Les carottes, un ingrédient permettant de rendre le béton plus solide et plus écologique ?

Les carottes, un ingrédient permettant de rendre le béton plus solide et plus écologique ?

Les carottes ne rendent pas seulement aimable. Selon de récentes études, elles pourraient également rendre nos bâtiments plus solides et plus écologiques. En effet, les ingénieurs de l’université de Lancaster au Royaume – Uni ont travaillé en collaboration avec Cellucomp Ltd UK pour étudier les effets de l’ajout de «nanoparticules» extraites des fibres des légumes-racines pour améliorer les performances des mélanges de béton.

Des tests préliminaires réalisés par les ingénieurs de l’université ont montré que les «nanoparticules» issues des fibres de ces légumes «amélioraient de manière significative» la résistance du béton et ce à moindre coût tout en réduisant la consommation d’énergie ainsi que l’émission de CO2.  Le projet de recherche d’une durée de deux ans a reçu près de 200 000 £ du programme Horizon 2020 de l’ Union européenne et s’appuiera désormais sur les premiers résultats pour mieux comprendre comment les fibres de nanoparticules végétales peuvent améliorer le mélange de béton.

« Ces nouveaux nanocomposites de ciment sont fabriqués en combinant du ciment Portland ordinaire avec des nanoparticules extraites de légumes-racines issus de l’industrie alimentaire », a déclaré le professeur d’ingénierie Mohamed Saafi, chercheur principal du projet.« Les composites sont non seulement supérieurs aux produits de ciment actuels en termes de propriétés mécaniques et de microstructure, mais utilisent également de plus petites quantités de ciment. Cela réduit considérablement la consommation d’énergie et les émissions de CO2 associées à la fabrication du ciment.« 

Les bétons composites végétaux, fabriqués à partir de légumes tels que la betterave à sucre ou la carotte, ont été réalisés de manière structurelle et environnementale, à un coût beaucoup plus faible, pour tous les additifs de ciment disponibles dans le commerce, tels que le graphène et les nanotubes de carbone.

Le potentiel des bétons composites végétaux réside dans la capacité des nanoparticules à augmenter la quantité de silicate hydraté de calcium dans les mélanges de béton , qui est la principale substance contrôlant les performances structurelles. L’effet d’entraînement signifie que de plus petites quantités de béton seraient nécessaires pour la construction. De plus, les nanoparticules pourraient améliorer la qualité du produit, réduisant ainsi le nombre de fissures apparaissant dans le béton. Une microstructure plus dense aide également à prévenir la corrosion et à augmenter la durée de vie des matériaux.

Les avantages environnementaux deviennent plus apparents lorsque l’on étudie les émissions de CO2. À l’heure actuelle, la production de ciment Portland représente 8% des émissions mondiales de CO2, un chiffre qui devrait doubler d’ici 30 ans. Avec des légumes racines fournissant un mélange plus durable, une économie de 40 kg de CO2 par mètre cube pourrait être réalisée.

 

 

 

 

Le graphène matériau miracle a récemment été présenté comme l’avenir du béton plus résistant , des études de l’Université d’Exeter montrent qu’il pourrait rendre un composite plus de deux fois plus résistant et quatre fois plus résistant à l’eau que les mélanges existants.

Appel à projet : Trophée béton Écoles récompense les jeunes diplômés en architecture

Appel à projet : Trophée béton Écoles récompense les jeunes diplômés en architecture

 

Le Trophée béton, organisé par les associations Bétocib, CIMbéton et la Fondation Ecole Française du Béton, sous le patronage du Ministère de la Culture et de la Communication, a pour but de révéler les jeunes diplômés des écoles d’architecture françaises, de les parrainer et de leur offrir une visibilité à l’orée de leur vie professionnelle. 


Le concours s’adresse à tous les étudiants des écoles d’architecture françaises inscrits en projet de fin d’étude (PFE), ou jeunes diplômés de moins de un an. Les candidats peuvent se présenter soit de manière individuelle, soit en équipe constituée au minimum d’un étudiant architecte et pouvant également intégrer un étudiant architecte et/ou un étudiant ingénieur.

Les candidats architectes n’ayant pas constitué d’équipe mais souhaitant bénéficier de l’accompagnement d’un étudiant ingénieur, peuvent en faire la demande.La remise des prix de la 7è édition du Trophée aura lieu en janvier 2019 à la Maison de l’architecture en Ile-de-France. Ne pourront être sélectionnés que les étudiants ayant obtenu leur Projet de Fin d’Étude (PFE) aux sessions 2017 et 2018.

Le Trophée béton Écoles invite les futurs professionnels à s’interroger sur les qualités esthétiques, techniques et environnementales du matériau béton. Il prime les PFE (projet de fin d’étude) dont l’architecture et les performances constructives mettent en valeur l’utilisation du matériau béton. Tous les projets de fin d’étude peuvent être présentés, quels que soient leur échelle ou leur programme, pourvu qu’ils répondent au cahier des charges.

