Immobilier, patrimoine et sémantique : le revue de presse du 24/01/2017

Immobilier, patrimoine et sémantique : le revue de presse du 24/01/2017

La villa la plus chère des USA à LA, la tour Agbar de Jean Nouvel revendue à Barcelone, les agents immobilier parisiens voient le bon coté du Brexit, un éco-village à Mirapolis, Paul Chemetov en lutte, un label pour les villes nouvelles, architecture mot passepartout, une campagne présidentielle sans design, Phyllis Lambert au CCA : la revue de presse du 24 janvier 2017, spécial, immobilier, patrimoine et sémantique

 

Chez l’Oncle Sam’Suffit

Look de motel abandonné avant l’achèvement des travaux, ou de garage macédonien dont la construction aurait été stoppée au R+1 faute de financement, voire d’ex-magasin de meubles en bordure de la RN20, et pourtant : c’est la villa la plus chère des États-Unis, et elle est à vendre pour 250 millions de dollars, nous apprend la rubrique évasion (fiscale ?) de l’Express. D’une surface de 3 530 m2, elle comporte « deux suites parentales, 10 chambres d’invités, 21 salles de bain luxueuses, 3 cuisines gastronomiques, 5 bars, soit le nécessaire pour accueillir les grandes – très grandes – familles » et bien d’autres choses encore, au 924 Bel Air Road à Los Angeles. Le nom de l’architecte n’est pas mentionné dans l’article, qui cite le maître d’ouvrage, le promoteur Bruce Makowsky, célèbre pour avoir précédemment vendu une maison à seulement 70 millions de dollars – le prix du Penthouse dans la 50 UN Plaza dessiné par Foster+Partners à New York. « Je voulais redéfinir la villa luxe super haut-de-gamme », a confié le brillant Bruce à la chaine CNBC. « Je voulais casser tous les moules. Le niveau de qualité et de détail de cette maison est du jamais-vu. Et je voulais offrir le sentiment de bien-être le plus fort que vous puissiez éprouver chez vous ». Inclus dans le prix, 30 millions d’US$ en voitures de luxe et des œuvres d’art pour un montant de plusieurs millions. Il faut déduire ces sommes pas toujours précises pour avoir une idée du prix de construction au m2 de la modeste bâtisse.

Via l’Express et CNBC 

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12 chambres, 21 salles de bain et un hélicoptère sur le toit. Voici la villa la plus chère des Etats-Unis. Courtesy of Bruce Makowsky via l’express

 

Revoila Agbar

À Barcelone, les investisseurs se repassent la tour Agbar telle une patate chaude. La compagnie Agua de Barcelona (abrégée en Agbar), commanditaire du projet de Jean Nouvel livré en 2005, avait vendu la tour non sans avoir tenté, sans succès, d’en louer une partie dont elle n’avait pas l’utilité. Un ancien employé décrit un bâtiment à l’usage compliqué « qui présente la particularité d’avoir les ascenseurs et les blocs de services au centre des étages (particularité qu’elle partage avec un nombre incalculable de tours, NDLR) qui sont comme un donut. Cela empêche de voir les collègues. (…) Il y a beaucoup de lumière, parfois trop, et quand le soleil t’éblouit tu ne peux pas fermer les stores. Et il n’y a pas de vue car les fenêtres sont trop petites » – ce qui n’empêchait pas des coûts d’entretien de façade conséquents, grevés par la mobilisation d’une équipe de six personnes à temps plein dévolue au nettoyage des 60 000 lames de verre de son enveloppe. Voilà trois ans, Agbar avait vendu la tour à Emin Capital et Westmont Hospitality Group. Les deux investisseurs voulaient la convertir en hôtel de 400 chambres. Un projet abandonné suite au rejet du changement de destination par la municipalité. Elle vient d’être rachetée par le groupe Merlin, qui saura surement mettre ses talents d’enchanteur à profit pour transformer au mieux cette icône barcelonaise.

Via El Pais  et Dezeen

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Photograph courtesy of Flickr user Ania Mendrek via Dezeen

 

Brexit Sweet Brexit

Jugé catastrophique par la majorité des éditorialistes, le Brexit réjouit les agents immobiliers parisiens spécialisés dans le haut de gamme « sur ce créneau (…), nous avons eu plus de Français que d’habitude : souvent installés à Londres et travaillant dans la finance, ils anticipent un éventuel retour dû au Brexit » explique le directeur de l’agence immobilière John Taylor à Paris. « Le nombre de transactions d’un montant supérieur à 2 millions d’euros a ainsi bondi de 31% – sur un volume de plus d’un milliard d’euros de ventes réalisé par 14 agences, à Paris, St-Cloud et Neuilly-sur-Seine. Les ventes d’appartements et hôtels particuliers à plus de 15 000 euros le m2, ont grimpé de 32%. Il s’agit d’un marché de niche : les ventes supérieures à 2 millions d’euros représentent moins de 1% des transactions parisiennes, celles au-delà d’un million, environ 5% ». Bénéficiant d’un ensemble de facteurs favorables – prix “bas”, taux attractifs – ces compatriotes cruellement exilés outre-manche arrivent à point nommé pour remplacer la clientèle américaine qui a fui la capitale depuis les attentats, ou la clientèle russe évanouie avec l’effondrement du rouble. « Beaucoup de Français installés à Londres, Genève ou Bruxelles, ont acheté à Paris pour investir, pas forcément revenir » remarque un autre agent immobilier. Nous voilà rassurés : on craignait déjà l’affolement à la piscine Molitor.

