Harmonic Tidal Turbine : l’hôtel qui produira sa propre électricité !

Après Hydroelectric Tidal House, à Cape Town en 2014, l’agence Margot Krasojević Architects présente Harmonic Tidal Turbine Hotel, un nouveau projet basé sur la technologie marémotrice. L’hôtel, située en Chine, tirera son électricité des courants marins.

 

Dans la mer de Chine méridonale, le projet se trouve sur une ile au Sud de la baie de Yalong : l’île Hainan. Son littoral est composé de zones à l’abris des intempéries, alors que d’autres parties de la côte sont soumises à des vents intenses, et où la force des vagues est importante. C’est donc là que les turbines ont trouvé leur place, pour être le plus rentable possible. L’hôtel exploitera donc l’énergie marémotrice pour produire sa propre électricité.

A travers cette série de projets, l’agence insiste sur le dialogue primordial entre l’architecte, l’ingénieur, le designer industriel et le spécialiste du développement durable. Le projet Harmonic Turbine combine un aménagement intérieur compatible avec le programme hôtelier, une architecture pleinement contemporaine, et un système de fonctionnement durable.  Au delà d’offrir des chambres de grand standing à ses client, l’hôtel s’inscrit dans le futur. En effet, l’électricité produite par la marée permettra à la fois d’alimenter l’hôtel, mais également les structures situées dans les alentours, pendant les périodes touristiques creuses.

 

 

 

Il était primordial que les turbines s’intègrent dans le dessin du bâtiment. Celui-ci se compose de deux éléments en aluminimun, telle la coque d’un bâteau qui s’adosse à la falaise. Les turbines se trouveront sous l’hôtel, dont une partie s’adaptera à la marée, se déplassant aux grés du niveau de la mer. On accède au hall d’entrée par un grand escalier et une rampe. Une grande pièce commune, reliée à 30 chambres, permettra aux client d’observer le mouvement de l’eau contre le bâtiment. Les fenêtres des chambres sont disposées de sorte que les vaguent viennent s’abattrent sur celles ci, lorsqu’elles s’écrassent contre la falaise. Bien que le projet soit à l’heure actuelle à l’état de concept, le studio d’architecture entend le faire évoluer afin de concrétiser cette collaboration entre architecture contemporaine et technologies durables.

 

Le studio de l’architecte Margot Krasojević travaille sur les problématiques actuelles que sont le développement durable, l’énergie renouvellable et l’architecture écologique. Basés à Londres et à New York, les équipes travaillent à travers le monde, comme pour l’aéroport de Doha au Qatar, une prison fonctionnant à l’hydro-électricité au Canada, ou encore pour un pont piéton permettant de filtrer l’eau, à Amsterdam. Après avoir travaillé aux côtés de Zaha Hadid, elle ouvre sa propre agence en 2000. Margot Krasojević donne des conférences aux Etats-Unis, en Australie ou encore en Angleterre, autour des thématiques qui sont chères à l’agence qu’elle a fondée.

Global Award 6/6 : Small is beautiful

Global Award 6/6 : Small is beautiful

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Sunnyhills Shop, Tokyo, Japon, 2013 @ Edward Caruso

Kengo Kuma, Tokyo, Japon

Kengo Kuma nous propose un tour d’horizon de sa pratique, en commençant par sa genèse. Suite au séisme de Tohoku en 2011 et à la catastrophe de Fukushima qui s’en est suivie, l’architecte japonais s’est rendu sur place pour photographier les lieux. En découlera, selon lui, sa pratique, inspirée du plus petit, reprochant qu’une profusion de réglementations paranoïaques ait balayé à revers de béton son adorée architecture de bois (notamment à Tokyo). Ainsi, Kengo Kuma pourrait s’apparenter à un conservateur nostalgique souhaitant retrouver sa ville d’avant guerre, une ville à la silhouette basse construite en bois, le béton ayant tué la sensibilité japonaise.

