Bienvenue à bord d’AirDraft, un théâtre gonflable qui sillonne les canaux londoniens !

Bienvenue à bord d’AirDraft, un théâtre gonflable qui sillonne les canaux londoniens !

A l’occasion de la deuxième édition annuelle d’Antepavilion 2018, les designers Thomas Randall-Page et Benedetta Rogers ont imaginé un théâtre gonflable baptisé « AirDraft ». Ce lieu créatif flottant dédié à la musique et la performance est amarré à une barge du XIXe siècle dans le quartier branché d’East London .

Le projet d’Antepavilion et le sponsor Shiva Ltd, avec le soutien de la Fondation Architecture, organisent chaque année un concours pour la conception et la construction d’une structure expérimentale pour une série évolutive d’installations sur les stands publics de Hoxton Docks sur le canal Regent à Haggerston. Une initiative offrant ainsi l’opportunité aux architectes, artistes et designers émergents de présenter des travaux nouveaux et innovants dans un environnement urbain unique.

Pour cette session, les participants étaient invités à proposer une structure flottante sur le canal Regent à Hoxton Docks.

 

AirDraft, choisi parmi 132 propositions, a été conçu en forme de ballon afin de pouvoir se dégonfler en cinq minutes et d’être facilement dirigeable sous les ponts le long des voies navigables de Londres.

Avec une capacité d’accueil de 30 personnes, les spectateurs pénètrent par une trappe pour emprunter des escaliers menant à un espace sous la ligne de flottaison équipée d’un banc et d’une étagère permettant aux gens de ranger leurs chaussures.

De là, ils traversent un passage conduisant à l’extérieur du théâtre, où ils peuvent s’asseoir sur le plancher gonflable.

 

 

Les architectes ont collaboré avec des experts en matière de structures gonflables, Cameron Balloons, pour créer la structure qui se compose de deux sections et utilise deux types de ventilateurs différents pour se gonfler ainsi qu’une équipe de volontaires, avec le soutien de AKTii Engineering, pour la construction. La forme du projet a été influencée par la géométrie sphérique requise par la physique impliquée dans les structures gonflables.

Les choix de couleurs étant limités dans le tissu requis, les architectes ont opté pour le jaune comme un clin d’œil au travail de Jeffery Shaw, dont les œuvres gonflables ont influencé leur concept. À la fin des années 1960, Shaw créa des sculptures interactives, souvent de couleur jaune, où les gens pouvaient rebondir sur des coussins d’air géants sous un dôme transparent.

Dans la journée, sa surface brillante crée des reflets accrocheurs sur l’eau et les bâtiments environnants, tandis que la nuit, sa forme semblable à une orbe brille comme une luciole géante.

« Les canaux de Londres ont changé, passant des conduits de l’industrie et du fret aux artères d’art, de culture et de loisirs. Grâce à cette proposition, nous voulons réfléchir à ce changement. Avec un bateau pour un père et un dirigeable pour une mère, AirDraft est un espace gonflable pour la détente et la performance. […] Vu du chemin de halage, Air Draft ressemble à un bateau de charge curieusement surchargé qui complète et enrichit l’ensemble existant de structures ludiques et artistiques de Hoxton Docks.  » expliquent les concepteurs d’AirDraft.

Ce samedi 11 août, le théâtre flottant partira en tournée de huit jours, faisant des haltes dans différents lieux culturels et lieux d’accueil pour des manifestations artistiques.

Photographies de Jim Stephenson .

Un ancien rond point londonien transformé en pavillon par Make Architects

Make Architects vient de dévoiler le pavillon Portsoken, une structure monocoque sculpturale dans le cadre de la transformation d’un ancien rond point par la City of London Corporation en un espace public de haute qualité.

Cet ancien rond-point comportant de nombreux passages souterrains, a fait l’objet d’une longue réflexion urbaine ayant durée pas moins de six ans pour ainsi détourner les routes, bloquer les métros dangereux et transformer la zone en nouvel Aldgate Square, l’un des plus grands espaces publics de Londres.

