Encore Heureux et ses dix lieux infinis à la Biennale de Venise

Encore Heureux, l’agence parisienne de Nicola Delon, Julien Choppin et Sébastien Eymard, représente la France à la biennale internationale d’architecture de Venise ouverte ce week-end. Le trio d’architectes a choisi de défendre dix lieux exemplaires de la « sobriété heureuse » au travers d’espaces collaboratifs de Paris et de la Petite couronne

A l’occasion de la 16e biennale internationale d’architecture sur la thématique « free space », les trois architectes ont choisi de décliner dix « lieux infinis » (cinq en Ile-de-France, cinq en province), « qui expérimentent à l’échelle réelle de nouveaux modes de vie ». Une architecture innovante propice à l’expérimentation citoyenne et collaborative avec notamment les Ateliers Médicis, à Clichy-sous-Bois/Montfermeil, la Ferme du bonheur à Nanterre, le 6B à Saint-Denis, le 104 et les Grands Voisins à Paris…

« A la Biennale de Venise, on réfléchit plus à des sujets de société qu’à l’architecture pure« 

© Elodie Daguin

« Avec la crise économique, la crise écologique, les flux migratoires, les enjeux sont ailleurs. L’architecture a un rôle social à jouer, faire de l’architecture savante, aussi élégante soit elle, ne nous suffit pas », explique Julien Choppin co-fondateur d’Encore Heureux.

© Sophie Scher

Des « lieux de liberté » , qui pour le trio, « sont des endroits qui expérimentent des transitions (écologique, politique…) nécessaires. C’est là que le futur se construit. » Baptisé « Lieux infinis », le pavillon présente dix sites se transformant avec leur usage et se réinventant, au contraire de l’architecture spectaculaire.

© Sophie Scher

« Nous avons aussi choisi de mettre en avant des lieux d’hospitalité, des refuges dans des villes de moins en moins accueillantes, pour les SDF ou les demandeurs d’asile. Nous proposons une sélection hétéroclite en termes d’échelle, d’usage et de mode de gouvernance. Certains lieux ont trente ans, d’autres n’existent pas encore, comme Le Tri postal à Avignon. Certains sont transitoires, d’autres s’adossent à une structure existante, comme le projet de l’Hôtel Pasteur à Rennes, un lieu culturel en cours d’installation au-dessus d’une école maternelle. Cette diversité est importante car, à la Biennale de Venise, on réfléchit plus à des sujets de société qu’à l’architecture pure. Nous proposons d’ailleurs aux visiteurs de collaborer à un atlas participatif, qui recenserait tous ces « lieux infinis ». »

Le pavillon se compose d’une salle centrale accueillant dix grandes maquettes réalisées par l’agence ou par d’autres architectes. « A l’intérieur, des écrans vidéo projettent des films enregistrés in situ, afin de montrer ce qu’il s’y passe. Au-dessus des maquettes, nous exposons des boules de pétanque, un disque d’or, des papillons, des dessins historiques… En tout, quatre cent cinquante objets prélevés dans ces dix lieux qui témoignent de l’intensité qu’on y a ressentie. » Cette installation, pensée comme un véritable cabinet de curiosités, questionne la conception architecturale dans son ensemble.  « On devrait être capable d’avoir cette démarche aussi pour le logement par exemple, en se disant que l’usage va dicter le bâtiment plus qu’une programmation pré-établie « , estime Sébastien Eymard.

© Sophie Scher

« Les architectes ont un rôle humaniste, politique à jouer. Nous ne sommes pas là pour livrer de beaux immeubles mais pour stimuler la transition écologique. En conservant l’existant quand c’est possible – nous avons, par exemple, réalisé un projet de logements dans un ancien parking que l’on nous demandait de raser – ou en réemployant des matériaux, un enjeu essentiel puisqu’ils se raréfient. Pour notre exposition, nous avons ainsi récupéré les matériaux utilisés par Xavier Veilhan pour le pavillon français de l’édition précédente. »

Peter Zumthor présente un atelier de maquettes à la Biennale de Venise

Peter Zumthor a installé un atelier de ses maquettes à l’intérieur du pavillon central des Giardini lors de la Biennale d’architecture de Venise 2018. Les modèles, qui varient considérablement en termes d’échelle, d’apparence et de matérialité, illustrent certains des travaux les plus connus de l’architecte suisse – y compris son projet de construction du musée d’art du comté de los angeles (LACMA). Parmi les autres projets présentés, citons un restaurant en suisse reproduit avec de la cire et un hôtel du désert au Chili recréé à l’aide de carton et de sable.

abris de protection pour le palais de Hisham,
modèle d’étude Jericho 1:20, construit en 2010 en utilisant du béton, du sable et du plâtre | © designboom
abris de protection pour le palais de Hisham,
modèle d’étude Jericho 1:20, construit en 2010 en utilisant du béton, du sable et du plâtre | © designboom

Peter Zumthor a été invité par les commissaires de la 16ème exposition internationale d’architecture, Yvonne Farrell et Shelley Mcnamara, à contribuer à l’événement dans le cadre du pavillon central de la Biennale. Occupant tout le niveau supérieur du plus grand espace de la salle, les maquettes exposées documentent un large éventail de travaux de Zumthor, avec des projets réalisés et non réalisés. «Dans cette exposition, Zumthor nous présente un atelier de ses modèles, nous permettant d’explorer son propre cheminement de pensées et de souvenirs à l’actualité, à ses espaces qui nourrissent l’âme», expliquentYvonne Farrell et Shelley Mcnamara

LACMA, bâtiment pour la collection permanente, los angeles, USA
site modèle 1: 500, construit en 2013 utilisant du béton coloré © designboom
musée de la mine de zinc allmannajuvet, norvège (achevé en 2016)
site modèle 1: 100, construit en 2004 avec du polystyrène, du charbon de bois et de la pâte à modeler
| © designboom
chapelle de thé à namyang, Corée du sud
site modèle 1:50, construit en 2017 en utilisant sable, pigment et cire © designboom
atacama desert hotel, chili
étude modèle 1: 100, construit en 2010 en utilisant du papier cartonné et du sable | © designboom

