De nouveaux locaux « instagramables » pour la société éponyme signés Gehry Partners

La célèbre application Instagram qui a désormais atteint le milliard d’utilisateurs, vient de déménager dans un nouvel espace de travail au coeur de la Big Apple. Conçus par l’ agence d’architecture de Frank Gehry, les bureaux sont dotés de plusieurs décors où les employés et les visiteurs pourront prendre des photos et utiliser un studio de médias insonorisé.

© Jonathan Pilkington

C’est au 440 Broadway, l’ancien grand magasin Wanamaker près de l’Astor Place de Manhattan que la société de partage d’images a repris les étages supérieurs, où sa société mère Facebook a également des bureaux. Après son siège social à San Francisco, il s’agit des deuxièmes bureaux les plus importants d’Instagram. La société – lancée en 2010 – a ouvert un bureau à New York avec trois employés en 2015 et compte maintenant 290 employés dans la ville, avec des projets d’expansion.

© Jonathan Pilkington
© Jonathan Pilkington

« Quand nous avons commencé il y a huit ans, nous étions dans un tout petit bureau« ,explique le co-fondateur d’Instagram, Kevin Systrom.  « Au fur et à mesure que nous grandissions, nous avons commencé à réaliser que l’artisanat était une partie importante de ce que nous faisions, non seulement construire des produits, mais construire notre espace et construire notre équipe. »

© Jonathan Pilkington
© Jonathan Pilkington

Basée à Los Angeles, l’agence Gehry Partners était responsable de l’aménagement et des éléments structurels des bureaux, les architectes ont travaillé en étroite collaboration avec une équipe interne sur la conception des intérieurs et des installations.

Avec un plan d’étage expansif, de grandes hauteurs sous plafond et de grandes ouvertures, l’équipe a créé une séquence d’espaces autour d’un atrium central. Bien entendu, plusieurs espaces scénographiés ont été mis en oeuvre pour offrir des opportunités de photos.

Lorsqu’on entre dans les bureaux, on retrouve dans le lobby un mur d’accueil numérique, présentant une sélection d’images provenant des flux Instagram et les histoires des utilisateurs de l’application.

© Jonathan Pilkington
© Jonathan Pilkington
© Jonathan Pilkington
© Jonathan Pilkington

On retrouve également dans le couloir une sculpture organique réalisé en verre et changeant de couleur grâce à un éclairage contrôlé par l’utilisateur, un endroit idéal pour les selfies.

Un mur recouvert d’un dégradé coloré et un mur vert à côté de l’escalier sont également prévus comme toile de fond pour les photographies.

« Autour de l’espace, vous verrez des œuvres d’art de nos différents membres de la communauté, et nous les avons intégrés dans l’espace en toute transparence pour vraiment représenter qu’il s’agit d’une société d’art« , ajoute Systrom.

Divers espaces où s’alimenter sont regroupés au centre, on y retrouve un large choix allant d’un comptoir à jus et gelato « inspiré de l’esthétique cubaine-Miami des années 1930 » à un bar bien approvisionné appelé le Thirsty Flamingo décoré de surfaces couleur pêche.

© Jonathan Pilkington
© Jonathan Pilkington

En retrait des espaces de travail aux extrémités est et ouest, un coin bibliothèque a été prévu pour travailler au calme. De plus, des espaces dédiés aux réunions privées sont également proposés, ainsi qu’un studio insonorisé permettant d’enregistrer des interviews audio et filmées.

Les salles de conférence portent le nom de comptes Instagram populaires et de termes de recherche fréquemment utilisés, notamment Old Fashioned, Rainbow Bagel, Blair Waldorf, Rich Dogs d’Instagram et All Black Everything.

« C’est tellement spécial de pouvoir entrer dans un espace qui est vraiment Instagram, c’est conçu et spécial« , s’enthousiame Systrom.

© Jonathan Pilkington
© Jonathan Pilkington

L’impact d’Instagram sur l’architecture et les intérieurs a considérablement augmenté depuis le lancement de l’application en 2010. Il y a quelques temps, lors de notre rencontre avec S’il te plait, les membres du groupe étaient relativement unanimes sur la relation entre l’architecture et Instagram, ainsi que sur l’attrait des projets dans leur représentation graphique et la photogénie des constructions pour une meilleure communication via l’application.

