Rétro : L’Europe des métropoles en quête d’image 

Rétro : L’Europe des métropoles en quête d’image 

En construisant une antenne du Louvre à Abou Dhabi, c’est une image d’ouverture que l’Emirat souhaite donner au monde. Déjà en 1989, lorsqu’I.M. Pei conçoit la pyramide du Louvre, les villes européennes cherchaient à asseoir leur identité et valoriser leur image à l’aide de grands projets urbains centrés autour de signes architecturaux majeurs confiés à des stars internationales. A se demander si cette boulimie architecturale obéit à une autre logique que la surenchère médiatique. La signature en vient à être un élément décisif du projet, en tant qu’elle participe à une stratégie de marketing urbain – voire politicien. Architectures CREE revient sur son numéro de Juin / Juillet 1989, « L’Europe des métropoles en quête d’image », avec un article signé Jean-Pierre Le Dantec : « Si 1989 nous invite à méditer, avec Michel Vernes, sur les Pré-Révolutionnaires et sur l’essence commémorative de toute Architecture, l’échéance de 1992, elle, somme les architectes de célébrer sans retard et sans état d’âme le boom économique des villes. En prélude au dossier qu’Archi-Créé consacre à ces Grands Projets d’Europe, Jean-Pierre Le Dantec s’interroge : suffirait-il de réunir de grands programmes et de grands créateurs pour créer une « Renaissance des Villes » ? Quel rôle devraient jouer les architectes, dans des stratégies urbaines dont le ressort est avant tout économique ? Ces architectes sont-ils assez lucides, devant un phénomène de médiatisation des projets qui coupe le contact avec la ville, et n’est qu’un lointain avatar de la Célébration ? »

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CREE 230, Juin / Juillet 1989, L’Europe des métropoles en quête d’image

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Le Louvre Abou Dhabi : la revue de presse du 15 novembre 2017

Le Louvre Abou Dhabi : la revue de presse du 15 novembre 2017

Le musée le plus connu au monde semble repositionner la capitale des Emirats arabes unis (EAU) face à sa consœur Dubaï. L’antenne du Louvre à Abou Dhabi, attendue depuis 10 ans, a été inaugurée en grande pompe ce 8 novembre, par Emmanuel Macron et les Emirs. Ce ne sont pas moins de 400 journalistes du monde entier qui ont été accueillis en avant-première, avant l’ouverture au public le 11 novembre dernier. « Si vous êtes aussi nombreux, c’est parce qu’il se joue ici quelque chose d’unique, d’exceptionnel, qui intéresse l’ensemble de l’humanité et marquera l’histoire des musées », a commenté Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre. Comme un symbole, la pyramide du Louvre conçue par Pei à Paris en 1989 entre en résonne avec le dôme du « musée de sable » de Jean Nouvel, bâti sur l’île de Saadiyat, en français « l’île du bonheur ». Certainement l’une des réussites majeures de l’architecte star français, le musée a fait la couverture de toute la presse ces derniers jours. Mais alors, qu’en disent les médias ?

© Roland Halbe

 

 

Record-dôme

 « Pour moi, la grande architecture arabe, c’est une géométrie des lumières » énonce Jean Nouvel. Une immense coupole surbaissée dilue une pluie de lumière sur les fragments d’une architecture blanche, celle d’une médina arabe. De quoi battre des records sous des airs de poésie : « un dôme d’acier de 180 mètres de diamètre culmine à 40 mètres, son poids total de 7 500 tonnes avoisine celui de la tour Eiffel ; 10 000 éléments, pré assemblés en 85 autres, pesant chacun près de 50 tonnes, forment un plafond de près de 8 000 étoiles de métal dont la superposition, sous les soleils les plus durs, ne laisse passer que 1,8 % de la lumière extérieure, créant une fine pluie de rayons blancs, comme ceux qui, dans les oasis, filtrent au travers des palmiers. » La gigantesque voute recouvre 55 bâtiments blancs séparé par des avenues et des rues soit les 64 000 m² de la « cité-musée », selon les termes de Nouvel. 26 d’entre eux abriteront les collections permanentes, soit 6400 m² d’espaces dédiés, 2000 pour les expositions temporaires, 200 pour le musée des enfants. Et aussi « un bel auditorium, un restaurant très Nouvel et un café qui l’est tout autant. »