« Peut-être que je travaille comme un artiste », dit Zumthor, discutant de ses processus créatifs. Je ne mets pas en pratique les idées des autres. mon client veut un bâtiment. Je vais essayer de trouver une bonne forme pour cela et partager ce travail avec eux. Le processus de trouver la bonne forme est plein d’insécurités, de désespoir, de plaisir et de joie et il a besoin de free space pour bouger et réfléchir. Nos modèles – structurels, sculpturaux, atmosphériques, toujours différents – visent à découvrir et montrer la présence physique du bâtiment et du lieu. ils nous aident à comprendre, à penser et à rêver. nous leur faisons tenir la promesse de l’objet que nous cherchons. »

atacama desert hotel, chili
étude modèle 1: 100, construit en 2010 en utilisant du papier cartonné et du sable | © designboom
hôtel de montagne braunwald, site suisse modèle 1: 500, construit en 2014 avec styromousse, sable, cire et laine d’acier © designboom
développement résidentiel haut de gamme près du lac de Lucerne, Suisse
modèle de concours 1: 200, construit en 2006 en utilisant du papier, du fil et du cartonc | © designboom
musée de la mine de zinc allmannajuvet, norvège (achevé en 2016)
site modèle 1: 100, construit en 2004 avec du polystyrène, du charbon de bois et de la pâte à modeler
| © designboom
Eduardo Souto de Moura et la Suisse remportent les Golden Lions à la Biennale d’architecture de Venise

Eduardo Souto de Moura et la Suisse remportent les Golden Lions à la Biennale d’architecture de Venise

L’architecte portugais Eduardo Souto de Moura a reçu le Lion d’Or du meilleur projet présenté à la Biennale d’Architecture de Venise , tandis que la Suisse a été récompensée pour avoir organisé le meilleur pavillon. La cérémonie de remise des prix qui s’est déroulée le 26 mai 2018, au siège de la Biennale de Venise, a marqué le premier jour de l’événement, qui se poursuit jusqu’au 25 novembre 2018.

Souto de Moura a été nommé meilleur participant à Freespace, l’exposition dirigée par Yvonne Farrell et Shelley McNamara de Grafton Architects pour la 16e édition de la Biennale d’Architecture de Venise. Son projet Vo De Jour comprend deux photographies aériennes placées côte à côte, montrant le domaine de São Lourenço do Barrocal à Alentejo, au Portugal,une ancienne ferme que l’architecte a transformé en hôtel. Les deux images montrent le site avant et après les travaux. Les changements sont à peine perceptibles, révélant à quel point les interventions étaient à petite échelle.

Les juges ont déclaré que le positionnement des deux images « révèle la relation essentielle entre l’architecture, le temps et le lieu« .

© Francesco Galli

Des mentions spéciales ont également été données à deux autres participants au spectacle.

L’architecte indonésien Andra Matin a été félicité pour son projet Elevation, qui était contenu dans une structure tissée. À l’intérieur, il met en valeur l’architecture vernaculaire de l’archipel indonésien.

© Francesco Galli
© Francesco Galli

Les juges l’ont décrite comme «une installation sensible qui fournit un cadre de réflexion sur le matériau et la forme des structures vernaculaires traditionnelles».

L’autre récompense a été décernée à l’architecte Rahul Mehrotra de Mumbai, qui a utilisé trois projets pour mettre en valeur la diversité de la société en Inde. Selon les juges, ils « abordent les questions d’intimité et d’empathie, en diffusant doucement les frontières sociales et les hiérarchies ».

© Italo Rondinella

La Suisse a remporté le Lion d’or du meilleur participant national. Son exposition , intitulée Svizzera 240: House Tour, présente les accessoires fades couramment sélectionnés pour les logements neufs ou loués. Ceux-ci sont rétrécis ou élargis, comme Alice au pays des merveilles, pour attirer l’attention sur eux. Les juges ont apprécié cette « installation convaincante qui est à la fois agréable tout en s’attaquant aux problèmes critiques d’échelle dans l’espace domestique« .

© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Grande-Bretagne a également reçu une mention spéciale pour l’île, qui a vu Caruso St John construire une plate-forme en bois sur le toit du pavillon. Avant le Brexit, le but est de créer un «lieu de refuge et d’exil». Les juges ont dit que c’était « une proposition courageuse qui utilise la vacuité pour créer un espace libre pour les événements et l’appropriation informelle« .

© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Un Lion d’Argent a également été décerné aux jeunes participants les plus prometteurs : Jan de Vylder, Inge Vinck et Jo Taillieu de Belgique. Leur projet qui a examiné les moyens d’insérer de nouvelles structures à l’intérieur d’un ancien bâtiment. Il a été salué comme « un projet qui possède la confiance à laquelle la lenteur et l’attente permettent à l’architecture d’être ouverte à une activation future« .

© Andrea Avezzù
© Italo Rondinella
© Italo Rondinella

Le Vatican fera son entrée à la Biennale de Venise avec dix chapelles imaginées par dix architectes

C’est une année très spéciale pour la Biennale d’architecture de Venise. Pour la première fois la cité du Vatican présentera sa propre soumission. Situé sur l’île de San Giorgio Maggiore, le pavillon du Saint-Siège emmènera les visiteurs dans un voyage à travers dix chapelles conçues par dix architectes internationaux sélectionnés par l’historien de l’architecture Francesco Dal Co. Ces chapelles seront démontables car le Vatican souhaite les reconstruire dans des localités qui n’ont pas de lieu de culte.

« Une visite aux dix chapelles du Vatican est une sorte de pèlerinage non seulement religieux mais aussi laïc. C’est un chemin pour tous ceux qui souhaitent redécouvrir la beauté, le silence, la voix intérieure et transcendante, la fraternité humaine d’être ensemble dans l’assemblée des hommes, et la solitude de la forêt où l’on peut expérimenter le bruissement de la nature temple cosmique. » explique le Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil Pontifical pour la Culture.