Le pavillon prend place dans ce nouveau paysage urbain et offre par la même occasion une meilleure connexion entre les deux bâtiments du patrimoine distinctif qui se trouvent de chaque côté du nouvelle place: l’église St Botolph sans Aldgate et l’école primaire de la Fondation Sir John Cass. Cet agrément public sera géré par l’entreprise sociale locale Kahaila comme un café et un espace communautaire multifonctionnel.

L’architecte du projet Sarah Shuttleworth a déclaré: «Le projet final est beau, distinctif, mais aussi respectueux de l’architecture et du patrimoine qui l’entourent. Il fournit une commodité civique sur mesure et l’ambition ainsi que la détermination de la City of London Corporation de persister et de livrer la place et le pavillon – malgré les défis – afin de transformer cette parcelle de Londres au profit de la communauté locale, doivent être applaudies « 

Chris Hayward, président de la Ville du comité de planification et des transports de London Corporation, a déclaré: « Cela a été un plaisir absolu de voir un mouvement giratoire qui reflète des années 1960 la planification du trafic, amené dans le 21 e siècle. Avec l’arrivée imminente de la ligne Elizabeth, la priorité numéro un est que notre infrastructure soit adaptée à ses besoins. Plus que jamais, nous voyons des entreprises se concentrer sur les infrastructures locales et prendre des décisions de localisation en fonction de la qualité du domaine public qu’elles peuvent offrir à leurs employés. L’achèvement de la place marque un changement radical dans la région, démontrant aux investisseurs qu’ils devraient continuer à s’engager dans le domaine public de classe mondiale de la ville. Ces plans étaient ambitieux, mais il est juste que nous fournissions un environnement sain et inclusif pour les divers les résidents, les écoliers, les visiteurs et les travailleurs du premier quartier d’affaires d’Europe. «   Avec une structure angulaire qui se replie pour rejoindre le sol à seulement trois points d’appui triangulaires, le pavillon reprend les angles asymétriques du centre d’information de la ville de Londres. Les panneaux de revêtement de Corten forment une peau structurelle rigide couvrant le pavillon. Ils créent également une surface facettée réduisant le profil global du pavillon et lui conférant ainsi toute son identité. De plus, les canaux générés par le revêtement en couches sont fonctionnels puisqu’ils permettent à l’eau de pluie de s’écouler dans des drains discrets situés là où l’acier rencontre le pavage de Yorkstone. 

Dessinée avec l’utilisation d’un système paramétrique, la forme du pavillon a été soigneusement imaginée en fonction des principaux accès piétons de la nouvelle place. 

À l’intérieur, les bandes de bardage sont imitées sur le soffite, avec des panneaux de bois lamellé-collé blanc géométrique, pourvus de fentes perforées pour une meilleure acoustique. Ce pavillon a été désigné de manière à être le plus flexible possible et devenir une véritable plaque tournante pour la communauté – un espace qui pourrait fonctionner comme un café, pour des expositions, pour des réunions communautaires.

Le bâtiment d’une surface de 325 m2 reprend une partie des anciens métros pour aménager un sous-sol destiné aux installations techniques, aux cuisines et aux toilettes. Une façon de diminuer considérablement la quantité de terrain nécessaire au-dessus du sol et donc livrer un plus grand espace public. Par ailleurs, la température constante des tunnels en béton contribue à réguler d’avantage la température du bâtiment.

Concernant la structure, celle-ci a été préfabriquée hors site par Littlehampton Welding, puis démontée afin de rouiller pendant la préparation du site par l’entrepreneur Kier. 

The London Mastaba : Christo dévoile une sculpture flottante géante !

L’artiste de 83 ans, Christo, vient de terminer The London Mastaba, une sculpture de 20 mètres de haut composée de 7 506 barils peints et fixés à des échafaudages. Flottant sur le lac Serpentine de Londres, la sculpture temporaire évoque les formes trapézoïdales des tombeaux  traditionnels appelés mastaba. Cette oeuvre est la réalisation du rêve partagé du duo artistique, formé par Christo et sa défunte épouse Jeanne-Claude, de créer une version flottante de la forme qui les a fascinés pendant un demi-siècle. 