Via BFM business 

 

 

Mirapolis, le retour

C’est un projet que les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre : celui du Parc Mirapolis, construit sur la commune de Courdimanche, dans le Val d’Oise. « Ouvert en 1987, le parc de loisirs de 50 hectares sur le thème de la littérature française comptait une soixantaine d’attractions – dont un grand huit, des rapides ou encore un bateau à balancier, 13 boutiques, 8 restaurants et 12 kiosques de restauration rapide. Capable d’accueillir jusqu’à 28 000 visiteurs par jour, l’aîné des grands parcs d’attractions français n’est jamais parvenu à l’équilibre financier et a été contraint de fermer ses portes cinq ans après son ouverture, en 1991. « Trop visionnaire, sans doute », suggère le quotidien Les Echos qui annonce le prochain réaménagement du site. Après avoir été «  sporadiquement utilisé depuis pour accueillir les manœuvres des gendarmes mobiles, du GIGN ou des cours de moto-école » les 110 ha où se dressait autrefois un Gargantua géant vont être convertis à l’éco-tourisme. Le promoteur Immo Vauban et la Caisse des Dépôts veulent implanter « 700 à 750 cabanes en bois, perchées dans les arbres, sur pilotis ou nichées en pleine nature. Toute équipées de cheminées », détaille la Gazette du Val d’Oise. « Ça va renforcer l’idée que notre agglo est une agglo verte. On va créer une très belle entrée d’agglomération et un poumon vert », s’enthousiasme (la maire PS de Courdimanche, Elvira Jaouën). Un poumon vert durable, aux antipodes de la mini-ville et de ses 2 000 logements qui furent un jour imaginés au cœur de ce Mirapolis, longtemps endormi et aujourd’hui tout près de se réveiller ». « Que grands tu as… les espoirs », aurait pu dire feu Gargantua à la description de cette cité, qui a déjà des allures de Miragepolis.

Via Les echos et La Gazette du Val d’Oise 

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L’ancien site du parc d’attractions Mirapolis, à Courdimanche, va connaître une seconde jeunesse via les echos

 

Cergy sans mépris

« Je ne suis pas anti-travaux, mais Cergy est l’une des villes nouvelles qui a le mieux fonctionné, et là on n’y fait pas attention » s’alarme Armelle Barret, une jeune diplômée en histoire de l’architecture contemporaine, qui a entrepris de dessiner tous les éléments particuliers de cette « ancienne ville nouvelle » : escaliers, colonnes, plaques d’égouts avec logo, éléments de signalétiques, pavés, souvent retirés sans précautions, tels ces candélabres apparaissant dans le film de Rohmer, « l’amie de mon amie », tourné en 1987. « Pour le moment, Armelle n’a pas obtenu l’écoute qu’elle souhaitait auprès des élus locaux », relate Le Parisien, qui explique que la jeune fille songe à un label pour protéger les villes nouvelles.

Via Le Parisien 

 

 

Combatif

Armelle pourra trouver de l’aide auprès de Paul Chemetov, qui va se battre pour préserver l’architecture moderne, nous apprend Batiactu. La Cour d’appel de Paris a confirmé le 2 décembre dernier l’autorisation de démolir les locaux de la CPAM de Vigneux-sur-Seine, pourtant labellisé « Patrimoine du XXe siècle ». «  Les bras m’en tombent », explique l’architecte « mais je tiens avant tout à rappeler qu’au-delà de mon bâtiment, c’est tout un quartier qui est menacé, celui de l’ensemble des Briques rouges. Cette démolition s’inscrit dans le cadre d’une convention ANRU et concerne, certes, les locaux de la CPAM mais aussi un monument aux morts, le foyer des anciens ainsi que des logements HML. Tout cela parce que les logements seraient mal habités. On revient à des attitudes du XIXe siècle ». « Chem » a rendez-vous le 26 janvier prochain à la direction de l’architecture du ministère de la Culture pour discuter de cette affaire, dans laquelle il aimerait que l’ordre des architectes intervienne au titre de partie civile. « La question que je me pose aujourd’hui c’est : est-ce que l’architecture contemporaine est un mouchoir jetable ? ». Pour l’ANRU, c’est visiblement un mouchoir dont elle se tamponne. 