© Javier Corvalán

Les architectes qui construiront des chapelles à la Biennale d’Architecture de Venise 2018 :

  • Smiljan Radic , Chili
  • Carla Juaçaba , Brésil
  • Javier Corvalán, Paraguay
  • Sean Godsell , Australie
  • Eva Prats & Ricardo Flores , Espagne
  • Eduardo Souto de Moura , Portugal
  • Francesco Cellini , Italie
  • Norman Foster , Royaume-Uni
  • Andrew Berman , États-Unis
  • Teronobu Fujimori, Japon

« Des architectes d’horizons divers et d’expériences diverses sont venus à l’île de San Giorgio pour représenter cette incarnation du temple dans l’histoire, le dialogue avec la pluralité des cultures et de la société, et pour confirmer la catholicité qu’est l’universalité de l’Église. »

Asplund Pavilion © Map studio
Asplund Pavilion © Map studio

Le début du parcours sera marqué par une chapelle utilisant le bois comme matériau principal : le Pavillon Asplund de Map Studio. Conçue par les architectes Francesco Magnani et Traudy Pelzel, comme le prélude à un itinéraire d’exposition, cette architecture sera placée en début de circuit et incarnera l’essence de l’ensemble du projet. Cette chapelle s’inspire de la « Woodland Chapel » construite en 1920 par le célèbre architecte Gunnar Asplund au Cimetière Woodland de Stockholm. Pour ce projet, le fabricant designer italien ALPI a développé un matériau : le Xilo 2.0 utilisé pour couvrir toutes les surfaces de l’édifice. Les extérieurs seront couverts de 9000 bardeaux avec le motif en bois Xilo 2.0 « Planked Grey ». Véritable lieu d’orientation et de rencontre, à l’intérieur, la chapelle accueillera une exposition de dessins de Gunnar Asplund, accompagnée de documents et de maquettes illustrant le concept et la construction de la chapelle d’origine. Elle sera le seul artefact non religieux à exposer les dessins d’Asplund. 

© Foster + Partners

© Foster + Partners

La chapelle de Foster + Partners, réalisée en collaboration avec Tecno, prendra la forme de trois croix symboliques et d’une terrasse en bois. La phase de conception a symboliquement commencé avec la fusion de trois croix enveloppées par des lattes de bois formant un voile attaché à la structure. 

© Foster + Partners
© Foster + Partners

Située à proximité d’un lagon, la chapelle sera un lieu de contemplation et de méditation. Le revêtement en lattes de bois offrira un jeu d’ombres et de cadrage permettant d’apprécier la beauté naturelle de Venise.

© Foster + Partners

« Notre projet a commencé avec la sélection du site. Lors d’une visite à San Giorgio Maggiore, près de la magnifique église de Palladio et du Teatro Verde, nous avons trouvé un espace vert avec deux arbres matures encadrant magnifiquement la vue sur le lagon. C’était comme une petite oasis dans le grand jardin, parfait pour la contemplation. Notre but est de créer un petit espace sanctuaire à l’ombre et retiré de la normalité des passants, focalisé plutôt sur l’eau et le ciel.» affirme Norman Foster, fondateur de Foster + Partners.

© Foster + Partners

La Biennale d’architecture de Venise 2018 ouvrira ses portes le 25 mai prochain jusqu’au 25 novembre.

Biennale de Venise 2018 : Farrell et McNamara commissaire

Biennale de Venise 2018 : Farrell et McNamara commissaire

Yvonne Farrell and Shelley McNamara, co-fondatrices de l’agence dublinoise Grafton Architects, ont été nommées commissaires de la 16e biennale de Venise qui débutera en mai 2018. Un passage de niveau dans l’échelon du star-système !

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Succédant à Rem Koolhaas en 2012, et au chilien Alejandro Aravena en 2016, Yvonne Farrell et Shelley McNamara assureront le commissariat de la 16e biennale de Venise. Les deux femmes vivent et travaillent à Dublin, où elles ont été diplômées et ont co-fondées l’agence Grafton Architects en 1977. Côté lagune, elles n’en sont pas à leur premier essai. Représentées à la biennale de 2002, elles remportent le lion d’argent à celle de 2012 avec une installation titrée « architecture as a new geography » et le mastodonte de béton abritant l’université de technologie et d’ingénierie UTEC de Lima (Pérou) ; un travail inspiré du Pritzker brésilien Paulo Mendes da Rocha. Les architectes étaient aussi présentes à la biennale de 2016 sous le titre « The Physics of Culture ».

 

Entourées de leurs 25 collaborateurs, Farrell et McNamara construisent beaucoup d’institutions et d’équipements dédiés à l’enseignement, surtout en Irlande (notamment les bureaux pour le Département des Finances, 2009), mais aussi à l’international où l’agence s’est distinguée avec l’université Luigi Bocconi à Milan (2008). L’agence promet également deux réalisations en France : l’Université d’économie de Toulouse et l’Institut des Mines-Telecom sur le plateau de Saclay. D’autre part, les deux femmes enseignent dans de nombreuses écoles d’architectures : University College de Dublin, Harvard graduate school of design, Yale et l’EPFL de Lausanne. Elles ont également été membres de jury prestigieux, comme le Riba en 2008 et 2012, qu’elles remportent en 2016 avec le projet de l’UTEC, et le prix Mies Van der Rohe en 2011 ; une récompense à venir peut-être ?

 

Pour Paolo Baratta, président du conseil d’administration de la biennale de Venise, Yvonne Farrel et Shelley McNamara prolongeront la vision d’Alejandro Aravena, l’exposition Reporting from the front ayant « offert aux visiteurs un panorama critique sur l’évolution de l’architecture dans le monde, qui a vu son rôle se confirmer comme instrument sociétal. » Il ajoute que les commissaires sont appréciées pour « leur capacité d’impliquer et de fasciner les nouvelles générations ». On espère qu’elles fascineront la jeunesse française chez qui elles restent encore peu connues.

 

Amélie Luquain

Epilogue : La France vue de Venise, le temps des arpenteurs

Epilogue : La France vue de Venise, le temps des arpenteurs

Derrière la centaine de projets, un réseau multiforme d’école d’architecture, CAUE et architectes conseil préparent le terrain à ces «nouvelles richesses». Les commissaires du Pavillon français ont tenu à valoriser ces contributions.

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Concours Loire & Loges, Microarchitectures, Val de Loire, Maison de l’Architecture Centre © Clément Talbot

Entre panneaux d’affichage rotatifs, projections, films documentaires, maquettes et fresques, ce sont plus d’une centaine de projets qui sont présentés sur les murs d’un Pavillon français pouvant paraître presque vide. Des projets exposés, non comme modèles, mais en tant qu’exemples, aboutissements de démarches interrogeant en profondeur la nature d’un territoire, ses failles, ses possibilités, ses acteurs. Des réalisations émergeant aussi grâce à l’action d’un réseau d’acteurs institutionnels hétérogènes — écoles d’architectures, CAUE, architectes conseils de l’État (ACE) — mis à contribution à l’occasion de cette Biennale.

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Les gares comme vecteur de dynamisme pour les villages. Guérard, Pommeuse, Mouroux. Morgane Besse, Lysiane Kaiser, EAVT Marne la Vallée.
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Atlas des paysages de l’Ardèche. Pierre-Albert Perrillat-Charlaz, Evelyne Chalaye, ENSA Saint-Etienne.

