CIS Nordhavn, la nouvelle école internationale de Copenhague

CIS Nordhavn, la nouvelle école internationale de Copenhague

CIS Nordhavn est un nouveau bâtiment scolaire signé CF Møller Architects. Destiné à l’école internationale de Copenhague, il est situé sur un site de premier plan dans le nouveau quartier de Nordhavn. Le bâtiment scolaire de 25 000 m2 sera désormais la plus grande école de Copenhague avec une capacité d’accueil pouvant recevoir 1 200 étudiants et 280 employés.


L’architecture éducative de cet établissement a été imaginé de manière à relier les locaux de l’école à la sphère publique en milieu urbain et donner à l’école une ouverture sur la ville. La promenade devant l’école est un espace portuaire urbain offrant des possibilités de détente et d’activités diverses.


Le bâtiment principal de l’école est subdivisé en quatre «tours», allant de cinq à sept étages, chacune étant spécialement adaptée aux besoins des enfants selon leur chaque tranche d’âge. Par exemple, les salles de classe pour les élèves les plus jeunes sont particulièrement nombreuses: une gamme complète de d’activités aura lieu à l’intérieur et autour de la classe. L’école décomposée en quatre unités facilite l’orientation de ses usagers, avec une identité propre à chaque volume.


Ces quatre unités scolaires sont construites au-dessus de la base située au rez-de-chaussée, accueillant des activités communes et plus extraverties, grâce notamment à des installations sportives, une cantine, une bibliothèque et des installations de spectacle ainsi  qu’un foyer. Les salles de classe peuvent donc être fermées en dehors des heures de cours, tandis que les espaces communs pourront rester ouverts lors des événements scolaires et communautaires.


La cour de récréation pour l’ensemble de l’école a la particularité de se trouver en hauteur, sur une terrasse commune. En effet, la cour de l’école située sur le toit offre un environnement d’avantage sécuritaire, empêchant les élèves de s’approcher de l’eau ou de s’éloigner de l’école.

La façade du bâtiment scolaire est recouverte de 12 000 panneaux solaires, chacun incliné pour créer un effet de paillettes, et fournissant plus de la moitié de la consommation électrique annuelle de l’école. Les cellules solaires couvrent une superficie totale de 6 048 m², ce qui en fait l’une des plus grandes centrales solaires intégrées au bâtiment au Danemark, dont la production annuelle est estimée à plus de 200 MWh.  En plus de contribuer au profil écologique de l’école, les cellules solaires font également partie intégrante du programme de l’école, permettant aux étudiants de surveiller la production d’énergie et d’utiliser des données dans des cours de physique et de mathématiques.

Dans une phase supplémentaire, l’école prévoit d’établir un parc urbain sur l’eau comportant une multitude d’activités et d’espaces récréatifs avec pour thématique l’eau, la météo et la nature au bord de l’eau et les îles de Nordhavn. Les activités sur les îles de Nordhavn seront réparties sur trois îles différentes, chacune ayant ses propres caractéristiques: « The Reef », une plate-forme multifonctionnelle pour l’apprentissage de l’eau et des événements dans le prolongement du quai; « The Lagoon », une arène flottante pour des activités telles que le kayak polo et autres sports nautiques, et « The Sun Bath », un véritable bain portuaire avec un sauna et des zones protégées pour la natation. En tant qu’extension de l’espace intérieur de l’école, non seulement les fonctions pourront être intégrées directement dans l’enseignement, mais elles pourront également être utilisées par des visiteurs extérieurs.

Photographie de Adam Mørk.

Nouvelle pièce d’architecture à l’Université de Lausanne

Nouvelle pièce d’architecture à l’Université de Lausanne

Concours pour la réalisation du bâtiment des « Sciences de la vie » à l’Université de Lausanne

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Nouvelle pièce du puzzle sur le campus de Dorigny, le bâtiment des « Sciences de la vie », prendra place entre les bâtiments Amphimax et Génopode, au sein de l’Université de Lausanne (UNIL), voisine de la célèbre École polytechnique fédérale (EPFL). Implanté entre le Lac Léman et le massif montagneux des Alpes, sur ce qui n’était encore dans les années 1960 qu’un vaste champ, le campus s’est inspiré de l’urbanisme de secteurs des années 20 et des modèles de campus américains. Pour autant, l’EPFL, à l’urbanisme hétérogène et dense, diffère de l’UNIL, dont les cinq quartiers sont constitués de corps de bâtiments isolés dans un paysage rural pittoresque.