Grâce à ses déclinaisons multiples, le béton occupe une place dominante dans l’architecture et offre une grande liberté aux concepteurs, tant sur le plan esthétique que technique. Bien que centenaire, le béton est un matériau jeune. Matériau de prédilection du XXe siècle, il a largement participé au développement de l’architecture moderne. Par son caractère universel, ce matériau continu et polyfonctionnel, s’adapte aussi bien à l’architecture organique qu’au rationalisme ou au minimalisme. La richesse de ses potentialités plastiques et structurelles, qui conservent toute leur actualité au XXIe siècle, mérite d’être explorée en permanence. C’est pourquoi, afin de sensibiliser les jeunes générations aux qualités intrinsèques du matériau et de favoriser le développement d’une réflexion architecturale innovante pour son utilisation, les associations Bétocib, CIMbéton et la fondation EFB sont à l’origine de la création d’un Trophée béton annuel faisant appel à l’imagination des étudiants des écoles d’architecture.

Ce concours a aussi pour objectif d’aider les étudiants à développer leur réflexion et à faire connaître leurs idées en matière d’architecture. Il leur offre une première tribune professionnelle.

Les projets inscrits au Trophée béton Ecoles ont pour base le PFE de l’étudiant, qui peut être complété pour répondre au cahier des charges.

Pour une adéquation au cahier des charges, les candidats peuvent développer certains aspects techniques de leur projet de fin d’étude (PFE), avant ou après obtention de leur diplôme. Ils pourront s’ils le souhaitent, s’allier des compétences supplémentaires en constituant des équipes pluridisciplinaires. Par ailleurs, les étudiants inscrits en bi-cursus architecte-ingénieur pourront également participer au concours.

Les candidats seront évalués selon des critères tels que leur démarche personnelle dans l’utilisation judicieuse du béton, la qualité architecturale de leur projet, leur approche structurelle et constructive ainsi que sur la prise en compte des exigences thermiques et environnementales des réglementations en vigueur.

Leur réflexion sur les possibilités multiples du matériau, les différentes innovations, sur la peau : texture, matières, finesse, épaisseur, couleur, sera également prise en compte. Ils devront se conformer aux éléments de rendu (voir section rendu).

 

Les prix se répartissent de la manière suivante :

  • 1er prix : 5000€
  • 2e prix : 4000€
  • 3e prix : 3000€
  • 4e prix : 2000€

Pour s’inscrire et retrouver toutes les modalités de participation au concours rendez-vous sur www.trophee-beton.com 

Les questions concernant le règlement peuvent être adressées par email au secrétariat du concours jusqu’à la date limite de clôture des inscriptions : info@trophee-beton.com.

 

 

 

1/7 : Viva Brutalismo ! La résurrection des « monstres de béton »

Pourquoi le brutalisme?

Un sous-continent oublié du modernisme ressuscite grâce aux réseaux sociaux : le Brutalisme. Comptes Instagram, Tumblr ou Facebook, entraînant dans leur cortège livres, produits décoratifs, et jeux, témoignent d’une véritable brutalmania. Apparue à l’aube des années 2010, elle semble être plus qu’une mode passagère. Elle surprend par sa vigueur et par la population qu’elle touche, bien au-delà des cercles d’experts architectes ou historiens. Ceci pour un style qui concentre tout ce que le grand public déteste dans l’architecture moderne : le béton brut, les grandes dimensions, la rudesse… Architectures CREE revient cette semaine sur ce retour en grâce inattendu. Que cache l’engouement pour ces formes sans concessions? Serait-ce l’occasion de réconcilier le grand public avec l’architecture moderne? Architectures CREE consacre ses publications de la semaine à ce « mouvement » qui, d’après l’historien Oliver Elser, commissaire de l’exposition SOS Brutalism(1), a développé sa propre dynamique et se pose désormais en phénomène international.

(1) Présentée au DAM de Frankfort jusqu’au 2 avril 2018 

brutalisme Fuck Yeah Brutalism Tumblr
Extrait du compte Fuck Yeah Brutalism sur Tumblr

 

Viva Brutalismo ! La résurrection des « monstres de béton »

Qui aurait parié que l’architecture brutaliste deviendrait la tendance architecturale la plus populaire de ces dernières années ?  « En dépit de la désaffection qui suivit la lune de miel, [le Brutalisme] est maintenant devenu plus fort que jamais. Le nombre d’articles, de thèses, de conférences, de sites internet, de programmes télévisés — sans parler des campagnes de sauvegarde — est ahurissant. Tout aussi remarquable est le fait que les meilleurs articles — ou les plus populaires — traitant du mouvement sont le fait de non-initiés plutôt que d’auteurs formés à la critique ou à l’histoire de l’architecture » relève Liane Lefaivre (1).