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Meme Meadows, maison expérimentale, Hokkaido, 2011 @ Kengo Kuma & Associates

Mais l’architecte prône surtout une économie de la construction. Dans son livre Small Architecture / Natural Architecture, il avance que l’histoire de l’architecture et son ascension rendue possible par la technologie n’est pas nécessairement une marche en avant. Kengo Kuma préconise de construire plus petit, de « se priver des grands systèmes, se servir de nos mains et de nos ruses animales ». Pour lui, la notion de dimensionnement est fondamentale. Il a su développer une architecture de particules, où le plus grand est possible à partir de la répétition, l’accumulation et la variété du plus petit.

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GC Prostho Museum Research Center, Aichi Prefecture, Japon, 2010 @ Daici Ano

L’architecte se distingue par l’intelligence de ses assemblages de bois. Le Sunnyhills Shop à Tokyo et le Centre de recherche du musée Prostho en témoigne : Kengo Kuma agence en treilles structurels des tiges de hinoki (cyprès du Japon), assemblés sans fixation, à la manière d’un jeu de chidori pour enfants. Si très peu d’énergie grise est utilisée, ses projets nécessitent beaucoup de matière grise, selon les dires de Jana Revedin. En portant un soin attentif à des matériaux traditionnels fondamentaux (pisé, chaume, papier, bambou…), Kengo Kuma exprime la nature comme un système complexe.  

Amélie Luquain

 

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine

 

Global Award 5/6 : Vallée universelle

Global Award 5/6 : Vallée universelle

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Tour d’observation du delta de la Reuss, Altdorf, Suisse, 2012 @ Emeline Curien

Gion Antoni Caminada, Vrin, Suisse

Gion Antoni Caminada, architecte des communautés rurales, construit principalement à Vrin, son petit village natal de 250 habitants, situé en région montagneuse à l’ouest du canton Suisse des Grisons. L’architecte qui parle le romanche, est aussi citoyen et charpentier de formation. G.A. Caminada contribue à la vie de son village, qui fait partie intégrante de la sienne. Sa démarche se nourrit de lecture de philosophe français, Bruno Latour ou Henri Lefebvre, tandis que l’écriture lui permet de penser sa pratique : dans ses textes, il propose neuf thèses devant permettre aux territoires excentrées de se développer de manière autonome*. L’architecte entend lutter contre deux types d’aliénation qui menacent les villages, qui sont la muséification et la soumission aux techniques industrialisées, aux normes et aux schémas « universels ».

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Salle polyvalente de Vrin, Suisse, 1995 @ Emeline Curien

Gion Antoni Caminada construit peu, lentement. Sa pratique est fondée sur la confiance, sur l’échange tranquille avec le territoire et ceux qui l’habitent. « Je crois que les gens ont besoin d’avoir une prise sur ce qui les entoure pour exercer leur responsabilité sur leur lieu de vie et sur l’environnement », nous dit-il, les espaces étant directement en lien avec ceux qui les occupent. Sa réflexion porte sur l’économie du village. Les édifices qu’il dessine tissent indissociablement les dimensions spatiales nécessaires aux enjeux symboliques, culturels et politiques. Ses projets se veulent dans la continuité de la substance bâtie, sans mimétisme avec les constructions adjacentes. L’architecte conçoit pour le village des maisons, la salle polyvalente ou encore l’arrêt de bus.

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Maison funéraire de Vrin, Suisse, 2002 @ Emeline Curien

Il nous présente un de ses travaux : une chambre funéraire dont la conception a duré 7 ans. En préliminaire, il lui a fallu comprendre les étapes du deuil dans une société contemporaine qui refoule de plus en plus la mort et, dans un même temps, rendre possible de nouvelles formes de rituels et veillées funéraires, dans un lieu autre que l’habitat, à mi-chemin de l’église et du cimetière. Le bois massif empilé, technique constructive traditionnelle, est choisi parce qu’il est issu d’une filière locale et transformé sur place. En plus de son esthétisme fort car l’architecte semble creuser dans la masse, l’utilisation de ce matériau lui permet de créer de la valeur ajoutée au sein du territoire et de se libérer de la dépendance à l’industrialisation. Gion Antoni Caminada cherche à sauvegarder les forces sur place malgré l’exode rural ; ce qui est spécifique à Vrin peut être amplifié.