Mike Krieger, co-fondateur de l’entreprise, a également déclaré avoir remarqué que la plateforme influence le design d’intérieur.

Le déconstructivisme et Frank O. Gehry.

Le déconstructivisme et Frank O. Gehry.

L’architecte Américano-canadien Frank Owen Gehry fait partie du cercle des starchitectes du XXIe siècle. Il s’inscrit dans le mouvement déconstructiviste. Architecte contemporain, ses oeuvres singulières sont devenues de véritables attractions touristiques.

 

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Né le 28 février 1929 à Toronto au Canada, le jeune étudiant qu’il est se passionne tout particulièrement pour l’ingénieurie. Il étudie successivement à l’Université de Californie du Sud puis à celle de Los Angeles. Il en sortira diplômé en 1954. Par la suite, il voyage à travers l’Europe, où il découvre une architecture résolument différente que celle dont il a l’habitude en Californie.  En 1962, il ouvre sa propre agence : Frank O. Gehry and Associates Inc, à Los Angeles. Aujourd’hui, il travaille entouré d’architectes expérimentés qui concrétisent les projets dessinés par Frank Gehry lui même.

 

L’effet Bilbao.

Parler de Frank O. Gehry sans évoquer l’effet Bilbao n’aurait pas de sens. La ville catalane de Bilbao, alors en déclin, lui demande de construire un bâtiment capable de relancer son économie. En créant le Guggeinheim Biblao, Frank Gehry redonne à cette ville espagnole un avenir plus prometteur. Ce musée d’art contemporain attire désormais des touristes du monde entier. C’est pour cela que beaucoup d’autres municipalités ont souhaité la création de leur projet bâtiment-icone. Mais l’effet escompté n’est pas toujours à la hauteur de leur attente. Dans son architecture, les voiles de titane du musée sont devenues le symbole de l’architecture de Frank Gehry.

 

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Musée Guggenheim de Bilbao – Frank Gehry

 

L’architecte du déconstructivisme

Le travail de Frank Gehry s’inscrit dans le mouvement du déconstructivisme. Par ses projets, il souhaite donner une nouvelle dynamique, un nouveau souffle dans des villes qu’il considère comme parfois trop froides et rigides. Un mouvement des formes furtif, qui semble non maîtrisé mais qui requiert en réalité une étude et des compétences techniques extrêmement poussées. Les formes des bâtiments surprennent et perturbent notre représentation de l’architecture.

 

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Walt Disney Concert Hall – Frank Gehry
© Dave Toussaint

 

Parmi ces réalisations les plus reconnues, on peut citer bien évidemment le Guggeinheim de Bilbao, le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles, mais aussi le Musée Vitra en Suisse ou encore la Fondation Louis Vuitton à Paris. A Prague, en République Tchèque, il réalise la Dancing House, en s’inspirant d’un couple de danseurs de comédie musicale américaine  Fred Astaire et Ginger Rogers. La liste des projets réalisés par l’agence Frank O. Gehry and Associates Inc est encore longue ! Son travail a été récompensé en 1989 par l’obtention du Pritzker Price.

Rudy, Frank, Rem, Santiago et les autres : paroles d’architectes – la revue de presse du 30 octobre 2017

Rudy, Frank, Rem, Santiago et les autres : paroles d’architectes – la revue de presse du 30 octobre 2017

Rudy Ricciotti proteste et s’insurge à Marseille – L’épée de verre de l’Académicien Wilmotte – Gehry et Bilbao – Mai 68 et Calatrava – Koolhaas n’est pas une bête – Y a-t-il un Harvey Weinstein dans l’architecture ? – On aime ou on quitte Abraxas – Cimetières durables sous la lune.

 