Via Le Monde

 

 

Passoire en majesté

Si nombreux sont ceux qui pensent qu’il est l’un des plus beaux projets du Pritzker septuagénaire de ces dix dernières années, d’autres sont plus réservés, évoquant « une passoire renversée sur la plage » qui « ne donne pas grand-chose de l’extérieur ». « Un groupe de blocs blancs s’étend sous la grande coupole comme des cubes de sucre éparpillés. Comparé aux tours de verre miroir criardes de la corniche du front de mer de la ville, ce palais culturel de plusieurs millions de livres semble presque modeste. » Ce qui pourrait être une qualité.

Via The Guardian

 

 

L’ombre de Nouvel

Une modestie qui nous rappelle celle d’« Hala Wardé, l’autre architecte du Louvre Abu Dhabi », Le monde dresse le portrait de cette femme discrète, dont la seule fierté est celle du travail bien fait. La libanaise s’est installée sur place pour consacrer dix ans de sa vie au projet de l’Emirat. Longtemps dans l’ombre de Jean Nouvel,  elle est son ancienne élève, devenue l’une des huit « architectes partenaires » de ses ateliers. « Quand tu sors de l’école, viens me voir ! », lui avait lancé Jean Nouvel. « C’est normal, c’était ma meilleure élève, la plus vive et volontaire », a confié la star. « Pour conduire le chantier, Hala Wardé fonde sa propre agence en 2008, marque d’indépendance acceptée. » Originaire de Beyrouth, « elle va construire le BeMA, Beirut Museum of Art, une institution d’art moderne et contemporain dont elle a gagné le concours, en solo cette fois, en 2016. »

Via Le Monde

 

 

#architectureporn

Mais dans les Emirats, la modestie ne semble pas chose acquise pour tous. « C’était une destination prestigieuse, destinée à attirer les visiteurs avec un cachet culturel, dans la compétition permanente avec son voisin plus glamour, Dubaï. A côté des hectares de villas luxueuses et de terrains de golf (qui furent les premières choses à être construites), il devait y avoir un nouveau musée Guggenheim gargantuesque de Frank Gehry, sept fois plus grand que sa maison mère new-yorkaise, conçue comme un tas de cônes tourbillonnant. » lance The Guardian. Il devait être rejoint par le Sheikh Zayed National Museum de Norman Foster, sous la forme d’une aile de faucon de course (en l’honneur du passe-temps préféré du cheikh), un musée maritime de Tadao Ando, sous la forme d’une voûte angulaire s’élevant de la mer, et un centre des arts du spectacle de feu Zaha Hadid, modelé sur un enchevêtrement tordu d’ectoplasmes. Si aucun d’entre eux n’a encore pris racine, les megalo-architectures de ces cinq grands architectes internationaux, tous lauréats du Pritzker, formeront ainsi les principales « attractions » architecturales de ce pôle culturel.

Via The Guardian

 

 

Ile du melon

Un pôle qui ne prend pas place au cœur de la capitale des Emirats arabes unis, mais juste en face donc, sur l’île artificielle Saadiyat – en français : l’île du Bonheur. « Un mirage, à la jonction du golfe Arabique (dit aussi Persique côté Iran), bout de mer militairement agité, et du croissant des émirats, gorgé d’un pétrole propice aux délires urbains et architecturaux les plus fous (…) Là où il n’y avait que sable et mangrove, les Emirats sont en train de faire pousser un endroit merveilleux : une trentaine d’hôtels de luxe, 8 000 villas de grand standing, 19 km de plages immaculées, trois marinas pouvant accueillir jusqu’à 1 000 bateaux, deux parcours de golf. » explique le journaliste. Une destination de carte postale : « l’île du Bonheur est un nouvel horizon de l’humanité, le plus beau peut-être ».