Superposés ou parallèles, ces différents réseaux irriguent un territoire en négatif, que l’on pourrait appeler la France des non-métropoles, dépourvues de la grande ingénierie urbaine portant les projets d’agglomérations que revendique à l’échelle européenne une stature équivalente à celle d’un petit État. Le pavillon français invite au voyage dans ce territoire en miettes, confronté à différents enjeux : conflit entre habitat et infrastructures, mutation des systèmes énergétiques, étalement urbain et morcellement social. « Que faut-il entendre par “département rural” ou “commune rurale” quand il ne reste que 3 à 5 % de la population vivant directement de “la terre” ? s’interroge Patrick Celeste, au sujet du Tarn, département où il exerce la qualité d’architecte-conseil. “Or, c’est bien ce ‘paysage rural’ qui à la fois constitue notre géographie et structure notre imaginaire”.

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Aller au front avec les jeunes des quartiers populaires. Nangis, La Courneuve, Créteil, Bagnolet, Bondy, Melun. Béatrice Mariolle, ENSA Paris Belleville.

Devenant de véritables envoyés spéciaux sur le territoire, école, CAUE ou ACE partent à la reconnaissance d’un lieu, d’un contexte souvent proche, identifiant des objets précis pour s’en servir de catalyseur : l’école d’architecture de Marseille a ainsi travaillé autour d’un GR pour explorer les territoires périurbains marseillais et en dresser l’Atlas. L’école de Nancy s’est penchée sur les communes de moins de 2000 habitants de sa région, entité qui représentent en France pas moins de 80 % du territoire national. Les initiatives sont diverses, foisonnantes et à découvrir. Elle prennent à bras le corps des problématiques ardues et inédites, celle des camps de réfugiés, par exemple, traités par le Studio de Master architecture des Dérèglements (dir. Cyrille Hanappe) de l’ENSA Paris-Belleville ou l’association Système B, travaillant sur les bidonvilles proches de l’ENSA Marne-la-Vallée.

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BORDERLINE. Romain Rousseau et Sabine Guth, ENSA Nantes
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Musée d’art et d’archéologie Sainte-Croix, Poitiers, Philippe Challes, architecte conseil de l’état

Après la reconnaissance d’un contexte, qui peut aller jusqu’à la valorisation d’objets du patrimoine récents, tel le musée Sainte-Croix de Poitiers présenté par l’ACE Philippe Challes, les architectes se posent aussi la question de leur rôle et de leurs moyens. Comment intégrer les nouveaux matériaux ; peuvent-ils servir de levier pour introduire une nouvelle architecture ? Comment aussi sensibiliser le public, vulgariser au sens noble du terme l’architecture, à l’instar de l’ARDEPA, association nantaise qui organise des visites dans sa région ? Jusqu’où intégrer la participation avec l’usager, comment nouer le dialogue, diffuser la culture architecturale dès l’école primaire ?

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Le patrimoine du XXe siècle : matière à projet. Jean-Patrice Calori, Bita Azimi, Nicolas ANDREATTA – Anne-Marie BARNAUD – Pauline GIBOIN, ENSA Versailles.
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Métropole au Sud. Elodie Nourrigat et Jacques Brion. ENSA Montpellier

Les initiatives nombreuses allient l’observation et action, et, en dépit d’un contexte souvent morose, de fractures sociales et spatiales, gardent l’envie de faire : c’est l’avenir radieux de Bernard Quirot, séminaire monté par l’architecte dans sa ville de Pesme proposant de renouer avec une architecture de proximité, ou le Trans Rural Lab de l’ENSA Paris Val de Seine qui voit des architectes retourner aux champs, se confronter directement aux problématiques d’agriculture urbaine. Loin des grands dess(e)ins et de l’architecte démiurge, ces démarches voient l’avènement d’une nouvelle figure : l’architecte-arpenteur, accompagnant au quotidien les mutations territoriales.

 

Olivier Namias

La France vue de Venise, épisode 7/8 : les activités industrielles et agricoles

La France vue de Venise, épisode 7/8 : les activités industrielles et agricoles

Pour prolonger la présentation du Terreau français exposé à la 15e biennale d’architecture de Venise, sont mis en exergue les bâtiments à caractère industriel. Souvent repoussées à la périphérie, car consommatrices d’espace et génératrices de nuisances, les infrastructures industrielles scarifient le paysage des entrées de villes. On ne connaît que trop bien ces grands hangars indifférents aux contextes qui les entourent, posés là comme des détritus. Et pourtant, leur apporter de la valeur ajoutée permet de transformer le banal en précieux. En portant une attention aux détails et une tendresse dans les matières, souvent puisées dans le vocabulaire industriel, ils ouvrent de nouvelles perspectives au développement suburbain. AL

 

Cité artisanale, Alpes-Maritimes

« Alors qu’elle est souvent vécue comme une contrainte, nous préférons considérer l’économie de moyens comme le berceau d’une nouvelle éthique. Cette dernière consiste en une attention pour les détails et une tendresse pour les matières et les lieux. Nous aimerions contribuer à ce que l’œil perçoive la matérialité de l’architecture partout, dans un rapport de proximité inattendu. Comme l’écrivait Gottfried Honegger : « Nos yeux doivent impérativement apprendre à penser ». (…) Traité avec soin, le banal devient précieux, échappe à sa condition et fait sens. »

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Localisation : Valbonne. Programme : Cité artisanale. Architectes : Comte Vollenweider. Crédit photo : Serge Demailly

 

Locaux de l’opérateur public de collecte, Loire-Atlantique

« Le projet est situé sur un terrain en friche, une ancienne carrière remblayée servant de dépôt de carburant, voisinant avec une aire d’accueil des gens du voyage et une entreprise de charpente, dans un contexte d’entrée de ville marquée par les grandes infrastructures industrielles et portuaires. (…) Sans compromettre la fonctionnalité de cet équipement technique, le projet puise dans le vocabulaire de l’architecture industrielle pour proposer un bâtiment lumineux et urbain, qui s’étire de manière franche et tout en transparence le long du boulevard. »

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Localisation : Nantes. Programme : Locaux de l’opérateur public de collecte. Architectes : DLW architectes. Crédit photo : Stéphane Chalmeau

 