Rien, dans le Brutalisme, n’est pourtant fait pour flatter les goûts habituels du public en matière d’architecture. Le matériau de prédilection de ce « style » — nous reviendrons sur cette notion plus tard —, le béton brut, est celui qui provoque habituellement le rejet le plus violent, le matériau associé le plus étroitement aux maux de la ville et du monde moderne. La massivité et l’ampleur des bâtiments dit brutalistes ne correspond en rien aux échelles appréciées du public, qui préfère des dimensions « humaines », perçues plus proches de l’individu. Enfin, malgré des audaces structurelles conséquentes, les œuvres relevant de la catégorie brutaliste n’ont pas la lisibilité des grands ouvrages d’art, et ne présentent pas cette mise en évidence des forces qui permet de créer un lien avec des structures un peu barbares, tels des ponts haubanés ou la tour Eiffel.

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Brutal East, studio Zupagrafika : des maquettes en papier en hommage à l’architecture brutaliste
brutalisme Brutal East studio Zupagrafika maquettes
Brutal East, studio Zupagrafika : des maquettes en papier en hommage à l’architecture brutaliste

 

Du livre aux produits dérivés

Des indices diffus permettent de mesurer la grande popularité du Brutalisme. En premier lieu, les ouvrages consacrés au sujet, réussissant l’exploit de lancer en librairie des ouvrages entièrement en noir et blanc d’immeubles de l’après-guerre, et de les faire accéder au rang de coffee-table book, le livre qu’on laisse traîner en guise de décoration sur la table basse du salon. Sans connaître la réalité du succès de ces titres en librairie, leur multiplication laisse présager d’un certain engouement. Mais ce n’est pas tout : s’ajoutent à ces publications un brin austère des produits plus ludiques : album à colorier (2), ou papier peint photoréaliste (3) pour tapisser vos murs de magnifiques structures bétonnés, voir machine à café estampillée « brutaliste », car simplement faite en béton (4). Pour la modique somme de 31 €/m2, vous pouvez inviter dans votre salon les textures bétonnées du plafond à caisson d’une station de métro de Washington, ou de gratte-ciel londonien ou autre objet non identifié.

brutalisme This Brutal World Archi Brut Peter Chadwick Phaidon
Extrait du livre This Brutal World (Archi Brut) de Peter Chadwick chez Phaidon
brutalisme Murals Wallpaper Concrete Effect
Papier peint Concrete Effect représentant la voute de la gare de Wahsington. Editeur : Murals Wallpaper
brutalisme Mootaag AnZa Concrete
Une machine à café en béton. Designer : Montaag. Editeur: AnZa Concrete
brutalisme En Concreto Liliana Ovalle
Série En Concreto de Liliana Ovalle : une collection de petits objets qui explorent la matérialité du béton et sa référence culturelle à l’architecture moderne, pouvant être adoptées comme objets domestiques

Le niveau de diffusion de ces produits restant inconnu, vous aurez plus de chance de rencontrer la brutalmania sur les réseaux sociaux que dans les salons tendance. Twitter, Facebook, et encore plus Tumblr et Instagram sont bien les canaux de la renaissance du brutalisme, laissant supposer que la frange du public intéressé à ces architectures est tout juste trentenaire. D’abord opérée à travers le partage d’images portant le hashtag #brutalism (recensé dans 352 993 publications) #brutalistarchitecture (56 431 publications). Le compte Instagram brutal_architecture totalise 1 889 publications pour 132 000 abonnés. Viennent ensuite des comptes comme Socialistmodernism, qui, bien qu’il ne se réclame pas ouvertement de ce « mouvement », en partage le corpus. Socialistmodernist a publié 2 504 photos et est actuellement suivi par 129 000 abonnés. Une partie des images publiées est apportée par des contributeurs extérieurs. Une myriade de comptes à l’audience plus limitée et aux publications plus rares explorent les avatars locaux avec plus ou moins de rigueur : brutal_moscow, brutalistdc (pour Washington), brutalistcharm, brutopian, brutaltour, brutalboston, le plus fournis brutalist_sheffield, brutal_london, ou le plus passionnel brutalismismyboyfriend, le tumblr fuckyeahbrutalism, etc. Ce foisonnement vivace et passionné cerne-t-il vraiment le concept de brutalisme, ou parle-t-il finalement d’autre chose? Nous le confronterons mercredi avec la définition donnée par les historiens et théoriciens de l’architecture, après avoir rendu compte demain de l’écho que la presse donne au mouvement. _Olivier Namias

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(1) in Liane Lefaivre,« Aldo van Eyck, the Humanist Rebellion, and the Reception of Brutalism in the Netherlands », Contributions to the international symposium in Berlin 2012, Wüstenrot Foundation/Park Book, 2017, p.77-84

(2) Ainsi que le relevait Liane Lefaivre, citant en exemple The brutalist colouring book. https://www.designboom.com/shop/design/the-brutalist-colouring-book-tm-12-12-2016/Consulté le 9/2/18