Pugnace

À Marseille, Vinci s’apprête à construire un immeuble de huit étages sur le site d’une ancienne corderie, qui est aussi, a-t-on découvert lors du démarrage du chantier, la carrière ouverte il y a 2600 ans par les grecs pour les besoins de l’édification de Massilia. La Ville, qui en a la possibilité, n’entend pas annuler le permis de l’opération, la ministre de la Culture n’arrêtera pas les travaux malgré les protestations des archéologues et historiens. Les architectes, eux, se taisent, sauf Rudy Ricciotti, qui est bien décidé à donner de la voix et dénonce ce silence gêné de confrères plus prompts à protéger leurs commandes que le patrimoine commun. « Mes confrères ont choisi la distance silencieuse et la retenue dévote, disons-le ! Derrière cette caponnerie, il y a pour notre métier une dette de vertu. Je veux dénoncer ici cette paresse car nous ne devons pas oublier que l’architecte est non seulement citoyen mais acteur de sa cité. L’architecte est confronté à son rôle moral et éthique. Son rôle esthétique est moteur érotique au titre du plaisir de la ville. Dans le cas marseillais, avec ce grand silence sur l’opération de la Corderie, on atteint le niveau maximal de la honte et le degré zéro du courage ». Où est l’héroïsme méditerranéen ? s’interroge Rudy, écornant au passage la classe politique phocéenne « C’est le côté arabo-coréen de Marseille avec sa centralisation du pouvoir, ses chapes de plomb. La ville tient des dictatures du nationalisme arabe et de la culture du pouvoir d’un Kim Jong-Hun hilare qui considère quiconque émet une objection comme ennemi mortel à abattre ». Saluant la solidarité des maçons de la CGT Vinci, qui se sont mis en grève pour préserver le site, Ricciotti n’oublie pas d’être constructif : « il n’y a pas à être pour ou contre, mais avec les vestiges », militant pour une solution sur pilotis qui intégrerait la carrière dans les strates de l’urbanisme marseillais. Un petit soutien des confrères pour cette alternative ?

Via La Marseillaise 

 

Ému

En uniforme, il brandit son épée. Mais peu de chance qu’il s’apprête, tel Roland à Ronceveau, à prêter main-forte à Rudy Ricciotti pour défendre les carrières grecques antiques. L’arme, en verre de Murano, est le sceptre qu’arbore Jean-Michel Wilmotte pour son entrée à l’Académie des Beaux-Arts, au fauteuil de feu Michel Folliasson, architecte urbaniste de Cergy-Pontoise. Devant un parterre trié sur le volet – le Figaro mentionne Maryvonne Pinault, femme de François, Patrick Ollier, maire de Rueil, ou François Fabius, pourtant mort en 2006 – l’architecte s’est montré « tellement ému qu’il s’est emmêlé dans ses feuilles et a sauté un paragraphe ». Stéphane Berne, homme de patrimoine, lui a remis son épée dans la chapelle des Beaux-Arts. « Votre côté James Bond ne m’a pas échappé. Vous aimez le cinéma d’architecture et j’espère que le cinéma prendra un jour vos bâtiments comme décors de leurs prochains films » s’est amusé à rappeler Hughes Gall, ancien directeur de l’Opéra de Paris dans un discours introductif de ce « touche à tout qui agace ». Touche à tout, soit, mais si le cinéma pouvait rester ce sanctuaire préservé des oeuvres de Jean-Michel Wilmotte…

Via Le Figaro 

 

Hésitant

« Il m’arriva de penser à déménager à Bilbao, tant tout s’y déroula très bien pour moi », confie Frank Gehry. À l’occasion du 20e anniversaire du musée ressurgissent les souvenirs : « nous travaillions dans un climat de quasi guerre urbaine. Le chômage atteignait les 35%, il y avait du terrorisme et une grande peur. Le projet était impopulaire, et personne ne comprenait le besoin qu’il y avait de ce mettre dans un tel pétrin pendant une crise économique aussi noire », se rappelle César Caicoya, architecte espagnol qui a suivi le projet du Guggenheim de Bilbao, échangeant 18 000 fax avec Gehry. Le succès était loin d’être garanti : « le moral de Gehry fut un sujet délicat pendant le chantier, même si le Pritzker assure qu’il « n’y eut pas de problème durant les travaux. J’étais sûr de pouvoir me fier aux Basques, ce sont des gens de parole ». Caicoya rappelle « si le Guggenheim n’avait pas été réussi, les carrière de tout ceux qui y travaillaient auraient été très touchées. Mais celle de Frank se serait probablement arrêtée net. Mais qui ne joue pas, ne gagne pas ». Le pari a été gagné. Et Frank est finalement resté Californien.