Usine de salaison de jambons, Pyrénées-Atlantiques

« L’insertion paysagère est totalement induite par la logique d’implantation qui a été retenue. L’hypothèse habituelle d’une grande plateforme horizontale provoquant des mouvements de terre a été écartée, au profit d’un encastrement du projet dans la pente naturelle du terrain.La volumétrie du bâtiment ne vient donc pas lutter contre la déclivité, mais cherche plutôt à utiliser celle-ci afin de réduire l’impact visuel de l’édifice, et profiter de l’inertie thermique liée aux parois enterrées. »

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Localisation : Aicrïts. Programme : Usine de salaison de jambons. Architectes : Leibar et Seigneurin. Crédit photo : Leibar et Seigneurin

 

Unité cynophile, Seine-et-Marne

« Un coin perdu entre le chemin de fer, les lignes à haute tension, les usines et la route. Une pure et banale résultante du développement suburbain. Un délaissé de l’agriculture. Un endroit dont l’âme a disparu depuis longtemps. Un territoire délaissé, un programme ascétique pour accueillir des chiens et des policiers. Un bâtiment triangulaire révélant une cour triangle. Symbole de la stabilité, de la sécurité civile. Les angles vifs, les murs massifs définissent une figure militaire défense. Un objet noir absorbant la lumière pour mieux la révéler au cœur de sa masse. Structurée, délimitée et pointant vers le ciel. Une architecture de silence. Pas de compromis ni complaisance. La cour, jardin exubérant et les murs d’un blanc pur. On pourrait y entendre rire et jouer les enfants. Non des chiens qui aboient et que personne n’entend. »

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Localisation : Moissy-Cramayel. Programme : Unité cynophile. Architectes : DDA & Fassio Viaud architectes. Crédit photo : Joan Bracco

 

Bâtiment pour le personnel de l’exploitation viticole, Gironde

« Malgré ses modestes dimensions, le nouveau bâtiment répond à un programme varié traitant à la fois de l’outil de production, des activités pour le personnel et de réception d’hôtes. Il en fait la synthèse sous la forme dense d’espaces imbriqués entre eux, formant une grande maison. Car c’est cela que nous cherchions : que la nouvelle construction incarne la propriété artisanale et familiale et en soit l’image contemporaine. »

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Localisation : Pomerol. Programme : Bâtiment pour le personnel de l’exploitation viticole. Architectes : Fabre de Marien. Crédit photo : Stéphane Chalmeau

Atelier de transformation de légumes bio, Loire-Atlantique

« L’atelier est un process abrité. La notion de filière courte implique en effet une reproductibilité du process. Constitués d’éléments modulaires ou industriels, les éléments de programme prennent place sous une grande couverture qui, en plus de les abriter, inscrit le projet dans son site propre. Nous avons souhaité établir ainsi un lien avec la dimension paysagère du site mais aussi avec l’enseignement dispensé au sein du lycée, mettre en rapport le sud du site avec le Jardin en Mouvement au nord. Nous avons donc déployé une grande treille, objet qui associe l’Architecture, par sa géométrie rigoureuse, au végétal dont il est le support. Le végétal est ici figuré par le tressage de saule, qui rappelle le panier, le contenant de légumes. »

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Localisation : Saint-Herblain. Programme : Atelier de transformation de légumes bio. Architectes : Mabire et Reich. Crédit photo : Guillaume Satre.

 

Pôle agricole et administratif du château Chasse-Spleen, Gironde

« Deux monolithes horizontaux anthracite contenant une enceinte de services et de manœuvre des engins agricoles constituent le nouveau pôle agricole et administratif du château Chasse-Spleen. La gémellité de ces deux bâtiment participe d’un certain sentiment d’étrangeté et leur parallélisme est à l’échelle et dans la logique d’un parcellaire de vignes. Le projet est issu de l’utilisation des codes habituels d’un hangar agricole à la fois poussés à l’extrême et à la fois simplifiés jusqu’à lui conférer une forme d’abstraction dans le paysage. »

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Localisation : Moulis-en-Médoc. Programme : Pôle agricole et administratif. Architectes : Lanoire & Courrian. Crédit photo : Lanoire & Courrian.

 

Bureaux pour des agriculteurs, Landes

« En parcourant les routes rectilignes de la région landaise, une image frappe l’esprit, celle des séquences répétitives des pins qui les longent. Le rythme changeant des arbres sous les effets de la cinétique trouble les sens et appelle l’esprit à s’évader. C’est ce sentiment primitif qui est à la base du projet, situé au cœur de la forêt : retrouver l’alternance des troncs de bois qui s’alignent et laissent passer ou non la lumière et les vues. Cela parle d’un inconscient collectif que nous cherchons à provoquer et qui est influencé, voire enrichi, par les paysages de nos régions. Cet imaginaire commun conditionne les représentations individuelles et collectives, qui émergent de la conscience sous forme de symboles. »

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Localisation : Liposthey. Programme : Bureaux pour des agriculteurs. Architectes : OCEO architectes. Crédit photo : OCEO architectes

 

Citations et iconographie issues du Catalogue du Pavillon français, 15e exposition internationale d’architecture, la biennale de Venise. Nouvelles Richesses, Obras/Collectif AJAP14, Éditions Fourre-Tout, 2016

Mardi prochain 20 septembre, épisode 8 : épilogue

A voir aussi : Prologue : voir la France à Venise

La France vue de Venise, épisode 6/8 : les aménagements urbains

La France vue de Venise, épisode 6/8 : les aménagements urbains

Continuons l’exposition du Terreau français présentée à la 15e biennale de Venise avec une série d’aménagements urbains. Urbanisme fonctionnaliste ou situationniste, quoi qu’il en soit, les aménagements urbains modulent le sol, comportant des dispositifs à dimension sociétale. Toile de fond bidimensionnelle des volumétries bâti, ils viennent mettre en valeur les objets architecturaux, prolongeant leur intérieur jusqu’à les relier entre eux. AL

 

Centre d’expérimentation du développement durable, Meuse

« L’année 2015 d’Ecurey a bien été le démarrage d’un centre d’expérimentation du développement durable en milieu rural (…) Le site d’Écurey, situé en Meuse, est l’un des nombreux exemples de territoires lorrains à avoir été entièrement voué à l’industrie sidérurgique pendant des décennies, puis abandonné progressivement depuis les années 1980. »

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Localisation : Ecurey. Programme : Centre d’expérimentation du développement durable en milieu rural. Architectes : B2H et Jérôme Piquand architectes. Crédit photo : Nicolas Waltefaugle

 

