Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Eames House, la maison américaine au lendemain de la guerre

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les États-Unis, comme beaucoup d’autres pays impliqués dans le conflit, doivent faire face à un nombre important de demande de logements. Les soldats de retour au pays ont en effet besoin de se loger rapidement. Face à cette forte demande, le programme « Case Study House » est lancé sur la côte ouest. De 1945 à 1966, 36 projets seront réalisés par de grands architectes de l’époque. C’est le cas de la maison Eames, case study n°8, conçue par le couple américain Charles et Ray Eames. L’idée principale de ce programme était bien évidemment de construire un logement de manière économique et fonctionnel, avec les technologies de l’époque tout en étant adapté au mode de vie moderne de l’après-guerre.

 

 

Charles Eames, architecte, s’entourent d’abord de Eero Saarinen, confrère d’origine finlandaise. Ensemble, ils conçoivent une maison sur deux niveaux, située au cœur des collines de Los Angeles. Proche de la mer, à l’ombre des arbres, l’emplacement est idéal. La construction prend du retard, suite aux retombées économiques de la guerre, mais c’est finalement en 1949 que la maison verra le jour. Pour des raisons budgétaires, Charles Eames modifiera les plans afin d’utiliser des éléments métalliques commandés par erreur en avance. L’ossature est en acier. En une journée et demie, celle ci était apte à recevoir les remplissages en verre ou en béton colorés. Ces derniers composent la façade telle une oeuvre du peintre Mondrian.

 

L’atelier et le séjour disposent tous deux d’une double hauteur. L’organisation des espaces semblent s’effectuer de manière très rationnelle dans des espaces rectangulaires, régis par la structure métallique préfabriquée. Au nord du projet sont disposés ateliers et pièces sombres, sur deux niveaux. Au sud se trouvent les espaces de vie : cuisine, salle de bain et chambres, séjour… Deux parties composent la maison, séparé par un patio : une à un but résidentiel, alors que l’autre sert d’atelier. Sa proximité avec son environnement en fait un lieu plaisant pour le couple Eames qui y séjourna quelques temps. Ils y incluent une dimension japonisante, avec de grands espaces disponibles et une atmosphère chaleureuse.

 


Au-delà d’être architecte, Charles et Ray Eames ils sont également réputés dans de nombreuses autres demain : le design graphique, le textile, la cinématographique, la scénographie ou encore la confection de mobilier design. C’est à ce couple que l’on doit la réalisation de chaises et de fauteuils au design emblématique des années 80 comme la Plastic Chair, la Chaise Eiffel Tower ou encore la Eames Lounge Chair et son repose-pied.

 

house_eames_inside_interieur

Habiter Plus Habiter Mieux la nouvelle exposition du Pavillon de l’Arsenal

Habiter Plus Habiter Mieux la nouvelle exposition du Pavillon de l’Arsenal

Le centre d’urbanisme et d’architecture de la région parisienne inaugurera l’ouverture de sa nouvelle exposition temporaire « Habiter plus, habiter mieux » ce mercredi 4 avril 2018 à 18h15 au Pavillon de l’Arsenal avec la présence de la Maire de Paris Anne Hidalgo, ses adjoints Ian Brossat (Logement, Habitat Durable, Hébergement d’Urgence), Afaf Gabelotaud (Politique de l’Emploi, également présidente du Pavillon de l’Arsenal) et Jean-Louis Missika (Urbanisme, Architecture, Projet du Grand Paris, Développement Economique, Attractivité), ainsi que le directeur général du Pavillon de l’Arsenal, Alexandre Labasse.

Il s’invente aujourd’hui à Paris de nouvelles architectures du logement. Ces immeubles collectifs justes livrés ou encore en projets explorent des situations urbaines inédites et questionnent les formes traditionnelles de l’habitat ou leur fabrication. Certains expérimentent des stratégies de construction décarbonées, d’autres anticipent les modes de vie de demain ou interrogent la notion même de propriété.