* Bettina Schlorhaufer, Cul zuffel e l’aura dado, Gion A. Caminada, Lucerne : Quart, 2008

Amélie Luquain

 

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine

Global Award 4/6 : Terre à terre

Global Award 4/6 : Terre à terre

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ENSAG, semaine intensive. Etudiants de première année et leur projet de chapeaux @ ENSAG

Patrice Doat, Grenoble, France

Patrice Doat, dont le nom est associé au laboratoire de recherche CRAterre, fait son show. Il nous arrive tout droit de l’école de Grenoble accompagné d’une foule d’étudiant en délire. Il revendique une pédagogie ouverte, innovante et même libératoire où les savoirs se décloisonnent. Postulant que l’acte de construire est plus important que son résultat, il enseigne par le faire. L’architecte développe une pédagogie active où la créativité se fait par l’expérimentation. Les élèves sont « malmenés, déstabilisés » dès la première semaine de rentrée, selon les mots de l’enseignant. Une série d’exercices inattendus et très rapide les attend. Il leur faut dessiner le plan, la coupe, la façade de la Cathédrale Notre-Dame en 5 minutes, de même pour les 7 Merveilles du monde. Peut-être trouverez-vous la forme à la fois tangente à un cercle, un triangle et un carré ; simple exercice de géométrie descriptive. Mais essayez donc de retourner un œuf ? Une pédagogie de l’impossible où tout devient possible !

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La maison de Mari (Mésopotamie, -3000 av. J.C.). Réalisation par les étudiants d’un habitat et d’une architecture qui met en espace le plan du cercle, du carré et du triangle @ DR

Les élèves redoubleront d’ingéniosité pour fabriquer une machine à lancer un œuf sans le casser – ce bien-aimé œuf – ou pour produire une brique sans terre. Leurs couvre-chefs seront fait d’architecture en carton, tandis que leurs corps appréhenderont l’espace dans les ateliers de l’Isle d’Abeau. Si Patrice Doat est connu pour avoir co-fonder CRAterre en 1979, lieu de recherche et de transmission sur la construction et l’architecture de terre, il a aussi le mérite d’avoir ouvert en 2001 les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau, dédiés aux étudiants, lieu où les idées constructives peuvent prendre taille réelle. Encore une manière pour l’enseignant de développer sa théorie architecturale du processus, où le temps continu du « penser » et du « faire » est plus constituant que la livraison du produit.

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La maison de Mari (Mésopotamie, -3000 av. J.C.). Réalisation par les étudiants d’un habitat et d’une architecture qui met en espace le plan du cercle, du carré et du triangle @ DR

Théorie qu’il développera prochainement dans un Traité de la pédagogie et de la créativité architecturale par l’expérimentation. Patrice Doat a su renouveler une discipline à partir de son matériau le plus archaïque, la terre. En éprouvant la matière, il a su faire de l’écologie le ressort d’un renouvellement des paradigmes de l’architecture et de son environnement.

Amélie Luquain

 

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine

 

Global Award 3/6 : Agence de développement rural

Global Award 3/6 : Agence de développement rural

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Vele Secondary School, Vhembe District, Limpopo, Afrique du Sud, 2005 @ ECA

East Coast Architectes, Derek Van Heerden & Steve Kinsler, Durban, Afrique du Sud

Derek Van Heerden et Steve Kinsler, fondateurs d’East Coast Architectes, exerçant dans leur province d’Afrique du Sud, le Kwazulu Natal, ont un modèle économique hors norme. Au moment où ils reçoivent le Global Award, leur agence est – à nouveau – en péril, nous confient-ils. « Les gens travaillent avec nous et non pour nous », continuent les architectes, en résistance contre les lois du marché. « Nous faisons le travail que personne ne veut faire », disent-ils. De quoi provoquer la profession.