Via batiactu

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Bâtiment de la sécurité sociale de Vigneux-sur-Seine, conçu par Paul Chemetov © Archives Paul Chemetov via batiactu

 

 

A toutes les sauces

C’est d’abord « la commune nouvelle (qui) ne crée pas tant une alternative qu’elle inaugure une architecture, apportant une solution à l’épineuse question de la gouvernance intercommunale. L’EPCI devient son utile complément pour exercer les compétences stratégiques et réaliser des économies d’échelle » rapporte le Courrier des Maires, parlant « d’une nouvelle architecture locale » à propos de la réforme communale. C’est ensuite l’architecture mafieuse de Publifin, « un système qui a été mis en place par Stéphane Moreau et André Gilles pour étendre l’emprise du parti socialiste liégeois sur différents secteurs économiques et industriels de la vie liégeoise», pointe François Gemenne. « C’est un système de nature mafieuse car il fait la loi lui-même, il distribue de l’argent à tout le monde pour que personne ne pose de questions». Il s’agit, on l’aura compris, d’une société fantoche ayant pour vocation la distribution de pots-de-vins. C’est enfin l’obscur « nouvelle architecture d’exécution pour la plateforme de sécurité container Twistlock 1.7 », un système informatique de protection des données. Nouvelle, mafieuse, sécuritaire, le mot architecture envahit le langage à mesure qu’il déserte les villes. Mais que fait l’Ordre (des architectes) pour lutter contre ces abus de lexique ? Voilà une idée de chantier donquichottesque pour occuper le CNOA durant l’année 2017.

Via le Courrier des Maires, Métrotime belgique et PRnewswire 

 

 

Le mot tabou

Vaincu à la primaire de la gauche, Montebourg avait aux yeux de Christian Guellerin, directeur de l’école du Design Nantes Atlantique, une qualité rarement rappelée par les exégètes de la vie politique française : « il faut reconnaître à Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Industrie, le fait d’avoir parlé du design. Pas celui qui magnifie un produit pour en fait une œuvre d’art, pas celui qui ne ferait que se limiter aux belles tables, aux belles chaises, aux belles lampes… Non, celui qui fait gagner les entreprises, celui qui permet de créer des points de valeur ajoutée, de rendre les entreprises plus compétitives… Celui qui fait d’une cocotte-minute, LA cocotte-minute. Pour la cocotte-minute, la plus belle courbe design, c’est « la courbe des ventes » – sa version à lui de « la laideur se vend mal » de Raymond Loewy. Signalant que l’Université de Tongji à Shanghai, déjà pourvu d’un conséquent département d’architecture, vient de se doter d’un département de design, Guellerin enfonce le clou « Il est dommage que les candidats à la présidentielle fassent campagne sur la promotion, l’adaptation, la compensation des recettes du passé, là où il s’agit de prévoir demain. Il conviendrait qu’ils parlent un peu de design et du formidable potentiel offert par les établissements d’enseignement supérieur français qui font du design un atout au service du développement économique ». Pas un mot sur le design dans la campagne présidentielle, déplore Guellerin. Qu’il se rassure : le terme architecture n’était pas plus employé, hormis dans les contextes baroques décrits ci-dessus.

Via Les Echos 

 

 

Phyllis en ses murs

Mettons un terme à ces troubles sémantiques :« l’architecture, ce n’est pas un bâtiment. Il faut se sortir [de la tête] le mot bâtiment. Tout édifice s’insère d’abord dans un environnement. Ce n’est pas juste d’une dent, dont il s’agit. L’architecture […], c’est un grand îlot, un quartier, un paysage » tranche Phyllis Lambert, fondatrice du CCA (Centre canadien d’architecture) qui consacre une expo à ses « 75 ans au travail ». Héritière de la famille Bronfman, Lambert avait convaincu son père de confier à Ludwig Mies Van der Rohe la conception du siège de sa société, abrité dans un bâtiment passé à la postérité, le Seagram Building. Parfois surnommée Citizen Lambert ou encore Jeanne d’Architecture, Phyllis Lambert continue, à presque 90 ans, d’encourager les opérations de guérilla urbaine, affirmant « que la ville ne doit pas être l’affaire de bureaucrates » et salue les opérations citoyennes qui visent à faire des potagers clandestins, des jardins spontanés. « Les gens vivent la ville et la comprennent, c’est pour ça que les consultations sont importantes. C’est le noyau des bonnes idées et la façon de faire la ville ». Parlant du CCA, elle explique « Nous ne sommes pas un musée qui expose des objets et déclare “ceci est l’architecture”. Nous essayons de faire réfléchir les gens ». On mesure l’ampleur de la tâche.

Via Le Devoir

 

Olivier Namias

Koolhaas encore, Piano… : la revue de presse du 5 juillet 2016

Koolhaas encore, Piano… : la revue de presse du 5 juillet 2016

Koolhaas en politique, Parlement à vendre, le mythe des 500 000 logements, Piano inaugure la fondation Stavros Niarchos à Athènes, Maroc : le cafouillage du MNAST à Rabat.