(3) cf. https://www.muralswallpaper.com/wall-murals/textured-wallpaper-murals/

(4) « Nous nous sommes appuyés sur un mix béton sans additifs chimiques pour obtenir le look cru, brutaliste, que nous recherchions », expliquent l’agence Montaag, designer de ce produit. cf. Barbara Eldredge « This concrete coffee machine is a Brutalist Beauty », curbed.com, 3 octobre 2017. https://www.curbed.com/2017/10/3/16408758/coffee-maker-anza-concrete-montaag. Consulté le 9/2/18

 

A lire dès demain : Le brutalisme à travers les médias, la revue de presse du 13 février 2018

 

Campus EDF par ECDM : le ductal projeté

Campus EDF par ECDM : le ductal projeté

Si Rudy Ricciotti exploite le béton fibré ultra-hautes performances (BFUP) pour ses capacités structurelles, l’agence ECDM préfère travailler sur son potentiel en second-œuvre.

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Après l’avoir exploité dans deux autres projets – le bâtiment administratif du centre bus de la RATP de Thiais livré en 2007 et une crèche dans le 18eme arrondissement de Paris livrée en 2011 – elle poursuit ses recherches avec l’industriel LafargeHolcim qui a déposé son BFUP sous la marque Ductal. Renforcé par des fibres organiques, métalliques, à base d’acier inoxydable ou de verre, ce matériau propose des constructions plus légères ou plus fines à résistance égale avec les bétons traditionnels. Il est apprécié pour sa résistance, sa ductilité, et sa durabilité. Emmanuel Combarel et Dominique Marrec l’apprécient pour son fort dosage en ciment et en adjuvants, ses granulats de faible dimension, sa porosité réduite et sa plasticité.

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Si d’ordinaire le Ductal est coulé entre deux moules, il a été projeté sur un seul pour revêtir le campus EDF de Saclay. Cette méthode de préfabrication autorise des éléments monobloc de très grande dimension – en l’occurrence 7 m de haut et 2,70 m de large – avec des épaisseurs en parties courantes réduites – seulement 15 mm. La pièce finie vient absorber les anfractuosités au droit des menuiseries, des coulisses ou des coffres de stores, n’affichant en façade que la rencontre du verre et du béton. Par ce procédé, la peau répond au logique d’isolation par l’extérieur en procurant un capotage étanche désolidarisé de la structure. L’ensemble, sur le campus EDF, fut posé en seulement 15 jours, réduisant largement les temps de chantier. L’innovation est validée d’une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx).

L’agence ECDM justifie de cette innovation en prônant un travail sur la masse et interroge : « comment retravailler la massivité, ce fantasme collectif perdu aujourd’hui par l’isolation extérieur ?  » Mais l’image de massivité est-elle si nécessaire ? Ne s’impose-t-elle pas plutôt comme un faux-semblant ?

Courtesy ECDM / Jérémy Bernier 

 

Lire aussi : Campus EDF à Saclay : empilement sur un plateau

Trophée béton : nouvelles sensualités

Trophée béton : nouvelles sensualités

La cérémonie de remise des prix de la 5e édition du Trophée Béton école (organisée conjointement par Bétocib, CIMbéton, EFB et sous le patronage du ministère de la Culture et de la communication) s’est tenue le 5 janvier 2017 à la Maison de l’architecture en Ile-de-France. 4 projets ont été désignés lauréats parmi 10 nominés, 140 inscrits et 20 écoles d’architecture. Du 5 au 24 janvier, les 10 projets nominés sont exposés, faisant état d’une production éclectique.

Paul Chemetov, doyen du jury, apprécie ce trophée car « contrairement aux prix littéraires qui mettent en jeu des écuries, contrairement même au prix des plus grandes architectures dont les enjeux, l’argent et le pouvoir sont considérables, ici il y a en quelque sorte la fraîcheur d’un prix sans enjeux autres que les idées et les personnes qui les portent » nous dit-il. Pour lui, « on ne peut pas se passer de la réalité du béton en France. De toute façon, nous sommes tous contraints de travailler avec. On peut être contraint et être dans un déni de réalité ou au contraire se dire que nous en sommes » précise-t-il, avant d’ajouter « le plus bel immeuble est celui qui utiliserait le mieux le béton, l’acier, le bois, le verre, lorsqu’on est capable de combiner pour la meilleure performance chaque matériau et pour en faire un projet total. Un bâtiment tout en bois, tout en verre, tout en acier, il y en a certains qui ont essayé tout ça mais c’est impossible, ne serait-ce que pour des questions de lumière. »

 

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1er Prix : Giula Mazza – « Un littoral : le béton entre le sable et la mer » – Monéglia (Italie)

