L’Atelier des Lumières: une révolution scénographique 2.0 ?

L’Atelier des Lumières: une révolution scénographique 2.0 ?

L’art numérique joue un rôle de plus en plus important dans la conception des musées, des galeries et des espaces scénographiques. La perception et l’utilisation de l’espace évoluent en permanence. Situé dans une ancienne fonderie du XIXème siècle dans le 11ème arrondissement de la capitale, cet espace est le premier musée d’art numérique de Paris. A l’Atelier des Lumière, les oeuvres de  Gustav Klimt et Egon Schiele se côtoient sous formes de projections créant un univers enchanté aux couleurs incandescentes.Dans ce musée, les oeuvre prennent totalement possession du lieu et ne sont plus seulement des objet de contemplation accrochées à un mur, elles sont le lieu, le font vivre, lui donne une dynamique et une atmosphère. En résumé, elles prennent vie grâce au numérique. Il est donc intéressant de voir les enjeux émergent de cette démarche pour les architectes d’aujourd’hui et de demain.

 

Depuis Avril dernier, des oeuvres du XXème siècle sont ainsi mises en lumière grâce à une technique de projection sur des murs de 10 mètres de haut dans un espace de 3300m², le tout sous la direction de  Culturespaces , opérateur privé de musées et de monuments.

Ce lieu d’exposition a vocation à redéfinir notre expérience de l’art et à le rendre accessible à un plus large public par l’outil numérique. Une sorte de désacralisation de l’art 2.0 par le biais de la technologie.

« Ces expositions immersives peuvent être une introduction à la découverte de l’art pictural et un tel centre numérique faisait défaut à Paris« , explique Michael Couzigou, directeur de l’Atelier des Lumières.

 

« Les gens ne connaissent pas la culture comme ils l’ont fait par le passé« , expliqe Bruno Monnier, président de Culturespaces. « Les pratiques évoluent et l’offre culturelle doit être en phase avec elles. Le mariage de l’art et de la technologie numérique est, à mon avis, l’avenir de la diffusion de l’art parmi les générations futures. »

Le bâtiment dispose de trois salles d’exposition principales. Deux salles consacrées au peintre autrichien Gustav Klimt et à la peinture viennoise, avec des œuvres d’Egon Schiele et de Hundertwasser.

Une salle plus petite est réservée aux artistes émergents et présente des installations d’IA et numériques: « Nous voulons embrasser les artistes émergents sur la scène de l’art contemporain« , explique Michale Couzigou.

« Nous avons décidé de nous concentrer sur Gustav Klimt, à l’occasion du centenaire de sa mort, pour trois raisons: la variété de ses formes expressives, allant du classicisme au début de l’impressionnisme le mouvement artistique au tournant du XIXe siècle), sa renommée et le caractère poétique et romantique de son œuvre, que nous considérions comme un point de départ idéal », ajoute t-il. « Nous incluons également un court programme consacré au peintre et architecte Friedensreich Hundertwasser, influencé par le travail de Klimt. »

Une bande sonore de Wagner, Chopin et Beethoven, accompagne la visité grâce à un système de son « motion design » composé de 50 haut-parleurs.

« Il permet aux visiteurs de découvrir l’art sous un nouvel angle et par des expériences immersives. Nous combinons l’art classique et l’art numérique – je suis convaincu que le mariage de l’art et du numérique est l’avenir de la diffusion de l’art parmi les générations futures. Il est capable d’atteindre un public plus jeune et plus large que celui des musées traditionnels. Cette approche ne vise pas à remplacer les musées mais constitue une approche complémentaire de l’art »

L’installation de nituniyo + memosesmas  : une toile éphémère invitant les passants à s’exprimer

L’installation de nituniyo + memosesmas  : une toile éphémère invitant les passants à s’exprimer

Dans le cadre du festival des Fallas de Valence, une équipe formée par les studios espagnols Nituniyo et Memosesmas , a conçu une sculpture servant de toile vierge sur laquelle différents artistes expriment leurs idées, une «falla» avec une forme indéfinie qui cherche à répondre à une réalité changeante.