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Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST) à Rabat par Archi5/OKA

 

 

Classe politique

C’est souvent du côté de la jeunesse que l’on s’attend à voir surgir la relève d’une classe politique démonétisée. Peut-être à tort : le Brexit a suscité des vocations pour les affaires publiques, comme chez cet architecte hollandais septuagénaire, commissaire de la biennale d’architecture de Venise en 2014. « Il faut s’engager. Si l’Europe ne se réveille pas, nous aurons un grand problème aux Pays-Bas. Mon pays sera le prochain à s’accommoder des discours populistes, le prochain à demander la sortie de l’Union Européenne. Et je ne veux pas rester passif. Je ne sais pas encore comment, mais j’ai décidé de passer à l’action politique pour éviter ce risque », a déclaré Rem Koolhaas au journal El Pais en marge des conférences du IV congrès international d’architecture organisé par la fondation architecture et société à Pampelune. « J’ai toujours pensé que mon architecture pouvait résoudre plus de problèmes que mon action politique. Le populisme m’a fait changer d’idée ». Rem, bientôt à la tête de la Commission Européenne ?

Via El Pais 

 

A Vendre

Les conséquences de la possible désintégration de l’UE n’ont pas tardées à se faire sentir dans le secteur immobilier, ainsi qu’en témoigne cette annonce : Suite à Brexit, bâtiment d’exception à Strasbourg. Flatteur pour Architecture Studio, concepteur de l’objet de la vente, le Parlement Européen, proposé à 47 millions d’euros. Points forts du bien, sa localisation, bien sûr :  à quelques kilomètres de l’Allemagne et idéalement placé(s) pour l’évasion fiscale du côté suisse.(…) Pour les transports un aérodrome existe/subsiste à 19 km au sud de la ville. Mais étant donné la faible fréquence des vols, aucune nuisance sonore n’est à prévoir de ce côté là.…Les acheteurs potentiels doivent prévoir deux jours de visite, avertissait le vendeur, un agent immobilier facétieux et anonyme se présentant sous le nom de Strasbourgeois, auteur de ce canular posté sur le site Le Bon Coin. Dans la vraie vie, le siège strasbourgeois du Parlement européen est souvent montré du doigt pour sa sous-occupation. A défaut d’une vente, pourquoi pas une location sur Air B’n B ou OfficeGOOD, son équivalent dans le monde du bureau?

via France bleue 

 

Le mythe des 500 000

Pourquoi ne pas prendre le canular au sérieux, et construire dans ce parlement notoirement sous-utilisé une partie des logements dont la France a si cruellement besoin ? On le sait : dans l’hexagone, un million de logements manquent à l’appel, ce qui impliquerait d’en construire 500 000 par an. Le chiffre indique un but qui reste à atteindre année après année, et dans cet attente, ne fait que mettre le doigt sur un retard français de plus. Le constat de la carence est partagé par le gouvernement, les professionnels et les associations : une unanimité rare dans le secteur du bâtiment. Ce chorus devrait peut-être arrêter de chanter à tue-tête « le million, le million », explique la journaliste Catherine Sabbah, qui déconstruit dans Les Echos ce mythe numérique. Elle s’interroge sur le sens de ce chiffre martelé par tous les gouvernements depuis son apparition en 2006 dans un rapport de la fondation Abbé Pierre, lui-même basé sur des statistiques de l’INSEE dénombrant 700 000 personnes « aux portes du logement ». Sur la longue période, le stock de logement a crû plus vite que le nombre de famille, constate la journaliste, qui rappelle que le pays n’a jamais réussi à construire ces quantités de logement qu’au cours de la période la plus productiviste de son histoire, les trente glorieuses, laissant derrière elle un encombrant héritage. « Entre 2005 et 2015, le nombre de logements vides a augmenté de 900 000. Tiens donc, on n’est pas loin du million… Ils sont répartis dans le parc social, dans des villes en déclin ou personne ne veut plus habiter, dans le parc privé, dans des lieux plus attractifs, où contre toute rationalité économique, des propriétaires préfèrent conserver leurs logements vides plutôt que de voir un locataire s’incruster. Ils sortent aussi du marché pour se transformer en résidences de tourisme », détaille Sabbah. Peut-être le début de la fin pour les politiques d’aménagements construites sur des logiques de grands nombres, au mépris des réalités territoriales et sociales ? On peut rêver…

Via Les Echos 

 