Dédié à la recherche et à la formation, le futur bâtiment des « Sciences de la vie », devrait, selon les voeux de son commanditaire, participer du rayonnement du campus et répondre aux effectifs croissants. Les chercheurs en neurosciences et microbiologies fondamentales, installés aujourd’hui sur un site distant, pourront accéder facilement aux plateformes technologiques et aux équipements de pointe en forte évolution. Ils se rapprocheront ainsi des autres groupes de recherche de l’UNIL et de leurs collègues du Brain Mind Institute de l’EPFL. Quant aux étudiants en biologie et chimie, à l’étroit dans les deux bâtiments déjà existants sur le site de Dorigny, ils pourront se redéployer et profiter de ce nouvel écrin spécialement conçu pour répondre aux exigences les plus actuels de la recherche scientifique. Le bâtiment des « Sciences de la vie » devra donc être divisé en deux entités, – l’une pour la recherche, l’autre pour la formation – et comprendra deux plateformes liées aux neurosciences et à la biologie (dont un centre d’imagerie cellulaire) ainsi qu’un auditoire et une cafeteria. Un programme totalisant 16 000 m2 auquel est alloué un budget global de 136 millions, financé conjointement par l’État de Vaud (83 millions), l’EPFL (27,5 millions) et une subvention fédérale estimée à 25,5 millions.

Le projet s’insère dans un campus misant sur des architectures à l’image forte, à l’instar du Rolling Learning Center de SANAA, et dernièrement le bâtiment de Kuma. Ainsi, le futur bâtiment des « Sciences de la vie » a fait l’objet d’un concours d’architecture, disputé entre 7 équipes finalistes, choisit parmi 23 équipes présélectionnées retenues parmi 82 candidatures. Chaque projet finaliste sépare formation et recherche en deux entités distinctes orthogonales et tramées, perturbées bien souvent par les espaces communs disposés à rez-de-chaussée. Une disposition classique que n’ont pas adopté les lauréats, les architectes Adrien Verschuere de l’agence Baukunst (Bruxelles) et Stéphanie Bru et Alexandre Theriot de l’agence Bruther (Paris). L’équipe lauréate s’est s’attachée à bouleverser certaines évidences : « le projet 23071933 – son nom de code – nous rappelle que si les habitus spatiaux et les territoires ont une histoire patiemment sédimentée, cette histoire n’est pas pour autant figée », précise le jury, présidé par l’architecte cantonal Emmanuel Ventura.

 

 

 

Projet Lauréat : « 23071933 », Baukunst et Bruther

Le projet « 23071933 » des agences Baukunst et Bruther trouve sa singularité dans le renversement des habitudes spatiales. Le parallélépipède compact et flexible de 7 niveaux (dont un rez inférieur) est ceinturé de coursives périphériques généreuses, plutôt que divisé par des couloirs étroits. Chaque plateau est agencé en deux parties, abritant d’un côté la recherche, de l’autre la formation, plutôt que séparé dans deux entités distinctes. Le tout est disposé autour d’un noyau, formé non par le vide de l’atrium, mais par les salles communes. Le dernier étage accueille les espaces publics dans des entités plus informelles. Ce couronnement contemporain, telle la cerise gâteau, ne va pas sans rappeler le dôme de la MRI de Caen conçu par l’agence Bruther.

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Le projet « AURA » de l’agence Bonnard Woeffray Architectes (Monthey) est constitué d’une aile basse ajourée de 3 patios qui se déploie en longueur pour accueillir la formation, et d’une aile haute qui se développe en hauteur pour abriter la recherche. Si l’on pouvait transposer dans la disposition de ce volume orthogonal l’idée symbolique de l’accès au savoir, la trame très présente en façade impose son tracé régulateur et nous ramène les pieds sur terre.

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« JOHAN AUWERX » de l’équipe E2A, Piet Eckert et Wim Eckert Architekten (Zurich) déploie un plan rectangulaire entre deux volumes, l’un en longueur sur deux niveaux et l’autre sur 6, différenciant la recherche et la formation. En plan, l’implantation des salles suit 3 travées et 2 couloirs. L’enveloppe vitrée renvoie cette fois-ci une image composite et fragmentée, presque fragile, posée dans un paysage romantique.