Via El Mundo 

 

Empêché

Interviewé par le quotidien italien La Repubblica, Santiago Calatrava se souvient lui aussi de l’Espagne et de la France, où il aurait pu étudier. « Je me souviens qu’en juin 1968, j’arrivais à Paris avec l’intention d’étudier à l’Ecole des Beaux-Arts. Les évènements de mai se prolongeaient, avec leur grande contestation étudiante, empêchant mon inscription dans cette école. Je suis resté à Paris jusqu’à la fin septembre avant de rentrer à Valence. Où j’ai étudié l’architecture ». La face du monde aurait-elle été changée si Calatrava était demeuré parisien au lieu de partir étudier à Zurich ? Un nouvelle pièce à verser au dossier d’inventaire des évènements de mai…

Via La Repubblica 

 

 

Caché

« L’architecture a-t-elle un Harvey Weinstein caché dans ses rangs ? », interroge la journaliste Anna Winston dans un article sur le harcèlement sexuel en agence. La réponse n’est pas une surprise : il n’y a pas un mais une multitude. « Pour l’écriture de cet article, j’ai parlé à de nombreuses personnes qui ont partagé leurs expériences d’abus, d’agression, harcèlement, discrimination, prédateurs, manipulation et plus. Certaines ont donné des exemples très précis et des noms. On y retrouve certains des architectes les plus célèbres du monde, aussi bien que les étoiles montantes d’agences établies, les figures des écoles, les collègues ou les amis. Le problème touche toutes les pratiques à tous les niveaux ». Comme à Hollywood, à une échelle moindre, la construction de la profession sur des figures charismatiques et une longue tradition machiste explique la situation. Quel que soit l’endroit où se terre aujourd’hui le Harvey Weinstein de l’architecture, il est couvert par un plus large problème que le débat sans fin sur la place des femmes et les prix d’architecture féminine n’ont pas su résoudre, explique Winston, celui d’une discrimination structurelle persistante dans une profession qui se féminise.

Via Dezeen 

 

Pascalien

« Je suis claustrophobe, et bien souvent l’architecture aggrave ma claustrophobie parce qu’elle impose des scénarios contraignants, exclut des évolutions ultérieures, des usages nouveaux : plus rien d’autre n’est possible, en somme, que ce qu’on décide de bâtir ». C’est Rem Koolhaas qui parle, expliquant dans les colonnes du Point comment ce sentiment et d’autres influencent l’architecture d’OMA. « À Saclay, nous avons été attentifs aux flux des étudiants, nous avons réfléchi aux circulations à venir, ouvert des perspectives et conçu en effet un campus comme intégré dans la ville : tout reste possible, tout reste ouvert ». L’architecte souffre également de phonophobie « Vous avez remarqué ce silence, dans l’open space de l’agence ? C’était tellement plus bruyant il y a quelques années… La génération actuelle est silencieuse, en communication exclusive avec ses écrans. Et ce silence, je le trouve dangereux ». On se rappelle Pascal : « le silence des espaces infinis m’effraie », disait  le philosophe. Faites du bruit pour Rem, qui sort un livre, une exposition sur la campagne au Guggenheim (2019) et un pont à Bordeaux, entre autres…

« Je ne suis pas une bête d’architecture » entretien de Rem Koolhaas avec Violaine de Montclos, Le Point, n°2355, 26 octobre 2017

 

Mordante

Conçus dans une période d’euphorie, les espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand sont devenu un objet étrange, que ses habitants ont du apprivoiser. « Avec ces 610 logements répartis en trois zones, le Palacio et ses HLM tarabiscotés, le Théâtre, une propriété privée en forme d’hémicycle et l’Arche qui trône au milieu. Ces façades monumentales, de style néoclassique, enserre une place ovale. Résultat : la cité vit un peu repliée sur elle-même. « Mais d’un autre côté tout le monde se connaît à force de se croiser, sourit Sabah Hamida, à la tête de l’association les Abraxas. Et comme c’est assez protégé, les enfants peuvent jouer à l’extérieur sans problème. » Habitante depuis vingt-sept ans, elle a fini par s’habituer à l’univers un peu compliqué du Palacio où certains des ascenseurs ne montent les étages que trois par trois et où des deux pièces… sont en duplex » détaille Le Parisien, lancé dans un citétour du Grand Paris. L’ancien maire Michel Pajon voulait détruire le complexe, qui a dû en partie sa renaissance au film Hunger Games. « Durant vingt ans, il n’y a eu aucune animation ici mais le film a soudé tout le monde dans la fierté », lâche Christiane. En 2014, « Hunger Games » a ainsi braqué les projecteurs sur le Palacio. « Des touristes ont commencé à venir par la suite, c’était incroyable, s’enthousiasme Sabah. Quelle cité du 93 est visitée comme un monument à part la nôtre ? ». Christiane ne laisserai pour rien au monde son logement à la vue unique. D’ailleurs, le Palacio, « tu l’aimes ou tu le quittes » disent les habitants. 30 ans après, Ricardo Bofill a été invité à construire un nouvel ensemble de 600 logements à Noisy-le-Grand. Les producteurs de film doivent être impatients de découvrir les nouveaux décors d’Abraxas II, le retour.

