Dominique Perrault : La Bibliothèque nationale de France, portrait d’un projet

Cette année 2018 marquera les 20 ans de l’ouverture au public de la Bibliothèque nationale de France. Pour l’occasion, son concepteur, Dominique Perrault, nous propose de revenir sur ce bâtiment phare à travers l’exposition : « Dominique Perrault – La Bibliothèque nationale de France, Portrait d’un projet 1988 – 1998 ».  Cet événement sera inauguré par l’architecte lui même en tant que commissaire mais aussi scénographe associé. Pour la première fois, l’histoire de la construction de ce bâtiment emblématique, aujourd’hui labellisé « Architecture contemporaine remarquable » sera présentée au public. L’exposition, qui se déroulera du 10 avril au 22 juillet 2018 à la BNF, retracera, de 1988 à 1998, le processus de création de cet édifice ayant été marqué par des débats intenses, par l’engagement de nombreux partenaires et par de multiples expérimentations jalonnant sa conception et sa réalisation.

Le 14 juillet 1988, François Mitterrand, alors Président de la République réélu pour son second septennat, émit la volonté d’offrir à la Nation une nouvelle bibliothèque nationale. En 1989, à l’issue d’un concours international, l’architecte Dominique Perrault, à seulement 36 ans, est désigné lauréat. Après le Grand Louvre, l’Opéra Bastille ou l’Institut du Monde Arabe, ce nouveau projet situé hors du Paris historique parachève la politique des Grands travaux menée durant deux septennats. Il s’agira pour l’architecte de créer « une place pour Paris, une bibliothèque pour la France », un lieu ouvert à tous, à la fois espace public et parcours initiatique.

© Dominique Perrault Architecture (DPA)

Le projet, novateur par son architecture et son inscription dans un site alors largement en friche, constitue l’acte fondateur du développement de tout un nouveau quartier de la métropole parisienne. Il est aussi une réalisation fondamentale dans la pratique de Dominique Perrault, premier exemple d’une architecture du « Groundscape » : une architecture du sous-sol envisagée comme domaine d’exploration capable de redéfinir la nature du territoire de nos cités et conçue pour dresser les contours d’une nouvelle urbanité.

© Dominique Perrault Architecture (DPA)
© Dominique Perrault Architecture (DPA)

Avec ses tours d’angles comme quatre livres ouverts se faisant face et qui délimitent un lieu symbolique, la Bibliothèque de France, lieu mythique, marque sa présence et son identité à l’échelle de la ville par le réglage de ses quatre coins. Ces balises urbaines mettent en valeur le « livre » avec un mode d’occupation aléatoire des tours qui se présente comme une accumulation du savoir, d’une connaissance jamais achevée, d’une sédimentation lente mais permanente. Autres métaphores complémentaires, qu’elles se nomment tours des livres, ou silos, ou étagères immenses aux rayonnages innombrables, ou labyrinthes verticaux, l’ensemble de ces images sans ambiguïté converge vers une identité forte de ces objets architecturaux.

© Dominique Perrault Architecture (DPA)

L’installation d’une place fonde la notion de disponibilité de trésor, les tours ont permis de le repérer et de l’identifier comme culturel. L’espace public offrira le contact physique, direct et naturel entre l’institution sacrée et l’homme de la rue. L’incrustation d’un jardin achève la mise en place symbo- lique du projet, en offrant un lieu de calme à l’abri des nuisances de la ville. Tel un cloître, cet espace serein favorisera la méditation et l’épanouissement du travail intellectuel.

© Dominique Perrault Architecture (DPA)

En 1996, Dominique Perrault a d’ailleurs reçu le Prix Mies van der Rohe pour son œuvre : aujourd’hui, l’esthétique de la Bibliothèque François-Mitterrand, son minimalisme, ainsi que les matériaux utilisés, le verre et le fer, font référence.

