGV entre deux grandes villes. Ces dernières années, les tests pour ce train du futur se sont succédés sur le territoire américain. Hier fantasme de Jules Verne, aujourd’hui projet très sérieux, l’Hyperloop progresse chaque jour un peu plus vers son arrivée dans notre quotidien puisque de nouvelles expérimentations commencent à voir le jour un peu partout dans le monde. C’est notamment le cas de la France, qui va accueillir prochainement sa propre piste de test à Toulouse, tout comme les Emirats Arabes Unis avec Abu Dhabi.

Les capsules sont installées sur des patins électromagnétiques afin d’empêcher tout contact mécanique ou friction entre les parois du tube et le mobile. Durant le déplacement, la propulsion magnétique consomme assez peu d’énergie à l’inverse des accélérations qui nécessitent d’avantage de puissance.

L’ensemble du tube peut être suspendu à des pylônes sur des terrains appartenant à des infrastructures existantes, comme le long des autoroutes ou des voies ferrées. Les accès vers les centres-villes passeront plus que probablement par des tunnels. Et bien sûr, les stations devront être équipées de sas pour permettre aux passagers d’entrer et sortir sans être affectés par la faible pression atmosphérique des tunnels. Le diamètre des tubes est de l’ordre de 2 mètres et celui des capsules de 1,3 m à 1,5 m. Ceci donne un rapport de section capsule-tube suffisamment faible pour que la turbine arrive à réduire la trainée aérodynamique à une valeur acceptable. Chaque capsule devrait pouvoir emporter 28 passagers en position assise.

Alors que le concept d’Hyperloop à lévitation magnétique existe depuis des décennies, la capacité à construire un système opérationnel n’a émergé qu’au cours des dernières années, stimulée en 2013 par l’ouverture de la propriété intellectuelle d’Elon Musk à toute entreprise capable de développer la technologie. S’il est mis en œuvre et développé, l’Hyperloop connecte les personnes et les marchandises à des vitesses extrêmement élevées, potentiellement à la vitesse du son (760 mph), s’attaquant ainsi aux principaux défis auxquels fait face l’environnement bâti, notamment la surpopulation, la congestion routière et la pollution .

Récemment, Hyperloop Transportation Technologies (HyperloopTT) a dévoilé les détails de son projet de création du premier système Hyperloop commercial au monde à Abu Dhabi. Situé à la frontière entre Abu Dhabi et Dubaï, à proximité de l’aéroport international Al Maktoum et du site World Expo 2020, l’HyperloopTT commencera par la construction de dix kilomètres d’ infrastructures, avec un développement créant potentiellement une zone commerciale en réseau à travers les Émirats Arabes Unis et au-delà.

« Cet accord constitue la base du premier système Hyperloop commercial dans le monde, ici aux Emirats, dans le but de relier Abu Dhabi à Al Ain, Dubaï et Riyad en Arabie Saoudite. Avec un soutien réglementaire, nous espérons que la première section sera opérationnelle à temps pour l’Expo 2020. » affirme Bibop Gresta, le président d’HyperloopTT.

Dans le cadre du développement du projet aux Emirats, HyperloopTT a commencé la construction en avril du premier prototype de système de transport de passagers et de marchandises à grande échelle à Toulouse. Une fois assemblées et optimisées à Toulouse, les capsules seront mises en œuvre aux Emirats, où le projet sera complété par la construction du XO Innovation Center de l’HyperloopTT et du Hyperloop Visitor Center.

Le système HyperloopTT est alimenté par une combinaison de sources d’énergie alternatives pour améliorer la durabilité, avec un potentiel de production d’énergie excédentaire rendu possible grâce à des panneaux solaires situés le long des lignes et des stations, et de l’énergie récupérée pendant le freinage régénératif.

La première phase d’HyperloopTT devrait être achevée à temps pour l’Exposition universelle de 2020 aux Émirats. Vous pouvez en apprendre plus sur les composants d’infrastructure du projet sur le site officiel de HyperloopTT ici.