L’exposition « Habiter Plus Habiter Mieux » , présentée du 5 avril au 2 septembre 2018, souhaite mettre à la portée de tous ces enjeux par la présentation de maquettes, films, interviews, prototypes, perspectives et plans d’une soixantaine d’architectures classées selon les questions qu’elles soulèvent. Où fabriquer les logements du Paris de demain ? Casernes, couvents, garages, bureaux, l’immeuble du futur est-il déjà là ? Peut-on encore inventer de nouveaux fonciers ? Comment construire mieux pour consommer moins ? Terrasses, balcons, loggias peut-on offrir plus d’espaces extérieurs et rester sobre ? L’appartement peut-il évoluer avec les rythmes de vie ? Et, si les programmes solidaires préfiguraient les logements du futur ?  Colocation, cohabitation, copropriété  à quoi ressemblera l’appartement à l’heure de l’économie du partage ?

 « Habiter plus, habiter mieux » succède ainsi à l’exposition temporaire « Inventons la métropole du Grand Paris » mise en place au Pavillon du 1er décembre au 04 mars 2018 présentant les propositions finalistes de l’appel à projets urbains. Le Pavillon de l’Arsenal accueille toujours l’exposition permanente « Paris, la métropole et ses projets » qui propose de revenir au travers de documents d’archives, photos, cartes, plans, films et maquettes numériques sur les 800m² qui lui sont consacrés.

Tétrodon, l’habitat modulaire venu des années 1960

Flash-back quelques décennies en arrière, dans les années 1960. Rien ne laissait prédire la fin des 30 glorieuses. On embauchait donc à tout va, de nombreux ouvriers venaient de loin pour travailler dans les industries françaises, qui tournaient à plein régime. Une population ouvrière qui nécessitait d’être logée. C’est ainsi que l’Atelier d’Urbanisme et d’Architecture invente le Tétrodon, habitat modulaire, conçu pour être produit en série, de manière peu coûteuse et légère.

tétrodon_bordeaux_architecture_darwin_habitat_modulaire
Photo : Anne Vanrapenbusch

Le tétrodon, un container augmenté

Sur la base d’un container de dimension standard ( 913,5 x 243,6 x 258,8 cm ), 1 La structure du container permet d’assurer une auto-stabilité, qui permettant d’assembler les Tétrodon, de les empiler, afin de créer de grands volumes de plusieurs logements. Sur cette base métallique viennent s’ajouter des coques en polyester, qui abrite chacune un usage bien spécifique : espace-repos, espace-repas, espace-cuisine, espace-sanitaire. L’architecte Jacques Berces et la designer Annie Tribel ont travaillé sur ces excroissances qui permettent d’ajouter de l’espace aux 22m² initiaux.  C’est d’ailleurs de là que le Tétrodon tire son nom : le Tétrodon est un poisson qui a la capacité de se gonfler en fonction de ses besoins (défensifs notamment). Le module du container pouvant être multiplié à la demande, cela à permis de créer des regroupement de plusieurs habitats.

Axonométrie Tetrodon
Axonométrie : CAUE Gironde

L’architecture au service

La production du Tétrodon est donc lancée en série, pour loger rapidement les ouvriers. Dans une démarche de diminution des coûts, les coques sont assemblées sur site, directement sur les containers, afin de faciliter le transport de ces derniers. Les premiers exemplaires commandés par la SONACOTRA (Société Nationale de constructions de logements pour travailleurs) sont installés à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Une petite centaines d’exemplaires seront utilisés dans un centre de vacances, en Gironde à Lège-Cap-Ferret. D’autres projets Tétrodon verront le jour, mais seul un millier d’exemplaires seront fabriqués. Habitat modulaire faire d’acier et de plastique, le Tétrodon subi de plein fouet le choc pétrolier de 1973, et la production est arrêtée. 