Via Libération

 

 

Clientélisation

Le Louvre, un support de fidélisation client ? C’est en tous cas ce que dénonce le politologue Alexandre Kazerouni, une des rares voix négatives dans ce concert d’éloge. Pour lui l’ouverture de musées dans les pays du Golfe participe à la « clientélisation des élites culturelles occidentales ». « A rebours du discours officiel, qui présente le Louvre Abu Dhabi comme un levier d’ouverture culturelle et de libéralisme, il estime que cette institution donne à voir l’exclusion politique des classes moyennes émiriennes et la dérive absolutiste des Emirats arabes unis (…)Les émirs de la côte ont réalisé à cette occasion que pour intéresser les pays occidentaux à leur survie, il leur fallait disposer de relais dans l’opinion publique, notamment parmi les artistes, qui fabriquent en partie cette opinion. Les musées, tout comme les universités étrangères qui fleurissent dans la région, sont des supports de clientélisation des élites culturelles occidentales » dénonce-t-il. « Le Louvre Abu Dhabi a pour objectif de reprendre à Dubaï la part régalienne de la culture, de rappeler que la capitale du pays, c’est Abou Dhabi. » conclue-t-il. Alors que le Louvre parisien est un lieu d’émancipation dans l’esprit des Lumières, qu’en sera-t-il pour le Louvre Abou Dhabi ?

Via Le Monde

 

 

Foule en délire

L’événement a en effet attiré une foule diverse et cosmopolite. Des centaines d’Emiratis, d’Asiatiques, d’Européens et d’Arabes ont parcouru le vaste musée. « Badria al-Mazimi, une architecte émirati de 26 ans explique avoir roulé deux heures avec son mari, depuis l’émirat de Charjah, pour être parmi les premiers à entrer dans le musée. Le couple observe une statuette d’Asie centrale qui date de 1700 avant J.C. «Tous ces gens de différentes nationalités qui attendent dans cette longue file pour visiter le Louvre (…) c’est ce qu’on voit lorsqu’on voyage à l’étranger, et maintenant on voit ça ici», se réjouit-elle. Des adolescentes émiraties se prennent en selfie à côté de la peinture de Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard de Jean-Louis David, une œuvre prêtée par un musée français. À l’extérieur, deux Brésiliens se prennent aussi en photo sur une plateforme sur la mer, avec des embarcations traditionnelles émiraties en arrière plan. « Je suis allé au Louvre à Paris trois fois. J’adore l’histoire. J’aime tout dans le Louvre (…) Je trouve vraiment bien de le voir dans un contexte moderne », explique l’un d’eux, Alex Viera, qui travaille dans un hôtel cinq étoiles à Dubaï. » Quelques 5.000 visiteurs étaient attendus dans les premiers jours. L’objectif est de capter 800.000 à 1 million de visiteurs par an, « ce qui semble réaliste, sachant que la Grande Mosquée d’Abu Dhabi en reçoit un million. Et Dubaï, à une heure vingt en voiture, est l’un des premiers hubs aéroportuaires au monde, avec 84 millions de passagers ; il recevra en outre en 2020 l’Exposition universelle. » Mais à quel coût ?

Via le Figaro

 

 