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Vele Secondary School, Vhembe District, Limpopo, Afrique du Sud, 2005 @ ECA

Ceci étant-dit, les fondateurs nous présentent la production d’East Coast, qu’ils définissent comme une agence de « développement rural », s’expatriant dans la province excentrée du Kwazulu Natal. Leurs projets, financés par des fondations et ONG, sont essentiellement des équipements sanitaires et des écoles bâties à partir de convictions écologiques et participatives. Cette démarche s’appuie sur les compétences des deux associés – Derek Van Heerden, expert dans les programmes éducatifs, Steve Kinsler, spécialiste en agronomie et développement rural – permettant à un modèle économique peu stable de perdurer dans le temps.

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7 Fountains primary school @ ECA

Leur méthode, de la même manière que Patama Roonrakwit, consiste à s’immerger dans le milieu étudié, parfois pendant plusieurs mois, pour en comprendre les tenants et aboutissants. Leur objectif, répondre à des besoins réels plutôt que d’imposer des systèmes standardisés, réglementés. Derek Van Heerden & Steve Kinsler nous présente deux projets d’écoles, l’un à 7 Fountains, l’autre à Vele. Ces deux projets se démarquent par une construction participative. Pour l’une, qui subit les affres de la surpopulation, le travail commence en toute spontanéité avec les élèves qui dessinent le portrait de leurs camarades, le tout étant transposé sur les vitrages de l’école, dissuadant toute dégradation. Viennent ensuite les femmes qui fabriquent les briques en pisé, se réappropriant des techniques de construction oubliées. Bref, les ressources locales sont utilisées et surtout les Ecoles font école par elles-mêmes. Par l’organisation de la vie collective, par leur construction, la gestion de l’eau et de l’énergie, elles deviennent des microcosmes où le jeune se forme par immersion.

Amélie Luquain

 

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine

 

Global Award 2/6 : La richesse du pauvre

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Rénovation du bidonville du marché de Minburi, Bangkok, Thaïlande, 2009 @ CASE Studio

Case Studio, Patama Roonrakwit, Bangkok, Thaïlande

Patama Roonrakwit intervient sur la ville précaire. Fondatrice de Case Studio en 1997 à Bangkok, l’architecte travaille à l’auto-développement des quartiers informels en Thaïlande, au Viêtnam, au Cambodge et au Laos. Selon elle, l’habitat précaire est l’échec d’une modernité radicale, qui ne sait ni contenir le problème, ni le comprendre. La ville générique est une utopie qui ne se perçoit que d’en haut, a contrario des multiples différences de la ville informelle qu’elle parcourt à hauteur d’homme pour en saisir les schèmes spatiales et sociales, souvent très ajustés à leur milieux.

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Relogement des habitants du quartier de Santitham à Chiang Mai, Thaïlande, 1996-1997 @ CASE Studio

Pour débuter sa présentation, Patama nous montre la plus petite maison qu’elle n’est jamais vue, construite par son occupant sur le toit d’un ancien cinéma dans la capitale du Cambodge. De quoi nous immerger dans la précarité sévissant en Thaïlande. Suivent plusieurs exemples d’habitat auto-construits qu’elle a découvert au gré de ses parcours, comme une maison autrefois cossue investit par les plus démunis, un bidonville dont les hauteurs s’ajustent à celles de l’autoroute, un autre implanté sur un trottoir de 2 m de large. A chaque fois, l’architecte observe la façon dont l’être humain, fort d’innovation, s’adapte au contexte, persuadé que dans ces sociétés de survie, il développe des méthodes, des process de création. Pour l’anecdote, on notera à Osaka une maisonnette construite à partir de bouteilles recyclées par un japonais, qui fait aujourd’hui partie des collections d’une galerie d’art ; son occupant accédant au rang d’artiste.

Sa méthode : considérer comme milieu la ville précaire, analyser ses régulations et ses manques au travers d’une pratique patiente. Pratique appliquée auprès des habitants, avec qui elle met en place une conception participative, préférant une réponse adaptée à leur mode de vie plutôt que l’application d’une architecture standardisée, au programme préétabli.

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Projet d’habitation coopératif TEN House, Bangkok, Thaïlande, 2006 @ CASE Studio

Ses méthodes, acquises auprès des plus démunis – habitat ajusté à chacun, régulation communautaire, processus d’auto-construction – Patama les transpose aux classes moyennes : CASE lance TEN House Bangkok en 2008, renversant les schémas classiques, consistant à appliquer les innovations des classes supérieures aux strates inférieures.