© Wolfgang Volz

Certaines de leurs œuvres pionnières se rapprochent du Land art en raison de leur gigantisme, ou plus généralement, de leur réalisation hors des traditionnels sites ; atelier, galerie, musée. Le couple refuse cependant l’appellation « Land Art », précisant que ses interventions ne sont jamais réalisées dans le désert : un argument assez discutable au regard de la diversité des pratiques de ce mouvement artistique qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Ils s’intéressent à la structure, à l’usage, à la beauté ou à la dimension symbolique des lieux sur lesquels ils interviennent temporairement.

© Wolfgang Volz

Le Mastaba de Londres a conservé son indépendance vis-à-vis des galeries, des subventions gouvernementales ou des mécènes, puisqu’il a été entièrement autofinancé. Comme pour toutes les installations de Christo et Jeanne Claude, l’argent a été recueilli grâce à la vente d’œuvres d’art originales. Il n’y a pas d’assistants; toutes les pièces sont faites par l’artiste.

© Wolfgang Volz

« J’ai grandi dans un temps terrible en Bulgarie stalinienne, je me suis échappé de là à l’âge de 21 ans pour être artiste, libre, sans retenue« , raconte Christo. « Je ne vais pas donner un millimètre de ma liberté [loin] et endommager mon art« .

« C’est pourquoi je fais les choses que j’aime faire« , a ajouté Christo. « Personne ne fait ces choses, elles sont décidées par nous, personne ne nous a demandé de construire un mastaba, c’est tout le désir irrésistible de faire des œuvres d’art. »

© Wolfgang Volz

Le London Mastaba est la première sculpture à grande échelle de Christo et Jeanne-Claude à être réalisée au Royaume-Uni.

La construction a débuté le 3 avril 2018 par une équipe composée de JK Basel, de Deep Dive Systems et de Coventry Scaffolding, avec l’aide d’ingénieurs de Schlaich Bergermann Partner.

Le polyéthylène à haute densité imbriqué a été utilisé pour créer une plate-forme flottante qui est maintenue en place par 32 ancres pesant chacune 6 tonnes. Les barils sont soutenus par un cadre en acier et un système d’échafaudage. La sculpture entière pèse 600 tonnes et couvre un pour cent de la surface du lac.

© Wolfgang Volz

Aux extrémités des barriques une mosaïque peinte en rouge, bleu et mauve crée un effet de style impressionniste contre l’horizon de Londres et dans le reflet scintillant du lac. Un rouge différent coupé de bandes de blanc a été utilisé pour les faces inclinés de chaque côté. Christo a choisi le jeu de couleurs spécifiquement pour interagir avec le vert et le bleu du parc public et de son lac, et l’horizon de Londres contre son ciel notoirement changeant.

 

© Wolfgang Volz

Le Mastaba de Londres flottera sur le lac Serpentine à Hyde Park – visible gratuitement par le grand public – jusqu’au 23 septembre 2018.

Centre de musique à Londres : la shortlist pour sa conception dévoilée

Centre de musique à Londres : la shortlist pour sa conception dévoilée

La liste des architectes présélectionnés pour la conception du centre de musique à Londres est révélée.

En mai, le Barbican, l’Orchestre symphonique de Londres et la Guildhall School of Music & Drama, qui sont en tête du développement d’une analyse commerciale détaillée pour le nouveau Centre soutenu par un financement de 2,5 millions de livres de la City of London Corporation, ont lancé un concours ouvert destiné aux architectes d’envergure internationale.

Les architectes retenus sont :

  • AL_A (UK) and Diamond Schmitt Architects (Canada)
  • Diller Scofidio + Renfro (USA) and Sheppard Robson (UK)
  • Foster + Partners (UK)
  • Gehry Partners, LLP (USA) and Arup Associates (UK)
  • Renzo Piano Building Workshop (France)
  • Snøhetta (Norway)

Le centre de musique devrait contenir une salle de concert, des espaces de formations, numériques, commerciaux. Ce serait un lieu d’accueil, de participation, de découverte et d’apprentissage adapté à l’ère numérique. Encore la commande d’un signal, la ville souhaitant faire valoir sa notoriété en la matière par une signature architecturale.