Ouest France et Les Echos font la facture

Cette antenne du Louvre est un investissement de près de 2 milliards d’euros sur 30 ans. Le chantier a 561 millions d’euros, soit 8 800 €/m2, à la charge de l’Emirat, a largement explosé les budgets, son coût étant estimé à 83 millions d’euros en 2007. « Un montant probablement optimiste et qui a dérapé fortement avec le retard de près de cinq ans pris par le chantier. » Un accord intergouvernemental d’une durée de 30 ans, signé en 2007 entre Paris, représenté par l’agence France Museums (AFM) et Abou Dhabi, prévoit le versement de la modique somme de 400 millions d’euros pour la seule utilisation du nom du premier musée parisien, « Louvre ». Ainsi qu’une rémunération de 164 millions d’euros sur 20 ans, jusqu’en 2027, à l’AFM, pour « ses prestations de pilotage et de coordination. » « Pas de musée sans œuvres. Parti de rien, le Louvre Abu Dhabi consacre un budget annuel de 40 millions d’euros à l’acquisition de ses propres collections. Cet effort doit se poursuivre sur près de 15 ans pour constituer un fonds suffisant. Soit un investissement total de l’ordre de 600 millions d’euros ». Un budget « confortable mais pas faramineux au vu des prix du marché. » Le Louvre Abou Dhabi « entraîne dans son sillage Orsay, Branly, Pompidou, Guimet, Rodin, Cluny, la BNF, les Arts décoratifs, Sèvres, le musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, les châteaux de Versailles et Fontainebleau, chargés de prêter eux aussi leurs chefs-d’œuvre. Les 13 institutions se partageront 265 millions d’euros (ou 190, selon les sources) en contrepartie des prêts octroyés sur les quinze ans à venir ». Et en recette : « avec quelque 100 employés et 300 prestataires, le Louvre arabe prévoit d’accueillir un million de visiteurs par an. En spéculant sur une recette de 30 € par visiteur, il faudra près de 70 ans pour retrouver la mise de départ. » Avant d’ironiser :  « Il ne faudrait pas cependant que la menace terroriste vienne gâcher la fête et prendre pour cible ce symbole occidental. Un plan d’évacuation rapide des œuvres a été prévu… »

Via Ouest France et Les Echos

 

 

Art antiterroriste

Sur ce plan, ce sera le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, qui prendra la parole. Ce musée « se veut avant tout un musée « universel ». Tel est le message martelé par le chef de l’Etat. « En saluant ce « Louvre du désert et de la lumière » construit par l’architecte Jean Nouvel, le président français n’a cessé de rappeler avec lyrisme et en citant Dostoïevski que « la beauté sauvera le monde » et qu’elle représente aussi une barrière contre « l’obscurantisme ». En matière de lutte contre le terrorisme, les Emirats sont un partenaire essentiel dont le président français a plusieurs fois salué l’engagement à lutter contre les groupes armés djihadistes, notamment en participant à la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI). Le président français souhaite manifestement renforcer les liens avec les Emirats. Et pas seulement sur l’art. « Les défis que vous affrontez avec détermination, a-t-il affirmé le 8 novembre, font que la France sera toujours à vos côtés, sur le défi du beau comme sur tous les autres. »

Via Le Monde

 

 

Deux journalistes suisses arrêtés

Dernière actualité en date : l’arrestation de deux journalistes suisses. « Durant l’inauguration du Louvre Abu Dhabi, les autorités ont arrêtées deux journalistes suisses qui filmaient sur un marché. Après une garde à vue de 50 heures et plusieurs interrogatoires, leur matériel a été confisqué. » une arrestation que les EAU ont tenté de justifier « affirmant qu’ils avaient violé des réglementations en vigueur. » Le National Media Council (NMC), qui supervise les activités des médias aux Émirats, a déclaré « respecter le droit de tous les médias d’informer librement à travers les Émirats arabes unis. » « Mais la police d’Abou Dhabi les a vus « entrer sans autorisation » dans la zone « sécurisée » de Moussaffah et les a arrêtés « à des fins d’interrogatoire » (…) Les autorités voulaient apparemment savoir pourquoi ils prenaient des images sur le marché et semblaient contrariées par le fait que des travailleurs pakistanais aient été filmés, alors que des critiques ont été émises dans le passé par des ONG sur des abus contre des migrants travaillant sur des chantiers de construction dans le Golfe. Dans un communiqué publié lundi, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a condamné « la disproportion du traitement » réservé aux journalistes suisses, ainsi que « la pratique d’intimidation » qui démontre de la part des Emirats « une méfiance excessive à l’égard des médias ». RSF a demandé la « restitution immédiate » du matériel confisqué lors de l’arrestation. »

Via BFMTV

 

 

Jean qui rit, Rem qui pleure

Non loin de là, une autre actualité s’est gentiment retrouvée étouffée par l’affaire du Louvre : la librairie nationale du Qatar est passé à l’as. Conçue par OMA, elle a ouvert ses portes dans le district de Doha. Le bâtiment ne semble pourtant pas totalement dénué d’intérêt « Quelques images étonnantes de la bibliothèque ont déjà commencé à circuler sur les médias sociaux, montrant la forme frappante du bâtiment et ses intérieurs expansifs, y compris les rangées de cheminées, les salons suspendus, les murs interactifs et le labyrinthe central, entre autres. »