© Dominique Perrault Architecture (DPA)

Pensée et mise en scène par l’architecte et son équipe, l’exposition sera séquencée en quatre thématiques. Les deux premières présentant l’objet architectural et son inscription dans un territoire, jalon d’un développement urbain que l’on connait aujourd’hui. La troisième mettra l’accent sur le vide emblématique que l’architecte a voulu placer au cœur du projet, le jardin, création inédite d’un véritable morceau de forêt à quelques mètres de la Seine. Le dernier volet de l’exposition plongera dans les détails des aménagements intérieurs et du mobilier, conçu spécialement pour le lieu. Présenté pour la première fois, l’essentiel du fonds provient des archives de Dominique Perrault. Quelques pièces sont issues des collections publiques du Centre Pompidou et du Centre FRAC Centre. 

© Dominique Perrault Architecture (DPA)
© Dominique Perrault Architecture (DPA)

Les visiteurs découvriront une grande variété de documents : croquis, dessins techniques, diapositives et ektachromes, photomontages, perspectives numériques ou réalisées à la main, maquettes d’études et de concours à différentes échelles, échantillons de matériaux, prototypes, etc. Ces pièces révèlent une période charnière pour l’architecture et la construction, à la jonction entre travail manuel de précision et débuts de l’informatique : alors que les documents du concours furent intégralement dessinés à la main, les outils numériques furent introduits au cours du développement du projet et jusqu’à la fin du chantier. L’ensemble de ces documents d’archives témoigne d’un chantier d’une rare ampleur. 

Pour comprendre davantage son oeuvre, le 24 avril prochain, les Mardis de l’architecture recevront l’architecte dans le cadre d’une conférence animée par Philippe Trétiack et à laquelle participeront notamment Marie-Christine Labourdette, nouvelle présidente de la Cité de l’Architecture.

Livres : une liste pour Noël

Architectures CREE, en association avec la librairie Volume, présente sa sélection de livres pour les festivités de la fin d’année 2016 ; une liste d’ouvrages éclectiques, où les points de vue de critiques, pratiques d’architectes et regards de photographes sur l’architecture se confondent, se répondent et s’interrogent, dans des « livres objets ».  De Londres à Shanghai, du brutalisme au bricolage, de Venturi à Perrault, ou de l’hôtel à l’église, se cultiver est une mission bien vaste qu’il nous faut commencer dès aujourd’hui. Vous en souhaitant bonne lecture ! 

brutal-london
Brutal London : construct your own concrete capital, Zupagrafika, éditions Prestel, octobre 2016, 72p., 24 x 28 cm, 19,99 £. ISBN : 978-3-7913-8300-2

Brutal London

Zupagrafika est un studio de création basé en Pologne, fondé par David Navarro et Martyna Sobecka. Le studio a une affinité particulière avec l’architecture moderniste, la typographie et le papier. Il conçoit, illustre et publie des objets primés, liés à l’architecture. La première partie de l’ouvrage examine la signification de chacun des bâtiments, au travers de textes et images. La deuxième partie du livre se compose d’une série de 9 bâtiments pré-découpés et pliés, imprimés sur du papier cartonné lourd, que les lecteurs peuvent détacher et construire avec des instructions faciles à suivre. 

Corbusier Jeanneret restauration Clarté Genève patrimoine
Le Corbusier & Pierre Jeanneret, restauration de l’immeuble Clarté Genève, Ed by Office du patrimoine et des sites, Birkhauser, octobre 2016, 192p., 29 x 24cm, 49.95 €. ISBN : 978-3-0356-0751-2

Le Corbusier et Pierre Jeanneret, restauration de l’immeuble Clarté Genève

L’histoire de l’immeuble Clarté construit à Genève par Le Corbusier et Pierre Jeanneret et surtout de sa restauration. (plan, photos, etc.)

structure works Mahendra Raj Mehta Raj Mehndiratta Huber
The structure, works of Mahendra Raj, Vandini Mehta, Rohit Raj Mehndiratta, Ariel Huber, Park Books, 2016, 428p., 19,5 x 25,5 cm, 68 €. ISBN 978-3-03860-025-1
difficult whole Robert Venturi John Rauch Denise Scott Brown
The difficult whole, a reference book on Robert Venturi, John Rauch and Denise Scott Brown, Kersten Geers, Jelena Pancevac, Andrea Zanderigo, Park Books, 2016, 216p., 21 x 30 cm, 48 €. ISBN 978-3-906027-84-5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