Quebec, Paris, Vitrolles, Xiongan, Londres : la revue de presse du 10/05/2017

Quebec, Paris, Vitrolles, Xiongan, Londres : la revue de presse du 10/05/2017

Réflexions sur la ville au Québec, concours de façades à Paris, un parc d’attraction au stadium de Vitrolles, l’essor du Glamping, une nouvelle mégapole en Chine, La Tate Gallery vs ses riches voisins : rideaugate à Londres. La revue de presse du 10 mai 2017

Du béton pour la création

Le béton est tendance, comme le prouve la boutique récemment inaugurée de l’enseigne trendsetter anversoise Coccodrillo. Qu’a choisi l’architecte gantois Glenn Sestig — un éminent représentant du lifestyle flamand — pour habiller cet espace de 250 m2 ? « Des sols aux plafonds, du béton », relate le supplément week-end du l’hebdomadaire belge le vif. « Le béton a longtemps souffert d’une image négative. Pourtant, il possède de nombreuses vertus et qualités. Le temps est peut-être venu de l’envisager sous une perspective nouvelle et de ravaler certains préjugés », qui viennent du fait que « durant longtemps, le béton fut du coup injustement réduit, dans l’imaginaire collectif, au rôle de complice de prédilection d’exactions urbanistiques : HLM, parkings ou bâti mégalomane évoquant la période soviétique ». Le magazine dresse la liste des usages tendances, du design à l’architecture. Présenté comme l’ambassadeur du béton en Belgique, l’architecte Bruno Erpicum, imagine même des mises en œuvre prenant en compte son vieillissement : « Sur certains projets, nous avons travaillé la façade avec des redents et des ressauts horizontaux, pour qu’elle soit « salie » par la poussière et la végétation, et puisse vibrer comme les rochers environnements ». Un matériau rude idéal pour des temps d’austérité créative…

Via Le Vif 

Mouvement de tours

Le concours annuel organisé par Evolo pour la conception de gratte-ciel utopique trouve toujours un écho dans les médias grand public. Science Post se passionne pour le « Pod Vending Machine Skyscraper (…) un concept réunissant des caractéristiques de l’impression 3D, du jeu Puissance 4 et du distributeur automatique. Ce projet s’inspire d’un mouvement architectural japonais des années 1960 et 1970 ayant transformé la structure des villes du pays ». Imaginé par l’architecte britannique Haseef Rafiej, le projet met en œuvre un process inspiré par les distributeurs automatiques de Tokyo, dont la prolifération « a minimisé le coût du travail humain par la réduction du besoin des vendeurs ». Il suffira de remettre de l’argent dans le nourrain pour activer l’imprimante 3D assurant la production de capsules habitables. BFM Business s’intéresse de son côté au projet lauréat du concours, fruit des cogitations de Pawel Lipiński et Mateusz Frankowski sur la pauvreté en Afrique. Face à ce problème, « le duo a donc imaginé « Mashambas ». Ce gratte-ciel serait un centre éducatif pour que les populations locales puissent apprendre les techniques d’agriculture propres à leur région, un magasin où les agriculteurs pourront acheter des graines et des semences, et un lieu de commerce où ils vendront les surplus de leurs récoltes. Bien sûr, la tour modulable est évolutive, et pourra être agrandie, voire déplacée si besoin est, « lorsque les agriculteurs du coin sont autosuffisants » ». Les transhumances de gratte-ciel promettent un sacré bazar sur les routes en latérite !

Via Science Post et BFM Business

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Pod vending machine skyscraper. Crédit image : Haseef Rafiei. Via science post
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Skycraper Competition, Des architectes imaginent un gratte-ciel pour lutter contre la pauvreté via BFM Business

Miss Façade 2017

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris va soumettre au vote le rétablissement du concours récompensant les plus belles façades de l’année, une pratique instaurée en 1898 par la Ville pour « pour rompre avec ce qui leur semblait à l’époque une surabondance d’uniformité haussmannienne » avant d’être abandonnée dans les années 30, le danger ayant vraisemblablement été écarté. D’après le groupe, ce concours a offert à Paris de véritables joyaux, comme le Castel Béranger, dont on pensait naïvement qu’il était d’abord dû à un architecte et un maître d’ouvrage. Quoi qu’il en soit, le retour de l’uniformité justifierait la résurrection de la compétition « »Car depuis des décennies, l’urbanisme parisien s’est tristement laissé envahir par des projets immobiliers au style, lignes et formes qui ne se distinguent pas de ce que l’on pourrait trouver dans n’importe quelle métropole du monde », estime le groupe ». Dire cela, alors que les décennies passées nous ont laissé tant d’immeubles carrelés ou bigarrés, c’est limite insultant !