Via Le Parisien 

 

Éternellement durable

C’est un manuel attendu que vient de publier le centre technique national sur les espaces verts et la nature en ville, au terme de deux années d’études : le recueil sur la réhabilitation écologique et paysagère des cimetières. Pour l’écrire, les auteurs ont scruté plus de 250 cimetières de toutes tailles à la loupe. Leur prescriptions sont valables pour les cimetières de l’hexagone, qui présentent deux fois la superficie de Paris – a vrai dire, cela paraît peu – 40 000 enceintes présentant une grande diversité patrimoniale. Le guide propose également 10 fiches illustrées pour une réhabilitation écologique et paysagère des cimetières. « Elles comportent des conseils, des témoignages, des exemples d’initiatives intéressantes pour puiser l’inspiration et orienter son action. Thèmes traités : les moyens humains et financiers pour aller vers le « zéro pesticide », comment drainer les sols humides sous terre et diminuer les pollutions, comment favoriser les concessions écologiques et paysagères, entretenir des allées minérales sans pesticides, enherber des allées, favoriser l’accessibilité, préserver les arbres existants et en planter de nouveaux, , comment gérer les végétaux, communiquer sur les pratiques « zéro pesticide » ou repenser l’ensemble du paysage du cimetière ». Que d’efforts pour rendre durable un séjour que l’on ne souhaiterait que temporaire !

Via La Caisse de dépôts et territoires 

 

Olivier Namias

D’une Rome schizophrène aux 50 nuances de Gehry : la revue de presse du 01/03/2017

D’une Rome schizophrène aux 50 nuances de Gehry : la revue de presse du 01/03/2017

Le 3e âge de l’architecture, La Rome sans qualités, Beetlemania : les matériaux aussi, Menace sur le Concorde, 50 nuances de Gehry, Acouphènes architectoniques, Orléans turbulent, la probabilité d’un retard, Béton, banc cher : la revue de presse du 1 mars 2017

 

Le 3e âge de l’architecture

Après Bishops Cleeve, Cheltenham et Tewkesbury, Winchombe, une commune de 4 379 habitants du comté du Gloucester, va se doter d’une université du troisième âge (U3A), établissement sans vocation diplômante fonctionnant sur la mise en commun des savoirs. Pas de limite d’âge supérieure ou inférieure, « la seule qualification requise est l’enthousiasme », fait savoir le Gloucestershire live. Parmi les matières proposées, l’histoire de l’art, les échecs, la maquette de machines mécaniques, la marche (sic), l’observation ornithologique (le fameux Birdwatching), et… l’architecture ! La moindre nichée de faucons pouvant interrompre un projet – le cas s’est présenté récemment sur la caserne de Reuilly, à Paris – l’U3A se montre d’une acuité hors du commun, d’une pertinence dont elle n’a peut-être même pas conscience…

Via Gloucestershire Live 

 

La Rome sans qualités

Architecte, chercheur et photographe, Alessandro Lanzetta dresse dans les colonnes du Giornale dell’Architettura le portrait d’une Rome schizophrène. Le centre de la ville éternelle n’est plus qu’un ensemble hybridant le musée à péage et le mall pour touriste, la périphérie une nébuleuse hétéroclite de quartiers pavillonnaires plus ou moins prisés, de zones ravagées par la spéculation ou construites hors des lois de l’urbanisme en vigueur. Seul le GRA — l’équivalent local du boulevard périphérique — relie encore cet archipel que les règlements urbains se sont ingéniés à fragmenter en près d’une cinquantaine de morceaux, et ce depuis l’après-guerre. « Depuis de nombreuses années, on ne parle plus de projet urbain, d’idée forte, de vision d’ensemble capable de réunir les fragments bâtis d’une métropole qui tombe dans une situation infrastructurelle confinant à l’absurde ». Avant la ville avait des idées, comme orienter son développement vers la mer, ou se doter d’une myriade de cités-jardins. Époque révolue. « Le marché, qui a vendu immeubles et terrains en corrompant tous et tout, ne se sent pas intéressé par ce droit à la ville implicitement contenue dans les formes urbaines réfléchies et cohérences. Les politiciens ne veulent pas en parler : les habitants sont des votes facilement achetés à coup de promesses à coût zéro. Les urbanistes et les architectes, ceux disposant d’un miminum de compétence survolent le problème, trop occupés qu’ils sont à courir derrière le prochain marché public. » Au moins, tout le monde semble d’accord pour tourner la tête et se boucher le nez.