«Le thème des fallas est généralement déterminé par les événements de l’année écoulée», explique les concepteurs. «Actuellement, les événements semblent se dérouler à un rythme qui rend très difficile l’assimilation et la réflexion sur ce qui se passe. Comment une falla peut-elle refléter ce fait? L’impossibilité d’être le reflet de l’actualité vertigineuse et changeante? Faudrait-il renoncer à la falla pour avoir la forme? Pourrait-il avoir une forme mutable? Nous proposons un falla capable d’adopter différentes formes, une sorte de canevas vierge en trois dimensions qui peut être modifié quotidiennement et être le support du message souhaité à chaque instant. »

La sculpture se caractérise par un panneau géant de forme rectangulaire pourvu de multiples tubes mobiles, permettant ainsi aux artistes et aux visiteurs du festival de créer leurs propres œuvres d’art. L’équipe a invité trois artistes à façonner le travail pendant les jours de l’événement: l’architecte Miguel Arraiz , le designer Carlos Tíscar et l’illustrateur Luis Demano .

Le dernier jour du festival, l’installation est brûlé avec des centaines d’autres monuments de la ville, marquant la nature éphémère de l’œuvre.

Quand Miami rencontre Memphis au Paradiso Ibiza Art Hotel

Le Paradiso Ibiza Art Hotel a ouvert ses portes le mois dernier à Ibiza sur la côte nord-ouest de l’île des Baléares. C’est dans une ambiance art déco et un univers pop-art criard, que l’on séjourne dans cet hôtel haut en couleurs. L’objectif de cet hôtel vise à proposer une alternative d’hébergement sur l’île de la fête, en accueillant un programme artistique. Un moyen de se démarquer de ses concurrents grâce à l’art et la culture réunis dans une atmosphère extravagante dans la baie de San Antonio.

« Dévoué à l’art et à la création contemporaine, s’inspirant de l’esthétique de MiMo – Miami Modern, le nouvel hôtel propose une toute nouvelle façon de visiter l’île, entourée d’œuvres d’art de qualité« , a déclaré le groupe Concept Hotel qui exploite la propriété.

Conçu par le studio espagnol Ilmiodesign , l’extérieur du bâtiment évoque l’architecture art déco de Miami Beach avec sa façade blanche et ses formes simples, rehaussées d’un éclairage coloré. Tandis que, les teintes acidulées que l’on retrouve à l’intérieur rappellent le mouvement design de Memphis des années 1980.

Les œuvres d’artistes accrochées dans les chambre sont directement affiliées au programme artistique de l’hôtel, dirigé par l’artiste et conservateur Iñaki Domingo, et la photographe et cinéaste Diana Kunst. On peut ainsi retrouver en guise de tête de lit, des illustrations de la Japonaise Yoko Honda ou de la Parisienne Marylou Faure.

« Les clients seront complètement entourés d’art dans un cadre unique, avec des œuvres d’artistes contemporains installés dans toutes les salles d’art de l’hôtel« , a déclaré l’hôtel.

Une des chambres se distingue encore plus que le reste : la Suite Zéro. Entièrement vitrée et située au milieu du lobby de l’hôtel, cette suite marque d’emblée la singularité de l’hôtel. Elle est accessible gratuitement et peut se transformer en atelier. En effet, chaque mois elle héberge un artiste différent venu effectuer une micro résidence, offrant ainsi à ses hôtes des moments de création uniques.

Disponible un week-end par mois, les résidences encouragent les participants internationaux à créer des interventions spécifiques au site pendant leur séjour dans la zone jaune vif.

Enfin, l’hôtel dispose de sa propre galerie d’art abritant trois expositions pendant chaque haute saison, mais également une bibliothèque d’art permettant aux invités de parcourir des œuvres contemporaines toute l’année. « Paradiso Ibiza Art Hotel aspire à devenir une référence pour la scène artistique locale« , a déclaré l’hôtel.

 

Le Museum Garage de Miami : un cadavre exquis architectural !

Un bâtiment, 5 artistes et des façades uniques au monde voilà comment définir en quelques mots le Museum Garage de Miami. Après deux ans de planification et de construction, le bâtiment de sept étages fait maintenant partie du paysage urbain du célèbre design district de Miami. La façade de l’édifice, élément central du projet, se compose de cinq pièces individuelles et radicalement singulières, chacune d’elles étant conçue par un artiste ou un architecte différent : WORKac , Nicolas Buffe, Clavel Arquitectos, K / R (Keenen / Riley) et J. Mayer H.

Situé dans le Miami Design District – un quartier dédié à l’art, au design et à l’architecture – le Museum Garage accueille un programme mixte réparti sur sept niveaux avec entre autres des espaces de vente au rez-de-chaussée et une capacité de 800 véhicules. C’est en 2015 que Craig Robins, promoteur du Design District, a sélectionné cinq concepteurs pour créer les façades du bâtiment.