Via Archdaily

 

 

 

Amélie Luquain

Le Louvre s’invite à Abou Dhabi

Le Louvre s’invite à Abou Dhabi

De Paris … puis à Lens … le Louvre s’invite à Abou Dhabi ! Le musée du Louvre Abou Dhabi conçu par Jean Nouvel ouvre ses portes au public le 11 novembre 2017. Il est situé sur un archipel au large de l’île Saadiyat, une île artificielle de la côte de la capitale des Émirats arabes unis. « Il est inhabituel de trouver dans la mer un archipel construit. Il n’est pas évident qu’il soit possible d’y accoster en bateau, de trouver des pontons pour y accéder à pied depuis la côte. » Jean Nouvel. « Double coupole de 180 mètres de diamètre, plate, géométrie radiante parfaite, perforée dans une matière tissée plus aléatoire, créant une ombre ponctuée d’éclats de soleil. » Jean Nouvel. Des espaces semi-extérieurs pour des installations et des blocs de cubes blancs pour les expositions : une « ville-musée ». « Il veut créer un monde accueillant, associant dans la sérénité les lumières et les ombres, les reflets et les calmes. » Jean Nouvel. Il sera accompagné d’une série de bâtiments artistiques et culturels. Devraient suivre un avant-poste du Guggenheim, conçu par Frank Gehry et le Zayed National Museum confié à Norman Foster.

 

© Roland Halbe

Lire aussi : Le Louvre Abou Dhabi : la revue de presse du 15 novembre 2017 

Projet Pyramide : Inauguration

Le projet Pyramide au Louvre a été inauguré mardi 5 juillet. Relancé par Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre, et réalisé par l’agence d’architecture SEARCH, le projet consistait à restructurer les espaces d’accueils sous la pyramide, sous-dimensionnés par rapport à l’augmentation croissante du nombre visiteurs.

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Belvédère : dédoublement du contrôle d’accès © Search

 

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Billetterie du musée du Louvre © Thierry Ollivier

 

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Librairie RMN du musée du Louvre © Antoine Mongodin

 

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Louvre médiéval © Thierry Ollivier

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Chantier Pyramide : 12 pour 1

En juin 2014, le musée du Louvre a entamé un chantier qui devait s’étaler sur 2 ans. Relancé par Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre, et mené par l’agence d’architecture SEARCH, le projet Pyramide a pour volonté de replacer les visiteurs au cœur des collections.

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Pyramide © Charlie Abad

 

Affluence croissante

Inauguré en 1989, l’accueil central souterrain du musée du Louvre surmonté de la pyramide de verre et d’acier d’Ieoh Ming Pey était pensé pour 4,5 millions de visiteurs. Aujourd’hui, cette institution culturelle de premier rang en accueille 10 millions par an.

Chaque jour, le public et les agents subissent les désagréments lié au sous-dimensionnement des infrastructures d’accueil : allongements des files d’attente, difficulté de repérage, sous-dimensionnement des vestiaires et de la bagagerie, toilettes en nombre insuffisant, nuisances sonores…

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Belvédère : doublement du controle d’accès
Entrée Pyramide
Entrée Pyramide © Antoine Mongodin

 

Visibilité augmentée

« Comment rendre le Louvre plus lisible ? » demande Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre, qui a décidé de mettre le projet Pyramide au cœur de ses priorités dès sa prise de fonction en avril 2013. La réorganisation des accès et de l’accueil sous la pyramide apporte des solutions en déplaçant les fonctions logistiques (billetterie, vestiaires, toilettes…) à la périphérie de celle-ci. Le projet est mené depuis sa conception en 2011 par l’agence d’architecture SEARCH, notamment lauréate des Nouveaux Albums des Jeunes Architectes (NAJA 2006).