The structure, works of Mahendra Raj

Agé aujourd’hui de 92 ans l’ingénieur Mahendra Raj a participé à la construction de Chandigarh avec Le Corbusier, il a aussi travaillé à New York, Delhi et Bombay. Ami intime du béton il a conçu (entre autres) avec Kuldip Singh (après sa séparation d’avec Raj Rewal) la très brutaliste tour du NDMC (New Delhi Municipal Corporation) à quelques pas de Connaught Place.

The Difficult Whole
En 1966, l’architecte Robert Venturi publie Complexity and Contradiction in Architecture, un manifeste qui devient l’une des plus importantes déclarations du XXe siècle sur l’architecture. Cinquante ans plus tard, ce livre propose une nouvelle analyse et une réévaluation approfondie de l’idée de « Difficult Whole » de Venturi et de son héritage. Grâce à une relecture radicale des documents d’archives, les éditeurs proposent une alternative crédible au discours architectural contemporain, qui tient compte des arguments de Venturi et offre un moyen d’aller de l’avant. Mettant en vedette des essais, ainsi que des analyses approfondies de vingt-huit projets de Venturi, Rauch et Scott Brown, The Difficult Whole est sûr de susciter la discussion et l’inspiration dans le monde de l’architecture et le design.

Groundscapes Dominique Perrault
Groundscapes : autres topographies, Dominique Perrault, Frédéric Migayrou, Editions HYX, 2016, 206p., 16 x 24 cm, 25 €. ISBN 978-2-910385-99-6

Groundscapes

Les éditions HYX publient le travail du spécialiste de la construction sous nos pieds, l’architecture du ‘groundscape’. Une idée, un concept, que l’architecte explore et expérimente depuis des années au sein de ses projets et au travers de ses fictions. « Une écriture du réel, une architecture souterraine où il ne s’agit pas de vivre sous terre mais d’inscrire les lieux de vie dans la terre, cet épiderme du sol ouvert sur le ciel. »

modern Lorraine churches Eric Tabuchi
Twenty-four modern Lorraine churches, Eric Tabuchi, Poursuite Editions, septembre 2016, 48p., 21 x 21 cm, 20 €. ISBN : 978-2-918960-92-8

Référence non dissimulée à Ed Ruscha, Twenty-Four Modern Lorraine Churches s’inscrit dans le genre du livre d’artiste. Il a été publié à l’occasion de Tables et Matières, exposition d’Eric Tabuchi présentée à la médiathèque des Abattoirs de Toulouse jusqu’au 7 janvier 2017. Inlassable explorateur des formes construites, Eric Tabuchi documente ici de façon sérielle les églises issues des campagnes de reconstruction de la région Lorraine. « Ce travail de recensement, s’il n’avait jamais été effectué et pour captivant qu’il ait pu être, ne représentait pourtant pas à mes yeux l’enjeu principal de cette série de photographies, explique Tabuchi. Il s’agissait d’abord pour moi de décrire une rencontre, dans les circonstances tragiques que nous connaissons, entre cette Lorraine à la fois rurale et industrielle et l’architecture moderne – entre ces paysages austères et ces formes nouvelles. Il fallait rendre compte de ce surgissement, de cette étrangeté et d’une certaine façon de l’incompréhension qui en a découlée. C’était une étrange idée de penser réparer le traumatisme de la guerre avec des édifices coulés dans le même béton que les blockhaus voisins »

Roger Eberhard Standard
Roger Eberhard, Standard, Photographs by Roger Eberhard. Texts by Franziska Solte, Benedict Wells, and Nadine Wietlisbach, Scheidegger & Spiess, 2016, 88p., 34 x 27,5 cm, ISBN 978-3-85881-528-6
Serge Fruehauf Extra Normal
Serge Fruehauf, Extra Normal, Joerg Bader, Scheidegger & Spiess, 2016, 200p., 23 x 20 cm, 48 €. ISBN 978-3-85881-527-9