En réunissant ces designers du monde entier, Riley s’est inspiré du concept de « Cadavre Exquis ». Un cadavre exquis se définit comme une collection d’images rassemblées par plusieurs artistes sans savoir ce que les autres artistes ont pu produire de leur côté, le tout formant une oeuvre originale, unique et ludique avec des composants n’ayant pas forcément de similitudes. C’est ainsi que, sous la direction de Riley, chaque architecte participant, une fois avoir été assigné à une zone de la façade, a été invité à concevoir une pièce architecturale sortie tout droit de leur imagination. Le résultat est une version architecturale contemporaine du Cadavre exquis.

WORKac : Ant Farm

Le travail de l’agence new-yorkaise WORKac, prend place au coin de NE 1st Avenue et NE 41st Street dans le Design District. Intitulée Ant Farm, la façade de WORKac fait face à la 1ère Avenue et traduit la célébration de l’interaction sociale, la durabilité, l’art, la musique et le paysage. A l’intérieur, derrière cette façade haute en couleurs, on retrouve un large éventail de programmes tels qu’un bar, un lave-auto, une aire de jeux pour enfants, un salon d’écoute, une bibliothèque, un espace d’art. Abrités par un écran métallique perforé, véritable contraste visuel, les espaces de circulation apparaissent et disparaissent comme un jeu d’ombres.

WORKac : Ant Farm
WORKac : Ant Farm
WORKac : Ant Farm

J. MAYER. H. : XOX (Hugs and Kisses)

La façade imaginée par J.MAYER.H. se nomme XOX (Hugs and Kisses). Elle se caractérise par de gigantesques pièces de puzzle imbriquées et nichées au coin de la façade de Workac.  Décorées avec des rayures et des couleurs vives, les éléments énigmatiques de XOX, rappellent les formes aérodynamiques du design automobile et semblent flotter au-dessus du trottoir.

J. MAYER. H. : XOX (Hugs and Kisses)
J. MAYER. H. : XOX (Hugs and Kisses)

Nicolas Buffe : Serious Play

La façade epnsée par l’artiste français Nicolas Buffe, se déploie le long de la 41e rue. Servant d’entrée et de sortie du garage, elle est construite avec un fond en métal perforé sombre et présente une variété d’éléments 2D et 3D fabriqués à partir de métal découpé au laser et de résine plastique. Au niveau de la rue, la façade dispose de quatre cariatides en bois, hautes de 23 pieds, se tenant à cheval sur l’entrée et les sorties du garage. La composition de ces cariatides reflète la passion d’enfance de Buffe pour les jeux vidéo et l’animation japonaise couplée à l’autre passion de Buffe : l’architecture rococo et baroque.

Nicolas Buffe : Serious Play
Nicolas Buffe : Serious Play
Nicolas Buffe : Serious Play
Nicolas Buffe : Serious Play
Nicolas Buffe : Serious Play
Nicolas Buffe : Serious Play

Clavel Architectos: Urban Jam

Urban Jam, de l’agence espagnole Clavel Arquitectos, s’inscrit dans l’espace entre la façade de Nicolas Buffe et celle de K / R. Cet élément s’inspire de la renaissance de la vie urbaine dans le Miami Design District. Dans cet réalisation, les structures anciennes et les espaces abandonnés ont été ravivés par des designs architecturaux et urbains. Avec l’utilisation de 45 carrosseries de voiture prises dans un embouteillage vertical surréaliste et défiant la gravité, Urban Jam ré-utlise des éléments très familiers pour leur offrir une seconde vie en tant qu’objets sculpturaux de luxe.

Clavel Arquitectos : Urban Jam

K / R: Barricades

Juste en face de l’Institut d’Art Contemporain, la partie la plus à l’ouest sur la 41ème rue et intitulée Barricades est le fruit de l’agence K / R. Le design fait référence au paysage automobile de Miami avec la ré-interprétation des barrières de circulation à rayures orange et blanc. Ici, les fausses barrières sont tournées vers le ciel et forment un écran coloré ponctuée d’une quinzaine de « fenêtres » encadrées en acier inoxydable miroir, à travers lesquelles des jardinières en béton surgissent au-dessus du trottoir.