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Le projet « CAMPAGNE » de l’agence Nissen & Wentzlaff Architekten (Bâle) est composé de deux volumes compacts autonomes, surélevé au-dessus d’un rez-de-chaussée vitré qui abrite les espaces communs. Le module de la structure est de 7,20 m et les façades sont tramées de profilés verticaux préfabriqués en béton. Un projet strict et simple, qui ne semble répondre que trop scolairement au programme.

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Le projet « VISAVIE » de Burckhardt + Partner (Lausanne) est très proche de celui de l’agence Nissen et Wentzlaff, avec deux volumes compacts autonomes, mais disposés en quinconce, ainsi qu’un rez-de-chaussée vitré, mais cette fois-ci constitué de formes libres ovoïdes, fluidifiant le passage entre intérieur et extérieur, et reliant les deux entités.

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Meier & associés Architectes (Genève) propose le projet « PETRI », un « milieu aqueux » à la peau légèrement ondulée fendu de patio sur son périmètre qui peuvent parfois s’apparenter à des fentes malheureuses.

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Le projet « NEXUS » de l’agence Berrel Berrel Kräutler (Zurich) est un projet autonome compact aux cavernes ovoïdes à rez-de-chaussée.

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Amélie Luquain

 

Apprendre l’architecture grâce au MOOC : vices et vertus d’un modèle d’enseignement low cost

Apprendre l’architecture grâce au MOOC : vices et vertus d’un modèle d’enseignement low cost

Alors que le 28 février dernier l’université d’Harvard mettait à disposition de tous ses modules d’architecture sur la plateforme de cours en ligne ouvert et massif (MOOC*) edX, des universitaires français questionnent ce modèle d’enseignement.

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Harvard pour tous

« Dans ce cours, vous apprendrez à « lire » l’architecture aussi bien comme expression culturelle que comme réalisation technique » promet le descriptif de l’université d’Harvard, qui a récemment mis en ligne ses modules d’architecture. La plateforme de MOOC edX diffuse depuis le 28 février dix modules théoriques sur l’histoire de l’architecture rassemblés sous le titre The Architectural Imagination. Sont proposés des analyses de bâtiments issus de contextes historiques variés, associés à des exercices pratiques de dessin et de modélisation. La première partie du cours aborde l’idée d’imagination architecturale comme « faculté qui sert de médiateur à l’expérience sensorielle et à la compréhension conceptuelle » et s’appuie sur les dessins en perspective et les typologies d’Hegel et Aldo Rossi. Le deuxième ensemble traite des procédés techniques et constructifs, comme « agents essentiels du changement » au travers des exemples du Crystal Palace et des machines à habiter de Le Corbusier. Le dernier groupe de modules confronte l’architecture au contexte social, avec entre autre l’exemple du Centre Pompidou. Ces cours sont dispensés en visio-conférence sous titrée. Ils sont suivis de questions qui permettent l’obtention de crédit. Une carte interactive situe les bâtiments présentés pendant le cours, à partir de photos, vidéos, résumés et mots clés qui renvoient à des articles Wikipedia. Un forum est mis à disposition pour que chacun puisse débattre du sujet et l’enrichir, en interagissant en ligne avec d’autres membres de la communauté. Le temps pour suivre une leçon complète est d’environ deux à trois heures. Des tableaux de progression offrent un suivi personnalisé aux fils des exercices.

 

Les MOOC, un menu complet ?