 

 

 

 

 

 

 

Standard

Pour son dernier projet d’art conceptuel, le photographe suisse Roger Eberhard a parcouru cinq continents et a visité 32 villes où il a réservé la chambre double standard à l’hôtel Hilton local. Il a pris une photo de l’intérieur de la chambre et de la vue de sa fenêtre en utilisant toujours la même perspective, témoignant d’un design remarquablement uniforme. Trois essais complètent les photographies : un texte inédit du romancier allemand Benedict Wells qui réfléchit à la monotonie qu’il éprouve lors de ses voyages dans des suites de chambres d’hôtel. Franziska Solte, historien d’art, examine la chambre d’hôtel comme l’intérieur moderne par excellence. L’experte en photographie Nadine Wietlisbach analyse et contextualise le dernier travail d’Eberhard.

Extra-Normal

Pendant deux décennies, le photographe suisse Serge Fruehauf a documenté des détails architecturaux fascinants moulés dans du béton. Mais son regard se pose aussi sur des casses-tête surprenants et parfois absurdes créés par des interventions ultérieures – des escaliers qui mènent à des impasses, des murs de jardin défiguré qui ont longtemps survécu à leur but ; des extra-normal.  Les photographies, prises à travers Paris, Genève, Grenoble et Lyon, forment une réflexion critique sur la modernité architecturale, les constructions moderne en béton apparaissant aujourd’hui comme monstruosités sournoises ou hybrides grotesques de l’architecture traditionnelle et moderne.

 

Manuel illustre bricolage urbain Etienne Delprat
Manuel illustré de bricolage urbain, Etienne Delprat, YA+K et Nicolas Bascop, Editions Alternatives, octobre 2016, 128p., 19 x 25,5 cm, 25 €.

Manuel illustré de bricolage urbain

Il est possible d’investir autrement l’espace urbain, de le réinventer par des aménagements divers, par des hacking de mobiliers et d’espaces publics, par des dynamiques d’appropriation citoyenne, par l’agriculture et le jardinage ou encore en navigant sur les réseaux d’échanges et d’entraide autogérés. Etienne Delprat et Nicolas Bascop invitent à fabriquer des éléments de mobilier urbain divers et variés.

kagan-architectures
Kagan, architectures 1986-2016, dir Nathalie Régnier-Kagan, AAM-Ante Prima édition, septembre 2016, 276p., 25 x 22 cm, 24 €. ISBN 978_2_87143_306_4

Kagan, architectures 1986-2016

Disparu fin 2009 à 56 ans, Michel Kagan était considéré comme une sorte d’enfant prodige par ses frères en architecture néo-moderne. Formé en France, enseignant à Columbia puis à Belleville, il livrait en 1991 avec la cité technique et administrative pour la ville de Paris un bâtiment manifeste qui concentrait les particularités de son écriture architecturale, traits qu’il appliquait simultanément avec une générosité presque excessive sur la cité d’artiste du Parc Citroën-Cévennes. Son écriture se fit ensuite plus pondérée, sans rien renier de sa filiation moderniste, héritage envisagé plus comme une phénoménologie que comme un style. Ainsi, rappelle Jean-Louis Cohen dans un essai introductif, Kagan voyait la promenade architectural non comme une chose ludique, mais un lien social dans une architecture démocratique, de relation. Kenneth Frampton, Franco Purini et d’autres architectes dont il était proche abordent dans différents essais la personnalité et le travail de l’architecte, présenté de façon extensive dans cet ouvrage qui aborde également les projets réalisés depuis sa disparition par l’agence, désormais dirigée par Nathalie Régnier-Kagan, veuve et associé de l’architecte.

