Shigeru Ban : à qui profite l’architecture ?

Après vous avoir parlé de Renzo Piano qui réalise le Centre Pompidou de Paris en 1971, il est temps d’évoquer l’architecte qui conçoit Pompidou-Metz quelques années plus tard : le japonais Shigeru Ban. Récompensé en 2014 par le célèbre Pritzker Price, son travail se veut avant tout à l’écoute des besoins de la société et de la planète.

 

Né le 5 août 1957 à Tokyo, au Japon, il intègre dans un premier temps l’Université des Arts de Tokyo, puis étudie à la Southern California Institute of Architecture. Il poursuit ses études à l’école d’architecture de la Cooper Union, à New York. En 1984, il obtient son diplôme et ouvre sa propre à Tokyo l’année suivante.

 

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Dès le début de son exercice, il s’intéresse de près à la question du papier et du carton dans l’architecture. Bien avant que les questions environnementales ne préoccupent nos hommes politiques et nos architectes, il réfléchissait déjà à la réalisation de bâtiments faits à partir de matériaux recyclés, dont la première réalisation verra le jour en 1989, lors de la World Design Expo de Nagoya. Par la suite, il réalise notamment des maisons individuelles, comme la Paper House, en 1995.  En 2000, il réalise le Pavillon du Japon à l’occasion de l’Expo 2000, à Hanovre en Allemagne. Il est l’un des rares pavillons à pouvoir être recyclé. En effet, au-delà de la construction, c’est aussi la question de la destruction et du recyclage qui importe à l’architecte. Que deviendront toutes ces réalisations éphémères ? La sienne sera bel et bien recyclé ! Quelques temps après, le gouvernement français fait appel à lui pour la construction du centre Pompidou-Metz. Antenne du musée parisien, il deviendra le symbole de la décentralisation du pouvoir et de la culture.

 

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Centre Pompidou – Metz
Shigeru Ban Architects – 2009
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Pavillon Japonais, Expo 2000 d’Hanovre
Shigeru Ban Architects – 2000

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Après ce projet, Shigeru Ban se remet en question. A qui profite l’architecture ? Qui tire profit de ces grandes réalisations, reflet du pouvoir et de l’argent des privilégiés ? L’architecte souhaite faire évoluer son travail vers une architecture dédié la société, aux nécessiteux et à ceux dans le besoin. Il veut autre chose qu’une architecture vitrine, et souhaite une architecture qui fasse du bien : physiquement et psychologiquement. Une architecture qui réponde à des besoins, et qui plaise à ces occupants avant tout.

 

Shigeru Ban n’est pas insensible aux catastrophes naturelles. En effet, son pays – le Japon – est régulièrement touché par de nombreux séismes. Face à l’urgence de la situation, il retrouve son matériau favori : le papier et le carton. Entouré d’étudiants, il construit de nombreux centres d’hébergements temporaires, fabriqués à base de tubes de cartons épais. En Afrique pour les réfugiés politiques, en Océanie ou en Asie pour les personnes ébranlés par les tremblements de terre, l’architecte s’investit sur le terrain ! A Kobé, il se propose pour construire une église temporaire après le séisme de 1995. Prévue pour rester en place 3 ans, elle sera finalement conservée 10 ans, avant d’être par la suite démontée et transportée à Taïwan, où la communauté locale a été, elle aussi, touchée par un séisme quelques années plus tard. L’architecture que propose Shigeru Ban se veut durable, autant dans l’usage, la construction, que dans les liens sociaux qu’elle tente de réparer et d’améliorer.

 

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Cathédrale temporaire -Christchurch, Nouvelle-Zélande
Shigeru Ban Architects – 2003

Tadao Andō, la lumière, et le béton…

 

Tadao Andō est un architecte autodidacte japonais, qui fait aujourd’hui partie de ce que l’on appelle les « starchitectes ». Connu mondialement pour ses réalisations en béton, il désigne la lumière comme la matière première de l’architecte. Primé à de nombreuses reprises, son travail de la matérialité et de l’espace est un incontournable du monde de l’architecture !

 

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Un parcours d’autodidacte

Né en 1941 à Osaka au Japon, Tadao Andō grandit aux côtés de sa grand-mère. Durant son enfance, il côtoie régulièrement les petits artisans locaux de son village : verrier, menuisier, ferronnier… C’est là que commence sa formation : il est constamment en contact avec différents matériaux. Il dévore également les livres, à travers lesquels il développe sa sensibilité pour l’architecture et acquiert des connaissances. Il y découvre l’oeuvre de Le Corbusier, qu’il souhaite rencontrer. Malheureusement, il apprend sa mort une fois arrivé en France, après un voyage à travers l’Asie et l’Europe. Il profite tout de même de sa visite européenne pour découvrir son oeuvre architecturale. Comme Le Corbusier, Tadao Andō voyagera beaucoup. Durant 7 ans, il traverse les continents, et analyse ce qu’il voit. Inspiré, il rentre au Japon en 1969, et décide de créer son agence d’architecture. Depuis, il est devenu un architecte mondialement connu et récompensé par de nombreux prix, notamment le Pritzker Price qu’il reçoit en 1995.