ENSA Paris Belleville, sous la direction de Pierre Louis Faloci

Giula Mazza s’est formée à l’école polytechnique de Milan, de laquelle elle a tiré un enseignement théorique, avant de rejoindre l’école de Paris-Belleville, à l’approche pratique. Son projet, situé à Moneglia, dans le golfe de Gênes, en Italie, questionne la rupture entre la ville et son pendant maritime. L’infrastructure routière a coupé la ville de la mer, rompant son rapport ancestral à la pêche. L’orientation vers le tourisme et la privatisation des plages l’en a définitivement détournée. La jeune architecte projette un équipement de loisirs tentant une couture urbaine en redonnant des espaces publics côtiers aux habitants. Maison des pêcheurs, piscines d’eau salée et forum nautique sont conçus à partir de la technique du sand-casting, consistant à couler du ciment dans du sable modelé en négatif. En façonnant l’épiderme du bâtiment à partir du sable même, Giula Mazza a séduit le jury à l’unanimité, s’inscrivant dans une tendance territorialiste telle que vue par Vittorio Gregotti, membre de la Tendenza, selon José Ignacio Linazasoro Rodriguez ; un mouvement des années 70 qui trouve encore aujourd’hui son actualité.

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2ème prix : Lucas Huvet (architecte) et Bastien Beth (ingénieur) – « Une maison dans les Landes »

ENSA Versailles / École d’ingénieurs de Sceaux, sous la direction de Cédric Libert

Lucas Huvet et Bastien Beth ont travaillé sur un habitat alternatif et communautaire dans les Landes, rêve de jeunesse aux allures seventies. L’architecture locale et vernaculaire a dans un premier temps été regardée sans a priori, l’architecte constituant son vocabulaire pour transposer les qualités de l’habitat traditionnel dans le contemporain. Une fois extrapolée, cette analyse donne vie à un prototype en lien étroit avec la pinède environnante. Monté sur des échasses, il préserve le sol existant avec ses accidents, et constitue une forêt de poteaux. Bien que conçu en béton d’aiguilles de pins, matériau local et artisanal développé par le maçon Didier Cusseau, le jury se demandera tout de même s’il est bien raisonnable de faire une maison en béton dans une forêt ou le pin est présent en abondance. « Ni très réaliste, ni très pragmatique », ce projet séduit pourtant par sa fraîcheur et son utopie.

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3ème prix : Damien Girard – « Habiter la frange ferroviaire » – Feyzin (Rhône)

ENSA Lyon, sous la direction de Marc Bigarnet

Damien Girard, pour qui « la contrainte est vectrice de projet », inscrit son projet le long des voies ferrées aux abords de la ville de Feyzin (Rhône-Alpes). Se posant en parallèle de l’infrastructure, il propose un dispositif radical de 300 m de long constitué de longs murs sculptés dans lequel s’insèrent les blocs d’habitations ; le dispositif permet un nouveau type. Le béton cyclopéen utilisé pour la construction du mur antibruit se compose de débris de démolition et les lames habitables sont en « Cématerre », matériau issu d’une filière locale de réemploi.

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4ème prix : Dany Saouli – La réhabilitation du Beirut city center : de la ruine de guerre à la cinémathèque – Beyrouth (Liban)

INSA Strasbourg, sous la direction de Louis Piccon

Dernier vestige de l’époque moderne de l’architecture libanaise subsistant au centre ville de Beyrouth, et surtout dernier symbole de l’Age d’or du Liban, c’est à dire la période de l’indépendance s’étalant de 1943 à 1975, le Beirut city center est un bâtiment emblématique devenu lieu de rassemblement où la vie urbaine a pris place. Dany Saouli pose la question de son réemploi, dans un territoire où la reconstruction fut très controversée, avec plus de 85 % de tabula rasa. Ce mastodonte fut démoli en partie par l’État qui voulait implanter le ministère des finances, laissant derrière lui un grand vide à l’abandon. Le jeune architecte propose de redonner au bâtiment sa programmation originelle, le cinéma. Trouvant le juste milieu entre conservation, démolition et construction, il instaure un dialogue à partir du béton entre deux temporalités, redonnant à ce monument son éminence tout en préservant les stigmates de la guerre.

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Le Trophée Béton participe d’une visibilité de la production des écoles d’architecture. Cette année, le béton se veut local. Bien au delà de ses prouesses techniques et de sa robustesse maintes fois expérimentées, c’est sa sensualité qui est mise à l’honneur.

 

Amélie Luquain

 

Membres du jury : Bruno Mengoli, président du jury – architecte et directeur de l’école d’architecture de Paris – La Villette. Hélène Fernandez, sous-directrice de l’architecture, de la qualité de la construction et du cadre de vie du ministère de la Culture et de la communication. Dominique Boré, présidente de la maison de l’architecture en Ile-de-France. Gilles Davoine, rédacteur en chef de la revue AMC. Paul Chemetov, architecte – AUA Paul Chemetov. Frédéric Schoeller, architecte – agence Richard et Schoeller. Philippe Prost, architecte – agence d’architecture Philippe Prost. Aurélie Barbey, architecte – atelier d’architecture Aurélie Barbey. Cécile Graindorge, architecte – agence Bourbouze & Graindorge. Anémone Degand, architecte, 1er prix de la 4ème édition du Trophée béton. Philippe Clement, ingénieur – Batiserf. Claire Lebert, maître d’ouvrage et directrice du projet Paris Saclay. José Ignacio Linazasoro Rodriguez, architecte – agence Linazasoro & Sánchez Arquitectura (Madrid)