Parc ludico-sportif de Sormiou, Bouches-du-Rhône

« Dans cette enclave sociale, dans ce terrain à très forte déclivité, la démarche du projet s’est évertuée à créer un espace public pour tous et à détourner les programmes à caractère divertissant pour lui donner une dimension plus sociétale, plus humaine. Inspiré de l’œuvre de Levinas et du travail de Natalini, nous avons cherché à mettre en place un ensemble de dispositifs simples, économes et fédérateurs d’altérité et d’empathie. »

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Localisation : Marseille. Programme : Parc ludico-sportif de Sormiou. Architectes : Atelier d’architecture Yvann Pluskwa. Crédit photo : Atelier d’architecture Yvann Pluskwa

 

Aire de pique-nique et lavoir, Jura

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Localisation : Sermange. Programme : Aire de pique-nique, lavoir. Architectes : Territoires. Crédit photo : Nicolas Waltefaugle

 

Renouvellement urbain, Loire-Atlantique

« Il était une fois une barre et une tour au sommet de Saint Nazaire. La barre regardait la rue des troènes sans troènes pendant que la tour regardait la rue des ajoncs sans ajoncs. Toutes deux tournaient le dos à un espace d’un vert sans intérêt. Quelques chênes du bocage effacé cohabitaient avec de nouveaux venus : le cèdre bleu de l’Atlas, le cyprès Lambert et le peuplier blanc. C’est ainsi que s’entendait la verte conversation dehors engagée depuis mille neuf cent soixante quinze. Dans le carnaval des bâtisseurs d’un rêve nouveau en terre rurale, on avait planté ces arbres tel un semis de confettis, et, dans la promesse d’eau et de plein ciel à tous les étages, on en avait perdu le paradis au pied : la terre. »

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Localisation : Saint-Nazaire. Programme : Projet de renouvellement urbain. Architectes : La Terre Ferme. Crédit photo : Myriam Héaulmé

 

Réhabilitation parking et dalle de la Plaine, Val-de-Marne

« Le programme visait à redonner un usage à ce lieu déserté, rendre le parking à nouveau « fréquentable » en améliorant confort, aspect et sécurité. Un programme « banal » pour un quartier de tours de logements, en grande banlieue parisienne. Pas de financement de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine et son lot de démolitions mais un budget permettant de requalifier ce qui existe, de retrouver simplement la valeur d’usage au service des habitants, dans un territoire défavorisé mais bénéficiant de la proximité de la capitale. (…) La façade pleine en béton préfabriqué, que la municipalité s’était jusqu’alors efforcée de cacher par la végétation, a été remplacée par une clôture en lattes de bois, laissant abondamment entrer l’air et la lumière. »

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Localisation : Cachan. Programme : Réhabilitation parking et dalle de la Plaine. Architectes : Architectures Amiot Lombard. Crédit photo : Luc Boegly

 

Hameau « Le Clos des Fées », Seine-Maritime

« La logique qui a présidé à l’organisation du Clos des Fées est celle d’un éco-hameau. Les dispositifs mis en place par l’agence CoBe visent à obtenir des effets positifs autant d’un point de vue écologique que d’un point de vue social. (…) Pour lutter contre les mécanismes de repli sur soi propres aux secteurs pavillonnaires, le quartier a été pensé dès l’origine comme le point de rencontre des générations. (…) Ces programmes sont implantés dans un parc paysagé de deux hectares composé de différents espaces publics. (…) La partie habitation, implantée dans la continuité du lotissement existant, compte dix huit chaumières.  Ni clôture, ni barrière, un réseau de noues délimite simplement les parcelles. »

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Localisation : Paluel. Programme : Hameau. Architectes : CoBe. Crédit photo : Luc Boegly.

 

Pavillon et square du centre-ville, Bouches-du-Rhône

« La maison démolie présentait un sol revêtu de carreaux ciments colorés typique de la région et d’une époque. Ces éléments déposés et conservés ont été réemployés pour habiller la table maçonnée de la grange à ciel ouvert. Ils sont également à l’origine du motif faïencé présent sur les façades du pavillon. C’est à partir du dessin originel des carreaux, réinterprété dans les couleurs du drapeau provençal que ces façades ont été dessinées. Le motif permet aujourd’hui d’identifier le projet en lui conférant une image de modernité au travers d’un symbole issu de la tradition locale de la construction. »

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Localisation : Gignac-la-Nerthe. Programme : Pavillon, square urbain, grange, lavoir, jeux d’enfant. Architectes : Bastien Beguier et François Jaubert (COMAC). Crédit photo : Philippe Ruault

 

 

Dépollution des anciennes papeteries Vallée, Côtes-d’Armor

« Situées en Bretagne, les papeteries Vallée, créées en 1855, se sont progressivement déployées dans la vallée du Léguer, rivière qui alimentait l’activité en eau et en électricité. L’usine a fermé en 1965 mais le site a gardé de son passé industriel une charge sociale et affective forte dans le contexte local rural. Le terrain de l’usine fut racheté par deux communautés de communes dans les années 1990. Elles avaient comme programme de commande la dépollution et la mise en sécurité du site. (…) Nous avons décidé d’aller au-delà de la commande technique afin de restituer la forte charge poétique et affective qui se dégage des lieux, en organisant le projet autour de quatre axes de réflexion : eau, topographie, environnement, art. »

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Localisation : Belle-Isle-en-Terre. Programme : Dépollution et mise en sécurité d’un ancien site industriel. Architectes : Agence Laure Planchais. Crédit photo : Agence Laure Planchais

 

Citations et iconographie issues du Catalogue du Pavillon français, 15e exposition internationale d’architecture, la biennale de Venise. Nouvelles Richesses, Obras/Collectif AJAP14, Éditions Fourre-Tout, 2016

Mardi prochain 13 septembre, épisode 7 : les activités industrielles

A voir aussi : Prologue : voir la France à Venise

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La France vue de Venise, épisode 5/8 : les équipements culturels

La France vue de Venise, épisode 5/8 : les équipements culturels

S’en suivent les quelques équipements culturels exposés dans la salle Terreau du pavillon français à la 15e biennale d’architecture de Venise. Bien souvent issus de la volonté d’un maire pour singulariser et animer sa commune, les équipements culturels font signe dans les paysages périurbains, tout en s’inscrivant dans leur contexte. Espaces dichotomiques, ils sont en rupture délibérée avec l’écriture architecturale des constructions voisines, tout en recherchant une sorte de réconciliation. Échelles, formes et matériaux deviennent le faire-valoir d’une insertion ou d’une singularisation urbaine et paysagère. AL

 

Centre socio-culturel, Val-de-Marne

« Le bâtiment dessine entre place et parc un nouveau panorama, en rupture délibérée avec l’écriture architecturale des immeubles voisins tout en se portant garant de leur réconciliation d’échelle. (…) La singularité du bâtiment est renforcée par son bardage de bois brut, matériau exogène à l’écriture architecturale du quartier, visant à affirmer le désir d’en enrichir l’offre architecturale et à évoquer pédagogiquement les engagements écologiques de sa mutation. (…) La mezzanine et le hall-atrium en double hauteur qui les organisent incarnent, physiquement et symboliquement, ce désir de « vivre ensemble ». »

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Localisation : Limeil Brévannes. Programme : Centre socio-culturel. Architectes : Guillaume Ramilien. Crédit photo : Pascal Amoyel.

