La Chapelle de Ronchamp : un classique signé Le Corbusier !

Projet emblématique de l’architecte moderne Le Corbusier, la Chapelle de Ronchamp s’inscrit dans le paysage depuis 1955. Comme beaucoup de chapelle, celle de Ronchamp s’inscrit sur une ancienne construction présente depuis des siècles. Après un temple romain,  dont la datation reste très floue, une petite chapelle est construite au Moyen Âge. Au début du XXe siècle, un incendie la réduit en cendres. Elle est reconstruite, mais à nouveau, elle sera détruite par l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale.

 

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© Gili Merin

 

Une fois la paix retrouvée, le diocèse de Besançon fait appel à l’architecte franco-suisse Le Corbusier pour que les habitants du village de Ronchamp ne soient plus privés de lieu de culte . Plutôt habitué des grands ensemble de la reconstruction avec son unité d’habitation, il accepte finalement de travailler sur ce premier projet culturel. Les travaux démarrent en 1954 et se termine un an plus tard. Sur cette même colline, le Corbusier dessinera également en abri pour pèlerin, la maison du chapelain, et une « pyramide de la paix ».

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Avec un architecte pionnier du mouvement moderne, la chapelle de Ronchamp ne pouvait que s’inscrire dans cette architecture emblématique du XXe siècle. Pourtant, l’architecture de la Chapelle se trouve loin des murs orthogonaux revendiqués par Le Corbusier. Il s’inspire de la vallée des Vosges et crée des parois, des tours, et un toit aux formes courbes. Il dessine également un espace de célébration en plein air, qui matérialise encore plus cette communion avec la nature.

 

Les différents volumes, dont la structure est faite de béton, s’articulent autour de l’espace de culte. Les murs, dont l’ossature est remplie de pierres de récupération, sont d’un béton projeté recouvert de chaux blanche. L’intérieur est également peint d’un blanc immaculé, favorisant le recueillement. Bien que de forme très organique et peu orthogonal, la toiture de la chapelle est un grand voile de béton, réalisé à partir d’un coffrage en bois, dont les marques des banches ont été laissées apparentes ! Elle repose uniquement sur les murs en béton.

 

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© Gili Merin
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© Gili Merin
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© Gili Merin

 

Dans ce lieu de culte, symbole de l’architecture sacrée moderne, le Corbusier travaille tout particulièrement la lumière. Réelle matière à projet, elle est parfois diffuse, comme à travers les vitraux coloré, également dessinés par l’architecte – ou plus directe, créant des espaces d’ombres, comme à l’extérieur du bâtiment. Aujourd’hui, la chapelle Ronchamp bénéficie du label « Patrimoine du XXe siècle » depuis 1999. Elle est également classée au monument historique depuis 1967. En 2011, le site corbuséen est complété par la construction d’une poterie et d’un couvent, réalisée par l’architecte italient Renzo Piano.

La Chapelle Corneille, prix de la Reconversion Patrimoniale 2018

Rouen, la ville aux cents clochers. C’est à s’y perdre et à s’en mélanger les pinceaux, tant le nombre d’églises dans cette ville Normande est impressionnant. Encore en usage, ou désaffectées, certaines attendent patiemment qu’on leur donne un nouvel essor. Depuis 2016, c’est chose faite pour la Chapelle Corneille, devenue Auditorium de Région, sous les coups de crayons de l’atelier d’architecture King Kong, qui vient de recevoir le Prix de la reconversion Patrimoniale 2018 pour cette réalisation.

Un patrimoine à valoriser !

Au XVIIe siècle, on construit de nombreux édifices religieux dans la ville : monastères et couvents, églises et chapelles… C’est l’époque de l’art gothique, qui caractérisent de nombreuses édifices religieux rouennais. Parmi eux, la chapelle dite Corneille, réalisée par l’architecte François Derand, ne sera construite qu’en partie, faute d’espace et de moyen.  Elle sera tout de même construite, avec ses voûtes en croisés d’ogives, de gros contreforts à l’intérieur, qui reprennent les forces exercées par le volume. Manquent à l’appel les chapelles latérales à l’avant du bâtiment.

En 2004, la Région Normandie annonce sa restauration qui durera près de 11 ans ! Elle lance également un appel à projet, afin de réaliser une nouvelle salle de concert dans ce lieu atypique. Un changement de programme et une réhabilitation, qui n’a pas fait peur aux 5 équipes d’architectes qui avaient soumis leurs idées au jury de la Région.

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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier
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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

La chapelle devenue lieu culturel

L’absence des chapelles latérales de la chapelle ont finalement permis de travailler un espace public au devant du bâtiment, et sur ses côtés. L’emmarchement redonne à la chapelle un parvis, et la met ainsi en valeur dans le tissu urbain dense de la ville de Rouen. Le dénivelé existant entre la route et le sol de l’édifice a été utilisé afin d’y glisser les espaces d’accueil au public. On entre ainsi par le sous-sol, afin de monter, petit à petit, dans une architecture baignée de lumière. L’auditorium de 600 sièges prend place au coeur de la chapelle, dont les principales caractéristiques ont été conservées. La réhabilitation de ce monument historique lui attribue une seconde vie, et le donne à voir au public.

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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier
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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

L’impressionnant lustre de 6,5 mètres, placé stratégiquement à la croisée de la nef et du transept, valorise à la fois la verticalité de l’espace, mais permet aussi d’ajuster les qualités sonores du bâtiment. Grâce à une lentille convexe, située au coeur de l’ouvrage, le son se répercute et se dirige vers les artistes et le public.

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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier
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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

Quand le contemporain se mêle au patrimoine

Inscrire un projet contemporain, dans un édifice du patrimoine, qui plus est classé, n’a pas été chose aisée pour l’atelier d’architecture King Kong. C’est le soucis du détail qui a permis à l’édifice de conserver sa signature historique, tout en étant emprunt de contemporanéité.  Un peu plus de deux ans après son ouverture au public en 2016, et malgré l’avis divergeant des aficionados de musique baroque, l’architecture du lieu est valorisée, et l’auditorium de la Chapelle Corneille est aujourd’hui à nouveau primé par le Palmarès d’Architecture et d’Aménagement de la Seine-Maritime et reçoit le prix de la reconversion Patrimoniale 2018.

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Crédits photographiques : atelier d’architecture King Kong – photos Eric Peltier

 

Anne Vanrapenbusch