 

Autour du Trophée Béton

Du 5 au 24 janvier, exposition des 10 nominés du Trophée Béton école à la Maison de l’architecture en Ile-de-France

23 février à19 H : Conférence de lancement de la 6ème édition du Trophée Béton école 

Utopies concrètes avec le Trophée Béton pro, date limite de dépôt des dossiers le 30 mai 2017

 

Courtesy Trophée béton

Le Lieu de Vie de l’agence MUOTO à Saclay, antonymie du construire

Le Lieu de Vie de l’agence MUOTO sur le campus de Paris-Saclay se pose comme la mise en scène précaire de surface utile à remplir. 

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Sur le campus Paris-Saclay, la prise de l’angle de la rue Joliot Curie et de la rue Louis de Broglie, par celui que l’on nomme déjà le « Lieu de Vie », équipement public mixte construit par les architectes de l’agence parisienne MUOTO, a généré la configuration urbaine alentour. Les architectes ont posé là un bloc urbain, premier édifice livré au côté de Polytech Paris-Sud, qui s’imposera aux futures constructions, les déterminant par rapport à lui. Une façon peu orthodoxe de faire la ville, dans un campus qui ne l’est pas moins.

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Originalité

De prime abord, le bâtiment s’affiche sans cérémonial : il ne comprend pas de hall d’entrée principal mais plusieurs accès et ses quatre façades ne sont pas hiérarchisées, à moins qu’on lise à l’est une façade arrière réservée aux livraisons. De la même manière, la programmation du Lieu de Vie et la répartition des activités qui le constitue sont quelque peu inhabituelles. Celui-ci est un espace dédié à la vie urbaine, regroupant espaces sportifs et de restaurations dans un volume compact (4000 m2 SHOB), dont la mixité est gérée par le CROUS, sur un campus où les grandes écoles sont livrées avec leurs propres équipements. Dès lors, l’organigramme programmatique était très riche depuis le concours et les architectes ont dû le nettoyer, le simplifier, mutualiser les espaces plutôt que de les fragmenter, engendrant une répartition originale et de nouveaux usages. Pour exemple, la cafétéria au rez-de-chaussée peut devenir espace de réunion ou d’exposition ; la cuisine, fonctionnant en boucle avec le restaurant, est placée dans les étages ce qui engendre des complexités techniques, certes, mais ça lui permet d’être intégralement vitrée ; la technicité du bâtiment est transférée au rez-de-chaussée laissant à la toiture terrasse la liberté d’accueillir deux terrains de sport.

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Le restaurant en double hauteur s’ouvre de toute part grâce à de grandes baies vitrées à galandage, le transformant en terrasse couverte
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La cuisine est placée dans les étages ce qui engendre des complexités techniques, certes, mais ca lui permet d’être intégralement vitrée

 

Habiter la structure

Cette répartition est permise par la livraison d’un grand volume aride à la structure brute que les architectes sont venus remplir de diverses fonctions. L’agence MUOTO livre une ossature en « étagère » dont les plateaux sont supportés par un système régulier poteau poutre. Les poteaux sont coulés en place, extrêmement dense en ferraillage pour assurer leur finesse, et les poutres sont préfabriquées, de même que les pré-dalles en plafond. Les travées ainsi constituées, espacées de 7,50m, ont l’air inachevées, les poutres achevant de porter la dalle en porte-à-faux semblent comme cisaillées au nu des façades. Le bâtiment est entièrement décapoté et tout second œuvre est minimisé, afin de privilégier la surface à la surenchère de matériau tout en tenant le budget (ce qui signifie aussi une parfaite maîtrise de la réalisation). C’est aussi là un positionnement face à l’architecture durable – qui leur a valu les Lafarge Holcim Awards – le bâtiment, évolutif et modulaire, étant amené à durer dans le temps. Sans compter la robustesse du béton, également adapté à un usage intensif et dynamique. Les architectes ont donc travaillé sur une ossature minimale, livrant « un bâtiment qui n’a pas de chair, seulement les os », nous dit Gilles Delalex. Une sorte de structure inachevée et poreuse, un squelette à habiter à l’image de ceux du collectif Coloco. La structure est alors remplie de ses fonctions, lesquelles sont mises sous vitrine derrière de larges baies vitrées s’ouvrant de toute part, quand elles ne sont pas laissées à l’air libre comme la terrasse couverte du premier niveau qui n’attend que d’être appropriée par ses locataires ou les terrains de sport simplement posés sur la toiture derrière un grillage.

