Réaménagement et extension de la gare Saint-Jean à Bordeaux

Réaménagement et extension de la gare Saint-Jean à Bordeaux

« C’est en 2009, après une première étape d’aménagement accompagnant l’arrivée de la ligne C du tramway en gare de Bordeaux, qu’a été initié la transformation de la gare Saint-Jean en un pôle d’échanges multimodal (opération financée par la CUB, la Région, le Département, et la SNCF) que l’ensemble des cofinanceurs a décidé de lancer une série d’études et de réflexions afin d’anticiper le développement des trafics ferroviaires et l’arrivée de la LGV mais aussi d’optimiser le fonctionnement global de la gare de Bordeaux au sein d’un environnement proche en pleine mutation. » précise AREP, filiale de la SNCF en charge du réaménagement et de l’extension de la gare Saint-Jean.

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La Gare de Bordeaux Saint-Jean présente désormais deux visages, selon que l’on y accède par son entrée historique ou par le Hall 3 édifié pour l’arrivée de la LGV qui relie Paris à Bordeaux en 2h04, mise en service le 2 juillet dernier. Reconfigurée, la gare verra sa   capacité d’accueil portée à 18 millions de voyageurs par an, contre 12 millions actuellement. L’ancienne gare, édifice imposant, perpendiculaire à la Garonne, est dotée d’une façade classique, due à l’architecte Marius Toudoire (1852 – 1922) – a qui l’on doit aussi la Gare de Lyon à Paris et celle de Toulouse-Matabiau. Elle est coiffée d’une immense verrière, aujourd’hui rénovée. Ses halls historiques 1 et 2 ont été réaménagés, améliorant la distribution des flux, les éclairages et matériaux, la signalétique.

L’extension, dit Hall 3, est implantée au Sud-Est des voies. Occupant des terrains jusqu’alors dévolus à des parkings, ses 2500 m2 font face au quartier Belcier, ancré dans le développement urbain de Bordeaux Euratlantique, qui constitue une des premières étapes du « Projet urbain 2030 » de la métropole bordelaise. Une architecture en gradins s’ouvre sur le nouveau parvis Sud. Le rez-de-chaussée transparent accueille les services et commerces, et dégage un hall sur 3 niveaux. Les étages supérieurs, sur 7 niveaux, sont réservés au parking de 850 places. Ses plateaux, dépourvus de façade, dessinent de fines horizontales de béton précontraint, avec des rives de dalles de seulement 11 cm d’épaisseur et des garde-corps inox. Les enveloppes en marbre rouge du Languedoc qui habillent les arrivées des escaliers de secours du parking sont un rappel des carrelets, cabanes des pécheurs du bassin d’Arcachon.

 

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage :  SNCF Gares & Connexions Maîtrise d’œuvre :  SNCF Gares & Connexions, Agence Duthilleul, AREP Architectes :  J.-M. Duthilleul, E. Tricaud, F. Bonnefille BET :  MaP 3 (Structure) Entreprises principales :  GTM (Groupe Vinci Construction). Cotraitants : Santerne, Tunzini Surfaces :  2500 m2 Hall Gare, 1800 m2 commerces, 850 places de parking, 360 places de vélos sécurisés. Livraison :  2017 Financements :  L’extension de la Gare de Bordeaux Saint-Jean (Hall3) s’intègre dans un projet conventionné par : l’État, Euratlantique, Conseil Régional, Nouvelle Aquitaine, Bordeaux Métropole, Ville de Bordeaux, SNCF Réseaux, SNCF Gares & Connexions, Opérateur de Parking INDIGO. Montant total de la convention :  95 M€.
Sous détails : État 9.81 M€, Euratlantique 2.55 M€, Conseil Régional 9.81 M€, Bordeaux Métropole 7.81 M€, Ville de Bordeaux 2.0 M€, SNCF Réseaux 4.0 M€, SNCF Gares & Connexions 20 M€, Opérateur de Parking INDIGO 39 M€ (compris parking P2 + libération foncière).

Courtesy AREP / Didier Boy de la Tour et Mathieu Lee Vigneau

AREP Designlab : Design thinking appliqué aux espaces de la mobilité

Le groupe AREP a lancé son Designlab le 8 juin 2016. Cette cellule de développement design s’appuie sur de nouvelles stratégies de conception centrées sur l’usager.

AREP-DesignLab-SNCF-Gare

AREP, filiale de SNCF Gares & Connections, est dédié à la conception des gares et des pôles multimodaux. L’entreprise emploie 700 personnes venant de plusieurs champs disciplinaires et concevant des projets en France comme à l’étranger. Avec l’AREP Designlab, elle se dote d’un département qui regroupe des designers, graphistes, architectes, chercheurs et ingénieurs pour développer la conception des espaces de la mobilité en prenant en compte les mutations des gares du XXIe siècle, liées à l’ère numérique, à l’augmentation des flux de voyageurs et aux nouveaux usages.

Le Designlab a pris place au 16 avenue d’Ivry (Paris 13e), dans l’ancienne usine Panhard dont AREP a fait son siège ; 600 m2 sont répartis en une matériauthèque, un atelier de maquettes (fab-lab) et des espaces de co-working. Le groupe développe également des réseaux et partenariats avec les écoles, universités et professionnels, notamment l’ENS Cachan, l’INSA Strasbourg, le CSTB, la Cité du Design et bien d’autres.

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3 projets sont actuellement en cours. Le premier s’intéresse au confort sensoriel : thermique, acoustique et visuel. Il s’agit d’aller au-delà des éléments mesurables et de s’intéresser au ressenti. Cette recherche s’appuie sur des méthodes d’enquêtes sociologiques et philosophiques. Des études sont menées sur des projets concrets dans les gares Aéroport Charles de Gaulle 2 TGV, Lille-Europe, Valence TGV, des abris de quais d’Ile-de-France et les espaces d’attente de la gare de Lyon à Paris.

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Le deuxième projet consiste à améliorer les parcours et la signalétique. Les différents cheminements des voyageurs sont appréhendés afin de mieux simuler l’organisation spatiale de la gare. Les chercheurs ont notamment développé un tracker individuel qui permet de mesurer le temps passé à un point donné et les chemins choisis, l’objectif étant de mieux gérer les flux et points d’attente.

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Enfin, AREP Designlab souhaite développer des projets participatifs, où l’usager est inclus dans une démarche de co-production. Une équipe d’AREP constituée d’un sociologue, d’un urbaniste et d’un designer a travaillé sur le projet de tramway à Saint-Etienne. Ils ont engagé une marche exploratoire des futures stations avec les habitants et des élus locaux, ce qui a permis de redéfinir des points d’arrêts et d’engager une réflexion sur une station prototype. Concernant la gare Carnot, une étude historique et sur les usages a été menée afin d’aller plus loin dans la conception du projet de la gare.

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AREP se base sur la stratégie de design thinking – développé à Stanford dans les années 80 par Rolf Faste, consistant à s’appuyer sur un processus de co-créativité impliquant des retours de l’utilisateur final – pour repenser la conception de ses projets autour de l’usager.

Amélie Luquain