Via Il Giornale dell’architettura

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via il giornale dell architettura

 

Beetlemania : les matériaux aussi

C’est en observant le Cotinis mutabilis – en anglais le Figeater Beetle (Lit. Coléoptère mange-figue) que les chercheurs de département d’ingénierie de l’université du Nebraska Lincoln ont découvert un nouveau matériau à la fois ultra-résistant et ultraléger. L’exosquelette de l’insecte est composé de fibres de chitine d’un diamètre de 20 nanomètres (3 750 fois plus fin que le cheveu dont le diamètre atteint 75 000 nanomètres), arrangées en spirale, configuration connue sous le nom de Bouligand, ou plus trivialement d’escalier en colimaçon. Les recherches n’en sont qu’au début. Retrouvera-t-on ce matériau facilement incorporable dans les matières fibrés dans un béton coléoptère ultra haute performance ? Pour l’instant, on envisage l’utilisation de ces fils de carapace dans les transports aériens ou le secteur de la défense.

via Science Daily 

 

Menace sur le Concorde

Arrondi sur tous les angles, lisses et sans aspérités, le Concorde, cinéma de La Roche-sur-Yon, est menacé de destruction à l’horizon 2020, lorsque le cinéma d’art et d’essai qui occupe le lieu l’aura quitté pour rejoindre un cinéma plus neuf. Pourtant, le bâtiment « sort du lot », explique un membre du collectif Argone, qui se mobilise pour la sauvegarde de cette architecture 70 conçue par l’architecte René Naulleau, en association avec l’agence Barto. Le collectif réclame la labellisation du bâtiment au titre de « patrimoine du XXe siècle » contre la volonté de la mairie, qui se retrouverait alors avec un bâtiment intransformable. Pour l’adjoint à l’urbanisme, « le bâtiment est intéressant, mais difficilement reconvertible. Il y a peu d’ouvertures, par exemple. Si on interdit toute transformation et qu’aucune autre destination que le cinéma n’y est possible, le risque est qu’il devienne une friche et la Ville veut l’éviter à tout prix. » La lutte pour un atterrissage en douceur continue sur Change.Org, où le collectif Argone a déposé une pétition.

Via Ouest-France 

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Via Ouest-France

 

50 nuances de Gehry

Prophétique «Votre créativité commence avec votre curiosité». Introspectif « Vous devez trouver votre voix ». Implorant « promettez-moi de prendre le risque de faire quelque chose pour l’humanité ». Voici quelques phrases que l’on peut entendre dans la présentation vidéo de la master class de Gehry. Le Pritzker endosse les habits de coach pour apprendre tout ce qu’il sait de l’architecture en 15 leçons, rien que ça, pour la modique somme de 90 US$. Les plus chanceux auront le droit à une correction avec le maestro. Faut-il se ruer sur l’offre, ou attendre la sortie de la version holographique, avec enseignement du fameux doigt d’honneur de Frank O. en bonus ?

Via FastcoDesign

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Photo: Jason LaVeris/FilmMagic/Getty Images Via FastcoDesign

 

Acouphènes architectoniques

« Pourquoi ça tombe ? », demandait faussement candide l’ingénieur Mario Salvadori en titre d’un de ses ouvrages expliquant l’art des structures par leur faillite. « Pourquoi ça siffle ? », s’interroge le Guardian après que la tempête Doris ait mis en avant la propension siffloteuse de nombreux immeubles « les réseaux sociaux regorgent de plaintes contre les immeubles sifflants. Des ensembles de bureaux entiers ont été transformés en flûte divine par la tempête. Des vidéos chargées sur YouTube montrent la nouvelle aile d’un hôpital de Torbay en train de chantonner dans le vent… ». Et le phénomène n’a pas attendu le passage de Doris pour se manifester. À Manchester, la Beetham Tower conçue par l’architecte Ian Simpson s’est rendue célèbre pour ses penchants siffleurs avant même sa livraison. Le problème est lié à « des mécanismes de rétroaction lors de l’émission de tourbillons détachés » expliquent des scientifiques du département de recherche son et vibration de l’Université de Southampton. « Le remède aux sifflements est aussi unique que le bâtiment » détaille les chercheurs. Ainsi, le Cityspire de New York s’est fait dépouiller de tous ses stores à seul fin de lui couper le sifflet.