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Une sorte de structure inachevée et poreuse, un squelette à habiter
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Les travées espacées de 7,50m semblent inachevées, les poutres achevant de porter la dalle en porte à faux semblant comme cisaillées au nu des façades

 

Parcours ascensionnel

Bien qu’architecture du « retrait », selon les termes de l’architecte, celle-ci ne demande qu’à grouiller d’activité, prévue à l’ouverture 24h/24. En attendant, elle invite à une expérience ascensionnelle qui ne peut être appréhendée depuis le parvis, et que les architectes ont pu expérimenter durant le temps du chantier, découvrant un nouvel horizon à chaque plateau. Ainsi, un grand escalier central les dessert. Lui aussi est bâti à minima, en structure métallique, et est également extrêmement poreux ; en effet, bien que situé dans l’intériorité du volume, il est totalement extérieur, ce que l’air ambiant glacé de ce mois de novembre a confirmé. Cette structure permet aux architectes de se saisir de la verticalité du bâtiment, sur ce plateau de Saclay où l’horizontalité est de mise. Se référant à Beaubourg, ils ont souhaité rendre visible le parcours ascensionnel, de la même manière que l’« on dessine son chemin lorsqu’on gravit une montagne pour rejoindre son sommet », avant d’atteindre la toiture dont la vue panoramique sur la cime des arbres se substitue à l’architecture de béton. Sensation d’ailleurs …

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Un grand escalier central extérieur, lui aussi bâti à mimnima, dessert les plateaux
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La toiture dont la vue panoramique sur la cime des arbres se substitue à l’architecture de béton. Sensation d’ailleurs …

Ainsi, le bâtiment devient un équipement technique à vocation culturelle, où l’économie devient gage d’esthétique, les architectes s’inscrivant dans une tendance néo-brutaliste qu’ils affirment, pensant le béton comme le « matériau vernaculaire de l’architecture en France ». Une antonymie du construire donc, parce que MUOTO n’a eu d’autres préoccupations que de retirer de la matière et de bâtir le vide.

 

Amélie Luquain

 

 

Fiche technique

MOA : Établissement Public d’Aménagement Paris Saclay (EPAS). Architecte : MUOTO Gilles Delalex, Yves Moreau, et Thomas Wessel-Cessieux. Équipe : Y-Ingénierie, Bollinger & Grohmann, Alternative, Novorest. Programme : équipement sportif et restaurant universitaires. Surface : 4100 m2 SHOB, 2140 m2 espace public (passage, parvis et stationnement), 1375 m2 terrasses extérieures (mezzanine et terrains de sport en toiture). Cout : 6 500 000 €. Localisation : Gif-sur-Yvette. Concours : 2011. Livraison : septembre 2016. Lauréat de l’Equerre d’argent

 

Retrouvez le projet sur Instagram archi_cree

 

Courtesy Muoto Architectes / Maxime Delvaux

Forêt de béton

Le Hub d’apprentissage de l’Université technologique de Nanyang, conçu par Heatherwick Studio exécuté par CPG Consultants, est un nouveau repère éducatif pour Singapour.

Université Nanyang

Ce projet est une occasion extraordinaire de repenser l’université traditionnelle. Au lieu des corridors interminables, les architectes proposent un édifice favorisant convivialité et sociabilité, où étudiants et professionnels peuvent se rencontrer pour interagir ensemble.

Douze tours coniques – se rétrécissant vers l’intérieur à leurs bases – sont composées d’un empilement de salles de classes cylindriques, entrecoupées d’espaces ouverts et de terrasses de jardin informelles. Disposées autour d’un atrium central qui rassemble, elles sont parsemées de balcons ouverts sur le cœur du bâtiment, favorisant les échanges de connaissance. Les étudiants se sentent en permanence reliés aux autres activités en cours.

A la fois ouvert et perméable, l’atrium permet la ventilation naturelle, répondant aux fortes chaleurs Singapouriennes. Poreux, il s’ouvre vers l’extérieur en se faufilant entre les tours de béton, tandis que le soir venu, la lumière s’immisce entre les volumes.

En référence à la science, l’art et la littérature enseignés à l’université, le béton semble avoir été moulé à la main : les cylindres reçoivent une texture ondulée horizontale et les parois verticales reprennent les dessins de l’illustrateur Sara Fanelli, exprimés en trois dimensions. Achevée en mars 2015, l’université offre des espaces d’interaction s’adaptant aux formes contemporaines d’apprentissage.

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Amélie Luquain

Crédit Photo : Hufton and Crow

Un monolithe au coeur de verre

Angelini Group fait don des fonds nécessaires pour que les entreprises puissent converger avec le savoir des chercheurs de l’université UC Innovation Center.

Monolithe de béton vu de l'extérieur au crépuscule, lumière orangée
©Nina Vidic

Inscrite dans la ville dense et horizontale de Santiago, l’université d’art se dresse telle un monolithe gigantesque de béton, répondant aux quelques blocs voisins. Le projet cubique de l’agence chilienne Elemental a vocation à créer des connaissances en multipliant les espaces de rencontre.