Via Le Figaro immobilier 

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Détail de la façade de l’immeuble Lavirotte. Crédits photo goga18128/shutterstock.com via Le Figaro Immobilier

Sondage au Québec

Plutôt que de lancer un concours de beauté, l’Ordre des architectes du Québec va sillonner la Belle Province pour connaître l’opinion de la population quant à l’architecture, posant aux citoyens de treize villes des questions dignes d’une audition pour le poste de ministre de la Culture : « quels projets de développement vous inquiètent et pourquoi ? Si vous étiez ministre de l’architecture, que feriez-vous ? En quoi l’architecture influe-t-elle sur votre quotidien ? » La démarche s’inscrit dans la préparation d’une politique nationale de l’architecture. « Plusieurs personnes nous parlent de l’étalement urbain, de la place des cyclistes et des piétons. Certains nous disent que leur ville n’est pas accueillante, qu’elle est faite de façon banale. D’autres déplorent que les infrastructures soient construites au plus bas prix ou que les projets soient déjà « cannés » avant d’avoir consulté la population », résume Nathalie Dion, présidente de l’Ordre des architectes du Québec qui a assisté à quelques consultations publiques. Salima Hachachena, directrice de l’urbanisme de la Ville de Saint-Jérôme, pense que les « architectes et les urbanistes doivent aller sur la place publique pour « dire ce qu’il en est ». « Ça nous prend des gens qui n’ont pas peur de perdre leur poste. Des gens qui ne font pas de politique », affirme-t-elle ». Des profils à la double compétence, architecte et kamikaze.

Via Le Mirabel 

Apocalypse Now chez Riciotti

Du côté de Marseille, les étudiants du mastère professionnel en aménagement et promotion immobilière ont planché durant quatre mois sur le devenir du Stadium de Vitrolles, bâtiment conçu par Rudy Riciotti abandonné depuis près de deux décennies (nous en parlions ici Stadium de Vitrolles : bientôt 20 ans… d’abandon !). Certains ont imaginé de transformer le lieu en studios de tournage ouverts au public, d’autres proposaient sa mutation «en un complexe festif national et international pour ceux qui aiment danser, pour les amateurs d’art avec cabaret et ambiance prohibition» – une option qui n’aurait sans doute pas déplu à son créateur -, une troisième équipe s’est vêtue de rouge et noir – un hommage à Stendhal, mais surtout à Jeanne Mas – pour présenter son projet de réhabilitation du stadium en parc des expositions, avec hôtel, etc. C’est l’Exploradium qui a gagné « un parc d’exploration et d’expérimentation sur la fin du monde. Alors oui ça fait sourire dans la salle, mais pour l’équipe « c’est un thème très assumé qui répond à d’autres thématiques elles aussi assumées comme la guerre nucléaire, l’épuisement total des ressources, la pollution généralisée, le soulèvement de l’intelligence artificielle ou encore la catastrophe climatique… »». Une thématique innovante qui n’a été testée dans aucun parc d’attractions. L’équipe a été récompensée d’un chèque de 3500 euros : ce n’est pas la fin du monde.