 

Le contexte urbain dans lequel il grandit est complexe : les grandes villes japonaises telles qu’Osaka sont des zones de tension, laissant peu de place au silence. C’est pourquoi il dirige son travail d’architecture vers des espaces intérieurs calmes, propices à la sérénité et au repos. Il préfère créer des lieux silencieux.

 

Parmi ses plus grandes réalisations, on retrouve en premier lieu l’église de la lumière, à Ibaraki, au Japon. Réalisée en 1989, la simplicité apparente de l’espace dissimule un travail minutieux et un traitement de la lumière magnifiée. Les matériaux sont laissés bruts, pour mettre en valeur le mur du fond, dans lequel l’architecte dessine deux ouvertures, horizontales et verticales, formant une croix.

 

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Credit photo : Nobuyoshi Araki

 

 

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Maison Koshino
Tadao Ando – 1984

 

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Musée Préfectoral d’art d’Hyogo
Tadao Ando – 2002

 

Le béton comme matériau de prédilection

D’autres réalisations de l’architecte japonais sont marquantes par le silence qui s’instaure naturellement dans ces lieux bétonnés. La maison Koshino s’installe dans un terrain en pente, et propose des entrées de lumières remarquables. Les formes qu’utilise Tadao Andō sont simples, et permettent une lecture efficace de l’espace : carré, cercle, rectangle. Le béton est le matériau qu’il préfère, et qu’il manie avec brio ! Il utilise le plus souvent un béton banché, dont les trous de banches sont restés apparents, créant un rythme sur les longues surfaces brutes.

Dernièrement, Tadao Andō travaille sur le projet de la Fondation Pinault à la Bourse du Commerce à Paris, concours qu’il a remporté en 2017. Il s’agira de présenter la collection d’art contemporain de François Pinault, grand collectionneur. Un projet dont l’élément phare est la création d’un cylindre de béton au sein même de l’espace de la rotonde et sa coupole classique. Le projet devrait voir le jour en 2019.

 

Anne Vanrapenbusch

Ace Hotel fait appel à Kengo Kuma pour concevoir son premier établissement japonais

Ace Hotel fait appel à Kengo Kuma pour concevoir son premier établissement japonais

La chaîne d’hôtellerie, Ace Hotel a annoncé qu’elle ouvrira son premier établissement japonais à Kyoto l’année prochaine dans un ancien bâtiment d’un central téléphonique revisité par Kengo Kuma.

© Kengo Kuma

Selon le président de l’entreprise, Brad Wilson, « Il a toujours été un rêve de longue date de s’implanter au Japon, Nous nous sentons incroyablement humbles et reconnaissants de (…) faire de nos rêves une réalité, en créant un espace qui honore la beauté et l’histoire de Kyoto tout en favorisant la connexion mondiale et l’innovation culturelle« .

© Kengo Kuma

« Nous avons passé des décennies à admirer la culture et l’artisanat japonais, en collaborant de loin avec des artistes et des marques japonaises dont nous aimons le travail. », ajoute t-il.

© Kengo Kuma

L’architecte japonais Kengo Kuma convertira le bâtiment ShinPuhKan, initialement conçu par Tetsuro Yoshida et achevé en 1926, pour créer des suites autour d’une cour végétalisée. Il donnera au bâtiment une mise à jour moderne avec un système de grille en bois et de fines persiennes qui filtreront la lumière et le vent en douceur. Le projet comprendra également divers jardins qui existent depuis la période Heian.

© Kengo Kuma

Le quartier environnant se trouve sur l’ancien terrain du palais impérial et la rumeur dit qu’il aurait été la maison de samouraïs japonais. La nouvelle conception de Kuma embrassera cet héritage impérial aussi bien que l’histoire industrielle de la région. 

© Kengo Kuma

« Pour commencer, la proposition était de créer un jardin dense où les communautés, ainsi que le passé et le présent, sont connectés à cette terre vénérable avec ses différents jardins, qui existent depuis la période Heian. (…) L’actuel central téléphonique de Kyoto a été conçu par l’un des grands architectes japonais modernes, Tetsuro Yoshida« , explique Kengo Kuma. « Chaque détail et chaque matériau a été pensé pour relier le bâtiment, la terre et l’histoire ensemble.« 

© Kengo Kuma

« A travers la cour centrale, ce bâtiment en briques rouges va converser et créer une nouvelle harmonie avec un système de grille en bois qui rappelle Kyoto traditionnel« .