African Modernism architecture Independence Ghana Senegal Côte d'Ivoire Kenya Zambia Manuel Herz
African Modernism, the architecture of Independence. Ghana, Senegal Côte d’Ivoire, Kenya, Zambia. Manuel Herz, Park Books, 2016, 640p., 23,5 x 32 cm, 68 €. ISBN 978-3-906027-74-6
Italo Modern Architecture Feiersigner
Italo Modern 2, Architecture in Northern Italy 1946–1976. Martin and Werner Feiersigner, Park Books, 2016, 552p., 16,5 x 22 cm, 48 €. ISBN 978-3-03860-029-9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

African Modernism

Dans les années 1950 et 1960, la plupart des pays africains obtinrent l’indépendance. L’architecture est devenue l’un des principaux moyens par lesquels les pays nouvellement formés ont exprimé leur identité nationale, illustrant aussi les difficultés, les contradictions et les dilemmes que ces pays ont vécus dans leur processus de construction nationale. Cet ouvrage étudie pour la première fois la relation entre l’architecture et la construction du Ghana, Sénégal, Côte d’Ivoire, Kenya et Zambie. Il comporte 103 bâtiments avec de brefs textes descriptifs, des images, des plans. D’autres essais sur l’Afrique post-coloniale et des aspects et sujets spécifiques complètent ce livre remarquable. Une publication qui coincide avec une exposition à Vitra Design Museum Gallery à Weil am Rhein.

Italo Modern

Avec ces deux volumes enfin traduit en anglais c’est un véritable inventaire, à la qualité photographique rare, de l’architecture moderne de l’Italie du nord entre 1946 et 1976 qu’offre les frères Feiersinger, l’un est architecte, l’autre est photographe.

Mindwalks Shanghai Sensual City Studio
Mindwalks, 8 graphic narratives through Shanghai, Pauline Marchetti / Jacques Ferrier, Sensual City Studio, mai 2016, 288p., 29 x 6 cm, 50 €. ISBN 978-2-9555438-0-1

Mindwalks, 8 graphic narratives through Shanghai

L’enjeu était de s’immerger dans une portion de Shanghai pour s’imprégner de ses ambiances, de ses images, de ses histoires et de les restituer sous forme graphique et narrative, soit 8 cartes. Elles visent moins à situer des éléments topographiques de façon objective qu’à rendre compte de l’expérience vécue et de ses multiples dimensions.

Nomadic Furniture Fineder Geisler Hackenschmidt
Nomadic Furniture 3.0, New Liberated Living ? Martina Fineder, Thomas Geisler, Sebastian Hackenschmidt, MAK Vienna / Niggli Verlag, Zurich, 2016, 272p., 23 x 30 cm, 55 €.

Nomadic Furniture 3.0

44 projets DIY décortiqués dans ce livre dont quelques projets de Gerrit Rietveld, de Viktor Papanek ou encore d’Enzo Mari accompagnent les essais revenant sur l’histoire du Do It Yourself. Ce livre appartient a une collection développée par le MAK (Vienne-Los Angeles).

Atlas Another America Keith Krumwiede
Atlas of Another America, An Architectural Fiction, Keith Krumwiede, Park Books, 2016, 272p., 24 x 32,5 cm, 48 €. ISBN 978-3-03860-002-2
Il Diario del Vento Wind Diary Olaf Nicolai
Il Diario del Vento / Wind Diary, Olaf Nicolai, Les presses du réel, octobre 2016, 208p.,16,5 x 30 cm, 45 €. ISBN : 978-88-97503-88-0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atlas of another America

Du nouveau du côté du sub-urbanisme ! Posséder sa maison est une des pierres d’angle du rêve américain mais ce rêve est-il toujours d’actualité avec la crise. Keith Krumweide a construit une satire architecturale – présentée dans le style d’un traité historique – qui imagine un avenir alternatif pour la maison unifamiliale américaine et son habitat indigène, la ville sub-urbaine. Une exposition de la triennale de Lisbonne.

Il Diaro del Vento / Wind Diary

Livre d’artiste documentant les conditions atmosphériques autour du pavillon allemand de la 56e Biennale de Venise. Le relevé météorologique a été réalisé grâce à une station météo installée sur le toit du pavillon, transformé pour l’occasion en lieu performatif et espace d’installation. L’ouvrage comprend également un ensemble de cartes décrivant différentes conditions venteuses auxquelles ont été confrontés les artistes. Edition limitée à 350 exemplaires numérotés et signés par l’artiste. Exposition SNJOR à la Galerie de l’Europe.