K/R : Barricades

 

Photos de Museum Garage par Subliminal Image

Un sanctuaire des droits de l’homme, la Magna Carta révisitée par Mark Wallinger et Studio Octopi

Une œuvre d’art architecturale signée Mark Wallinger en collaboration avec l’agence d’architecture Studio Octopi a été inaugurée à Runnymede dans le comté anglais de Surrey. Composée d’un labyrinthe et d’un bassin réfléchissant, appelé Writ in Water, l’installation commémore la signature de la Magna Carta.

Il y a plus de 800 ans, c’est dans ce même pré de Runnymede que les barons féodaux ont forcé le roi John à sceller la Magna Carta – un moment fondateur dans l’élaboration de la common law à travers le monde. Intitulée «Writ in Water», l’installation célèbre la signification durable de la charte et a été conçue pour offrir un environnement immersif de contemplation et de réflexion.

En développant le concept, l’artiste Mark Wallinger s’est inspiré de l’article 39 de la Magna Carta, qui stipule que «aucun homme libre ne doit être saisi ou emprisonné, ni déchu de ses droits ou possessions, ni proscrit ou exilé, ni privé de sa qualité dans toute Ainsi, nous ne procéderons pas contre lui de manière forcée, et nous ne l’enverrons pas autrement que par le jugement légitime de ses semblables ou par la loi du pays ».

Les visiteurs entrent par une porte et peuvent tourner à gauche ou à droite pour se promener dans un labyrinthe menant à un espace central où une piscine circulaire se trouve sous un puits de lumière.

Les architectes de Studio Octopi ont conçu ce projet en utilisant des coudées, une ancienne unité de mesure, et l’ont réalisé  à partir de pisé fabriqué à base de gravier de carrière mélangé avec du ciment.

Décrite comme une «œuvre d’art architecturale», Writ in Water est conçue pour être un lieu où les visiteurs peuvent contempler les principes de la common law et de la justice.

Une inscription renversée s’inscrit à l’intérieur de la piscine énonçant l’article 39 de la Magna Carta dans le reflet de l’eau.

L’anneau de lettrage reflète celui du sceau de la charte historique, qui a été signé à Runnymede en 1215 comme les barons féodaux ont cherché à réduire les pouvoirs d’une monarchie absolue.

« Il était important qu’elle semble pousser hors de la terre, comme si elle déposait ses propres sédiments. »

Le Royaume-Uni n’ayant pas de constitution officielle, ce document est considéré comme marquant le premier pas vers la démocratie et l’inscription des droits de l’homme dans le pays.

La piscine immobile rappelle les polices d’une église, bien que le document contraignant était une tentative de restreindre le droit divin des rois.

«Dans Writ in Water, l’utilisation de la réflexion pour rendre le texte lisible s’oppose à l’idée d’une loi gravée dans la pierre: Magna Carta a restreint ce droit divin et a émis le premier décret séculier», explique Mark Wallinger.

Le titre de l’ouvrage est tiré de l’inscription sur la pierre tombale du poète romantique anglais John Keats: « Ici se trouve celui dont le nom a été écrit dans l’eau. »

« Keats, bien que désespéré de son héritage devait devenir l’un des immortels et ses mots vivent à nouveau quand appris et répété par la génération suivante », poursuit Wallinger. »De même, bien que Magna Carta ait établi la loi et les principes naissants des droits de l’homme, le Royaume-Uni n’a pas de constitution écrite. ce qui semble être un droit d’aînesse doit être appris à maintes reprises et avoir un sens. si les mots sont éphémères ou éternels est à nous. »

 

Le projet a été commandé par Trust New Art , un programme d’art contemporain du National Trust .

 

The London Mastaba : Christo dévoile une sculpture flottante géante !

L’artiste de 83 ans, Christo, vient de terminer The London Mastaba, une sculpture de 20 mètres de haut composée de 7 506 barils peints et fixés à des échafaudages. Flottant sur le lac Serpentine de Londres, la sculpture temporaire évoque les formes trapézoïdales des tombeaux  traditionnels appelés mastaba. Cette oeuvre est la réalisation du rêve partagé du duo artistique, formé par Christo et sa défunte épouse Jeanne-Claude, de créer une version flottante de la forme qui les a fascinés pendant un demi-siècle. 

© Wolfgang Volz

Certaines de leurs œuvres pionnières se rapprochent du Land art en raison de leur gigantisme, ou plus généralement, de leur réalisation hors des traditionnels sites ; atelier, galerie, musée. Le couple refuse cependant l’appellation « Land Art », précisant que ses interventions ne sont jamais réalisées dans le désert : un argument assez discutable au regard de la diversité des pratiques de ce mouvement artistique qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Ils s’intéressent à la structure, à l’usage, à la beauté ou à la dimension symbolique des lieux sur lesquels ils interviennent temporairement.