Via Go Met 

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La 7e édition des Business Game Immo avait pour thème « Le Stadium » de Vitrolles. via Go Met

Beijing vers une nouvelle aire

Les autorités chinoises ont dévoilé début avril leur plan pour la construction d’une ville grande comme trois fois New York. Représentant un investissement de 527 milliards d’euros, cette zone économique spéciale est un projet phare du président Xi Jinping. « C’est un nouveau chapitre pour la transition historique du pays vers une croissance coordonnée, inclusive et durable », affirme l’agence de presse officielle Xinhua. Construite à 100 km au sud de Pékin, la nouvelle aire de Xiongan – c’est pour l’instant le nom de cette mégapole – devrait offrir un remède à tous les maux de la capitale, un Bisjing qui serait une sorte de Beijing bis idéal. Embouteillage, pollution de l’air et spéculation immobilière n’y ont pas leur place. Les autorités y ont d’ailleurs gelé les transactions immobilières. « Selon Xinhua, la zone voit ainsi affluer des personnes qui viennent prendre des photos, échanger des informations et rechercher des opportunités d’affaires ». Petit bémol, l’ONG chinoise Liangjiang Huanbao révélait que la zone, secteur d’activité industrielle, était complètement polluée. On y a notamment déversé des eaux usées sur une surface équivalente à 42 terrains de football. Le gouvernement a admis que l’assainissement serait long et coûteux. La nocivité des sols poussera-t-elle les fils du ciel à faire renaître l’urbanisme sur dalle ?

Via La Tribune de Genève

Glamour au camping

C’est au cours d’une classe d’innovation et marketing que David Troya, Sévillan installé à San Francisco pour le besoin de ses études, a entendu pour la première fois l’expression Glamping. Contraction de glamour et camping, le néologisme désigne une forme de camping chic, pensée pour ceux qui détestent les désagréments du camping, mais sont attirés par le mode de vie décalé qu’il propose et l’insolite des lieux qu’il investit. La Glamping attitude consiste à ramener sous la tente sa literie baroque et son air conditionné. «Au départ, il y avait bien des gens intéressés par dormir dans un arbre, une grotte ou un igloo, mais personne n’appelait ça du Glamping». 8 ans après, Troya est devenu le pape espagnol du Glamping : «aussi surprenant que cela paraisse, la demande pour ce type de logement n’arrête pas d’augmenter. Les gens sont plus en quête d’expérience que de luxe, et cette forme de camping, qui offre toutes les commodités en pleine nature, combine tous les avantages mieux que n’importe quel autre type de tourisme», affirme le gérant de la fédération espagnole des entrepreneurs de camping. GlampingHub, le blog de Troya et son associé, est devenu une plateforme commerciale de type Air bnb, qui prélève 10% de chaque transaction locative. GlampingHub a réalisé un chiffre d’affaires de 2,1 millions d’euros, et espère bien conquérir le monde depuis l’Andalousie. Elle y arrivera peut-être, à moins que la pratique du glamping sauvage ne se répande comme une traînée de poudre.

Via El Pais 

Rideaugate à Londres

Cinq résidants de Neo Bankside, une tour de logements de luxe où l’appartement se négocie en millions de livres, attaquent leur voisine, la Tate Gallery, au tribunal. Motif de la plainte « le traumatisme de vivre dans un bocal à poisson rouge » sous le regard constant des visiteurs du musée en promenade sur la plateforme d’observation de la Switch House, extension de la New Tate que l’on va rebaptiser du nom d’un oligarque russe. Le directeur du musée avait suggéré que leurs voisins installent des rideaux. Les plaignants penchent plutôt pour l’installation d’un cordon qui barrerait l’accès de la partie sud de la terrasse au public, ce qui leur permettrait de profiter de leurs appartements sans être gênés par les regards des manants, et ne coûterait qu’une poignée de livres. Une forme de Nimbysme rétroactif, observe un expert en litige immobilier « ce que nous dirons au tribunal est que ces gens ont volontairement acheté un bocal à poisson rouge pour y vivre. (…) Il y a une contradiction flagrante chez les gens qui achetent des appartements avec de larges baies vitrées dans le entre de Londres pour pouvoir regarder partout, mais ne pas vouloir que l’on voit dedans ». D’autant qu’au moment de l’achat, le projet d’extension était lancé, et que la présence de la Tate est précisément ce qui a rendu le quartier attractif aux yeux des promoteurs et habitants. Le cas n’est pas isolé « d’innombrables pubs et scènes musicales à travers le pays sont menacées de fermeture pour des raisons similaires, alors que l’obsession nationale pour la protection des prix de l’immobilier s’apprête à faire de quartiers vivants des villes dortoirs sans vie. Par leurs actions agressives pour sauvegarder la valeur de leurs biens, les nouveaux résidents lobotomisent sans relâche les villes » accuse Wainwright, critique d’architecture du Guardian. Fermer la terrasse, affirme Wainwright, « créerait un précédent pour le futur de nos villes, minant les bases mêmes de la tolérance sur laquelle se construit la vie civique. Cela voudrait dire que vous pourrez construire un immeuble face à un parc existant, puis chercher à faire fermer cet espace public la nuit, quand vous déciderez que l’activité qui s’y déroule constitue une entrave au droit de vous promener nu chez vous sans stores. Cela voudra dire que les habitants de Dubai-sur-Tamise (allusion à un marché immobilier de luxe destinés à des acheteurs venus du monde entier) pourront exiger un embargo sur la circulation fluviale sous leur balcon, ou que les voisins d’une école pourront demander une interdiction des heures de récréation ». Plutôt fermer quelques rideaux qu’ouvrir cette boite de Pandore !