SNJOR Christophe Jacrot
SNJOR, Christophe Jacrot, Editions h’Artpon, octobre 2016, 70p., 40 x 32 cm, 55 €.

SNJOR

Terrain de jeu de Christophe Jacrot l’Islande est une terre pour rêver les yeux grands ouverts. Pour rendre le majestueux des paysages islandais les éditions H’artpon ont choisi le grand format et l’impression de haute qualité pour un livre dont le tirage est dès aujourd’hui quasi épuisé.

This Brutal World Peter Chadwick
This Brutal World, Peter Chadwick, Phaidon, septembre 2016, 224 p., 290 x 250 cm, 39.95 €. ISBN : 978 0 7148 7228 5

Archi Brut

Un large aperçu du Brutalisme, fascinant style architectural, avec des exemples prestigieux de constructions brutalistes réalisées entre les années 1950 et aujourd’hui. L’ouvrage met en lumière de nombreux trésors méconnus de l’architecture brutaliste, construits dans l’ancien bloc de l’Est et dans les quatre coins du monde. Il présente les oeuvres des plus grands architectes contemporains, dont Zaha Hadid, Peter Zumthor, Rem Koolhaas, Toyo Ito … et des figures de l’architecture du XXe siècle comme Alvar Aalto, Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Oscar Niemeyer …

 

Bonne lecture ! 

Le nouveau Longchamp, une course hippique

Le nouveau Longchamp, une course hippique

Bâti en 1857 sous Napoléon III, l’hippodrome de Longchamp n’en est pas à la première réhabilitation de ses tribunes. Mais le projet de démolition, rénovation, reconstruction prévu pour 2017 sera certainement l’un des plus exemplaires !

Reconnaissance internationale

La rénovation de Longchamp a pour but d’inscrire l’hippodrome sur la scène internationale et de lui offrir une qualité d’adaptation selon la fréquentation, entre courses de galop à très forte notoriété, comme le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe qui rassemble 60 000 spectateurs, et des réunions de courses régulières à public restreint.

Pour ce faire, Dominique Perrault Architecture a été sélectionné lors d’un concours lancé en 2011, grâce à un projet qui respecte l’histoire des lieux tout en lui conférant une grande modernité. Les tribunes de béton armé de l’hippodrome, conçu par Charles Adda en 1919, à cette époque architecte attitré des sociétés hippiques de Paris, vont être en grande partie démolies plutôt que rénovées, pour des raisons de coût, de respect des délais et d’adaptabilité puisque l’hippodrome sera polyvalent et accueillera d’autres activités.

 

Architecture en mouvement

DPA Nouveau Longchamp_Vue aérienne

« La structure légère du bâtiment efface l’architecture au profit de la transparence et des vues de chaque coté vers le paysage et les pistes. L’idée est d’ouvrir plus largement l’hippodrome au public, comme un jeu de circulation indépendante de toute la partie technique, une promenade au milieu de la nature parallèlement aux courses. » Dominique Perrault

Dominique Perrault propose une architecture en « mouvement », à l’image d’un pur-sang au galop, qui accompagne la ligne de la piste. En structure légère, elle n’a ni avant ni arrière, et propose une double orientation maintenant des relations permanentes entre l’espace de préparation et la piste : les tribunes seront en surplomb coté champ de courses et en balcon face au rond de présentation. Elles seront coiffées d’un bâtiment de verre transparent, offrant des vues panoramiques sur Paris et accueillant restaurants et loges privatives. Ainsi, les tribunes deviennent plus poreuses, plus ouvertes. Ramenées à 100 m de long, elles viennent valoriser l’environnement et tisser un lien intime avec le bois de Boulogne.

 

Grande envergure

Financé en grande partie par France Galop, ce projet à 131 millions d’euros sera construit par Bouygues Bâtiment IDF. Sa structure mixte en métal, bois et béton est estimée à 600 000 heures de production, 400 compagnons et 50 conducteurs de travaux.