© Wolfgang Volz

Le Mastaba de Londres a conservé son indépendance vis-à-vis des galeries, des subventions gouvernementales ou des mécènes, puisqu’il a été entièrement autofinancé. Comme pour toutes les installations de Christo et Jeanne Claude, l’argent a été recueilli grâce à la vente d’œuvres d’art originales. Il n’y a pas d’assistants; toutes les pièces sont faites par l’artiste.

© Wolfgang Volz

« J’ai grandi dans un temps terrible en Bulgarie stalinienne, je me suis échappé de là à l’âge de 21 ans pour être artiste, libre, sans retenue« , raconte Christo. « Je ne vais pas donner un millimètre de ma liberté [loin] et endommager mon art« .

« C’est pourquoi je fais les choses que j’aime faire« , a ajouté Christo. « Personne ne fait ces choses, elles sont décidées par nous, personne ne nous a demandé de construire un mastaba, c’est tout le désir irrésistible de faire des œuvres d’art. »

© Wolfgang Volz

Le London Mastaba est la première sculpture à grande échelle de Christo et Jeanne-Claude à être réalisée au Royaume-Uni.

La construction a débuté le 3 avril 2018 par une équipe composée de JK Basel, de Deep Dive Systems et de Coventry Scaffolding, avec l’aide d’ingénieurs de Schlaich Bergermann Partner.

Le polyéthylène à haute densité imbriqué a été utilisé pour créer une plate-forme flottante qui est maintenue en place par 32 ancres pesant chacune 6 tonnes. Les barils sont soutenus par un cadre en acier et un système d’échafaudage. La sculpture entière pèse 600 tonnes et couvre un pour cent de la surface du lac.

© Wolfgang Volz

Aux extrémités des barriques une mosaïque peinte en rouge, bleu et mauve crée un effet de style impressionniste contre l’horizon de Londres et dans le reflet scintillant du lac. Un rouge différent coupé de bandes de blanc a été utilisé pour les faces inclinés de chaque côté. Christo a choisi le jeu de couleurs spécifiquement pour interagir avec le vert et le bleu du parc public et de son lac, et l’horizon de Londres contre son ciel notoirement changeant.

 

© Wolfgang Volz

Le Mastaba de Londres flottera sur le lac Serpentine à Hyde Park – visible gratuitement par le grand public – jusqu’au 23 septembre 2018.

Diller Scofidio + Renfro et Woods Bagot remportent le concours Star-Studded pour le musée d’art contemporain d’Adélaïde

Arts South Australia – agence du gouvernement de l’État chargée de soutenir le travail des artistes sud-australiens, la promotion nationale et internationale de l’art sud-australien et le soin apporté aux collections de l’État et aux bâtiments et biens qui les abritent – et les organisateurs de la compétition Malcolm Reading Consultants ont annoncé que l’équipe dirigée par Diller Scofidio + Renfro en collaboration avec l’agence locale Woods Bagot a remporté le concours international de design pour imaginer le futur centre d’art contemporain d’Adelaïde en Australie, situé sur les terres traditionnelles du peuple Kaurna. 

Le concept de l’équipe gagnante se définit par la création d’un nouveau lieu dynamique composée d’une galerie habilement organisée, d’un laboratoire de performance, d’un spectaculaire «Super Lobby», de galeries aériennes flottantes au dernier étage et d’un jardin suspendu sur le toit. Le jardin s’inscrit comme un paysage sud-australien pré-colonisé implanté à la cime du projet, reliant l’idée de l’histoire écologique et culturelle contemporaine à Kaurna.

Le bâtiment a été décrit par l’équipe comme une douce balise charismatique sur North Terrace qui refléterait le ciel le jour et, la nuit, rayonnerait de galeries – permettant aux visiteurs d’apercevoir la collection d’art lorsqu’ils passeraient le bâtiment en dehors des heures d’ouverture officielles et, dans ce sens, «rendre l’art à la ville».

Le jury international de neuf membres, présidé par Michael Lynch AO CBE, a trouvé que le design conceptuel était en accord avec Adélaïde et sa célèbre culture de festival, promettant de créer un spectacle et d’attirer de nouveaux publics avec des espaces dynamiques et polyvalents.