Hall Napoléon libéré de sa banque d'information
Hall Napoléon libéré de sa banque d’information

 

Opération tiroir

Débuté en juin 2014, le chantier du projet Pyramide vise à minimiser les impacts sur le public et à assurer la continuité des services sans incidence sur les horaires d’ouverture, pour ce musée ouvert 6 jours sur 7. Ainsi, l’emprise du chantier ne doit pas dépasser 7% de celle du hall Napoléon. Les gros travaux se font de nuit, du lundi soir au mercredi matin. Les parois de chantier, à la fois acoustique, coupe-feu et anti-poussière, minimisent les nuisances. Mais surtout, ce chantier fragmenté rythme la vie du musée, en toute discrétion. Le Louvre héberge une dizaine de micros-lots, chacun avec son propre niveau d’avancement. « L’organisation du chantier en site occupé est le premier des défis techniques (…) Il est ainsi prévu d’organiser les travaux en 12 chantiers qui s’articulent dans le temps en un « jeu de chaises musicales » permettant de maintenir le site ouvert au public. » précise Caroline Barat, architecte.

Point d'information
Point d’information

Par exemple, tandis que les nouvelles portes d’accès à la pyramide sont livrées, l’allée du Grand Louvre entame tout juste sa restructuration. Les Algeco de l’entrée Richelieu, à l’origine temporaire, sont enfin remplacés par des auvents « immatériels » en inox poli miroir. L’actuel point d’information, noyé sous la foule, sera bientôt logé dans deux piliers, dits « trièdres ». Des parois minimisant les nuisances acoustiques, amélioreront notablement l’accueil des visiteurs et les conditions de travail des agents. La billetterie aura son propre espace, concentré au rez-de-chaussée de l’ancienne librairie.

Billetterie dans l'espace protégé de l'actuelle librairie
Billetterie dans l’espace protégé de l’actuelle librairie

Le nouveau complexe bagagerie/vestiaire, regroupé d’ores et déjà en une zone unique permet l’autonomie du visiteur et une plus grande capacité de stockage. La signalétique est également entièrement repensée, en collaboration avec Philippe Apeloig. Au centre du hall, un dispositif de projection permet de s’orienter. A l’entrée de chaque aile, seront reproduits des détails d’œuvres célèbres sur de grandes bannières, laissant place à l’image plutôt qu’à l’écrit, peu accessible en raison de la diversité des langues. Quant à la signalétique des espaces d’accueil, elle sera placée en hauteur et en lettres noires, facilitant sa visibilité, y compris les jours d’affluence.

Bagagerie
Bagagerie

 

Détails urbains

Les architectes ont donc dû s’implanter dans une architecture forte par le biais d’intervention minimale ne nécessitant aucune intervention sur l’édifice. Chaque action, bien que largement contemporaine, doit donner l’illusion d’avoir toujours été là. « La pyramide d’I.M. Pei, désormais iconique, implique pour notre équipe de trouver une écriture architecturale juste, sans surenchère tout en assumant sa propre identité en évitant l’écueil de l’imitation. » nous dit Thomas Dubuisson, architecte.

 

Le projet Pyramide, oscillant entre micro-architecture et échelle urbaine, sera inauguré le 5 juillet 2016 en présence du Président de la République.

Amélie Luquain

 

Calendrier :

septembre 2013 : présentation du projet aux personnels

automne 2013 : commission ministérielle des programmes immobiliers

novembre 2013 : dépôt du permis de construire

mai 2014 : consultation d’ I.M. Pei

2ème semestre 2014 : démarrage des travaux de la future bagagerie et des points d’information.

1er semestre 2015 : Démarrage des travaux de la future billetterie, des sanitaires et de la future librairie dans l’allée du Grand Louvre. Ouverture de la nouvelle bagagerie.

2ème semestre 2015 : Poursuite des chantiers de la billetterie et de la librairie. Pérennisation des contrôles d’accès du passage Richelieu. Livraison de 22 sanitaires.

1er semestre 2016 : Démarrage des travaux des boutiques au nord de l’allée du Grand Louvre. Ouverture de la nouvelle billetterie, des nouveaux points d’information, de la librairie et de 33 sanitaires. Reconfiguration des contrôles d’accès de l’entrée de la pyramide.