Ce week-end du 3-4 octobre, nous assisterons donc au dernier Qatar Prix de l’Arc de Triomphe dans le Longchamp que l’on connait actuellement. Ce prix sera d’autant plus exceptionnel que la jument Trêve, qui a déjà gagnée deux fois la course, va retenter le challenge. Du jamais vu dans l’histoire des courses !

 

Amélie Luquain

 

Courtesy France Galop / DPA

Dominique Perrault reçoit le Praemium Imperiale

Dominique Perrault reçoit le Praemium Imperiale

Le Praemium Imperiale récompense depuis 27 ans cinq champs culturels majeurs. Cette année 2015, dans la catégorie architecture, Dominique Perrault succède à de nombreux « starchitectes ».

 

Le Praemium Imperiale, récompense culturelle majeure

Le Praemium Imperiale fète sa 27e édition. Ce prix annuel japonais, attribué par la « Japan Art Association« , récompense l’excellence de cinq champs culturels majeurs : peinture, sculpture, architecture, musique, théâtre/cinéma. Les lauréats sont récompensés pour leurs réalisations artistiques et leur contribution au monde des arts. Une distinction est également décernée aux jeunes artistes. Les conseillers internationaux, qui président les commissions d’examen des candidatures et présélectionnent les candidats, sont choisis parmi des personnalités publiques et privées. Actuellement, pour la France, Jean Pierre Raffarin succède à Jacques Chirac depuis 2013.

 

Dominique Perrault © The Japan Art AssociationParmi les lauréats, nombre de « starchitectes »

Ce 10 septembre 2015, les noms des nouveaux lauréats ont été annoncés à Paris : Tadanori Yokoo (Japon) pour la peinture, Wolfgang Laib (Allemagne) pour la sculpture, Mitsuko Uchida (Japon, Grande-Bretagne) pour la musique, Sylvie Guillem(France) pour le théâtre/cinéma, et en architecture, le célèbre architecte français Dominique Perrault. Le Praemium Imperiale est une des récompenses les plus prestigieuses au monde ; Dominique Perrault succède à Steven Holl (2014), David Chipperfield (2013), Toyo Ito (2010), Zaha Hadid (2009), Rem Koolhaas (2003), Renzo Piano (1995) et bien d’autres « starchitectes ».

 

L’œuvre de Dominique Perrault remarquée

Né en avril 1953 à Clermont-Ferrand, Dominique Perrault est diplômé des Beaux Arts de Paris en 1978, et ouvre son agence DPA en 1981. Par la suite, il reçoit de nombreuses récompenses pour son œuvre architecturale en résonnance avec l’environnement. Pour lui la ville doit se concevoir comme un tout vivant toujours en transformation. Il porte beaucoup d’attention à l’histoire et à la géographie d’un site, tout ce qui constitue sa nature propre, pour fondre au mieux son architecture dans le contexte sans en altérer les propriétés. Architecte des Etats, il remporte le projet à 36 ans de la Bibliothèque Nationale de France, site François Mitterrand, qui se distingue par un ensemble carré dont chaque angle arbore une tour de cent mètres de hauteur ; le lieu destiné aux lecteurs est, quand à lui, incrusté dans le sol permettant d’aménager en son centre un vaste jardin. Ce projet dénote aussi le début d’une utilisation généralisée de la maille métallique. Par la suite, on lui devra la Piscine Olympique de Berlin et le Grand Théâtre d’Albi. Parmi les projets en cours en France : La Poste du Louvre et l’Hippodrome de Longchamp à Paris, et la réhabilitation du Pavillon Dufour au Château de Versailles.

 

[rev_slider PraemiumImperiale]

 

La cérémonie de remise des prix du Praemium Imperiale se tiendra à Tokyo, 21 octobre 2015

 

Courtesy Dominique Perrault © Patrick Swirc © The Japan Art Association -Sankei Shimbun © Fessy-Dominique Perrault Architecture-Adagp