Michael Jantzen dessine une chapelle imaginaire ouverte à tous

Michael Jantzen, artiste et designer américain, a développé le concept d’une chapelle au Nouveau-Mexique, avec la particularité d’être ouverte à toutes les religions. Pour représenter son ouverture à tous, celle-ci dispose d’une série de cadres à pignons s’étendant jusqu’au ciel.

Entourée de montagnes, la chapelle imaginée par l’artiste serait située à un emplacement proche de Sante Fe, la capitale de l’État américain. Le projet est décrit par Michael Jantzen comme une maison pour les personnes impliquées dans «une grande variété d’entreprises spirituelles». La chapelle servirait de lieu de rassemblement. Plutôt que de séparer ses visiteurs par des croyances différentes, le sanctuaire permettrait de se réunir tous ensemble quelque soit l’appartenance religieuse des individus.

« Mon espoir en tant que concepteur de la Chapelle pour le Nouveau Mexique est que sa conception aidera à promouvoir l’idée du multiculturalisme, de l’inclusion et de la tolérance« , déclare Jantzen.

Inspirée du principe d’inclusion, la conception de la chapelle comporte une structure à quatre côtés, comprenant chacun un cadre en acier peint en blanc et en béton rempli de verre. Ce cadre répété sept fois de chaque côté forme des murs en couches se rétrécissant vers le haut et vers l’extérieur. Construite sur une plate-forme carrée blanche avec des marches positionnées sur son pourtour, la chapelle serait accessible par des portes vitrées placées sur chaque façade. À l’intérieur, au centre de l’espace, un podium circulaire surélevé viendrait prendre place afin d’être utilisé par «un ministre, un prêtre, un rabbin ou tout autre orateur inspirant».

 

Bien que conceptuelle et totalement imaginaire, la chapelle de Jantzen pour le Nouveau-Mexique s’inscrit comme un projet pleins de belles promesses, porteur d’un message pacifiste et de valeurs humaines. Avec cette initiative, l’artiste ouvre la voie à de nouvelles approches conceptuelles pour l’art et l’architecture de demain et en prouvant l’importance symbolique des messages que ces derniers peuvent véhiculer.

Álvaro Siza construit une chapelle autosuffisante dans l’Algarve, un retour à la sobriété architecturale

Le célèbre architecte portugais, Álvaro Siza Viera, a conçu une simple chapelle de campagne, dans le sud du Portugal, fonctionnant sans électricité, ni chauffage ou eau courante.

Intitulée « Le Capela do Monte », qui se traduit simplement par une chapelle à flanc de colline, la chapelle s’inscrit dans le paysage pittoresque de la région de l’Algarve au Portugal et fait également partie du complexe Monte da Charneca.

Totalement autosuffisant, le projet a été planifié sans l’intervention de services externes. Pour ce faire, le bâtiment a été conçu de manière à pouvoir se chauffer et se refroidir naturellement, grâce à l’utilisation de matériaux soigneusement sélectionnés. En effet, ses murs épais ont été réalisés en briques perforées et revêtues d’un enduit de calcaire aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Siza, lauréat du Prix Pritzker en 1992, décrit la chapelle comme « un pur projet architectural »

Accessible uniquement par un seul sentier, la caractéristique la plus distinctive de la chapelle est sa façade simple en forme de U, qui fait face à une terrasse épousant la orme de la colline. Derrière cette façade se trouve une ouverture permettant à la lumière du soleil de pénétrer dans le hall d’entrée du bâtiment.

Une fois dans cet espace, les visiteurs sont accueillis par trois fresques murales sur mesure, comportant des illustrations basées sur des croquis de Siza et représentant différentes scènes racontant l’histoire de la vie de Jésus.

A l’intérieur de la chapelle minimaliste, se mêlent surfaces carrelées et surfaces laissés au naturel dépourvus de fioritures.

La seule couleur dans l’espace provient d’une série de meubles en bois, tous conçus par Siza. Ils comprennent un autel, un banc et une série de chaises, tous construits par le studio de menuiserie Serafim Pereira Simões Sucessores basé à Porto .