Un cursus complet donc, délivré à tous sur la plateforme d’apprentissage en ligne a but non lucratif edX, fondée par l’université d’Harvard et le MIT en 2012. Du point de vue du financement, selon Annie Vinokur, Professeur de sciences économique à l’Université de Paris-Ouest-Nanterre, les MOOC suivent un modèle économique à deux versants : « d’un côté la gratuité du produit d’appel et de l’autre la promesse de ressources qui proviendraient des premiums (comme la certification payante ou des services annexes), des contrats avec les fournisseurs de manuels en ligne, de la publicité, de la vente aux entreprises d’information sur les participants, du placement des étudiants, etc.). Pour les universités qui souhaitent confier leurs cours à une plate-forme le coût d’entrée est élevé (le coût moyen d’hébergement sur une plate-forme for profit américaine était en 2012 de 50 000 $ par cours), contre la promesse d’une fraction des revenus nets (20 % en moyenne chez Coursera à la même date). » En effet, ces cours officiels, s’ils ne dispensent pas d’un enseignement «réel», permettent l’obtention (si elle est souhaitée et payée à hauteur de 99 dollars) d’un certificat signé par un enseignant avec le logo de l’établissement pour vérifier la réussite de l’apprenant. Ajouté sur le curriculum vitae ou publié directement sur des réseaux professionnels tels que LinkedIn, ce certificat, selon un sondage auprès des apprenants edX, permettrait d’augmenter ses perspectives d’emploi : 43% ont déclaré que les cours ont contribué à faire progresser leur carrière. Pour autant une étude du MIT – Harvard indique que seulement 5% des inscrits vont jusqu’au bout de la formation et la valide, et que 9% suivent plus de la moitié du cursus. En chiffre, la plateforme se vante de 10 millions d’apprenants, de plus de 1265 cours, de plus de 110 institutions prestigieuses dans le monde, de 34 millions d’inscriptions aux cours, avec un âge moyen de 28 ans. En pourcentage, 25% des apprenants seraient d’USA (une réponse au coût élevé des universités américaines), 11 % d’Inde, 4% du Royaume Uni, 4% du Brésil, 3% de Chine.

 

Les MOOC, l’enseignement low cost ?

De ce point de vue, les MOOC semblent avoir trouvé un système économique non lucratif mais autonome pour démocratiser et ré-imaginer l’éducation. Destinées aux étudiants et professionnels qui souhaitent acquérir des connaissances en libre accès n’importe où et n’importe quand, elles semblent donner des chances supplémentaires à un plus grand nombre d’élèves.

Mais les détracteurs du MOOC ne sont pas du même avis. Annie Vinokur, dans « La normalisation de l’université » soutien que le développement des MOOC dans les années 2010 est concomitant de la hausse des frais de scolarité dans les universités américaines, et qu’in fine, elles banaliseraient l’enseignement et donc les métiers auxquels elles préparent. Selon le sociologue Jérôme Valluy, dans l’entretien « Un ersatz de prestations pédagogiques… », les MOOC tiendraient plus du marketing académique que de la pédagogie numérique, et ne seraient qu’une version low cost de l’enseignement : « Le danger est de créer des illusions : faire croire aux étudiants qu’ils accèdent par les Mooc à des universités prestigieuses. C’est du marketing qui confine à la tromperie. Ils n’accèdent qu’à un ersatz de prestations pédagogiques de ces universités et les certifications qu’elles délivrent ne valent pas, au regard des employeurs, les diplômes délivrés sur la base de formations principales ». Ainsi, les opposants au MOOC craignent que la réduction de coûts par la diffusion en ligne se fasse au détriment de la qualité des contenus et que la généralisation des cours en ligne aboutisse à une mise en concurrence des facultés dans un contexte de restriction budgétaire. Ils se méfient de l’accès différencié à l’équipement informatique ainsi qu’au risque d’isolement des étudiants.

 

 

Si les plateformes de cours en ligne ouvert et massif telle qu’edX, fondées et gouvernées par des universités telle qu’Harvard, n’ont pas encore vocation à remplacer les écoles physiques mais a compléter leurs formations, elles questionnent les méthodes et la qualité de l’enseignement à l’heure de la révolution numérique et de la crise économique. Dans le numéro 380 d’ Architectures CREE, Peter Zellner présente son projet d’école libre d’architecture, un projet d’établissement gratuit créé pour enrayer les dommages produits sur l’architecture par la hausse des coûts de scolarité. Arrivants hyper endettés sur le marché du travail, les jeunes délaissent les agences expérimentales aux profits de structures garantissant des revenus stables. Un problème que ne règlera pas la montée en puissance des MOOC et leur esprit low-cost.