Via The Guardian 

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1WTC … sounded ‘like a train passing by’. Photograph: Siegfried Layda/Getty Images via The Guardian

 

Orléans turbulent

Coup de foudre dans la cité Johannique : la mairie d’Orléans et le Frac Centre décident de collaborer. « C’est la première fois en France, explique Abdelkader Damani, directeur du Frac centre, qu’un Frac s’associe à une collectivité locale pour ce que j’appelle la “fabrique du réel”. » Concrètement, le centre dédié à l’architecture contemporaine est désormais associé à l’élaboration des grands projets d’urbanisme de la municipalité ». Le FRAC va participer au choix du « MOBE (musée d’Orléans pour la biodiversité et l’environnement), CO’Met (la grande salle au parc des expositions), la Vinaigrerie Dessaux, la future piscine ou encore la cité musicale sur le site Porte-Madeleine. » « Petit à petit, le but est de construire une identité architecturale contemporaine à la ville, de positionner notre métropole comme une métropole d’innovation architecturale », précise Abdelkader Damani.« Mais la coopération ne s’arrête pas là. Elle se fait aussi dans le domaine culturel. Les Turbulences participent désormais aux actions “hors les murs” de la municipalité. Surtout, la ville s’associe à la Biennale d’architecture lancée cette année par le Frac (lire par ailleurs), qu’elle financera à hauteur de 100.000 € par édition. “Pendant six mois, Orléans sera la capitale de l’architecture française voire mondiale !”, se félicite Nathalie Kerrien, adjointe à la culture ». Voire la capitale de l’architecture pour tout l’univers, vu le vaisseau rebelle qui fait office du siège du Frac Centre.

Via La République du centre 

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Via La République du Centre

 

La probabilité d’un retard

« Les professionnels le savent, les chantiers sont généralement en retard et coûtent plus cher que les devis établis. On peut rager contre les responsables ou la malchance. On peut aussi se demander : et si les coups du sort qui paraissent s’acharner sur ces vastes chantiers n’en étaient pas vraiment ? » Professeur de sociologie de l’université Paris-Diderot, Gérald Bronner mène l’enquête sur les fameux retards qui émaillent malheureusement trop souvent les chantiers. « Prenons un tout petit peu de hauteur, explique Bronner en montant dans sa grue. Ce type de projets ne peut être achevé qu’en respectant de nombreuses conditions : pas de retard dans la livraison du matériel, pas de météo trop défavorable, pas de mouvements sociaux, etc. Dans l’esprit de ceux qui ont à juger du calendrier de tels projets, la probabilité de rencontrer chacun de ces problèmes séparément est suffisamment faible pour inciter à l’optimisme. Cet optimisme est en réalité déraisonnable, car la probabilité qu’un projet se réalise sans encombre est la probabilité conjointe de la non-réalisation de chacun de ces événements. En d’autres termes, il aboutira dans les temps si telle condition est remplie, et telle autre, et telle autre, etc. Or l’esprit humain est mal équipé pour bien évaluer cette structure de probabilités composées : il a tendance à les surestimer largement ». Bronner poursuit « Ainsi, puisque nous posons rarement sur papier les probabilités (même grossièrement évaluées) associées à chacune de ces étapes, nous pouvons aisément avoir l’impression que le projet sera réalisé dans les temps. ». Les dépassements budgétaires observés sur les Philharmonies – à Hambourg ou Paris – les parlements écossais ou autre station du PATH à New York seraient les simples manifestations d’une foi inoxydable en l’avenir. Incurable optimisme du BTP !

via Pour la science 

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Via Pour la Science

 