Contre la paroi arrière de la pièce, trône une abstraction de la croix traditionnelle.

Le Centre Monte da Charneca a été créé par un couple vivant dans la région depuis plus de 30 ans. Ensemble ils ont d’abord commencé par la réhabilitation de sept maisons traditionnelles, qui disposent maintenant de leur propre approvisionnement en eau, pourvues d’un système à énergie solaire ainsi que d’un verger produisant des olives, des agrumes, des figues et des amandes.

Le couple a demandé à Siza de superviser le plan pour la prochaine phase de développement du site. En plus de la chapelle, qui a ouvert ses portes au printemps 2018, il ajoutera une série d’autres installations, y compris d’autres bâtiments résidentiels. L’objectif est de créer une retraite qui valorise le patrimoine agricole de la région auprès des touristes. L’ensemble du projet devrait être terminé d’ici 2021.

Photographies de Joao Morgado

La Chapelle de Ronchamp : un classique signé Le Corbusier !

Projet emblématique de l’architecte moderne Le Corbusier, la Chapelle de Ronchamp s’inscrit dans le paysage depuis 1955. Comme beaucoup de chapelle, celle de Ronchamp s’inscrit sur une ancienne construction présente depuis des siècles. Après un temple romain,  dont la datation reste très floue, une petite chapelle est construite au Moyen Âge. Au début du XXe siècle, un incendie la réduit en cendres. Elle est reconstruite, mais à nouveau, elle sera détruite par l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale.

 

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© Gili Merin

 

Une fois la paix retrouvée, le diocèse de Besançon fait appel à l’architecte franco-suisse Le Corbusier pour que les habitants du village de Ronchamp ne soient plus privés de lieu de culte . Plutôt habitué des grands ensemble de la reconstruction avec son unité d’habitation, il accepte finalement de travailler sur ce premier projet culturel. Les travaux démarrent en 1954 et se termine un an plus tard. Sur cette même colline, le Corbusier dessinera également en abri pour pèlerin, la maison du chapelain, et une « pyramide de la paix ».

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Avec un architecte pionnier du mouvement moderne, la chapelle de Ronchamp ne pouvait que s’inscrire dans cette architecture emblématique du XXe siècle. Pourtant, l’architecture de la Chapelle se trouve loin des murs orthogonaux revendiqués par Le Corbusier. Il s’inspire de la vallée des Vosges et crée des parois, des tours, et un toit aux formes courbes. Il dessine également un espace de célébration en plein air, qui matérialise encore plus cette communion avec la nature.

 

Les différents volumes, dont la structure est faite de béton, s’articulent autour de l’espace de culte. Les murs, dont l’ossature est remplie de pierres de récupération, sont d’un béton projeté recouvert de chaux blanche. L’intérieur est également peint d’un blanc immaculé, favorisant le recueillement. Bien que de forme très organique et peu orthogonal, la toiture de la chapelle est un grand voile de béton, réalisé à partir d’un coffrage en bois, dont les marques des banches ont été laissées apparentes ! Elle repose uniquement sur les murs en béton.

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Dans ce lieu de culte, symbole de l’architecture sacrée moderne, le Corbusier travaille tout particulièrement la lumière. Réelle matière à projet, elle est parfois diffuse, comme à travers les vitraux coloré, également dessinés par l’architecte – ou plus directe, créant des espaces d’ombres, comme à l’extérieur du bâtiment. Aujourd’hui, la chapelle Ronchamp bénéficie du label « Patrimoine du XXe siècle » depuis 1999. Elle est également classée au monument historique depuis 1967. En 2011, le site corbuséen est complété par la construction d’une poterie et d’un couvent, réalisée par l’architecte italient Renzo Piano.

Le Vatican fera son entrée à la Biennale de Venise avec dix chapelles imaginées par dix architectes

C’est une année très spéciale pour la Biennale d’architecture de Venise. Pour la première fois la cité du Vatican présentera sa propre soumission. Situé sur l’île de San Giorgio Maggiore, le pavillon du Saint-Siège emmènera les visiteurs dans un voyage à travers dix chapelles conçues par dix architectes internationaux sélectionnés par l’historien de l’architecture Francesco Dal Co. Ces chapelles seront démontables car le Vatican souhaite les reconstruire dans des localités qui n’ont pas de lieu de culte.

