Territoire rural post-Hukou : un diplôme de la AA School

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Dans la société chinoise, le Hukou, qui indique le lieu de résidence, est un document identitaire stricte. Il a longtemps dressé une frontière infranchissable entre la ville et la campagne, diabolisant cette dernière. Un Hukou urbain est très recherché par les ruraux comme statut-symbole : selon un proverbe chinois les gens « aiment mieux un lit dans une ville qu’une pièce à la campagne ». Le plan de réforme du Hukou, en cours d’adoption par le gouvernement chinois, a pour ambition d’abolir cette distinction et vise à doper l’urbanisation tout en contrôlant sa croissance.

Le diplôme de fin d’études de James Mak propose un scénario post-réforme, à contrario. Il cherche non pas à unifier mais à pousser à son paroxysme les limites, par le maintien de la citoyenneté rurale et sa redistribution. La proposition aborde ce paradoxe en  concentrant un quartier rural dans un système linéaire, se posant comme limite à l’étalement urbain. Appliqué au grand Beijing, le projet envisage la vie rurale non comme un choix inférieur à la vie urbaine, mais plutôt comme une alternative souhaitable.

Paru dans Architectures CREE 381

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Diplôme de James Mak

Diploma Unit 14, 2016

AA School (Architectural Association School of Architecture), Londres

 

Pornopolis, manifeste pour une ville érotique

Ce projet d’étude, Pornopolis, s’inscrit dans la continuité d’un mémoire traitant des apports du magazine Playboy en architecture et design dans les années 1950 à 1970 aux Etats-Unis, son créateur Hugh Hefner postulant que «pour changer un homme, il faut changer son intérieur».

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Paru dans Architectures CREE 380

En abordant les thèmes de la sur-médiatisation des images sexuelles dans nos médias contemporains ainsi que de l’omniprésence des prothèses numériques dans notre intimité, le projet développe des espaces utopiques sexuels : des pornotopies, dans des espaces cachés de l’architecture publique chinoise. Le centre commercial Bailian New Era situé dans le district de Wujiaochang (Shanghai, Chine) a été choisi comme laboratoire d’expérimentation en raison de sa double peau, au centre d’un puissant imaginaire lié à l’invisible, au caché, à l’interdit. Pornopolis suggère plus qu’il ne montre, effeuillant un équipement banal du consumérisme de masse. Seuls les initiés sont avertis des profondeurs schizophréniques et sulfureuses de la double peau dans laquelle ils sont happés par des procédés de miroirs coulissants, de parois molles et organiques, de fausses portes, de cabines à double fond, de rideaux, de murs labyrinthiques…

 

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Auteur : Clémentine Dufaut

Directeur d’études : Anne JAUREGUIBERRY

ENSA Strasbourg

IN-Accessible : la parole des bâtiments

Même si les bâtiments ne parlent pas littéralement, ils ne sont pas nécessairement silencieux, énonce Ke Li pour son diplôme IN-ACCESSIBLE. Ils communiquent par des signes et des représentations. L’extérieur peut se comprendre comme le dialogue d’ouverture, car il est la première rencontre avec le bâtiment. Il communique parfois avec l’intérieur par des dispositifs tels que les entrées ou les fenêtres, représentations transparentes de l’édifice et de son rapport avec l’échelle humaine.

Mais peut-être qu’ils parlent trop noyés dans leur bavardage incessant. IN-Accessible propose une façon subversive de communiquer et mute les signes. Il s’agit d’une salle de concert aux couleurs vives flottant au-dessus de l’eau à New York, conteneur d’art et œuvre d’art à la foi. Le toit d’or qui pointe vers le haut devient l’espace public, le fond noir dirigé vers le bas comprend l’entrée et les espaces de stockage, le bleu est la salle de concert. Les promeneurs peuvent voir la grande entrée au loin, mais ils ne peuvent jamais entrer par là ; ils peuvent lire les fenêtres de la décoration, mais ils ne peuvent jamais raconter l’histoire qui se passe à l’intérieur.

Paru dans Architectures CREE 379

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diplôme : IN-ACCESSIBLE

Auteur : Ke-Li

Directeur de la recherche : Elena Manferdini

SCI-ARC, Los Angeles