Le tétrodon aujourd’hui

Aujourd’hui, l’habitat utopiste des années 60 tente de revenir au gout du jour. En Gironde, 40 sont utilisés pour loger des saisonniers à Claouey, alors que 40 autres, entreposés à l’espace Darwin de Bordeaux, servent de logements d’urgences. On cherche à sauver un patrimoine architecturale, qui a d’ailleurs reçu le label Patrimoine du XXe siècle en 2012. On cherche à les ré-exploiter, à leur trouver un nouvel usage, on les déplace, pour sensibiliser le public à cette architecture utopiste certes, mais qui soulevait déjà les questions du logement d’urgence et sa précarité, dès les années 1960.

tétrodon_bordeaux_architecture_darwin_habitat_modulaire_
Photo : Anne Vanrapenbusch
tétrodon_bordeaux_architecture_darwin_habitat_modulaire
Photo : Anne Vanrapenbusch
tétrodon_bordeaux_architecture_darwin_habitat_modulaire_
Photo : Anne Vanrapenbusch

L’Atelier d’Urbanisme et d’Architecture

L’AUA, créé en 1960 par l’architecte Jacques Allégret, avait pour vocation d’engendrer des réflexions autour du projet d’architecture et d’urbanisme, en croisant les différents métiers qui étaient amenés à y réfléchir, notamment les architectes et les urbanistes, mais également des ingénieurs, des décorateurs… Il souhaite « offrir un lieu qui permette à différents spécialistes de travailler côte à côte sur les mêmes dossiers, d’apprendre à se connaître et à se comprendre » Relativement inédit à l’époque, ce travail de collaboration semblait nécessaire au fondateur de l’Atelier d’urbanisme et d’architecture. Durant les 26 années de son existence, l’Atelier ne dépassera jamais 50 employés, des indépendants venants de tant à autre pour soutenir divers projets. Malgré la dissolution de l’AUA en 1986, la thématique de la collaboration entre plusieurs acteurs du bâtiment reste une préoccupation toujours très actuelle.

 

Anne Vanrapenbusch

Le prix du Logement récompense Tania Concko

Le prix du Logement récompense Tania Concko

Créé par le Conseil National de l’Ordre des Architectes et l’Académie, le Prix du Logement a été remis par Catherine Jacquot, présidente de l’Ordre, à Tania Concko. L’architecte, fondatrice de l’agence TCAU, a accumulé les prix depuis le concours Europan 2 de 1991 dont elle est lauréate. Le jury a apprécié sa capacité à « transformer les contraintes en opportunités ».

TCAU_prix logement_ordre des architectes

Tania Concko, dans son discours, a déploré que le rôle de l’architecte se cantonne à celui de « gentil accompagnateur », chargé de la conception du projet mais plus de sa réalisation. Selon elle : « La sanction est là. Les habitants se tournent vers l’autoconstruction et le participatif. Il y a donc urgence à changer les façons de faire pour retrouver une crédibilité. » extrait du Moniteur

TCAU_Begles_ prix logement_ordre des architectes
B1 à Begles, récemment receptionné (c) Jean-Francois Tremeges

 

Palmarès des Prix d’architecture de l’Académie d’architecture 2016 :

– ANNE LACATON & JEAN-PHILIPPE VASSAL : Médaille d’or
– VALENTIN FABRE & JEAN PERROTTET : Médaille d’honneur
– CARIN SMUTS : Médaille de l’urbanisme
– DGT : Médaille d’architecture / Prix Dejean
– STEPHANE MAUPIN : Médaille d’architecture / Prix Le Soufaché
– MAYA NEMETA et AMINE IBNOLMOBARAK : Prix spécial de l’Académie
– PASCAL ROLLET : Médaille de la prospective
– MARIE-HELENE CONTAL : Médaille des publications
– SAMUEL ROUSSEAU : Médaille des arts
– ANN-VERONICA JANSSENS : Prix Fondation de l’Académie d’architecture
– MICHEL GOUTAL : Médaille de la restauration
– PIERRE VON MEISS : Médaille de l’enseignement et de la recherche
– LIVIO DE LUCA : Médaille de la recherche et de la technique
– PASCAL DUBOURG-GLATIGNY : Médaille de l’histoire de l’art
– JEAN-CLAUDE GOLVIN : Médaille de l’archéologie
– TANIA CONCKO : Médaille du Logement de l’Ordre des architectes
– MARIE PRESANI : Prix Pierre Roux Dorlut