Un temple à l’austérité

Ubuesques festivités à Athènes, où l’on vient d’inaugurer en fanfare le Centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos. Occupant un site de 20 hectares utilisé comme parking lors des derniers jeux olympiques, le bâtiment porte la prestigieuse signature de Renzo Piano. Il a été ouvert ce weekend à grands renforts de concerts et feu d’artifice, relate Oliver Wainwright sur place pour The Guardian. Sauf qu’il n’est pas ouvert, et qu’aucune date d’ouverture n’est annoncée, poursuit le critique d’architecture, les étagères de la bibliothèque, calibrés pour deux millions de livres, restent vides, les portes du parc restent fermées… La fondation de l’armateur Stavros Niarchos a fait le cadeau – empoisonné – du bâtiment à l’Etat grec, contraint à des politiques d’austérité qui lui interdise de faire tourner cette machine culturelle réclamant au bas mot 900 employés pour fonctionner correctement. Echoué au milieu de son grand parc, le projet à 566 millions d’euros ressemble pour l’instant à la ville porte-avion du photomontage réalisé en 1966 par Hans Hollein, vaisseau fantôme sillonnant la campagne autrichienne…Mais doté du label LEED Platinum ! « Construire un bon bâtiment est un acte civique majeur », a expliqué Piano lors des cérémonies d’ouverture. « Dans des moments difficiles comme celui-ci, on a besoin d’espoir ». L’espoir que ça ouvre, au moins : la fondation se rajoute à la longue liste des équipements livrés mais jamais utilisés, fruits dispendieux et manifestement inutiles construits lors de la bulle immobilière dégonflée par la crise de 2008.

via The Guardian 

 

Musée où t’es?

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Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST) à Rabat par Archi5/OKA
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Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST) à Rabat par Archi5/OKA

Ca cafouille pas mal à Rabat, nous apprend l’édition marocaine du Huffington Post, autour du projet du futur Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST). Sa construction devait être confiée à une équipe franco-marocaine associant Archi5 et Omar Kobbité architecte (OKA), déclarée lauréate du concours international le 26 aout 2010, remportant une consultation à laquelle participait les équipes de Nouvel, Hadid ou encore Gregotti. Mais depuis six ans, plus rien. Le projet a été déplacé, passant de l’ancienne résidence de Lyautey à la vallée de Bouregreg. Pire encore, le MNAST a fait depuis l’objet de nouveaux concours. La candidature des lauréats de 2010 à l’une de ces consultations a été rejetée pour vice de forme.

Différents courriers aux ministres et ambassadeurs n’ont pas débloqué la situation. L’Ordre des architectes de la région Rabat-Salé a aussi essayé d’en savoir plus sur les raisons du déménagement, qui seraient « politiques », sans que l’on en sache plus. Il n’est pas normal qu’on ait recours à des architectes qui mobilisent des moyens très importants pour leur dire que c’est annulé par la suite, s’insurge Mnebhi Loudiyi, président de l’Ordre régional, évoquant plusieurs faillites consécutives à ces annulations. Sauf que dans le cas du MNAST, le projet n’a jamais été annulé, ce qui interdit aux lauréats de percevoir une indemnité ou un quelconque dédommagement. Pour Loudiyi, ces cafouillages en série ne sont pas un cas isolé. Ils viennent des lacunes du décret réglant la passation des marchés publics marocains. En attendant qu’elles soient comblées, il demande à tous les architectes de cesser de participer aux concours ! Trop tard pour le énième concours du MNAST, lancé en mars 2016, mais un conseil à suivre pour tous ceux tentés par les concours de maîtrise d’ouvrage publique dans le royaume chérifien.

via HuffPost Maroc 

Olivier Namias

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Brexit encore, glissades et toboggans : la revue de presse du 28 juin 2016

Brexit encore, glissades et toboggans : la revue de presse du 28 juin 2016

ArcelorMittal Orbit
Courtesy ArcelorMittal Orbit

 

The Day After

Hypothèse mardi dernier, le Brexit est devenu une dure réalité vendredi matin. Partisane du Remain à plus de 70%, la « classe créative » oscille entre la déception et l’expectative. Maintenant l’incertitude que redoutait la profession est là, résume Ben Derbyshire, Directeur de l’agence HTA Design.Toutes nos énergies seront gaspillées en attendant que le chaos bureaucratique se clarifie rapporte Cany Ash, de l’agence Ash Sekula. Pour Lucy Tilley, chargée des projets au Royaume-Uni et à l’international, plus du quart de nos employés vient de l’UE et l’idée de perdre un tel filon de talent est une conséquence du vote qui demandera une longue période d’adaptation. Ceux qui ont centré leurs stratégies d’export sur l’Asie craignent surtout les perturbations liées à l’indécision qui vient : dans certaines régions, on ne peut pas dire que l’industrie du bâtiment soit complètement remise du crash de 2008, et la perspective d’une période prolongée d’hésitations n’aide pas, témoigne James McGillivray, de l’agence NVB, une structure de taille moyenne basée dans le Somerset. Amanda Levete se veut volontaire : nous continuerons à travailler en Europe autant que dans le reste du monde – et continuerons à exprimer nos idéaux communs – démocratie, ouverture d’esprit, tolérance et créativité.