 

Espace polyvalent, Bas-Rhin

« Son esthétique intemporelle assure une pérennité hors des modes en entrée de village. Son horizontalité marque un nouveau socle de référence au contexte vallonné des environs et du paysage lointain des piémonts du Parc régional des Vosges du Nord. (…) Le projet oscille entre rusticité et contemporanéité, moderne et pittoresque, mais aussi entre simple épure et détails sophistiqués. Généreux avec le privilège du site, un archaïsme contemporain. Une nouvelle sobriété ? »

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Localisation : Hunspach. Programme : Espace polyvalent à vocation culturelle. Architectes : Heintz-Kehr et associés. Crédit photo : Heintz-Kehr et associés

 

Complexe culturel, Haute-Garonne

« Situé sur la commune de Plaisance du Touch, à une quinzaine de kilomètres du centre de la métropole, le projet s’inscrit dans un territoire ordinaire caractéristique des espaces périurbains. Localisé à la sortie du centre ancien, en retrait de la route départementale, dans une zone diffuse et hétérogène, le site est constitué par des bâtiments d’activités (concessionnaires et entrepôts), des résidences de promotions immobilières, un groupe scolaire, un parking et le bâtiment existant. La volumétrie, l’enveloppe unitaire et le mode constructif industriel assurent la continuité avec le contexte. En revanche, avec l’utilisation de matériaux réagissant aux conditions atmosphériques, l’expression architecturale complexe et vivante lui confère une présence singulière. »

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Localisation : Plaisance du Touch. Programme : Complexe culturel. Architectes : PPA architectes. Crédit photo : Philippe Ruault.

 

Le centre d’art de « Grosser Garten », Moselle

« À l’origine du projet, une devise portée par Claude et Jacqueline Reslinger : « Recevoir, donner ». La démarche de ce couple, de commerçants à la retraite, les a amenés à se passionner pour l’art en s’investissant dans une association locale d’expression et de partage artistiques. Ils ont poussé à élargir son rayonnement. Leur curiosité leur a notamment fait découvrir entre autres Joseph Pyrz, sculpteur dont ils sont devenus les mécènes. Le projet du Centre d’Art s’est ainsi organisé autour d’œuvres de cet artiste polonais, avec pour objectif d’incarner et de transcender la diffusion d’un art partagé, au cœur du milieu rural. »

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Localisation : Schorbach. Programme : Centre d’art. Architectes : Gabriel Marot. Crédit photo : Gabriel Marot

 

Musée ornithologique des Hauts de Bonaguil, Lot

« Le bâtiment, par ses volumes, ses matériaux, ses volets, s’inspire de l’architecture des séchoirs à tabac, qui font partie du paysage rural du sud-ouest de la France. Construit en bois de châtaignier, issu de la forêt qui l’entoure, il fait une large place au verre, en façade, comme en toiture, pour représenter ce cadre boisé, fait d’ombre et de lumière. La scénographie fait appel à la symbolique de l’oiseau, symbole de l’âme, qui relie la terre au ciel, d’où leur présentation verticale, sur des mâts et plateaux de tôle perforée, comme s’ils étaient posés sur les branches d’un arbre. »

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Localisation : Les Hauts de Bonaguil. Programme : Musée ornithologique. Architectes : Pascale de Redon. Crédit photo : Vincent Monthiers

 

La médiathèque d’Onet-Le-Château, Aveyron

« Le programme du projet Médiathèque d’Onet-le-Château, en Aveyron, au cœur de la France rurale, visait la mise aux normes d’une bibliothèque très fréquentée à l’architecture datée. (…) En partant de l’indispensable réfection de la toiture, le projet réorganise complètement le programme, le développe sur deux niveaux tout en conservant l’emprise de l’existant. Ce parti permet d’une part de générer un accès à l’étage, ouvert sur une terrasse ensoleillée, et, d’autre part, de créer un gain de surface appréciable sans empiéter sur le parking, indispensable dans cette petite ville rurale. De l’extérieur, la lecture du projet est claire, identifiable par les deux nouveaux volumes en bardage inox, en double hauteur avec mezzanines. »

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Localisation : Onet-le-Château. Programme : Réhabilitation de la médiathèque. Architectes : Raphaël Bétillon et Nicolas Dorval-Bory. Crédit photo : Nicolas Dorval-Bory

 

Centre d’art, Lot

« Il nous semble que tout est là, que nous devons être attentifs, repérer ce qui constitue la singularité du lieu et la conforter. La découverte de cette construction qui exprime avec des moyens réduits l’évidence des usages qui l’ont habitée procure un plaisir proche de celui que donne la lecture d’un discours exposant avec clarté, sans jargon, des phénomènes complexes. La beauté des étables, des auvents et des cours réside dans la capacité de ces ouvrages à témoigner de leur usage, de leur fonction symbolique, de leur construction entendue comme le sens accordé au choix et à la disposition ensemble des éléments qui constituent le tout. »

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Localisation : Beauregard. Programme : Transformation d’une ferme et de ses dépendances. Architectes : FACES. Crédit photo : FACES

 

Salle multiculturelle « la boiserie », Vaucluse

« La grande salle, d’une capacité totale de 1 000 personnes dont 640 assises, est composée d’une scène fixe et de 415 sièges sur gradins télescopiques. Elle est dotée d’espaces d’accompagnement : salle multi-activités pour 30 personnes, espace d’accueil-exposition, foyer, bar, loges, un grand parking. (…) Cet édifice ne se fonde pas ; il s’arrime. À la manière des cartes portulans, il définit sa position exacte par une triangulation à grande échelle. Le point de visée est le massif du Ventoux, et les deux ailes de la construction se déboitent en s’ouvrant vers le Levant. »