Junya Ishigami, l’architecte qui libère l’architecture

Junya Ishigami, l’architecte qui libère l’architecture

Du 30 mars 2018 au 10 juin 2018 se tiendra l’exposition « Freeing Architecture » à la fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris. Cette exposition organisée par l’architecte japonais Junya Ishigami est l’occasion de revenir sur son parcours, sa philosophie et ses réalisations.

Né en 1974 à Kanagawa, Junya Ishigami étudie à l’Université des beaux-arts et de musique de Tokyo, d’où il sort diplômé en 2000. Il travaille ensuite pour l’agence d’architecture SANAA (anciennement appelée Kazuyo Seijima&Associates), puis il ouvre sa propre agence en 2004 sous l’appellation « junya.ishigami+associates ». Il travaille aussi bien l’architecture que le design, l’urbanisme et le paysage, alliant ingénierie, technologie, formes et espaces.  En 2010, son travail est récompensé à la Biennale de l’architecture de Venise avec l’obtention du Lion d’Or.

 

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Portrait de l’architecte

 

L’architecture traditionnelle japonaise est très souvent associée à ce lien fort qu’elle entretien avec son environnement. Junya Ishigami n’échappe pas à la règle et travaille en étroite relation avec la Nature, et tente de flouter les limites entre les espaces intérieurs et extérieurs. L’architecte ne s’enferme pas dans les préjugés de l’architecture, il puise son inspiration dans les paysages, les éléments naturels. Il cherche à créer des espaces fluides, souples. Il prône une vision plus libre de l’architecture. Les continuités spatiales qu’il instaure entre l’intérieur et l’extérieur donnent un caractère fin et empli de délicatesse à ses architectures. Elles s’effacent, laissant place à la nature et au contexte !

Parmi ses réalisations phares, l’Institut de Technologie de Kanagawa est sans doute le plus marquant. Un bâtiment léger, transparent, qui se substitue aux usages des étudiants. Une architecture minimaliste, mais qui demande un grand travail technique en amont. D’un blanc immaculé, les 305 poteaux soutiennent la toiture, et laisse libre court à l’appropriation de l’espace par les usagers. Un dispositif qui laisse également une large place aux vues sur l’extérieur. L’enveloppe en verre donne à lire les espaces depuis l’extérieur.

 

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L’exposition « Freeing architecture »

Du 30 mars au 10 juin 2018, il s’empare de la fondation Carier pour l’art contemporain et présente 20 projets, emprunts de poésie. Ses réalisations l’amènent à travailler en Asie et en Europe. Il les présente aussi bien sous forme de vidéos, de dessins ou encore de grandes maquettes, qui évoquent le processus de projet de l’architecte , tout en archivant les étapes de construction.  Ses projets qu’il expose durant ces 3 mois dans le bâtiment de Jean Nouvel reflète ce sentiment d’autonomie face aux règles imposées à l’architecture. C’est d’ailleurs la première fois que la Fondation accueille une exposition consacrée à l’oeuvre d’un architecte. Une première qui correspond bien aux frontières qui volent en éclat, ces mêmes frontières que l’on pose à l’architecture et que l’architecte ne compte pas respecter !

 

 

Anne Vanrapenbusch

La station Plaza CoFuFun de Nendo : folies et fabriques ferroviaires

La station Plaza CoFuFun de Nendo : folies et fabriques ferroviaires

Au Japon, à Tenri, le designer Nendo réaménage un parking de 6000 m2 en un espace ouvert accueillant des activités mixtes au sein d’édicules de béton.

L’histoire urbaine du Japon moderne doit beaucoup aux chemins de fer. Dans les grandes villes de l’archipel, les compagnies ferroviaires se sont faites aménageurs, construisant parc d’attractions, terrains de sport, quartiers d’habitations avec le cas échéant leurs réseaux d’autobus.  La concentration des constructions autour des gares inspire aujourd’hui les aménagements en Occident, comme ceux du grand Paris, par exemple. Moins inspirant, l’urbain sans urbanité de nombreuses villes japonaises, résultat d’épisode de modernisation rapide à différentes époques, notamment dans le Japon en pleine expansion économique des années 60. Une ville chaotique qui peut avoir son charme, mais que l’on essaye depuis quelques années de rendre plus agréable pour ses habitants. Né d’une initiative communale, le réaménagement des abords de la Gare de Tenri, près de Nara, rappelle des projets de récupération urbaine … Olivier Namias

Retrouvez l’intégralité du reportage dans le numéro 383 d’Architectures CREE

 

Image à la une : © Takumi Ota

LIVRES : la sélection de l’été

Avant de prendre à son tour une pause estivale, Architectures CREE présente une sélection de livres paru au cours de cette année universitaire 2016-2017. Une sélection hétérogène, subjective, contemporaine et historique, qui ne prétend aucunement à l’exhaustivité.  