*MOOC : massive open online course

 

Amélie Luquain

 

Michel Rémon s‘exporte à Tel Aviv

Michel Rémon s‘exporte à Tel Aviv

Le futur centre des nanosciences et nanotechnologies de l’Université de Tel-Aviv sera construit par l’architecte français Michel Rémon, a annoncé la semaine dernière KB Strelka, organisateur du concours international d’architecture pour le compte de l’université israélienne. Emanation de l’institut Strelka, école d’architecture moscovite montée par le critique Ilya Oskolkov-Tsentsiper avec l’appui de personnalités comme Koolhaas, KB Strelka (1) a d’abord sélectionné sur dossier 21 architectes du monde entier parmi 128 candidats potentiels. Doté de plusieurs références de laboratoire dans le domaine de la microbiologie et des nanotechnologies, Rémon s’est retrouvé seul français en lisse de cette consultation en trois phases. Seuls 6 des 21 candidats ont été retenus pour un deuxième tour, duquel sont finalement sortis trois finalistes recevant une indemnité de 50 000 US$ pour leur participation. Le panel des concurrents était pour le moins prestigieux : il comprenait pour la deuxième phase les chiliens d’Elemental, les américains (US) de Jestico+Whiles, wHY, les israélo-hélvètes de Zarhy+Pez et les barcelonais d’Office of architecture.

Michel Rémon_Nanosciences_TelAviv

Rémon propose d’installer le laboratoire dans une sorte de grand cube délimité par des lames de béton de la hauteur du bâtiment. En toiture, le croisement de ces éléments forme une grille, cinquième façade dissimulant les équipements techniques. Une ondulation de cette superstructure, déformation évoquant les vents marins, vient identifier l’entrée.

Par ce dispositif de lames, Rémon entend interroger les questions d’échelles : échelle de l’infiniment petit, objet d’étude du laboratoire, échelle de l’usager – l’architecte récuse le terme d’échelle humaine qu’il trouve barbare –, échelle urbaine du bâtiment positionné en un point stratégique à l’entrée du Campus. Un jeu sur les échelles qui permet aussi d’absorber les étages techniques très présents dans ce type de programme, contraintes que l’architecte veut transformer en moteur de projet. Ces contraintes portent aussi sur la stabilité du bâtiment, qui doit soubresauts et vibrations : lorsque l’on observe le monde à la lunette nanométrique, la moindre déformation entraine un flou dans les observations.

Michel Rémon_Nanosciences_TelAviv

Le chantier sera conduit par une équipe d’architectes israéliens qui doit être désigné prochainement en accord avec Rémon, qui conservera le visa architectural du projet. L’inauguration est programmée pour 2020.

Olivier Namias

 

www.michelremon.com

site du concours

https://nanolabtau.com

Michel Rémon_Nanosciences_TelAviv

Michel Rémon_Nanosciences_TelAviv

Michel Rémon_Nanosciences_TelAviv

Programme :

Laboratoires, salles blanches, bureaux et espaces d’accueil

AMO concours : KB Strelka, Moscou

maître d’ouvrage : Université de Tel-Aviv

Architecte mandataire : Atelier d’Architecture Michel Rémon – Michel Rémon, Alexis Peyer, Marie Claude Richard, Maria Gonzalez, Remi Bellec, Fabien Garcia, Maria Romero, Camille Ajjan, Cyril Doye.

Surface : 6 000 m2

calendrier : 2016 – 2020

Coût : 25 000 000 US$

 

(1) KB Strelka se présente sur le site du concours comme un « consultant en développement de solutions urbaine et le principal opérateur du pays en matière de concours d’architecture et d’urbanisme ». Il fonde son autorité sur « la transparence et la pertinence de ses procédures garantissant la plus haute qualité des projets lauréats et des équipes sélectionnées. https://nanolabtau.com/news

 

2/2 : Parachèvement de la rénovation du campus de Jussieu

2/2 : Parachèvement de la rénovation du campus de Jussieu

Un des points remarquables du travail d’Architecture-Studio pour la rénovation du Secteur Est du campus de Jussieu (Vème) concerne la reconversion des patios, entièrement déposés, remplacés par des éléments architecturaux dont la singularité offre des nouveaux signaux au campus.

 

Partie 2 : Singularité des patios

campus jussieu par architecture studio
Courtesy A-S / Luc Boegly

 

Émergeant ponctuellement de la dalle, les éléments architecturaux singuliers font le lien avec le niveau Saint-Bernard, en contrebas, dont les activités sont rendues visibles et l’éclairage naturel est augmenté.