Architects’ fears as UK votes for Brexit, via Building design

 

Partir après le Leave?

Où allons-nous à partir d’ici ? se demande un associé de Rogers, Stirk Harbour & Partners toujours dans les colonnes de Building Design. A l’étranger, répond sans hésiter Annabelle Gauberti, avocate associée du cabinet Crefovi sur son blog : les entreprises créatives basées au Royaume-Uni, celles qui exportent des biens et des produits, à l’instar des maisons de modes et de design, doivent être extrêmement attentives aux négociations des accords de retraits avec l’UE, et, si besoin, relocaliser leurs opérations au sein de l’UE dans les deux ans, le changement des régimes douaniers et les taxes sur les biens et produits pouvant apparaître inévitable dans l’éventualité de négociations infructueuses avec l’UE. Les flux de réfugiés vont-ils s’inverser, et qui récupèrera les agences de designers ? Encore faudrait-il vouloir partir : ces conseils concernent moins les structures petites et/ou débutantes, qui ne pourront faire face aux frais d’avocats ni de comptabilité. Les étudiants aussi pourraient avoir du mal à quitter Albion : inquiets des répercussions du Leave sur le programme Erasmus, ceux impliqués dans les « industries créatives » ont manifesté mardi à Trafalgar Square, réunissant au moins 50 000 personnes… sur leur page Facebook ! 270 000 étudiants de toute l’Europe bénéficient chaque année du programme Erasmus, rappelle Dezeen. Perdre la possibilité de venir ou d’aller en Albion serait à n’en pas douter un sacré coup de Trafalgar.

Via Dezeen, Design firms should « relocate their operations to the EU » if Brexit talks fail, says lawyer et Designers and students to protest in Trafalgar Square as threats to Erasmus programme emerge

 

Dégringolades

Dans la Londres post-Brexit, tout chute. Pas seulement les bourses, qui auraient perdues vendredi l’équivalent de 24 années de contributions à l’EU en moins d’une heure quarante. On tombe – ou plutôt on glisse littéralement du coté de l’ancien parc Olympique, où l’artiste belge Carsten Höller vient d’installer un toboggan sur la tour ArcelorMittal Orbit. Cette chose architecturale conçue par l’artiste Anish Kapoor avec l’ingénieur Cécil Balmond qui n’apparaît pas comme le plus beau leg des jeux de 2012 – le critique d’architecture du Guardian Oliver Wainwright la compare à un éléphant blanc, expression anglo-saxonne pour désigner les monstres architecturaux – ni la meilleur marché. L’entretien du Godsavezilla couterait au contribuable 10 000 livres par semaine. L’insertion d’une attraction dans la structure fait partie d’un business plan visant à limiter les pertes financières de ce qui avait été vendu comme une machine à cash, devant générer initialement 1,2 millions de livres de profits à l’année. Conséquence du coût de maintenance, le prix du ticket donnant droit à 40 secondes de glisse à la vitesse moyenne de 15 mph est très élevé. 17 livres pour 76 mètres de dénivelé, c’est cher, note Wainwright, d’autant que le quartier entourant ce toboggan géant abrite une population pauvre. Le résumé du critique est sans appel : jamais une attraction n’avait promis autant et donné si peu. Wainwright n’a surement jamais visité le défunt parc Mirapolis, près de Cergy !

Via The Guardian 

 

Glissomania

Wainwright voit dans l’ArcelorMittal Orbit le plus inutile des totems dédié à l’hubris de l’ex-maire de Londres, Boris Johnson, qui avait pourtant tenté de se dépasser dans le domaine, du téléphérique urbain (opéré par la compagnie aérienne Emirates) à l’affaire des bus-saunas que l’on avait dû dotée en catastrophe de fenêtres ouvrantes pour permettre aux passagers de respirer. Boris a trouvé une nouvelle occasion de faire parler de lui lors du Brexit, mais il serait injuste de le présenter comme unique partisan des glissades urbaines. Pour preuve, à Los Angeles, un toboggan de verre entièrement transparent vient d’être installé au sommet de l’US Bank Tower, à l’occasion de sa rénovation. Pour une somme oscillant entre 27 et 33$, passez du 70e au 69e étages sans emprunter l’escalier, éprouvez la sensation des « Skywalker » – personnes qui escaladent les immeubles sans assurances – le risque en moins. Je ne dirais pas que je suis pressé de le refaire. Mais c’était une expérience architecturale que je n’aie jamais eue, a déclaré le présentateur d’une télévision américaine après avoir testé l’attraction. Voilà un argument en faveur des gratte-ciels, auxquels certains architectes ne prédisent aucun futur. Après Koolhaas (voir semaine dernière), c’est au tour de David Adjaye de s’en prendre à un urbanisme vertical dépassé, achevé quelque part au 20e siècle. Pour l’architecte, qui s’exprimait dans les colonnes du quotidien italien La Stampa, il s’agit uniquement d’une question de densité : on peut construire une ville de dix étages et satisfaire tout le monde. Tout le monde, sauf les amateurs de toboggans qui sont de plus en plus nombreux en architecture, que l’on songe à certains aménagement récents de bureaux ou de rues en pentes, voire même de maisons individuelles.