 

De Beaubourg à Pompidou, Ciccarelli Lorenzo, Jankovic Nikola, Anne Rey, Louis Pinto, Jean-Louis Violeau, Alain Guiheux, Boris Veblen

A l’occasion des 40 ans du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, est réalisé un ouvrage en triptyque : 3 livres. La première partie s’intéresse aux architectes, Rogers et Piano, alors inconnu au moment où Jean Prouvé, président du jury, proclame en 1971 le nom des lauréats du Centre Beaubourg. La seconde interroge le bâtiment lors de son chantier, véritable remous autour du « quartier des Halles », mais aussi simulacre de celui de la France. De quoi poser le projet dans son contexte politique et culturel : que se serait-il passé si Georges Pompidou, président entre 1969 et 1974, n’avait pas d’abord été Premier ministre (1962-1968) et grand amateur d’art actuel avec son épouse Claude ? De son inauguration à nos jours, quatre décennies d’intrigues et d’« effets-Beaubourg » nous contemplent. Visages de l’époque, « le nouvel effet-Beaubourg n’est-il pas devenu que l’ombre d’un « effet-Bilbao » parisien (une cash-machine d’expositions mainstream itinérantes), récemment augmentée d’une agora de l’ère du Global Circus ? Par-delà les impératifs d’une politique du chiffre, ne sommes-nous pas passés de « Beaubourg » à « Pompidou », puis de « Pompidou » à « Georges » ? » interroge le troisième volume.

De Beaubourg à Pompidou:

T I, les architectes 1968-1971, Ciccarelli Lorenzo; 128p.

T II, le chantier 1971-1977, Jankovic Nikola; 216p.

T III, la machine 1977-2017, Anne Rey, Louis Pinto, Jean-Louis Violeau, Alain Guiheux, Boris Veblen. 136 p.

Éditions B2, janvier 2017, 14x21cm, 19€ chaque volume. ISBN : 978-2-36509/066-7/067-4/068-1

 

L’institut de l’environnement : une école décloisonnée
Urbanisme, architecture, design, communication. Tony Côme

Agrégé d’arts appliqués et docteur en histoire de l’art, Tony Côme avait fait de l’Institut de l’environnement l’objet de sa thèse. L’ouvrage qui la condense nous fait redécouvrir cet objet pédagogique mal identifié et en grande partie oublié. Édifié presque en catimini sur une parcelle jouxtant l’ENSAD, et s’inspirant pour parti d’un projet imaginé par Roger Tallon, l’institut à une histoire courte et complexe, qui aboutit rue d’Ulm, dans le cinquième arrondissement, mais débute dans les rues d’Ulm, en Allemagne. Cette ville du Bade-Wurtemberg accueille depuis 1953 la Hochschule fur Gestaltung (HoG), logée dans des locaux construits par Max Bill. Présentée comme une descendante du Bauhaus, cette école participe à l’essor industriel du pays : on lui doit l’identité visuelle de la Lufthansa, de Braun, et de nombreux produits « iconiques ». Malgré ses succès et ses contributions aux fleurons du capitalisme rhénan, l’école, marquée à gauche, affronte à la fin des années 1960 une grave crise sur fond de difficultés budgétaires. Sa fermeture en 1968 est presque une aubaine pour un État français, qui cherche à canaliser la contestation de 68 en montrant qu’il sait répondre au désir de changement exprimé par la rue, et avait repéré bien avant les « évènements » la HoG comme modèle possible pour une rénovation de l’enseignement. La France récupère une partie des enseignants de la HoG au premier rang desquels Claude Schnaidt, architecte suisse francophone, vice-directeur pédagogique de la HoG, qui devient directeur du nouvel établissement. L’institut de l’environnement s’installe rue Érasme, grâce à l’aide de Malraux, dans un bâtiment dessiné par l’architecte Robert Joly assisté de Jean Prouvé sur la partie façade.
Pendant sa brève existence, l’institut de l’environnement tentera de recentrer la notion de design sur celle, plus floue, mais plus malléable, d’environnement, favorisant les échanges transdisciplinaires. Les querelles intestines auront rapidement raison de l’établissement. Deux ans après son ouverture, soutenue par Malraux, l’IdE ferme ses portes non sans avoir vu défiler de nombreux stagiaires, étudiants rémunérés provenant pour parti des écoles d’architecture. Stagiaires ou enseignants partiront vers des horizons divers, parmi lesquelles les écoles d’architectures ou l’ENSAD.
Très documenté, le livre de Tony Côme retrace dans le détail l’histoire de cette expérience pédagogique aussi expérimentale que fugace, en interrogeant archives et témoins de l’époque.

L’institut de l’environnement : une école décloisonnée, Urbanisme, architecture, design, communication, Tony Côme, préface de Jean-Louis Violeau. Editions B42, mars 2017, 16,5 x 23,5 cm, 208 p., 24 €. ISBN 9782917855744

 

Aldo Rossi, Architecte du suspens, en quête du temps propre de l’architecture, Can Onaner

Nous entraînant dans une enquête subtile qui traverse les écrits, projets et dessins réalisés entre 1959 et 1982 par l’architecte italien, l’ouvrage de Can Onaner permet de dévoiler sous un jour nouveau les notions et thèmes fondamentaux de l’œuvre d’Aldo Rossi: le type, la répétition, la permanence. Mais aussi de fonder le concept de suspens comme une nouvelle approche théorique de l’architecture, emblème de tout projet architectural inquiet de sa pérennité et mythe nécessaire, sinon fondateur, de toute urbanité.

Aldo Rossi, Architecte du suspens, en quête du temps propre de l’architecture, Can Onaner. Métis Presses, octobre 2016, 24x17cm, 175 p., 34 €. ISBN: 978-2-94-0406-66-1

 

 

 

 

Le Concert
Léa-Catherine Szacka, Sara Marini, Samuel Lorrain

S’il fallait une preuve que l’architecture mène à tout, elle pourrait bien nous être apportée par le groupe Pink Floyd. Trois de ses membres fondateurs — Nick Mason, Richard Wright et Roger Waters — avaient étudié la mère de tous les arts à la London Polytechnic avant de se tourner ver la musique. Certes, cet élément biographique est jugé anecdotique par les principaux intéressés, mais l’architecte ne pourra s’empêcher de voir partout dans l’œuvre des Flamands roses des allusions à l’art de bâtir, de la Battersea Power Station en couverture de l’album Animals, sans oublier les fameuses briques du « mur ».  L’ouvrage se penche sur le concert donné par le groupe de Roger Waters le 15 juillet 1989 dans la cité des Doges. Pour une soirée unique, les Pink Floyd avaient monté une scène flottante attirant 200 000 spectateurs près de la place Saint-Marc, sur terre ou sur l’eau. La ferveur des fans laissa au petit matin la place à la colère : « Mai piu cosi » s’étaient exclamés les non-amateurs de rock progressifs à la vu des dégradations provoquées par les fans. « Le Concert » revient sur ces conflits entre ville patrimoniale et les dispositifs d’installations constituant une forme d’architecture du rock. En dernière partie de l’ouvrage, le compositeur Samuel Lorrain s’attache à la question des textures sonores et leur jeu dans l’espace urbain, en confrontant le concert de Venise au simili concert donné en 1971 par le groupe dans les ruines de Pompéi.

Le Concert, Léa-Catherine Szacka, Sara Marini, Samuel Lorrain. Editions B2, collection « Design », mai 2017, 10X15cm, 14 €. ISBN : 978-2-36509-065-0

 

 

Walter Gropius et le Bauhaus, Giulio Carlo Argan

L’historien de l’art italien Giulio Carlo Argan analyse avec enthousiasme l’œuvre et, plus largement, la pensée et la personnalité de Walter Gropius, fondateur et premier directeur de l’école du Bauhaus de 1919 à 1928. Depuis sa première publication en 1951, cet essai n’a cessé de susciter des exégèses qui en font l’ouvrage historique et critique de référence sur l’une des figures centrales du Bauhaus.

Walter Gropius et le Bauhaus, Giulio Carlo Argan, traduction de l’italien par Elsa Bonan, présentation de Marie Bels. Éditions parenthèses, janvier 2017, 15×23 cm, 224 p., 18€. ISBN 978-2-86364-673-1

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire de la photographie d’architecture, Giovanni Fanelli 

Qu’est-ce que la photographie d’architecture ? Une image faisant figurer un bâtiment de manière presque fortuite, ou une photographie  neutre à caractère documentaire ? Quelle est son histoire ? Est-elle un objet autonome ou un outil au service de l’architecture ? Le rapprochement de deux termes d’apparence simple soulève encore bien d’autres questions, une jungle d’interrogations dans laquelle Giovanni Fanelli, professeur d’histoire à l’université de Florence, tente d’avancer par plusieurs fronts : l’histoire des techniques, la question du document, l’édition et donc la diffusion, les acteurs professionnels ou non…Un seul regret dans cet ouvrage incontournable : que Fanelli ne se soit pas aventuré dans des terres plus contemporaines et semble avoir laissé de coté la question de la photographie couleur.
Histoire de la photographie d’architecture, Giovanni Fanelli. Presses Polytechniques et universitaires romandes (PPUR), mars 2016, 24.50 x 18.00 cm, 468 p., 70€.

 

L’architecture, les aventures spatiales de la raison, Henri Raymond

Aspect de l’activité humaine hautement spécialisé, l’architecture nous fait entrevoir une « raison spatiale » dont les fantaisies commencent à la Renaissance italienne et ne cessent plus, depuis, de nous confondre d’admiration et d’inquiétude. Dans la première partie de l’ouvrage, Henri Raymond convoque les grands noms de l’architecture, de l’histoire de l’art, de l’ethnologie, de la philosophie – de Léonard de Vinci à Bourdieu, en passant par Ferdinand de Saussure, Bruno Zevi, Le Corbusier, Francastel, Emmanuel Kant, Françoise Choay, Claude Lévi-Strauss… et expose leur idéologie de l’espace. Dans la seconde partie, il se penche sur le grand paradoxe de l’architecture, activité qui porte principalement sur la vie quotidienne et qui, dans le même temps, s’efforce de toutes les manières de s’en évader.

L’architecture, les aventures spatiales de la raison, Henri Raymond, présentation de Jean-Pierre Frey. Éditions parenthèses, avril 2017, 15×23 cm, 256 p., 18€. ISBN 978-2-86364-674-8

 

 

 

 

Habiter la nature, James Taylor-Forster

L’ouvrage présente 60 maisons construites entre le milieu du XXe et aujourd’hui, conçues pour entretenir un lien privilégié avec la nature ; des réalisations de grands noms de l’architecture du dernier siècle, dont Mies van der Rohe, Oscar Niemeyer et Frank Lloyd Wright, mais aussi d’architectes contemporains comme Rick Joy, Kengo Kuma, Sou Fujimoto et Mathias Klotz.

 

Habiter la nature, James Taylor-Forster, Éditions Phaidon, 2017, 29x25cm, 280 p., 39,95€ ISBN : 9780714873657

 

 

 

 

Pepsi 70, une multinationale à la rencontre de la contre-culture
Fred Turner

En 1970, Pepsi présente à l’exposition d’Osaka un pavillon qui fait date : un dôme enveloppé dans un brouillard, dépourvu de tout signe associant l’installation au producteur de boissons sucrées et gazéifiées. Au-delà de son esthétique particulière, le pavillon représente une fusion culturelle jusqu’alors jugée impossible par la culture populaire américaine, celle de la contre-culture avec les multinationales, deux antagonistes unis par la cybernétique. Traversant le Pacifique, les hippies d’Osaka deviendraient bientôt les rois de la Silicon Valley.

Pepsi 70, une multinationale à la rencontre de la contre-culture, Fred Turner. Editions B2, collection « Design »,15x10cm, 104 p., 12 €. ISBN 978-2-36509-072-8

 

 

 

 

 


Zone de sécurité temporaire
, Anne-Marie Filaire

Depuis les montagnes réconfortantes de son Auvergne natale jusqu’aux poudrières du Moyen-Orient, Anne-Marie Filaire s’intéresse aux paysages, aux frontières incertaines, aux zones de démarcation. Silencieuses, ses photographiques renferment des couches d’histoire sous leur singulière beauté, révélant les traces de conflits comme les traces de passages. Comme une archéologue, Anne-Marie Filaire accomplit un travail de mémoire en allant au devant des endroits les plus fragilisés dans la sécurité temporaire des zones minées où réside un danger.

Zone de sécurité temporaire, Anne-Marie Filaire avec Jean-Christophe Bailly, Géraldine Bloch. Textuel en coédition avec le Mucem, février 2017, 20x26cm, 428p., 55€.

 

 

 

 

Vers l’immédiate étrangeté des formes, Jean-Christophe Quinton

La pratique architecturale de Jean-Christophe Quinton est guidée par trois convictions : la relation du corps humain au corps architectural ; l’espace comme lieu d’expérience immédiate et sensible ; l’émergence d’une figure architecturale simple, optimisée et circonstancielle, en relation avec la situation du projet. Une approche qui sera présentée dans cet ouvrage monographique à l’identité visuelle forte.

Vers l’immédiate étrangeté des formes, ouvrage paru à l’occasion de l’exposition à la galerie d’architecture, Paris 4e. Édité par Jean-Christophe Quinton, architecte, mars 2017, 45€ ISBN 978-2-7466-9951-9

 

 

 

 

 

 

 

 

Orson Voyage, dessins Jean-Christophe Quinton, dessins personnages André-Louis Quinton, textes Florent Schwartz

« Quand on aime l’architecture, on a envie de la partager, pas seulement avec ceux qui sont convaincus, mais surtout avec ceux qu’il faut convaincre. Quand je vois que l’architecture est déterminante pour l’ensemble de la société, et que personne n’en a vraiment conscience, je me dis qu’il faut commencer très tôt. Il est nécessaire de mettre en relation les enfants avec l’architecture. Non pas naturellement, puisqu’ils sont en relation direct et permanente avec elle, mais en faire un acte volontaire. Il faut leur offrir un terrain dans lequel ils peuvent rentrer et avoir une relation immédiate avec un peu d’architecture contemporaine. Orson Voyage – un livre pour enfant – c’est l’idée qu’on n’explique pas l’architecture mais qu’on se porte avec elle, immédiatement, directement, que ça se manifeste sans avoir à en donner d’explication. Le dessin noir et blanc, qui reprend une esthétique de l’agence, peut faire de ce livre un objet précieux, mais aussi inviter au coloriage, de la même manière que l’architecture est à appréhender, à conquérir. » Jean-Christophe Quinton, extrait de l’interview Jean-Christophe Quinton explore l’immédiate étrangeté des formes, CREE

Orson Voyage, dessins Jean-Christophe Quinton, dessins personnages André-Louis Quinton, textes Florent Schwartz. Design graphique : Studio Otamendi. Éditeurs Black White Rainbow productions, mars 2017, 20€ ISBN 978-2-9601998-1-9

 

Decommunized: Ukrainian Soviet Mosaics
Yevgen Nikiforov (photographer)
Olga Balashova, Lizaveta German

Sur les murs des écoles, dans les salles des gymnases, sur les logements ou par-dessus les théâtres, l’Ukraine soviétique a fait de tout programme un support de mosaïques monumentales présentant les héros et les bonheurs offerts par le communisme. Un patrimoine en danger du fait des lois de décommunisations qui bannissent ce genre d’expression politique, documenté en 200 images recueillies dans 109 villes par le photographe Yevgen Nikiforov au terme d’un périple de 35 000 kilomètres sur les routes ukrainiennes. Selon les auteurs de l’ouvrage, malgré le contrôle sévère exercé par les services de propagande de l’État, les auteurs de ces fresques étaient parvenus à développer un langage visuel qui transcendait les canons du réalisme soviétiques qu’étaient censées suivre ces œuvres. À méditer à l’heure où l’on ne jure plus que par le Street Art !

Decommunized: Ukrainian Soviet Mosaics, Yevgen Nikiforov (photographer), Olga Balashova, Lizaveta German. Dom Publisher, 23.5 x 27.5 cm, 250 p., 200 images 78 €. ISBN 978-3-86922-583-8

 

 

Façons d’habiter au Japon : Maisons, villes et seuils, Philippe Bonnin / Jacques Pezeu-Massabuau

Les deux spécialistes de l’architecture japonaise (tendance traditionnelle) Philippe Bonnin et Jacques Pezeu-Massabuau se retrouvent dans ce tout nouveau livre étudiant les façons d’habiter au Japon. Ils y parlent de l’ineffable et de l’ordinaire, des maisons traditionnelles et de leur modernisation ainsi que de l’importance des seuils.

Façons d’habiter au Japon : Maisons, villes et seuils, Philippe Bonnin / Jacques Pezeu-Massabuau. CNRS Éditions, juin 2017, 15x23cm, 496p., 28€. ISBN 978-2-271-08912-0

 

 

 

 

 

 

Desert Testing
Alessandra Ponte

Le nom d’Almogordo-White Sands, dans le Nouveau-Mexique, résonne infiniment moins que celui d’Hiroshima. C’est pourtant dans ce coin du désert que fut testée à l’air libre la bombe nucléaire qui exploserait trois semaines plus tard au-dessus des deux ports du Japon, entraînant des milliers de morts. Alessandra Ponte explore cette portion de désert proche d’un grand mirage américain, Las Vegas, parcourant un paysage contaminé qui a aussi servi de zone d’essai à plusieurs artistes du Land Art.

Desert Testing, Alessandra Ponte. Editions B2, collection design, mai 2017, 10x15cm, 176 p., 15 €. ISBN : 978-2-36509-069-8

 

 

 

 

 

 

 

Vers une architecture extrême, Rem Koolhaas

« Finalement, l’architecture est une profession dangereuse parce qu’elle constitue un mélange empoisonné d’impuissance et d’omnipotence, au sens où l’architecte s’abreuve presque toujours de rêves et de fantaisies mégalomaniaques qui dépendent à la fois d’autres intervenants et des circonstances, pour les imposer et les réaliser. » extrait d’une série de conférence de Rem Koolhaas avec les étudiants de l’école d’architecture de la Rice University à Houston en janvier 1991.

Vers une architecture extrême, Rem Koolhaas, traduit de l’anglais par Jacques Bosser. Éditions Parenthèses, septembre 2016, 15×23 cm, 96p., 11€. ISBN 978-2-86364-640-3

 

 

 

 

 

 

 

Cedric Price works 1952-2003, A Forward-Minded Retrospective, dir Samantha Hardingham

Cette anthologie en deux volumes réunit pour la première fois tous les projets, articles et conférences de l’architecte britannique Cedric Price (1934 – 2003). Des descriptifs complets de projets sont présentés à côté d’illustrations, dont beaucoup étaient inédites.

Cedric Price works 1952-2003, A Forward-Minded Retrospective, dir Samantha Hardingham. Co-édité par l’Architectural Association et le Centre canadien d’architecture (CCA), février 2017, anglais, 2 vol. sous coffret, 31x24cm, 912p. & 512p., 190€. ISBN 978-1907896439

 

 

 

 

L’odyssée de l’espace IBM
John Harwood

« Toutes les documentations d’Olivetti étaient pleines de couleurs et de gaieté. Elles se complétaient les unes les autres harmonieusement comme le puzzle d’une photographie. Les nôtres ressemblaient à des notices pour confectionner du bicarbonate de soude ». Successeur de son père Thomas Watson à la tête d’IBM, Thomas J. Watson eut un déclic en découvrant non seulement les documents, mais aussi les magasins et les machines produites par son concurrent italien, Olivetti, qui avait construit toute sa stratégie de communication sur l’architecture et le design. Il n’eut de cesse de suivre l’exemple du mécanographe transalpin, confiant à l’architecte Eliot Feyes Noyes le soin d’élaborer toute l’identité visuelle d’IBM, du papier à lettres au magasin en passant par la station de calcul aux noms baroques — RAMAC. Noyes occupa en indépendant 40 ans durant le poste de directeur artistique du Big Blue, tout en continuant de travailler pour d’autres firmes comme Mobil. Membre des Harvard 5, club comprenant son camarade d’étude Philip Johnson et son professeur Marcel Breuer, il distribua généreusement la commande. À Paul Rand le logo de la compagnie, à Eames, Mies van der Rohe, Eero Saarinen, Marco Zanuso et Breuer la maîtrise d’œuvre des bâtiments d’IBM à travers le monde. On se souvient qu’en France, Breuer dessinera le centre de recherche de La Gaude, dans les Alpes-Maritime. Plutôt que d’imaginer un style IBM identifiable, Noyes suggéra à Watson d’adopter un esprit du design IBM qui devait « tout simplement être ce qui se fait de mieux en termes de design moderne ». On pourrait voir dans ces stratégies de design total une des sources d’inspiration d’un célèbre fabricant d’ordinateurs frappés d’une pomme. Plus que des filiations, John Harwood cherche à démontrer à travers l’exemple d’IBM la capacité de l’architecture à produire des « contre-environnements protégeant l’être humain, l’entreprise ou le corps national d’un extérieur sans cesse changeant et toujours plus menaçant ».

L’odyssée de l’espace IBM, John Harwood, préface de Nikola Jankovic. Editions B2, collection « Design », mai 2017, 10x15cm, 144 p., 13 €. ISBN : 978-2-36509-070-4

 

 

 

 

Japon, Yann Audic

Le regard de Yann Audic sur le Japon, un pays dont il est très familier.

Japon, Yann Audic. Rue du Bouquet, français, anglais et japonais, 81 photos argentiques, 17x24cm, 112p., 35€. ISBN 978-2-9556488-0-3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haratori Office Mathon, Zeno Vogel et Nahoko Hara

Le livres présente la reconversion d’une ancienne grange à foin à Mathon, un village perché à 1500m dans les Grisons en Suisse, en un loft alpin, par l’agence japono-suisse Haratori Office.

Haratori Office Mathon, Zeno Vogel et Nahoko Hara. Simonett&Baer, janvier 2017, anglais et japonais, 18.5×20.5cm, 192p,. 40€. ISBN 978–3–906313–10–8

 

 

 

 

 

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Bonne lecture !!!