 

« Tipi »

A l’origine, un seul édicule, La Coupole, émergeait de ces patios placés au centre de la mosaïque d’André Beaudin. A-S conserve et accentue cette singularité avec un bâtiment signal, surnommé d’ores et déjà par les étudiants « le Tipi ». Ce pôle culturel, destiné aux expositions et aux événements, est entièrement vitré, associé à une résille en tubes d’aluminium rectilignes inclinés en gerbe. Générer ce bâtiment a permis de monter une gaine de ventilation avec une sortie à 8 m des façades. Tout autour de ce tipi, les laboratoires sont éclairés par la lumière naturelle et un bardage en acier poli miroir créé des reflets interagissant avec l’œuvre colorée au sol.

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Courtesy A-S / Coupe Tipi

 

campus jussieu par architecture studio
Courtesy A-S / Luc Boegly

 

Bibliothèque

Dans un autre patio, la toiture de la Bibliothèque des Licences se soulève en pente douce, dans l’alignement du projet du Secteur Ouest de Reichen et Robert. Le toit végétalisé rappel l’ancien patio et donne la sensation d’une simple bascule de la toiture. En plus de donner de la visibilité aux activités et leur offrir un éclairage naturel sur les 100 m de long, la pente permet de préserver les transparences d’Est en Ouest sur le niveau de la dalle.

 

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Courtesy A-S / Coupe Bibliothèque

 

campus jussieu par architecture studio
Courtesy A-S / Luc Boegly

 

Agora

Concernant le Centre de Conférences, il est suggéré en surface par la déformation topographique de la dalle : celle-ci dessine un damier d’emmarchement extérieur tout en augmentant les qualités acoustiques en sous-face. Cet espace gradiné est abrité d’une toiture en coussins ETFE, pour le plus grand plaisir des étudiants qui prennent plaisir à se retrouver au sein de cette nouvelle agora. L’entrée de l’auditorium de 500 places, destiné aux manifestations d’envergure internationale, est signalée par un édicule vitré dont la structure porteuse en inox (nœud moulé) forme un origami en écho aux facettes de la toiture. Cet édicule assure l’éclairage du foyer, tamisé d’un plafond en staff dont les trompes lumineuses sont reliées entre elles par un plan continu, créant un effet matelassé. L’auditorium, quand à lui, est habillé d’un écrin cylindrique de tasseaux de bois, tandis que le plafond intérieur, également réalisé en staff, s’entrouvre pour créer des ouïes, dans lesquelles l’ensemble des terminaux d’éclairage et de ventilation se niche discrètement. Pour cette partie du projet, le patio a été entièrement démoli et un niveau de sous-sol a été créé. La coque en béton totalement étanche a été réalisée et posée sur ressort, ce qui la rend parfaitement insensible aux nuisances sonores souterraines comme celles des vibrations de la ligne de métro.

 

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Courtesy A-S / Coupe Amphitéatre

 

campus jussieu par architecture studio
Courtesy A-S / Antoine Duhamel

 

Quant aux niveaux de superstructure, les différents laboratoires de recherche sont organisés en étoile autour des rotondes d’accès de chaque entités. Les locaux, standard et flexibles, sont conçus pour intégrer des modifications futures dues aux évolutions rapides de la recherche. Des systèmes de baffles lumino-acoustiques disposés au plafond des laboratoires ont été spécifiquement créés pour le plus grand confort des chercheurs.

 

Ainsi, dans la continuité du projet d’Édouard Albert, Architecture Studio assure un renouveau architectural pour ce campus par le biais d’interventions aussi exemplaires que justes. Non pas la démonstration d’un geste architectural, non pas une simple restauration, mais une rénovation complexe, répondant à des besoins précis pour un effet maximum, et dont la justesse est particulièrement remarquable.

Amélie Luquain

 

Voir la partie 1 : Rénovation du Campus de Jussieu

1/2 : Parachèvement de la rénovation du campus de Jussieu

Si depuis plusieurs années, Jussieu (Paris Ve) est bien triste, synonyme de travaux et d’amiante, le quartier affiche un nouveau visage avec le parachèvement du Secteur Est de l’Université Pierre et Marie Curie (UMPC), signé Architecture Studio.