« Une visite aux dix chapelles du Vatican est une sorte de pèlerinage non seulement religieux mais aussi laïc. C’est un chemin pour tous ceux qui souhaitent redécouvrir la beauté, le silence, la voix intérieure et transcendante, la fraternité humaine d’être ensemble dans l’assemblée des hommes, et la solitude de la forêt où l’on peut expérimenter le bruissement de la nature temple cosmique. » explique le Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil Pontifical pour la Culture.

© Javier Corvalán

Les architectes qui construiront des chapelles à la Biennale d’Architecture de Venise 2018 :

  • Smiljan Radic , Chili
  • Carla Juaçaba , Brésil
  • Javier Corvalán, Paraguay
  • Sean Godsell , Australie
  • Eva Prats & Ricardo Flores , Espagne
  • Eduardo Souto de Moura , Portugal
  • Francesco Cellini , Italie
  • Norman Foster , Royaume-Uni
  • Andrew Berman , États-Unis
  • Teronobu Fujimori, Japon

« Des architectes d’horizons divers et d’expériences diverses sont venus à l’île de San Giorgio pour représenter cette incarnation du temple dans l’histoire, le dialogue avec la pluralité des cultures et de la société, et pour confirmer la catholicité qu’est l’universalité de l’Église. »

Asplund Pavilion © Map studio
Asplund Pavilion © Map studio

Le début du parcours sera marqué par une chapelle utilisant le bois comme matériau principal : le Pavillon Asplund de Map Studio. Conçue par les architectes Francesco Magnani et Traudy Pelzel, comme le prélude à un itinéraire d’exposition, cette architecture sera placée en début de circuit et incarnera l’essence de l’ensemble du projet. Cette chapelle s’inspire de la « Woodland Chapel » construite en 1920 par le célèbre architecte Gunnar Asplund au Cimetière Woodland de Stockholm. Pour ce projet, le fabricant designer italien ALPI a développé un matériau : le Xilo 2.0 utilisé pour couvrir toutes les surfaces de l’édifice. Les extérieurs seront couverts de 9000 bardeaux avec le motif en bois Xilo 2.0 « Planked Grey ». Véritable lieu d’orientation et de rencontre, à l’intérieur, la chapelle accueillera une exposition de dessins de Gunnar Asplund, accompagnée de documents et de maquettes illustrant le concept et la construction de la chapelle d’origine. Elle sera le seul artefact non religieux à exposer les dessins d’Asplund. 

© Foster + Partners

© Foster + Partners

La chapelle de Foster + Partners, réalisée en collaboration avec Tecno, prendra la forme de trois croix symboliques et d’une terrasse en bois. La phase de conception a symboliquement commencé avec la fusion de trois croix enveloppées par des lattes de bois formant un voile attaché à la structure. 

© Foster + Partners
© Foster + Partners

Située à proximité d’un lagon, la chapelle sera un lieu de contemplation et de méditation. Le revêtement en lattes de bois offrira un jeu d’ombres et de cadrage permettant d’apprécier la beauté naturelle de Venise.

© Foster + Partners

« Notre projet a commencé avec la sélection du site. Lors d’une visite à San Giorgio Maggiore, près de la magnifique église de Palladio et du Teatro Verde, nous avons trouvé un espace vert avec deux arbres matures encadrant magnifiquement la vue sur le lagon. C’était comme une petite oasis dans le grand jardin, parfait pour la contemplation. Notre but est de créer un petit espace sanctuaire à l’ombre et retiré de la normalité des passants, focalisé plutôt sur l’eau et le ciel.» affirme Norman Foster, fondateur de Foster + Partners.

© Foster + Partners

La Biennale d’architecture de Venise 2018 ouvrira ses portes le 25 mai prochain jusqu’au 25 novembre.