Best of 2017 : Enseignement

Best of 2017 : Enseignement

La revue Architectures CREE revient sur les constructions qui ont marqué l’année. Programme par programme, elle a sélectionné pour vous des réalisations qui ont émergé du paysage français, et vous en propose la relecture. Ci-dessous, notre best of 2017 de bâtiments dédiés à l’enseignement. 

AAVP conçoit un groupe scolaire à Montévrain : s’ancrer sans ancrage

Le site à Montévrain, choisi pour la construction de l’école était encore, au moment du concours, une parcelle vide bordée de vastes emprises agricoles. Aucun des immeubles de logements n’étaient construit lorsque débutèrent les études. Difficile de s’implanter dans un territoire alors sans accroche. « Dans ce contexte encore flou, le bâtiment prend position, s’organise jusqu’à former une ville miniature, un hameau scolaire », précise l’architecte Vincent Parreira, agence AAVP. Un apprentissage de la curiosité par l’architecture, où lumière, aspérités et couleurs constituent une série d’évènements qui incitent l’enfant à se raconter ses propres histoires.

 

Richter architectes : de la frange au centre

Sous l’apparence unicité, une ville en réduction se dévoile. Des jeux de pleins et de vides, d’avancées et de retraits, rythment la façade de leurs décrochés. Ce profil se transpose en coupe, faisant varier les hauteurs. Prolifère un enchainement de pièces, de patios plantés et de préau, dont les transparences et porosités visuelles invitent à la découverte. Les architectes Jean et Pascale Richter, et leur associé Anne-Laure Better, révèlent l’épaisseur du terrain, par des distributions transversales qui, depuis l’allée principale, emmènent vers l’arrière de ville jusqu’à cadrer sur l’infrastructure ferroviaire. Si le projet se protège des nuisances du chemin de fer, le bâtiment se réconcilie avec le paysage, mi technique, mi naturel, auquel il se raccroche visuellement, par une multitude de percées visuelles.

 

https://archicree.com/realisations/lensae-de-saclay-cab-trame-unite-de-conception/

Le plateau de Saclay à Gif-sur-Yvette (91) est surtout remarquable pour la planéité de sa topographie, voire sa platitude. Sur ce grand plan horizontal, le site alloué à l’ENSAE Paris Tech confine à la tabula rasa, sans constructions avoisinantes, sans aspérités auxquelles raccorder le projet. Un contexte libre à l’excès auquel ont répondu Jean-Patrice Calori, Bita Azimi et Marc Botineaux, architectes associés de l’agence CAB, par la définition de règles strictes. En employant un système générique et des règles de constructions strictes, les architectes ont su faire la démonstration d’une synthèse spatiale. Ici, d’aucuns estimeront que cet univers sans concession est aussi aride que le monastère auquel il se réfère, d’autres penseront que la rationalisation s’impose comme économie, que l’assemblage ne cherche pas le raffinement, mais affirme son brutalisme, et que la matière brute donne la couleur.

 

L’Ecole Centrale-Supélec à Paris-Saclay : un monde en soi

Une grille régule la complexité du programme et rationalise son organisation. Une grande halle est divisée en quatre entités, résultantes des quatre champs d’apprentissage majeurs définis dans le programme.  Orientées sur l’extérieur, elles sont réparties selon un plan urbain, desservies par des rues secondaires, tandis qu’une rue principale diagonale fend le volume sur toute sa hauteur. La toiture de conception légère, avec ses coussins translucides en ETFE, se dématérialise pour laisser passer une lumière naturelle, créant une sensation d’extérieur. Car c’est bien une « ville intériorisée » que propose l’agence OMA, « une école urbaine ouverte, avec le désordre créatif encadré par un squelette structurel ». Un monde en soi d’une clarté et d’une cohérence intense, tandis que le bardage noir peu engageant semble affirmer un désintérêt pour l’extérieur, provocation ultime.

 

https://archicree.com/realisations/pole-scientifique-evry-val-de-seine-block-architectes/

Les nantais de BLOCK architectes livraient un bâtiment situé sur le Campus de l’Institut Mines-Télécom, à Évry-sur-Seine. Cette architecture répond à l’évolution des nouveaux métiers numériques et absorbe l’augmentation des effectifs (étudiants et personnels). À l’intérieur du complexe, les nombreux programmes dans le programme ont engendré un véritable cadavre exquis de matériaux et de collages d’espaces. À l’extérieur, un volume-socle vient se lover sous un autre plus aérien, véritable billboard urbain.

 

La rédaction d’Architectures CREE