Via LA Times, Libération et La Stampa 

 

Un référendum Soulages

85% contre : c’était le résultat d’un sondage demandant en 2009 l’avis des ruthénois sur la construction du musée Soulages. La population de Rodez trouvait ce projet attribué aux catalans de RCR trop cher, pas convaincant, trop élitiste, trop grand, se souvient-on alors que le musée fête deux ans de succès. Benoit Decron, directeur du musée, rappelle que les prévision de quarante mille entrées annuelles furent dépassées en six mois. 200 000 personnes avaient déjà visité les lieux lors du premier semestre d’ouverture du musée, qui se hisse au premier rang des musées de la Région Midi Pyrénées, devant le musée Toulouse-Lautrec d’Albi, souligne Télérama. Et l’on ne parle pas encore d’effet Rodez… Si l’on refaisait le sondage aujourd’hui, les convaincus atteindraient surement les 85%, estime Christian Teyssèdre, maire de Rodez et président de la Communauté d’agglomération. Consulter de nouveau la population : il n’y a pas qu’en Aveyron que l’idée séduit…

Via Télérama 

 

Le piège de cristal

Partir ou rester, on ne leur demande pas leur avis. 200 expatriés français travaillant pour la firme de BTP Saudi Oger seraient bloqués à Riyad sans la moindre possibilité de Gulfxit, d’après un employé français de la société qui témoigne sur le site de l’Obs. Devant faire face à de lourdes pertes, conséquences du management hasardeux et de chantiers mal estimés, Saudi Oger aurait temporisé en baladant certains membres de son personnel d’un site à l’autre, prélude à un licenciement sans préavis. Or, rappelle Rémy Catusse depuis son exil forcé, lorsqu’ils ne sont pas payés, les expatriés en Arabie saoudite se retrouvent dans une position ambiguë : ils perdent le droit de travailler, et ne peut plus renouveler son « iqama », titre de séjour indispensable à l’obtention d’un visa de sortie. La situation est confuse : Catusse a signé une lettre de démission pour obtenir le parrainage d’une autre entreprise, d’autres continueraient à travailler sans être payés. L’Etat français n’a pas de recours dans les affaires de droit du travail saoudiens, et Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères, n’aurait pour l’instant pas répondu aux appels à l’aide des expatriés. Le vice-ministre de l’intérieur saoudien a promis de faire le nécessaire, mais les fêtes de ramadan ralentissent l’action administrative.

Via Le plus de l’Obs

 

Olivier Namias

Architectures et Brexit, le coût du bruit, la New Tate : la revue de presse du 21 juin 2016

Architectures et Brexit, le coût du bruit, la New Tate : la revue de presse du 21 juin 2016

Koolhaas s’oppose au Brexit, inauguration de la New Tate modern, les architectes anglais face aux référendum du 23 juin, des décibels qui coûtent de l’Or, Calatrava à l’amende

New Tate Modern The Switch Luc Boegly Sergio Grazia
New Tate Modern  » The Switch » – Herzog et de Meuron architectes. Courtesy (c) Luc Boegly+Sergio Grazia

Remxin

Hollandais, mais aussi ancien étudiant de la AA school, Rem Koolhaas s’est prononcé pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne sur les ondes de la BBC. Il y a bien plus en jeu qu’être dedans ou dehors, a affirmé l’architecte se souvenant des effets que l’entrée dans la CEE avait eu sur son ex-école. Des Allemands, Tchécoslovaques et Français arrivant dans l’établissement avaient contribué à « moderniser la mentalité anglaise, l’ensemble de la civilisation britannique », a encore expliqué l’architecte. Une sortie de l’UE la ramènerait en revanche aux temps qu’a connu Rem à ses tous débuts à l’AA : une ère où les serveuses du restaurant de l’école portaient des bonnets victoriens. Pas sexy pour un moderne, et dur à avaler pour la figure de proue d’une agence qui s’est plusieurs fois penchée sur la communication de la Commission européenne.

Via Building Design

 

Archout?

Si pour Rem Koolhaas, le Brexit ramènerait l’Angleterre aux mauvais temps anciens, les grandes agences d’architectures britanniques se déclarent mal préparées aux conséquences du « Oui » au référendum du 23 juin. Le magazine Building Design a interrogé une douzaine d’agences parmi les principales du Royaume-Uni. Pour Brendan Kilpatrick, associé de PRP, les conséquences sur l’emploi seraient très négatives : notre agence est très internationale, et craint de voir partir de Londres ses employés d’origines polonaise, lituanienne, espagnole ou grecque. Les perspectives d’emploi devraient cependant les retenir au nord du continent… Un directeur d’AHR s’attend à une période d’instabilité d’une durée inconnue et des répercussions sur l’activité économique difficiles à évaluer. En mai dernier, 78% des architectes se prononçaient pour un maintien dans l’UE et 11% pour le Brexit, selon un sondage réalisé par le magazine Building auprès de 180 architectes.