La décision fait suite à une recherche globale de sept mois pour concevoir une nouvelle destination culturelle sur une partie de l’ancien site Royal Adelaide Hospital (oRAH). Le concours a attiré des soumissions de 107 équipes composées d’environ 525 entreprises individuelles des cinq continents.

La nouvelle galerie et le parc public de sculptures sont considérés comme l’une des plus importantes initiatives artistiques de l’Australie au cours du XXIe siècle. Ils constituent un point focal national pour l’art et les cultures des aborigènes et des insulaires du détroit de Torres.

« Le concept de l’équipe gagnante répond à cette opportunité unique de construire un bâtiment emblématique au cœur de la ville, en bordure du Jardin Botanique. Dans une ville célèbre pour ses festivals, le design crée un nouveau lieu qui embrasse l’art sous toutes ses formes et qui attire un large public, local et international. La conception met en avant les collections exceptionnelles de l’Australie du Sud et profite de l’élan des succès récents de l’Art Gallery of South Australia pour célébrer l’art et la culture des aborigènes et des insulaires du détroit de Torres. Le jury a été impressionné par la compréhension assurée de l’équipe gagnante quant à l’avenir de l’art, de la performance et de la programmation du XXIe siècle, ainsi que par son flair pour la création de lieux. L’équipe gagnante a eu un aperçu inspiré de concevoir le bâtiment en descendant le long de la topographie du site et de créer ainsi une véritable connexion au site et au pays, respectueux du peuple Kaurna et en intégrant le jardin botanique dans le design. » a déclaré Michael Lynch.

« La compétition était centrée sur la guérison du domaine civique d’Adélaïde: l’ancien hôpital a créé une déconnexion physique entre le boulevard culturel et les jardins botaniques – quel meilleur moyen de connecter les deux qu’en utilisant l’art ? Le système gagnant (…) a le potentiel de parler aux nouvelles générations qui développent leur propre identité culturelle, et offre un nouveau centre d’intérêt pour la ville, ce dont elle a grandement besoin alors qu’Adélaïde continue de grandir et de s’épanouir. » a ajouté Malcolm Reading, directeur de la compétition. 

L’Institute for Contemporary Art de Richmond ouvert au public !

 

L’Institut pour l’Art Contemporain (ICA – Institute for Contemporary Art) vient d’ouvrir ses portes, à Richmond, dans l’Etat de Virginie, aux Etats-Unis.  Ouvert au public le 21 avril 2018, le bâtiment, réalisé par l’agence d’architecture Steven Holl Architects, compte 4 000 m² d’espaces dédiés à l’exposition d’œuvres d’Art Contemporain.

 

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En 2011, l’agence de l’architecte Steven Holl est sélectionnée par la Virginia Commonwealth University pour la réalisation de l’Institut pour l’Art Contemporain. Sur le Campus de l’Université de Richmond, le nouveau bâtiment permet d’établir un lien spatial entre le quartier étudiant et le reste de la ville. Situé à un carrefour très dense, l’architecture du ICA, par sa transparence et ses différents volumes articulés, crée une transition entre ces deux entités urbaines. Les espaces extérieurs du projet ont été travaillé afin de faciliter cette jonction.  Un plan d’eau reflète l’architecture, et les portes à faux de celle-ci créent des espaces extérieurs abrités. Les volumes alternent entre vitrage translucide et parois opaques de béton. Leur intersection délimite l’entrée du bâtiment. L’architecte ne souhaitait pas s’aligner sur l’orthogonalité insufflée par les routes perpendiculaires alentours, il donne alors une dimension verticale à un lieu urbain qui ne se traversait qu’en long et en large.

 

Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
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Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan

 

Le rez-de-chaussée de l’ICA est un espace tourné vers l’urbain et le public. Il se compose d’une galerie, d’un café-bar, d’un hall et d’une boutique. L’espace premier est donc redonné à la vie locale. Le jardin extérieur permettra d’accueillir des événements publics. On y retrouve également l’auditorium de 247 places, idéalement conçu pour le théâtre, la projection de film, les conférences…  Au premier étage se trouve d’autres galeries et une terrasse, accessible au public. Les trois autres terrasses qui composent le bâtit sont réservées aux expositions.  Le dernier étage se distingue par sa hauteur sous plafond de 10 mètres. Au sein du ICA, chaque galerie a une ambiance particulière. En effet, l’art contemporain étant composé de multiples domaines, il fallait que les espaces diffèrent. Cependant, ces derniers peuvent être combinés pour se transformer en une unique galerie. De nombreux types d’accroches sont à la disposition des artistes : du mur au plafond, sans oublier le sol.