via The Guardian 

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La Tate Modern, vue depuis l’immeuble Neo Bankside. Photographe : Alicia Canter pour the Guardian

Olivier Namias

Architectures et Brexit, le coût du bruit, la New Tate : la revue de presse du 21 juin 2016

Architectures et Brexit, le coût du bruit, la New Tate : la revue de presse du 21 juin 2016

Koolhaas s’oppose au Brexit, inauguration de la New Tate modern, les architectes anglais face aux référendum du 23 juin, des décibels qui coûtent de l’Or, Calatrava à l’amende

New Tate Modern The Switch Luc Boegly Sergio Grazia
New Tate Modern  » The Switch » – Herzog et de Meuron architectes. Courtesy (c) Luc Boegly+Sergio Grazia

Remxin

Hollandais, mais aussi ancien étudiant de la AA school, Rem Koolhaas s’est prononcé pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne sur les ondes de la BBC. Il y a bien plus en jeu qu’être dedans ou dehors, a affirmé l’architecte se souvenant des effets que l’entrée dans la CEE avait eu sur son ex-école. Des Allemands, Tchécoslovaques et Français arrivant dans l’établissement avaient contribué à « moderniser la mentalité anglaise, l’ensemble de la civilisation britannique », a encore expliqué l’architecte. Une sortie de l’UE la ramènerait en revanche aux temps qu’a connu Rem à ses tous débuts à l’AA : une ère où les serveuses du restaurant de l’école portaient des bonnets victoriens. Pas sexy pour un moderne, et dur à avaler pour la figure de proue d’une agence qui s’est plusieurs fois penchée sur la communication de la Commission européenne.

Via Building Design

 

Archout?

Si pour Rem Koolhaas, le Brexit ramènerait l’Angleterre aux mauvais temps anciens, les grandes agences d’architectures britanniques se déclarent mal préparées aux conséquences du « Oui » au référendum du 23 juin. Le magazine Building Design a interrogé une douzaine d’agences parmi les principales du Royaume-Uni. Pour Brendan Kilpatrick, associé de PRP, les conséquences sur l’emploi seraient très négatives : notre agence est très internationale, et craint de voir partir de Londres ses employés d’origines polonaise, lituanienne, espagnole ou grecque. Les perspectives d’emploi devraient cependant les retenir au nord du continent… Un directeur d’AHR s’attend à une période d’instabilité d’une durée inconnue et des répercussions sur l’activité économique difficiles à évaluer. En mai dernier, 78% des architectes se prononçaient pour un maintien dans l’UE et 11% pour le Brexit, selon un sondage réalisé par le magazine Building auprès de 180 architectes.