Via Building Design

 

Adieu saucisses, bonjour pyramide

Au-delà du Brexit, l’actualité architecturale britannique se focalise sur l’inauguration de la New Tate Modern, bâtiment livré par Herzog et de Meuron après 10 années de chantier. Déjà un succès public, si l’on en croit les notes données par les lecteurs du Guardian à l’extension de l’ancienne centrale électrique de Bankside. Harry Hickmore, 23 ans, observe qu’il est difficile de prendre un selfie avec le nouvel édifice, admettant que ce n’est peut-être pas un mal. Adam Smith apprécie l’illusion de vivre dans le décor des SIM. L’accès aux pièces avec panorama sur la Tamise lui donne l’impression de vivre dans un des luxueux appartements occupés par les personnages du jeu vidéo, sensation qu’il évalue comme une performance artistique du XXIe siècle. Les deux ont donné 4 étoiles sur 5 au bâtiment, beaucoup plus qu’à l’usine Sainsbury, construite dans les années 30 par Owen Williams, dont la destruction récente est passée inaperçue. Nina Rappaport rend hommage dans les colonnes de Building Design à cette ancienne usine de saucisses. Il faut se faire une raison : francforts, chipolatas et autres merguez ont désormais plus de chance de sortir aujourd’hui des murs d’un atelier d’artiste que d’un établissement de confection industrielle.

via The Guardian

 

Kidzania

La Tate se fera-t-elle voler son jeune public par un concurrent féroce, Kidzania ? Dans ce parc d’attraction qui a pour thème le capitalisme, les enfants apprennent « que rien ne tombe du ciel » tout en éprouvant les « valeurs de la vie réelle ». France TV info visite cet espace de 7 000 m2 ouvert il y a un an – une ville en miniature, décrit la chaine – dans l’ouest londonien. On peut y essayer 60 métiers, et dépenser des dollars kidzaniens durement gagnés pour acheter le droits d’exercer des professions attractives, comme pompier, ou aller étudier pour s’élever dans la société. Le reportage ne dit pas si l’on peut y exercer le métier d’architecte en herbe, ni même si cette profession est enviable financièrement. Voila comment les vocations se perdent.

via France TV info

 

A l’amende

Et pourtant, l’exercice du métier d’architecte peut s’avérer coûteux. Santiago Calatrava, architecte valencien exilé en Suisse, vient d’en faire l’amère expérience. Le Tribunal suprême de Madrid vient de confirmer la condamnation de l’architecte à 2,96 millions de dommages et intérêts en réparation des malfaçons du Palais des congrès d’Oviedo. Le dernier recours juridique espagnol impute une faute de prévision dans le dessin, la fabrication et l’exécution de la couverture de ce projet détonnant pour une ville de 200 000 habitants. La société Santiago Calatrava LLC s’était vue confier par le promoteur Jovellanos XXI l’ensemble des missions, de la conception à la livraison du bâtiment. Trancadiz, Zubi-zuri, passerelle de Venise… souhaitons que les dommages de ces oeuvres calatraviennes construites à Valence, Bilbao ou dans la serenissime ne perturbent pas le sommeil de l’architecte

Via El Mundo

 

Economies Silencieuses

En France, l’État en mal d’argent pourrait, plutôt que de s’en prendre à Calatrava, poursuivre… le bruit ! D’après une étude réalisée par le cabinet EY (ex Ernst&Young) à la demande du Conseil national du bruit, le coût du bruit s’élèverait à 57 milliards ! L’étude financée par l’ADEME repose sur une méthode de l’OMS mesurant la relation entre l’exposition à un agent (le bruit) et ses effets (son impact sanitaire). On veut bien admettre que les traitements pour la surdité aient un coût mesurable, on reste plus sceptique quand à la quantification financière des dommages induits par la gêne du sommeil (40% des cas selon l’étude). On guette l’apparition prochaine de nouvelles normes anti-bruit pouvant faire rimer affaiblissement acoustique et renforcement budgétaire. Pourquoi ne pas tous se taire pendant quatre ans pour réduire le déficit ? L’idée pourra séduire, et pas seulement le Conseil du bruit, qui fait décidément un sacré vacarme autour de ce « coût social » des nuisances sonores.

Via agence newspress

 

 

New Tate Modern Londres the Switch Luc Boegly Sergio Grazia
New Tate Modern  » The Switch » – Herzog et de Meuron architectes. Courtesy (c) Luc Boegly+Sergio Grazia

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