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Localisation : Mazan. Programme : Salle multiculturelle. Architectes : DE-SO. Crédit photo : Hervé Abbadie

 

Citations et iconographie issues du Catalogue du Pavillon français, 15e exposition internationale d’architecture, la biennale de Venise. Nouvelles Richesses, Obras/Collectif AJAP14, Éditions Fourre-Tout, 2016

Mardi prochain 6 septembre, épisode 6 : l’aménagement urbain

A voir aussi : Prologue : voir la France à Venise

La France vue de Venise, épisode 4/8 : le logement collectif

La France vue de Venise, épisode 4/8 : le logement collectif

Un Terreau français exposé à la 15e biennale d’architecture de Venise foisonnant, y compris pour le logement collectif. Aux antipodes des mégalopoles qui prônent la verticalité et la densité, le logement collectif en périphérie s’étale. Profitant d’un vaste territoire à disposition, les bâtiments de logements soulignent l’horizon, leur morphologie s’adaptant aux villages ou quartiers dans lesquels ils s’insèrent. Alternative possible aux doux rêves populaires de maison individuelle avec jardinet, répondant aux attentes d’individualisation des habitants, tout en limitant à minima l’étalement urbain, l’habitat intermédiaire ou semi-collectif, comprenant accès individualisés et espaces extérieurs privatifs, est privilégié. AL

 

Quartier Schweitzer, Haut-Rhin

« Le site du projet est celui d’une école des années 1960, inadaptée aux exigences et réglementations actuelles. Loin du centre de la ville dont il est séparé par un canal et une voie ferrée, il se situe dans le quartier nord de Riedisheim qui est en pleine restructuration. (…) Le projet est constitué de quatre bâtiments de deux à trois niveaux, positionnés presque parallèlement sur le site afin d’offrir les décalages nécessaires au bon ensoleillement de chaque logement ainsi que des vues sur le canal voisin. Ces constructions combinent le gabarit traditionnel d’un toit à deux pans et une conception innovante des logements et des matériaux. »

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Localisation : Riedisheim. Programme : école maternelle et 36 logements sociaux. Architectes : DeA architectes. Crédit photo : PM Rouxel

 

La Roche-sur-Yon, Vendée

« Ce projet est d’une échelle « modeste ». Il cristallise un désir souvent partagé de nos contemporains : une maison individuelle avec un jardin et un garage, sans mitoyennetés si possible. (…) Une volonté de mener un projet « intègre », « radical » et « curieux ». « Intègre » parce que nous le souhaitons intact à l’idée première du projet : apporter un espace supplémentaire au logement dans le budget imparti. « Radical » parce qu’il manipule les archétypes de la maison ainsi que les codes vernaculaires locaux en les détournant et en les esthétisant, leur donnant ainsi une autre sonorité. « Curieux » parce que cette construction porte un intérêt prospectif à des modes de vie, dans un espace non qualifié. »

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Localisation : La Roche-sur-Yon. Programme : 7 logements locatifs sociaux. Architectes : Détroit architectes. Crédit photo : Javier Callejas.

 

Caussade, Tarn-et-Garonne

« Le métier d’architecte nécessite aujourd’hui plus que jamais, à la fois, une acuité à lire, interpréter chaque situation et programme et, à la fois, une force de proposition associée à une forme de résistance dans un contexte aux valeurs souvent imposées. »

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Localisation : Caussade. Programme : Maison médicale, logements, aménagements urbains. Architectes : Véronique Joffre. Crédit photo : Véronique Joffre

 

Croix de Montfleury, Isère

« Au cœur de la Tronche (Isère), en limite d’un Espace Boisé Classé qui forme une barrière végétale remarquable pour l’entrée de cette petite agglomération, le projet de douze logements BBC (Bâtiment Basse Consommation) est constitué d’un seul volume. »

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Localisation : La Tronche. Programme : 12 logements. Architectes : Paul & Seguin architectes. Crédit photo : Paul & Seguin architectes

 

Dijon, Côte-d’Or

« Ce projet illustre à sa manière la réconciliation entre production industrielle et petite échelle, préfabrication et qualité du détail, standardisation et caractère. La préfabrication béton est ici un choix pour apporter un surplus de richesse à l’échelle locale par un matériau riche en solutions et aspects. »

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Localisation : Dijon. Programme : 20 logements. Architectes: Ateliers O-S architectes. Crédit photo : Ateliers O-S architectes

 

Saint-Germain-sur-île, Ille-et-Vilaine

« La Cie.Rit est le nom d’un collectif d’habitants de 4 foyers réunis autour d’envies « communes » d’habiter en partageant des espaces, des biens et des façons de faire. (…) Dans une trame régulière poteau-poutre bois, l’auto-construction a permis des typologies adaptées aux foyers et à leur budget sans surcoût. L’évolutivité des structures familiales et des modes de vie a été prévue dès la conception. Par exemple, deux logements superposés permettent une cession de chambres d’une famille à l’autre (l’une sans enfant et l’autre avec des jeunes adultes) ; l’atelier commun peut évoluer en lieu de travail ou de commerce ; la salle commune est à la fois une salle de jeux des enfants, une salle de travail et de réunion des parents, ou une salle de projection et de fête la nuit. »

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Localisation : Saint-Germain-sur-île. Programme : 4 logements groupés. Architectes : Cécile Gaudoin architecte. Crédit photo : GLG.

 

ZAC Monges-Croix-du-Sud, Haute-Garonne

« La pierre massive permet une construction « à sec », très rapide. Les nuisances de chantier sont très faibles et le temps de montage réduit.Ses propriétés d’inertie, de déphasage, de régulation hygrothermique en font un matériau de construction sain et pérenne. Un éventuel recyclage se limitera à une déconstruction et à une réutilisation des pierres à l’identique de l’initial. »

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Localisation : Cornebarrieu. Programme : 20 logements sociaux. Architectes : Perraudin architecte. Crédit photo : Serge Demailly.

 

Citations et iconographie issues du Catalogue du Pavillon français, 15e exposition internationale d’architecture, la biennale de Venise. Nouvelles Richesses, Obras/Collectif AJAP14, Éditions Fourre-Tout, 2016

Mardi prochain 30 août, épisode 5 : les équipements culturels

A voir aussi : Prologue : voir la France à Venise