 

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Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
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Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
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Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_interieur
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
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Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan
ICA_institute_for_contemporary_art_richmond_etats_unis_usa_virginia_commonwealth_university_2018_
Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan

 

Le sous-sol abrite des espaces administratifs, du stockage et le vestiaire des visiteurs.  La nuit, des vidéos peuvent être projetées sur les vitrages du musée. Ceux-ci sont littéralement des murs de verre qui ne dévoilent que des silhouettes depuis l’extérieur, ce qui intriguent les passants, les incitant à entrer au sein du bâtiment. Le projet a obtenu la certification LEED Gold, qui souligne l’utilisation intelligente de la technologie pour le respect de l’environnement. Le bâtiment utilise la géothermie pour générer l’énergie dont elle a besoin pour se chauffer en hiver, mais aussi pour ventiler les locaux durant les chaleurs estivales.

 

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Institute for Contemporary Art – Steven Holl Architects
Photos : Iwan Baan

 

Yayoi Kusama et son obsession florale envahissent l’espace à la triennale du GNV

Dans le cadre de la triennale de la National Gallery of Victoria de Melbourne, l’artiste contemporaine avant-gardiste Yayoi Kusama a révéléla sa dernière exploration sur l’oblitération, intitulée Flower ObsessionConnue pour ses installations participatives hautes en couleur, cette fois, la célèbre artiste japonaise Yayoi Kusama a troqué ses habituels pois pour des fleurs. L’installation a commencé avec une pièce relativement normale, simplement meublée et a été rapidement détruite par un «virus» constitué de fleurs rouges.

© Eugene Hyland

Ce travail interactif est en référence à l’une des premières expériences de Yayoi Kusama avec l’infini. L’artiste explique cette obsession par les hallucinations qu’elle a depuis son enfance durant laquelle elle dessinait pour échapper à ses visions qui la terrifiaient et les matérialiser. En effet, un jour, alors qu’elle était très jeune, ses yeux d’enfant se sont intéressés à une nappe ornée de motifs de fleurs rouges lui provoquant des hallucinations où l’intégralité de la cuisine était recouverte de ce motif floral.

© Eugene Hyland
© Eugene Hyland

« Tout a commencé par des hallucinations. […] Un jour, après avoir vu, sur la table, la nappe au motif de fleurettes rouges, j’ai porté mon regard vers le plafond. Là, partout, sur la surface de la vitre comme sur celle de la poutre, s’étendaient les formes des fleurettes rouges. Toute la pièce, tout mon corps, tout l’univers en étaient pleins. Et à cet instant, mon âme a été effacée… Ce n’était pas une illusion mais la réalité elle-même… » raconte Yayoi Kusama.

© Eugene Hyland
© Eugene Hyland

Flower Obsession recrée un intérieur domestique parsemé de fleurs factices et recouvert d’autocollants de fleurettes rouges. Chaque visiteur est invité à coller sa fleur dans l’espace. Naturellement, les visiteur ont afflué vers cette installation, espérant apercevoir ce que Kusama voit. Fleur après faux-fleur, ils ont détruit l’espace, couvrant des canapés, des toilettes, des fenêtres, des plafonds, et des colonnes avec une répétition rouge incontournable. À l’issue des quatre mois d’exposition, la pièce « disparaît » sous toutes ces fleurs, illustrant le concept d’oblitération exploité par l’artiste. Une immersion bien fleurie qui fait perdre tout repère aux visiteurs et qui inscrit l’architecture de la pièce comme support de l’oeuvre artistique de Yayoi Kusama.

© Eugene Hyland
© Eugene Hyland
© Eugene Hyland

Coachella, une expérience artistique et architecturale hors les murs

Ce week-end le célèbre festival de musique Coachella a ouvert ses portes dorées à Indio, en Californie. Les festivaliers réguliers savent que le festival de musique et d’arts de Coachella Valley est une expérience holistique pour les sens, ce qui signifie du divertissement à tous les niveaux et au-delà. En effet, avec un paysage aride comme toile de fond, le festival accueille des artistes et des invités du monde entier pendant deux week-ends consécutifs mais aussi de nombreuses installations architecturales pour accompagner cette expérience sensorielle hors norme. Plus d’une demi-douzaine d’installations artistiques à grande échelle sont au centre de l’attention de Coachella 2018. Le jeu de la nature ainsi que les couleurs du jour, de la nuit, du soleil et du coucher du soleil participent à une expérience visuelle viscérale qui invite les participants à interroger le familier lors de l’observation de l’art dans son décor. Que ce soit par le choix des matériaux de l’artiste, les processus de leurs pratiques, ou par l’action requise du spectateur, tout est mis en oeuvre pour offrir un spectacle esthétique et plastique à la portée de tous.