Béton, banc cher

Les néophytes trouveront sans doute moche ce banc en béton trouvé dans le jardin de la maison d’un électricien de la métropole stéphanoise. Pourtant, ce banc-borne du modèle « Firminy » avait été dessiné par Le Corbusier, et aurait dû « civiliser » et éclairer les environs de la maison de la Culture de Firminy. L’artisan chargé de leur électrification avait gardé cet exemplaire du banc après que la mairie eut décidé de n’en installer que 18 sur les 20 initialement prévus par l’architecte- elle avait revu les plans du Corbu juste après son décès en 1965. Le banc est estimé à 18/22 000 euros par la maison Artcurial qui l’a mis aux enchères mardi dernier. Les trésors du XXe siècle sont des blocs en béton…

Via FranceTV info 

banc-beton-corbusier

Olivier Namias

Trophées Saint-Gobain Gypsum : les français à l’honneur

Les entreprises internationales des métiers du plâtre et de l’isolation ont été mises à l’honneur le 3 juin 2016 à Prague lors de la 10e édition des Trophées internationaux de Saint-Gobain Gypsum. Parmi elles, trois entreprises françaises raflent à nouveau la mise.

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Grand Prix, Philharmonie de Paris, Atelier Jean Nouvel et Ile de France Plâtrerie

Lancés en 1998, les Trophées internationaux de Saint-Gobain Gypsum mettent à l’honneur tous les deux ans le savoir-faire en plâtrerie et plaques de plâtre. Pour la 10e édition, 35 pays et 89 projets ont été répartis dans 6 catégories, suite aux présélections régionales et nationales, à l’instar des Trophées Placo en France. Comme à Berlin en 2014, 3 projets français ont été primés ; de quoi affirmer les compétences des architectes et des PME françaises.

 

Ile de France Plâtrerie (94), dirigée par Jean et Olivier Di Ponio (38 salariés), reçoit le Grand prix pour la mise en œuvre de l’enveloppe extérieure de la salle de concert du Philharmonie de Paris, conçu par l’atelier Jean Nouvel (de quoi assurer la polémique pour ce projet largement décrié pour ses malfaçons). Concernant la conception de l’auditorium « enveloppant » doté d’une capacité de 2 400 places assises, le défi fut acoustique : une grande clarté sonore devait être combinée à une forte réverbération, ainsi qu’à des réflexions latérales importantes. L’entreprise de plâtrerie a réalisé une prouesse pour l’enveloppe extérieure, avec une structure totalement asymétrique en plâtre d’une hauteur maximale de 26 mètres et comprenant 5 785 cubes absorbeurs de sons en plâtre de produits fibreux.

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Dans la catégorie Plâtre, Werey Stenger (67), dirigée par Etienne et William Werey (49 salariés), est récompensée pour sa reconstruction à l’identique de l’église catholique de Gerstheim en Alsace, au côté de l’architecte Alain Steinmetz. Pour reproduire le plafond et notamment les voûtes d’ogives d’origine (6 mètres de haut) détruites par un incendie, l’entreprise a associé la numérisation 3D à la technique traditionnelle de plâtrerie par produits fibreux.

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Dans la catégorie Plaques de plâtre, l’entreprise Isolation 2000 (77), dirigée par José Sousa (74 salariés), est primée pour son travail à la Fondation Louis Vuitton, dessinée par l’architecte américain Frank Gehry. Pour ce bâtiment connu pour ces voiles aux formes complexes nécessitant un modèle BIM, l’un des autres défis a été de fournir une isolation acoustique élevée entre les salles techniques et les espaces publics. L’entrepreneur a dû mettre au point une solution sur-mesure avec des boîtes imbriquées autoportantes composées de deux couches de plaques Placo® Duo’Tech 25 et des suspentes WinFix dB.

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Bien que ce trophée soit reconnu mondialement, il ne saurait, comme beaucoup d’autres, donner une vision globale des métiers du plâtre puisque seuls les adhérents au club Gypsum peuvent participer. Par ailleurs, on notera l’absence des architectes français pour la remise de ce prix inter-entreprises, contrairement à d’autres pays. En effet, des solutions innovantes sont bien souvent le fruit d’une collaboration enrichissante entre architectes et entreprises…

 

Prochainement

En terme d’innovations produits, on retiendra notamment la plaque de plâtre Habito®, idéal en résidentiel car elle promet une grande résistance aux chocs et aux fixations, capable de supporter jusqu’à 15 kg de charge avec une fixation standard.

 

Amélie Luquain