L’architecte terminera par l’interrogation « Who is poor ? »,  se questionnant sur ce que signifie la notion de « pauvre ». Il semblerait que la classe moyenne, coincée entre les riches et les plus démunis, soit saisie d’une pauvreté informelle, livrée à l’absence de toute vision alternative de l’habitat.

Amélie Luquain

 

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine

 

Global Award for Sustainable Architecture : 1/6

Global Award for Sustainable Architecture : 1/6

Lundi 09 mai 2016, s’est tenu à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine le symposium des Global Award for Sustainable Architecture 10th, lors duquel ont été remis les prix aux 5 lauréats : l’agence thaïlandaise Case Studio, fondée par Patama Roonrakwit, pour son approche des milieux défavorisés ; les architectes d’East Coast, Derek Van Heerden & Steve Kinsler, en Afrique du Sud, pour leurs microcosmes formateurs ; le français Patrice Doat, co-fondateur de CRAterre, pour sa pédagogie de l’impossible ; Gion Antoni Caminada, de Suisse, pour sa réflexion critique sur la matière habitée ; et enfin le japonais Kengo Kuma, pour une innovation continue de la culture constructive. Retour sur le déroulement de ce symposium.

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Kengo Kuma, Memu Meadows, maison expérimentale, Hokkaido, 2011 @ Kengo Kuma & Associates

Fondé en 2006 par le Fonds Locus et son partenaire culturel la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, les Global Award for Sustainable Architecture récompensent chaque année 5 architectes internationaux pour leur démarche innovante, partageant le même souci des enjeux environnementaux. Le prix soutient des architectes ayant décidé de sortir des rangs pour penser leur discipline autrement, des rebelles*, dirait Jana Revedin, présidente-fondatrice de Locus et membre du comité scientifique du prix au coté de Marie-Hélène Contal, également directrice du développement culturel à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.

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Rénovation du bidonville du marché de Minburi, Bangkok, Thaïlande, 2009 @ CASE Studio

Cette année, le prix a eu pour thématique le Temps : « Qui va piano va sano », avec un temps considéré comme ressource d’une économie durable, a contrario d’une économie productiviste pour laquelle on pourrait utiliser la maxime « le temps, c’est de l’argent ».

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ENSAG, semaine intensive. Etudiants de première année et leurs projets de chapeaux @ ENSAG

Parmi les lauréats, certains exerçant dans des pays émergents quand d’autres font déjà parti de la  « Ligue » des architectes reconnus (selon les termes des organisateurs), émanent plusieurs thématiques. D’une part, l’immersion. Immersion dans un milieu social, dans une communauté, qu’elle soit ethnique ou culturelle, mais aussi dans un territoire géographique donné, circonscrit, un village en Suisse ou une région rurale en Afrique-du-Sud. D’autre part, la transmission, qu’elle soit liée à un enseignement pédagogique ou à l’enseignement par l’architecture. Une transmission qui doit permettre l’auto-développement et la responsabilisation de chacun. Des pratiques qui se font dans le temps. Bien entendu, l’utilisation de matériaux écologique est de rigueur, poussé par une redécouverte du vernaculaire.

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Maison forestière à Domat-Ems, Suisse, 2013 @ Emeline Curien

Au-delà de ça, ce que l’on retiendra avant tout est qu’il faut laisser à la précarité sa richesse et s’inspirer de ses innovations. Regain d’optimisme. Mais pris de l’autre coté, au négatif, ces exploits architecturaux ne sont que la dénonciation d’une société lassée des réglementations et des systèmes, où la solitude de l’homme moderne devient pesante et où le désir d’export montre la nécessité de s’en aller, pour aller conquérir d’autres cités. A l’aube de sa dixième édition, il semble que le temps des Global Award s’essouffle…

GASA_EastCoast
Vele Secondary School, Vhembe District, Limpopo, Afrique du Sud, 2005 @ ECA

*in La Ville rebelle, Editions Alternatives, 2015

Amélie Luquain

 

La présentation des lauréats à découvrir tout au long de la semaine

Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine