Nouvelle pièce d’architecture à l’Université de Lausanne

Nouvelle pièce d’architecture à l’Université de Lausanne

Concours pour la réalisation du bâtiment des « Sciences de la vie » à l’Université de Lausanne

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Nouvelle pièce du puzzle sur le campus de Dorigny, le bâtiment des « Sciences de la vie », prendra place entre les bâtiments Amphimax et Génopode, au sein de l’Université de Lausanne (UNIL), voisine de la célèbre École polytechnique fédérale (EPFL). Implanté entre le Lac Léman et le massif montagneux des Alpes, sur ce qui n’était encore dans les années 1960 qu’un vaste champ, le campus s’est inspiré de l’urbanisme de secteurs des années 20 et des modèles de campus américains. Pour autant, l’EPFL, à l’urbanisme hétérogène et dense, diffère de l’UNIL, dont les cinq quartiers sont constitués de corps de bâtiments isolés dans un paysage rural pittoresque.

Dédié à la recherche et à la formation, le futur bâtiment des « Sciences de la vie », devrait, selon les voeux de son commanditaire, participer du rayonnement du campus et répondre aux effectifs croissants. Les chercheurs en neurosciences et microbiologies fondamentales, installés aujourd’hui sur un site distant, pourront accéder facilement aux plateformes technologiques et aux équipements de pointe en forte évolution. Ils se rapprocheront ainsi des autres groupes de recherche de l’UNIL et de leurs collègues du Brain Mind Institute de l’EPFL. Quant aux étudiants en biologie et chimie, à l’étroit dans les deux bâtiments déjà existants sur le site de Dorigny, ils pourront se redéployer et profiter de ce nouvel écrin spécialement conçu pour répondre aux exigences les plus actuels de la recherche scientifique. Le bâtiment des « Sciences de la vie » devra donc être divisé en deux entités, – l’une pour la recherche, l’autre pour la formation – et comprendra deux plateformes liées aux neurosciences et à la biologie (dont un centre d’imagerie cellulaire) ainsi qu’un auditoire et une cafeteria. Un programme totalisant 16 000 m2 auquel est alloué un budget global de 136 millions, financé conjointement par l’État de Vaud (83 millions), l’EPFL (27,5 millions) et une subvention fédérale estimée à 25,5 millions.

Le projet s’insère dans un campus misant sur des architectures à l’image forte, à l’instar du Rolling Learning Center de SANAA, et dernièrement le bâtiment de Kuma. Ainsi, le futur bâtiment des « Sciences de la vie » a fait l’objet d’un concours d’architecture, disputé entre 7 équipes finalistes, choisit parmi 23 équipes présélectionnées retenues parmi 82 candidatures. Chaque projet finaliste sépare formation et recherche en deux entités distinctes orthogonales et tramées, perturbées bien souvent par les espaces communs disposés à rez-de-chaussée. Une disposition classique que n’ont pas adopté les lauréats, les architectes Adrien Verschuere de l’agence Baukunst (Bruxelles) et Stéphanie Bru et Alexandre Theriot de l’agence Bruther (Paris). L’équipe lauréate s’est s’attachée à bouleverser certaines évidences : « le projet 23071933 – son nom de code – nous rappelle que si les habitus spatiaux et les territoires ont une histoire patiemment sédimentée, cette histoire n’est pas pour autant figée », précise le jury, présidé par l’architecte cantonal Emmanuel Ventura.

 

 

 

Projet Lauréat : « 23071933 », Baukunst et Bruther

Le projet « 23071933 » des agences Baukunst et Bruther trouve sa singularité dans le renversement des habitudes spatiales. Le parallélépipède compact et flexible de 7 niveaux (dont un rez inférieur) est ceinturé de coursives périphériques généreuses, plutôt que divisé par des couloirs étroits. Chaque plateau est agencé en deux parties, abritant d’un côté la recherche, de l’autre la formation, plutôt que séparé dans deux entités distinctes. Le tout est disposé autour d’un noyau, formé non par le vide de l’atrium, mais par les salles communes. Le dernier étage accueille les espaces publics dans des entités plus informelles. Ce couronnement contemporain, telle la cerise gâteau, ne va pas sans rappeler le dôme de la MRI de Caen conçu par l’agence Bruther.

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Le projet « AURA » de l’agence Bonnard Woeffray Architectes (Monthey) est constitué d’une aile basse ajourée de 3 patios qui se déploie en longueur pour accueillir la formation, et d’une aile haute qui se développe en hauteur pour abriter la recherche. Si l’on pouvait transposer dans la disposition de ce volume orthogonal l’idée symbolique de l’accès au savoir, la trame très présente en façade impose son tracé régulateur et nous ramène les pieds sur terre.

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« JOHAN AUWERX » de l’équipe E2A, Piet Eckert et Wim Eckert Architekten (Zurich) déploie un plan rectangulaire entre deux volumes, l’un en longueur sur deux niveaux et l’autre sur 6, différenciant la recherche et la formation. En plan, l’implantation des salles suit 3 travées et 2 couloirs. L’enveloppe vitrée renvoie cette fois-ci une image composite et fragmentée, presque fragile, posée dans un paysage romantique.

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Le projet « CAMPAGNE » de l’agence Nissen & Wentzlaff Architekten (Bâle) est composé de deux volumes compacts autonomes, surélevé au-dessus d’un rez-de-chaussée vitré qui abrite les espaces communs. Le module de la structure est de 7,20 m et les façades sont tramées de profilés verticaux préfabriqués en béton. Un projet strict et simple, qui ne semble répondre que trop scolairement au programme.

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Le projet « VISAVIE » de Burckhardt + Partner (Lausanne) est très proche de celui de l’agence Nissen et Wentzlaff, avec deux volumes compacts autonomes, mais disposés en quinconce, ainsi qu’un rez-de-chaussée vitré, mais cette fois-ci constitué de formes libres ovoïdes, fluidifiant le passage entre intérieur et extérieur, et reliant les deux entités.

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Meier & associés Architectes (Genève) propose le projet « PETRI », un « milieu aqueux » à la peau légèrement ondulée fendu de patio sur son périmètre qui peuvent parfois s’apparenter à des fentes malheureuses.

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Le projet « NEXUS » de l’agence Berrel Berrel Kräutler (Zurich) est un projet autonome compact aux cavernes ovoïdes à rez-de-chaussée.

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Amélie Luquain

 

TVK remporte le réaménagement de la Place de la Gare

Porte d’entrée dans la ville de Lausanne (Suisse), la Place de la Gare sera réaménagée par l’agence TVK. Projetant un horizon, les architectes proposent de simplifier et d’unifier cet espace majeur, qui s’inscrit dans le projet de refonte du Pôle Gare.

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Équipe en place

L’équipe* menée par l’agence d’architecture et d’urbanisme parisienne TVK, de Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler, a été retenue parmi six finalistes par la municipalité lausannoise pour la transformation de la Place de la Gare. Ils ont répondu à un Mandat d’Études Parallèles (MEP), soit une démarche similaire à un concours mais qui a pour spécificité de ne pas être anonyme, ouvrant ainsi le dialogue.

Fondée à Paris en 2003 par deux associés, l’agence TVK figure au Palmarès des Jeunes Urbanistes en 2005 et est lauréate des Nouveaux Albums des Jeunes Architectes et Paysagistes en 2006. Auteur du renouveau de la Place de la République à Paris en 2013, l’agence n’en est pas à son premier coup d’essai.

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Ici, à Lausanne, elle propose quatre dispositifs conceptuels et spatiaux articulés entre eux : le balcon, le parcours, le sol unifié et la promenade plantée.

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Un grand balcon à l’horizon

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Vue devant les façades nord

Au cœur de la ville, la Place de la Gare bénéficie d’une grande dimension où converge les flux. Cependant, c’est aujourd’hui un espace technique encombré et morcelé, largement nivelé (1,7 m de différence de niveau entre les façades nord et sud), laissant peu de place au piéton. L’objectif est de repositionner la place au cœur de la vie lausannoise par des usages quotidiens comme exceptionnels, répartissant justement les déplacements.

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« Il est nécessaire de prévoir que la Place puisse s’adapter aux modifications des modes de vie des générations futures. »

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Vue des deux esplanades

Dans un unique mouvement de composition, les architectes affirment, dans une ville ou la pente est omniprésente, une grande horizontale allant d’est en ouest, de la Rasude jusqu’au futur Pôle Muséal. Ils commencent par modeler la topographie, étirant ici etlà les courbes de niveau, les resserrant, planifiant le sol. Ainsi, les niveaux haut et bas seront prolongés vers le centre de la Place, lissés de façade à façade dans un matériau unique qu’est le béton. Ils seront reliés entre eux par de simples emmarchements (7 marches de 13 cm) marquant le nouveau seuil de la Gare, des pentes larges et douces (6%) servant de lieux de transit. Deux grandes esplanades seront donc dégagées, dont la pente minimale de 1,5% recueillera les eaux pluviales. Lieu d’appropriation par excellence, ces terrasses permettront des occupations exceptionnelles et temporaires, tout en dégageant un nouveau point de vue sur le bâtiment visiteur de la gare, à forte valeur patrimoniale.

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« L’unité provient ici de la composition générale : un seul grand mouvement de composition; ainsi que du travail sur le sol : un seul sol minéral. »

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Vue depuis le nord de la place

Redonnant la « place » au piéton, cette dernière revalorisera aussi les usages fonctionnels essentiels que sont les accès aux trains, l’intermodalité, les passages de transition mais aussi les lieux de séjour. Mobilier, abris, plantations assureront les différents besoins : d’une part, trois abribus aux toitures légères et dimensions atypiques (4,5 m x 18 m, plus de 80 m2) seront disposés en quinconce sur la place ; d’autre part, le mobilier sera dessiné dans une même gamme, confortant l’unité du lieu. Enfin, des mâts effilés de grandes hauteurs, supports d’éclairage et des caténaires liés aux lignes de bus, seront alignés en partie centrale, dégageant le reste de l’espace. Quant aux plantations, elles renforceront les alignements déjà constitués le long des avenues de la Gare et Ruchonnet et seront prolongés jusqu’au seuil de la place, dégageant la perspective.

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Démarche participative

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Ce projet de transformation de la Place de la Gare met à profit une démarche participative orchestrée par la municipalité ; il tient compte des résultats du sondage « C’est le moment de faire votre place! » et d’ateliers consultatifs réalisés au printemps 2015 auprès de la population. De cette concertation s’est dégagée une volonté d’optimiser la place comme nœud modal, de respecter l’identité du lieu, aussi convivial que foisonnant, de donner la priorité aux piétons sans exclure les autres modes de transport et d’utiliser la verdure comme source d’apaisement et de valorisation esthétique. Autant de points auxquelles se sont attelés Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler.

« La Gare et ses Places ne doivent plus être une césure dans la Ville, mais bien un lieu fédérateur. »

TVK_LAUSANNE_perimetreLa réflexion sur cette place est également associée à un projet de grande ampleur : le Concept Directeur des espaces publics du Pôle Gare, qui cherche à reconnecter les places de la gare d’ici à 2030, considérant des polarités étendues. La Place de la Gare doit donc intégrer les évolutions futures, que sont l’agrandissement des infrastructures, l’implantation du Pôle Muséal à l’ouest et la reconversion de la Rasude à l’est.

 

 

* TVK – Trévelo & Viger-Kohler, architectes urbanistes (pilote); B+S AG (ingénieur civil); Roland Ribi & Associés, ingénieurs-conseils et urbanistes (ingénieur mobilité); BSAU – Blaise Sahy (architecte urbaniste); OLM – Philippe Coignet, (paysagiste)

 

Amélie Luquain

Courtesy TVK Architectes Urbanistes / Poltred