2ème semestre 2016 – 2017 : réfection et agrandissement de l’accueil des groupes pour la réalisation d’un espace d’accueil des visiteurs sur deux niveaux.

 

Fiche technique

Surface impactée par le projet : 7 000 m2 environ

Maîtrise d’ouvrage : Musée du Louvre

Maîtrise d’oeuvre :

Agence Search – Architecte Mandataire

Sylvain Dubuisson – Architecte designer

Philippe Apeloig – Signalétique

OPC : PLANITEC – Groupe SETEC

Budget : 53,5 millions d’euros

 

 

Courtesy Musée du Louvre / SEARCH

 

Pôle de conservation du musée du Louvre à Liévin

Pôle de conservation du musée du Louvre à Liévin

A l’horizon 2018, le musée du Louvre se verra doté d’un nouveau pôle de conservation situé à Liévin conçu par le célèbre architecte du Centre Pompidou, Richard Rogers.

 

Pôle de conservation du musée du Louvre à Liévin (Nord-Pas-de-Calais)

… le groupement Rogers Stirk Harbour + Partners, architecte mandataire – et auteur du nouveau World Conservation and exhibition Center du Bristish Museum – et les français Mutabilis Paysage (paysagiste), Egis Bâtiment Nord (BET), Inddigo sas (bureau d’études environnementales) et VPEAS sas (économiste). Une équipe franco britannique qui s’inscrit dans la dynamique voulue par la région Nord Pas-de-Calais.

 

Plan incliné dans la continuité du paysage

Le bâtiment imaginé couvre 20 000 m2 (dont 10 000 de réserves) sur lequel la nature s’investit généreusement. En effet, mettant à profit la topographie du terrain dans le prolongement d’une coulée verte, le groupement a imaginé un toit végétalisé incliné, dans la continuité du paysage, minimisant ainsi l’emprise du bâtiment, tout en se servant des contours naturels du site. Ce sol incliné intègre la diversité de volumes de la collection et par un bâti de haute masse thermique lui assure la stabilité climatique requise pour une bonne conservation des œuvres.

louvre liévin

La frange ouest du parc met en valeur le travail de conservation de la collection exceptionnelle ; une grande vitrine révèle les activités dans une bande faisant l’interface avec les collections au sein du bâtiment. Un jardin à niveau offre l’espace, les vues et la lumière à ceux qui travaillent. Cette zone est connectée aux collections par le « boulevard des œuvres », axe logistique reliant la réception aux réserves et à l’aire de livraison.

 

« Le bâtiment est un parc, il devient paysage »

Ses concepteurs n’hésitent pas à le comparer à une œuvre de Vauban par la force classique de murailles en béton cadrant la masse du paysage.

louvre liévin
Espace de détente

Deux parois déterminent deux axes de circulation ainsi que la distribution des réseaux et la ventilation enterrée en toute discrétion.

louvre liévin
Espace de traitement des œuvres

L’armature de la structure, simple, définit et réunit l’ensemble des volumes avec un souci de flexibilité pour des aménagements ultérieurs. Une série de voûtes se fait l’écho des reliquaires des cathédrales soulignant la valeur du contenu qu’elles abritent.

louvre liévin

L’intégration du bâtiment dans le paysage et son déploiement sur un seul niveau en fait un projet contemporain et intemporel à la fois, reflet d’une sobriété réfléchie et élégante.

 

250 000 œuvres conservées actuellement dans plus de 60 réserves y seront transférées dès la livraison fin 2018, pour être à proximité immédiate du Louvre Lens. L’externalisation des œuvres a pour but de les mettre à l’abri et de constituer un pôle d’études et de recherche, l’un des plus grands d’Europe, au service du rayonnement du musée du Louvre.

 

Parcelle : 40 000 m2

Budget de l’opération : 60 millions d’euros (estimation)

Budget de la construction 35 millions HT

Financement : 51 % par le Louvre et 49 % par le Conseil régional du Nord-Pas-de–Calais.

 

Courtesy Rogers Stirk Harbour + Partners