Voici une première vue des installations artistiques de 2018 de Coachella :

SPECTRA par NewsubstanceLe studio de design britannique décrit cette réalisation pour Coachella comme « l’espace où l’architecture rencontre le drame ». Une colonne de sept niveaux inspirée des couleurs du lever et du coucher du soleil, composée de 300 fenêtres en plexiglas et de 6000 lumières LED. Une conception aux effets étonnants façonnant cette architecture spectaculaire. Une installation que l’on regarde de l’extérieur mais aussi de l’intérieur puisque les vues et sa couleur changent à chaque pas jusqu’au sommet de la plate-forme d’observation de Spectra, où les visiteurs peuvent profiter d’un panorama à couper le souffle sur la vallée de Coachella.

SUPERNOVA par Roberto Bear et Rosario Marquardt, R & R Studios

Roberto Bahar et Rosario Marquardt de R & R Studios, basés à Miami, reviennent à Coachella deux ans après avoir créé leur installation emblématique Bésame Mucho. SUPERNOVA est une explosion de lumière et de couleur qui respire l’optimisme et l’espoir. Le jour, SUPERNOVA offre de l’ombre et un lieu de rencontre, un green américain fantastique, utopique et contemporain chez Coachella. La nuit, il se transforme en une étoile brillante qui change de couleur et séduit ses spectateurs. SUPERNOVA est une fantaisie qui devient réalité, symbole de tout ce qui est possible. Originaire du ciel, cette étoile rayonnante et polychromatique contient 12 étoiles individuelles qui dépassent de 40 pieds dans toutes les directions. 

ETHEREA par Edoardo Tresoldi

Nommé par Forbes comme l’un des 30 artistes européens les plus influents de moins de 30 ans, l’artiste italien Edoardo Tresoldi réalise des sculptures monumentales en treillis métallique. Ses interventions publiques sont connues pour transcender le temps et l’espace et susciter un dialogue entre l’art et le monde. ETHEREA se compose de trois bâtiments d’inspiration baroque en treillis métallique créant un espace de fraîcheur pendant la journée pour les festivaliers et se transforment en un espace encore plus éthéré et majestueux la nuit, éclairé de l’intérieur : « une dimension onirique et une abstraction de la réalité ».

PALM-3 WORLD STATION de Simón Vega

Obsédé par l’histoire, la politique et la culture populaire, Simón Vega imagine des sculptures qui parodient des vaisseaux spatiaux et des capsules de la guerre froide, des pyramides mayas, des bâtiments modernes et des systèmes de surveillance contemporains. L’artiste est connu pour créer des fusions humoristiques entre le premier et le troisième monde. Sa Palm-3 World Station est la plus grande sculpture de sa série Tropical Space Proyectos commentant les effets de la guerre froide en Amérique centrale à travers ses vues ironiques et humoristiques sur la course à l’espace. Une visualisation de contrastes pointus à la technologie de l’espace et les effets de la société polarisée.

Selon l’artiste américain Phillip K Smith III, les festivals de musique comme Coachella changent la façon dont les gens perçoivent les œuvres et les installations.

Une manière d’appréhender l’art au-delà des espaces d’exposition typiques permettant aux artistes d’atteindre un public plus large. « Les gens veulent avoir une expérience avec l’art en dehors des espaces traditionnels de la galerie blanche« , a déclaré l’artiste, qui a déjà exposé à Coachella . « Ce n’est pas seulement les festivals, c’est le désir de créer un travail qui est en dehors des espaces traditionnels, et qui présente plus de défis et de restrictions. » Grâce à l’essor de la plate-forme de partage de photos Instagram, les installations et les œuvres d’art qui prennent vie le temps du festival sont diffusées à un public mondial plus large et plus rapidement qu’autrefois. « Il y a quelque chose de passionnant dans la nature de ces pièces qui sont temporaires presque, comme un mythe« , conclut Smith.