Via Building Design

 

Adieu saucisses, bonjour pyramide

Au-delà du Brexit, l’actualité architecturale britannique se focalise sur l’inauguration de la New Tate Modern, bâtiment livré par Herzog et de Meuron après 10 années de chantier. Déjà un succès public, si l’on en croit les notes données par les lecteurs du Guardian à l’extension de l’ancienne centrale électrique de Bankside. Harry Hickmore, 23 ans, observe qu’il est difficile de prendre un selfie avec le nouvel édifice, admettant que ce n’est peut-être pas un mal. Adam Smith apprécie l’illusion de vivre dans le décor des SIM. L’accès aux pièces avec panorama sur la Tamise lui donne l’impression de vivre dans un des luxueux appartements occupés par les personnages du jeu vidéo, sensation qu’il évalue comme une performance artistique du XXIe siècle. Les deux ont donné 4 étoiles sur 5 au bâtiment, beaucoup plus qu’à l’usine Sainsbury, construite dans les années 30 par Owen Williams, dont la destruction récente est passée inaperçue. Nina Rappaport rend hommage dans les colonnes de Building Design à cette ancienne usine de saucisses. Il faut se faire une raison : francforts, chipolatas et autres merguez ont désormais plus de chance de sortir aujourd’hui des murs d’un atelier d’artiste que d’un établissement de confection industrielle.

via The Guardian

 

Kidzania

La Tate se fera-t-elle voler son jeune public par un concurrent féroce, Kidzania ? Dans ce parc d’attraction qui a pour thème le capitalisme, les enfants apprennent « que rien ne tombe du ciel » tout en éprouvant les « valeurs de la vie réelle ». France TV info visite cet espace de 7 000 m2 ouvert il y a un an – une ville en miniature, décrit la chaine – dans l’ouest londonien. On peut y essayer 60 métiers, et dépenser des dollars kidzaniens durement gagnés pour acheter le droits d’exercer des professions attractives, comme pompier, ou aller étudier pour s’élever dans la société. Le reportage ne dit pas si l’on peut y exercer le métier d’architecte en herbe, ni même si cette profession est enviable financièrement. Voila comment les vocations se perdent.

via France TV info

 

A l’amende

Et pourtant, l’exercice du métier d’architecte peut s’avérer coûteux. Santiago Calatrava, architecte valencien exilé en Suisse, vient d’en faire l’amère expérience. Le Tribunal suprême de Madrid vient de confirmer la condamnation de l’architecte à 2,96 millions de dommages et intérêts en réparation des malfaçons du Palais des congrès d’Oviedo. Le dernier recours juridique espagnol impute une faute de prévision dans le dessin, la fabrication et l’exécution de la couverture de ce projet détonnant pour une ville de 200 000 habitants. La société Santiago Calatrava LLC s’était vue confier par le promoteur Jovellanos XXI l’ensemble des missions, de la conception à la livraison du bâtiment. Trancadiz, Zubi-zuri, passerelle de Venise… souhaitons que les dommages de ces oeuvres calatraviennes construites à Valence, Bilbao ou dans la serenissime ne perturbent pas le sommeil de l’architecte

Via El Mundo

 

Economies Silencieuses

En France, l’État en mal d’argent pourrait, plutôt que de s’en prendre à Calatrava, poursuivre… le bruit ! D’après une étude réalisée par le cabinet EY (ex Ernst&Young) à la demande du Conseil national du bruit, le coût du bruit s’élèverait à 57 milliards ! L’étude financée par l’ADEME repose sur une méthode de l’OMS mesurant la relation entre l’exposition à un agent (le bruit) et ses effets (son impact sanitaire). On veut bien admettre que les traitements pour la surdité aient un coût mesurable, on reste plus sceptique quand à la quantification financière des dommages induits par la gêne du sommeil (40% des cas selon l’étude). On guette l’apparition prochaine de nouvelles normes anti-bruit pouvant faire rimer affaiblissement acoustique et renforcement budgétaire. Pourquoi ne pas tous se taire pendant quatre ans pour réduire le déficit ? L’idée pourra séduire, et pas seulement le Conseil du bruit, qui fait décidément un sacré vacarme autour de ce « coût social » des nuisances sonores.

Via agence newspress

 

 

New Tate Modern Londres the Switch Luc Boegly Sergio Grazia
New Tate Modern  » The Switch » – Herzog et de Meuron architectes. Courtesy (c) Luc Boegly+Sergio Grazia

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