Derrière sa massivité apparente se cache un intérieur fragmenté. Un atrium baigne de lumière les espaces accessibles depuis des ascenseurs vitrés, parcourant un jeu de cadres menuisés épais en bois alternés de montants noir sur toute la hauteur.

Ainsi, l’habituel cœur opaque et mur de verre est remplacé par un noyau ouvert et une façade pleine. En plus de favoriser l’échange, cette inversion est une solution efficace énergétiquement. Placer la masse du bâtiment à l’extérieur permet de faire face à l’effet de serre, tout en utilisant l’inertie thermique du béton.

Des percées géantes et rectangulaires contiennent des vitrages encastrés dans la profondeur pour empêcher le rayonnement direct du soleil et permettre la ventilation transversale. Associés au minimalisme de garde-corps transparents, ces retraits façonnent des terrasses d’échelle démesurée. La géométrie stricte du volume se prolonge par des excroissances qui accueillent des programmes en porte-à-faux sur le parvis. Forme archétypale et béton brut participent à la forte matérialité de ce monolithe.

Amélie Luquain

Photos : ©Nina Vidic, ©Kim Courreges

 

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Consolis Awards, le béton au service du mobilier urbain

Quatre étudiants récompensés pour avoir travaillé sur le thème de l’aménagement urbain dans le cadre du concours Consolis Awards.

 

Le groupe Consolis, spécialisé dans la conception d’ouvrages et de bâtiments hautes performances en béton – étant intervenu notamment pour le MuCEM à Marseille, le stade Jean Bouin et la Fondation Louis Vuitton à Paris – soutien des projets éducatifs. Prônant l’innovation, la première édition des Consolis Awards sur le thème de l’aménagement urbain – qui met bien entendu à profit le béton – vient de récompenser le 1er juillet 2015 quatre étudiants d’écoles de design et d’architecture.

Chacun des projets s’inscrit dans une envie de partage et de rencontre au sein d’un espace public, tel qu’un parc ou une place. Autour des cinq thèmes de réflexion proposé (Espace déjeuner urbain, Espace de travail, Espace fumeur, Borne intelligente, Mobilier photo souvenir) les projets répondent à la diversité des besoins et des envies. Redynamisant les lieux clés de la ville, renforçant les liens sociaux là ou de multiples individualités vivent ensemble, ces espaces de détente, de repas ou de travail à l’extérieur accueillent une ou plusieurs personnes.

 

Consolis
1er prix : Urbend par Edouard Ladune et Alix Sutre, ENSAB (Ecole Nationale d’Architecture de Bretagne)

Urbend, dont la conception est basée sur le ruban de Moebius, offre une surface simultanément assise, tablette et piétement. De forme à la fois simple et complexe, cette géométrie possède deux faces apparentes qui en réalité n’en font qu’une. Rationalisé, ce mobilier pratique et ludique se veut duplicable à loisir. Offrant un usage durable, ses éléments peuvent être détournées ou réutilisés.

 

Consolis
2ème prix : Levigo par Maria Semmler, LISAA Rennes (Institut Supérieur des Arts Appliqués)

Ce petit mobilier aux formes rondes fonctionne avec un minimum de 3 modules, espacés de 90 cm pour une circulation fluide tout en préservant une distance agréable de conversation. D’une hauteur de 40 cm, on peut s’y asseoir comme sur une chaise, en tailleur, ou s’allonger. Offrant des surfaces généreuses qui donnent envie de s’installer (entre 1,80 m et 2,20 m de diamètre) Levigo parait léger et semble léviter. La demi-sphère repose sur un cylindre d’un diamètre plus petit que sa base. Un jeu de lumière intégré en sous face vient accentuer la sensation de lévitation. Le soir venu, Levigo invite à un repas aux lumières tamisées.

 

Consolis
3ème prix : Shelter-Work par Sara Noui, ENSAV (Ecole Nationale d’Architecture de Versailles)

Pour travailler à l‘extérieur en toute tranquillité, quelle que soit la météo, Shelter-Work propose un abri composé de deux parties liées par une borne connectée. L’une est propice au travail, l’autre est favorable à la détende. Ces lignes obliques sont conçues en Ductal, béton fibré à hautes performances mécaniques, permettant la conception de structures minces sans armatures. La mise en œuvre est simplifiée : deux moules uniques assemblés via des boulons d’ancrage permettent une économie de matière et d’argent.

 

Consolis
Prix spécial : Paûsis par Axelle Decante, LISAA Rennes

Enfin, Paûsis permet de se ressourcer tout en restant connecté. Ce mobilier intègre la recharge des objets mobiles par panneaux solaires. Le projet s’appuie sur un travail d’inclinaison, tant pour le dossier que pour favoriser l’apport énergétique des photovoltaïques.

Chaque projet a pour vocation d’être réalisé.

 

www.consolis-awards.com