 

Partie 1 : Entre continuité et renouveau

Campus Jussieu - Architecture Studio
Courtesy A-S / Antoine Duhamel

 

Patrimoine du XXe siècle

Jussieu, Ve arrondissement. Le Campus Pierre et Marie Curie qui jouit d’une notoriété scientifique de rang mondial est aussi un exemple du patrimoine architectural de la seconde moitié du XXe siècle. Cet ensemble bâti de 6 ha est le fruit de l’architecte Edouard Albert, sur commande d’André Malraux, en 1964. Caractérisé par son architecture matricielle, ce campus sur dalle est matérialisé par un plan en damier baptisé « Le Grill » et par une construction modulaire entièrement métallique. Ouvrage emblématique, aussi de par les œuvres d’art qu’il accueille au nom du 1% artistique (immense dessin géométrique de Jacques Lagrange sous les pilotis, mosaïque en arc-en-ciel d’André Beaudin, deux grandes céramiques de Léon Gischia et un grand stabile d’Alexander Calder), l’ensemble dû faire face à un long chantier de désamiantage et de réhabilitation entamé en 1996, qui ne prévoyait pas de restructuration lourde. Cependant, les travaux du Secteur 1 (2001) ont fait débat, en vue du coût de la restructuration et de l’obsolescence du campus. C’est ainsi que l’agence Architecture-Studio, composée d’un noyau intergénérationnelle de 12 associés, se voit confiée la restructuration du Secteur Est de l’UPMC, dernière phase du projet.

campus Jussieu / A-S
Courtesy A-S / Antoine Duhamel

 

Désenclavement

Après la Maison de la Radio et la cathédrale de Créteil, Architecture-Studio affronte à nouveau un monument : le campus de Jussieu. L’objectif principal est de désenclaver l’université et de l’ouvrir sur la ville – mission réussie même si les grilles dues au plan Vigipirate cassent la perspective mais nécessité fait loi… En effet, l’aménagement d’une voie en pente douce (4%) jusqu’à la place Jussieu et la piétonisation d’une partie de la rue rendent le campus à la ville. Cette entrée majestueuse s’ouvre sur le nouveau parvis de la tour Zamansky, imaginé par le paysagiste Michel Desvigne. Les îlots de verdure qui le ponctuent, réglés sur la trame structurelle de la dalle afin d’éviter toute reprise en sous-œuvre, sont des monticules artificielles faites de polystyrène découpées par des cheminements en arborescence. Ces derniers participent de la hiérarchisation et de la clarification des flux sur le campus, en plus de la création de points de repères que sont les éléments architecturaux implantés dans les patios (cf partie 2 => Rénovation du Campus de Jussieu).

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Courtesy A-S / Luc Boegly
campus jussieu par architecture studio
Courtesy A-S / Luc Boegly

 

Continuité

Pour l’agence A-S, la difficulté a été de se positionner entre continuité et différence. D’une part, sont respectés et affirmés les principes architecturaux du bâtiment d’origine, que sont notamment l’homogénéité des barres, la singularité des patios, la préservation des transparence sous les pilotis, l’intégration et la mise en valeur des œuvres d’art. D’autre part, il a fallu s’inscrire dans la continuité des autres secteurs précédemment achevés pour offrir une organisation cohérente sur l’ensemble du campus.

 

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Courtesy A-S / Plan RDC

 

 

campus jussieu par architecture studio plan R+1
Courtesy A-S / Plan R+1

 

Voir la partie 2: Rénovation du Campus de Jussieu

Maîtrise d’œuvre, Architecture-Studio

Maîtrise d’ouvrage, EPAURIF

Paysagiste, Michel Desvigne. BET TCE, Setec Bâtiment. BE Façades, T/E/S/S. BE Acoustique, AVA. BE planification, Planitec. BE SI, Vulcaneo. BE Économie et HQE, Eco-Cités.

Concours 2008. Chantier 2012-2015. Livraison 2015.

Surface, 100 000 m2 dont 69 000m2 de surface intérieure

Coût des travaux, 172 M € HT

 

Précédentes rénovations et extensions du Campus Jussieu :

Secteur 1 (2001) – Extension Atrium (2006) – Tour Zamansky (2009) – Secteur Ouest (2014)

 

Amélie Luquain